Le kiosque du 22 janvier: L’immense succès de la marche des femmes!

Nous étions à Washington hier avec des centaines de milliers d’autres manifestants dans un rassemblement historique, pacifique et solidaire pour la défense des droits des femmes, des travailleurs, des immigrés, du système de santé, de l’environnement, de la communauté LGBTQ contre le programme populiste, nationaliste, et sécuritaire du nouveau président.

On parle aujourd’hui de presque quatre millions de manifestants à travers le pays, sans compter les rassemblements à l’étranger, en Europe, en Asie, en Australie, en Amérique du Sud. La mobilisation a dépassé toutes les prévisions de organisateurs grâce à une logistique efficace qui réunit de centaines de volontaires, les dons de milliers d’Américains et l’aide précieuse de la technologie numérique et d’internet, essentiels à la réussite de l’évènement.

Même Donald Trump a dû reconnaître la légitimité du mouvement ce matin sur Twitter:
240 000 abonnés ont aimé ses propos – l’un de ses tweets les plus populaires –  et rien n’importe plus pour le président que l’audience et l’attention des téléspectateurs, donc on peut espérer envisager dans un futur proche un peu plus d’empathie de la part du Commander-in-Chief.

 

La Marche sur Washington

Voici les photos de notre voyage express New York – Washington.
Un aller-retour en moins de vingt-quatre heures en bus, départ de Bryant Park à Manhattan à 4 heures 45 du matin et retour la nuit suivante à minuit et demi: neuf heures de bus, six heures de manifestations dont quatre heures de marche et deux heures à rester debout coincée dans la foule à attendre le départ de la marche au milieu d’une marée humaine de cinq cent mille personnes mais aucune violence et beaucoup de solidarité et de respect entre les manifestant(e)s.

Voici un diaporama du voyage avec nos commentaires:

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Le message est clair pour la nouvelle administration, il faudra composer avec l’opposition active de millions d’Américains qui sont prêts à descendre dans la rue ces quatre prochaines années.

 

Un désordre réussi

Le mouvement Women’s March on Washington (WMW) s’organise depuis des semaines pour mobiliser le plus grand de monde, à Washington, dans le reste du pays et dans le monde entier grâce à des moyens numériques efficaces, un site internet professionnel, une application utile et une présence importante sur les réseaux sociaux: 473 00 abonnés sur leur page Facebook, 266 000 sur Twitter et 260 000 sur leur compte Instagram.
La marche a été plus qu’un succès grâce aussi à ses centaines de milliers de participants qui ont joué le jeu de la solidarité, de la patience et du respect devant les problèmes d’organisation rencontrés sur le terrain. La foule est restée une bonne heure et demie coincée dans les artères de Washington à cause du manque d’anticipation des organisateurs qui n’avaient pas prévu une telle mobilisation, et ont dû sur le tard, changer l’itinéraire.
La scène où différentes personnalités sont intervenus n’était visible que par une infime partie de la foule, laissant le reste du cortège dans le flou, incapable d’entendre ou de comprendre le déroulement de la manifestation. Encore une fois, tout s’est bien terminé et les manifestants ont fini la marche devant la Maison Blanche. 

Quant aux accusations de « plate forme par et destinées aux femmes blanches privilégiés » dont a été accusé la démarche lors de son lancement, il était « difficile de trouver [une foule] plus diverse que la mixité du métro de new yorkais » constate le Boston Globe ce matin. C’est précisément cette diversité des origines sociales, géographiques, ethniques et générationnelles des manifestants qui sautait aux yeux samedi et qui a fait de cette journée un moment historique pour le pays.

l’évènement a reçu le soutien de nombreux sponsors, représentés tout au long du cortège, qui ont participé à l’immense succès de l’évènement: Planned Parenthood, l’association de lutte contre le réchauffement climatique, NRDC, ACLU, Human Rights Campaign, …

Aujourd’hui, Women’s March on Washington bénéficie d’un immense soutien populaire, de centaines de milliers d’abonnés, d’un programme idéologique et pratique de défense des minorités, des femmes, de l’environnement, et entend continuer le mouvement dans les prochains mois.

