11.11.17

 

1. De nouvelles accusations

 

 

Le Washington Post a révélé jeudi que Roy Moore, le candidat républicain aux prochaines élections sénatoriales d’Alabama, serait sorti avec des adolescentes à la fin des années 70, début des années 80, alors âgé d’une trentaine d’années. Les témoignages de quatre femmes corroborés par plusieurs témoins et une trentaine de sources laissent peu de place au doute.
Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell ainsi que le National Review ont demandé sa démission:

Les allégations contre Roy Moore sont dégueulasses – et si vous n’arrivez pas à admettre cela à cause de votre appartenance politique, vous êtes aussi dégueu – National Review

Ce dernier a démenti toute conduite inappropriée et assuré avoir toujours demandé la permission aux mères des jeunes filles avant de les fréquenter. Gross.
Il refuse d’abandonner sa candidature malgré les pressions du parti républicain, et fort du soutien sans failles de Steve Bannon, il pourrait se maintenir jusqu’aux aux élections, dont il était jusqu’ici le favori, du 12 décembre prochain en Alabama.

 

Le New York Times publiait en une hier  les témoignages de cinq femmes qui accusent le comédien Louis C.K. de harcèlement sexuel, confirmés par l’intéressé dans un communiqué dans l’après midi, qui en a choqué plus d’un.

« Je pense que la ligne rouge a été franchie quand tu te déshabilles et que tu commences à te masturber. J’ai appris plus tard, trop tard, que quand tu as du pouvoir sur une autre personne, leur demander de regarder ta bite n’est pas une question, c’est une situation embarrassante pour elles. Le pouvoir que j’ai eu sur ces femmes est qu’elles m’admiraient. J’ai utilisé ce pouvoir de manière irresponsable (…) J’ai passé ma longue et belle carrière à dire et parler de ce que je voulais. Je vais prendre du recul et prendre beaucoup de temps pour écouter. Merci.

Certes, le comédien admet les faits, l’abus de pouvoir mais il a attendu les révélations d’un quotidien national pour avouer. L’année dernière, interrogé sur les accusations formulées par la comédienne Roseanne Barr à son encontre, Louis C.K., avait changé de sujet au nom de la protection de sa vie privée.

Depuis, Netflix a annulé les deux shows prévus avec l’artiste, tout comme HBO qui devait diffuser une émission spéciale avec le comique ce mois-ci et la compagnie The Orchard qui devait distribuer son film « I love you Daddy » et il fait la une du New York Post ce matin

 

 

2. Une affaire Murdoch?

 

Comme je l’écrivais hier, le Département de Justice américain est prêt à donner son feu vert à la mégafusion de 85,4 milliards de dollars prévue de longue date entre le géant des télécommunications, AT&T et le géant du divertissement et des médias, Time Warner, à la condition, annoncée cette semaine, qu’ils se séparent soit de Turner Broadcasting, propriétaire de CNN, soit de DirecTV, son bouquet satellite, acquis en 2015. Une suggestion refusée catégoriquement hier par le président de AT&T alors que les médias et de nombreux cadres des deux géants sont persuadés que Donald Trump, qui hait la chaîne d’infos, est derrière cette requête du DoJ, le Department of Justice. Vanity Fair

Une autre théorie a émergé vendredi, celle que Rupert Murdoch, un ami du président, soit derrière la tentative de faire vaciller la fusion:

Selon les cadres avec qui j’ai parlé, la théorie est que Murdoch aurait encouragé Trump à saper le deal pour venger l’offre d’achat de 80 milliards de dollars faite par Murdoch à Time Warner en 2014. « Un concurrent direct, qui n’a pas pu nous acheter, serait en train d’influencer un processus juridique? C’est de la corruption sur de la corruption. » affirme un cadre de Time Warner. « On en a déjà assez du président. » Un porte parole de Murdoch a qualifié les allégations de « risibles et complètement fausses ».
Même s’il n’existe aucune preuve, Murdoch a toujours critiqué l’idée de cette fusion et l’idée d’une alliance entre Trump et le patron de Fox News, qui est devenu la chaîne de propagande officielle de l’administration, est bien plausible. Vanity Fair

Si le DoJ s’oppose à la fusion, le président de AT&T, Randall Stephenson, défendra le projet devant les tribunaux.

