Les Late Shows, stars de la Convention du parti républicain

On les suit toute l’année avec ferveur mais c’est souvent lors des campagnes présidentielles que les « Late Show » cartonnent avec un ton et une impertinence qui rendent les autres émissions politiques bien ternes.
Et la cuvée 2016 avec Donald Trump dans le tableau final tient toutes ses promesses.

Cette semaine, la chaotique convention du Parti républicain, désertée par la plupart de ses élus et personnalités, n’a d’intérêt que pour les émissions spéciales que  Stephen Colbert  (The Late Show with Stephen Colbert sur CBS), Samantha Bee (Full Frontal sur PBS) et Bill Maher (Real Time with Bill Maher sur HBO) ont décidé de lui consacrer

Samantha Bee et son équipe sont parties vers « le ground zero de l’Armageddon présidentiel » en bus la semaine dernière pour présenter une édition spéciale en direct intitulée A Very Special Full Frontal jeudi soir, clôture de la « 41ème et peut-être dernière convention du Parti républicain » dont voici la bande annonce


Stephen Colbert
n’y est pas allé par quatre chemins: Dimanche, la veille de l’ouverture de la convention, il a « crashé » la scène du Quicken Loans Arena, déguisé en « Julius », réplique de Caesar Flickerman, le maître de cérémonies des Hunger Games, rebaptisé à l’occasion The Hungry for Power Games.
Au micro, il a rendu hommage aux Républicains qui sont allés jusqu’à élire « Donald Donate Jamison Trump » pour tenter de stopper leur « seule et unique passion »: Hillary Clinton. La séquence a fait le tour d’internet lundi soir

Il a également repris son rôle de républicain zélé du Colbert Report pour la plus grande joie de son public, et tenter d’expliquer le mouvement Trump:

 » Souvenez vous, les élections n’ont rien à voir avec ce que les électeurs pensent mais ce que les électeurs ressentent et en ce moment la moitié des Américains ont l’impression de ne pas être entendus – surtout Mike Pence [furtur Vice Président si Trump est élu] .
Ca vaut pour les deux camps, qu’on soit des conservateurs convaincus ou des libéraux ruinés moralement (…)
Souvenez vous il y a onze ans
 [sous George W. Bush], j’ai inventé un mot, « Truthiness » qui consiste à croire en quelque chose qui à l’air vrai même s’il n’existe aucune preuves factuelles – par exemple les Jeux Olympiques de Rio vont être un succès –
La Truthiness vient des tripes car on accorde trop d’importance au cerveau et vous avez qui a un cerveau? Adolf Hitler! Donc les cerveaux sont généralement dangereux et c’est pour cela que j’admire cet homme, et je me reconnais dans le personnage: on est tous les deux des célébrités de la télé, on s’est tous les deux présentés à une campagne présidentielle américaine – les deux sont partis d’une blague!
La Truthiness doit avoir l’impression d’être vraie et la Trumpiness n’a même pas besoin de faire semblant: Les supporteurs de Trump ne croient pas à ses promesses électorales et ils s’en foutent.

 

Colin jost, Michael Che, membres de l’émission satirique Saturday Night Live se sont également déplacés à Cleveland où ils ont pris l’antenne en direct hier soir dans leur « Weekend Update », commenté la soirée catastrophique de Donald Trump, joué à Trumpémon Go avant d’être rejoint par leur collègue Kate McKinnon, déguisée en Ruth Binder Ginsburg, l’une des justices de la Cour Suprême des Etats-Unis qui a ouvertement critiqué le candidat républicain la semaine dernière.

 

Bill Maher à quant à lui reçu Michael Moore sur son plateau mercredi soir, en direct de la convention, où le réalisateur de Bowling for Columbine a prédit la victoire de Trump en novembre prochain.
Auparavant le présentateur est revenu sur l’évènement de la soirée d’hier, le soufflet de Cruz infligé Trump en refusant de le soutenir lors de son discours: Vous avez vu ce qu’a fait Ted Cruz ce soir? Il a demandé aux électeurs de voter en leur propre conscience, et quand on a Trump comme candidat, on peut pas faire plus bas que ça
Voir vidéo ci-dessous:

Seth Meyers (The late show with Seth Meyers sur NBC) et Trevor Noah (le remplaçant de Jon Stewart sur le Daily Show de Comedy Central) ont également présenté leur édition spéciale.

Donald Trump est dangereux pour vos enfants

La dernière campagne télé d’Hillary Clinton contre Donald Trump frappe là où ça fait mal: Les enfants et « The role model » (le modèle) que devrait être un président à leurs yeux, une responsabilité que le candidat républicain est visiblement incapable de tenir.
En compilant les propos les plus polémiques de Trump et leurs éventuelles conséquences sur la jeunesse américaine, l’équipe de la candidate nous rappelle l’importance des enjeux du 8 novembre prochain.

Vox: Les Républicains de Lincoln à Trump en 13 cartes

A LIRE ICI

Vox.com nous explique comment le parti républicain est passé d’Abraham Lincoln à Donald Trump en 13 différentes cartes des Etats-Unis et sur quels principes ou antagonismes politiques il s’est progressivement construit.

