06.10.17

 

1. Bientôt le Rexit?

 

by DAVE GRANLUND (Cagle Cartoons) 2017

 

  • Donald Trump n’a toujours pas digéré les révélations des « fake médias » de cette semaine concernant son Secrétaire d’Etat – qui aurait voulu démissionner en juillet dernier et aurait traité le président de « moron », surtout que Rex Tillerson n’a pas personnellement démenti ces propos relayés (et moqués) dans tous les journaux et sur les réseaux sociaux: Non seulement on lui a volé la vedette, mais à ses dépens et ça ne passe pas pour le président qui n’a plus aucune confiance en son ministre. 

 

  • Les jours de Rex Tillerson, qui devait rester à son poste au moins jusqu’à la fin de l’année, sont semble-t-il ,comptés: Il pourrait être remplacé par Mike Pompeo, 53 ans, actuel directeur de la CIA, avec qui Trump s’entend un peu mieux. Mais le directeur de cabinet, John Kelly qui a ramené un petit de normalité à la Maison Blanche depuis sa nomination cet été, voudrait éviter le grabuge d’un éventuel remaniement ministériel.

 

  • Hier lors d’une séance photo à la Maison Blanche entouré de dignitaires de l’armée américaine, Donald Trump a parlé de « calme avant la tempête » sans préciser sans préciser de quoi il s’agissait (Daesh, l’Iran ou la Corée du Nord ?), « Vous verrez bien » a-t-il répondu.
    Pour beaucoup, Trump a voulu faire dans le dramatique juste pour créer un peu de buzz autour de lui et faire parler les médias.

 


2. « Access Hollywood » un an plus tard

 

 

  • La « surprise d’octobre » censée mettre un point final à la campagne de Donald Trump, la désormais fameuse vidéo de l’émission « Access Hollywood » dans laquelle se vante d’attraper les femmes par leur entrejambe, découverte par le journaliste David Fahrenthold et diffusée par le Washington Post il y a tout juste un an, n’a pas eu, malgré l’énormité des propos, l’effet escompté.
    Pour Steve Bannon, ça a d’ailleurs le moment de vérité qui a déterminé qui était loyal envers Trump [lui, sa famille, Reince Priebus] et qui ne l’était pas [la plupart des Républicains, à commencer par Paul Ryan].
     

    « Les gens s’en foutaient. Ils savaient que c’était une discussion de vestiaire que Donald Trump avait avec un mec … Et ils ont passé outre. Ca n’a eu aucun impact sur la campagne. Mais si vous aviez vu les médias mainstream ce jour là, il tombait littéralement dans l’enfer de Dante. »

     

  • Pour fêter cet anniversaire, l’association de défense des femmes Ultraviolet diffuse en boucle la vidéo pendant toute la journée, sur grand écran et … à côté de la Maison Blanche. – The Hill

 


3. « Dirty Harvey »

 

 

  • Harvey Weinstein, l’un des plus puissants producteurs d’Hollywood, est accusé par le New York Times d’avoir harcelé ces trente dernières années, des dizaines de femmes, dont Ashley Judd et Rose McGowan, en échange de booster leur carrière. 
    Huit de ses victimes, des actrices, assistantes ou mannequins, auraient conclu des arrangements à l’amiable avec les sociétés de production et de distribution de films qu’il a co-fondé avec son frère (Miramax entre 1979 et 2005 puis The Weinstein Company) et dont la dernière remonterait à 2015.

    Weinstein, qui se présente « en public comme une figure libérale, défenseur de la cause féminine récompensé pour ses travaux artistiques et humanitaires » a reconnu dans le Times que « son comportement [avait] pu blesser ses collègues », s’en est excusé et a promis qu’il se soignait tout en démentant les accusations du quotidien.
     
  •  

  • Ce matin, le producteur a annoncé qu’il prenait un congé illimité mais aussi qu’il comptait poursuivre le New York Times pour 50 millions de dollars sous prétexte que le quotidien ne lui aurait pas laissé assez de temps pour se défendre de faits « qui remontent à plus de trente ans et dans une douzaine de pays différents »

 

  • Pour éviter les répercussions du scandale, les Démocrates, qui ont reçu beaucoup d’argent de Weinstein ces dernières années, se sont engagés à lui rendre toutes les donations et condamné son comportement, qui était soi-disant  un secret de polichinelle à Hollywood.* « Decades of Sexual Harassment Accusations against Harvey Weinstein » – The New York Times

 


4 .YouTube reste le roi

 

