15.01.18

 

 

1. Les Quotidiens

A. Martin Luther King Jr Day

Belle une du quotidien de l’Alabama, The Montgomery Advertiser, qui célèbre le Martin Luther King Jr Day, un jour férié ce lundi dans les établissements publics, administrations du pays et certaines entreprises.

 

 

B. OOPS!

C’est la une, dimanche, du premier quotidien de Hawaï, The Star Advertiser, après qu’un employé de l’agence locale de gestion des urgences ait sélectionné « la mauvaise option du menu » et annoncé au million d’habitants de l’île qu’un missile allait les frapper.

 

 

C. Les playoffs

  • Minnesota Vilkings: 29 – New Orleans Saints: 24 

« Ca a bien lieu » fanfare ce matin, Pionner Press, le quotidien des Twin Cities (Minnéapolis et Saint Paul) sur la victoire incroyable des Vikings du Minnesota sur les Saints de la Nouvelle Orleans (« F**ck. F**ck. F**ck. » du Times-Picayune de Louisiane) lors du second tour des playoffs, la phase finale du championnat de football américain, et à la dernière seconde de la rencontre et à domicile s’il vous plait!
La vidéo est ici

 

  • Jacksonville Jaguar: 45 – Pittsburgh Steelers: 42

Dimanche prochain, Les Vikings rencontreront les Philadelphia Eagles pour le titre de champion de la Conference Nationale (NFC) et les Patriots de New England (Boston) rencontreront les Jaguars de Jacksonville, qui ont eu aussi gagné à la dernière minute contre les favoris, les Steelers de Pittsburgh) pour le titre de la Conférence Américaine (AFC).

Les vainqueurs joueront le 52ème Super Bowl le dimanche 4 février à Minneapolis dans le Minnesota. On espère que les Vikings y participeront mais les favoris restent les Patriots de Tom Brady.

 

 

2. »Non je ne suis pas raciste »

 

Non, non je suis pas raciste. Je suis la personne la moins raciste que vous ayez jamais interviewé, je vous assure.

 

C’est la réponse de Trump à un journaliste qui lui posait la question que tout le monde se pose après les propos outranciers de la semaine dernière. The Hill

Pour essayer de minimiser l’incident, deux sénateurs républicains, David Perdue de Géorgie et Tom Cotton d’Arkansas, présents lors du fameux meeting, affirment désormais que le président n’aurait jamais prononcé « shitholes countries » (« pays de merde »), eput-être « shithouse » et que leur collègue démocrate, Dick Durbin, avait menti. CNN

Les autres parlementaires (républicains) et membres de l’administration également présent dans le bureau ovale jeudi après midi ont aujourd’hui tous du mal à se rappeler de la discussion.

Imaginez le degré d’intégrité de certains élus qui aujourd’hui préfèrent mentir et discréditer leur adversaire plutôt que de reconnaître que les faits, les propos outranciers de Donald Trump. Le problème de ce pays aujourd’hui, ce n’est pas seulement le président mais ceux qui le laissent faire, le défendent: la majorité du Parti Républicain. The Daily Beast

* Donald Trump a passé aujourd’hui son 95ème jour, depuis son arrivée à la Maison Blanche, dans l’un des clubs de golfs qui porte son nom.

* Pour un recap des membres de la famille Trump, un an après, cet article intéressant de CNN

 

 

3. Les Mormons aiment Trump

 

C’est un sondage de Gallup publié la semaine dernière sur le taux de satisfaction de Trump auprès d’un millier d’Américains et selon l’appartenance religieuse: Une bonne majorité de Mormons approuvent la première année du président contrairement aux juifs, aux athées et aux musulmans.
Mitt Romney, potentiel candidat au poste de sénateur de l’Utah cette année, qui pourrait se présenter aux élections présidentielles de 2020 et l’un des derniers à critiquer Donald Trump au sein de son parti, est l’une des plus figures les influentes de la communauté mormone.

 

 

4. L’humiliation de Aziz Ansari

 

Ci-dessus la capture d’écran du site Babe, qui a publié ce week-end le récit d’une photographe new yorkaise qui raconte sa [très mauvaise] date avec l’acteur Aziz Ansari, le récit de « la pire nuit de [sa] vie ».

Et la victime nous raconte dans les détails comment Aziz Ansari a essayé de coucher avec elle, ses refus, son insistance, ses refus répétés, les textos du lendemain, bref une expérience malheureuse mais comme il en arrive à des millions d’hommes et de femmes chaque jour.

