30.10.17

 

1.  KEVIN SPACEY

 

  • Hier Buzzfeed News a révélé qu’en 1986, Kevin Spacey a fait des avances à un jeune acteur de 14 ans, Anthony Rapp, après une soirée arrosée. La star de « House of Cards » a répondu sur Twitter être était horrifié par les accusations, n’avoir aucun souvenir de l’incident vieux de trente ans, que d’autres accusations de ce genre allaient être lancées contre lui et … qu’il était gai.
    Beaucoup d’internautes et de célébrités ont critiqué le choix de faire son coming out à un moment aussi inapproprié et par rapport à des faits aussi graves. Buzzfeed News

    Netflix vient d’annoncer que la série « House of Cards », son premier Blockbuster, se terminera à la fin de la sixième saison, diffusée l’année prochaine. Business Insider

 

  • Les responsables de Facebook, Twitter et Google vont témoigner mardi et mercredi devant trois sous-comités du Congrès sur le rôle qu’ont joué leurs plateformes dans l’ingérence russe pendant la campagne présidentielle (les publicités payées pour évoquer des sujets qui fâchent, des évènements organisés contre les musulmans, pour la défense de la police ou contre les violences policières) et comment éviter que cela se reproduise dans le futur.Axios
    Facebook devrait annoncer demain que 126 millions d’Américains ont eu accès des posts payés par le Russes, soit 40% des utilisateurs du réseau social aux Etats-Unis. 80 000 articles, photos ont atteint 29 millions de personnes, qui en les partageant ont atteint 97 millions d’autres entre janvier 2015 et août 2017 – The Verge
    Google aurait identifié 18 chaînes YouTube liées à des agents russes qui auraient diffusé plus d’un millier de vidéos vues par 300 000 personnes sur la même période. Enfin Twitter a recensé 36 000 comptes automatiques ayant généré 1,4 millions de tweets qui ont été vus 280 millions de fois – un petit nombre par rapport `a l’ensemble de tweets sur les élections présidentielles – The New York Times

 

  • Puerto Rico a annoncé la rupture du contrat de trois cent millions de dollars avec Whitefish Energy, cette petite entreprise de deux personnes basées dans le Montana, engagée pour la reconstruction du réseau électrique de l’île après le passage de l’Ouragan Maria.

 

 

 

2. TRUMPLANDIA: UNE SEMAINE HISTORIQUE

 

  • Ce matin, Robert Mueller, le procureur en charge d’enquêter sur d’éventuelles collusions entre l’équipe de campagne de Trump et les Russes pendant la campagne présidentielle de 2016, a inculpé trois personnes:
    • George Papadopoulos qui a reconnu avoir menti au FBI sur sa rencontre avec un proche du gouvernement russe, pour tenter d’obtenir des emails appartenant à Hillary Clinton, lorsqu’il était en charge des questions de politique étrangère pendant la campagne, et qui collabore depuis l’été dernier sur cette enquête.
    • Paul Manafort, ancien président de la campagne de Trump qui avait démissionné en juin 2016 après les révélations sur ses liens avec l’ancien président ukrainien pro-russe, Yanukovitch. Il est accusé avec son associé Rick Gates, d’avoir reçu 18 millions de dollars du Parti des régions ukrainiens, qu’il n’a jamais déclaré à l’IRS, les impôts américains, et de complot contre les Etats-Unis
      Les deux ont plaidé non coupable cet après midi – New York Post
    • Comme l’a affirmé aujourd’hui Trump, il n’y a aujourd’hui encore aucune preuve de collusions entre son équipe de campagne et les Russes, même si le candidat républicain a engagé dans son équipe de campagne un ami, qui était sous surveillance du FBI et dont les liens troubles avec la Russie et certains pays de l’Est étaient bien connus – Buzzfeed News 
    • Rappelons également que son fils, Donald Jr, son gendre, Jared Kushner, et Manafort ont rencontré une avocate russe au cours de l’été 2016 pour tenter de se procurer des emails de Hillary Clinton, les trente mille que le candidat Trump a demandé à la Russie de « retrouver » lors d’un meeting en Floride en juillet de la même année.Certains affirment que l’inculpation de Manafort, passible de vingt ans de prison est un moyen pour Mueller de le faire coopérer, notamment sur ce qui s’est dit lors de ce fameux meeting dans la Trump Tower avec l’avocate russeNY Daily NewsPour le Wall Street Journal, l’enquête de Mueller transforme la justice criminelle en une arme politique contre Trump, c’est pourquoi, le président devrait virer Mueller et laisser l’enquête au Congrès … républicain. 

 

  • Steve Bannon, chef de Breitbart News qui veut détruire l’establishment du parti républicain, virer les candidats officiels du parti critiques envers Trump et « America First », qui rêve de se débarrasser du chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a trouvé une nouvelle cible: L’un des plus importants donateurs du parti, Paul Singer, milliardaire derrière le site conservateur Washington Free Beacon qui a engagé durant la campagne présidentielle, la société Fusion GPS pour enquêter sur Donald Trump et qui est à l’origine du fameux dossier publié par Buzzfeed début janvier qui accuse le candidat républicain d’avoir fomenté avec les Russes pour remporter les élections et d’avoir pris un « golden shower » avec des prostituées russes dans un hôtel de Moscou – un dossier qui a été repris puis financé par les Démocrates. – Axios

 

  • Le copain de Trump, Roger Stone, « agent provocateur » et figure haute en couleur du parti républicain, a été banni à vie de Twitter pour s’en être pris vendredi à un présentateur de CNN, Don Lemon, qu’il a généreusement insulté. Ce dernier pourrait porter plainte contre Twitter pour tenter d’y retrouver sa voix. – TechCrunch

 

  • Une Cour de Justice fédérale américaine a interdit à Trump de changer les règles concernant le recrutement des transsexuels dans l’armée américaine. Un nouveau revers pour une décision prise sans avoir consulté l’Etat-Major et dans le seul but de satisfaire sa base de « déplorables ».
    Dans son jugement, la juge a fait des captures d’écran des tweets du président – Bloomberg Law

