Le Kiosque du mercredi 23 novembre 2016

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HAPPY THANKSGIVING … en chiffres

Boston Globe - Edition du 23 novembre 2016
Boston Globe – Edition du 23 novembre 2016

C’est la veille de Thanksgiving, LA plus importante fête de l’année pour les Américains qui prennent généralement la fin de la semaine pour rentrer chez eux dans leurs familles.
48,7 millions d’entre eux se déplaceront à travers le pays à partir de ce soir et jusqu’à dimanche, dont 43,5 millions sur les routes car, rappelons le, le transport routier est très peu cher grâce au prix du gas – en moyenne, 2,16 dollars (2 euros) pour un gallon soit près de 4 litres d’essence.
Près de 45 millions de dindes devraient être vendues pour un total de plus d’un milliard de dollars.
La parade de Thanksgiving organisée par le célèbre department store de New York, Macy’s, aura lieu jeudi matin à Manhattan et devrait rassembler 22 millions de téléspectateurs, un peu moins que les 27 millions qui regarderont le match de Football entre les Chicago Bears et les Green Bay Packers l’après midi.
Enfin 151 millions de consommateurs sont attendus Black Friday qui débute le soir de Thanksgiving qui devrait rapporter près de 10 milliards de dollars aux enseignes tel que Best Buy, Target, Wal-Mart ou encore JC Penney.

Cette année, la fête sera plus amère que les précédentes à la suite des élections présidentielles qui ont élu un président très controversé, donc de nombreux quotidiens offrent des tips pour éviter tout débat houleux qui pourraient gâcher les festivités ou briser des familles à l’instar du Boston Globe ce matin.

 

TRUMPLANDIA

Le scandale de ces « Yellow Journalists »
L’article sur les nouveaux « Yellow Journalists » publié originellement dans le Washington Post, puis en une du Star Ledger hier, n’en finit pas d’être repris dans la presse.
Le récit de ces deux étudiants de 26 ans, qui ont choisi de se faire beaucoup d’argent en créant un site alt-right qui poste des fake news, rumeurs et insinuations pou rapporter des clics et satisfaire une audience qui méprise les médias, les progressistes et les libéraux. Aucun intérêt pour la véracité des histoires relatées si tant est qu’elles sont sensationnelles et ont des titres accrocheurs.
Les deux intéressés, qui supportent Trump, ignorent les conséquences de leurs publications, et affirment que leurs lecteurs ne les prennent pas au sérieux – et quand c’est le cas, ils préfèrent regarder ailleurs.
L’irresponsabilité de ces deux « militants » est tout problématique que leur public qui préfère se nourrir de mensonges ou de fantasmes plutôt que de faire confiance au mainstream média.

Trump désavoue l’alt-right
Les fachos d’extrême-droite américains n’étaient pas très contents que le président les désavouent hier dans son entretien avec le New York Times, et parmi eux Richard Spencer, qui a connu la célébrité ce weekend lorsque des supporters présents au dîner qu’il avait organisé à Washington D.C., ont eu la bonne idée de faire le salut nazi à la fin de son discours.
The Guardian rapporte que de nombreux partisans de l’alt-right exprimaient leur déception vis-à-vis des positions plus modérées du futur président sur le mur à construire, l’emprisonnement d’Hillary sur leurs sites préférés, 4Chan et Reddit.

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Clinton conforte sa victoire dans le vote populaire

C’est difficile à entendre mais ce sont les lois de la politique américaine: La marge de Hillary Clinton sur son adversaire Donald Trump vient de dépasser les deux millions d’électeurs dans le décompte, toujours en cours du vote populaire. Trump grâce a affirmé hier au New York Times qu’il aurait préféré gagner en remportant le vote populaire plutôt que celui des grands électeurs, celui-la même qui twittait en 2012, après la victoire d’Obama contre Romeny que « le Collège électoral [était] un désastre pour [la] démocratie »

La sénatrice démocrate de Californie a introduit une législation la semaine dernière pour tente d’abolir le collège électoral alors que six grands électeurs auraient annoncé voter pour Clinton lors de leur vote qui aura lieu le 19 décembre prochain dans chacun des états.

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Vers un recompte des votes?