  • Netflix, Hulu et Amazon et autres services de vidéos à la demande qui représentent aujourd’hui une industrie de 8,21 milliards de dollars, qui devrait atteindre 14 milliards en 2021, ont poussé de nombreux téléspectateurs à suspendre (« cord-cutters ») leur abonnement au câble – assez cher aux Etats-Unis, entre 50 et 200 dollars par mois – et la tendance devrait se renforcer puisque de 16,7 millions en 2016, ils devraient passer à 40 millions en 2021.
    Quant aux « cord-nevers », ceux qui n’ont jamais souscrit d’abonnement pour regarder la télé, ils étaient 32,5 millions l’année dernière et seront 41 millions dans quatre ans.
    * « Amazon, Netflix and Hulu’s Most Popular Shows Revealed » The Hollywood Reporter

 

  • Netflix a dépensé 6 milliards de dollars en 2016 pour la création et achat de contenu contre 4,5 milliards pour Amazon, et si Netflix, qui vient d’augmenter son abonnement de 10% cette semaine, continue de cartonner, c’est YouTube qui reste le roi des « streamers » avec 186 millions d’abonnés.
    Et la plate forme de Google ne compte pas s’arrêter là avec YouTube Red, le service de vidéo à la demande à dix dollars par mois qui offre de la musique illimitée sans publicités, des créations originales après leur sortie en salle ou directement produites par la compagnie. Pour l’instant le répertoire est assez limité mais avec les 65 milliards de Google, leur offre devrait s’enrichir ces prochains mois
    * « YouTube Grows Up: Inside the Plan to take on Netflix and Hulu »The Hollywood Reporter

 


5. « La grandeur a un prix »

 

 

  • Dernière création de Showtime, un documentaire sur l’un des personnages les plus controversés du tennis mondial, le légendaire entraîneur de tennis, Nick Bollettieri qui a formé entre autres André Agassi, Venus et Serena Williams, Anna Kournikova, Monica Seles, Jim Courier
  • La particularité de Bollettieri est qu’il n’a aucune formation d’entraîneur ce qui l’a empêché de travailler pour une fédération et/ou une université, mais qui l’a poussé à fonder une Académie, où les jeunes prodiges du tennis sont venus vivre et s’entraîner loin de leurs parents.
    « Si je n’avais pas cassé ces règles, le tennis ne serait pas où il en est aujourd’hui »

 


6. Le reste de l’actu

 

  • La Californie devient officiellement un « Etat sanctuaire« 

    La « Senate Bill 54 » (SB54) signée par le gouverneur Jerry Brown abolit une loi qui obligeait les forces de police locales à prévenir les services d’immigration en cas d’arrestation d’un immigré en situation irrégulière pour possession de drogues et autres infractions.
    Une décision mal perçue chez les Républicains comme en témoigne ce commentaire de Red State:

    Pour résumer: La Californie défie ouvertement une loi fédérale pour protéger des criminels vivant illégalement dans l’Etat, les relâcher plus rapidement et ne sera plus obligé de prévenir les autorités fédérales quand ils sortent et errent les rues.

    « California Is Now Officially A Sanctuary State »Redstate

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  • Donald Trump a décidé aujourd’hui d’autoriser les entreprises à ne plus rembourser les méthodes de contraception de leur employés – l’une mesures les plus controversées d’Obamacare – si ça va à l’encontre de leurs croyances religieuses. N’importe quel patron ou conseil d’administration peut aujourd’hui avancer le prétexte de la religion pour priver les femmes d’un de ses droits fondamentaux.
    Les associations religieuses ont bien entendu salué la décision – Politico

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  • Las Vegas a interdit en 2012 la présence de pistolets pour enfants ou en plastique sur son fameux « Strip », l’avenue principale de la ville, afin de la rendre plus sûre tout en autorisant le port d’arme – les vraies, celles qui tuent – en public, comme ça l’est pour les casinos, bars, hôtels et bureaux de vote. – Charlotte Observer

 


7. Couverture du Jour

 

 

  • Mike Moore, l’avocat qui a mis à plat l’industrie du tabac (« Big Tobacco ») aux Etats-Unis et négocié le règlement juridique le plus cher de l’histoire (206 milliards de dollars sur 25 ans en 1998), voudrait désormais s’attaquer à l’industrie des opiacés qui a engrangé des milliards de dollars ces vingt dernières et créé l’une des pires crises sanitaires que l’Amérique ait connu, responsable de la mort de 60 000 personnes l’année dernière.

 

  • La plainte stipule que ce sont les compagnies qui ont provoqué cette épidémie en minimisant les risques de dépendance et d’overdose des anti-douleurs tels que l’OxyContin, le Percocet, ou le Duragesic. Les opiacés ne sont pas seulement risqués lorsqu’on en abuse, mais tout simplement lorsqu’on en prend.

