06.10.17

 

1. Bientôt le Rexit?

 

by DAVE GRANLUND (Cagle Cartoons) 2017

 

  • Donald Trump n’a toujours pas digéré les révélations des « fake médias » de cette semaine concernant son Secrétaire d’Etat – qui aurait voulu démissionner en juillet dernier et aurait traité le président de « moron », surtout que Rex Tillerson n’a pas personnellement démenti ces propos relayés (et moqués) dans tous les journaux et sur les réseaux sociaux: Non seulement on lui a volé la vedette, mais à ses dépens et ça ne passe pas pour le président qui n’a plus aucune confiance en son ministre. 

 

  • Les jours de Rex Tillerson, qui devait rester à son poste au moins jusqu’à la fin de l’année, sont semble-t-il ,comptés: Il pourrait être remplacé par Mike Pompeo, 53 ans, actuel directeur de la CIA, avec qui Trump s’entend un peu mieux. Mais le directeur de cabinet, John Kelly qui a ramené un petit de normalité à la Maison Blanche depuis sa nomination cet été, voudrait éviter le grabuge d’un éventuel remaniement ministériel.

 

  • Hier lors d’une séance photo à la Maison Blanche entouré de dignitaires de l’armée américaine, Donald Trump a parlé de « calme avant la tempête » sans préciser sans préciser de quoi il s’agissait (Daesh, l’Iran ou la Corée du Nord ?), « Vous verrez bien » a-t-il répondu.
    Pour beaucoup, Trump a voulu faire dans le dramatique juste pour créer un peu de buzz autour de lui et faire parler les médias.

 


2. « Access Hollywood » un an plus tard

 

 

  • La « surprise d’octobre » censée mettre un point final à la campagne de Donald Trump, la désormais fameuse vidéo de l’émission « Access Hollywood » dans laquelle se vante d’attraper les femmes par leur entrejambe, découverte par le journaliste David Fahrenthold et diffusée par le Washington Post il y a tout juste un an, n’a pas eu, malgré l’énormité des propos, l’effet escompté.
    Pour Steve Bannon, ça a d’ailleurs le moment de vérité qui a déterminé qui était loyal envers Trump [lui, sa famille, Reince Priebus] et qui ne l’était pas [la plupart des Républicains, à commencer par Paul Ryan].
     

    « Les gens s’en foutaient. Ils savaient que c’était une discussion de vestiaire que Donald Trump avait avec un mec … Et ils ont passé outre. Ca n’a eu aucun impact sur la campagne. Mais si vous aviez vu les médias mainstream ce jour là, il tombait littéralement dans l’enfer de Dante. »

     

  • Pour fêter cet anniversaire, l’association de défense des femmes Ultraviolet diffuse en boucle la vidéo pendant toute la journée, sur grand écran et … à côté de la Maison Blanche. – The Hill

 


3. « Dirty Harvey »

 

 

  • Harvey Weinstein, l’un des plus puissants producteurs d’Hollywood, est accusé par le New York Times d’avoir harcelé ces trente dernières années, des dizaines de femmes, dont Ashley Judd et Rose McGowan, en échange de booster leur carrière. 
    Huit de ses victimes, des actrices, assistantes ou mannequins, auraient conclu des arrangements à l’amiable avec les sociétés de production et de distribution de films qu’il a co-fondé avec son frère (Miramax entre 1979 et 2005 puis The Weinstein Company) et dont la dernière remonterait à 2015.

    Weinstein, qui se présente « en public comme une figure libérale, défenseur de la cause féminine récompensé pour ses travaux artistiques et humanitaires » a reconnu dans le Times que « son comportement [avait] pu blesser ses collègues », s’en est excusé et a promis qu’il se soignait tout en démentant les accusations du quotidien.
     
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  • Ce matin, le producteur a annoncé qu’il prenait un congé illimité mais aussi qu’il comptait poursuivre le New York Times pour 50 millions de dollars sous prétexte que le quotidien ne lui aurait pas laissé assez de temps pour se défendre de faits « qui remontent à plus de trente ans et dans une douzaine de pays différents »

 

  • Pour éviter les répercussions du scandale, les Démocrates, qui ont reçu beaucoup d’argent de Weinstein ces dernières années, se sont engagés à lui rendre toutes les donations et condamné son comportement, qui était soi-disant  un secret de polichinelle à Hollywood.* « Decades of Sexual Harassment Accusations against Harvey Weinstein » – The New York Times

 


4 .YouTube reste le roi

 

  • Netflix, Hulu et Amazon et autres services de vidéos à la demande qui représentent aujourd’hui une industrie de 8,21 milliards de dollars, qui devrait atteindre 14 milliards en 2021, ont poussé de nombreux téléspectateurs à suspendre (« cord-cutters ») leur abonnement au câble – assez cher aux Etats-Unis, entre 50 et 200 dollars par mois – et la tendance devrait se renforcer puisque de 16,7 millions en 2016, ils devraient passer à 40 millions en 2021.
    Quant aux « cord-nevers », ceux qui n’ont jamais souscrit d’abonnement pour regarder la télé, ils étaient 32,5 millions l’année dernière et seront 41 millions dans quatre ans.
    * « Amazon, Netflix and Hulu’s Most Popular Shows Revealed » The Hollywood Reporter

 

  • Netflix a dépensé 6 milliards de dollars en 2016 pour la création et achat de contenu contre 4,5 milliards pour Amazon, et si Netflix, qui vient d’augmenter son abonnement de 10% cette semaine, continue de cartonner, c’est YouTube qui reste le roi des « streamers » avec 186 millions d’abonnés.
    Et la plate forme de Google ne compte pas s’arrêter là avec YouTube Red, le service de vidéo à la demande à dix dollars par mois qui offre de la musique illimitée sans publicités, des créations originales après leur sortie en salle ou directement produites par la compagnie. Pour l’instant le répertoire est assez limité mais avec les 65 milliards de Google, leur offre devrait s’enrichir ces prochains mois
    * « YouTube Grows Up: Inside the Plan to take on Netflix and Hulu »The Hollywood Reporter

 


5. « La grandeur a un prix »

 

 

  • Dernière création de Showtime, un documentaire sur l’un des personnages les plus controversés du tennis mondial, le légendaire entraîneur de tennis, Nick Bollettieri qui a formé entre autres André Agassi, Venus et Serena Williams, Anna Kournikova, Monica Seles, Jim Courier
  • La particularité de Bollettieri est qu’il n’a aucune formation d’entraîneur ce qui l’a empêché de travailler pour une fédération et/ou une université, mais qui l’a poussé à fonder une Académie, où les jeunes prodiges du tennis sont venus vivre et s’entraîner loin de leurs parents.
    « Si je n’avais pas cassé ces règles, le tennis ne serait pas où il en est aujourd’hui »

 


6. Le reste de l’actu

 

  • La Californie devient officiellement un « Etat sanctuaire« 

    La « Senate Bill 54 » (SB54) signée par le gouverneur Jerry Brown abolit une loi qui obligeait les forces de police locales à prévenir les services d’immigration en cas d’arrestation d’un immigré en situation irrégulière pour possession de drogues et autres infractions.
    Une décision mal perçue chez les Républicains comme en témoigne ce commentaire de Red State:

    Pour résumer: La Californie défie ouvertement une loi fédérale pour protéger des criminels vivant illégalement dans l’Etat, les relâcher plus rapidement et ne sera plus obligé de prévenir les autorités fédérales quand ils sortent et errent les rues.

    « California Is Now Officially A Sanctuary State »Redstate

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  • Donald Trump a décidé aujourd’hui d’autoriser les entreprises à ne plus rembourser les méthodes de contraception de leur employés – l’une mesures les plus controversées d’Obamacare – si ça va à l’encontre de leurs croyances religieuses. N’importe quel patron ou conseil d’administration peut aujourd’hui avancer le prétexte de la religion pour priver les femmes d’un de ses droits fondamentaux.
    Les associations religieuses ont bien entendu salué la décision – Politico

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  • Las Vegas a interdit en 2012 la présence de pistolets pour enfants ou en plastique sur son fameux « Strip », l’avenue principale de la ville, afin de la rendre plus sûre tout en autorisant le port d’arme – les vraies, celles qui tuent – en public, comme ça l’est pour les casinos, bars, hôtels et bureaux de vote. – Charlotte Observer

 


7. Couverture du Jour

 

 

  • Mike Moore, l’avocat qui a mis à plat l’industrie du tabac (« Big Tobacco ») aux Etats-Unis et négocié le règlement juridique le plus cher de l’histoire (206 milliards de dollars sur 25 ans en 1998), voudrait désormais s’attaquer à l’industrie des opiacés qui a engrangé des milliards de dollars ces vingt dernières et créé l’une des pires crises sanitaires que l’Amérique ait connu, responsable de la mort de 60 000 personnes l’année dernière.