 

 

3. Cambridge Analytica

 

La société anglaise de communication stratégique, Cambridge Analytica, a contacté Julian Assange au cours de l’été 2016 pour obtenir les emails piratés de Hillary Clinton, au moment même où elle a commencé à travailler pour la campagne de Donald Trump a révèle hier le Wall Street Journal.
Julian Assange aurait refusé et les contacts en seraient restés là.

Les services secrets américains affirment que des hackers russes ont piraté en 2016 le Comité National Démocrate et la boite de messagerie de John Podesta, le directeur de campagne de Hillary Clinton, et ont transmis ces documents à Wikileaks qui les a diffusés à des moments clés de la campagne présidentielle (juste avant la Convention démocrate en juillet puis tout au long du mois d’octobre précédent le scrutin).
Le président de Cambridge Analytica dément toute collusion avec la Russie.
Plus croustillant encore, Cambridge Analytica est détenu en partie par la richissime famille Mercer, généreuse donatrice de la campagne de Trump, qui finance Breitbart depuis 2014, les activités de Steve Bannon et même Milo Yannopoulos. Le patriarche, Robert Mercer, président du fond d’investissement le plus rentable au monde, Renaissance, a du quitter ses fonctions à cause de la mauvaise publicité qu’il reçoit depuis les élections et le statut de « financier de l’alt-right » dont l’ont affublé les médias

 

 

4. « It’s MAGA Day’s »

Steve Bannon a donné jeudi une interview télévisée au New York Times, un an jour pour jour après la victoire historique de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. Une journée qu’il a rebaptisé « MAGA Day » pour Make America Great Again, et qu’il compte célébrer avec la même ferveur que les Français célèbrent Bastille Day.

C’est étonnant de voir Bannon dans les locaux du Times, son ennemi juré juste après … Mitch MCConnell, le chef de la majorité républicaine au Sénat, qu’il veut voir démissionner le plus tôt possible – après le passage de la réforme fiscale, et très certainement avant les élections de mi-mandat en 2018.

Selon lui, la résurgence du « nationalisme blanc » est un non-sens, une fabrication de la gauche, « du New York Times et MSNBC » et n’a rien à voir avec la rhétorique parfois outrancière du président, « la personne la moins raciste qu’il connaisse ».

 

 

5. Un empire en danger?

 

 

La nouvelle couverture de The Economist est pour le moins explicite: Un tour présidentiel de l’Asie ne peut occulter le fait que l’Amérique s’est repliée sur elle même, s’affaiblit elle et le reste du monde. »

Jusqu’ici, la politique étrangère du président a été moins pire que promis (…) Le séjour de douze jours du président en Asie montre que le président américain n’est pas totalement désengagé du monde. (…) Ses instincts sont atroces. Il pense ne rien avoir à apprendre de l’histoire. Il aime les hommes forts comme Poutine ou Xi Jinping. Son affection pour les généraux est aussi fort que son dédain pour les diplomates (…) Mais le pire coup que Trump a infligé est au « soft power » américain. Il méprise l’idée que les Etats-Unis doivent défendre les valeurs universelles que sont la démocratie et les droits de l’homme. Non seulement il admire les dictateurs, mais il salue leur violence, comme les meurtres en séries de suspects aux Philippines. Il ne le fait même pas par diplomatie mais par conviction.

Non ce n’est pas Ronald Reagan

 

07.11.17

 

1. Un problème de santé

 

 

  • Pour le président Trump, l’auteur de la tuerie de Sutherland Springs avait « un très grave problème de santé mentale » qui n’a rien à voir avec les armes: Devin P. Kelley est passé devant une cour martiale pour avoir brisé le crâne de son enfant et tapé sa femme, et a été exclu de l’armée américaine à cause de problèmes de comportement. C’est parce que l’Air Force a oublié d’enregistrer cette condamnation dans son casier judiciaire qu’il a pu légalement se procurer une arme semi-automatique au Texas, avec laquelle il a tué 26 personnes et blessé une vingtaine lors de la messe dominicale.
    Au contraire, si deux riverains n’étaient pas intervenus avec leurs propres armes pour arrêter le suspect, « ça aurait pu être pire ». – NBC News

 

 

 

  • Comme à chaque nouvelle tuerie et pour insister sur l’absurdité de la réponse des politiques au problème de la violence des armes à feu, The Onion a publié le même article intitulé « La seule nation où cela arrive régulièrement affirme n’avoir aucun moyen de prévenir cela ».