 

  • Comme il l’a fait lors pour l’industrie du tabac, Moore veut travailler avec le plus d’Etats possibles afin de collecter les preuves nécessaires pour réclamer des milliards de dollars de dommages et intérêts et de faire plier l’industrie des opiacés. Certains villes et Etats américains ont déjà porté plainte contre certaines de ces entreprises (Purdue Pharma, Endo, and Johnson & Johnson’s Janssen Pharmaceuticals) mais une action collective est bien plus efficace aussi bien financièrement que symboliquement.* « The Lawyer Who Beat Big Tobacco Takes On the Opioid Industry » – Bloomberg Businessweek

Le Kiosque du 31.03.17

 

  • L’enquête sur l’ingérence russe n’en finit pas

    L’histoire semble redondante mais elle est déterminante pour comprendre l’embarras dans lequel se trouve aujourd’hui la Maison Blanche vis-à-vis de la Russie.
     
    * Il existe aujourd’hui deux enquêtes sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles et d’éventuelles collusions entre des associés de Trump et des agents russes:
    L’une menée par une commission mixte du Sénat, indépendante qui a assuré cette semaine l’intégrité de son enquête.
    Une commission parlementaire et permanente, en charge du renseignement enquête également sous la direction du Représentant républicain Devin Nunes.
     
    * Samedi 4 mars: Donald Trump accuse le président Obama de l’avoir mis illégalement sur écoute, lui et certains membres de son équipe de campagne durant la période de transition (9 novembre 2016 – 20 janvier 2017)
     
    * Lundi 20 mars: Le directeur du FBI, James Comey affirme qu’il n’existe aucune preuve que Obama aurait demandé la mise sur écoutes du président-élu.
     
    * Mardi 21 mars: Deux représentants de la Maison Blanche, fraichement nommés, organisent une réunion secrète avec Devin Nunes à la Maison Blanche et lui présentent des documents confidentiels, appelés « Incidental collection »: ce sont les communications de citoyens américains interceptées par les agences de renseignement lors d’écoutes réalisées sur des officiels étrangers.
    La Maison Blanche s’est volontairement impliquée dans une enquête soi-disant « indépendante » de la Commission parlementaire, dans laquelle plusieurs membres de l’administration sont des suspects potentiels, pour orienter les soupçons contre le président Obama et valider les accusations du président Trump.
     
    * Mercredi 22 mars: Devin Nunes va présenter ces informations au président et organise une conférence de presse devant la Maison Blanche dans laquelle il annonce avoir reçu des informations « alarmantes » sur le président de la part de sources « secrètes », des lanceurs d’alerte – le tout sans en informer les membres de la Commission parlementaire
    « White House Officials Helped Give Nunes Intelligence Reports »The New York Times
     
    * Lundi 28 mars: Ses collègues de la Commission demandent à Devin Nunes de se retirer de l’enquête, ce qu’il refuse, en recevant le soutien de la Maison Blanche et du porte parole de la Chambre des Représentants, Paul Ryan.
     
    * Jeudi 30 mars: Michael Flynn, ancien conseiller à la sécurité nationale du président, accepte de témoigner (« J’ai des choses à raconter, et j’ai vraiment envie de les dire ») devant les deux commissions chargées d’enquêter sur les ingérences russes, en échange d’une immunité si .
    Mike Flynn avait affirmé à la télévision le 25 septembre dernier: « Quand on vous donne l’immunité, ça veut dire que vous avez probablement commis un crime »
    « Mike Flynn Offers to Testify in Exchange for Immunity »The Wall Street Journal
     
    Et ce matin le président continue à le défendre en affirmant que son ancien conseiller est victime d’une chasse aux sorcières de la part des médias et Démocrates

    « Flynn est un électron libre qui n’a rien à perdre. Le camp de Trump devrait s’inquiéter »

    Twitter

     
    * Cet excellent portrait de Michael Flynn dans le New Yorker: « Michael Flynn, General Chaos »New Yorker

     

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  • Jusqu’ici tout va bien, sauf pour la Maison Blanche

    La Russie est plus que jamais est au centre de toutes les discussions, et l’exécutif est chaque jour un peu plus fragilisé par les révélations quotidiennes des médias.
     
    Mais tous ces scandales ont été déclenchés par le président et certains de ses conseillers et Secrétaires qui n’ont cessé de mentir sur leurs relations avec des représentants russes – même lorsqu’il n’y avait rien à cacher.
     
    Plutôt que de se concentrer sur la mise en place de son très ambitieux programme, l’administration s’est engluée dans ses propres affaires qui devraient prendre des mois à être éclaircies et qui mobilisent d’importantes ressources au Congrès américain.

    Il existe d’autres menaces et problèmes de taille dans le monde auxquels doivent faire face les Etats-Unis – notamment la Corée du Nord.
     