 

  • La plainte stipule que ce sont les compagnies qui ont provoqué cette épidémie en minimisant les risques de dépendance et d’overdose des anti-douleurs tels que l’OxyContin, le Percocet, ou le Duragesic. Les opiacés ne sont pas seulement risqués lorsqu’on en abuse, mais tout simplement lorsqu’on en prend.

 

  • Comme il l’a fait lors pour l’industrie du tabac, Moore veut travailler avec le plus d’Etats possibles afin de collecter les preuves nécessaires pour réclamer des milliards de dollars de dommages et intérêts et de faire plier l’industrie des opiacés. Certains villes et Etats américains ont déjà porté plainte contre certaines de ces entreprises (Purdue Pharma, Endo, and Johnson & Johnson’s Janssen Pharmaceuticals) mais une action collective est bien plus efficace aussi bien financièrement que symboliquement.* « The Lawyer Who Beat Big Tobacco Takes On the Opioid Industry » – Bloomberg Businessweek

Le Washington Post et le New York Times: les meilleurs ennemis

 

Jamais depuis le scandale du Watergate, les médias américains n’avaient autant influencé la vie politique du pays explique Joe Pompeo dans Politico: Au centre de cette effervescence éditoriale, une rivalité entre deux mastodontes de la presse, le New York Times et le Washington Post dirigés par deux rédacteurs-en-chef au sommet, Dean Baquet et Marty Baron, dont les carrières ont influencé le journalisme aux Etats-Unis.

 

Les Leaders de l’ère Trump

L’ensemble des médias américains profitent depuis des mois de l’effet Trump, le « Trump Bump », que ce soient les journaux, magazines, chaînes télé, à travers l’enchaînement « breaking news », analyses et reportages autour et à l’intérieur de la Maison Blanche et Washington.

Mais pour ce qui est des informations relatives aux agences de renseignement et de la sécurité intérieure, Le Times et le Post, avec leurs équipes de correspondants expérimentés, ont l’avantage des grandes institutions.

Ce sont les journalistes de ces deux grands quotidiens qui, grâce des relations de confiance tissées avec le monde du renseignement, notamment le FBI et la CIA, depuis des années, qui ont réussi à obtenir la plupart des fuites sur les soupçons de collusions entre les Russes et les aides de campagne de Trump – Michael Flynn, le conseiller à la sécurité nationale forcé de démissionner, Jeff Sessions, Jared Kushner, …

S’ils ont souffert ces dernières années d’une baisse des ventes et des revenus publicitaires face à la multiplication et à la spécialisation de nouveaux médias en ligne, ils réaffirment aujourd’hui leur leadership sur l’information, grâce notamment à la compétition féroce qu’ils entretiennent l’un envers l’autre.

Le scandale de la messagerie privée de Hillary Clinton? C’est le New York Times qui l’a sorti en mars 2015. La vidéo d’Access Hollywood? C’est David Fahrenthold du Post qui l’a révélé un mois avant les élections (il vient de remporter le Pulitzer pour son enquête sur les oeuvres de charité de Donald Trump). La cadence des scoops s’est accélérée depuis l’investiture du président jusqu’à cette semaine du mois de mai où chaque jour a eu son lot de révélations soit de la part du Post (Trump révèle des informations confidentielles aux Russes dans le bureau ovale), soit de la part du Times (Trump a demandé à Comey de laisser tranquille Michael Flynn). 

 

Des carrières croisées qui ont marqué le journalisme américain

Les deux rédacteurs-en-chef sont des amis de longue date qui se sont rencontrés au New York Times à la fin des années 90 et ont appliqué trois fois pour le même poste – Rédacteur en chef au Miami Herald et à deux reprises pour le New York Times).

Après avoir débuté comme stagiaire dans le Times Pycayyne, le journal de sa ville natale, la Nouvelle Orléans, Dean Baquet est parti pour le Chicago Tribune (1984-1990) où son équipe a remporté le Pulitzer du reportage d’investigation (sur la corruption au conseil municipal de Chicago) en 1988; il a rejoint le New York Times pendant dix ans (1990-2000) puis a traversé le pays pour devenir directeur de la rédaction du Los Angeles Times (2000-2007); période au cours de au cours de laquelle le quotidien californien a remporté 13 Pulitzers.
Il est revenu au Times en 2007, a monté patiemment les échelons, a réussi à se débarrasser de Jill Abramson, et est devenu le premier rédacteur en chef afro-américain.

 

 

Marty Baron, moins convivial et plus circonspect, a commencé au Miami Herald (1976-79) puis est parti au Los Angeles Times pendant 17 ans (1979-1996) avant de rejoindre le New York Times (1996-2000) et de retourner au Miami Herald comme rédacteur en chef (2000-2001). Il y remporte son premier Pulitzer pour la couverture de la bataille juridique autour du petit Elian Gonzalez, déchiré entre un père resté à Cuba et sa famille exilée en Floride.

Il part occuper les mêmes fonctions au Boston Globe (2001-12), considéré comme l’un des tournants majeurs du quotidien de New England, « Baron était un juif originaire de Floride dans une rédaction dominée par des Catholiques irlandais ». C’est pourtant lui qui va apporter au journal son « couronnement journalistique », repris brillamment dans l’excellent long métrage, lui-même oscarisé, « Spotlight »: La croisade d’une équipe de journalistes décidée à révéler les décennies d’abus sexuels au sein de l’Eglise catholique, grâce le silence complice de la hiérarchie, qui lui vaudra le Pulitzer en 2003.

 

Première couverture de l’enquête du Boston Globe sur les abus sexuels au sein de l’Eglise en 2003

A deux reprises Marty Baron et Dean Baquet ont été pressentis pour le poste le plus prestigieux, celui de rédacteur en chef du New York Times, attribué à Bill Keller en 2003 puis à Jill Abramson en 2011 mais finalement offert à Dean Baquet en 2014.
Entre temps, Marty Baron s’est déjà distingué comme rédacteur en chef du Washington Post, en remportant le plus prestigieux des Pulitzers, en collaboration avec le Guardian, pour ses articles sur les activités de surveillance de la NSA basés sur les fuites de Edward Snowden, au nez et à la barbe du New York Times, snobé par le lanceur d’alerte. 

 

Comme Joe Pompeo le note:

Au moment où Trump est devenu un candidat sérieux à la présidence, le Post était prêt à se battre. C’est pendant les derniers mois mouvementés de la campagne de 2016 que le Post et le Times ont émergé comme les acteurs dominants d’un moment ou les journaux, malgré leurs problèmes financiers, sont les garants d’une certaine responsabilité.

Désormais, leur compétition définit non seulement leur carrière mais à un certain degré, le sort de l’administration Trump. Chaque matin, tous les deux partent travailler en sachant qu’ils doivent travailler mieux et plus vite pour battre l’autre, sachant l’inévitable retour en flammes des supporters de Trump.

 

Vendredi 24 février 2017: Bannon et Trump à la CPAC, Un nouveau parti démocrate? Le NYTimes aux Oscars, le WAPO s’affirme + « When We Rise »

 

  1. Steve Bannon intervient à la Conservative Political Action Conference

    Le grand rendez vous annuel des Républicains à Washington s’est ouvert hier dans une ambiance détendue avec la présence de deux des principaux conseillers du président, Steve Bannon et Reince Priebus, le chef de cabinet, qui sont apparus très souriants et complices (voir la une du New York Times), prêts à en débattre avec les « mensonges » du « parti d’opposition » sur leurs relations soi-disant tendues et le premier mois « chaotique » de l’administration Trump.
    Reince Priebus a rendu un énième hommage au parcours du candidat républicain ces dix huit derniers mois, et à sa victoire devant un public tout acquis.
    Comme l’explique Axios, « Bannon, lui, ne s’est pas adouci depuis qu’il est entré à la Maison Blanche. Il est encore plus dévoué au nationalisme économique, plus hostile aux médias, et plus déterminé à protéger le président des forces modérées du parti Républicain.« 

    Il a expliqué les trois priorités de l’administration: « La sécurité nationale et la souveraineté », « le nationalisme économique » et le « déconstruction de l’administration de l’Etat. »

    Un message d’affection, pour terminer, adressé au « parti d’opposition »:

    « Ca ne va pas s’arranger, ça va empirer avec les médias. Les raisons: ils sont corporatistes, mondialisés qui sont opposés à l’agenda nationaliste économique de Trump … Si vous pensez que [les médias] vont vous rendre votre pays sans se battre, vous vous trompez ». 