On y apprend que le parti Républicain s’est construit sur les cendres du Whig Party et a d’abord pris le pouvoir dans le Nord grâce à Abraham Lincoln puis s’est imposé dans le Sud durant la guerre de Sécession (1861-65) qui signe l’émancipation des noirs (1863) avec l’abolition de l’esclavage (1865).

Le parti républicain devient ensuite le parti des puissants avec l’industrialisation du nord est du pays et abandonne toutes tentatives de réformes avec le sud traditionnaliste.

Le Conservatisme apparait ensuite en réaction à un ensemble de réformes soutenues par le mouvement progressiste qui a porté Wilson et le parti démocrate au pouvoir (1913-1921).
Les Républicains eux refusent de voir l’Etat fédéral trop puissant s’ingérer dans leurs affaires et dans la vie économique et politique du pays en général: Ils commencent à proner un gouvernement minimal et gagnent dans ce sens la faveur du états du Sud du pays.
Le New Deal de Roosevelt cristallise cet antagonisme bipartisan qui structure depuis la vie politique américaine moderne.

Le mouvement des Droits Civiques (1955-1968) pour l’émancipation politique et sociale des afro-américaines signale la rupture du Parti républicain avec la première minorité du pays qui se tourne massivement vers les Démocrates (80% au milieu des années 60).

Dans les années quatre-vingt, les états sud auparavant bastions des démocrates se tournent progressivement vers les républicains, la religion et les valeurs traditionnelles que Ronald Reagan a promis de défendre.
En 1994 Le GOP remporte finalement la chambre des députés pour la première fois depuis 1955 et y ont été majoritaires 18 de ces 22 dernières années.

Les changements démographiques avec la croissance de la population hispanique, légale et sans papiers, est l’un des défis majeurs auquel font face les Républicains aujourd’hui.

The NY Daily News: Civil War

 

Le tabloid new yorkais se délecte de l’humiliation subie en direct hier par le candidat présumé Donald Trump après que son ancien rival ait refusé de le soutenir lors de la Convention nationale du parti républicain.

Ted Cruz refuse de soutenir Donald Trump

Ted Cruz a eu le dernier mot ce soir contre son ancien rival, Donald Trump, en refusant de le soutenir lors de cette troisième et avant dernière journée de la Convention déjà très chaotique du Parti Républicain.

Et pour ceux qui nous écoutent. Ne rester pas chez vous en Novembre. Si vous aimez votre pays, si vous aimez vos enfants autant que je le sache, levez vous, parlez et voter en votre âme et conscience pour le candidat à qui vous faites confiance pour défendre notre liberté et protéger notre constitution a-t-il affirmé à la fin de son discours.

« Le candidat » aurait du être Donald Trump mais Ted Cruz a préféré, un large sourire aux lèvres, en appeler au bon sens des électeurs Américains provoquant les huées du public et l’embarras du clan Trump. Un de plus après l’humiliation subit par Melania Trump dont une partie du discours a été plagié sur celui de Michelle Obama en 2008.

Quant aux organisateurs, ils auraient certainement dû s’assurer du soutien de sénateur texan avant de le faire monter sur scène, à la demande de trump – témoignant là aussi d’un manque d’expérience et de gestion pour un évènement politique aussi important.

Si Ted Cruz était l’une des rares figures du Grand Old Party à avoir accepté de se rendre à Cleveland, on est désormais certain qu’il a agit en vue de la présidence de 2020, pour laquelle il compte se présenter même si Trump était élu président cette année.

Stratégie politique mais aussi vengeance personnelle d’un homme qui a été insulté durant toutes les Primaires par le milliardaire new yorkais. Comme le souligne Politico ce soir, quand tu harcèles un gars pendant des mois, que tu insinues que sa femme est moche, que son père aurait participé à l’assassinat de Kennedy, que tu le traites de menteur, que tu envoies tes bras armés pour essayer d’arracher son soutien – pour finalement lui offrir un prime time lors de la troisième soirée de ta convention, tu obtiens cela. Un homme aguerri aux insultes et humiliations qu’il a precisément utilisé pour crucifier son bourreau – on peut difficilement lui en vouloir.

Le geste de ce soir est symptomatique d’un parti républicain très divisé sur un candidat atypique et politiquement inexpérimenté dont les dérapages racistes et sexistes de ces derniers lui ont aliéné une majorité de ses membres, absents des festivités. Cruz est le premier à mettre les pieds dans le plats quand la plupart des dignitaires n’ont pas daigné se déplacer et préfère jouer l’autruche en cas de victoire de leur candidat.

Malgré les soutiens officiels reçus de Marco Rubio, qui s’est retiré des primaires républicaines en Mars, de Newt Gingrich, candidat à la présidence en 2012, et le premier discours officiel de Mark Pence en tant potentiel Vice-président de Trump, on ne retiendra de cette journée et peut être même de l’évènement dans son ensemble que l’ultime affront de Cruz envers la candidat républicain, qui n’aura pas le droit à l’erreur demain, lors de son discours qui viendra clôturer cette désastreuse convention.