    Autrement, Comme Joe Scarborough l’affirmait ce matin, les médias n’ont jamais été aussi solides et rentables, tout comme le pouvoir judiciaire et ses juges qui ont préservé leur intégrité et indépendance face aux attaques répétées de la Maison Blanche, et le pouvoir législatif qui vient d’obliger la Maison Blanche à retirer l’une de ses promesses phares de la campagne, l’American Affordable Care Act.

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  • Trump durcit le ton avec les rebelles

    The NEw York Post – Edition du 30 mars 2017

    Depuis le retrait de l’American Health Care Act, la Maison Blanche menace ceux qu’elle estime être responsables: Les Représentans républicains du Freedom Caucus, proches du Tea Party.
     
    * Il y a eu Steve Bannon, qui a tapé du poing sur la table durant les négociations en expliquant à ces élus qu’il n’avaient pas d’autres choix que de se ranger derrière le président et la majorité républicaine. Sans succès.
     
    * Le weekend dernier, le président a fait semblant d’être ouvert aux Démocrates et à l’idée d’une coalition politique pour faire passer son programme sans le soutien du Freedom Caucus. Aucune réaction des intéressés.
     
    * Il a remis le couvert hier, sur Twitter, en utilisant « une stratégie que les membres du Congrès redoutent », c’est cibler personnellement des élus:
     

    Si @Jim_Jordan et @Raul_Labrador s’étaient ralliés, on aurait un excellent système de santé et une réforme et des réductions d’impôts … Ou sont @RepMarkMeadows, @Jim_Jordan et @Raul_Labrador? #RepealANDReplace

     
    * Donald Trump s’est dit prêt à considérer les membres du Freedom Caucus comme des adversaires politiques au même titre que les Démocrates en prévision des élections de mi-mandat: Il mettrait tout l’appareil politique du parti républicain a disposition de candidats qui lui sont fidèles contre eux.
     

    Le Freedom Caucus va saper tout le programme républicain s’ils ne se rallient pas et vite. Nous devons les batters, et les Dems, en 2018

     
    Labrador, l’un des responsables du Freedom Caucus, a répondu hier après midi:
     

    « Le Freedom Caucus est resté à tes côtés quand les autres t’ont lâché (…) Souviens toi qui sont tes vrais amis. Nous essayons de t’aider ».

     
    Ces élus de la droite dure bénéficient d’une base électorale très fidèle mais qui soutient également le président: C’est une stratégie risquée pour l’administration que d’essayer de les isoler et de les dénoncer mais aussi pour ces élus d’avoir l’air de saper sa présidence et son programme.
     
    * « Trump goes after Freedom Caucus ringleaders »Politico

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  • Un département d’Etat vide

    Les premières semaines de Rex Tillerson comme Secrétaire d’Etat ne sont pas très rassurantes pour le Département et les fonctionnaires qu’il dirige avec qui il n’a eu presque aucun contact, préférant la compagnie et les conseils de son cercle restreint qui n’a aucune expérience en matière de gouvernement et de politique étrangère. Il n’a pas bronché devant les 30% de réductions budgétaires prévues par « America First » pour l’année 2018 – et qui a peu de chances de passer.
     

    Huit semaines après être devenu le premier diplomate du président Trump, l’ancien chef d’ExxonMobil est isolé, séparé du corps des bureaucrates du Département d’Etat à Washington et à travers le monde.
    Son style de gestion très distant a créé une confusion croissante chez les représentants étrangers qui ont du mal à comprendre où les Etats-Unis se situent sur des sujets clés.
    Il suscite la méfiance des employés de carrière du Département d’Etat (…)
    Une situation qui menace de saper le pouvoir et la portée du Département d’Etat, la cible d’une réduction budgétaire de 30% de la part de l’administration Trump.

     
    Comme la Maison Blanche, Tillerson se méfie de l’appareil bureaucratique et semble vouloir se passer le plus possible de leur participation et de leur conseils dans la gestion du Département d’Etat: Il a nommé peu de fonctionnaires aux postes clés qui seraient susceptibles de l’aider à Washington et dans ses déplacements à l’Etranger.
     
    Il refuse de communiquer, ni de voyager avec la presse (pour faire des économies).

     
    Il suit les mêmes habitudes que lorsqu’il travaillait pour Exxon Mobil sauf qu’il s’agit ici du Département d’Etat des Etats-Unis et que les citoyens ont le droit de savoir ce qu’il s’y passe.
     