Ce qui nous amène à la polémique publiée hier soir dans New York Magazine selon laquelle un groupe de scientifiques et d’avocats aurait détecté des irrégularités dans certains comtés de trois états, le Michigan, le Wisconsin et le Pennsylvanie – les deux derniers remportés par Trump avec une marge de quelques dizaines de milliers de votes, tandis que le premier n’a pas encore annoncé de vainqueur à cause de résultats encore trop serrés.
Ces irrégularités pourraient être une manipulation ou un piratage des résultats – rappelons que Donald Trump a affirmé durant toute la campagne que les élections étaient truquées alors que le président a reconnu l’ingérence du gouvernment russe dans le piratage du Comité National Démocrate cet été.
Ces experts auraient contacté l’équipe de campagne de la candidate jeudi dernier sans qu’aucune démarche n’ait été prise depuis – les dates limites pour demander un nouveau décompte sont vendredi pour le Wisconsin et lundi pour la Pennsylvanie.
Certains médias ont relayé la nouvelle avec excitation mais il est peu probable que Hillary Clinton, qui vient d’être amnistiée par le futur président hier, veuille se relancer dans un tel processus.

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De Blasio défend les New Yorkais

Le maire de New York a promis lundi à ses habitants de les protéger contre toutes les lois fédérales qui iraient à l’encontre de celle de la ville comme l’enregistrement des musulmans, la séparation des familles sans papiers, l’intervention de la police pour séparer ces familles, et s’est engagé à fournir à ces gens les outils légaux pour se défendre.

Les new yorkais feront bloc. Les résultats d’une élection ne changeront pas qui nous sommes. Le responsable d’un seul office ne changera pas qui nous sommes. Une loi qui passe a Washington ne changera pas qui nous sommes. Nous sommes forts 8,5 millions. Et nous ne changerons pas.
Nous resterons toujours New York

 

Les heures sup’ sucrées pour plus de 4 millions d’Américains

L’un des décrets phares du président Obama, censé entrer en vigueur début décembre qui aurait permis à près de quatre millions d’Américains de bénéficier du payment d’heures supplémentaires, vient d’être annulé par un juge fédéral hier.
La loi obligeait les employeurs à indemniser une fois et demi le salaire horaire des employés qui travaillent au delà de 40 heures par semaine et et dont les revenus annuels ne dépassaient pas 47 476 dollars – 45 000 euros par an soit 3,750 euros par mois.
Le juge a donné raison aux entreprises qui « auraient dû » licensier des travailleurs si l’executive order du président avait été mis en place.
Comme le remarque Mother Jones, « c’est la quatrième fois en 21 mois qu’un juge fédéral du Texas délivre une injonction nationale qui bloque un décret présidentiel »

Cour Suprême des Etats-Unis: L’ Affirmative Action garantit

Abigail Fisher en 2012. (AP Photo/Susan Walsh)
Abigail Fisher en 2012. (AP Photo/Susan Walsh)

La Cour Suprême des Etats-Unis vient de réaffirmer aujourd’hui la constitutionnalité de l’Affirmative Action, cette politique anti-discriminatoire utilisée par l’ensemble des universités du pays pour le recrutement de ses étudiants. Mis en place dans les années soixante pour favoriser l’insertion des commnautés défavorisées, elle a permis à des millions d’afro-américains, latinos ou asiatiques d’accéder à l’enseignement supérieur grâce à un recrutement basé sur un système quotas appliqué à chaque minorités.

En 2008, l’Université du Texas a rejeté l’application d’une étudiante blanche de 25 ans Abigail Fisher, qui a ensuite porté plainte contre l’établissement en prétextant qu’elle aurait été victime de ce système de quotas, basé sur la race. L’affaire dite Fisher v. University of Texas est d’abord passée devant la Cour Suprême du Texas qui a pris le parti de l’université, puis la Cour Suprême du pays en 2013 qui a refusé de statuer dessus avant d’accepter en Septembre dernier un ultime requête de la plaignante Fisher.

Cette remise en question des droits civiques et politiques jusqu’aux plus hautes instances juridiques du pays n’est pas nouvelle. Depuis des années, des associations et fondations « conservatrices » financent ces requêtes au nom d’une « Société sans couleur » (Color-blind society) et recrutent un peu partout dans le pays des plaignants pour servir leur cause.
L’article paru sur Mother jones dans l’édition de mai/juin revient sur ces individus qui sont capables à force de conviction, de réseaux et d’argent de remettre des lois aussi fondamentales que l’Affirmative Action.

Elle est saine et sauve aujourd’hui mais pour combien de temps?

Mother Jones édition de mai/juin 2016
Mother Jones édition de mai/juin 2016

Lecture Supplémentaire: Comment est ce que les « Femmes blanches » profitent autant qu’elles critiquent l’Affirmative Action – Vox

Jezebel: Témoignage de la tutrice d’Abigail Fisher payée $450 de l’heure pour l’aider dans son dossier d’application