Sauf qu’aujourd’hui, il n’y a aucun problème à dévoiler les détails scabreux d’une « one night stand » raté entre deux personnes consentantes sous prétexte qu’elle dénonce la domination sexuelle de l’homme et libère la parole des victimes; une dérive « revenge porn » qui dessert l’ensemble du mouvement #MeToo comme le constatent Caitlin Flanagan dans The Atlantic ou encore de Bari Weiss dans le New York Times:

L’exposé sur Aziz Ansari publié ce week-end par le site féministe Babe est la pire chose qui soit arrivé au mouvement #MeToo depuis ses débuts en octobre dernier. Il transforme que ce qui devrait être un mouvement d’émancipation des femmes à un emblème du désarroi féminin.

Le site Deadline [essaye] expliquer que ce témoignage reflète une évolution du mouvement #MeToo, qui a commencé par dénoncer les problèmes de harcèlement sexuel au travail, se tournerait désormais vers le problème du consentement dans les relations « en dehors du travail ».

Lily Lines, le site féministe du Washington Post a relayé l’information sans aucun commentaire comme sans doute la plupart des sites internet qui ciblent les Millenials et ont compris qu’il valait mieux ne pas fâcher la nouvelle génération.

* « The Humiliation of Aziz Ansari » – The Atlantic

 

 

 

5. MeToo au masculin

Le New York Times, qui a révélé début octobre le scandale Weinstein et contribué à l’émergence mondiale d’une campagne de dénonciation des agressions et harcèlement sexuels sur le lieu de travail, a publié dimanche, les témoignages de plusieurs mannequins hommes contre le photographe des stars et de la famille royale d’Angleterre, Mario Testino, et son confrère aussi réputé, Bruce Weber.

Face à ces comportements déplacés, le choix de ces hommes était simple: se laisser faire et remporter des campagnes de pub lucratives ou refuser les approches et risquer de compromettre, voire de ruiner sa carrière. La plupart refusent toujours de parler publiquement.

Les agents des deux photographes démentent les accusations.

* « Male Models say Mario Testino and Bruce Weber sexually exploited them » – The New York Times

 

 

 

6. Chelsea Manning

J’en viens à me demander si la décision de Chelsea Manning de se présenter aux élections sénatoriales du Maryland n’est qu’une provocation pour enrager les Conservateurs: En 2010, l’analyste militaire, Bradley Manning, a transmis à Wikileaks des centaines de milliers de documents classifiés de l’armée américaine sur les guerres d’Afghanistan et d’Irak avant d’être condamné pour espionnage à 35 ans de prison puis d’être pardonnée par Obama.
En prison, il a a subi un changement de sexe, fait plusieurs tentatives de suicide, a été placée à l’isolement, et en est sortie après sept ans, en mai 2017.

La semaine dernière, elle s’est inscrite contre le sénateur démocrate du Maryland, Ben Cardin, qui joue sa réélection en novembre prochain. Ce dernier n’a pas réagit à la nouvelle.
Les primaires républicains et démocrates auront lieu le 26 juin prochain.

Les médias conservateurs se régalent de l’amateurisme assumé de la « traitresse » Chelsea Manning dans son premier spot de campagne « désastreux », diffusé ce week-end – disponible dans la newsletter d’hier.
Ils ont aussi du mal à se remettre du commentaire de Manning posté sur Twitter lors du « Law Enforcement Appreciation Day », la semaine dernière, censé célébrer le travail des forces de l’ordre: « Fuck The Police ».

La chaîne câblée Showtime a prévu la diffusion d’un documentaire sur la vie de Chelsea Manning depuis sa sortie de prison, intitulée « XY Chelsea » et réalisé par Tim Travers Hawkins.  Deadline

 

 

7. Must Reads

  • Super portrait de Tonya Harding, ancienne patineuse artistique, dont le mari avait fomenté une attaque contre sa rivale, Nancy Kerrigan, peu avant les jeux olympiques de Lillehammer en 1994.
    Après la sortie du biopic « I, TONYA​ » avec Margot Robbie, on lui offre enfin la possibilité de donner sa version des faits, et de sa vie, complexes.* « Tonya Harding would like her apology now » –The New York Times 

 

  • L’obsession des suprémacistes blancs de l’alt-right pour les Asiatiques s’explique par la rencontre de deux mythes populaires sur la race:D’abord, l’idée d’une « minorité modèle » qui veut que les Américains d’origine asiatique sont des travailleurs, ont de l’ambition et sont assez bien élevés pour s’assimiler.
    Si les Asiatiques sont la minorité modèle – c’est-à-dire la seule façon de se faire accepter aux Etats-Unis pour les non-blancs – alors les suprémacites blancs pourront commencer à les accepter.