 

  • Coup de bol: Stephen Willeford, qui a confronté, pourchassé et fini par neutraliser le tueur, travaille pour la NRA et est devenu en quelques heures le bon samaritain du pays et le meilleur argument de l’Association et des médias de droite pour discréditer les attaques de la gauche contre le Second Amendement. RedState

 

  • « Face au mal, la prière est la réponse la plus efficace et rationnelle » nous explique David French, chroniqueur de la conservatrice National Review. « S’il y a une chose qui ressort clairement de la vague des massacres aux Etats-Unis, c’est que nous avons besoin de Dieu pour avancer ».

 

 

2. Jour d’élections

 

  • C’est « Election Day » dans plusieurs Etats américains, dont celle des gouverneurs de Virginie et du New Jersey. Les enjeux sont particulièrement importants en Virginie où le suppléant du gouverneur démocrate sortant, Ralph Northam, est au coude à coude avec Ed Gillespie, un membre de l’establishment américain qui a adopté la rhétorique sécuritaire de Trump et qui pourrait bien crée la surprise avec le soutien du président.
    Une victoire à l’arrachée de Gillespie pourrait pousser d’autres candidats républicains à se ranger derrière le président et « America First ».
    Dans le New Jersey, le départ du gouverneur républicain Chris Christie, le plus détesté de l’histoire de l’Etat, pourrait désavantager le candidat de son parti, Kim Guadagno opposé à Phil Murphy, en tête des sondages.

 

  • Les autres élections doivent élire les maires de New York – la réélection de de Blasio est quasi-certaine – de Atlanta, Boston, Minneapolis, la Nouvelle Orleans, Pittsburgh, Seattle et Charlotte en Caroline du Nord – des villes qui sont toutes démocrates et qui devraient le rester

 

 

3. Le 8 novembre 2016 de l’intérieur

 

 

  • Un MUST READ – âmes sensibles s’abstenir – de Esquire sur la journée du 8 novembre 2016 racontée heure par heure par des personnalités du monde politique et médiatique (Tim Kaine, Steve Bannon, Maggie Haberman, Roger Stone) mais aussi des anonymes des deux bords.

 

  • C’est la victoire de Trump en Floride qui a fait basculer la soirée électorale en faveur de Trump et brisé tout le scénario élaboré par les médias et journalistes sur une large victoire de Clinton.
    Le seul à avoir toujours cru à la victoire de Trump, c’est Steve Bannon, qui n’aurait jamais douté de son candidat même après le scandale de la vidéo d’Access Hollywood. Maggie Haberman, qui intervenait hier soir à The Wing dans le cadre d’une discussion autour de la présidence de Trump a confirmé que personne dans le clan Trump ne s’attendait à une victoire.
  • Pas seulement dans le camp républicain: Les journalistes et rédactions, entre effroi, surprise et inquiétude, ont du revoir leur une et réécrire leurs éditos préparés depuis longue date censés  célébrer la première femme présidente.* « The Untold Stories of Election Day 2016. » Esquire

 

 

 

4. Les médias et Trump: Y’a encore du boulot

  • Les médias, journalistes et autres experts de la politique ont été vivement critiqués l’année dernière pour avoir donné Clinton gagnante et ignoré tous les « déplorables » qui ont choisi Trump pour président. Un an après, Margaret Sullivan, la chroniqueuse médias du Washington Post, dresse un bilan en demi-teinte du travail des journalistes, qui avaient pourtant promis de ne refaire les mêmes erreurs.

    Depuis les dernières élections, les médias nationaux se sont félicités d’un nouvel âge d’or de la responsabilité journalistique. Et ce n’est pas faux. Les scoops n’ont pas cessé, les recherches ont été intenses, et les résultats importants. Mais de l’autre côté, la presse est un peu passé à côté de la réalité. Trop souvent elle a succombé au chaos du président Trump, à ses mensonges, à ses menaces et à ses distractions quotidiennes.

    Au bout du compte, c’est Trump qui décide de ce que les médias parleront, « toute la journée et tous les jours, un flot constant de tweets hyperboliques, d’insultes, de simplifications et de vantardise ».
    Les journalistes restent obsédés par les faits et gestes du président et moins sur la politique de l’administration et de Washington qui, discrètement mais sûrement, est en train de changer le visage du pays.
    Comme le note Jay Rosen, un professeur de NYU, « Si on ne peux pas faire confiance à ce que dit le président, rapporter tout ce que dit le président est absurde ». Pourtant c’est ce que les médias continuent de faire chaque jour.

