07.09.17

 

Les Républicains en colère

  • Donald Trump s’est mis le parti républicain à dos hier en décidant, contre toute attente, de s’allier avec Chuck Schumer et Nancy Pelosi, respectivement chefs des minorités démocrates de la chambre haute et basse du Congrès américains pour augmenter le plafond de la dette jusqu’en décembre prochain – l’accord avait été rejeté plus tôt dans la journée par Paul Ryan, le porte parole républicain de la Chambre des Représentants qui proposait lui une extension de dix huit mois. – The New York Times
     

    « Après des semaines passées à critiquer les leaders républicains sur leur incapacité à faire voter des lois, Trump a montré qu’il était prêt à franchir les lignes partisanes pour rapporter des victoires législatives (…) Jusqu’ici, M. Trump a cherché à gouverner avec les majorités républicaines de la Chambre des Représentants et du Sénat, une approche qui ne lui a pas permis de remplir des promesses comme l’abrogation d’Obamacare. Après avoir accusé les Démocrates d’être des « obstructionnistes », Trump cherche désormais à s’entendre avec les Démocrates sur des sujets où ils partagent un intérêt commun comme les projets d’infrastructure, l’immigration ou les impôts.

     

  • La veille, Donald Trump s’est dit prêt à négocier avec les Démocrates pour trouver une solution légale à la protection des « dreamers »: « Chuck [Schumer] et Nancy [Pelosi] voudraient arriver à quelque chose, et moi aussi » sans mentionner sa  propre majorité.
  • L’accolade entre Schumer et Trump immortalisée.

 


« Usine à trolls »

  • La direction de Facebook a révélé avoir vendu près trois milles posts publicitaires à une entreprise russe – véritable « usine à trolls » – liée au Kremlin durant la campagne présidentielle 2016 pour un montant total de cent mille dollars.
    Diffusées « entre juin 2015 et mai 2017″, les publicités ne ciblaient aucun candidat en particulier mais évoquaient des problèmes sociaux controversés (la race, droits des homosexuels, du contrôle des armes de l’immigration) sur 470 comptes et pages différentes » que Facebook a interdit depuis.

     
  • Même si cent mille dollars représente « un tout petit montant qui a sans doute eu peu d’effet sur le résultat des élections », c’est un exemple de l’effort déployé par les autorités russes durant la campagne présidentielle américaine pour tenter d’influencer le résultat des élections en faveur de Donald Trump et aux dépens d’Hillary Clinton.
    A savoir maintenant si cet effort à été guidé par des individus aux Etats-Unis

 


Les chiffres catastrophiques de l’épidémie d’opiacés

 

  • Les derniers chiffres de l’une des pires crises sanitaires qui frappe les Etats-Unis sont catastrophiques:
     

    Environ 64 000 Américains sont morts d’overdose l’année dernière – une hausse de 22% comparée aux 52 404 recensés en 2015 – selon les premières estimations du gouvernement. Les overdoses tuent désormais plus d’Américains que l’épidémie de HIV en 1995, et bien plus que les armes ou accidents de voiture aujourd’hui

     

  • L’arrivée en force du Fentanyl, dont le potentiel analgésique est cent fois plus puissant que la morphine, a aggravé l’épidémie en causant à lui seul la mort de 20 000 personnes en 2016, soit un tiers des décès liés à la consommation de drogues.
  •  

  • Dan Ciccarone, professeur à l’Ecole de médecine de UCLA à San Francisco:
     

    Il s’agit d’une tripe épidémie qui cumule des vagues de décès liées à la consommation de différents types d’opiacés. La première a commencé dans les années 90 avec la prescription des anti-douleurs. La seconde, due à l’héroïne, a commencé autour de 2010 avec des overdoses liées à la consommation d’héroïne qui ont triplé. Aujourd’hui ce sont des overdoses liés aux opiacés de synthèse, y compris le Fentanyl et ses dérivés produit illégalement, qui représentent la troisième vague avec des décès par overdoses qui ont doublé entre 2013 et 2014


« Horrorcane »

 

  • Irma, l’ouragan de catégorie 5 qui a dévasté les Antilles devrait toucher les côtes américaines samedi matin:

    L’ouragan Irma est plus large et plus puissant que ne l’était Andrew et pourrait devenir la tempête que les habitants de Miami, porte d’entrée dynamique vers l’Amérique latine, pensaient ne jamais voir arriver.

 


Mobil-ville

 

  • Les 18 000 habitants de la petite ville suédoise de Kiruna ont été déplacés de force pour laisser place à l’exploitation d’un des gisements de minerai de fer les plus riches de la planète, utilisé notamment par BMW pour la construction de ses berlines et Apple pour ses Iphones.
     

    Tous les habitants de Kiruna étaient au courant de la possibilité d’être évacués pour accommoder l’expansion graduelle de la mine. Mais en 2004, LKBA [l’exploitant de la mine] a informé le gouvernement local que pour continuer à exploiter la mine, le minerai de fer devrait être extrait bien plus en profondeur, au risque de rendre instable une importante partie de la ville, y compris le centre ville. C’est là qu’a commencé le projet audacieux, compliqué et toujours en cours de déplacer le coeur de Kiruna, ses cinq mille maisons et sept cent mille mètres carrés d’espaces résidentiels et commerciaux, à trois kilomètres à l’est. La plupart des structures vont être détruites et reconstruites, mais dans certains cas – les maisons les plus anciennes par exemple ou l’église en bois, considérée un temps comme l’un des plus beaux monuments de Suède – seront désassemblées ou transportées tels quels à Kiruna 2.0

  • « How to move a town »Bloomberg Businessweek

 


Une ville à vendre

 

  • La ville de Mustang au Texas a été mise en vente pour quatre millions de dollars. La propriété de trente hectares possède quelques mobil-homes, un magasin, une station d’épuration, un immense hangar de 650 km2, un camion de pompiers. L’idée est de trouver « le bon propriétaire » pour essayer de faire renaître une communauté. Daily Mail

 


46 ans derrière les barreaux

  • Leslie Van Houten, 68 ans, dont 46 passés dans une cellule de la prison pour femmes de Chino en Californie pour les meurtres de Leno et Rosemary LaBianca en 1969 a obtenu une seconde liberté conditionnelle, un an après que la première ait été rejetée par le gouverneur de Californie, Jerry Brown.
    C’est la dernière survivante des « girls » de la famille Manson, et la plus ancienne prisonnière des Etats-Unis.

 

 


Couverture du jour

  • Hillary Clinton pour la sortie de son dernier ouvrage, « What Happened », sorti cette semaine et consacré aux élections présidentielles et à la pire défaite de sa carrière, du parti démocrate et du pays:
     

    Tu peux rejeter la faute sur les données, sur le message, sur à peu près tout – mais j’étais la candidate.

Le kiosque du Labor Day weekend

 

1. HARVEY

  • L’ouragan Harvey a monopolisé médias et journalistes, autant sur les secours et l’étendue de la catastrophe – 48 morts, des dégâts estimés à 190 milliards de dollars, des centaines de milliers de Texans sans-abri et parfois sans assurances, une hausse du prix de l’essence dans tout le pays – que la singularité du désastre naturel – « a 1000-year flood event », susceptible de se reproduire plus souvent à cause du changement climatique.

 

  • Deux articles importants à retenir sur le sujet:
    • Il y a quelques mois, le Texas Tribune et ProPublica ont publié une longue enquête sur les risques encourus par Houston en cas de pluies diluviennes, en prenant notamment en compte les précédentes intempéries qui ont touché la ville et les solutions temporaires offertes par les autorités:
       

      La tempête qui a frappé la petite maison en briques de la famille Hammond – surnommée l’inondation du « Tax Day » parce qu’elle est tombée le jour de la date limite du dépôt des déclarations d’impôts [2016] – est survenue onze mois seulement après celle qui avait frappé la ville lors du Memorial Day weekend de 2015. Les deux inondations ont tué seize personnes, causé plus d’un milliard de dégâts et provoqué la colère des Houstoniens, dont quelques uns ont choisi de porter plainte contre la ville, incapable de gérer les problèmes d’inondations. Un mois après l’inondation dite du « Tax Day », une autre énorme tempête s’est abattue sur Houston, déversant près trente centimètres de pluies en 24 heures.

       

    • La cover story de Bloomberg Businessweek sur les problèmes de planification urbaine de Houston qui ont rendu la ville bien plus vulnérable aux risques de crues:
       

      Houston s’est considérablement agrandie sans un contrôle efficace des autorités et ce laissez-faire n’est pas le bon moyen de se préparer à une catastrophe (…) aucune ville n’aurait échappé à Harvey sans dégâts mais Houston s’est rendue bien plus vulnérable (…) Couler du béton dans des zones humides empêche le terrain d’absorber l’eau de pluie. Les réservoirs censés l’absorber étaient trop petits. Les normes de construction étaient inadéquats. Les routes sont devenues des rivières, et ont rendu les hôpitaux, restés ouverts, inaccessibles.

