06.04.17: A la une des quotidens

 

On vous sélectionne les gros titres, les histoires et perles des quotidiens nationaux et régionaux.

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  • Un peu plus de violence en Floride

    Le jeune Trayvon Martin, 17ans, a été tué en février 2012  par George Zimmerman qui effectuait ce soir là une ronde de surveillance dans le voisinage, l’a pris pour un cambrioleur et l’a tué après l’avoir provoqué.
    Il a été acquitté en plaidant « Stand your Ground », une loi qui autorise un civil à utiliser la force, et si besoin une arme à feu, s’il se sent menacé.

    Curtis Reeves, un ancien policier de 74 ans, a tué Chad Oulson en 2014, dans une salle de cinéma, après que ce dernier ait refusé d’éteindre son téléphone portable, n’a pas réussi à convaincre le juge qu’il agissait en légitime défense et devra comparaître prochainement pour meurtre. 
    La loi que vient de passer l’Etat de Floride devrait faciliter la tache de personnes comme Mr Reeves qui utilisent la loi « Stand your Ground » pour légitimer leur recours à la violence.

    La loi actuelle oblige l’avocat de la défense à prouver la situation de légitime défense pour pouvoir invoquer « Stand Your Ground » et éviter un procès. La nouvelle loi HB245 obligera désormais le procureur à fournir des preuves claires et « évidentes » que l’accusé n’a pas agit en position de légitime défense.

    Pour Andrew Warren, un procureur de Hillsborough:

    La législation proposée change fondamentalement notre système d’instruction qui oblige, pour la première dans l’histoire légale de la Floride, procureurs à réfuter la défense pour ensuite pouvoir instruire une affaire.


    La loi devrait être prochainement être validée par le Sénat

    * « Bill Reverse Stand Burden »Tampa Bay Times

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  • Le mur n’est pas un vrai mur

    « Il est peu probable que nous construirons un mur d’une mer à l’autre [de l’océan Pacifique à l’Atlantique] a affirmé hier le Secrétaire de la Sécurité Intérieur (Homeland Security) devant les sénateurs. Kelly a affirmé que le Département construirait un mur là où c’est nécessaire. »

    * « Kelly Concedes a Full Border Wall Doubtful » – The San Diego UnionTribune

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A la une des quotidiens américains, mardi 28 février 2017

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  • 20 centres communautaires et écoles juives ont été l’objet d’alertes à la bombe dans l’ensemble du pays lundi (New York, Michigan, Virginie, Rhode Island, New Jersey, Pennsylvanie et Caroline du Nord). Depuis le début de l’année, c’est la cinquième vague de menaces contre des établissements juifs selon la Anti-Defamation League qui a recensé plus de 90 alertes à la bombe.
    Deux cimetières ont également été profanés ces dix derniers jours, dans le Missouri et en Pennsylvanie.

    Alertes à la bombe contre des établissements juifs depuis le début de l’année aux Etats-Unis. Los Angeles Times
  • Un juge du comté de Douglas en Géorgie a condamné un couple à de longues peines de prison (vingt ans dont treize fermes pour Jose Torres et treize dont six fermes pour Kayla Norton) pour avoir harcelé, insulté et menacé des Afro-Américains lors d’un virée de deux jours en 2015 et sous l’emprise d’alcool et munis de drapeaux confédérés. Un jugement exemplaire pour un crime raciste perpétré un mois après le massacre de neuf Afro-américains dans une église de Charleston, en Caroline du Sud.
  • Après des mois de sécheresse, certaines régions de l’Etat de Californie placées en alerte rouge ont profité des pluies diluviennes de ces dernières semaines qui ont endommagé le déversoir de l’un des plus grands barrages des Etats-Unis, celui d’Oroville au nord de Sacramento.

     (KCRA via AP)
  • Les Démocrates, majoritaires dans la Chambre Haute et basse de Californie ont déposé une demande d’information (sous le Freedom of Information Act) concernant les raids menés par l’Immigration & Customs Enforcement, y compris les noms et dossiers des personnes détenues. « Immigration battle twist » dans le San Francisco Chronicle.
  • Le Tampa Bay Times publie le dernier volet de sa série en trois épisodes sur les problèmes des armes à feu en Floride et des enfants qui en sont victimes.
    « in Harm’s Way »: 1. « One Child is shot every 17 hours » ; 2. « Curiosity leads to a lifetime of scars » ; 3. « Lawmakers Grapple with Solutions »

Houston Chronicle: « 55 Minutes »

Lors du Memorial Day weekend, en mai dernier, Houston, la première ville du Texas, a été le théâtre d’un mass shooting près d’une station de lave-auto au cours de laquelle 212 balles ont été tirées, tuant une personne et en blessant six.

Le Houston Chronicle consacre un reportage en trois parties à ce fais divers qui a choqué une communauté, qui avait été jusqu’ici épargné par cette forme de violence.

Lorsque les premiers coups de feu ont retenti vers 10 heures 15 du matin, un voisin a immédiatement appelé la police en leur précisant qu’un SWAT team, l’unité d’élite était nécessaire pour contenir le tireur, muni d’un pistolet et d’une mitraillette AR-15. Après redirigé une trentaine de voitures pour leur éviter de croiser les tirs du tueur, il est allé cherche son fusil prêt à en découdre avec le forcené.

A ce moment là, un homme de 56 ans a déjà été tué d’une balle en pleine tête et quatre personnes sont blessées.

A travers les témoignages de plusieurs témoins, dont certains ont essayé d’en découdre directement avec le tueur, équipés de leur propre armes, d’autres qui ont frôlé la mort, se déroule une chronique de la violence quasi-ordinaire qui se déroule quotidiennement aux Etats-Unis.