    * « Trump message of mistrust is sinking in, even in journalism’s new ‘golden age »The Washington Post

 

 

 

5. « Promethea Libre »

 

  • C’est l’histoire d’une jeune enfant extrêmement précoce qui a grandi dans la pauvreté, protégée par l’amour et l’attention d’une mère dévouée à l’avenir et au bien être de sa fille. Très isolée socialement, Jasmine est repérée lorsqu’elle participe à une émission consacrée aux petits génies et commence un programme universitaire qu’elle achève à l’âge de 13 ans à l’Université d’Etat du Montana, où elle va accumuler les diplômes sous un nouveau nom: Promethea Olympia Kyrene Pythaitha.

 

  • La jeune fille n’a jamais cherché l’attention, ni la célébrité – elle a refusé d’entrer dans les plus prestigieuses universités du pays – mais fascine beaucoup de gens, notamment dans la communauté grecque qui l’aide financièrement, à travers des dons, à poursuivre ses études. L’un d’entre eux, un retraité d’origine grecque septuagénaire va développer une obsession pour la jeune fille …
  • Une histoire dramatique, inspirante et humaine qui se termine par une rencontre entre le journaliste et Prométhea après un épisode dramatique.* « Prométhée Unbound »The Atavist

 

 

6. Harvey Weinstein, la suite

 

  • Le New Yorker publie cette semaine la deuxième partie de la longue et excellente enquête de Ronan Farrow sur l’armée d’espions engagée par Weinstein pour museler et intimider ses victimes.

    Au cours de l’été 2016, Harvey Weinstein a voulu mettre fin aux allégations de harcèlement et d’agressions sexuelles dont il faisait l’objet de la part de plusieurs femmes. Il a commencé à engager des agences spécialisées dans la sécurité privée pour collecter des informations sur les femmes et les journalistes susceptibles de dévoiler les accusations. (…) L’objectif des enquêtes, écrit noir sur blanc dans le contrat avec [l’une d’entre elles] Black Cube, signé en juillet, était d’empêcher le New Yorker et le New York Times de publier ces accusations contre Weinstein.

  • Deux enquêteurs utilisant une fausse identité [l’un d’entre eux s’est même fait passer un militant des droits des femmes] auraient rencontré Rose McGowan, l’une des victimes, pour lui soutirer des informations.* « Harvey Weinstein’s Army of Spies »The New Yorker

 

  • Weinstein était conscient de la gravité de ses actes et des menaces qui pesaient sur lui et a utilisé une fois de plus son pouvoir et son argent pour intimider ses victimes. Il est sous le coup d’une enquête de la police de New York et pourrait bien terminer en prison, ce qu’il mérite.

 

 

7. On vit une époque formidable

 

  • Donna Brazile, présidente par intérim du Comité National Démocrate entre juillet 2016 et février 2017 a sorti un livre « Hacks » dans lequel elle affirme que Clinton aurait influencé le parti lors des Primaires démocrates grâce à l’argent récolté lors des collectes de fond de la candidate, contre ses adversaires, Elizabeth Warren et Bernie Sanders. Mais il n’existe aucune preuve de trucage comme beaucoup de médias de droite et le président l’ont avancé.

 

  • « Paradise Papers »: Robert Mercer, le milliardaire américain financier de l’alt-right (Steve Bannon, Breitbart, Milo Yiannopoulos), devenu en quelques années l’une des personnalités les plus influentes de la droite conservatrice « a construit une caisse occulte de 60 millions de dollars pour servir la cause conservatrice dans la fondation familiale en utilisant un investissement offshore pour échapper au fisc américain ». The Guardian

 

 

8. A Voir

 

  • « Inside the Paradise Papers Investigation ». « Vice News Tonight » a suivi pendant un an le travail des reporters du Guardian, du New York Times et du Süddeutsche Zeitung, sur les « Paradise Papers », en référence au bureau d’avocat situé dans les Bermudes d’où parviennent ces fuites.
    13,4 millions de documents détaillant les activités offshore des personnalités et entreprises les plus riches du monde » ont été diffusés par le Consortium international pour le journalisme d’investigation, basé à Washington, qui avait déjà travaillé sur les « Panama Papers » et qui les a reçu du Süddeutsche Zeitung.
    380 journalistes sur six continents différents ont collaboré sur ce projet. 
    Tout ce qu’il faut savoir dessus sur CNN

 

  • « Rolling Stone. A Story from the edge. » A l’occasion des cinquante ans du magazine, qui vient d’être vendu, HBO à consacré un documentaire en deux parties sur son histoire et son impact sur la culture – et contre-culture – américaine

 

 

 

9. Couverture du Jour

 

 

  • La dernière couverture du New Yorker, réalisée par Jenny Kroik, est un hommage aux bookstores de New York City, et le plus fameux d’entre, Strand, situé Downtown Manhattan.