    * « The Alt-right Asian Fetish » – The New York Times

 

 

8. On vit une époque formidable

  • Quatre parlementaires démocrates, Waters (Californie), Rep. John Lewis (Géorgie), Rep. Frederica Wilson (Floride) and Rep. Earl Blumenauer (Oregon) vont boycotter le discours de l’Union du président qui aura lieu au Congrès américain le 30 janvier prochain. Fox NewsToutes les femmes démocrates qui y assisteront ont décidé de porter du noir à l’initiative de la Représentante californienne, Jackie Speier.
  • Un jeune floridien de 20 ans, originaire de Tallahasse a remporté ce week-end la cagnotte de 451 millions de dollars. Il est allé réclamer son dû entouré de son père et d’un avocat.
  • « Le succès mondial mondial de « Fire and Fury » prouve que Trump est humilié sur la scène internationale et pourrait bien annoncer sa chute ».Ce sont les commentaires enjoués du journal nord-coréen concernant le dernier livre de Michael Wolff sur la première année du président américain. ABC News

 

 

9. Couverture du Jour

« In the Hole » by Anthony Russo dans le New Yorker

Le kiosque du 8 janvier 2018

 

Bon lundi à tous!

Une actualité chargé aujourd’hui avec les Golden Globes, les ambitions présidentielles de Oprah, sa référence à Recy Taylor,
Les mesures contre l’immigration légale et illégale de Trump, les « Fake News Awards » et la finale du championnat universitaire de football américain.

Si vous voulez inscrire votre conjoint.e, des membre e votre famille ou amis, c’est ICI

 

 

1. Les Quotidiens

A. Juste pour le plaisir

Le tabloïd new yorkais, contrairement à son rival du New York Post, n’a jamais caché son inimitié pour Donald Trump et la nouvelle Maison Blanche, rebaptisée au lendemain du 8 novembre 2016, « The House of Horrors ».
Alors quand Steve Bannon décide, dans un acte de désespoir à peine caché, de présenter des excuses au fils du président pour l’avoir traité de traitre parce qu’il a essayé d’obtenir des informations incriminantes sur Hillary Clinton pendant la campagne présidentielle, en expliquant que l’accusation était en réalité destinée à Manafort – lui aussi présent lors de ce meeting – naturellement le Daily News s’amuse à remuer le couteau dans la plaie.

Comme l’explique Streiff dans RedState,

« [Steve bannon] n’avait qu’une seule chose à faire à la sortie du livre [‘Fire & Fury’]: Réaffirmer ses propos et devenir la voix de l’insurrection populiste. Au lieu de cela, il s’est répudié. Ca ne fonctionnera avec personne. »

 

 

B. La finale du championnat universitaire de Football américain

C’est l’un des évènements sportifs de l’année, la finale du championnat universitaire de football américain qui oppose ce soir les « Crimson Tide » de l’université d’Alabama aux « Bulldogs » de l’université de Géorgie, dans le stade Mercedes Benz d’Atlanta.
Les 75 000 tickets ont été vendus 2000 dollars en moyenne, un record pour une finale de championnat universitaire.

L’équipe d’Alabama entraînée par Nick Saban sont les favoris pour remporter leur quatrième championnat en huit ans. AL.com

Dommage pour le président qui a décidé d’assister au match à la dernière minute, il n’y aura aucune polémique possible ce soir autour du « Take a Knee » car les deux équipes resteront dans les vestiaires pendant l’hymne national.

 

 

2. Oprah 2020!

J’aime cette analyse du New Yorker sur les 75ème Golden Globes qui ont eu lieu hier soir à Los Angeles; une cérémonie au cours de laquelle tous les invités étaient vêtus de noir à l’initiative de « Time’s Up », cette organisation créée par plusieurs centaines de femmes pour lutter contre les discriminations sexuelles.

« La nuit dernière a été l’occasion d’une prise de pouvoir féministe décisive qui a duré jusqu’à la dernière enveloppe. Les femmes ont collectivement et avec défiance, dominé cette soirée.
Il faut remonter aux rubans rouges de AIDS au milieu des années 90 pour trouver une déclaration politique et vestimentaire presque aussi efficace que les robes et smokings noirs qui ont inondé l’entrée du Beverly Hilton, dont la plupart arboraient un pin’s ‘Time’sUp' ».

 

Parmi les phrases les plus acclamées du discours « présidentiel » de Oprah Winfrey:

Je veux que toutes les filles qui regardent ce soir, sachent qu’un nouveau jour est à l’horizon, et quand ce jour arrivera finalement, ce sera grâce à toutes les femmes merveilleuses, dont beaucoup sont ici ce soir, et aux hommes exceptionnels, qui se seront battus corps et âmes pour devenir les leaders d’une époque où plus personne n’aura à prononcer « Me Too ». 

 

Selon Brian Stelter qui cite deux sources proches de Oprah Winfrey, elle penserait effectivement à se présenter aux élections de 2020 et les médias sociaux semblaient ravie d’une telle initiative.

C’est là qu’il est tout de même important de garder la tête froide, à l’instar Glenn Greenwald qui nous rappelle que certes, Oprah est une grande dame du divertissement, une self-made milliardaire, une libérale amie des puissants dont Barack Obama, mais qui n’a AUCUNE expérience en politique.