  2. Trump à la CPAC: CNN, le « Clinton News Network »

    Une semaine plutôt calme pour le président qui s’en est pris ce matin, via Twitter, au FBI, « incapable d’arrêter les responsables des fuites au sein du gouvernement, et dans l’agence elle-même » qui pourraient avoir « des effets catastrophiques sur les Etats-Unis. »
    Il a réitéré ces critiques lors de son discours à la CPAC – qu’il avait boycotté l’année dernière – et appelé à ne plus utiliser les « sources », les sources anonymes, parce qu’elles répandent des « fake news » –  il a qualifié CNN de « Clinton News Network »
    Il s’en est pris à la presse, réaffirmé que les journalistes étaient « l’ennemi de peuple », qu’ils « fabriquaient » des histoires, des sondages dans une rhétorique démagogique du « nous contre eux »:

    « les médias ne représentent pas le peuple, ne le représenterons jamais, et on va faire quelque chose la dessus »

    On ne sait pas trop s’il s’agit d’une énième plainte ou d’une menace à prendre au sérieux contre la liberté de la presse, la liberté d’expression et le Premier Amendemant. Ce sera l’un des sujets de discussion de ce weekend en tout cas.

    Les discours dans lesquels Trump improvise donnent souvent lieu à des déferlements critiques, rancoeurs, et autres faits alternatifs qui viennent de « je ne sais où »: Aujourd’hui, il s’en est pris à l’un de ses plus vieux alliés, la France: L’un de ses amis, « Jim », lui aurait conseillé « d’éviter la ville lumière » car « Paris n’est plus Paris ».

  3. Betsy DeVos marche sur des oeufs

    Betsy DeVos, Secrétaire d’Etat à l’Education a donné un discours hier à la CPAC au lendemain de la décision de l’administration Trump d’annuler la loi fédérale dite de « Bathroom Guidance », mise en place par Obama, qui autorise les étudiants transgenres à utiliser les toilettes et vestiaires de leur choix dans les établissements scolaires et universitaires.
    Jeff Sessions a pris l’initiative d’abolir cette mesure anti-discrimination, contre l’avis de Mme DeVos, et il revient désormais aux Etats de trancher sur la question.
    Elle a poliment justifié cette décision par la volonté de redonner aux Etats leur pouvoir de décision tout en réaffirmant que son « travail [était] de protéger la flexibilité des étudiants et des professeurs et leurs libertés individuelles. »
    Des manifestations de la communauté LGBTQ ont eu lieu dans plusieurs villes des Etats-Unis hier pour protester contre ce retour en arrière.

    Il ne faut pas sous estimer Betsy DeVos explique le New York Times: « Dans son Etat [le Michigan], elle a acquis la réputation d’une combattante politique efficace, motivée et implacable, qui a utilisé sa fortune pour récompenser ses alliés et punir ses ennemis, et travaillé en coulisses pour faire adopter une loi et se débarrasser des législateurs qui s’y opposent.

  4. Le parti démocrate: Vers un nouveau départ?

    Les 447 membres du Comité National Démocrate éliront samedi à Atlanta leur nouveau président: Les deux favoris sont l’ancien Secrétaire au Travail de Barack Obama, Tom Perez – le plus progressif mais attaché à l’ancienne garde (aka Obama) et le Représentant Keith Ellison, soutenu par Bernie Sanders (redevenu indépendant depuis sa défaite aux Primaires en juin dernier) et Chuck Schumer, porte parole de la minorité démocrate au Sénat.

    Parmi les enjeux du nouveau président: récupérer un parti en ruine après des Primaires sanglantes et le coup de massue des Présidentielles, et répondre à des questions cruciales résumées par FiveThirtyEight.

    « Le parti doit-il s’éloigner de la politique identitaire et se concentrer vers un message économique et populaire et une position plus dure sur l’immigration? Ou doit-il continuer à chercher le soutien de ses électeurs traditionnels, re-mobiliser les électeurs afro-américains après Obama et attirer les jeunes progressistes pro-Bernie? »

    A lire: « Will Keith Ellison move the Democrats to the Left? » de Vinson Cunningham dans le New Yorker

  5. Le New York Times aux Oscars

    Le New York Times diffusera une publicité de trente secondes (à 2,5 millions de dollars) dimanche soir lors de la cérémonie des Oscars pour annoncer le lancement d’une campagne du quotidien autour de la notion de « truth » (« vérité ») – actualité oblige.
    Une première en dix ans et une première tout court sur l’un des programmes télé les plus populaires de l’année, entre 35 et 45 millions de téléspectateurs.
    « La vérité est difficile; la vérité est difficile à trouver; la vérité est difficile à savoir et la vérité est plus importante que jamais » explique le vidéo clip.

    Des immenses affiches sont également placardées à Los Angeles, Washington, New York, San Francisco.

  6. Washington Post se refait une légende

    La nouvelle devise du Washington Post a été dévoilée hier sur son site internet en dessous le titre: « Democracy Dies in Darkness ».

    Une allusion à la nécessité des médias d’information dans le bon fonctionnement d’une démocratie et une critique à peine cachée contre les attaques incessantes du président contre les journalistes américains.
    La décision de « parler de notre mission » a été discutée depuis longtemps dans la rédaction a affirmé un porte parole à Poynter, « nous pensons que c’est une déclaration utile et concise pour expliquer aux millions de nouveaux lecteurs qui nous ont rejoint cette année qui nous sommes. »
    Comme James Warren l’explique dans Poynter: « Donc Democracy Dies in Darkness ressemble un peu à un prêche, une image de soi un peu démesuré de l’industrie en ce moment (…) mais ça marche. »

     

  7. « When We Rise », le nouveau docu-drama de ABC

    La chaîne a réalisé une minisérie en huit épisodes censés couvrir cinquante ans d’histoire LGBT à San Francsico où le tournage a eu lieu et dont les deux premiers épisodes seront diffusés lundi 27 février et ce jusqu’à la fin de la semaine. 
    « When We Rise »
    s’inspire librement de l’ouvrage de l’activiste Cleve Jones, « When We Rise: My Life in the Movement«  qui décrit sur plusieurs décennies (1972-2013) la lutte de quatre activistes de la Bay Area.

    « Ce que Dustin Lance Black a réussi avec l’immense et émotionnellement explosive série télévisée « When We Rise », c’est plus que de simplement raconter l’histoire de la lutte pour l’égalité de la communauté homosexuelle. Il a créé une histoire qui rappellera à tout le monde – homos et hétéros – de tout ce qui menacé par le retour de la haine, des divisions t d’une peur irrationnelle qui a paralysé la Nation » écrit le San Francisco Chronicle.

    Variety a trouvé l’exercice superficiel et cliché mais « le fait qu’une reconstitution pédagogique sur le mouvement des droits des homosexuels soit diffusé en prime time sur une chaîne nationale témoigne d’une révolution – qui continue – qui a transformé la fabrique sociale de cette nation. En l’espace de cinquante ans, l’Amérique est passé d’un pays ou l’homosexualité est traité comme une maladie par les psychologiques avec lobotomies et électrochocs à un pays ou le mariage homosexuel est autorisé partout. »

    La Bande Annonce est un peu mièvre

  8. La lecture du jour

    « The True Story of the Comey Letter Debacle » sur Vanity Fair. La décision incensée de James Comey de réouvrir l’enquête sur la messagerie privée de Hillary Clinton le 28 octobre 2016, onze jours avant les élections présidentielles, et prévenir le Congrès dans une lettre, désormais inscrite dans les livres d’histoire, qui a fait la une des télés, radios et quotidiens lors du weekend d’Halloween, s’expliquerait plus par la volonté du directeur du FBI de consolider son héritage au sein de l’agence plus que de voir les Démocrates perdent.