On vous tiendra bien entendu au courant.

Les verres d’eau, les lunettes, le double et le fémur d’Hillary Clinton

Hillary Clinton a fait un malaise dimanche matin, lors des cérémonies commémoratives du 11 Septembre à New York. La vidéo de la candidate qui trébuche, rattrapée par son staff et qui manque de tomber à nouveau a fait le tour du monde, la une des journaux et sites d’infos et suscité les interrogations, légitimes, de la presse américaine sur son état de santé.

On a eu droit aux interviews des médecins, de toutes les définitions possibles de la pneumonie, et d’autres perspectives un peu plus originales sur la question de la forme physique de la candidate démocrate à moins de deux mois du vote.

Politico a fait fort en recensant toutes les instances au cours desquelles Hillary Clinton a bu verre d’eau ces dernières années – en public biensûr!

L'article de Politico sur Facebook mardi 13 Septembre 2016: "Les neufs fois où Hillary a bu un verre d'eau"
L’article de Politico sur Facebook mardi 13 Septembre 2016: « Les neufs fois où Hillary a bu un verre d’eau »

Ceux qui ont réagi à cette « satire » qu’est l’article de Politico sont des supporteurs d’Hillary mais avant tout des lecteurs qui questionnent la légitimité d’une telle recherche sur « l’acte révolutionnaire qui consiste à boire un verre d’eau » et qui au bout du compte ne fait que « éroder un peu plus la foi collective envers les médias comme une source fiable d’information »

Les commentaires d'internautes sur l'article de Politico mardi 13 Septembre 2016
Les commentaires d’internautes sur l’article de Politico mardi 13 Septembre 2016

The National Review, média conservateur, constate lui que « ce que nous considérions comme des théories du complot font maintenant la une des médias » avec à l’appui, deux articles du Washington post publiés à cinq jours d’intervalles par le même journaliste:

"Est-ce que l'on peut arrêter de parler de la santé d'Hillary Clinton." le 6 septembre dans le Washington Post. "La sante d'Hillary Clinton devient un vrai problème dans la campagne présidentielle"
« Est-ce que l’on peut arrêter de parler de la santé d’Hillary Clinton. » le 6 septembre dans le Washington Post.
« La sante d’Hillary Clinton devient un vrai problème dans la campagne présidentielle »


Du côté des sites complôtistes
, on a entendu toutes sortes de théories, dont celle de l’existence d’un « double » d’Hillary Clinton, Teresa Barnwellson imitatrice officielle depuis 23 ans, qui serait ressortie dimanche après midi de l’appartement de sa fille, Chelsea Clinton à New York:

Hillary aurait un double selon le site Northcrane.com
Hillary aurait un double selon le site Northcrane.com

Il y aussi cette théorie selon elle porterait désormais des lunettes anti-épilepsie

Hillary Clinton malade porte des lunnettes anit-épilepsie après son malaise
Hillary Clinton malade porte des lunnettes anit-épilepsie après son malaise

Il y a même les pro-Bernie, qui sont revenus à la charge, à l’instar de la page facebook « Feel the Bern, Bernie 2016 » qui poste une vidéo publiée le mois dernier sur les problèmes neurologiques dont souffrirait Hillary depuis le caillou de son sang qui s’est formé dans son cerveau à la suite d’une chute en 2013 et pour lequel elle a dû être opérée.

Hillary s'est encore évanouie et souffrirait d'un grave problème au cerveau.
Hillary s’est encore évanouie et souffrirait d’un grave problème au cerveau.