 

 

 

4. POURQUOI LA LUTTE CONTRE l’EPIDEMIE DES OPIACES DOIT ETRE POLITIQUE?

 

  • Si ActUp a réussi à combattre l’épidémie du SIDA, à marquer les consciences d’une société et de sa classe politiques avec des actions coup de poings, la même chose devrait être faite pour tenter de lutter contre la crise des opiacés, qui fait plus de 60 000 morts par an aux Etats-Unis. Le pays n’a pas les infrastructures et le personnel nécessaires, ni les traitements adéquats, ni les lois et un système de santé beaucoup trop cher pour réussir à combattre la pire épidémie que le pays ait connu explique Zachary Siegel, un ancien toxicomane dans Slate.
    Trump a affirmé que cette épidémie était une urgence de santé publique mais aucun fond supplémentaire indispensable – on parle de 9 milliards de dollars – n’ont été ajoutés ce qui rend le travail difficile.
  • A lire, cette longue enquête en onze chapitres de Glamour sur les femmes et la crise des opiacés: « Women and Opioids: Inside the Deadliest Drug Epidemic in American History »

 

 

 

7. LA COUV DU JOUR

  • Comme Jimmy Fallon, Jimmy Kimmel est resté discret dans ses critiques contre le président et son administration jusqu’à la naissance, au printemps dernier, de son fils atteint d’une malformation du coeur, qui l’a poussé à défendre le système de santé américain dans une monologue assez émouvant. Il a également réagi à la tuerie de Las Vegas, sa ville natale, et condamné l’inaction des politiques envers le contrôle des armes. Depuis, Jimmy Kimmel est passé du côté des activistes, un rôle qu’il n’a pas vraiment choisi et avec lequel il est peu à l’aise.

    La chose la plus proche à laquelle je peux comparer [l’élection de Trump], c’est quand O.J. a été acquitté. Je n’ai jamais pensé que ça puisse arriver. Il y avait tellement de preuves que O.J. était coupable, et tu fais confiance au système judiciaire américain. Tu penses que si quelqu’un est coupable, il va aller en prison pour cela. On est dans une situation similaire.

21.09.17

 

1. « Ce qui est mort ne saurait jamais mourir »

 

  • La suppression et le remplacement de Obamacare, encore tabou il y a deux semaines, a fait un retour en force cette semaine au Sénat grâce à la persévérance des sénateurs républicains Graham et Cassidy qui ont offert un nouveau projet de loi, assez similaire aux précédents, qui devrait être voté la semaine prochaine, avant la date limite du 30 septembre, date à laquelle les Sénateurs ne seront plus autorisés à voter une loi avec une majorité simple de 51 voix – mais une majorité absolue de 60.
  • Les sénateurs républicains, John McCain et Lisa Murkowski, n’ont pas encore pris leur décision et un vote ne sera demandé par le chef de la majorité, Mitch McConnell uniquement si la proposition a des chances de passer – Ce dernier est devenu le bouc-émissaire de Trump après les tentatives ratées de « Repeal and Replace » ces derniers mois.
  • Lindsey Graham, co-auteur de la proposition est l’un des meilleurs amis de John McCain, dont le vote sera décisif.
  • Les Démocrates n’ont d’autres solutions que de proposer des amendements pour retarder le vote autant que possible après le 30 septembre.

 

  • Les autres problèmes de la proposition de loi: 
    • Les conservateurs pensent que la loi est toujours trop généreuse avec Planned Parenthood
    • De nombreux parlementaires républicains appartenant à des Etats démocrates (New York et la Californie) pourraient être poussées à voter contre
    • Aucune estimation du Congressional Budget Office sur le coût de cette nouvelle proposition et son impact sur les Américains n’est disponible.

 

 

  • Mardi, le comédien Jimmy Kimmel a publiquement critiqué Bill Cassidy, co-auteur de la dernière proposition de réforme de la santé parce qu’il n’a pas respecté les promesses qu’il lui avait faites sur son plateau en mai dernier – que toute nouvelle proposition n’impose aucune limite de remboursement aux patients et accepte ceux ayant des antécédents médicaux – et il est revenu à la charge hier contre le sénateur de Louisiane, qui l’a accusé de « ne rien comprendre », en affirmant qu’il « défendait l’indéfendable » et que « soit il ne comprenait pas sa propre loi, soit il lui avait menti ».
    Pari réussi pour le présentateur-comédien qui a réussi à ce que les médias sociaux s’emparent à nouveau du sujet de la réforme de la santé.

 


2. A quoi joue Zuckerberg?

 

  • Il a passé une mauvaise année et un mois de septembre pourri: Zuckerberg et Facebook sont devenus ces derniers mois la cible des compagnies de médias, des Démocrates, des Républicains, des Russes, du procureur indépendant Bob Mueller, de Hillary Clinton … et des internautes qui s’en méfient de plus en plus.
  • « C’est pas facile d’être Mark Zuckerberg en ce moment » titre en couverture cette semaine le magazine d’affaires Businessweek:
     

    L’enquête sur la Russie complique les efforts déployés par Zuckerberg pour défendre Facebook après des élections aussi disputées. Même si la compagnie enregistre des profits record – sa valeur a plus que doublé depuis 2015, en atteignant 500 milliards de dollars et en faisant de Zuckerberg la cinquième personne la plus riche du monde – Facebook doit faire face à des critiques pour avoir diffusé de la propagande pro-Trump pendant les élections 2016 et polariser un peu plus le climat politique délétère. (…) 
    Grâce à un ensemble d’actions dotées d’un droit de vote supérieur, il possède 14% de Facebook mais dispose du contrôle des votes de la compagnie … Lors du meeting annuel l’année dernière, il a proposé, et en tant que actionnaire majoritaire de Facebook, a créé une autre classe d’actions qui lui permettrait de garder le contrôle de l’entreprise même s’il vend la plupart de ses actions … La proposition contient une provision qui le maintient à la tête de la compagnie s’il devait rentrer dans le gouvernement. Zuckerberg est réticent à expliquer cette provision, a démenti des objectifs présidentiels mais se verrait travailler au service de la technologie dans un poste du gouvernement.