  9. Couverture du jour

    Découvrir la une du New Yorker chaque semaine est toujours un plaisir mêlé d’excitation et dernièrement Françoise Mouly n’a pas décu ses lecteurs au contraire. La couverture de cette semaine va faire couler beaucoup d’encre (heureusement Donald Trump ne lit pas le New Yorker); elle est signée Barry Blitt, le dessinateur officiel de Donald Trump dans le magazine – il a signé une dizaine de couvertures représentant le candidat puis le président l’année dernière. Reprenant la première couverture originale de 1925, Blitt remplace la traditionnelle mascotte par Vladimir Poutine et le papillon, Donald Trump.
    Plus sérieusement, le journaliste Evan Osnos et le rédacteur en chef David Remnick évoquent dans « Active Measures » les conséquences d’une neutralisation de l’OTAN et le retrait américain de la sécurité européenne qui « donnerait différentes opportunités à Poutine »

Le kiosque du dimanche 29 janvier 2017

  • Un juge fédéral de Brooklyn a bloqué hier la détention et déportation de deux immigrés irakiens touchés par le décret présidentiel interdisant l’entrée sur le territoire américain de personnes issues de sept pays musulmans grâce à l’action rapide des avocats de l’organisation ACLU, The American Civil Liberties Union. Cette association mène la résistance contre Donald Trump et a remporté une première victoire décisive hier au nom les droits des immigrés, des réfugiés, et la défense des valeurs de la Constitution Américaine.

  • On en parle beaucoup cette semaine dans le Kiosque parce qu’il est le bras droit du président, c’est un nationaliste d’extrême droite que Bloomberg Businessweek a qualifié à l’automne 2015 d’homme politique « le plus dangereux des Etats-Unis: Steve Bannon.
    Il a écrit le discours inaugural de Donald Trump qui répète à maintes reprises « America First » conformément au concept « nationalisme économique » qu’il défend, et la plupart des décrets présidentiels; il aurait initié une approche agressive avec la Chine, le Mexique et les médias, qu’il déteste par dessus tout et considère désormais comme le parti d’opposition. / Axios
    On vous conseille l’un de ses rares discours prononcés en 2014 proposé par Buzzfeed News.
  • Ce dernier déclarait jeudi au New York Times que la presse américaine était le nouveau parti d’opposition: les mêmes propos ont été répétés par le président à une chaîne de télé vendredi, preuve de l’immense influence de Bannon sur Trump, la Maison Blanche et le reste du pays.
  • Les Républicains, tous opposés au Mur de Donald Trump pendant la campagne électorale se sont tous ralliés à la cause et seraient prêts à dépenser quinze milliards de dollars à le construire. Paul Ryan, porte-parole de Chambre des Représentant et son homologue du Sénat, McConnell affirment vouloir appliquer la loi dite du « Secure Fence Act » voté en 2006 qui prévoyait 700 miles de « barrière physique » entre le Mexique et les Etats-Unis, et jamais construite.
    Comme le signale Bloomberg Businessweek, « on ne sait toujours pas à quoi ressemblera le mur, comment il sera financé, combien cela coûtera, et combien de temps prendra sa construction »… Mais le monde entier est au courant qu’il y aura bientôt un mur.
  • Pour obliger le Mexique à rembourser la construction du mur estimée à 15 milliards de dollars selon le porte-parole de la Chambre des Représentants, Paul Ryan, Donald Trump a lancé l’idée d’une taxe sur tous les produits importés du Mexique – qui reviendrait à faire payer les consommateurs américains – avant que le porte parole de la Maison Blanche, Sean spicer ne rétracte les propos du président.
    Le total des produits frais et boissons importés du Mexique en 2016 est estimé à 21 milliards de dollars selon Bloomberg avec une majorité de fruits et légumes, bières et vins.
    Les internautes américains partageaient leur appréhension (#muchosad) hier sur les réseaux sociaux à l’idée d’une augmentation des avocats (et du guacamole), des bières et de la téquila, indispensables pour une soirée réussie aux Etats-Unis.
    En comparaison, le Mexique n’importe que 17,7 milliards de dollars de produits et boissons venants des Etats-Unis
  • Pas très content le Wall Street Journal de ce début de crise diplomatique entre le Mexique et les Etats-Unis, étant donné les enjeux commerciaux et économiques entre les deux pays. L’éditorial du quotidien économique parle de la « petite guerre mexicaine de Donald Trump » et compare son attitude envers le Mexique avec celle « d’Obama envers Israël ».
  • La conférence de presse entre Theresa May et Donald Trump a permis aux journalistes anglais de poser les questions qui fachent au président américain, contrairement à leurs confrères Outre Atlantique qui sont depuis lundi soigneusement évités par Trump et le porte parole de la Maison Blanche Sean Spicer. Résultat?
    La première question généralement accordée à l’Associated Press, a été offerte dans la briefing room de la Maison Blanche à Lifezette, un site « culturel et politique » créé en 2015 par l’animatrice radio et intervenante sur Fox News, Laura Ingraham, et qui a diffusé des fakes news durant la campagne présidentielle sur Hillary Clinton, aujourd’hui disparues du site.
    Lundi, c’était le New York Post, le tabloid new yorkais
  • Toutes sortes de marche sont prévues dans les semaines et mois qui viennent à New York et dans le reste du pays. Une a lieu cet après midi à Battery Park dans le sud de Manhattan contre la politique anti-immigration de Donald Trump. Un « tax March » est prévue le 15 avril; une Marche des Immigrants est organisée à Washington samedi 6 mai. On vous tiendra bien entendu au courant.
  • Malia Obama a participé à des manifestations contre le projet du Dakoka Access Pipeline  pendant le festival de Sundance lundi dans l’Utah.
  • L’article le plus lu sur internet cette année, parmi une sélection de 46 millions publiés en 2016 selon le site Chartbeat, c’est celui du site FiveThirtyEight concernant les chances de victoire des deux candidats, et updaté plusieurs fois par jour pendant deux mois et qui se sont révélées incorrectes. 

Le kiosque du vendredi 27 janvier 2017

  • Donald Trump a donné une interview télévisée « surréaliste » diffusée mercredi soir sur ABCNews dans laquelle il a affirmé que:
    – Même s’il est favorable à la torture, notamment celle du waterboarding, il suivra les recommandations du General Mattis, Secrétaire à la Défense, qui s’y oppose.
    – Sur « ses » accusations de fraude électorale: Les trois à cinq millions de bulletins frauduleux auraient tous été en faveur de sa rivale Hillary Clinton. Il a demandé une enquête extraordinaire pour éviter d’éventuels dysfonctionnements aux prochaines élections, celles dites de « mi-mandat » qui auront lieu en novembre 2018.
    – Sur le 8 novembre 2016: « J’ai remporté une immense victoire, l’une des plus importantes jamais vues. Au niveau des districts, la plus importante ou presque. Quand tu regardes une carte, tout est rouge. Et le rouge c’est les Républicains. »
    Fox News serait la seule chaîne qui comprenne le président et ses discours.
  • The Hill rapportait hier que 42% électeurs de Trump pensent qu’il devrait être autorisé à utiliser un serveur de messagerie privé et 39% contre, selon l’institut de sondages PublicPolicyPollingUn résultat surprenant car Donald Trump a passé la campagne électorale a dénoncé Hillary Clinton et l’utilisation d’un serveur privée lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat, à l’origine du fameux slogan, « Lock her up » (« Enferme la »).
    Kellyanne Conway, Sean Spicer, Steve Bannon et Jared Kushner utiliseraient toujours des comptes e-mails privés appartenant au Comité National Républicain.
  • Steve Bannon, le « Darth Vador » autoproclamé de la Maison Blanche, et stratège en chef du président, a donné une rare interview au New York Times dans laquelle il a conseillé aux journalistes de « fermer leur gueule et d’écouter deux secondes » après leur défaite « embarrassante » et « humiliante » aux élections.

    Je veux que vous répétez ceci: Les médias sont le parti d’opposition. Ils ne comprennent rien à ce pays. Ils ne comprennent toujours pas pourquoi Donald Trump est président des Etats-Unis (…) Aucune des médias traditionnels n’a viré un des journalistes qui ont suivi notre campagne. Regarde leur compte Twitter, c’étaient les supporters officiels de Hillary Clinton.