    *  « Secretary of State Rex Tillerson spends his first weeks isolated from an anxious bureaucracy »The Washington Post

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  • Les cinquante meilleurs Podcast selon le Time

    Le Time nous a offert une sélection des meilleurs Podcasts:
     
    * S-Town, par les producteurs de Serial qui a l’air génial – Crime
    * Alice isn’t Dead, par les créateurs de Welcome to Night Vale – Fiction, mystère
    * Missing Richard Simmons, mal-aimé par le New York Times qui dénonce une violation de la vie privée
    * Pod Save America, par des « Obama Bros », c’est très orienté et free style mais intéressant.

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  • Article du Jour

    Superbe reportage du New York Times sur ces Juifs ultra-orthodoxes qui décident de quitter leur communauté, leurs familles et leurs amis, fermés au monde extérieur et l’unique association qui les accueille, « Foodsteps »
     
    * « The High Price of Leaving Ultra-Orthodox Life »The New York Times magazine

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  • Couverture du jour

    « La présidence Trump est dans un trou … et c’est mauvais pour l’Amérique et pour le monde »
     

    C’est tentant d’être soulagé que la présidence de Trump soit un fiasco. Pour ceux qui doutent de son programme et s’inquiètent de son manque de respect pour les institutions, leur meilleur espoir est aujourd’hui qu’il accomplisse quelque chose. Cette logique est séduisante mais mauvaise. Après des années de blocage, Washington doit avancer. Le sommet qui arrive avec Xi Jinping, le président chinois, prouve combien l’Amérique reste la nation indispensable. Une président vulnérable peut être dangereux

     
    * « The Presidency is in a hole. And that is bad for America – and the World »The Economist
     

Le Secrétaire d’Etat snobe les journalistes et embarque en voyage officiel un site conser … pirationniste ?

 

Pour son premier déplacement officiel en Asie, cette semaine, le Secrétaire d’Etat Rex Tillerson n’a pas invité l’équipe de reporters a voyagé avec lui. Le département d’Etat a expliqué qu’il n’y avait pas de place dans l’avion, un petit modèle choisi par « souci d’économie ».
Une démarche inhabituelle qui fragilise la relation traditionnelle entre représentants du gouvernement et la presse et qui pourrait compliquer le traitement médiatique de la politique étrangère du pays.

 

Il n’a invité qu’une seule journaliste à le suivre, Erin McPike, ancienne de CNN, qui travaille pour une start-up d’infos conservatrice destinée aux Millenials, Independent Journal Review, créée en 2012: une démarche qui a suscité beaucoup de frustration chez les médias traditionnels.
Le porte parole du Département d’Etat a indiqué que Mr Tillerson voulait inclure « davantage de représentation dans les médias américains » et offrir accès privilégié à ceux qui n’y ont pas l’habitude.
La plupart des journalistes, certains très vexés ont donc voyagé commercial pour se rendre au Japon, première étape du séjour.

Il s’agit ici d’une énième marque de distance prise envers la presse traditionnelle, qui n’a vraiment rien d’étonnant.

Sauf quand ledit site d’infos commet un énorme bourde au pire moment.

Politico a rapporté jeudi après midi qu’un autre journaliste de l’IJR, attaché aux affaires parlementaires, avait démissionné après la diffusion d’un article conspirationniste contre Barack Obama.
Joe Perticone, en rupture avec la ligne éditoriale du site, a supprimé toute référence à l’IJR sur son profil Twitter – la technique moderne pour démissionner d’un pure player.

 

La raison?
Un article posté ce matin qui établit une cause à effet entre la présence de Barack Obama à Hawaï et la décision du juge d’Honolulu, Derrick Watson, de suspendre la seconde travel ban proposée par le gouvernement – un mois après le revers de la première travel ban – sur des indices pour le moins originaux: Obama et Watson sont allés à Harvard en même temps, Obama a nommé ce juge et enfin l’ancien président a mangé dans un restaurant situé à côté de la cour de justice où travaille Mr Watson.

Les mêmes allégations de connivence entre les deux hommes ont été relayés par d’autres sites conspirationnistes à l’instar de InfoWars ou The Gateway Pundit.

L’article a été retiré depuis avec la note suivante: « IJR a publié un article qui ne correspond pas à nos standards traditionnels, ni ne représente les règles et la vision de IJR. Nous avons retiré cette histoire et nous regrettons profondément cette erreur. »
L’auteur de l’article s’est également excusé.

Ce n’est pas la première fois que le site rencontre ce genre de déconvenues: « La tension semble avoir lieu entre la création de contenu viral et la volonté de devenir un organe de presse respecté ».

Il y en a un qui le considère comme tel, c’est le Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson.