    * « Mark Zuckerberg Political Awakening »Bloomberg Businessweek.

 


3. Journalistes Stars

 

  • L’élection de Donald Trump a mis en avant certains journalistes de la presse écrite et télé, qui ont suivi le candidat républicain depuis sa candidature en juin 2015 jusqu’à sa victoire et son entrée à la Maison Blanche: Parmi eux, Katy Tur, correspondante de NBC News qui vient de sortir un bouquin sur la campagne, Maggie Haberman et Glen Trush, les stars du New York Times qui viennent de signer l’écriture d’un ouvrage sur le président, David Fahrenthold du Washington Post et Lauréat du Pulitzer 2017.
  •  

  • La conférence de presse quotidienne du porte parole de la Maison Blanche, devenue grâce à Sean Spicer Le rendez vous télé de l’après midi, a elle aussi rendu célèbre certains correspondants de Washington:  April Ryan (American Urban Radio) parce qu’elle a secoué la tête au mauvais moment, Brian Karem du Sentinel qui s’est emporté contre Sarah Sanders mais le préféré serait Jim Acosta, correspondant de CNN:
     

    Pour Acosta, 46 ans, le ton méprisant et solennel à la fois est devenu une véritable signature sous l’administration Trump. Ca n’a jamais été plus apparent que lorsque Acosta s’est pris le bec avec le conseiller de la Maison Blanche, Stephen Miller … Des fans laissent du bourbon dans boite aux lettres, l’arrêtent dans la rue pour le remercier de s’opposer à la politique de Trump et à la critique systématique des médias. Après le départ de Miller du podium, ses collègues lui ont tapé dans la main.

    « Jim Acosta is the White House’s Favorite Reporter » – Politico

 


4. Les malheurs de Flint

 

  • Flint, c’est cette ville du Michigan, placée en état d’urgence financière par l’Etat en 2011 sous la direction d’un responsable des finances qui, pour économiser l’argent de la ville, a changé au printemps 2014 le lieu d’approvisionnement en eau potable de la ville, qui dépendant de l’agglomération Detroit avant d’être rattaché à la rivière Flint, dont les tuyaux d’alimentation étaient contaminées au plomb.
    Pendant dix huit mois, les cent mille habitants de Flint ont bu de l’eau impropres à la consommation et ce n’est qu’en septembre 2015 que le gouverneur Rick Snydey a reconnu l’état de crise sanitaire.
    Selon le Detroit Free Press, le taux de fertilité des habitantes a baissé de 12% et les morts foetales augmenté de 58%.
    L’Etat a également confirmé 91 cas de graves contamination, y compris 12 décès liés à la maladie du légionnaire

 


5. Canada Brain

 

  • C’était la menace de nombreux citoyens et célébrités américaines pendant les élections présidentielles 2016: « Si Trump gagne, je déménage au Canada ».
  • Onze mois plus tard, la plupart des menaces sont restées vaines mais pas dans le secteur de la haute technologie: des centaines d’employés américains et étrangers ont quitté la Silicon Valley pour aller travailler à Toronto qui vient de construire MaRS, un immense incubateur de start-ups de 140 000 m2 en plein coeur de la ville.
    « C’est la première preuve concrète que la ligne dure du président sur l’immigration influence la course aux cerveaux à travers le monde » d’autant que le Canada n’est pas le seul à essayer d’attirer les scientifiques américains: la France et la Chine sont aussi dessus.* « Canada’s « reverse brain drain » in the age of Trump »  – Axios

 


6. La transsexualité chez les maternelles

  • Après des mois de débats et polémiques, une maternelle de Californie vient d’autoriser la présence de livres évoquant la transsexualité dans ses classes. Si certains parents acceptent la décision, d’autres pensent que ce sujet controversé n’a pas sa place dans un cours destiné aux enfants de quatre ans. 
  • Un polémique sur mesure pour les conservateurs scandalisés que les parents n’aient pas été prévenus à l’avance qu’un sujet aussi tabou, surtout quand il touche les enfants, soit abordée en classe. La direction de l’école leur a donné raison et les parents seront désormais prévenus si le sujet être à nouveau abordé, mais elle a refusé que ces derniers enlèvent leurs enfants des classes au cours desquelles le sujet pourrait être évoqué.

    * « Rocklin Charter Schools OK transgender books in elementary school »The Sacramento Bee

 


7. Village Voice – Vol. LXII, No. 37

 

 

  • Le dernier numéro de Village Voice (176 pages de souvenirs, colonnes et articles qui ont marqué ses 62 ans d’histoire imprimée) est sorti hier, mercredi 20 septembre, avec Bob Dylan en couverture.
    Un choix qui a fait couler beaucoup d’encre chez les lecteurs et journalistes de Voice, non seulement parce que le journal est emblématique de East Village et non pas Greenwich Village, dont Dylan est une icône, le chanteur a déjà fait la couverture il y a un mois à peine, et qu’on se serait attendu à quelque chose de plus original et pertinent compte tenu du climat actuel – et des articles au vitriol publiés dans les années 80 sur Donald Trump.
    Dommage
  • Le Village Voice continue de publier mais uniquement en ligne.* « A Scrappy newspaper’s final cover lacks Voice » – CJR

 


8. Couverture du jour

 

  • Piqûre de rappel en couverture de Time magazine destinés aux Démocrates a treize mois des élections de mi-mandat:
     

    Après huit mois de présidence Trump, le parti est au plus depuis la victoire de Reagan dans 49 Etats en 1984 (…) Sur les 98 législatures américaines, les Républicains en contrôlent 67. Pendant la présidence de Barack Obama, les Démocrates y ont perdu 970 sièges (…) L’âge moyen des parlementaires démocrates est de 67 ans, et la plupart des candidats des prochaines élections auront passé les 70 en 2020.