    Il a exprimé à son mépris, voire sa haine à l’encontre de la presse généraliste (en nommant le New York Times et le Washington Post) qui n’a « aucune intégrité, aucune intelligence, et ne fournit aucun travail ».

  • « Breitbart le roi du mauvais goût », c’est le titre d’un article du Kiosque de New York paru sur Rue89 (disponible aujourd’hui sur L’Obs) en avril 2014 lors de l’ouverture de leurs bureaux en Californie. Il va falloir se donner un peu plus de mal s’ils ont l’ambition de devenir aussi grand public que leur nemesis du New York Times: Hier le site alt-right proposait sur sa page d’accueil une publicité pour leur t-shirt « Border Wall Construction Co. » en référence à la construction du mur entre le Mexique et les Etats-Unis, présenté sur un fil barbelé tenu par deux pinces à linge. 
  • Kellyanne Conway, La conseillère de Donald Trump, et poil-à-gratter de la presse, critique dans une interview au Washington Post le mouvement féministe qui serait l’otage des pro-avortements et d’un sexisme anti-hommes.

    Je me considère post-féministe. Je me considère comme l’une de ces femmes qui est un produit de ses propres choix et pas une victime de ses circonstances.

    Mme Conway a créé une entreprise de sondages en 1995, The Rolling Company/WomanTrend qui fournit aux candidats et compagnies, « des études et analyses sur les problèmes et aspirations des femmes ».
    C’est LA première manager de campagne à gagner une élection présidentielle.

  • Près de 1 500 journalistes américains nationaux et locaux ont adhéré à Slack,  une chaîne créée par le site MudRock, où ils peuvent partager leurs recherches, idées, questions et résultats sur la nouvelle administration et Donald Trump. Le site les aide également à déposer des requêtes liées à la Freedom Of Information Act – une loi qui oblige les agences fédérales à transmettre leurs documents, à quiconque en fait la demande, quelle que soit sa nationalité.
    Un autre exemple prometteur de collaboration entre journalistes après l’appel lancé par le Guardian mardi et l’initiative de l’ensemble des stations de la radio publique NPR de travailler ensemble sur les questions de gouvernement.
  • Une manifestation, la « Tax March », est prévue le 15 avril prochain à New York, veille de la date limite du payement des impôts aux Etats-Unis, pour demander au président Donald Trump, qui a reconnu ne payer que très peu impôts depuis des années (parce qu’il est « intelligent »), de les rendre public. Contrairement à ses propos, 74% des Américains voudraient savoir si lui aussi participe à l’effort financier et citoyen du pays. 
    La démarche à sa page Facebook, Twitter et son site internet
  • The Guardian a sélectionné cinq articles écrits par des journalistes ou commentateurs conservateurs sur le président Trump, qui valent le détour.* « President Trump, Be wary of the Mexican Backlash » by José Cardenas dans The National Review
    * « Trump New Culture War » de Richard Lowry dans The National Review, auquel nous avons consacré un article mardi ICI
    * « Trump inaugural Address » de Daniel Larison dans The American Conservative
    * « Maybe Trump isn’t Lying » de Jennifer rubin dans le Washington Post
    * « Trump should Shun the Iran Hawks » de Scott McConnell dans The National Interest

Le kiosque du jeudi 19 janvier 2017

L’investiture: mode d’emploi

On sera obligé de regarder l’investiture de Trump demain matin à Washington, mais des millions d’Américains sont appelés à éteindre la télé et faire autre chose lorsque le 45ème improprable président des Etats-Unis devra prêter serment sur la Bible utilisée par Abraham Lincoln et Barack Obama devant le chef de la Cour Suprême des Etats-Unis, John Roberts.
Comme on le rapportait cette semaine, ce sera l’une des plus petites cérémonies d’investiture de ces dernières décennies, à Washington et dans le reste du pays. Donald Trump est en effet le nouveau président le moins populaire de l’histoire moderne des Etats-Unis.

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A moins que …

Branle-bas de combat chez Breitbart, ennemi juré CNN, accusé de propager des  fake news par le président-élu: L’un des présentateurs de la chaîne d’informations, Wolf Blitzer, a évoqué les conséquences d’un éventuel assassinat de Trump et son Vice-président le jour de l’inauguration qui obligerait le « survivant désigné », le secrétaire d’Etat actuel, John Kerry, à prendre la relève.

Alors qu’une grande partie du pays s’impatiente des différents évènements à venir et du discours d’investiture du nouveau président, CNN se demande qu’est ce qu’il se passerait s’il était assassiné.

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Betsy DeVos, la martyre des Charter School

Pour The Intercept, la confirmation de Betsy DeVos devant le Sénat pourrait poser problème:

Sa carrière dans le public nous montre que c’est une Chrétienne zélée qui ne croit pas en la séparation de l’église et de l’Etat, qui veut financer les écoles religieuses avec de l’argent public, et dont les fondations ont financé des groupes fanatiques anti-gay.

Interrogée sur les donations faites par Prince Fondation, gérée par sa mère, à des organismes pro-familles et anti-gays, Mme DeVos a menti en affirmant qu’elle ne faisait pas partie du conseil d’administration à cette époque. Or les fiches d’imposition de la fondation prouvent qu’elle en était vice-présidente. Une erreur de frappe comptable a-t-elle affirmé.
Pour The National Review, il s’agit d’une énième chasse aux sorcières envers une chrétienne dévouée critiquée pour ses généreuses donations « motivées par sa foi en dieu ».

Quoi qu’il en soit, ses mensonges qui pourraient l’empêcher d’être confirmée la semaine prochaine à son poste de Secrétaire d’Etat à l’Education.

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Rick Perry n’a pas compris son futur job


On lui a proposé le Secrétariat d’Etat à l’Energie qu’il aurait accepté « pensant devenir  l’ambassadeur américain du gaz et du pétrole qu’il a longtemps défendu dans son Etat » et sachant qu’il avait souhaité l’élimination du Département de l’Energie en 2012 – qui lui a valu le titre de plus « mauvais tuyau de l’année » en couverture de Texas Monthly.

Des propos sur lesquels il est revenu ce matin expliquant qu’après avoir été conseillé sur les nombreuses fonctions vitales que comporte le Département, il regrette avoir souhaité son élimination »
Il semblerait néanmoins que l’ancien gouverneur n’ait pas compris que l’étendue des responsabilités de son poste, notamment la gestion du complexe national de sécurité qui abrite l’arsenal nucléaire. Il a d’ailleurs avoué n’avoir « aucune expérience dans la prise de décision concernant la politique nucléaire. »

« Un coup bas de plus » selon The National Review, qui affirme que les propos du New York Times sont des « fake news » et qu’il n’existe aucune preuve que Rick Perry n’a aucune idée de ses futures fonctions.

Rolling Stone l’a surnommé « la meilleure petite pute du Texas » dans un portrait publié en 2011, lorsqu’il s’est présenté aux primaires républicaines, à cause de sa tendance à gagner de l’argent en vendant les projets, positions et services publics aux plus offrants lorsqu’il était gouverneur.

On pensait que Bush était la pire chose que le Texas offre à l’Amérique. Mais si Rick Perry remporte la Maison Blanche, on se souviendra bientôt de ce taré de W et sa croisade en Irak comme quelque chose d’agréable.

 

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Interdire les manifestations pacifiques

Selon The Intercept, des parlementaires républicains essayent à travers tout le pays de criminaliser et décourager les manifestations pacifiques comme celles organisées par Black Lives Matter ou les opposants au Dakota Access Pipeline et dans l’anticipation d’un regain de protestations ces quatre prochaines années.
Pratiquement, ça passe par des lois assez absurdes, comme celle proposée dans le Dakota du Nord qui empêche de poursuivre pénalement un motard qui tuerait par accident un manifestant en travers de sa route; une autre proposition de loi dans le Minnesota pourraient condamner ceux qui manifestent sur les autoroutes à des amendes de trois milles dollars et un an de prison. D’autres cas similaires dans l’Etat de Washington, celui du Michigan et d’Iowa inquiètent les associations de défense des Libertés Civiles qui dénoncent « une hostilité publique » à peine cachée « contre Black Lives Matter dans les banlieues blanches et les zones rurales ».