 


2. Les nouvelles influences de Washington

 

  • Il est rare de voir passer une semaine sans une couverture consacrée à Trump, qu’il l’ait cherché ou non. Cette semaine, le New York Times magazine s’intéresse à l’un de ses proches, Corey Lewandowski (« How to Get Rich in Trump’s Washington« ), manager de sa campagne pendant quelques semaines, devenu lobbyste après l’élection de son ancien boss tout en continuant de le conseiller en stratégie politique.
    C’est l’exemple typique de cette nouvelle génération de professionnels montés à Washington pour monnayer aux entreprises et particuliers leur accès privilégié au président:

    Le parcours de Lewandowski, d’obscure conseiller politique du New Hampshire à l’une des personnes les plus influentes de la capitale, est emblématique de la façon dont l’élection de Trump à bousculé les hiérarchies à Washington (…) Une personne a proposé 250 000 dollars à Lewandowski uniquement pour apparaître dans l’un des tweets du président.

     

  • Donald Trump avait pourtant promis pendant la campagne électorale de nettoyer le « marécage de Washington » – la formule « Drain the Swamp » lancée au mois d’octobre 2016 pour canaliser les effets catastrophiques de la diffusion de ses propos calamiteux lors de l’enregistrement de l’émission « Access Hollywood » a très bien marché. Mais les premiers mois chaotiques de l’administration ont finalement renforcé les lobbies traditionnels de Washington avec qui Lewandowski travaille désormais dans une nouvelle entreprise créée en juillet dernier, Strategic Advisors.
    Conclusion: « Lewandowski a intégré l’un des traits essentiels du marécage, la capacité à s’adapter ».

 


3. La malédiction des Kushner

  • En 2007, après un séjour en prison pour évasion fiscale et subornation de témoin, Charles Kushner, à la tête d’un empire immobilier dans le New Jersey, Kushner Co., décidait de conquérir New York City en y réalisant la plus importante transaction immobilière de l’époque (1,8 milliard de dollars), l’achat du 666 Fifth Avenue.
    Son fils, Jared, époux d’Ivanka Trump, devait gérer la propriété et si possible agrandir le parc immobilier dans le reste de la ville.
    Quelques mois plus tard a eu lieu la crise financière de 2008 et l’immeuble de 41 étages situé dans le quartier Midtown de Manhattan, est devenu un véritable un gouffre financier qui empoisonne la compagnie depuis maintenant une décennie.
    Businessweek a publié une longue enquête à ce sujet: 

    Le payement [ils doivent encore 600 millions de dollars] est dû dans dix huit mois et certains s’inquiètent que [Jared] Kushner utilise ou ait déjà utilisé sa position de pouvoir pour aider l’entreprise familiale même si conformément aux règles éthiques imposées par le gouvernement, il a cédé ses parts [de la compagnie] aux membres de sa famille. Les enquêteurs fédéraux enquêtent désormais sur les finances du Kushner et ses transactions commerciales, comme pour les autres proches de Trump dans le cadre d’une éventuelle collusion entre l’équipe de campagne du candidat républicain et la Russie. Kushner a déjà témoigné deux fois devant les commissions du Congrès et démenti avoir utilisé sa fonction au profit de l’entreprise familiale.

     

  • Depuis deux ans, les Kushner et autres représentants de l’entreprise parcourent le monde entier à la recherche de potentiels investisseurs: Banques et une compagnie d’insurance israéliennes, Bernard Arnault, un fond souverain sud-coréen, un développeur saoudien, un cheikh du Qatar et un groupe d’assurance chinois – sans succès.

 


4. Misère à Los Angeles

  • Reportage du Los Angeles Times dans les « ateliers de misère » de Los Angeles qui exploitent les ouvriers pour satisfaire les demandes toujours plus exigeantes des grandes marques de vêtements à bas prix, à l’instar de Century 21, et qui grâce à une législation obsolète de la ville, échappe à toutes poursuites légales ou/et financières.
     

    Forever 21 affirme inspecter nombre de ses usines de vêtements à l’étranger pour assumer « sa part de responsabilité dans la protection des employés » mais ne le fait pas à Los Angeles car en Californie c’est le Département du Travail qui est censé protéger les ouvriers, ce qui n’est pas le cas de ses usines dans certains autres pays.
    Aujourd’hui, devant la compétition toujours plus importante du commerce en ligne, le budget des marques comme Forever 21 demandent des prix toujours plus bas à leurs fournisseurs

     

  • Les ouvriers qui travaillent dans ces ateliers de misère, des « sweatshops » en anglais, gagnent moins que le salaire minimum en vigueur à Los Angeles – de dix dollars de l’heure, il est passé à 12 en juillet dernier – entre sept et cinq dollars de l’heure et jusqu’à 3,5 dollars!
    La plupart de ces ouvriers sont des travailleurs immigrés sans papiers.

    Ces usines et fournisseurs ont été condamnés à payer des centaines de milliers de dollars de dommages et intérêts à leurs ouvriers. Forever 21 n’a pas déboursé un centime (…) La compagnie bénéficie d’une loi vieille de 18 ans censée éradiquer les « sweatshops » qui permet aux ouvriers de récupérer leur salaire directement de leur patron ou de toutes compagnies pour laquelle il travaille. Or Century 21 est revendeur et non pas un fabricant, et n’a donc rien à voir légalement avec ces usines 

     

  • Une plongée assez terrifiante dans ces usines de couture où les travailleurs sont payés 90 centimes (de dollars) pour coudre un débardeur.

 


5. Inégalités

  • Pour comprendre l’inégalité croissante dans le monde du travail, Neil Irwin du New York Times a comparé la position d’un agent d’entretien d’une grande entreprise américaine dans les années 80 à celle d’aujourd’hui, et le constat est sans appel:
     

    « [Ces quatre dernières décennies], les entreprises américaines ont adopté une nouvelle stratégie de gestion [des employés] qui se concentre sur les compétences essentielles en sous-traitant tout le reste. Cette approche a rendu les compagnies plus flexibles et productives et engrangé des profits colossaux pour les actionnaires; mais elle a augmenté les inégalités et explique pourquoi beaucoup d’Américains de classe moyenne souffrent dans une économie en bonne santé.

    Dans l’économie actuelle, des millions de travailleurs américains ne sont plus considérés comme des atouts dans lesquels investissent des entreprises mais des coûts qui doivent être minimisés. »

 

 

Le kiosque du 08.08.17

 

1. 200

  • Hier, le président a fêté ses deux cent premiers jours à la Maison Blanche résumés par le Washington Post
     

    • Décrets présidentiels signés: 42
    • Projets de loi signés: 43
    • Propositions de lois visant l’abrogation d’Obamacare devant le Sénat: 3
    • Lois d’Obamacare abrogées: 0
    • Le mur; 0
    • Pays visités: 8 et les territoires occupés
    • Jours passés dans les propriétés Trump: 64
    • Parties de golf effectuées: Au moins 35
    • Jours passés à Mar-a-Lago: 25
    • Argent dépensé par le contribuable pour protéger Mar-a-Lago: 6,6 millions de dollars
    • Directeurs du FBI & directeurs de la communication, directeurs de cabinet: 2
    • Opinions favorables: Entre 36% et 39%

 


2. La Résistance latino au Texas

  • Depuis que le gouverneur du Texas, Greg Abott, a signé la loi dite SB4, qui rentrera en vigueur en septembre et autorise les forces de l’ordre à demander aux suspects, témoins et victimes de crimes leurs papiers d’identité et punit les villes sanctuaires qui protègent les sans papiers – en accord avec la politique anti-immigration de l’administration Trump – la résistance s’organise dans le « Lone Star » State notamment au sein de la communauté latino (10,8 millions)
    Mother Jones est allée enquêter sur Jolt, une « association qui cherche à mobiliser les jeunes latinos texans contre les lois anti-immigration ».
     

    Certains des étudiants qui se sont inscrits au programme [de formation] de Jolt, sont sans papiers, d’autres viennent de familles installées au Texas depuis des générations. Mais tous ont adhéré au militantisme politique après le virage à droite qu’ont pris l’Etat et le pays.(…)
    Les membres recrutent des électeurs, organisent des manifestations mais ont réussi à attirer l’attention lors d’évènements plus médiatisés. En juin dernier, les militants de Jolt ont manifesté à l’intérieur du Capitole et perturbé la dernière journée de session parlementaire – les manifestations ont tellement énervé un Représentant républicain qu’il a fini par prévenir l’ICE (l’Immigration and Customs Enforcement).(…)

    Dans un Etat encore dominé par un gouvernement républicain presque entièrement blanc, les militants pensent que SB4 est une opportunité unique pour mobiliser des communautés désengagées.

    * « Will Texas’ Immigration Crackdown Spark the Latino Uprising Democrats Have Been Waiting For? »Mother Jones

 


3. Dure Conversation

 

  • Tommy Curry est un docteur en droit afro-américain dont « la philosophie vise à poser les questions qui fâchent sans peur ou préjugés » notamment sur le racisme et « la tyrannie culturelle blanche ».
    Son embauche au Département de philosophie de l’université du Texas devait apporter davantage de mixité dans un établissement essentiellement blanc (3% d’étudiants noirs seulement) et un secteur où les afro-américains sous représentés (1% du personnel).
    Pendant plusieurs années, la côte du professeur est montée en flèche chez ses étudiants jusqu’à sa titularisation en mai dernier, malgré les critiques de certains collègues sur ses propos jugés controversés voire incendiaires.