     

20.09.17

 

1. L’autre diplomatie américaine

 

  • En marge de l’Assemblé Générale des Nations Unies à New York, le milliardaire et ancien maire de la ville, Michael Bloomberg a hérité de « Clinton Global Initiative » créée il y a dix ans par le couple Clinton, qu’il a rebaptisée « Bloomberg Global Business Forum« , considérée comme la plate-forme de « l’autre diplomatie américaine » , celle héritée de Barack Obama, et qui réunit cette semaine, anciens et actuels chefs d’Etat, personnalités du monde politique, économique: Bill Clinton, Mike Bloomberg, Tim Cook, Justin Trudeau, Emmanuel Macron, le prince saoudien Salmane ben Abdelaziz, Jack Ma (Alibaba).

 

  • L’évènement sert les intérêts de l’élite capitaliste mondiale, favorable à l’ouverture des frontières, capitaux et des hommes qui a trouvé ces derniers mois un adversaire encore plus détestée qu’elle: le président américain et sa doctrine, America First.
    Comme certains gouverneurs et Etats américains, qui ont décidé de mener leur propre politique environnementale ou diplomatique – la Californie par exemple – les entrepreneurs américains ont également un rôle à jouer comme l’explique Bloomberg à Buzzfeed:

     

    Les nations sont liées les unes aux autres par le commerce et l’investissement, et si les patrons ne sont pas des diplomates, ils peuvent défendre une coopération sur des sujets dans lesquels le secteur privé compte – des infrastructures au changement climatique. Les actions prises par le secteur privé, qui ne remplace pas les canaux diplomatiques officiels, peuvent parfois être plus importantes que les mots ou les tweets des élus.

 


2. Les défis du mur

 

  • Une enquête passionnante de USA Today ce matin sur les défis physiques, financiers, humains et politiques que représente la construction du mur le long de la frontière mexicaine – la promesse de campagne phare du candidat républicain, celle qui a convaincu sa base électorale et sur laquelle il peut difficilement revenir aujourd’hui.

 

  • Sur l’objectif de cet ambitieux reportage multimédia, Nicole Caroll de USA Today:

    Nous étions dans la tribune de presse au meeting de Trump à Prescott Valley en Arizona à l’automne dernier. Les supporters chantaient « Build the wall. Build the wall ». Ils étaient tellement excités à l’idée de ce mur qu’on s’est dit que c’était notre rôle d’aider les gens à comprendre ce que cette mesure impliquait. Notre travail n’est pas de leur dire qui croire, mais d’être sûr qu’ils ont toutes les informations nécessaires pour se faire leur propre avis. C’est notre responsabilité. On a des rédactions dans tous les Etats frontaliers. Nos journalistes sont des experts, On comprend les enjeux.

 

  • Il existe actuellement mille kilomètres de barrières qui séparent les Etats-Unis du Mexique – soit seulement un tiers de la longueur de la frontière, 3 200 km – et dont la moitié uniquement destiné à interdire le passage des voitures.
    Les barrières existantes, hautes de trois mètres, n‘ont rien à voir avec le projet pharaonique de Trump qui veut un « grand et beau » mur censé atteindre 6 à 9 mètres de haut.  
  •  

  • Pendant la campagne électorale, Trump avait promis la construction d’un mur les 2 200 kilomètres restant qui traversent quatre Etats américains et des frontières naturelles importantes comme le Rio Grande (le long de la frontière texane), les falaises abruptes des parcs nationaux ou les déserts arides d’Arizona.
  • En juillet dernier, Trump a annoncé que le mur ne serait construit que sur 1 100 km et que le commencement des travaux coûterait 1,6 milliards de dollars.

 

  • Au Texas, qui partage 1 500 km de frontières avec le Mexique, la construction du mur pourrait entraîner la réquisition – et la compensation financière – de terres appartenant à cinq mille propriétés privées dont une bonne partie le long du Rio Grande. 
    Par ailleurs, la plupart des frontières sont à des centaines de kilomètres des grandes villes, et construire un mur implique d’abord la construction de route pour y parvenir. Il existe des coûts financiers et politiques locaux importants au delà de la construction même du mur.

 

  • Pendant les dix jours passés en hélicoptère le long de la frontière, le journaliste de USA Today n’a pas vu une personne essayer de passer la frontière illégalement ou être appréhendé par la police des frontières.
  • 25% des Républicains du Congrès soutiennent actuellement la construction du mur.* « The Wall » – USA Today

 

  • Mais Ann Coulter, l’une des « commentatrices conservatrices » les plus célèbres et influentes américaines qui a soutenu très tôt Trump durant la campagne présidentielle n’en démord pas et continue de mettre la pression sur le président:

3. Subvention pollution

 

  • Il existe aux Etats-Unis un programme gouvernemental qui « vous envoie un chèque à la fin de l’année pour vous récompenser d’avoir pris la voiture seul pour vous rendre au travail ». Cela s’appelle le « Commuter Parking Benefit » qui déduit de vos impôts les dépenses occasionnées par les places de parking souvent très chères des centres villes.
    Vous ne le touchez que si vous habitez en ville, et plus votre parking est cher, plus le chèque sera important, plus vous gagnez de l’argent plus votre remboursement sera conséquent. Les automobilistes urbains sont donc payés les contribuables pour créer davantage de bruit, d’encombrements et de pollution.

    Le programme coûte chaque année sept milliards de dollars au gouvernement américain selon une étude de l’association « TransitCenter » et met chaque année sur les routes 820 000 voitures supplémentaires qui effectuent sept milliards de kilomètres en plus.

 


4. Les jeunes de plus en plus vieux

 

  • Contrairement à leurs parents nés dans les années soixante-dix, les adolescents américains sont moins portés sur le sexe, la consommation d’alcool et de drogue, la conduite en voiture ou les petits boulots:

    Les jeunes d’aujourd’hui retardent de plus en plus les activités considérées comme des rites de passage à l’âge adulte (…) et le déclin est visible quelles que soient la race, le lieu d’habitation ou l’origine socio-économique que ce soit dans les zones rurales, urbaines et péri-urbaines.