Le Kiosque du lundi 9 janvier

Jared Kushner, confirmé à la Maison Blanche

New York magazine – edition du 9-22 janvier 2017

Selon New York magazine et Mike Allen, ancien journaliste de Politico qui vient de créer son propre réseau d’information, Axios, le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, l’un des artisans de la victoire du 8 novembre, sera nommé conseiller à la Maison Blanche cette semaine. Une position assurée par une batterie d’avocats qui devraient empêcher le président-élu et son administration d’être accusés de népotisme.
Ce jeune entrepreneur, issu d’une famille de milliardaires démocrates (jusqu’à l’année dernière), fait la couverture de l’hebdomadaire new yorkais ce matin avec comme titre, on ne peut plus explicite: « President-in-Law ».
Selon le magazine, Kushner, juif pratiquant, aurait formé avec Steve Bannon, le stratégiste-en-chef de Trump et ancien président de Breitbart News LLC, une alliance solide propice à la « construction intellectuelle du nationalisme façon Trump » et qui serait prête à « bousculer le parti Républicain ».

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Le New York Times appelle au Boycott de Breitbart

Dans un article paru dans le supplément « Sunday Review » du New York Times ce weekend, le quotidien appelle littéralement à la « destruction du « modèle économique » de Breitbart et des fake news« .
Selon l’auteure de l’article, Pagan Kennedy, « l’activisme des consommateurs » et sa forme la plus efficace, le boycott des compagnies qui font de la publicité sur le site, peut aider à couper les financements de Breitbart et réussir à les mettre à genoux.
Un groupe Twitter appelé les « Sleeping Giants » et ses 32 000 abonnés auraient réussi à convaincre quatre cent compagnies dont les publicités apparaissent sur Breitbart, d’arrêter la promotion de leur produits et services sur le site. Le choix des sites sur lesquels les publicités en ligne apparaissent résulte d’une mécanique très floue et nombre d’entreprises ne savent souvent pas qu’elles s’affichent sur des sites « alt-right ».
Dès qu’un membre des « Sleeping Giants » trouve la publicité d’une compagnie dont le message ne correspond pas à ceux « haineux » du site d’infos, une capture d’écran est faite et postée sur le fil d’information Twitter.

Breitbart, qui essaye de se faire plus respectable depuis qu’il a atteint une audience « grand public » grâce à l’élection de Trump, réfute toutes les accusations de « racisme », de « bullying » ou encore de « fake news », et donne désormais des leçons d’éthique à ses confrères.

Donc [le New York Times] a attaqué Breitbart News pour le détruire. On ne pourrait être plus honoré que d’être considéré comme le plus grand ennemi du Times. Mais on espérait quelque chose de plus efficace – et de principe – de la part d’une institution aussi prestigieuse.
Le Times a décidé de prendre le chemin du fascisme, appelant à la destruction de son rival conservateur le plus compétitif, utilise des « fakes news » pour défendre la censure à ses lecteurs de gauche. Un effort aussi bien anti-libéral que futile.

Ce que le Kiosque rapportait sur le site Breitbart en 2014

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Meryl Streep, nouvelle cible des conservateurs

Meryl Street a critiqué hier, sans le nommer, le président-élu et ses supporters devant un parterre de stars réunies aux Golden Globes et des millions de téléspectateurs américains et réussi à agacer les conservateurs qui y ont vu le summum de l’hypocrisie libérale, riche et urbaine californienne incarnée par Hollywood!

Tous dans cette salle appartiennent aux groupes les plus critiques de la société américaine d’aujourd’hui. Pensez-y: Hollywood, les étrangers et la presse.
Hollywood est rempli d’outsiders et d’étrangers, et si on les fout tous dehors, on n’aura plus qu’à regarder le football et les arts martiaux, qui ne sont pas de l’art.

Sonny Bunch du Washington Beacon Free commentait sur Twitter hier soir: « C’est ce pourquoi Trump a été élu » et continué ironiquement « Le GOP devrait juste repasser chaque jour sur toutes les chaînes télé jusqu’aux élections de 2020 sa phrase sur les arts martiaux ».

Pour le New York Post, la cérémonie d’hier était plus « un roast » de Donald Trump; Breitbart a parle de « bashing »  et provoqué la colère de certains lecteurs pour qui Hollywood est synonyme des « gens faux » aux « discours erronés » qui n’ont « aucune valeur » sont « accros à l’alcool et à la drogue ou encore les « agents d’une propagande mondialisée anti-américaine ». Les plus mécontents se sont prêts à boycotter l’industrie du cinéma en guise de protestation.
Plutôt que de jouer la réconciliation avec les « déplorables » intéressés par les arts martiaux et le Football, les Démocrates et les libéraux d’Hollywood ne feraient qu’envenimer le fossé culturel qui sépare les populations urbaines des campagnes et qui a mené tout droit à l’élection surprise de Donald Trump.

Meryl Streep également a évoqué les moqueries de Donald Trump à l’encontre d’un journaliste handicapé, Serge Kovaleski, du New York Times lors d’un meeting de campagne en Caroline du Sud; des propos qui avaient choqué une partie de la population.
L’intéressé avait alors accusé « les médias malhonnêtes » d’avoir mal interprété ses propos, pourtant très explicites et qui avaient rire beaucoup de ses supporters ce soir là, dans la salle.

Donald Trump a réagi ce matin dans une « tweet storm » en la traitant de « sous-fifre » d’Hillary et l’une des actrices les plus « surestimée » d’Hollywood.

 

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Les New York Giants out!

New York Post – Edition du llundi 9 janvier 2017

Les New York Giants ont misérablement échoué contre les Green Bay Packers hier dans le premier tour des playoffs, 13-38, et la polémique est repartie de plus belle en conférence de presse d’après match sur la mauvaise performances des receveurs, et stars de l’équipe, Odell Beckham Jr, Shepard et Victor Cruz, photographiés plus tôt cette semaine en train de faire la fête sur un bateau à Miami.
Une photo des joueurs torse nu sous le soleil floridien à quelques jours du match le plus important de leur carrière, qui doit avoir lieu dans le Wisconsin dans un froid polaire, n’a pas plu à leur quaterback, Eli Manning, qui effectuait sa treizième saison avec les Giants.
C’était la première fois depuis leur dernière victoire au Superbowl en 2011 que les Giants participaient aux playoffs. Une autre occasion ratée et c’est bien dommage.

Sur les prévisions données par Le Kiosque la semaine dernière, seuls les Pittburg Steelers ont réussi à gagner facilement contre les Miami Dolphins et toutes les équipes à domicile on remporté leur match: Houston Texans, Green Bay Packers, et Seahawks de Seattle.

Le Kiosque du mercredi 30 novembre 2016

TRUMPLANDIA

« USA Thank you Tour »

Donald Trump est un champion de la télé réalité qui vient de remporter le programme le plus prestigieux du pays, voire du monde, celui de président des Etats-Unis, et entame donc, comme le font généralement les vainqueurs et finalistes de ce genre d’émission, une tourné triomphale à travers le pays.
« USA Thank You Tour » s’arrêtera uniquement dans les battleground states qui décisifs pour sa victoire: L’Ohio, Arizona, Colorado, Floride, Georgie, Indiana, Iowa, Maine, Michigan, Minnesota, Nevada, New Hampshire, North Carolina, Pennsylvanie, Virginie où seront organisés d’immenses rallies.

Il suffit de s’inscrire en ligne pour y assister et les tickets sont gratuits.
Une tournée de quinze des trente états qu’il a remporté le 8 novembre dernier qui l’emmera sur les routes des Etats-Unis les deux premières semaines de décembre – c’est la première fois qu’un président organise un pareil « ego trip« .
Le quotidien conservateur Washington Times salut le « geste élégant » de Trump

 

Il s’engage – enfin – à laisser la gestion de ses compagnies à ses enfants

Devant les pressions grandissantes de son entourage, de l’opposition et des médias, Trump s’est engagé via Twitter ce matin à céder la gestion de l’ensemble de ses compagnies à ses enfants lors d’une conférence de presse officielle le 15 décembre prochain.
Il a quand même insisté sur le fait qu’aucune loi ne l’obligeait à le faire, mais « il [avait] l’impression que que c’était important, en tant que président, de ne pas avoir de conflits d’intérêts avec ses affaires ».