     
  • C’est à cette époque qu’un extrait d’une interview de Curry sur le tabou autour des afro-américains propriétaires d’armes à feu, interprété comme « un appel au meurtre des blancs » a fait le tour des réseaux d’extrême droite provoquant une levée de boucliers de professeurs, d’étudiants et donateurs de l’université du Texas qui a fini par suspendre le professeur.
  •  

  • Extrait:
     

    Les professeurs sont regardés, suivis et confrontés. On leur demande des comptes sur ce qu’ils ont dit et ce qu’on leur prête. La technologie moderne a transformé ces campus en cirque, et le public vient admirer les bêtes: les professeurs qui pensent que les statues en marbre blanc sont racistes, ceux qui appellent au génocide blanc à Noël, ceux qui veulent voir le président Trump pendu. Des élites présentées comme des brutes sauvages.
    Tommy Curry était le noir enragé qui voulait voir les blancs mourir.
    C’est la caricature qu’on en fait mais l’histoire est plus compliquée.
    Le drame qui s’est déroulé à Texas A&M, c’est l’histoire d’un chercheur qui a été accueilli dans une université publique grâce à une façon de pensée inhabituelle et puis mis au banc pour la même raison. C’est l’histoire de ce qu’une université valorise, de la façon dont elle exprime ces valeurs sous la pression, et comment cette pression fonctionne.
    C’est la liberté et le contrôle, la raison et la peur, la bonne foi et la mauvaise.

    * « Who’s left to Defend Tommy Collin? » – San Francisco Chronicle 


4. Patagonia: le business de la résistance

 

  • Patagonia, la marque de vêtements pionnière dans la lutte pour la protection de l’environnement, est « la conscience de l’industrie de l’outdoor, prête à abandonner des profits importants pour remplir sa mission.
    La compagnie est en guerre contre l’administration Trump qui veut privatiser des espaces naturels appartenant au domaine public, voudrait devenir un acteur politique influent à Washington.
  •  

  • Aussi emblématique que la marque est son fondateur, Yvon Chouinard, 78 ans, partisan d’une croissance modérée de ses activités et surtout intéressé par la dimension environnementale et sociale de son entreprise (« sauver la planète »), dont les profits ont quadruplé ces sept dernières années et qui possède aujourd’hui.
     

    Bien entendu, une telle ambition nécessite d’immenses ressources. Dans le schéma global des choses, Patagonia qui approche le milliard de dollars de bénéfices, passe de poids plume à poids léger. Dans un avenir proche, la compagnie ne peut pas concurrencer l’influence politique de l’industrie pétrolière et gazière, un adversaire important des espaces naturels appartenant à l’Etat. Mais une croissance rapide et continue pourrait éventuellement changer le rapport de force (…)
    Pour le moment pourtant, le pouvoir de Patagonia repose essentiellement dans sa capacité a révolutionner l’industrie de l’outdoor – en plein essor, estimée à un billion de dollars – qui a l’argent et les clients pour influencer les politiques à l’échelle nationale. Encore faut-il que les autres compagnies de l’industrie s’engagent à soutenir un pareil activisme et soient enclins à suivre un homme qui les traite de « faibles ».

    * « Patagonia big business of #Resist » – Outside

 


« Le jour ou le feu s’est déclaré »

 

  • C’est la cover story de Texas Monthy cet été: « The Day the Fire Came ».
    L’après midi du 6 mars 2016, trois feux se sont déclarés autour de la ville d’Amarillo dans le Panhandle texan – la région la plus au nord de l’Etat – répandus par des vents violents et une importante sécheresse.
    Sur place, Cody Crockett, un jeune cowboy qui travaillait dans un ranch de la région, accompagné par sa petite amie, Sydney Wallace, venue le rendre visite pour le week-end et Sloan Everett, un cowman, « ont fait ce qu’ils ont toujours appris: Retourner dans la praire pour sauver le bétail ».
    Le corps de Sydney a été retrouvée sans vie quelques heures plus tard. Cody et Sloane étaient brûlés, asphyxiés mais conscients lorsque les urgences sont arrivées pour les transporter à l’hôpital où tous les deux sont morts de leurs blessures.

    Incroyablement, à l’exception de trois veaux, [tous les animaux ont échappé au feu]. Contre toute attente, Cody, Sydney et Sloan avaient sauvé le bétail.

    (…)
    Cet après midi là, au moins 32 départs de feu ont été recensés dans le Sud des Grandes Plaines, et brûlé près de 500 000 hectares de champs, « le plus incendie de plaines de l’histoire moderne » selon le National Weather Service. Le total des dégâts a été évalué à dix millions de dollars, deux mille vaches sont mortes. D’autres vaches et veaux étaient tellement brûlés qu’ils ont été abattues, transportés par des bulldozers vers des larges fosses pour être enterrées.

    * « The Day The Fire Came » – Texas Monthly

 

 

 

 

 

Le kiosque de la semaine 3-9 juillet

 

 

Trumplandia 

 

Les tweets de Trump sur l’actualité politique de la semaine

     

  • Lundi 3 juillet, la Corée du Nord a réussi le lancement d’un missile balistique intercontinental capable d’atteindre l’Alaska:

    « Ce gars [Kim Jung Un] n’a rien de mieux à faire dans sa vie » [que de provoquer les Américains, surtout la veille de la fête nationale] « 

     

  • Jeudi 6 juillet, c’est le Discours de Varsovie, salué par le Wall Street Journal:

    « L’OCCIDENT NE SERA JAMAIS VAINCU. Nous valeurs l’emporteront. Nos peuples prospéreront et notre civilisation triomphera. » 

     

  • Ce weekend, le président est revenu sur le sommet du G20 de Hambourg au cours duquel les Etats-Unis sont apparus bien isolés face aux 19 autres pays (on a parlé de « G19 ») sur l’environnement et le commerce:

    « Le sommet du G20 a été un grand succès pour les US – J’ai expliqué que les US devait réparer les très mauvais accords qu’il ont conclu. Ce sera fait. » –

     

  • Il a également évoqué sa rencontre avec Poutine:

    « J’ai interrogé le président Poutine à deux reprises sur l’ingérence russe dans nos élections. I fermement démenti. J’ai déjà dit ce que j’en pensais [passer à autre chose] (…) Poutine and moi avons parlé de former une unité de cyber sécurité impénétrable pour éviter le piratage d’élections et autres méfaits »

     

Russie

  • Donald Trump Jr, son beau-frère, Jared Kushner et l’ancien directeur de campagne de Trump Paul Manafort ont rencontré en juin 2016 dans la Trump Tower, une avocate proche du Kremlin: C’est le New York Times qui a révélé hier la rencontre tenue jusqu’ici secrète par les intéressés. Un détail important puisque trois enquêtes tentent actuellement de mettre la lumière sur d’éventuelles collusions entre la campagne de Trump et les Russes pendant les élections présidentielles.
    Comme pour Jeff Sessions, Michael Flynn et Kushner, ce n’est pas tant le fait d’avoir été en contact avec les Russes qui pose problème mais le fait de mentir la-dessus.
    Cet après midi, le quotidien affirme, selon des sources anonymes, que le fils de Trump aurait accepté le meeting sachant qu’il aurait des informations explosives sur … Hillary Clinton:

    Les récits de cette rencontre constituent la première indication publique qui prouverait que certaines membres de la campagne de Trump ont bien voulu accepter l’aide de la Russie.

 

 


Le kiosque en a parlé cette semaine

 

  • Les Etats républicains contre leurs villes démocrates

    Le territoire américain est divisé politiquement entre les côtes démocrates, de part et d’autre du pays, et l’intérieur républicain, entre les grandes villes pro-Hillary et les zones rurales pro-Trump … et désormais à l’intérieur des Etats, entre les gouvernements conservateurs et leurs villes, dites « sanctuaires ».
    L’un des principaux sujets de discorde tourne aujourd’hui autour de la politique anti-immigration de l’administration Trump 
    qui veut obliger les forces de l’ordre locales à coopérer avec les agents fédéraux de l’immigration, notamment à travers l’arrestation et la détention des immigrés en situation irrégulière. Ce que les villes sanctuaires ont toujours refusé de faire.
    Le gouverneur du Texas, Greg Abbott vient de passer l’une des lois les plus stricts contre les villes sanctuaires »refuges » 
    qui condamne les forces de l’ordre à des contraventions, voire des peines de prison en cas de désobéissance.

*

 

  • Sinclair, le « Fox News » des infos locales, bientôt inévitable?