05.11.17

 

1. LES PRIERES N’Y FERONT RIEN

 

 

  • Devin Patrick Kelley, ancien soldat exclu de l’armée américaine après une condamnation pour violences domestiques, féru d’armes à feu, a tué, dans une église baptiste de Sutherland Springs, une communauté de quatre cent habitants de la banlieue de San Antonio au Texas, 26 personnes, âgées de 5 à 72 ans, et blessé une vingtaine d’autres avec une arme automatique avant d’être abattu par des voisins armés. New York Post.
    C’est la pire tuerie que le Texas ait connu, un mois seulement après celle de Las Vegas, la « pire des pires » qui avait 59 morts. Deux des pires tueries de l’histoire moderne américaine ont eu lieu ces 35 derniers jours. CNN

 

 

  • Comme d’habitude, on a eu le droit aux pensées et « prières » des politiciens américains, qui n’oseront jamais dénoncé le problème du contrôle des armes à feu – et dans le cas de Mr. Kelley, être capable de se procurer une arme avec un casier judiciaire pareil – sous la pression de la puissante National Rifle Association, elle-même financée par les fabricants d’armes. Le gouverneur du Texas, Greg Abbott implorait ce soir « l’aide, la direction et la guérison de dieu pour tous ceux qui souffrent »The New York Times
    Le meurtrier avait posté la semaine dernière sur Twitter une photo de son arme semi-automatique avec la mention « Bad bitch ».
  • Aucune idée encore des intentions du meurtrier qui a décimé 4% de la population de cette petite communauté très soudée.

 

2. La Réforme fiscale

 

 

  • The Tax Cuts and Jobs Act, c’est le nom de la réforme fiscale proposée par les parlementaires républicains jeudi avec pour slogan: « Plus d’emplois, des impôts plus justes et des salaires plus élevés. »
    Sans officiellement la soutenir, Trump y est favorable. Pour ceux que cela intéresse, Politico explique les grandes lignes de cette loi qui doit absolument passer pour la majorité après la débâcle de la réforme de la santé

 

 

 

3. GILLESPIE V. NORTHAM

 

  • Mardi aura lieu en Virginie l’élection très serrée du prochain gouverneur de l’Etat qui oppose le démocrate Ralph Northam au républicain Ed Gillespie. Les enjeux sont importants car l’Etat est voisin de D.C., la capitale du pays, car la Virginie a joué un rôle clé dans l’élection de Donald Trump aux dernières élections présidentielles, et que le favori, Northam, s’est fait rattrapé dans les sondages ces dernières semaines.

 

  • Quant au candidat républicain, Ed Gillespie, il représente l’évolution du parti républicain depuis l’élection de Trump: Ancien conseiller de George W. Bush, il représentait l’establishment républicain avant d’embrasser la rhétorique anti-immigration et America First de Donald Trump.

 

 

3. CLINTON ENCORE ET TOUJOURS

 

  • L’anniversaire du drame des élections présidentielles 2016 approche, et Hillary Clinton, l’impossible perdante continue de faire les gros titres et d’occuper la vie politique pour toutes les mauvaises raisons: D’abord sa « tournée des regrets et du ressentiments » puis le bouquin « What Happened » début septembre, le dossier Steele, financé en partie par le Comité National Démocrate (DNC) durant la campagne présidentielle pour récolter des informations incriminantes sur Donald Trump et dernière pierre à l’édifice: le livre de Donna Bazile, « Hacks », présidente par interim du DNC, qui accuse Clinton d’avoir pris en otage le parti pour s’approprier la nomination aux dépens de Bernie Sanders et Elizabeth Warren.

 

  • A part déstabiliser le camp démocrate et donner des arguments à Donald Trump pour que le Département de Justice enquête sur la « corruption » des primaires démocrates, on ne voit pas trop l’intérêt de ce témoignage. Si les Démocrates veulent remporter la Chambre des Représentants ou le Sénat l’année, c’est « en regardant vers l’avant et non pas vers l’arrière ».