Finalement, l’une des grandes réussites de la soirée d’hier? Pour une fois, on n’a quasiment pas entendu parler du président, et ça fait du bien!

* « The 2018 Golden Globes: Oprah Leads a Decisive takeover » – The New Yorker
* « Sources: Oprah Winfrey ‘actively thinking about running for president » – CNN* « Oprah Winfrey for president: Have all gone bonkers? » – The Intercept

 

 

3. Le viol de Recy Taylor

Dans son discours des Golden Globes hier, Oprah Winfrey a cité l’histoire de Recy Taylor, une Afro-Américaine, originaire d’Alabama, violée en 1944, à l’âge de 24 ans, par un groupe de jeunes blancs, en revenant de l’église; des agresseurs qu’elle a dénoncé malgré les menaces, qui ont fini par avouer leur crime sans jamais être inculpés, provoquant à l’époque la colère de la communauté noire …

Et l’intérêt d’une certaine Rosa Park, qui travaillait à l’époque pour la NAACP, l’Association Nationale pour la Promotion des Gens de Couleur, et donné un écho national à ce scandale, obligeant le gouverneur de l’Alabama à relancer l’enquête et convoqué un jury qui a refusé, une nouvelle fois, d’inculper les agresseurs.

Rosa Park rentrera dans l’histoire en 1955 en refusant d’obéir à un chauffeur de bus de Montgomery en Alabama, qui lui demandait de laisser sa place, pourtant réservée aux gens de couleurs, à un blanc car la section des « blancs » était pleine.

Un documentaire sur Recy Taylor, de Nancy Buirsky, encensé par la critique, est sorti à l’automne dernier.
La bande annonce est ici.

* « The Real Story of Recy Taylor who Oprah paid tribute to in Golden Globes Speech a week after her death » – The Daily Mail

 

 

4. Les démocrates seront-ils là pour les « Dreamers »?

Le Congrès américain a deux semaines pour trouver un accord sur le budget pour éviter la suspension des activités gouvernementales fédérales, et les discussions devraient tourner autour du sort des « Dreamers », ces centaines de milliers jeunes immigrés arrivés illégalement aux Etats-Unis lorsqu’ils étaient enfants, et qui bénéficient depuis Obama, d’une autorisation de résidence et de travail temporaire dans le pays.

En septembre dernier, Trump a mis fin au programme des Dreamers et demandé au Congrès de régler légalement leur statut avant début mars, date à laquelle leur visa vont commencer à expirer.

La semaine dernière, le président a demandé au Congrès 18 milliards de dollars sur dix ans pour financer son mur, le projet politique et symbolique le plus significatif de son programme présidentiel, et la condition sine qua non pour un éventuel accord sur les « Dreamers »: C’est le moyen de pression utilisé contre les Démocrates pour les obliger à accepter le financement du mur, qu’ils ont toujours refusé.

* « In next round of budget talks, ‘dreamers’ are set to dominate » – The Washington Post

 

 

5. Quand l’expulsion est une condamnation à mort

Un reportage glaçant du New Yorker cette semaine sur les dangers, parfois mortels, encourus par certains immigrés en situation irrégulière lorsqu’ils sont ramenés dans leur pays d’origine.

Ces dix dernières années, un nombre croissant d’immigrés inquiets pour leur sécurité sont partis vivre aux Etats-Unis puis ont été renvoyés dans leurs pays d’origine – avec l’aide des agents frontaliers, des juges d’immigration, politiciens et électeurs américains – où ils ont trouvé la mort.

Même si les arrestations à la frontière ont chuté, le nombre d’immigrés débarqués aux Etats-Unis parce que leur vie est en danger a augmenté. Selon les Nations Unis, depuis 2008, les demandes d’asile venant d’Amérique Centrale, notamment du Honduras, Guatemala et du Salvador, dominés par les gangs, ont quintuplé. En 2014, selon l’ONU, le Honduras avait le plus important le nombre de meurtres, suivi de près par le Salvador et le Guatemala.

L’administration Trump a annoncé aujourd’hui que 260 000 réfugiés du Salvador, accueillis aux Etats-Unis après les deux tremblements de terre qui ont ravagé leur pays en 2001, devront partir ou légaliser leur statut avant septembre 2009.

Une mesure de plus contre l’immigration après l’annonce en novembre dernier de la suppression du statut de protection temporaire offert aux 50 000 Haïtiens après le tremblement de terre de 2010.

La justification est la même dans les deux cas: Le statut offert aux réfugiés n’a jamais été celui d’une résidence à long terme, et les conditions de vie se sont améliorées dans les deux pays. Axios

* « When Deportation is a Death Sentence » – The New Yorker

 

 

6. Bientôt les « Fake News Awards »

Le « Daily Show » de Comedy Central a pris Trump à la lettre vendredi dernier en publiant une pleine page dans le New York Times faisant référence à l’annonce du président qu’il désignerait ce lundi « LES MEDIAS LES PLUS MALHONNETES ET CORROMPUS ».
Il a finalement décidé de repousser les « Fake News Awards » au mercredi 17 janvier prochain.
On attend avec impatience.