    Sinclair Broadcast Group(SBG) est un groupe de télévision américain créé en 1986 et deuxième propriétaire de chaînes locales des Etats-Unis (173 à son actif qui couvrent 40 de la population) pourrait élargir son influence avec le rachat de Tribune Media, propriétaire de 42 stations de télé, pour quatre milliards de dollars.Sorte de « Fox News local », Sinclair ne cache ni ses positions conservatrices, ni son mépris pour les progressistes et libéraux, les médias mainstream et son soutien envers l’actuel administration dans ses programmes.
    Certains, appelés de « must-runs » sont imposés aux chaînes locales avec des consignes stricts de lancement, répétées en boucle par tous les journalistes.

*

 

  • American One News: le succès du réseau câblé « pro-Trump »

    Lancée en 2013 pour attirer un public conservateur, la chaîne câblée, America One News, aujourd’hui diffusée sur l’ensemble du territoire américain, a réussi à séduire le président, en « [présentant] l’administration Trump comme un exemple de progrès et de succès grâce à son lot quotidien de réussites »

  • Elle s’est imposée en soutenant très rapidement la candidature de Trump à partir de 2015, en diffusant la première la plupart de ses discours en direct, et peut se targuer aujourd’hui d’avoir un siège dans la « briefing room » de la Maison Blanche aux côtés de CNN, NBC ou encore le New York Times.OAN a essayé de rentrer dans la cour des grands en proposant publiquement à Bill O’Reilly de [la] rejoindre. Même si O’Reilly a refusé et que la chaîne n’est disponible que dans 30 millions de foyers, loin des 90 millions de Fox News, One America News augmente – son audience, son influence dans les cercles républicains, et veut s’imposer comme une alternative chez les Conservateurs et Républicains qui pensent que Fox News n’est plus assez à droite.

*

 

  • Le tournant politique de Trump 

    Bloomberg Businessweek publie cette semaine un extrait du livre d’un de ses journalistes, John Green, intitulé « Devil’s Bargain: Steve Bannon, Donald Trump, and the Storming of the Presidency » qui s’intéresse à l’évolution de la star de la télé-réalité à celle de militant de la droite dure, et lerôle primordial joué par Steve Bannon dans cette transformation:
     

    L’Histoire aurait pu se passer autrement.
    Même si Trump a toujours eu des instincts populistes, ses positions en matière de politique intérieure étaient celles d’un démocrate new yorkais, conformément au monde dans lequel il évoluait.
    Il est inconcevable de l’imaginer aujourd’hui, mais avant qu’il entre en politique, Trump avait du succès auprès des Blacks et des Hispaniques jusqu’à être considéré comme le chouchou des salariés américains.
    Même s’il n’était pas politicien, l’intérêt qu’il suscitait au sein des différentes communautés était quelque chose que le parti républicain sclérosé avait toujours recherché.
    La raison pour laquelle cette histoire est passée sous silence, c’est parce Trump a décidé de détruire cet héritage à des fins politiques.
    Il ne s’est pas trompé: La théorie du « birther » lancée en 2011 sur le lieu de naissance de Obama, dans l’optique des élections de 2012, marqué le changement [opéré par Trump] sur les thèmes de la race et de l’immigration qui lui a ouvert le chemin de la présidence.

     

 

 


Ils ont fait l’actualité des médias

 

  • « The Future is Texas »The New Yorker
    Très longue enquête (20 000 mots) sur le Texas, qui représente selon le journaliste Lawrence Wright « l’avenir des Etats-Unis, car « toujours plus diversifié mais prisonnier des zélés de la droite »:

    La population de l’Etat est en train d’exploser, le renforcement des mesures contre l’immigration, l’influence blanche en déclin, un redécoupage électoral agressif, des lois contre l’avortement, une politique en constante évolution qui en fait le baromètre du pays.

 

  • « How the Death of a Muslim Recruit Revealed a Culture of Brutality in the Marines »NYTimes magazine
    Reportage chez les Marines, l’unité d’élite de l’armée américaine touchée ces dernières années par des scandales de bizutage et de violence, notamment à l’encontre de ses jeunes recrues, dont faisait partie le jeune Raheel Siddiqui, 19 ans, qui s’est suicidé en mars 2015 dans l’un des camps d’entrainement, onze jours après son arrivée.

    Promouvoir les Marines comme une alternative viable à la dette étudiante est l’une des facettes du budget de 80 millions de dollars consacré au marketing (…) Si d’autres branches de l’armée utilisent la même ficelle pour recruter, cette approche est relativement nouvelle pour les Marines: Pendant des décennies, le corps s’est concentré sur le prestige d’être accepté au sein de « son élite ». Mais la génération post-11 septembre ne voit pas le service militaire comme particulièrement prestigieux (…) Continuer à vendre le corps comme celui de valeureux guerriers n’aurait pas apporté de nouvelles recrues au-delà de la traditionnelle base des Marines, blanche, religieuse et conservatrice du sud.

 

 

Le Kiosque du 06.07.17

 

 

1. Alabama plus clément envers ses anciens détenus

 

Couverture du Press Register, 5 juillet 2017
  • L’Etat conservateur d’Alabama vient de voter le « Definition of Moral Turpitude Act » qui définit précisément la notion de la « moral turpitude » – un crime inscrit dans la Constitution de l’Etat en 1901 et qui prive tous ceux qui y sont condamnés du droit de vote – même une fois sortis de prison.
  • Jusqu’ici, les 67 comtés d’Alabama avait leur propre interprétation du concept, très « vague » qui selon certains critiques, aurait été utilisé par le gouvernement pour empêcher de nombreux afro-américains de voter.
  • La « SB237 » énumère une quarantaine de crimes (dont l’enlèvement, le meurtre ou abus sexuels) considérés comme de la « dépravation morale »: Une seule et unique réglementation pour que « personne ne soit privé du droit de vote pour les mauvaises raisons ».

 

  • Aux Etats-Unis, près de six millions d’Américains ne peuvent voter à cause d’une condamnation, ancienne ou en cours. Ils étaient 286 000 en Alabama en 2016, soit 7,6% de la population.
    Enfin le « Cotton State » fait partie des 12 Etats américains qui interdisent le droit de vote à certains anciens détenus avec l’Arizona, le Delaware, le Mississipi, le Nevada, le Tennessee, Wyoming, Floride, Iowa, Kentucky et Virginie. 
  • A second Chance at Citizenship – The Press Register

 

 


2. American one News: le succès du réseau câblé « pro-Trump »

 

 

 

One America News Network.  (PRNewsFoto/Herring Networks, Inc.)
  • Donald Trump n’a pas les grands médias du pays derrière lui mais peut compter sur Fox News, la chaîne d’info préférée des Républicains; Sinclair, géant américain de la télévision, propriétaire d’un réseau de 173 chaînes locales; The National Enquirer, le tabloïd américain dont le PDG est un vieil ami du président et enfin sur une petite chaîne câblée californienne, One America News Network.

 

  • Lancée en 2013 pour attirer un public conservateur, la chaîne, aujourd’hui diffusée sur l’ensemble du territoire américain, a réussi à séduire le président, en « [présentant] l’administration Trump comme un exemple de progrès et de succès grâce à son lot quotidien de réussites »

 

  • Elle s’est imposée en soutenant très rapidement la candidature de Trump à partir de 2015, en diffusant la première la plupart de ses discours en direct, et peut se targuer aujourd’hui d’avoir un siège dans la « briefing room » de la Maison Blanche aux côtés de CNN, NBC ou encore le New York Times.
    OAN a essayé de rentrer dans la cour des grands en proposant publiquement à Bill O’Reilly de [la] rejoindre. Même si O’Reilly a refusé et que la chaîne n’est disponible que dans 30 millions de foyers, loin des 90 millions de Fox News, One America News augmente – son audience, son influence dans les cercles républicains, et veut s’imposer comme une alternative chez les Conservateurs et Républicains qui pensent que Fox News n’est plus assez à droite.
  • « An inside look at One America News, the insrugent TV network taking « pro-Trump » to new heights » – The Washington Post

 

 


3. Trop de séries tue la série?

 

 

  • Le « nouveau modèle de consommation des séries TV » repose sur un constat simple: « La cadence des sorties – et tous les critiques TV vous le diront – est impossible à suivre explique The Hollywood Reporter:

    Je travaille de la maison donc je vis dans mon bureau (…) Donc je regarde, je regarde. Mais ce n’est pas assez. Ce n’est jamais assez.
    Et ce n’est pas seulement moi – c’est quelque chose qui nous concerne tous: Les téléspectateurs, les producteurs, les critiques et les journalistes.

    Depuis des années, on observe un paysage audiovisuel en constante évolution autour du phénomène de « Peak TV »: la production toujours plus importante de nouvelles séries, disponibles sur de nouveaux médias (multiplication de petites chaînes câblées et services en ligne), les changements dans la façon de consommer la télévision – quand et sur quel appareil (TV, ordinateur portable, téléphone) – et l’effet que cela peut avoir sur les consommateurs (téléspectateurs et critiques) et l’industrie en général.