 

 

 

4. HB 1523

  • Le Mississippi, l’un des Etats les plus pauvres du pays, est aussi devenu l’un des plus intolérants depuis la mise en place début octobre de la « House Bill 1523 » – une loi votée par le Parlement (« House ») – qui au nom de la liberté de religion autorise les commerçants à discriminer leurs clients sur des critères sexuels, interdisant à ces derniers tous recours juridiques.
    La législation protège trois croyances spécifiques complètement réactionnaires: Le mariage ne peut être qu’hétérosexuel, les genres ne peuvent être modifiés ou le sexe avant le mariage est immoral.

    C’est plus qu’une autorisation de discriminer, c’est une invitation spécifique à faire cela

  • Contrairement à l’Indiana, où une loi similaire avait provoqué un émoi national et obligé Mike Pence, alors gouverneur de l’Etat à la retirer, ou la « bathroom bill » de Caroline du Nord qui a été annulée après le boycott très coûteux des championnats sportifs universitaires et nationaux, la HB1523 du Mississippi, même relayée les grands médias du pays, n’a pas suscité davantage de débats et est retombeé dans l’oubli.
    La raison:

    Le Mississippi est le parfait exemple de la façon dont les forces anti-LGBT de la Droite Religieuse contrôlent un Etat et essayent de débarrasser la communauté Queer de la vie publique – alors que toute l’attention est sur D.C.

    * « The Muted Fight Against HB 1523, the Most Anti-LGBT Law in America »Daily Beast

 

 

 

6. Oooops

  • Twitter voulait que RT – le réseau d’information officiel russe – dépense beaucoup d’argent durant les élections présidentielles américaines et lui a offert 15% de son inventaire publicitaire sur la campagne en échange de 3 millions de dollars. RT a décliné l’offre – Buzzfeed News

 

  • Décidément une sale semaine pour les médias de la Big Apple: Teen Vogue​, le mensuel féminin engagé destinées aux adolescentes américaines va cesser de paraître et continuera exclusivement en ligne.  – WWD

 

  • Rien ne va plus au Wall Street Journal: l’institution new yorkaise rachetée par Murdoch en 2007, « qui a toujours eu sa place dans l’éco-système conservateur » a demandé la semaine dernière à la démission du procureur indépendant Robert Mueller et encouragé le président à pardonner tous ceux qui seraient inculpés dans son enquête, y compris lui, le président – un choix éditorial surprenant, même si le comité agit indépendamment de la rédaction, qui a choqué beaucoup de journalistes. On parle de guerre civile à l’intérieur du quotidien qui rejoint de plus en plus les positions de Fox News et du New York Post en soutenant Trump contre la justice. The Hive/Vanity Fair

 

  • Selon Pew Research, un quart des adultes utiliserait plusieurs médias sociaux LinkedIn, Instagram, Snapchat et WhatsApp) pour s’informer – ils n’étaient que 15% en 2013 – alors 45% utilisent uniquement Facebook à cet effet.

 

  • Robert Mercer, le richissime investisseur qui finance Breitbart, Milo Yiannopoulos, devenu l’un des plus puissants donateurs de la droite américaine, a annoncé qu’il quittait son poste de co-directeur de Renaissance, un fond d’investissement de 45 milliards de dollars à partir de janvier prochain et décidé de se distancer de Steve Bannon dans une déclaration officielle. Axios
    La famille Mercer a été l’objet de nombreuses enquêtes dans les médias depuis la victoire de Trump, notamment ce portrait du New Yorker

 

le kiosque du 15.05.17: Twin Falls assiégée par les fake news; les ennuis de Johnny Depp; Kellyanne déteste son job; SNL; Le Brexit influencé par un proche de Trump?

 

La revue de presse de ce lundi 15 mai 2017

1. Les Républicains en ont ras-le-bol de Trump
2. Kellyanne Conway déteste son job
3. Une ville assiégée par les « fake news »
4. Le Brexit influencé par un proche de Trump
5. Johnny Depp, la dernière chance?
6. Le reste de l’actualité

 

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1. Les Républicains en ont ras-le-bol de Trump

  • « L’absence d’amour, de peur et de nécessité »: ce sont les mots utilisés par Mike Allen (Axios) ce matin en ouverture de sa newsletter pour décrire le sentiment des Républicains face au président: « En presque quatre mois, Trump a été incapable de prendre l’ascension sur son propre parti, surtout au Sénat et dans une moindre mesure à la Chambre des Républicains ».
     