Jeudi 16 mars 2017: Une morgue ambulante – Parano à la Maison Blanche – Richard Simmons a disparu – Trump & Twitter –

  • Révisée, soumise à nouveau et rejetée une nouvelle fois

    Un juge de Hawaï a suspendu une nouvelle fois, la seconde Travel Ban proposée par la Maison Blanche après la suspension en février dernière de la première version par la cour fédérale de San Francisco.
    Un revers de plus contre la politique anti-immigration de l’administration Trump qui prévoyait l’interdiction d’entrée sur le territoire américain de tous les réfugiés pendant un an, de tous les ressortissants de six pays musulmans pendant trois mois – à l’exception de ceux détenteurs de visas ou de carte verte. Le juge a déclaré que le décret de Trump violait la clause religieuse de la Constitution américaine. L’intéressé a déclaré dans un meeting dans le Tennessee hier qu’il s’agissait « d’un abus sans précédent du pouvoir judiciaire » sur le pouvoir exécutif

    Aucun idée si la Maison Blanche compte persévérer et offrir une troisième version encore plus « diluée »?

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  • Trump discute Twitter sur Fox News –

    Lors d’une interview diffusée hier soir sur sa chaîne préférée, Fox News, le journaliste Tucker Carlson a demandé au président s’il était avisé par un conseiller avant de tweeter, ce à quoi le président a répondu:

    Je pense que je ne serai pas ici si c’était grâce à Twitter, parce qu’il y a tellement de fausse presse autour de moi, de presse malhonnête. Si vous regardez – je n’inclus pas Fox News parce qu’ils ont été assez justes avec moi, mais si vous regardez CNN, et ces autres réseaux, NBC – j’ai rapporté une fortune à NBC avec « The Apprentice ».
    Je suis arrivé quand ça ne marchait pas du tout, et je l’ai transformé en l’un des reality shows les plus connus de tous les temps. J’ai fait 14 saisons. Et vous avez vu ce qu’il se passe quand je n’y suis plus? [le show a été repris par Schwarzenegger puis annulé la semaine dernière]
    Vous avez vu que le show était un désastre.
    J’ai aidé NBC et ils sont horribles avec moi. La façon dont ils me traitent est horrible. CNN, ABC, regardez ce qu’il se passe. Ces faux médias, cette fausse presse. C’est une honte

    La plupart des infos sont malhonnêtes. Donc quand j’ai cent millions de personnes qui me suivent sur Twitter, Facebook, Instagram, POTUS, et plein d’autres choses, c’est comme si j’avais ma propre forme de médias. 
    Donc si je tweete deux ou trois ou quatre ou cinq fois par jour, et que la plupart sont positifs – et je veux que la plupart soient positifs – mais si je fais une erreur par mois, celle-ci [Accuser Obama de l’avoir mis sur écoute], je pense pas que cela prouve que ce soit une erreur en général.

     

    Donc, Trump utilise les médias sociaux comme sa propre source d’information et il a reconnu avoir fait une erreur en accusant Barack Obama de l’avoir mis sur écoute.

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  • Parano à la Maison Blanche

    Rien ne va plus à la Maison Blanche.
    Non pas que la situation n’ait jamais été normale mais les fuites qui inondent 1600 Pennsylvania Avenue rendent tout le monde parano rapporte hier le magazine Politico:

     

    « Une culture de la paranoïa est en train d’envahir l’administration Trump, avec des équipes de plus en plus préoccupées par ceux qu’ils perçoivent comme leurs ennemis – au sein de leur propre gouvernement ».

    L’administration est rongée par les suspicions entre factions rivales autour du président (les outsiders comme Steve Bannon et Stephen Miller contre les « Républicains » comme Reince Priebus ou Sean Spicer), contre le « Deep State », ces agents militaires et du renseignement accusés de vouloir détruire Donald Trump, ou vis-à-vis des simples fonctionnaires de carrière…

    Les téléphones professionnels sont soupçonnés d’être mis sur écoute et ceux personnels laissés à la maison par crainte d’être l’objet d’un contrôle inopiné – même si Sean Spicer a démenti mardi ce genre de pratiques.
    Un climat toxique qui empêche une atmosphère de travail normal et le recrutement de nouveaux agents qui pourraient être soupçonnés de travailleur contre le président.
    La CIA est ligne de mire de ces accusations d’espionnage, de mises sur écoute et de fuites contre Donald Trump, surtout après les fuites de Wikileaks qui ont révélé l’étendue de l’appareil de cyber-espionnage.
    Quand à la presse, il est formellement interdit de communiquer avec elle, sous peine d’être viré sur le champ.

    * « People are scared: paranoïa seizes Trump’s White House »Politico

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  • Le Podcast déjà culte « Missing Richard Simmons »

    Richard Simmons, c’est un peu l’équivalent de Veronique et Davina si elles avaient continué leur cours de fitness jusqu’à aujourd’hui: Une célébrité hollywoodienne depuis plusieurs décennies, grâce à ses célèbres cours de fitness à 12 dollars de l’heure qu’il donnait dans son studio Slimmons de Beverly Hills, fermé en novembre 2016.