 

7. On vit une époque formidable

  • Viré par Google pour avoir fait circuler un mémo critiquant de la politique de diversité de l’entreprise, James Demore a décidé de contre-attaquer en portant plainte pour « discrimination à l’encontre des employés blancs ». Sérieusement. Buzzfeed

 

  • Le groupe anglais Radiohead a porté plainte pour plagiat contre Lana Del Rey, dont une chanson du dernier opus, « Get Free », serait une copie de leur hit, « Creep ». Les fans de la chanteuse s’en sont pris au groupe de Tom Yorke sur les réseaux sociaux avec le hashtag #RadioheadIsOverPartyBuzzfeed

 

  • Le New Jersey vient de lever l’interdiction de l’ouvrage de Michelle Alexander intitulée « The New Jim Crow. Mass Incarceration in the Age of Colorblindness » dans les deux prisons de l’Etat après que l’ACLU ait dénoncé cette censure auprès du Department of Corrections. The New York Times

 

  • Le président commencerait sa journée bien plus tard qu’auparavant – de onze heures du matin à dix-huit heures le soir – pour pouvoir se consacrer davantage a son « Executive Time », celui passé devant la télé ou au téléphone, entre quatre et huit heures chaque jour. – Axios

 

  • CNN a retrouvé une interview de 1999 entre Larry King et Donald Trump dans laquelle il affirme que son choix de vice président, s’il venait à se présenter, serait … Oprah! CNN

 

 

8. La Couverture du Jour

Dans un climat politique aussi intense et délétère que celui des Etats-Unis depuis la campagne présidentielle américaine, les médias sont plus que jamais les garants de la liberté d’expression, dangereusement remis en question par le président.

Ce sont des couvertures comme celles de Mark Ulriksen dans le New Yorker à l’occasion du Martin Luther King Day, célébré lundi prochain, qui participent et invitent au débat.

Intitulée « In Creative Battle » en référence à la première phrase de King lors de l’acceptation du prix Nobel de la paix en 1964 – « J’accepte le prix Nobel de la paix à un moment ou vingt-deux millions de Noirs, aux États-Unis d’Amérique, sont engagés dans une bataille créatrice pour mettre fin à la longue nuit d’injustice raciale » – l’auteur s’est demandé ce que ferait aujourd’hui le militant des droits civiques: Il se battrait aux côtés des joueurs de la NFL, Colin Kaepernick, ancien quarterback des 49Ers et Michael Bennett, des Seattle Seahwaks.

* « Mark Ulriksen’s ‘In Creative Battle' » – The New Yorker

19.09.17

 

1. Un président normal?

 

  • C’était le premier discours de Trump devant les Nations Unies, et comme dans tous les grands discours de politique étrangère – à Hambourg, à Varsovie – le président n’est pas parti en vrille et s’est contenté de lire calmement son prompteur, de répéter que, sous sa présidence, les intérêts américains passeraient en premier.

 

  • Il a surnommé Kim Jung Un « Rocket Man », a qualifié la multiplication des essais balistiques de véritable « mission suicide » et est prêt à « détruire totalement la Corée du Nord ». L’accord sur le nucléaire passé par son prédécesseur avec l’Iran est une honte, et accusé le pays de soutenir le terrorisme.

 

  • Après une fin d’été catastrophique et le départ du pitbull Steve Bannon et de son sous fifre, Sebastien Gorka, la rentrée a été plutôt calme à la Maison Blanche, avec un bureau ovale sous contrôle du chef de cabinet, John Kelly, ancien général de l’armée américaine, qui surveille étroitement les individus et les informations qui parviennent aux yeux et aux oreilles du président.
    Contrairement au chaos qui a régné dans la West Wing les six premiers mois, la cohésion qui règne désormais dans l’entourage du président autour des « modérés » ou « démocrates new yorkais » (Gary Cohn, Dina Powel, Jared Kushner et Ivanka), pousse le président à davantage de compromis, avec les Démocrates, sur la protection des jeunes migrants, sur un retour aux négociations concernant le retrait de l’accord sur le climat, …

 

  • Le meme qu’il a retweeté ce week-end, où il frappe Hillary Clinton avec une balle de golf, a été soufflé par l’un des derniers survivants de la première administration Trump, Dan Scavino, ancien caddy du milliardaire, en charge des médias sociaux durant la campagne et qui a pris le relais à la Maison Blanche.