 

  • Les conséquences:

    Ces deux dernières années, les critiques TV se sont rendus compte qu’ils ne peuvent pas tout regarder (…) On vit dans un monde ou le choix illimité signifie que les sorties ont moins d’importante. Ce qui a un effet énorme sur les coûts de promotion. On vit dans un monde où la fin d’une série n’a plus le même impact

 

 


4. Les étudiants étrangers boudent le Texas

 

 

    • La rhétorique du président américain ces derniers mois contre toutes les formes d’immigration, que ce soit les Mexicains qui rentrent illégalement sur le territoire ou les étudiants indiens qui viennent étudier dans les universités, a agi efficacement comme une force de persuasion.

 

  • Selon le Houston Chronicle, les demandes des étudiants étrangers auprès de établissements texans ont baissé en 2016-17 (-12,5% ou 10 000 applications en moins) contrairement aux trois années précédentes au cours desquelles les inscriptions avaient augmenté de 30%.

    Le déclin arrive à un moment où les universités publiques voient l’apport d’étudiants étrangers comme une part importante de leurs opérations et de leur mission.

    Un manque à gagner car les étudiants étrangers payent la totalité des frais de scolarité – jusqu’à 30 000 dollars par an pour quatre années d’études – sans compter les logements universitaires, la nourriture, et les produits dérivés – d’autant plus inquiétant que le gouvernement pourrait réduire les subventions allouées à ces établissements.

  • La principale explication est le climat politique ambiant et les positions de Trump contre tout ce qui étranger dans le pays.
  • « Higher Ed »Houston Chronicle

 

 


5. The « Grim Sleeper »

 

Gauche: Los Angeles Police Department/Newscom; droite, L.A. Weekly

 

  • L’introduction du LA Weekly:

    En août 2008, l’une des journalistes de LA Weekly Christine Pelisek révèle que l’existence d’un meurtrier insaisissable en Californie – le plus ancien serial killer en activité de l’Ouest américain – et qui court toujours. Le tueur, surnommé le « Grim Sleeper » par le Weekly car il a fait une pause de treize ans avant de recommencer à tuer, aurait commencé ses crimes au cours de l’été 1985, quand le corps d’une serveuse Debra Jackson a été retrouvé dans une allée à Los Angeles.

    En tout, le Grim Sleeper aurait tué dix femmes et un homme; la dernière, Janecia Peters, a été retrouvé morte début 2007. Les victimes avaient entre 14 et 35 ans et la plupart ont été découvertes sur une même avenue dans le sud de la ville.

    Pelisek a écrit une série d’enquêtes sur le Grim Sleeper pour le Weekly avant que le LAPD le retrouve en 2010. Lonnie Franklyn Jr. a été arrêté grâce à l’utilisation de l’ADN familial, que le gouverneur Jerry Btown a accepté de tester sur tous les détenus de Californie pour les comparer à la salive et autres ADN retrouvées sur les victimes. Ce qui a mené directement les autorités au fils de Franklyn, incarcéré, puis à lui.

 

 


6. Amelia Earhart: la légende continue

 

Archives Nationales

 

  • Amelia Earhart est une aviatrice américaine, la première femme à avoir traversé l’océan Atlantique en avion en 1928, puis en solitaire en 1932.
    Elle entame un tour du monde sur un bimoteur en 1937 et disparaît au dessus de l’océan Pacifique avec son navigateur Fred Noonan.
  • Pendant plusieurs mois, le président Roosevelt envoie navires et avions à leur recherche, en vain. Aucune trace des deux aventuriers n’a jamais été retrouvée.
  • Une photo en noir et blanc, retrouvée dans les Archives Nationales, et prise en 1937 dans les îles Marshalls, sur laquelle ils apparaissent, prouverait selon un documentaire de History Channel, que Earhart et Noonan auraient survécu à un éventuel atterrissage d’urgence, capturés par les Japonais présents dans la région et sans doute morts dans l’une des prisons de l’île de Saipan.
  • Il s’agit d’une des théories sur l’un des plus grands mystères du XXème siècle qui fascine encore beaucoup d’Américains
  • Documentaire dimanche 9 juillet 

 

 


7. Le reste de l’actualité

 

  • 4 juillet macabre à Chicago
    Comme les autorités de Chicago le craignaient, et malgré l’arrivée des fédéraux dans la « Wind City », le week-end du 4 juillet a été sanglant: Sur quatre jours, 87 personnes ont été blessées par balles et 15 en sont mortes – Chicago Tribune

 

  • David Farenthold, journaliste du Washington Post, récent lauréat du Pulitzer pour ses recherches sur les donations de Donald Trump aux oeuvres de charité, a un nouveau projet: Les golfs de Trump et ses différents partenaires

SB4: la loi qui divise le Texas

 

Le Texas, historiquement républicain mais réputé pour sa tolérance envers les populations immigrées et celles en situation irrégulière, est devenu le premier Etat américain à adopter une ligne aussi dure en matière d’immigration, inspirée par la nouvelle administration, qui divise violemment la population et les politiques.

 

  • Lundi après midi, le Capitole de Dallas a été envahi par des centaines de milliers de manifestants venus s’opposer à la loi « SB4 » votée quelques semaines plus tôt par le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, contre les villes sanctuaires de l’Etat

 

  • La loi « Senate Bill No.4 » (SB4) sanctionne les polices locales des villes et des campus universitaires dits « sanctuaires » qui demandent à leurs officiers de ne pas:
    • Demander le statut légal d’une personne arrêtée ou en détention
    • Signaler à l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), les agents d’immigration fédéraux, le statut illégal d’un immigré qui arrêté ou en détention
    • Aider les agents d’immigration fédéraux (ICE) en leur livrant un individu arrêté en situation irrégulière, ou en arrêtant des individus qui sont sous le coup du « Immigration Detainer Request » – un mandat d’arrêt.
  • Les sanctions contre les shérifs et policiers locaux qui refusent de coopérer avec l’ICE peuvent être financières (1 000 dollars pour une première offense et 25 000 dollars pour des violations supplémentaires), professionnelles (perte de son emploi) et pénales (prison).
  • La loi devrait être appliquée à partir du 1er septembre.
    Une plainte a déjà été déposée par le ministre de la Justice du Texas pour confirmer cette loi. Les associations de défense des libertés ont elles demandé son annulation auprès des tribunaux.
Flyer de Texas AFL-CIO diffusé avant le vote de la loi SB4 en février 2017
  • Les latino-Américains représentent 39% de la population du Texas: c’est la communauté la plus importante après la Californie.
  • Les autorités estiment à 1,5 millions, le nombre d’immigrés en situation irrégulière, dont 80% sont nés au Mexique et 42% d’entre eux sont propriétaires de leurs maisons, c’est-à-dire bien intégrés dans leur communauté.
  • « Le grand boom économique des années 90 et 2000 de l’Etat (« Texas Miracle ») aurait été inconcevable sans l’apport de travailleurs mexicains entrés illégalement sur le territoire. »
  • Le Texas, contrairement à la Californie ou l’Arizona, a toujours été tolérant envers cette communauté: En 2001, avec le Texas Dream Act, le Texas est devenu le premier Etat à offrir des bourses universitaires quel que soit le statut légal des étudiants.
    « La loi était perçue comme un investissement pour l’avenir de l’Etat et avait reçu le soutien des Républicains ».
  • L’afflux d’immigrés mexicains a considérablement baissé, l’économie du Texas a ralenti et les préoccupations sécuritaires dominent aujourd’hui le discours politique.

 

  • Les villes sanctuaires du Texas sont principalement Austin et Dallas et Houston

 

  • Lundi, les centaines de manifestants habillés en rouge ont interrompu pacifiquement la dernière session parlementaire de la saison avec des chants et des bannières contre ces lois « anti-immigration »
  • Un parlementaire républicain a appelé les agents fédéraux d’immigration (ICE) pour qu’ils évacuent les manifestants et « déportent » ceux en situation irrégulière
  • Une provocation qui a failli se terminer en bagarre générale entre parlementaires démocrates et républicains qui se sont bousculés, insultés et menacés.

 

Le kiosque du 08.05.17: Assange – Trumpcare vs Femmes – Tomi ne lache rien – Texas attaque ses sanctuaires – Huffpo 2.0

 

 

  • Avec Trumpcare, être une femme va vous coûter cher

    Obamacare ou l’Affordable Care Act, le grand programme de Barack Obama, qui repose sur l’idée d’un accès universel aux soins quels que soient les antécédents médicaux des individus, représente le plus ambitieux projet de protection sociale que le pays ait connu depuis le New Deal.
     
    Pourtant, dès sa signature en 2010, les Républicains n’ont eu qu’une seule obsession, l’abroger et c’est ce que la Chambre de Représentants à commencer à faire jeudi dernier en votant de justesse l‘American Health Care Act, la loi qui remplacera Obamacare.
     
    Trumpcare enlève au gouvernement fédéral la responsabilité d’assurer les citoyens et la redonne aux entreprises privés qui pourront désormais offrir des assurances plus souples selon les besoins des individus, et fixer eux-mêmes le prix des cotisations, avec l’obligation d’assurer tout le monde quel que soit ses antécédents médicaux.
     