Heureusement on termine avec un peu d’humour. Le site ClickHole a posté un article ce matin intitulé « Pour mettre fin aux inquiétudes sur sa santé: Hillary Clinton arrache son fémur et prouve qu’il est incassable »

Post de ClickHole sur le fémur d'Hillary Clinton le mardi 13 Septembre 2016
Post de ClickHole sur le fémur d’Hillary Clinton le mardi 13 Septembre 2016

 

 

Barack Obama: « Don’t boo, vote! »

Barack Obama, Joe Biden et MIchael Bloomberg mercredi 27 Juillet 2016, troisième jour de la Convention nationale du parti démocrate

Contrairement à son rival, Donald Trump, laissé pour compte par son propre parti, Hillary Clinton a élargit hier la liste de ses soutiens au sein des démocrates avec les interventions du vice-président Joe Biden, de Barack Obama, et celle de Mickael Bloomberg, l’ancien maire de New York, étiqueté « indépendant ».

La rhétorique visait à rassurer les électeurs sur la situation politique et économique du pays, sur la « grandeur » de la nation et « l’exceptionnalisme américain ». Des thèmes traditionnellement défendus par les républicains et que Trump a choisit de mettre de côté au profit d’une vision très noire des Etats-Unis

 

Le discours d’Obama était moins personnel et émouvant que celui de Michelle mais plus pragmatique dans ses attaques contre Donald Trump, et son tableau « pessimiste d’une Amérique fondée la colère, la haine et les divisions » dans laquelle « un seul homme » serait capable de changer les choses.
Les changements qui restent à accomplir doivent au contraire inclure l’ensemble des Américains.
Aux huées qui ont entouré l’évocation de Donald Trump, il a répondu avec une déjà phrase prononcée en 2008, et qu’on ré-entendra sans doute lors cette campagne: « Don’t boo, vote! » 

Sur les jugements répétés dont Hillary est fréquemment l’objet, le président les explique comme la conséquence de quarante années de vie publique et politique passées au peigne fin, et au cours desquelles si elle échoué, c’est parce qu’elle a d’abord essayé, et c’est l’un des raisons pour lesquelles elle reste « la plus qualifiée » au poste de Commander-In-Chief.

Confiant dans l’avenir de son pays, Obama a rappelé les conditions économiques dramatiques, la récession de 2008, de son début de présidence, au cours duquel il a quand même multiplié les succès (Obamacare, le nucléaire iranien, la détente avec Cuba, la mort de Ben Laden et le retrait d’Irak) et qui a rendu le pays plus fort et plus prospère que jamais:
America is already great! America is already strong!


Joe Biden
, le vice président, très à l’aise sur scène, a sans doute été le plus convaincant hier soir, en évoquant à travers la perte de son fils, Beau, des suites d’un cancer l’année dernière, les situations dramatiques (« Broken Places ») dans laquelle des millions de familles et d’individus peuvent tomber un jour. Il a salué le courage et la détermination des classes moyennes, « le coeur » et « l’âme » d’une Amérique « forte » et « unie »

Il s’est lui aussi attaqué à Trump, à son cynisme sans limite, son manque d’empathie et de compassion qui peuvent se résumer à cette expression dont il est le si fier et qui a fait sa gloire ‘Vous êtes viré!’ (…)
Cet homme n’a aucune idée de ce que c’est que la classe moyenne, il n’a aucune de la grandeur de l’Amérique, il n’a d’ailleurs aucune idée, point à la ligne.
(…) Jamais dans l’histoire des Etats-Unis, le candidat d’un parti national n’a eu aussi de connaissance et d’expérience concernant la sécurité du pays »


Enfin, l’invité surprise de cette convention, Michael Bloomberg , un ancien républicain devenu indépendant, a appelé les électeurs américains à faire front contre « un dangereux démagogue ». L’homme d’affaires new yorkais, lui aussi milliardaire, a pris parti pour celle qui « résout les problèmes » et plutôt que pour celui qui « les créé »: Moi aussi je suis new yorkais, et je sais reconnaitre un escroc quand j’en rencontre