    • Les sénateurs républicains n’ont pas besoin de lui, ils travaillent sur la réforme de l’assurance santé et veulent poursuivre leur enquête sur l’ingérence russe dans les élections.
    • La plupart des Républicains ne l’aiment pas: « Ils le tolèrent et votent en sa faveur parce que Trump soutient les idées du parti républicain. Mais la plupart pense qu’il est en train de tout faire sauter »
    • Personne n’a peur de lui: « Il n’y a pas si longtemps, les Républicains s’inquiétaient des tweets de Trump. Ce n’est plus le cas. Et les Démocrates ne craignent certainement pas un président qui est critiqué par la plupart des Américains. »

 

***

 

 

2. Kellyanne Conway déteste son job

  • Les deux animateurs de l’émission politique « Morning Joe », diffusée quotidiennement sur MSNBC, ont affirmé ce matin que la conseillère du président, Kellyanne Conway, critiquée pour défendre coûte que coûte son boss, quitte à répandre des fake news (« Bowling Green massacre) ou justifier des « faits alternatifs », déteste son travail qu’elle n’a accepté que pour l’argent et aurait même mentionné une fois « vouloir prendre une douche » après avoir parlé de Donald Trump tellement elle méprisait Donald Trump.
    Avant de travailler pour le candidate républicain, Mme Conway travaillait pour le sénateur Ted Cruz qui a abandonné sa campagne en mai 2016.

     

     
  • Mika Brzezinski a affirmé en février qu’elle n’accepterait plus Mme Conway dans son émission étant donné ses mensonges répétés et son ignorance de ce qui se passe à la Maison Blanche.
    Elle a réaffirmé sa position la semaine dernière en accusant CNN de faire du « porno politique » après invité à deux reprises Kellyanne Conway pour commenter le renvoi du directeur du FBI, James Comey

 

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3. Une ville assiégée par les « fake news »

  • L’intox est tellement grosse et ses répercussions inquiétantes qu’elle fait la une du Los Angeles Times ce matin: Alex Jones, animateur hystérique de l’émission « InfoWars », supporter de Donald Trump, obnubilé par les théories du complot affirme depuis plusieurs mois que la ville de Twin Falls, dans l’Idaho, au Nord Ouest du pays « serait infiltrée par des terroristes musulmans qui répandent des maladies et commettent des crimes violents ».
  •  

  • Les commérages anti-immigrés ont commencé l’été dernier, en pleines élections présidentielles, lorsqu’un petite fille a été agressée par trois garçons un peu plus âgés appartenant à des familles réfugiées: L’affaire a été envenimée par l’extrême droite locale qui y rajouté la Syrie, un couteau, un viol et des actes de barbarie, etc … si bien que les autorités et la police ont dû intervenir pour rétablir les faits (une  sexuelle reconnue par les auteurs) et souligné au passage que les communautés immigrées étaient rarement associées à des activités criminelles.
  •  

  • Breitbart et InfoWars ont pourtant continué à propagé la peur en dénonçant la compagnie de yaourt Chobani, l’une des plus importantes usines de la région, qui s’est engagé à faire travailler les populations immigrées avec des titres comme « Le Yaourtier d’Idaho embauche des immigrés violeurs ».
  •  

  • Twin Falls, 50 000 habitants serait « un modèle d’accueil et d’intégration des réfugiés dans la communauté car elle fait cela depuis tellement longtemps et sa taille rend la transition plus facile pour les réfugiés et la communauté » affirme la directrice du programme de réfugiés du College of Southern Idaho. La ville accueille entre 150 et 300 réfugiés chaque année.
     
    Chobani a porté plainte en diffamation contre InfoWars fin avril.
  • « Idaho town besiged bu refugees? No, Fake News » – The Los Angeles Times

 

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4. Le Brexit influencé par un proche de Trump


 

  • Le milliardaire américain Robert Mercer, actuel co-directeur de la Hedge Fund la plus rentable au monde, Renaissance Technologies (Voir « La fabrique de milliardaires » du 03.03.17) et l’un des plus importants donateurs de la campagne de Donald Trump a menacé de poursuivre en justice The Guardian après la diffusion d’un article ce weekend évoquant son implication dans la campagne anglaise en faveur du Brexit l’année dernière.
  •  

  • Loi électorale anglaise impose le principe d’équité entre les partis dont l’élément clé est le contrôle des dépenses de la campagne: les différentes campagnes ne peuvent fonctionner ensemble à moins qu’elles déclarent conjointement leurs dépenses. Une transparence qui est censée empêcher un parti d’acheter une élection.
  •  