  • Le directeur de l’enquête, Jean Twenge, explique cette évolution des comportements par une structure familiale plus réduite, plus présente et rassurante qui protège davantage l’enfant.* « Not drinking or driving, teens increasingly put off traditional markers of adulthood » – Washington Post

 


5. L’examen Jimmy Kimmel

 

  • Les sénateurs républicains n’en n’ont pas encore fini avec l’abrogation et le remplacement d’Obamacare qu’ils ont échoué à faire passer à deux reprises ces six derniers mois à la grande frustration du président qui voue depuis une haine farouche à Mitch McConnell, incapable de trouver un accord.

 

    • La nouvelle proposition dite « Graham-Cassidy », moins médiatisée mais tout aussi injuste que les précédentes – trente millions d’Américains privés d’assurance – pourrait bien passer si … Jimmy Kimmel, le comédien américain présentateur de l’émission populaire de fin de soirée « Jimmy Kimmel Live » n’avait pas consacré le monologue de son émission d’hier à la critiquer.
    • Début mai, il avait évoqué à l’écran les problèmes de coeur de son nouveau-né et la nécessité pour toutes familles américaines, quels que soient leurs revenus, d’avoir accès à ce genre de soins si nécessaire.
      Il avait reçu le sénateur républicain de Louisiane, Bill Cassidy, qui avait promis que les futurs propositions de réforme de la santé rempliraient les conditions de « l’examen Jimmy Kimmel »: pas de plafond de remboursement, des tarifs préférentiels pour les familles dans le besoin et interdiction de pénaliser financièrement les patients ayant des antécédents médicaux.

 

    • Aucune de ces conditions n’est remplie par la proposition Graham-Cassidy et la vidéo a déjà fait le tour des médias sociaux ce midi: « la croisade de Kimmel devrait devenir une étude de cas sur le pouvoir de la culture populaire contre le barouf de Washington ».

                 

 

  • Vox vous explique comment la nouvelle proposition de loi bénéficie aux Etats Républicains qui n’ont pas accepté les subventions fédérales d’Obamacare en 2010 et au contraire punit les Etats démocrates qui ont appliqué avec le plus d’efficacité Obamacare ces dernières années.

 

 


6. Sean Spicer discrédité

 

  • Aucune des cinq grandes chaînes d’info américaines, ABC News, CBS News, NBC News, Fox News et CNN n’a proposé à Sean Spicer, ancien porte parole de la Maison Blanche et trublion des Emmys Awards un poste de commentateur politique dans leurs programmes à cause, semble-t-il, de son « manque de crédibilité ».

 

  • L’apparition de Sean Spicer dimanche aux Emmys n’a pas plus aux journalistes américains, surtout aux correspondants de Washington qui ont eu à faire à ses mensonges et son agressivité pendant des mois dans la briefing room de la Maison Blanche.

 

  • Même s’il regrette ses mensonges et a entamé depuis quelques semaines une campagne de réhabilitation de son image, la pilule ne passe pas. Seule consolation: les apparitions très rentables devant les compagnies et un séjour à Harvard.

 

  • Petit message de félicitations du président entre deux discours à l’ONU:

 

 


7. Rolling Stone, le procès continue

 

  • Mauvaise nouvelle pour le magazine Rolling Stone, dont la vente a été annoncée plus tôt cette semaine, et qui n’a pas fini de payer les conséquences de la publication en 2014 d’un article « A Rape on Campus » sur un viol collectif qui n’a jamais eu lieu dans l’université de Virginie.
    Le bi-mensuel a été condamné à payer 1,6 millions de dollars de dommages et intérêts à la fraternité où l’agression aurait été perpétrée; 3 millions de dollars à l’adjointe du président de l’université et se prépare à un nouveau procès intenté par deux étudiants de la fraternité qui n’ont jamais été cités dans l’article, mais que des détails physiques auraient pu clairement identifier
  • Une victoire des plaignants pourrait compromettre la vente de Rolling Stone.

 


8. Le tweet du jour

 

  • James Damore est cet ingénieur viré par Google après avoir publié un memo interne dans lequel il explique les inégalités professionnelles entre hommes et femmes par les différences physiques et intellectuelles entre les deux sexes.
    Il a été présenté par l’Alt-right américaine comme le grand défenseur de la liberté d’expression. Au nom de cette liberté d’expression, il tweeté les propos suivants concernant le Ku Klux Klan:
     

 


9. La couverture du Jour

 

  • On s’éloigne de Washington et de la politique avec cette couverture légère et ensoleillée du New York Times magazine dans le numéro consacré aux « voyages »
     

A la une des quotidiens, lundi 27 février 2017: LES OSCARS!

 

« Je dois remercier Donald Trump car rappelez vous l’année dernière quand les critiques disaient que les Oscars étaient racistes » a déclaré Jimmy Kimmel, le présentateur de ABC et des Oscars en début de cérémonie.

La principale leçon à retenir de cette 89ème cérémonie qui a eu lieu hier à Los Angeles, c’est la diversité de nominés et des vainqueurs: Mahershala Ali est le premier musulman (et afro-américain) à remporter un Oscar, celui de meilleur second rôle masculin pour « Moonlight »; Viola Davis, actrice afro-américaine a remporté la meilleure second rôle féminin (après un Tony Awards et un Emmy Award) our le film de Denzel Washington « Fences ».
L’Oscar du meilleur film a été décerné à l’histoire d’un jeune homosexuel afro-américain.
Effectivement, la polémique #OscarSoWhite qui a entouré les deux dernières cérémonies de 2015 et 2016 dans lesquelles les quatre principales catégories (Meilleur acteur/actrice et second rôle masculin et féminin) n’avaient que des acteurs blancs est désuète cette année.
Grâce à la réalisation de films politiques forts comme « Hidden Figures », « Moonlight » et « Fences » et à un changement de politique initiée par la présidente des Oscars, Cheryl Bone Isaacs, qui a rajeuni et diversifié les membres du Comité venus du monde entier – Lire cet excellent article du New Yorker, « Shake Up at the Oscars ».