    La loi permet aussi aux Etats d’autoriser les compagnies d’assurance à pratiquer certaines exceptions, notamment celle de faire payer davantage les individus ayant des antécédents médicaux car ils sont potentiellement « à risques » et peuvent coûter plus cher – une option interdite sous Obamacare.
     
    Les premiers touchés devraient être les plus pauvres, les plus âgées et les femmes à qui certaines compagnies d’assurance pourraient désormais refuser les soins de grossesse, l’accouchement, et considérer comme une « pre-existing condition » les grossesses, césariennes, le cancer du sein ou harcèlement sexuel.

     
    Une autre provision de l’AHCA obligerait les femmes à retrouver un travail deux mois après l’accouchement sans quoi elles pourraient perdre leur assurance et risquer de payer une amende si elle devait en souscrire une autre.

    Un édito de la revue conservatrice, National Review, publié la semaine dernière s’étonne qu’on ne demande pas systématiquement aux femmes (dont les soins médicaux coûtent en moyenne un tiers de plus que ceux de la gent masculine) de payer davantage que les hommes.
     

    On peut défendre l’idée que les femmes n’ont pas à assumer seules le fardeau de leur dépenses de santé, du moins pas dans sa totalité. Mais on peut également avancer que les pauvres travailleurs du Bronx n’ont pas à payer pour le style de vie des multi-millionnaires des Hamptons sous prétexte qu’il faut satisfaire les défenseurs de l’égalité homme-femmes.
    Si les cotisations des femmes sont plus importantes que les hommes, ce n’est pas à cause des méchantes assurances mais c’est basée sur de la science des nombres et des statistiques.

     

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  • Le Texas, premier Etat contre les villes sanctuaires

    Breitbart se félicite d’une « loi historique » signée par le gouverneur du Texas, le républicain Greg Abbott, qui va durement pénaliser les forces de l’ordre locales qui n’appliqueraient pas les lois fédérales contre l’immigration. C’est le premier Etat à s’attaquer légalement contre les villes sanctuaires, ces refuges dans lesquels les autorités et la police protègent les immigrés en situation irrégulière, cibles du président Trump et du ministre de la justice, Jeff Sessions.
     
    Les policiers et shérifs locaux qui refuseront désormais de coopérer avec les agents de l’Immigration & Customs Enforcement, c’est-à-dire de leur remettre des personnes en situation irrégulière, sous le coup d’un mandat d’arrêt (« immigration detainer »), seront passibles de pénalités civiles et criminelles, y compris de la prison, et les villes sanctuaires passibles de fortes amendes.
     
    Les Démocrates texans ont critiqué la loi, qualifiée de « show me your papers » car elle autorise selon eux les agents fédéraux et policiers à contrôler le statut légal de n’importe quel individu, s’ils le soupçonnent d’être entré illégalement sur le territoire, sur des prétextes discriminatoires comme la couleur de peau ou un accent.
     

    Le gouverneur du Texas, Mr Abbott, s’est défendu de vouloir rendre son Etat plus sûr pour « les citoyens américains » qui ne sont pas visés par cette loi, contrairement à « ceux qui sont entrés illégalement sur le territoire, qui ont commis des crimes violents, et qui font l’objet d’un mandat d’arrêt des services de l’immigration ».
     
    Il y aurait actuellement 1,5 millions d’immigrés en situation irrégulière au Texas, derrière la Californie, qui en possède le double, dont 80% sont nés au Mexique et habitent depuis au moins cinq ans et 40% d’entre eux sont propriétaires de leur logement: c’est un groupe important et très intégré dans la communauté.
     
    * « Sanctuary Cities subject to ‘stiffest penalties in America’, says Texas Governor » – Breibart
    * « Demographics of Texas’ undocumented population » – Houston Chronicle

 

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  • Pourquoi Julian Assange ne doit pas être jugé

    Le ministre de la justice Jeff Sessions veut poursuivre en justice Julian Assange pour la diffusion en 2010 de documents ultra-secret de l’armée américaine (les câbles diplomatiques de la guerre en Irak et en Afghanistan volés par le soldat Manning) et plus récemment ceux sur l’appareil d’espionnage numérique de la CIA. Son directeur, Mike Pompeo accuse Wikileaks d’avoir « poussé Manning à récupérer des informations confidentielles » pour déstabiliser les Etats-Unis et d’être un « service de renseignements non-étatique et hostile encouragé par des acteurs étatiques comme la Russie ».
     
    Dans un éditorial publié dans le Washington Post début avril, Assange s’est défendu d’avoir les mêmes ambitions que le New York Times ou le Washington Post quand ils publient des révélations basées sur des informations confidentielles (surtout depuis l’élection de Donald Trump), celles d’informer le public, et que Wikileaks devrait être également protégée par la liberté d’expression garantie dans le Premier Amendement de la Constitution Américaine.
     
    Ce que réfute Mr Pompeo qui affirme que « Julian Assange ne bénéficie d’aucune liberté liée au Premier Amendement. Il est coincé dans une ambassade de Londres. Ce n’est pas un citoyen américain. »
     
    Hier, l’éditorialiste média du Washington Post, Margareth Sullivan, a pris fait et cause pour Julian Assange, ce weekend, non pas pour défendre sa personnalité (accusé de viol), ni ses actions (la publication de documents contenant des informations personnelles sur des individus et son ingérence dans les élections présidentielles américaines) mais pour la liberté de la presse en général.
     

    Tous ceux qui défendent la liberté de la presse aux Etats-Unis doivent comprendre ceci. Poursuivre en justice Julian Assange au nom de l’ « Espionnage Act » pour avoir publié des fuites – que le ministre Jeff Sessions considère comme une priorité – est dangereux.
    Ca pourrait une étape nouvelle vers ce que le président Trump menace de faire depuis longtemps: punir les médias indépendants aux Etats-Unis (…) C’est certes difficile à réaliser mais punir Assange irait dans cette direction. Et parce que les méthodes de Assange sont douteuses, on ne se rend pas compte qu’il s’agit d’une véritable menace.

     

    Donald Trump avait déclaré à plusieurs reprises son « amour » de Wikileaks lors de la campagne présidentielle lorsque l’organisation avait diffusé à parti d’octobre les emails piratés du directeur de campagne de Hillary Clinton, qui ont eu leur responsabilité dans la défaite de la candidate démocrate.

     
    * « The Goverment wants Julian Assange in jail. That could hurt the rest of us » – The Washington Post
    * « Julian Assange: Wikileaks has the same mission as The Post and the Times » – The Washington Post
    * « Sources: US prepares charges to seek arrest of Wikileaks’ Julian Assange » – CNN

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  • Le Huffington Post se modernise

    Nouveau logo plus moderne pour le site internet qui vient de fêter ses douze ans d’existence, dont une première année sans sa fondatrice, Ariana Huffington, remplacée Lydia Polgree, et qui selon Politico, souhaite transformer le « HuffPost » en « tabloid populaire de l’ère numérique ».
    Elle vient d’engager l’ancien rédacteur en chef du New York Daily News, Jim Rich, qui avait transformé le tabloid de gauche – rival du New York Post de Rupert Murdoch – en machine de guerre anti-Trump durant la campagne présidentielle et qui lui a d’ailleurs coûté son renvoi en novembre dernier, lorsque le candidat a été élu président.

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  • Tomi Lahren ne lâche rien

    A force d’être politiquement incorrecte, Tomi Lahren, porte drapeau des jeunes conservateurs en colère qui partageait ses opinions très controversées sur Black Lives Matter (le nouveau Ku Klux Klan) ou les médias mainstream (des libéraux déguisés en journalistes) sur le site du chouchou du Tea Party, Glenn Beck, a été virée de The Blaze il y a quelques semaines pour s’être prononcée en faveur … du droit à l’avortement. 
    Portrait très intéressant de la jeune star déchue qui compte bien rebondir dans Politico

    * « Tomi Lahren Will Not Shut Up » – Politico

Le kiosque du 03.05.17: Trump aime les hommes forts – Bavure policière au Texas – Machine à Milliardaires – FBI+IE=Amour

 

Le kiosque du mercredi 3 mai 2017: Donald Trump aime les « hommes forts » et c’est gênant pour les Etats-Unis, censés être les champions du monde libre. Nouvelle bavure policière au Texas sur un adolescent de quinze ans mort dimanche matin d’une balle dans la tête.
Est-ce la dernière année pour la loterie de la carte verte?
Les dernières archives sur l’assassinat du président Kennedy devraient être rendues public à moins que Trump en décide autrement.
La hedge fund la plus rentable au monde et enfin l’histoire extraordinaire de cet agent du FBI qui a épousé un chef de Daech.

 

  • Son amour des hommes forts

    Kim Jong Un est un « smart cookie » et il serait « honoré de le rencontrer »: Donald Trump a réaffirmé ces derniers jours sont affection pour les « hommes forts » qui dirigent d’une main de fer leur pays, supprime les opposants et emprisonnent les journalistes.
    Le président égyptien Abdel Fatah al-Sissi ferait un « fantastique travail », il a proposé de rencontrer le premier ministre thaïlandais et chef de la junte militaire, Prayut Chan-o-cha, appelé le président turc Erdogan pour le féliciter de récente « victoire électorale » et enfin le coup de grâce avec cet appel téléphonique « très amical » donné au président philippin Rodrigo Duterte (qui avait dit à Barack Obama d’aller au diable en septembre dernier) et l’a invité à Washington pour une visite officielle.