  • The Guardian a mis la main sur un document confidentiel qui lie les deux campagnes du « Leave », celle menée par Nigel Farage et le parti indépendant (UKIP), « Leave.EU » et celle de Boris Johnson, « Vote Leave », l’ancien maire de Londres, pourtant ennemis jurés.
    Ce lien existe entre deux sociétés d’analyse de données, AggregateIQ (basée au Canada) et Cambridge Analytica (compagnie américaine basée à Londres) qui ont respectivement travaillé pour « Vote Leave » et « Leave.EU » sous la forme d’un accord « exclusif » et « mondial » et « perpétuel » qui donne à Cambridge Analytica, l’utilisation de toutes les données de AggregateIQ.
  •  

  • Les deux firmes ont des propriétaires différentes mais sont liées légalement entre elles et financées par Robert Mercer et auraient travaillé ensemble lors du référendum sur le Brexit en partageant la même banque de données. 
    En juin dernier, le directeur de Cambridge Analytica était Steve Bannon, et la compagnie a offert ses services au parti indépendant anglais, ce qui pourrait constituer un enfreint à loi britannique qui interdit l’apport de donations étrangères dans les élections du pays.
     
  • * « Follow the data: Does a legal document link Brexit campaigns to US Billionaire? » – The Guardian
    * « Robert mercer: The Big Data Billionaire waging war on mainstream media » – The Guardian

 

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5. Johnny Depp, la dernière chance?

  • Le cinquième et dernier opus de la série « Pirates des Caraïbes », intitulé « Dead Men tell no Tales », qui sortira le 26 mai prochain, durant le très attendu Memorial Day Weekend, l’un des rares weekends de trois jours des Américains, qui marque le début de l’été, est le prochain grand test pour l’acteur Johnny Depp, dont la carrière et la vie personnelle ont été chaotiques ces dernières années.
  • Selon « The Hollywood Reporter », les studios Disney craignent que les problèmes de l’acteur viennent perturber la promotion du film:
     

    • Des finances catastrophiques: la fortune estimée à 650 millions de dollars se serait évaporée ces dernières années à cause des choix peu judicieux de Depp, des dépenses quotidiennes astronomiques, une famille à entretenir et un divorce coûteux, les frais d’avocats ainsi qu’un personnel d’une quarantaine de personnes.
      L’acteur dépenserait près de deux millions de dollars par mois.
    • Une vie personnelle exposée avec des beuveries excessives, un mariage raté, des accusations de violence domestique qui a d’ailleurs compliqué les conditions de tournage.
    • Une bataille juridique avec ses agents/avocats/comptables de la compagnie The Management Group qui lui réclament une commission pour le dernier « Pirates des Caraïbes », refusée par Depp qui les accuse de fraude et mauvaise gestion de son argent: « Une bataille juridique qui pourrait remettre en cause l’une des traditions les plus établies de Hollywood, celle de donner aux avocats un pourcentage des revenues de leur client sans contrat écrit ».
    • Il a viré l’agent de United Talent Artist avec qui il travaillait depuis presque trente ans, Tracey Jacobs, et a signé avec l’agence rivale, CAA, Creative Artist Agency,
      * « Johnny Depp: A Star in Crisis and the Insane Story of his Missing Millions » – The Hollywood Reporter

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6. Le reste de l’actualité

  • Immigration: Le quotidien des agents fédéraux à la frontière mexicaine (« Border patrol), The San Diego Union-Tribune a passé 72 heures avec eux.
  • Sports: Au moins huit joueurs de la grande équipe de football américain des Miami Dolphins de 1972 souffrent de CTE, l’Encéphalopathie Traumatique Chronique, cette maladie neuro-dégénérative causée par les commotions cérébrales répétées subies lors des violents contacts entre joueurs. – Miami Herald 
  • Société: « Mai signifie aux Etats-Unis la saison des « proms ». Cette tradition sacrée des adolescents est une étude de contradictions. Alors que les jeunes semblent de plus en plus politisés et actifs à travers le pays, des millins dépensent toujours des centaines de dollars pour participer à ce qui ressemble à un bal des débutantes » – Quartz

 

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La couverture du Jour

On en a parlé à plusieurs reprises dans le Kiosque: la formidable saison de Saturday Night Live cette année grâce à l’effet Trump, les élections présidentielles et une équipe d’acteurs talentueux et de guest stars extra