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Donald Trump: La vengeance à tout prix?

Dans un article publié hier sur Mother Jones, le Journaliste David Corn constate que « Trump est complètement obsédé par la vengeance » et rapporte plusieurs discours, qui précèdent sa candidature à la présidence, au cours desquels il en fait l’apologie.

Ce qui nous amène cette idée développée dans l’excellent reportage diffusé sur l’émission Frontline de PBS, « The Choice » selon laquelle les ambitions présidentielles de Donald Trump se seraient confirmées après avoir été humilié par Barack Obama lors du dîner de gala annuel des correspondants à Washington en 2011.

Le milliardaire américain fait depuis plusieurs semaines la tournée des plateaux télés pour alimenter la polémique sur le lieu de naissance du président qui est en pleine campagne pour sa ré-élection l’année suivante.

La semaine du gala, Obama a créé la surprise en rendant finalement public son birth certificate qui prouve qu’il est bien né en 1961 à l’hôpital d’Honolulu à Hawaï.
Cette campagne du « birther » a profondément ennuyé le président, obligé de devoir se justifier devant la nation entière qu’il est bien un citoyen américain, saisit l’occasion ce soir là d’avoir Trump dans l’audience pour partager lui rendre la monnaie de sa pièce, avec humour.

Pendant cinq longues minutes et devant un parterre de journalistes, célébrités et tout le gratin que compte la capitale, Obama moque l’obsession que Trump lui a voué pendant des mois, lui demande s’il est aussi fasciné d’autres théories du complot (Roswell, le meurtre du Tupac), ridiculise son émission de télé-réalité The Apprentice … et ses ambitions présidentielles.

Pour certains journalistes dont les auteurs de « The Choice », mais également l’entourage de Trump, la volonté de se présenter aux élections présidentielles est née ce jour-là d’une « revanche personnelle », celle de « prendre la place du premier président noir » qui l’a humilié aux yeux du monde entier.
Roger Stone, l’un de ses plus proches conseillers politiques de Donald Trump, explique dans le documentaire que ce qu’il « redoute plus que tout », c’est « l’humiliation et la honte » et « c’est pour cela qu’il a tendance à humilier et à faire honte aux autres »

« Plutôt d’avoir repoussé Mr Trump » explique le New York Times, ça n’a fait que « précipiter ses efforts pour se doter d’une légitimité dans le monde politique » – ce qu’il a fait avec le parti républicain pendant ces cinq dernières années.

Rarement on aura vu une personnalité publique et politique de cette envergure entretenir une telle rancoeur contre tous ceux qui l’ont critiqué, moqué et qui a pu prendre des formes extrêmes:

les attaques sur le physique de Rosie O’Donnell

Contre la femme de Ted Cruz,

Contre la famille Khan, dont le fils est mort en Afghanistan,

sur la nationalité du Juge Gonzalo Curiel,

sur la taille de « little Marco » [Rubio],

ou encore Alicia Machado

David Corn a retrouvé plusieurs discours de Trump dans lequel il développe sa théorie de la « punition » qui est un trait de caractère positif et nécessaire pour réussir dans la vie

« Il faut savoir être quitte avec les gens. S’ils vous arnaquent, arnaquez-les dix fois plus fort »

Et dans un autre discours:

« L’une des choses à faire pour réussir: Si quelqu’un vous frappe, vous devez leur rendre la pareille cinq fois plus fort qu’il ne l’aurait imaginé. Il faut savoir être quitte. La raison pour laquelle vous le faites, est tellement importante (…) Vous devez le faire parce que si ils vous font cela, c’est qu’il peuvent vous surpasser. C’est pas forcément une question de personne, ce qui peut être très satisfaisant, pour être honnête avec vous, je l’ai fait plein de fois. Mais les autres qui regardent et qui se disent, « laissons Trump tranquille » ou « laissons tomber » (…) Il faut savoir répliquer, et frapper fort »

Aujourd’hui Donald Trump applique ces mêmes idées en tant que candidat républicain, qui en baisse dans les sondages, acculé par la presse, son propre parti et les Démocrates est prêt à répondre coups-à-coups quitte à faire croire à ses électeurs que le système électoral est truqué et qu’un complot politico-médiatique veut sa destruction.

Son ultime revanche s’il vient à perdre les élections? Il l’a dit avec aplomb hier devant 50 millions de téléspectateurs, il refusera d’admettre la victoire de sa rivale.

 

 

 

Published in A lire dans la Presse Elections présidentielles US