Après 55 minutes de coups de feu, une équipe du SWAT postée sur un toit a abattu le tireur de 4 balles. Il s’appelait Dionision Garza III, 25 ans, ancien sergent de l’armée, originaire de San Bernardino County – où un massacre sept mois plus tôt a fait 14 morts et 22 blessés. (A lire le reportage du New Yorker dessus)

« Dans les semaines qui mené à la fusillade, Garza est devenu obsédé par une haine du gouvernement et l’idée que le monde arrivait à sa fin. Sa famille pensait qu’il souffrait de troubles de stress post-traumatiques » à la suite de son déploiement en Afghanistan, quelques années plus tôt.

Deux semaines après cette fusillade, c’est Orlando qui a été victime du massacre le plus important de ces dernières décennies, 49 morts dans la boite de nuit du Pulse; au mois de juillet, ce sont cinq officiers de police de Dallas qui sont tombés sous les balles d’un autre forcené. Enfin, au mois septembre, Houston à été touchée à nouveau, avec un bilan de « seulement » neuf blessés: un avocat a tiré au hasard sur des voitures pendant presque vingt minutes avant de se donner la mort.

 

The Baltimore Sun: « Shoot to Kill », la nouvelle épidémie de violence à Baltimore

 

Baltimore Sun Oct.2, 2016
Baltimore Sun Oct.2, 2016

Baltimore, l’une des villes les plus sanglantes du pays

Baltimore, l’une des villes les plus « mortelles » des Etats-Unis, a été marquée ces dernières années par une recrudescence de la violence, notamment par armes à feu: 937 fusillades en 2015 ont entraîné la mort de 300 personnes, le taux de mortalité le plus élevé pour des blessures par balles du pays: 1 victime sur 3 comme la Nouvelle Orléans et Washington, plus que New York (1 victime sur 5) et que Chicago (1 victime sur 6)

Dans une série en trois parties, le Baltimore Sun est revenu sur cette dynamique sanglante qui représente un défi pour les habitants, les quartiers et les autorités de la ville

Baltimore Sun Oct.9, 2016
Baltimore Sun Oct.9, 2016

Quinzell Covington a commencé sa carrière criminelle à la fin des années 90, à l’âge de treize en accompagnant ses « cousins et ses amis », ceux qui l’ont aidé à grandir dans la rue, exécuter un homme.
Ce jour là, il a gagné le respect de ses aînés sans jamais éprouver le moindre remords pour celui qui a perdu la vie ce jour là. « A quinze ans, c’était lui qui tirait » et sa pratique n’a cessé de s’améliorer les douze années suivantes, au cours desquelles, il a appris où viser pour faire le plus de dégâts et où tuer pour éviter d’être vu ou filmé par les caméras de surveillance.

« L’évolution de Covington en un tueur s’inscrit dans une tendance visible un peu partout dans le pays, dans laquelle la violence par armes à feu consiste désormais à tirer pour tuer »

La violence ces dernières années est devenue bien plus mortelle qu’elle ne l’était auparavant avec des meurtres en plein jour, de la « justice expéditive » ou des « contrats » qui ne laissent aucune place a l’erreur, qui serait de laisser des victimes vivantes ou des témoins de la scène.

Ce sont les gangs qui décident aujourd’hui du type de violence à pratiquer dans les rues, et la tendance actuelle n’a plus guère de considération pour la communauté qui l’entoure, et qui en bien souvent victime.

« Si les motifs des tireurs varient, les experts et ceux qui ont été pris dans les échanges de coups de feu ont noté une forme de cruauté dans les rues où les criminels sont équipés d’armes plus sophistiquées qu’ils n’utilisent pas pour intimider leurs ennemis ou les voler.  Ils les utilisent pour éliminer les gens avec plus d’efficacité »

L’une des explications tient aux armes utilisées qui contiennent davantage de munitions, et qui sont bien plus performantes qu’auparavant.

« Les coups de feu à la tête ont été multiplié par cinq en vingt ans; les deux tiers des victimes d’homicides le sont soit d’une balle dans la tête, soit de plusieurs balles ».
« La plupart des victimes se connaissent, anciens amis ou vivent dans le même quartier, et elles sont blessés généralement de très près: Des querelles de quartier deviennent des querelles de familles, et les affaires deviennent alors personnelles, et ne s’arrêtent jamais. Elles sont liées à l’argent, au sexe, à la petite copine, à la fierté ou à un manque de respect quand il ne s’agit pas de trafic de drogue » rapporte l’un des policiers interviewés.

Baltimore Sun Oct.16, 2016
Baltimore Sun Oct.16, 2016

Les jeunes qui ont grandi dans la rue sont accoutumés à la violence et à la mort et peu d’entre eux semblent aujourd’hui redouter.

Daphné Alston, qui a perdu son fils en 2008 et dirige l’association M.O.M.S. à Baltimore explique: « C’est une culture dans laquelle ils vivent. Ce ne sont pas les balles qui se logent dans les revolvers et qui tuent. C’est la pauvreté, l’absence de logements, le manque d’éducation, d’autorité parentale, de transport, de religion qui munissent les armes. Tout ce à quoi ils n’ont pas le droit et c’est pour cette raison qu’ils tirent »

1/3: « Shoot to Kill »
2/3:« Seeking Mercy » sur le quartier de Coldstream Homestead Montebello dit « The Chum », le quartier le plus violent de Baltimore
3/3: « Deadly Odds » s’intéresse aux hôpitaux et personnel médical confrontés aux blessés, qui arrivent chaque jour plus nombreux, dans des conditions toujours plus sérieuses.