    Mais des conseillers de Trump affirment que le silence du président sur la question des droits de l’homme est volontaire, et s’inscrit dans une stratégie de reconstruction des alliances et création de nouvelles. L’idée de Trump est d’isoler la Corée du Nord dans la région Asie-Pacifique et créer de nouvelles coalitions au Moyen Orient et en Afrique du Nord

    L’autre vague provoqué par Donald Trump avait pour référence une Histoire américaine « alternative » dans laquelle Andrew Jackson (1767-1845), septième président des Etats-Unis, aurait très « furieux » de voir éclater la Guerre Civile dans le pays (1961-65) sauf qu’il est mort seize ans avant qu’elle n’éclate mais c’est surtout ses commentaires sur la guerre de sécession qui sont :

    Les gens ne comprennent pas la Guerre Civile, quand on y pense, pourquoi?
    Les gens ne se posent pas la question, mais pourquoi y a-t-il eu une Guerre Civile? Pourquoi n’a-t-on pas réussi à l’éviter?

    * « This Trump doesn’t go by the History books » – The New York Times
    * « Trump Keeps praising international Strong Men » – The Washington Post

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  • Jordan Edwards (2002-2017)

    C’est le genre de bavure policière qui pourrait bien dégénérer en émeutes si les autorités tardent à mettre en place une enquête indépendante qui détermine la responsabilité de chacun des partis. 

    La mort tragique samedi soir d’un garçon de quinze ans par un officier de police de Balch Springs est déchirante. Les explications divergentes du Département de police sur la façon dont le garçon est mort sont écoeurantes.
    Il est temps de faire la lumière sur la mort de Jordan Edwards, un excellent élève de lycée qui partait d’une soirée avec des amis quand un officier a ouvert le feu qui a traversé la vitre passager et tué l’adolescent.

    La police a d’abord affirmé avoir répondu à des coups de feu tirés d’une voiture occupée par des adolescents en état d’ébriété qui leur aurait foncé dessus, puis sont revenus sur leur propos lundi après midi en expliquant que la voiture s’éloignait des officiers de police quand ils ont tiré et qu’aucun adolescents n’avait été agressif envers eux.

    L’auteur des coups de feu mortels a été suspendu par la police de Balch Springs à la suite des différentes violations relevées par les enquêteurs.

    Cinq adolescents étaient dans la voiture, dont les deux frères du jeune Edward, qui l’ont vu mourir sous leurs yeux avant que les flics ne les arrêtent et les amènent au poste de police pour une interrogation musclée.

    L’une des Représentantes démocrates du Texas, Helen Giddins, résume la situation.

    Une fois encore, notre pays doit affronter la mort d’un adolescent afro-américain et non armé dans ce qui semble être une réponse agressive des forces de l’ordre.
    Nous avons une fois de plus perdu jeune noir aux mains de la police.

    Hier après midi, le Département de la Justice américain annonçait quant à lui que les deux policiers responsables de la mort de Alton Sterling en juillet dernier à Bâton Rouge ne seraient pas poursuivis malgré la vidéo du meurtre qui montre la victime incapable de se défendre

    * « A Teen’s heartbreaking death and Balch Springs Police’s sickening explanation » – Dallas Morning News
    * « Balch Spring police fire Officer Roy Oliver who fatally shot Jordan Edwards » – Dallas Morning News

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  • Dernière année pour la loterie des cartes vertes?

    Hier le Département d’Etat a révélé sur son site internet les noms des 50 000 chanceux qui ont gagné la « green card », la carte de résident permanent qui permet de vivre et travailler aux Etats-Unis pour une durée de dix ans. Si le « Diversity Visa Lottery » n’a jamais été aussi populaire, 14 millions d’applications venues du monde entier, enregistrées entre le 4 octobre et le 7 novembre 2016, veille des élections présidentielles que Hillary Clinton était censée gagner, le programme pourrait bien être amené à disparaître.
    Il est aux antipodes de la politique d’immigration de Trump qui vise à limiter l’arrivée de nouveaux immigrés dans le pays, que ce soit de manière légale (restriction du visa de travail H1-B) ou non (arrestations et expulsions d’individus en situation irrégulière et ce fameux mur).
    Il n’a jamais évoqué le sujet mais la majorité républicaine s’en est chargée à travers deux propositions de loi déposées en février dernier, une au Sénat et une devant la Chambre des Représentant qui élimineraient un programme « rongé par la fraude, qui n’a aucun intérêt économique ou humanitaire.
    Les conditions d’application pour la loterie sont extrêmement simples: Pas besoin de sponsor, d’employeur ou de membre de la famille qui soit américain, il suffit d’être un adulte avec un baccalauréat ou une expérience professionnelle de deux ans et faire la demande en ligne et ceux qui remportent le sésame peuvent en faire bénéficier leur famille.
    Depuis sa mise en place en 1990 pour diversifier les populations immigrées aux Etats-Unis, the « Diversity Immigrant Visa » a permis à un million d’étrangers de s’installer aux Etats-Unis.

    * « Despite Trump, millions hope to win what could be the last U.S. Green Card lottery » The Washington Post
    *
    « One in a million chances at a better life » – The Guardian
    *
    « Cotton and Trump plot crackdown on legal immigration » – Politico
    *
    « Fix Immigration. It’s what voter Want » – The New York Times

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  • Derniers secrets sur la mort de Kennedy bientôt révélés

    Quelques semaines avant qu’il assassine le président John F. Kennedy in Dallas, Lee Harvey Oswald est parti à Mexico City pour demander un visa à l’ambassade soviétique et cubaine. Les documents qui montrent ce que savait le gouvernement du voyage de 1963 ont été tenus secret pendant plus de 50 ans. Ce sont les derniers que l’assassinat de JFK qui doivent être rendus public avant cet automne. A moins que le président Trump l’en empêche.

    Les Archives Nationales possèdent plus de cinq millions de pages, photos, enregistrements sur la mort du président Kennedy réunis à partir de 1992 dans le JFK Assassination Records Collection Act, dont 90% sont déjà disponibles, 1% (environ 3000 documents) restent scellées car elles représentent toujours un danger pour la sécurité nationale et le reste devrait être rendu public cette année, 25 ans plus tard: plusieurs dizaines milliers de documents connus des spécialistes et 3 600 qui seront dévoilés pour la première fois et qui pourraient les aider à déterminer si oui ou non, le président Kennedy a été victime d’un tueur isolé (version officiel du FBI et de la CIA) ou d’un complot.

    Aucun autre tragédie n’a autant suscité de théories du complot dans le pays que l’assassinat du président Kennedy et engendré de soupçons à l’encontre du gouvernement.

    * « Last trove of JFK records set for release » – Star Tribune
    * « Will Trump release the Missing JFK Files? » – Politico

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  • La fabrique de milliardaires

    La compagnie s’appelle Renaissance Technologies et la page d’accueil de son très discret site internet, décrit une société de gestion de placements quantitatifs qui vise à produire des rendements exceptionnels pour ses investisseurs en respectant strictement les méthodes mathématiques et statistiques.
    Depuis sa création en 1982, Renaissance est devenu l’un des fonds d’investissement les plus rentables au monde, notamment à travers le Medallion Fund qui a engendré 55 milliards de dollars de bénéfice ces 29 dernières années grâce à un retour sur investissement de 35% et qui n’a pour clients que ses propres employés.
    Le fondateur de la firme, Jim Simons et son partenaire le plus ancien, Henry Laufer sont aujourd’hui milliardaires, et les deux autres associés et co-P.-D.Gs, Robert Mercer (un soutien financier de Trump) et Peter Brown, arrivés au début des années 90 sont en passe de le devenir. Les quatre hommes et le Chief Financial Officer Mark Silber, possèdent 70% (dont 25 à 50% pour Simons) de la compagnie qui gère environ 42 milliards d’actifs.
    La petite compagnie de 300 employés compterait dans ses rangs une centaine de scientifiques de très haut niveau qui ont mis au point « des millions de lignes de codes informatiques » permettant de déterminer dans quelles sociétés investir.
    * « This Hedge Fund may Be Poised to Create The Most Billionaires »Bloomberg

 

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  • « The Rogue Employee »

    Une enquête de CNN révèle l’histoire extraordinaire de cette interprète du FBI envoyée en mission en Syrie en 2014 pour espionner l’un des dignitaires de Daech qu’elle a fini par épouser.
    Daniela Greene qui disposait d’un accès à des informations ultra-confidentielles (« top-secret security clearance ») est une affaire compliquée et embarrassante pour le FBI puisqu’elle a trahi son Bureau, sa mission, mis en danger la sécurité nationale de son pays et n’a été emprisonnée que deux ans – elle a été récemment libérée.
    Née en Tchécoslovaquie, Greene a grandi en Allemagne puis est parti vivre aux Etats-Unis où elle a épousé un militaire américain avant d’entrer au Federal Bureau of Investigation en 2011. Début 2014, elle a été chargée d’enquêter sur un « individu A », Denis Cuspert, un rapper allemand devenu djihadiste respecté de Daech et partie l’épouser en Syrie six mois plus tard, prétextant un voyage de famille en Allemagne.
    Un mois plus tard elle commençait à avoir des doutes sur son geste et a réussi a s’échapper de Syrie et rentré aux Etats-Unis où elle a été immédiatement arrêté.
    Si Greene a reçu une peine aussi légère c’est parce qu’elle a coopéré et du apporter des informations importantes aux services de renseignements:

    La plupart de ceux qui veulent infiltrer Daech en Syrie risquent d’avoir leur tête coupée. Qu’elle ait été capable de rentrer en tant qu’Américaine, femme et employée du FBI, et de s’installer avec l’un des leaders de l’Etat Islamique suggère que tout ait été coordonné [par les membres de l’organisation terroriste].