 


2. Une même image

 

 


3. Mais que cache Facebook?

 

  • Depuis les résultats des élections que Facebook est accusée d’avoir influencé en aidant à propager des fake news contre Hillary Clinton et en laissant une puissance étrangère acheter des centaines de milliers de dollars de publicités pour influencer les débats du pays, et même créer de toutes pièces des manifestations contre les immigrés, la compagnie est dans le collimateur des Démocrates, des Républicains, de Robert Mueller, le procureur indépendant en charge de faire la lumière sur les relations des proches de Trump et les Russes pendant la campagne, et des médias,…

 

  • Sur le 450 millions de dollars dépensés pendant les élections 2016 sur Facebook, journalistes et politiques sont certains que la compagnie a accepté bien plus d’argent que les cent mille dollars qu’elle a reconnu avoir accepté de « fermes à troll » basées en Russie. 

 


4. Le poil à gratter de Trump

 

 

  • Sebastian Gorka, ancien de Breitbart, passé quelques mois par la Maison Blanche avant d’être viré cet été, travaille aujourd’hui comme « chef stratégiste » d’une nouvelle super PAC, MAGA The American Coalition, censée défendre le programme « America First » du président contre les traitres « modérés » qui ont remporté les luttes d’influence au sein de la Maison Blanche et l’establishment républicain qui risquerait de détourner le président de ses promesses de campagne.
  • La première intervention de Gorka et The American Coalition aura lieu avec Sarah Palin jeudi soir à Montgomery en Alabama ou auront lieu en décembre prochain des élections pour remplacer le sénateur Jeff Sessions, aujourd’hui ministre de la justice.
    Ils viendront défendre Roy Moore contre un autre républicain Luther Strange soutenu par le parti et Donald Trump, qui y sera en meeting vendredi.
  • Les « nationalistes » comme Steve Bannon, Seb Gorka, Ann Coulter qui soutiennent depuis le début le programme d’extrême droite de Trump pourraient devenir les poils à gratter du président s’il s’éloigne trop de ses promesses électorales. C’est aussi un courant important de la droite américaine qui n’est pas prêt de faiblir.

 


5. Justice réparatrice

 

  • Après Los Angeles, San Francisco, Seattle, Denver, de plus en plus de villes américaines remplacent « Columbus Day » – le jour férié célébré le 2ème lundi d’octobre aux Etats-Unis et en Amérique latine en commémoration de la date d’arrivée de Christophe Colomb dans le Nouveau Monde en 1492 – par « Indigenous Peoples Day » en hommage aux Amérindiens, premiers occupants du continent américain.
  • Comme les statues des confédérés, la glorification de l’histoire (blanche et violente) des Etats-Unis est une devenue une insulte certaines populations afro-américaines et amérindiennes: Dans cette logique, Christophe Colomb n’est plus le grand navigateur qui a découvert l’Amérique mais un « terroriste chrétien », un « violeur », un « esclavagiste » et sa commémoration considérée comme « une célébration du génocide des Amérindiens sponsorisée par l’Etat ». 

 


6. Des fans plus connus que leurs idoles.

 

 

  • Tout le monde a droit à son combat et à sa marche sur Washington (les femmes, les pro-life, les fanatiques des armes), même les « Juggalos », les fans du groupe de musique « horrorcore-rap », Insane Clown Posse, répertoriés comme un gang exerçant des activités criminelles par le FBI depuis 2011: Ils ne sont ni dangereux, ni armés, mais se maquillent le visage en clown psychédélique à l’image de leurs idoles.
    Chaque année, depuis qu’ils sont fichés par l’agence de renseignements, la bande de joyeux lurons organise une marche haute en couleur sur Washington pour mettre fin à cette « oppression ».

    Les militants « Juggalos » rebaptisés à l’occasion « Struggalos » étaient un millier dans la capitale ce week-end et ont réussi leur coup médiatique en réussissant à ce que tous les organes de presse du pays parlent d’eux: Time, Rolling Stone, RT, The Detroit Free Press, The Guardian, The Daily Beast,

     

 


7. Twitter en veille

 

  • Glenn Trusch, correspondant du New York Times à Washington, immortalisé dans le sketch de Saturday night Live avec Melissa McCarthy en Sean Spicer, se débranche de Twitter qui « lui prenait trop temps » et a mis son compte en veille plutôt de l’annuler pour éviter qu’un internaute malveillant reprenne son nom, sa voix et ses 348 000 abonnés.
  • Je me suis toujours demandé comment les journalistes faisaient pour suivre la cadence infernale de Twitter, surtout ceux qui suivent des centaines d’autres utilisateurs et voient des milliers de tweets défiler chaque jour sur leur fil d’information.

 


8. Une donation de 200 millions dollars

 

  • Henry Samueli, entrepreneur américain co-fondateur de Broadcom, une entreprise de fabrication de matériel électronique, à la tête d’une fortune estimée par Forbes à trois milliards de dollars, a offert deux cent millions de dollars à l’Université publique de Californie à Irvine, située dans le très huppé comté d’Orange en Californie. La donation sera utilisée pour créer le « Susan & Henry Samueli College of Health Science » qui offrira enseignements, recherches de médecine intégrative, qui combine médecine conventionnelle et médecines alternatives dans le traitement des patients.
  • C’est la septième plus importante donation jamais faite à une université publique américaine. 