 

Trop c’est trop pour le New York Times

Mardi, pour la énième fois cette année, le comité de rédaction du New York Times a publié une tribune à la suite des deux tweets incendiaires postés par le futur président ces derniers jours: le premier, dimanche, dans lequel qui accusait des millions de votes illégaux de lui avoir fait perdre le vote populaire – et celui d’hier sur les menaces d’emprisonnement ou de perte de nationalité pour ceux qui brûleraient le drapeau américain.

Quand Donald Trump, la main posée sur la Bible le 20 janvier prochain, jure de préserver et défendre la Constitution des Etats-Unis, nous le peuple avons toutes les raisons de douter qu’il sache de quoi il parle (…)
Certains prendront à la légère les diatribes de Mr Trump sur les médias sociaux (…) Mais nous n’avons pas le luxe de se moquer de quelqu’un d’aussi puissant que Donald Trump (…)
Il tweet, il post, il incite. Il trolle. Il commande une plateforme mondiale et sera bientôt le Commandant en Chef des Etats-Unis: Ce n’est pas normal. Il rabaisse la présidence.

Le quotidien a également publié une liste de toutes les déclarations de Trump qui vont contre la Constitution du pays, le seul rempart aujourd’hui contre les menaces autoritaires du futur président.

Le journaliste Dan Rather a lui aussi eu son mot à dire la-dessus:

« Est que quelqu’un dans l’entourage de Donald Trump pourrait lui prendre son téléphone et lui dire qu’aujourd’hui il a un job plus important à faire?

 

Donald Trump sauve un millier de job dans l’Indiana – selon Trump

Comme on l’expliquait hier, les médias qui soutiennent Trump ne s’embarassent pas de ses dérives autoritaires sur Twitter, il préfèrent se concentrer sur le thème de « Make America Great Again ».
Ce qui est pratique, c’est qu’ils n’ont plus besoin de faire leur job puisque c’est le futur président qui le fait à leur place: ce matin, le New York Post rapporte donc le tweet de Donald Trump qui explique qu’il va annoncer jeudi qu’il a réussi à sauver mille emplois dans l’état d’Indiana, dans lequel Mike Pence est gouverneur, sans apporter plus de détails.

 

Comment se protéger et gagner les mid-terms de 2018?

Le site Mashable offre une liste d’applications et de sites internet pour s’organiser durant les quatre prochaines années:

  • Flippable pour que l’Amérique redevienne démocrate, « à tous les niveaux du gouvernement, fédéral et celui des états »
  • Wall-of-Us pour des actes de résistance concrets contre la future administration
  • Weekly Actions to resist Trump pour participer aux actions hebdomadaires contre Trump
  • Support.fm/Express pour ceux qui veulent donner de l’argent contre Trump
  • Boycott Trump pour ceux qui ne veulent pas donner d’argent à Trump
  • Together List pour ceux qui veulent se porter volontaires – lien indisponible à l’heure où nous écrivons
  • Countable, pour ceux qui veulent contrôler le travail de leurs élus.

Etats-Unis: Le parti démocrate doit-il dépasser le « libéralisme identitaire »?

La stratégie du parti démocrate qui repose traditionnellement sur la défense et la mobilisation des identités (de race, de genre ou de sexe) serait responsable, selon certaines critiques, de la défaite d’Hillary Clinton aux élections présidentielles américaines.
Un appel à dépasser ce « libéralisme identitaire » oppose une fois de plus les Démocrates et les Républicains, alors que Bernie Sanders, qui a fait campagne sur les difficultés économiques du pays des classes moyennes, pourrait bien incarner une nouvelle voie.

Dimanche dernier, Mark Lilla, professeur d’Humanités à Columbia University, a publié une tribune dans le New York Times, intitulée « The End of Identity Liberalism » dans lequel il explique que la politique identitaire (Identity Politics) qui a eu une influence majeure sur les liberals et progressistes américains depuis les années 70, les aurait empêchés de « devenir une force fédératrice capable de gouverner ».

Un thème postélectoral récurrent nous rappelle Matthew Yglesias dans Vox:

Quand le parti démocrate remporte des élections, l’opposition dénonce la « politique identitaire » comme une forme de totalitarisme, tandis que quand ce même parti perd les élections, l’opposition avance que les arguments fondés sur l’identité sont responsables de leur perte.

Les démocrates considèrent depuis des décennies la promotion et la défense des minorités comme un enjeu électoral majeur qui a leur permis de s’attirer la plupart des votes afro-américains,  latinos, LGBT, et féminins lors des dernières élections. « Des principes pédagogiques très louables moralement » selon Lilla qui ont permis aux minorités de s’émanciper mais qui peuvent se révéler « désastreux au fondement des politiques démocratiques actuelles ».

La critique de Clinton a été exploitée par l'équipe de Trump
La critique de Clinton a été exploitée par l’équipe de Trump

L’erreur de Clinton a été de ne pas inclure les classes ouvrières blanches et les groupes religieux comme des minorités à part-entières, qu’elle a contraire stigmatisé en les traitant de « déplorables » – et qui ont répondu en soutenant majoritairement son adversaire.

Mais pour le professeur de Columbia, il ne s’agit pas seulement de la faillite d’une tactique électorale mais d’une vision plus générale de la société, de la tension entre identité individuelle et collective au sein d’une démocratie aussi diversifiée que celle des Etats-Unis.

Mais la fixation sur la diversité dans nos écoles et dans la presse a produit une génération de libéraux et de progressistes narcissiques, inconscients de ce qui se passe en dehors de leur groupe prédéfini et indifférent à la nécessité d’essayer comprendre l’ensemble des Américains quelque soit leur style de vie.

Plutôt que d’intégrer dès le plus jeune âge, à travers l’enseignement et l’éducation, les « concepts de classes, de guerre, d’économie et du bien commun », on apprend « aux enfants à parler de leur identité individuelle avant même d’avoir construit la leur » et quand ils arrivent à l’université, « beaucoup d’entre eux pensent que le discours sur la diversité est plus important que le discours politique ».
Et l’auteur de noter combien cet intérêt pour la diversité dans les campus a déteint sur les médias « libéraux » et sur leur façon d’analyser la société et de réaliser « comment le prisme de l’identité a transformé le traitement de l’information ».

Ce qui nous amène à la politique et à l’échec que vient d’essuyer le « libéralisme identitaire » après la défaite de Hillary Clinton. « Les politiques nationales dans les périodes pérennes ne s’appuient pas sur les différences entre les individus mais sur leurs points communs » et sur l’idée de programmes qui bénéficient à tous, comme l’a défendu avec succès Bill Clinton dans les années 90 et Ronald Reagan, dix ans plus tôt, à l’origine du slogan « Make American Great Again ».

Depuis leur défaite, les démocrates ne cessent de stigmatiser les « angry white male » en accusant Donald Trump d’avoir transformé « des désavantages économiques » en « colère raciste » – la thèse dite du whitelash.
Cette interprétation des résultats électoraux à travers le concept identitaire atteint ici ses limites, et comprendre le malaise d’une frange de la société en utilisant le concept économique et sociologique de classes pourrait être bien plus constructif.

Le professeur appelle donc à un post-identity liberalism qui

  • Se concentre sur « l’élargissement de la base électorale en attirant les Américains en tant qu’Américains et s’intéressant aux problèmes qui affectent la majorité d’entre eux »
  • Consiste à former des citoyens « au courant de leur système de gouvernement et des forces et évènements majeurs de leur histoire ».
  • Défend l’idée d’une démocratie qui offre des droits mais qui a aussi des devoirs de rester informé et de voter
  • Une presse libérale post-identitaire qui commencerait à se renseigner sur les parties du pays qui ont été ignorées, et d’essayer d’éduquer les Américains sur les forces majeures qui influencent les monde politique, surtout dans leur dimension historique

Un programme qui ressemble assez à ce que la France enseigne à ses élèves, collégiens et lycéens, et ce qu’une presse, même aujourd’hui limitée, continue d’essayer d’offrir à ses lecteurs – mais l’histoire politique, économique et sociale de la France est très différente de celle des Etats-Unis, et la composition démographique de l’Hexagone encore plus éloignée.