    Voici l’introduction du Podcast, assez alléchante:

    Le 15 février 2014, le gourou du fitness Richard Simmons a disparu.
    Il a arrêté de donner ses cours d’exercice à Slimmons, n’a plu contacté ses amis les plus proches, et s’est retiré du monde après avoir été considéré pendant des années comme l’une des stars les plus accessibles au monde.
    Plus personne n’a entendu parler de lui – et personne ne sait pourquoi est-ce qu’il est parti.
    Le réalisateur Dan Taberski était un ami de Simmons et client régulier à Slimmons.
    Missing Richard Simmons est l’enquête effectué par Dan pour retrouver Richard – et plus il creuse, plus ça devient étrange.

    Le Podcast remporte un succès fou et a même été comparé au fameux Serial, cette enquête très sérieuse sur une possible erreur de justice, qui a entraîné la réouverture du procès de Adnan Syed.
    Sauf qu’ici, Richard Simmons est bien vivant, il a juste décidé de changer de vie et un réalisateur s’obstine aujourd’hui à savoir pourquoi – les rumeurs sont allées bon train depuis des années.
    Une démarche « moralement douteuse » pour le New York Times qui se demande qu’est ce que ça peut apporter à Mr Taberski de savoir ce qui arrive à Richard Simmons, qui a clairement fait comprendre qu’il voulait préserver son anonymat. De la curiosité mal placée? En tout cas ça cartonne!

    * « Missing Richard Simmons, the Morally Suspect Podcast » New York Times

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  • Une morgue ambulante dans l’Ohio pour faire à l’épidémie d’héroïne

    La morgue d’un comté de l’Ohio, en pleine coeur de l’épidémie d’héroïne qui frappe le pays, n’a plus les moyens logistiques d’accueillir davantage de cadavres et a recours en attendant à une « morgue mobile » fourni par le département de la Santé de l’Etat.
    La plupart des décès sont provoqués par des overdoses d’héroïne (20% de plus que l’année précédente), après les accidents de voiture et suicides. 
    C’est la quatrième morgue mobile utilisée dans le comté de Stark, peuplé de 375 000 habitants et d’autres Etats du pays doivent utiliser ces mesures d’urgence pour faire face à cette épidémie. 
    Cinq états avaient un taux de mortalité par overdoses plus élevé que l’Ohio en 2015: La Virginie Occidentale, Le New Hampshire, Kentucky, Ohio et Rhode Island selon le Center for Disease Control and Prevention

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  • Couverture du jour

    Bloomberg Businessweek se penche cette semaine sur l’empire Domino’s Pizza avec cette couverture tonitruante et un reportage passionnant sur une compagnie évaluée à 9 milliards de dollars.

Mercredi 1er février 2017: Cour Suprême, Incompétence et « chaos volontaire »

  • Premier prime time de Donald Trump en direct de la Maison Blanche pour l’un des évènements majeurs de sa présidence, la nomination du neuvième juge de la Cour Suprême, vacant depuis la mort d’Anthony Scalia en février dernier, et au cours duquel il était détendu et plutôt conciliant.
    Son choix s’est porté sur Neil Gorsuch, 49 ans, le plus jeune prétendant à ce poste en 25 ans, diplômé de Columbia, Harvard et Oxford, présenté « l’un des universitaires les plus brillants au monde », l’héritier le plus fidèle du « grand Anthony Scalia » et l’homme « dont le pays a énormément besoin aujourd’hui. »
    Le rapport de force idéologique au sein Cour Suprême des Etats-Unis ne va pas changer par rapport à l’année dernière, avec quatre « conservateurs » contre quatre « démocrates » et un neuvième, Anthony Kennedy, qui penche le plus souvent vers les républicains mais a défendu le droit à l’avortement, l’Affirmative Action et les droits des homosexuels – encore faut-il que les Démocrates l’acceptent, et mardi soir, Nancy Pelosi, affirmait que l’opposition bloquerait la nomination de Gorsuch.
  • Le contenu et l’application de la « Travel Ban » ce weekend seraient révélateur, pour de nombreux médias et politiques, de l’incompétence » de la Maison Blanche.
    Donald Trump a laissé Stephen Miller, un jeune conseiller de trente deux ans, décider de ne pas informer le Conseil National de Sécurité, ni les agences gouvernementales concernées, ni le futur Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, celui de la Défense, Jim Mattis, et celui de la Sécurité Intérieure, John Kelly, sous prétexte qu’ils n’étaient pas dignes de confiance.
    La coopération entre la nouvelle administration et le cercle rapproché du président commence plutôt mal.