 


9. Morning Joe Day

 

    • C’est l’émission politique qui cartonne ces derniers mois grâce à l’effet Trump et à un duo haut en couleur, la démocrate Mika Brzezinski et le Républicain Joe Scarborough – qui se sont fiancées cette année – et une tribu de journalistes, experts, et politiques présents tous les matins de 6 à 9 heures du matin sur la chaine MSNBC … depuis dix ans.
    • L’intérêt du show est qu’il confronte différents avis et points de vue sur le plateau, ceux progressistes de Mika et ceux plus conservateurs de Joe, sur des sujets de politique intérieure et internationale assez bien expliqués.
      Ci-dessous une vidéo de l’émission en 2008

           

  • Sur Trump: Mika est très inquiète pour l’avenir du pays tandis que Joe pense que Washington, les institutions et la constitution du pays vont lui permettre de traverser sans trop de dégâts cette présidence.
    Pour Peggy Noonan, l’une des chroniqueuses conservatrices les plus respectées du pays, l’avènement de Donald Trump a « tout ouvert, a cassé beaucoup de traditions et de façons de faire, donc on ne peut plus trop prédire comme on le faisait auparavant ce qui nous attends en terme de candidats présidentiels. On vit une période historique marquée par des changements majeurs »

 


10. Une fiction sur Daech

 

  • « The State », c’est la fiction de National Geographic en quatre épisodes sur les recrues de Daech et leur vie au sein de l’organisation, inspirée par de vrais témoignages.
    La bande annonce est flippante.

 

Le Kiosque du 21.07.17

 

1. Adieu Sean, Welcome « Mooch »

 

CNN

 

  • Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, a annoncé ce matin sa démission après six mois de loyaux services envers le président souvent aux dépens de ses relations très conflictuelles avec les journalistes et les faits en général, en réaction à la nomination de Anthony Scaramucci comme directeur de la communication.
  •  

  • Depuis sa première conférence de presse, le 21 janvier 2017, au lendemain de l’inauguration, lorsqu’il a annoncé que la mobilisation avait été plus importante pour Trump que pour Obama, « point barre », Sean Spicer est devenu la risée des journalistes, des Late night shows, immortalisé par Melissa McCarthy dans « Saturday Night Live ».
    Il sera remplacé par son adjointe, Sarah Huckabee Sanders.
  •  

  • On retiendra cette phrase de CNN qui résume bien l’immense difficulté de la tache de Sean Spicer:

    Le porte parole du président dit qu’il ne peut parler pour le président

 

  • Anthony Scaramucci, surnommé « Mooch », financier de Wall Street, a été accusé à tort par CNN d’avoir entretenu des relations avec un fond d’investissement russe il y a quelques semaines – la chaîne s’était publiquement excusée et trois journalistes ont dû démissionner.
  •  

  • Scaramucci succède à Mike Dubke qui avait démissionné en mai dernier. Il est soutenu par Ivanka Trump, Jared Kushner mais n’a ni le soutien de Steve Bannon, ni celui du chef de cabinet Reince Priebus qui pointent son manque d’expérience.
  • Il est régulièrement l’invité de Fox News et est un ami de Sean Hannity, l’une de ses vedettes.

 


2. Sabotage

 

  • Selon le New York Times, les avocats du président enquêtent sur l’équipe de professionnels et d’avocats engagés par le procureur indépendant Bob Mueller, responsable de l’enquête sur l’équipe de campagne de Trump, le président les liens qu’ils auraient ou non entretenus durant la campagne présidentielle
  • Ils cherchent à trouver des conflits d’intérêts qui puissent discréditer l’enquête, et apporter des excuses légales et légitimes aux yeux de l’opinion publique pour virer Bob Mueller, qui a annoncé hier l’élargissement de ses recherches aux transactions financières du président et de ses proches sur les dix dernières années.
  • Les avocats de Trump cherchent également à savoir si le président peut utiliser son autorité pour « pardonner » ses « conseillers, les membres de sa famille et lui-même » dans l’enquête de Mueller – Washington Post

 

 


3. L’édito du jour

 

  • L’éditorialiste conservatrice et lauréate 2017 du Pulitzer, Peggy Noonan égratigne le président dans une tribune à charge du Wall Street Journal, « Trump, Obamacare and l’art de l’échec »:
     