Jezebel, le site féminin était visiblement mécontent de la victoire de Casey Affleck comme meilleur acteur pour « Manchester By The Sea » en qualifiant le frère de Ben de « fucking creep » pour avoir harcelé une productrice et insulter plusieurs femmes sur un tournage – accusations démenties par l’intéressé.

Lundi 27 février 2017: Oscars Ewww ; Spicer fouille ses employés; les agents d’immigration revigorés et l’historien Henry Rousso + Un

  1. Les Oscars – Erreur du siècle!

    * Très bon discours d’introduction de Jimmy Kimmel qui a mis les choses au clair dès le début en affirmant qu’il n’allait pas faire de grandes déclarations contre le président et appeler les conservateurs et républicains à discuter les uns avec les autres pour « Make America Great Again ».
    Il s’est quand même attaqué à Donald Trump (« Vous vous rappelez l’année dernière quand on disait les Oscars étaient racistes?) ou sa fille (il a demandé à Meryl Street si sa robe avait été créée par Ivanka? ») à plusieurs reprises: 
    Après deux heures de show, il a tweeté Donald Trump en direct: « Meryl [Streep] says Hi! »

    * Mahershala Ali est le premier musulman et afro-américain a gagné un Oscar pour le film « Moonlight ».

    * Viola Davis gagne l’Oscar du second rôle féminin pour le film « Fences » de Denzel Washington.
    C’est la première actrice afro-américaine à avoir gagné un Oscar, un Emmy et un Tony Awards.
    * Les critiques de Kimmel contre Matt Dammon et Ben Affleck étaient géniales – La meilleure est celle où les deux n’ont pas pu présenter l’Oscar du meilleur scénario, coupés volontairement par la musique de fin de discours orchestrée par Kimmel avant que « Manchester by the Sea » gagne l’Oscar! Awesome!

    * L’Oscar du meilleur film étranger décerné à « The Salesman » du réalisateur iranien Asghar Farhadi, d’origine iranienne, l’un des sept pays touchés par la travel ban de Donald Trump suspendue par la Cour d’appel de San Francisco il y a deux semaines.
    Mr Farhadi a décidé au nom du peuple iranien de ne pas voyager aux Etats-Unis pour la cérémonie.

    * Signe de ralliement anti-Trump et pro-ACLU est le petit ruban bleu porté par Lin-Manuel Miranda (auteur, compositeur interprète de la comédie musicale Hamilton).
    * Karl Lagerfeld s’est excusé publiquement auprès de Meryl Streep qu’il a accusé jeudi dans le magazine Women’s Wear Daily d’avoir demandé un robe au créateur puis changé de styliste pour être rémunéré pour porter sa création sur la tapis rouge. Cette dernière n’a pas accepté les excuses du designer.
    * Kirsten Dunst magnifique toute en noire dans une robe signée Christian Dior…
    * Meilleur court documentaire pour « White Helmets », les civils syriens qui travaillent depuis six ans à Alep pour aider les civils blessés dans les bombardements.

    * Warren Beatty s’est trompé en annonçant le meilleur film de la 89ème cérémonie des Oscars. L’acteur de « Bonnie & Clide » accompagné de Faye Dunaway, a annoncé « La La Land » comme meilleur film.
    Les acteurs, producteurs et le réalisateur sont montés sur scène pour accepter le prix, ont remercié le public avant que le producteur affirme, contre toute attente, que le prix était en fait décerné à « Moonlight » devant la gêne de Mr Beatty et l’embarras de Mr Kimmel.
    Il semblerait qu’on ait donné la mauvaise enveloppe à Warren Beatty, celle de la meilleure actrice

    « Moonlight » a remporté l’Oscar du meilleur film de la 89ème édition des Academy Awards.



  2. Fuites à la Maison Blanche: Les mesures draconiennes de Spicer révélées à la presse.

    La tentative désespérée de Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, d’arrêter les fuites provenant de sa propre équipe, a elle même fait l’objet d’une fuite, rapportée dimanche après midi par Politico – qui a fait le tour des médias en quelques heures.
    La semaine dernière, le président n’a pas caché sa frustration contre les fuites incessantes de son administration, du FBI et d’autres agences fédérales qui font les choux gras de la presse traditionnelle – celle que Trump appelle « fake news » – depuis son inauguration en janvier dernier.
    Sean Spicer a voulu montrer l’exemple en réunissant en urgence son équipe et demandant à tous les employés présents de donner leur téléphone portable, professionnels et personnels et appareils électroniques pour vérifier leurs communications – et prouver qu’ils n’ont rien à cacher.
    Mr Spicer, accompagné d’avocats, a indiqué qu’il était désormais interdit d’utiliser des applications de textos, style Confide – Voir revue de presse du 9 février 2017 – crypté et s’effacent automatiquement après lecture sans possibilité de le récupérer.
    Ce dernier a également indiqué que des répercussions auraient lieu si le contrôle révélait des fuites et si la tenue du meeting était révélée à la presse.

    L’atmosphère est tendue à la Maison Blanche, les employés de Sean Spicer craignent de perdre leur emploi, et sont régulièrement l’objet de critiques et d’accusations.