    Politico rapporte que messieurs Bannon et Miller ont demandé l’aide de conseillers travaillant à la Commission des Affaires Judiciaires de la Chambre des Représentants pour l’ébauche de la « Travel Ban » et leur auraient fait signer au préalable un contrat de confidentialité leur interdisant de prévenir leur supérieurs, le président de la Commission concernée, Bob Goodlatte, ni Paul Ryan. 
  • Le chaos provoqué cette semaine par la « Travel Ban » est volontaire explique le Washington Post: « Tout ce qu’on connait de Trump, l’homme d’affaires et le présentateur télé suggère qu’il excelle dans le chaos, qu’il croit que le chaos produit les résultats qu’il aime ». Regarder des épisodes de The Apprentice permet de comprendre sa tactique de jeu: Créer le chaos en provoquant tensions et incompréhensions entre participants puis arriver en tant que décideur ultime pour virer les plus faibles pour garder les plus forts.
  • Est-ce que Trump serait plus enclin à se laisser « trumper » par sa personnalité haute-en-couleur quand sa fille Ivanka et son gendre sont absents. Emily Jane Fox note dans Vanity Fair que les nombreux dérapages de Trump ont eu lieu le vendredi soir et samedi, lorsque le couple Kushner observe le Shabbat orthodoxe, et doit s’abstenir de travail et de technologie. C’est durant ces 24 heures qu’ont eu lieu les évènements « off-script » ces deux dernières semaines: l’appel passé aux Parcs Nationaux le lendemain de son investiture pour obtenir les chiffres de la mobilisation puis envoyer le porte parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, mentir aux journalistes sur la taille de la foule, après un discours bizarre devant la C.I.A. ou la semaine dernière, quand il a annoncé la « Travel Ban » et provoqué des manifestations dans tout le pays.
    Les dimanches seraient consacrés à des opérations de sauvetage en terme de communication.
  • Les fils Murdoch, Lachlan et James Murdoch, respectivement président et P.D.-G. de la 21st Century Fox, propriétaire de Fox News, ont diffusé lundi un memo interne décrivant « une compagnie menée par la créativité et l’innovation » qui reconnait « l’unique perspective offerte par les nombreux individus qui sont venus aux USA à la recherche d’opportunité de s’exprimer librement (…) Nous respectons profondément les valeurs de diversité et pensons que l’immigration est une part essentielle de la force des Etats-Unis ». Ils se sont engagés à défendre tous les employés et leur famille qui seraient touchés par la « Travel Ban ».
    Le New York Times et le Wall Street Journal ont fait de même. Mais « la plupart des sociétés de médias, y compris les chaînes ABC News, NBC News, CBS News et CNN n’ont pas publié de déclarations officielles » sur la question.
  • Selon The Hill, les Représentants républicains travaillent sur une législation qui prévoit l’abolition de l’Agence de Protection de l’Environnement. « Les règles et régulations promulguées par les bureaucrates non élus » de cette organisation seraient devenues « un obstacle extraordinaire pour le peuple américain et les petites entreprises » selon l’auteur de la proposition de loi, Matt Gaetz. Donald Trump avait souhaité la disparition de l’EPA, vieille de 46 ans, avant de reconnaître l’utilité de quelques unes de ses fonctions. A suivre…
  • La guerre continue entre Donald Trump et CNN puisque la Maison Blanche a interdit à son personnel d’intervenir sur le plateau de la chaîne d’informations considérée comme une antenne de « fake news par le président, lors de sa première conférence de presse post élections au début du mois de janvier
  • Sean Spicer « ne sait pas » si le président assistera le 29 avril prochain au White House Correspondant Dinner, l’une des plus importantes soirées de gala annuelles de Washington mais surtout l’une des plus médiatiques au cours de laquelle sont conviés journalistes et comédiens qui viennent gentiment « griller » le président. Reliable Sources rapporte que certains proches de Trump, dont l’animatrice radio, Laura Ingraham, l’encouragerait à boycotter l’évènement, pour se différencier de l’élite de la capitale et éviter de se faire harakiri en direct à la télé.
    Participation ou non, l’évènement aura lieu le 29 avril à l’Hotel Hilton.  
  • « Move over Friendsgiving. Galentine’s Day is on the Way »
    « Galentine’s Day », c’est le nom d’un épisode de la série Parc and Recreations, et le jour préféré de l’année pour son personnage principal, Leslie Knope (Amy Poehler) car dédié aux « filles qui célèbrent les filles », et célébré la veille de Valentine’s Day. Dans le climat délétère actuel et le formidable espoir insufflé par la Marche des Femmes, Galentine’s Day devrait avoir plus de succès cette année rapporte AP cette semaine.