    * « The FBI Translator who went rogue and married an ISIS terrorist » – CNN

 

  • Couverture du Jour

    Il n’y aura pas de grèves des scénaristes américains qui ont trouvé un accord avec les studios de cinéma. C’est la cover story de Variety cette semaine.

Houston Chronicle: « Serial Indifference »

 

Cette semaine, une enquête passionnante du Houston Chronicle sur la faillite du système judiciaire texan incapable de protéger la population d’un violeur en série, Keith Edward Hendricks, qui a sévi dans les rues de Houston pendant plus de dix ans.


Il a violé neuf femmes, toutes sans abris et vulnérables, certaines prostituées, d’autres droguées: des laissés pour compte que ni la police, ni la justice n’ont réussi à défendre.

 

Houston Chronicle

Une impunité difficile à comprendre pour Pedro Moreno, un vétéran des moeurs, qui a arrêté à quatre reprises Hendricks après avoir identifié par ses victimes, toujours pour le même crime.
Pour chaque affaire, il a essayé de s’assurer que le procureur ait assez d’éléments à charge pour inculper Hendricks, en vain.
Le profil des victimes, leurs antécédents judiciaires, la toxicomanie, la vie dans la rue, les a desservies et seulement abouti à deux procès, dont l’un s’est soldé par l’acquittement de Hendricks qui est ressorti le jour même.
Il a fait plusieurs séjours en prison mais a toujours fini par être relâché: manque de preuves, lenteur des procédures – un prélèvement sur une des femmes agressées a mis sept ans à être analysé pur permettre une inculpation, des peines négociées par des procureurs peu convaincus – certains sans même rencontrer leur victime.

Une justice qui néglige et qui punit les plus vulnérables.

Dans un des dossiers, Hendricks s’en est sorti avec deux ans de prison (au lieu de vingt) pour un « viol » requalifié, à sa demande, d’agression sexuelle – la même peine reçue par sa victime pour possession illégale d’une pilule de méthadone.
Au Texas, une femme a plus de chances d’aller en prison pour consommation de drogue qu’un homme pour viol.

 

En 2013, Nicholas Socias [assistant du procureur, âgé de 27 ans] s’est penché sur les différents rapports de police et procès de Hendricks [arrêté une nouvelle pour le viol d’une jeune fille bipolaire de 22 ans, Jenny] et a été outré ce que les dossiers révélaient: Un homme incroyablement violent avec plusieurs accusations de viols qui n’ont eu aucune répercussion sur lui.
« C’était impossible d’avoir arrêté cet homme autant de fois et de l’avoir relâché et qu’il viole à nouveau. »

 

Pour s’assurer que cette jeune femme, atteinte de troubles bipolaire, puisse témoigner au procès, Mr Socias a demandé à ce qu’elle soit prise en charge par le bureau du procureur – pensant qu’elle se serait soignée dans un hôpital. Elle a terminé en prison pendant 27 jours.
Finalement le travail périlleux du jeune procureur paiera, Jenny a réussi à convaincre le jury qui a condamné Hendricks à la prison à vie. Jenny elle a porté plainte contre la ville de Houston pour la violation de ses droits et une incarcération illégale.

 

* « Serial indifference » in 4 chapters de Anita Hassan – Houston Chronicle

Le kiosque du 1er décembre 2016

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TRUMPLANDIA

Mike Pence et Donald Trump ce soir sur Fox

Pour récompenser l’un de ses journalistes et supporters les plus zélés, le futur président offrira sa deuxième interview télévisée à Sean Hamilton ce soir sur Fox News, avec en prime son vice-président Mike Pence.
L’entretien aura lieu depuis l’Ohio où ils effectuent le premier rendez vous de leur USA Thank you Tour.

 

Hillary Clinton devance désormais Donald Trump de 2,5 millions de vote

Dix présidents des Etats-Unis ont été élu avec une marge moins importante qu’elle dans le vote populaire tout en réussissant à remporter le collège électoral – ce qu’elle n’a pas réussi à faire. Ou comment est-ce que le système de vote des grands électeurs désavantage considérablement les Démocrates, regroupés principalement dans les zones urbaines des côtes est et ouest du pays face aux électeurs épublicains, moins nombreux, mais qui occupent le reste du territoire.
Cette marge d’environ 2% correspond précisément aux chiffres avancés par beaucoup d’instituts de sondage avant les élections.

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Bernie Sanders: Donald Trump met en danger les emplois des Américains

Dans un éditorial publié ce matin dans le Washington Post, Bernie Sanders accuse Trump d’avoir « mis en danger les jobs des ouvriers américains autrefois protégés. Pourquoi? Parce que [le futur président] vient d’annoncer à toutes les compagnies du pays qu’elles peuvent menacer de délocaliser les emplois à l’étranger en échange des avantages fiscaux et de coups de pouce. »
Sanders fait allusion aux mille emplois que la compagnie United Technologies avait menacé de délocaliser au Mexique en février dernier pour économiser 65 millions de dollars en main d’oeuvre salariale et que Trump avait promis de maintenir aux Etats-Unis – Et qu’il vient de confirmer mardi et devrait annoncer officiellement ce soir.

Le sénateur du Vermont explique que cette compagnie, implantée dans l’Indiana, a engrangé 6,7 milliards de dollars de profits l’année dernière et reçu 6 milliards de dollars de contrats du gouvernement fédéral, et que son ancien directeur général est parti en 2014 avec un golden parachute de 172 millions de dollars.

J’ai dit que je travaillerais avec Trump s’il était sérieux sur les promesses faites aux membres des classes ouvrières. Mais après avoir mené une campagne dans laquelle il s’est engagé à être dur avec les entreprises américaines, Trump a décidé avec hypocrisie de faire tout le contraire. Il veut traiter l’irresponsabilité des entreprises avec précaution (…) Nous devons réinstaurer l’éthique du patriostisme dans les entreprises. Nous devons envoyer un message fort et clair aux compagnies du pays: L’ère des délocalisations est terminée.

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Cartographier la haine pour mieux la combattre

Le blog politique Thinkprogress a recensé une importante hausse des manifestations de haine « islamophobes, antisémites, et un regain de soutien envers la supremacie blanche » durant la campagne électorale. Mais la situation s’est envenimée depuis les élections qui ont encouragé de nombreux Américains à s’exprimer violemment contre les minorités et « qui ont effrayé de nombreux Américains ».
L’association a appelé toute personne victime ou témoin à leur rapporter ce genre d’agressions pour qu’ils enquêter dessus ou demander à une source externe de le faire (rapport de police, articles ou témoignages) afin qu’elle puisse vérifiée indépendamment dans le futur.
Les agressions concernent « insultes verbales, agressions physiques, menaces, vandalisme, détérioration de lieux de cultes commis contre une minorité ».

thinkprogress.com
thinkprogress.com

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Le Texas va obliger l’enterrement des foetus

Non content de pouvoir interdire définitivement le droit avortement qu’il a déjà réussi à limiter drastiquement sur son territoire ces dernières années, l’état du Texas va obliger hopitaux et cliniques à enterrer les foetus, quelques soient leur stade de développement plutôt que de les disposer des containers à déchets médicaux.
La proposition a été lancée par le gouverneur de l’état, Greg Abbott en juillet dernier après que la Cour Suprême ait déclaré inconstitutionnelle la loi dite HB2 qui obligeait les cliniques texanes pratiquant l’IVG à se conformer aux standards logistiques des hôpitaux, et ses obstétriciens à pratiquer leurs interventions à 40 km au moins d’un autre hôpital.
Entre la mise en place de HB2 en juin 2014 et son interdiction deux ans plus tard, le nombre d’établissements pratiquant l’avortement est passé de 40 à 19 sur un état aussi grand que la France pour les 5,4 millions de femmes en âge de reproduire.

Texas Tribune
Le nombre de cliniques pratiquant les avortements avant la loi HB2 en 2014 et après son interdiction par la Cour Suprême des Etats-Unis en 2016 – Source: Texas Tribune