  3. Les agents de l’immigration revigorés

    L’article de New York Times paru dimanche en première page du quotidien décrit le zèle des agents de l’Immigration and Customs Enforcement dans la chasse aux immigrés en situation irrégulière depuis le renforcement de la politique anti-immigration du président.
    « Des représentants à Washington affirment que le changement [de priorités entre la période Obama, concentrée sur l’arrestation et la déportation de membres de gangs et criminels et celle de Trump qui veut s’attaquer à des millions de sans papiers] et l’enthousiasme qui l’accompagne semble avoir encouragé des commentaires politiques pro-Trump, plaisanteries déplacées et va-t-en guerre comme les remarques sur leur travail qui serait devenu « drôle »; enfin ceux qui ont choisi une position moins dure sur les immigrés en situation irrégulière seraient condamnés au silence. »
    Ils sont 20 000 employés à travailler (et 10 000 supplémentaires doivent être recrutés) dans 400 offices du pays et 46 pays étrangers, essentiellement blancs et masculins, anciens soldats ou policiers.
    Les raids de l’ICE ont généralement lieu avant le lever du soleil pour éviter d’être repérés et peuvent être traumatisants pour les enfants qui assistent à l’arrestation de leurs parents par des officiers munis de gilets pare-balles et d’armes semi-automatiques. De nombreuses associations de protection des droits de l’homme ont dénoncé l’arrestation arbitraire d’immigrés qui n’ont jamais inculpés auparavant: « Des témoins peuvent être appréhendés s’ils sont suspectés de ne pas être en règles, et même s’ils n’ont commis aucun crime, des « arrestations collatérales ».
    A lire: « Immigration Agents Discover New Freedom to Deport under Trump »

  4. Le calvaire d’un historien français à l’aéroport de Houston, Texas

    L’historien Henry Rousso a publié ce weekend une tribune (« Les Etats-Unis sont-ils toujours les Etats-Unis« ) dans le Huffington Post expliquant les conditions de son arrivée à l’aéroport de Houston, au Texas, où il l’universitaire était l’invité d’un colloque à la Texas A&M University. Mr Rousso a été l’objet du zèle des agents d’immigration de l’aéroport – une expérience que beaucoup d’expatriés ont déjà vécu – qui lui ont confisqué passeport et téléphone portable, interrogé à plusieurs reprises, obligé à prêter serment, lui ont annoncé qu’il était rentré sur le territoire dans une situation illégale, et qu’il serait renvoyé manu militari en France.
    Il aura fallu l’intervention des autorités de l’université pour libérer Mr Rousso après dix heures passées coincé à l’aéroport.

    Pourquoi le contrôle aléatoire est-il tombé sur moi? Je ne le sais pas mais ce n’est pas le fruit du hasard. Mon « cas » présentait un problème avant même l’examen approfondi de mon visa. Peut-être est-ce mon lieu de naissance, l’Egypte, peut-être ma qualité d’universitaire, peut-être mon récent visa de travail expiré, pourtant sans objet ici, peut-être aussi ma nationalité française. Peut-être aussi le contexte. Quand bien même aurais-je commis une erreur, ce qui n’est pas le cas, cela méritait-il pareil traitement? Comment expliquer ce zèle, évident, de la part du policier qui m’a examiné et de son supérieur hiérarchique sinon par le souci de faire du chiffre et de justifier, au passage, ces contrôles accrus? J’étais d’autant plus « intéressant » que je ne tombais pas dans la catégorie habituelle des « déportables ».
    Telle est donc la situation aujourd’hui.
    Il faut désormais faire face outre-Atlantique à l’arbitraire et à l’incompétence la plus totale. Je ne sais ce qui est le pire. Ce que je sais, aimant ce pays depuis toujours, c’est que les États-Unis ne sont plus tout à fait les États-Unis.

    Le Washington Post a évoqué l’épisode hier soir sur le site internet.

  5. Un autre cimetière juif vandalisé

    Après la profanation du cimetière juif de la banlieue de Saint Louis dans le Missouri le weekend dernier, un autre cimetière juif de Philadelphie a été profané samedi: Une centaine de tombes renversées et cassées.
    Après un silence embarrassant, le président a condamné l’antisémitisme lundi et le vice président Mike Pence s’est ensuite rendu dans le Missouri pour condamner les actes de vandalisme et ses auteurs.
    Aucune réaction de la Maison Blanche depuis

Mercredi 22 février 2017: Des Républicains choqués; « Deportation Nation »; Obamacare résiste + #OscarsSoWhite

  1. Milo: le clap de fin

    Communiqué de Milo Yiannopoulos pour annoncer sa démission de Breitbart

    Il était sombre le Milo hier, pas vraiment d’humeur à insulter une femme voilée, un transgenre, à lancé à l’actrice afro-américaine Leslie Jones qu’elle est « illéttrée » … Le provocateur a surfé sur la vague « conservatrice », « libertarienne » et « politiquement incorrecte » lancée par Donald Trump depuis deux ans et justifié ses propos haineux sur le principe sacré de la liberté d’expression jusqu’à ce que ses propos sur la pédophilie choquent ses soutiens républicains et jusqu’à ses collègues de Breitbart – et il en faut pour les bousculer.
    Aux Etats-Unis, le Premier amendement, considéré comme une liberté fondamentale de la Constitution et de la société américaine, autorise et protège les citoyens et journalistes à dire ce qu’ils veulent sur à peu près tous les sujets par provocation ou non – contrairement à la France qui interdit la discrimination et les discours de haine. 

    Comme l’a résumé en une phrase Vox

    La polémique [autour de Yiannopoulos] prouve que le racisme, le sexisme, et autres formes d’intolérance sont acceptées dans les cercles conservateurs mais la pédophilie va trop loin.

    Dans sa dernière apparition télévisée avec Bill Maher ce weekend, il a affirmé vouloir « défendre le droit des gens à être, à dire et à faire ceux qu’ils veulent » et critiqué au passage les émeutes du mois dernier à l’université de UC Berkeley qui l’ont empêché de s’exprimer devant des étudiants conservateurs. Ce à quoi les libéraux répondent qu’il ne s’agit que d’une excuse pour déverser sa haine.
    Cela fait d’ailleurs penser à l’affaire Mehdi Meklat qui justifie ses attaques sur les femmes, les juifs, les homos en plaidant « le double de fiction » et qui accuse aujourd’hui la « fachosphère » d’en vouloir à sa vie.
    On vous conseille: « The Fall of Milo Yiannopoulos, explained » sur Vox

  2. « Deportation Nation »

    Le Department of Homeland Security a confirmé mardi que tous ceux qui traversaient illégalement la frontière mexicaine vers les Etats-Unis, seraient renvoyés manu-militari au Mexique, qu’ils soient Mexicains ou pas.
    Les demandeurs d’asile devront attendre la réponse des autorités au Mexique et pas aux Etats-Unis, comme c’est le cas aujourd’hui. Les populations concernées viennent d’Amérique Centrale (et ont souvent fui la violence des pays du Honduras, Guatémala, Salavador, Haiti) et d’Amérique du sud (Equateur et Brésiliens).