La réponse de Matthew Yglesias aux arguments de Mark Lilla:

La réalité, pourtant, est celle que la politique n’est pas et ne sera jamais un séminaire sur les politiques publiques. Les gens ont des identités, et les gens se mobilisent politiquement autour de ces identités. Il n’y a pas d’autre moyen de faire de la politique que de faire de la politique identitaire

Et par politique identitaire, il entend « atteindre les groupes non-blancs et rien d’autre » et que l’histoire politique et électorale des Etats-Unis a été façonnée par cet appartenance identitaire. Il va plus loin en reprenant les propos de Christopher Achen et Larry Bartels dans leur récent ouvrage Democracy for Realists qui affirment que l’identité est le facteur décisif sur lequel un électeur américain va choisir son candidat, bien avant son charisme, son programme ou son appartenance politique.

Alors que la revue conservatrice The National Review défend le point de vue de Mark Lilla, elle défend également « une voix de la raison » initiée par Bernie Sanders, qui affirmait récemment dans une critique à peine cachée contre le parti démocrate, qu’il fallait aller « au delà de la politique identitaire »:

Ce n’est pas convaincant que quelqu’un dise « je suis une femme, donc votez pour moi ». Non, ce n’est pas assez. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une femme qui a les tripes d’affronter Wall Street, les compagnies d’assurances, les compgnies pharmaceutiques, et l’industrie de l’énergie fossile ».

Selon l’ancien prétendant à la candidature démocrate, il faut équilibrer les arguments économiques et identitaires pour convaincre le maximum d’électeurs et gagner les élections – et notant au passage que le parti démocrate a perdu son aura auprès des classes moyennes et ouvrières qui ont donné la victoire à Trump.

Ce sera le grand enjeu du parti démocrate ces prochaines années.

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Pour continuer la lecture, d’autres articles pour vous éclairer

 

Le Kiosque du mercredi 23 novembre 2016

HAPPY THANKSGIVING … en chiffres

Boston Globe - Edition du 23 novembre 2016
Boston Globe – Edition du 23 novembre 2016

C’est la veille de Thanksgiving, LA plus importante fête de l’année pour les Américains qui prennent généralement la fin de la semaine pour rentrer chez eux dans leurs familles.
48,7 millions d’entre eux se déplaceront à travers le pays à partir de ce soir et jusqu’à dimanche, dont 43,5 millions sur les routes car, rappelons le, le transport routier est très peu cher grâce au prix du gas – en moyenne, 2,16 dollars (2 euros) pour un gallon soit près de 4 litres d’essence.
Près de 45 millions de dindes devraient être vendues pour un total de plus d’un milliard de dollars.
La parade de Thanksgiving organisée par le célèbre department store de New York, Macy’s, aura lieu jeudi matin à Manhattan et devrait rassembler 22 millions de téléspectateurs, un peu moins que les 27 millions qui regarderont le match de Football entre les Chicago Bears et les Green Bay Packers l’après midi.
Enfin 151 millions de consommateurs sont attendus Black Friday qui débute le soir de Thanksgiving qui devrait rapporter près de 10 milliards de dollars aux enseignes tel que Best Buy, Target, Wal-Mart ou encore JC Penney.

Cette année, la fête sera plus amère que les précédentes à la suite des élections présidentielles qui ont élu un président très controversé, donc de nombreux quotidiens offrent des tips pour éviter tout débat houleux qui pourraient gâcher les festivités ou briser des familles à l’instar du Boston Globe ce matin.

 

TRUMPLANDIA

Le scandale de ces « Yellow Journalists »
L’article sur les nouveaux « Yellow Journalists » publié originellement dans le Washington Post, puis en une du Star Ledger hier, n’en finit pas d’être repris dans la presse.
Le récit de ces deux étudiants de 26 ans, qui ont choisi de se faire beaucoup d’argent en créant un site alt-right qui poste des fake news, rumeurs et insinuations pou rapporter des clics et satisfaire une audience qui méprise les médias, les progressistes et les libéraux. Aucun intérêt pour la véracité des histoires relatées si tant est qu’elles sont sensationnelles et ont des titres accrocheurs.
Les deux intéressés, qui supportent Trump, ignorent les conséquences de leurs publications, et affirment que leurs lecteurs ne les prennent pas au sérieux – et quand c’est le cas, ils préfèrent regarder ailleurs.
L’irresponsabilité de ces deux « militants » est tout problématique que leur public qui préfère se nourrir de mensonges ou de fantasmes plutôt que de faire confiance au mainstream média.

Trump désavoue l’alt-right
Les fachos d’extrême-droite américains n’étaient pas très contents que le président les désavouent hier dans son entretien avec le New York Times, et parmi eux Richard Spencer, qui a connu la célébrité ce weekend lorsque des supporters présents au dîner qu’il avait organisé à Washington D.C., ont eu la bonne idée de faire le salut nazi à la fin de son discours.
The Guardian rapporte que de nombreux partisans de l’alt-right exprimaient leur déception vis-à-vis des positions plus modérées du futur président sur le mur à construire, l’emprisonnement d’Hillary sur leurs sites préférés, 4Chan et Reddit.

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Clinton conforte sa victoire dans le vote populaire

C’est difficile à entendre mais ce sont les lois de la politique américaine: La marge de Hillary Clinton sur son adversaire Donald Trump vient de dépasser les deux millions d’électeurs dans le décompte, toujours en cours du vote populaire. Trump grâce a affirmé hier au New York Times qu’il aurait préféré gagner en remportant le vote populaire plutôt que celui des grands électeurs, celui-la même qui twittait en 2012, après la victoire d’Obama contre Romeny que « le Collège électoral [était] un désastre pour [la] démocratie »

La sénatrice démocrate de Californie a introduit une législation la semaine dernière pour tente d’abolir le collège électoral alors que six grands électeurs auraient annoncé voter pour Clinton lors de leur vote qui aura lieu le 19 décembre prochain dans chacun des états.

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Vers un recompte des votes?

Ce qui nous amène à la polémique publiée hier soir dans New York Magazine selon laquelle un groupe de scientifiques et d’avocats aurait détecté des irrégularités dans certains comtés de trois états, le Michigan, le Wisconsin et le Pennsylvanie – les deux derniers remportés par Trump avec une marge de quelques dizaines de milliers de votes, tandis que le premier n’a pas encore annoncé de vainqueur à cause de résultats encore trop serrés.
Ces irrégularités pourraient être une manipulation ou un piratage des résultats – rappelons que Donald Trump a affirmé durant toute la campagne que les élections étaient truquées alors que le président a reconnu l’ingérence du gouvernment russe dans le piratage du Comité National Démocrate cet été.
Ces experts auraient contacté l’équipe de campagne de la candidate jeudi dernier sans qu’aucune démarche n’ait été prise depuis – les dates limites pour demander un nouveau décompte sont vendredi pour le Wisconsin et lundi pour la Pennsylvanie.
Certains médias ont relayé la nouvelle avec excitation mais il est peu probable que Hillary Clinton, qui vient d’être amnistiée par le futur président hier, veuille se relancer dans un tel processus.

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De Blasio défend les New Yorkais

Le maire de New York a promis lundi à ses habitants de les protéger contre toutes les lois fédérales qui iraient à l’encontre de celle de la ville comme l’enregistrement des musulmans, la séparation des familles sans papiers, l’intervention de la police pour séparer ces familles, et s’est engagé à fournir à ces gens les outils légaux pour se défendre.

Les new yorkais feront bloc. Les résultats d’une élection ne changeront pas qui nous sommes. Le responsable d’un seul office ne changera pas qui nous sommes. Une loi qui passe a Washington ne changera pas qui nous sommes. Nous sommes forts 8,5 millions. Et nous ne changerons pas.
Nous resterons toujours New York

 

Les heures sup’ sucrées pour plus de 4 millions d’Américains

L’un des décrets phares du président Obama, censé entrer en vigueur début décembre qui aurait permis à près de quatre millions d’Américains de bénéficier du payment d’heures supplémentaires, vient d’être annulé par un juge fédéral hier.
La loi obligeait les employeurs à indemniser une fois et demi le salaire horaire des employés qui travaillent au delà de 40 heures par semaine et et dont les revenus annuels ne dépassaient pas 47 476 dollars – 45 000 euros par an soit 3,750 euros par mois.
Le juge a donné raison aux entreprises qui « auraient dû » licensier des travailleurs si l’executive order du président avait été mis en place.
Comme le remarque Mother Jones, « c’est la quatrième fois en 21 mois qu’un juge fédéral du Texas délivre une injonction nationale qui bloque un décret présidentiel »