    Les deux mémos publiés mardi prévoient une répression agressive contre l’immigration illégale: les agents d’immigration auront le droit de déporter toute personne entrée illégalement aux Etats-Unis depuis moins de deux ans qu’elle soit arrêtée le long de la frontière mexicaine ou dans le reste du territoire américain et sans passer par un juge, comme c’est le cas aujourd’hui.
    Sont susceptibles d’être déportés: Toute personne (en situation irrégulière) condamnée ou accusée de délits graves et mineurs.
    Les forces de polices locales auront les mêmes droits que leurs collègues de l’immigration pour arrêter des criminels sans papiers des villes sanctuaires.
    D’autres parts, déporter les « DREAMers », ceux qui ont grandi aux Etats-Unis en situation irrégulière, ne sont pas, selon Sean Spicer, « la priorité » de la Maison Blanche.

    Au delà de ces changements drastiques par rapport à la politique d’Obama, ces mémos « n’ont aucune intention d’entraîner des arrestations et déportations de masse » a affirmé un employé du DHS rapporté par The Hill
    Aucun détail n’est donné sur les lieux où seront détenus les immigrés en attendant leur jugement our leur expulsion.

     

  3. Obamacare fait de la résistance

    L’une des promesses de campagnes de Donald Trump et l’obsession des Républicains depuis son vote en mars 2010, c’est le « repeal and replace » d’Obamacare: son abrogation et son remplacement.
    L’abrogation de l’Affordable Care Act, sans autre programme défini et voté par le Congrès pour le remplacer inquiète de nombreux Américains, y compris des électeurs de Trump, qui appartiennent aux classes moyennes et populaires, c’est-à-dire ceux qui bénéficient le plus de l’assurance santé mise en place par Obama.
    Politico comparait hier la résistance du Tea Party en 2009 dans l’Iowa contre Obamacare, et les actions menées cette année par les électeurs Démocrates et Républicains confondus pour préserver cette même loi.

    « Et comme une poignée de législateurs républicains à travers le pays, [Chuck Grassley, sénateur de l’Iowa] doit faire face à la colère des électeurs qui remplissent les conseils municipaux pour tenter de dissuader les Républicains d’abroger la loi du président Obama sur la santé.
    Les militants démocrates [moveon.org et Our Révolution] considèrent cette semaine comme cruciale pour faire entendre leurs revendications, d’autant que les Républicains restent profondément divisés au Congrès sur la façon de démanteler la loi sur la santé et sur celle qui devrait la remplacer.

    Les éléments les plus populaires d’Obamacare, ce sont la possibilité de contracter une assurance quels que soient ses antécédents médicaux et quel que soit son âge et la possibilité pour les enfants de moins de 26 ans d’être sous l’assurance de leurs parents.
    Certains représentants républicains ont annulé et remplacé des conseils municipaux  par des « conference call » depuis la vidéo diffusée la semaine dernière où le Représentant républicain de l’Utah, Jason Chaffez s’est fait hué par des centaines d’électeurs.
    D’autres affirment que les manifestations sont des mises en scène et les militants sont payés par l’opposition … comme le président hier soir.

    Twitter

     

  4. On vous conseille de lire: « Shake Up at the Oscar » – New Yorker

    Boone Isaacs, première Afro-Américaine présidente de l’Académie des Oscars depuis 2013 a décidé de prendre en main le problème de la diversité à Hollywood et de la représentation des minorités dans les nominations, dénoncé en 2015 par le fameux hashtag  #OscarsSoWhite: Elle a annoncé cette année là, la mise en place de l’initiative A2020 pour diversifier l’Académie en cinq ans. Le renouvellement nécessaire de ses membres ( ils sont six mille à 94% blancs et 70% masculins et âgés d’une soixante d’années) a été considéré par certains comme une purge en réponse aux accusations racistes dont a fait l’objet le comité ces dernières années.
    En juin dernier 683 membres ont été accueillis, un nombre record, dont 45% de non blancs provenant de 59 pays différents – les nouveaux entrants ont besoin de deux lettres de parrainage pour rentrer et qui ont été actifs dans l’industrie ces dix dernières années.

    Une nouvelle composition qui implique la mise en place de nouvelles stratégies des studios de cinéma pour séduire les membres de L’Académie. Passionnant.

  5. La Bourde du jour

    La couverture du Bryan-College Station Eagle: « Trump nomme McMaster pour remplacer Pence »: il s’agissait en fait de remplacer le général Flynn qui a démissionné il y a dix jours, et non le vice président Mike Pence
    La couverture a fait le tour d’internet.

    The Eagle – Edition du mardi 21 février 2017

    Kelly Brown, certainement très embarrassée a publié hier matin « une lettre d’excuses aux lecteurs du Eagle – et à Mike Pence ». Son erreur n’est pas comparable à la une du Chicago Tribune qui annonçait le 3 novembre 1948 la victoire de Thomas Dewey aux élections présidentielles gagnées en réalité par Truman ironise-t-elle, et l’erreur n’était ni un « mensonge délibéré », ni « une vérité alternative ». C’est le résultat d’une deadline sans assez relecture, et « c’est ma responsabilité », précisant au passage un manque d’effectif au sein de sa rédaction.

  6. Couverture du jour:

    Variety offre sa couverture à Jimmy Kimmel qui présentera dimanche sa première cérémonie des Oscars, « le job le plus ingrat du show business ».

    Variety