    Les Républicains du Congrès ont besoin d’un président qui soit populaire avec l’influence quasi-mystique qu’offre la fonction présidentielle.
    M. Trump ne l’a pas.
    Ils ont besoin de quelqu’un qui comprenne bien ses politiques et puisse réfléchir calmement.
    A un moment, la question de la compétence politique va être posée. Si le président continue à montrer qu’il n’a pas les outils pour la tache, il va passer du stade où il est aujourd’hui, de ne pas engranger les soutiens à en perdre.
    Il n’est pas magicien et ils ne sont pas stupides

 

 


4. Plus dangereux que El Chapo

 

  • Enquête de Rolling Stone sur le nouveau baron de la drogue mexicaine, Rubén Oseguera Cervantes – alias « El Mencho« , à la tête du jeune Cartel Jalisco Nueva Generación, or CJNG, nouvel ennemi numéro un de la DEA américaine depuis l’arrestation de l’ancien chef du cartel de Sinaloa, Joaquin Guzman, dit « El Chapo »
     

    Depuis l’arrestation de Chapo en janvier 2016, le taux d’homicide dans le pays a augmenté de 20% avec 20 000 meurtres l’année dernière seulement, plus qu’en Irak ou en Afghanistan (…) Des milliers de meurtres peuvent être attribués à l’expansion territoriale du CJNG. D’immenses fosses communes ont été découvertes dans les Etats où le cartel a été le plus agressif, comme Veracruz, que le ministre de la justice a récemment décrit comme « une tombe géante ». 
    (…)
    Mencho a montré une extrême sauvagerie même comparé aux critères des Narcos. Pour Chapo, tuer faisait partie du business. Pour Mencho, ça ressemble plus à du spectacle.
    Il a eu les massacres, comme ces 35 corps attachés et torturés jetés dans les rues de Veracruz en période de pointe un soir de 2011. Deux ans plus tard, des agents du CJNG ont violé, tué et mis le feu à une fillette de dix ans pensant à tort qu’elle était la fille d’un rival (…) C’est le genre d’exactions commises par Daech explique un agent de la DEA qui a enquêté sur le cartel.

  • « The Brutal Rise of El Mencho » – Rolling Stone

 


5. L’épidémie sur Reddit

 

  • On peut se rendre compte de la gravité de l’épidémie d’héroïne et d’opioïdes qui ravagent le pays sur Reddit, le site web communautaire, où des forums sont utilisés par les toxicomanes pour partager leur expérience.
     

    Chaque jour des milliers de gens qui sont victimes de l’épidémie nationale d’opioïdes se connectent sur le site de discussion Reddit. Ils échangent des conseils sur comment se défoncer et encouragent ceux qui arrivent à rester sobre ou qui oscillent entre sobriété et rechute. Les toxicomanes se lamentent de la mort d’autres utilisateurs qui ont soudainement arrêté de poster. Et jusqu’à la semaine dernière, vendeurs et acheteurs pouvaient facilement se trouver en utilisant des messages codés pour communiquer. Reddit a interdit le forum, appelé opiaterollcall la semaine dernière sans expliquer pourquoi. Un autre forum d’achat d’opioïdes s’est ouvert et Reddit l’a également fermé.
    Ce ne sont que des petits exemples de ce qui constitue l’une des plus grandes communautés en ligne. Mais les messages laissés offrent un témoignage intime sur la ténacité de la crise, la vie des toxicomanes, et le rôle de Reddit qui facilite l’accès à des drogues qui font chaque jour de plus en plus de mort aux Etats-Unis.


    * « On Reddit, Intimate Glimpse of Addicts in Thrall to Opioids »New York Times

 


6. OJ Simpson: Que sont-ils devenus?

 

  • Le tribunal de Las Vegas a accordé à O.J. Simpson une liberté conditionnelle effective en octobre prochain pour le vol d’objets de collection dans un casino en 2007 et pour lequel il a été condamné à trente trois ans de prison, dont neuf obligatoires.
  • Le Washington Post s’est penché sur la situation actuelle de ceux qui ont réussi l’impensable il y a vingt-cinq ans lors du « procès du siècle »: l’acquittement de Simpson.
     

    Johnnie Cochran est mort. Marcia Clark écrit des romans policiers. Le juge Lance Ito a pris sa retraite. Kato Kaelin tweet beaucoup. Et Francis Lee Bailey, le fameux avocat spécialisé en droit criminel, est ruiné… L’année dernière, Bailey a déclaré banqueroute après une série de scandales dans et en dehors de la cour qui l’ont radié du barreau et honteux. Il a été accusé d’avoir détourné des fonds perçus pour la défense d’un trafiquant de drogue (…) Aujourd’hui il habite avec une coiffeuse dans le Maine. A 83 ans,  il travaille au dessus de son salon.

    « Je ne dirai pas que c’est déprimant parce que je ne suis jamais déprimée.

 


7. Le reste de l’actualité

 

  • Chipotle, la chaine de fast-food mexicain, frappée par une crise sanitaire sans précédent sur le sol américain l’année dernière, a connu une nouvelle débâcle cette semaine: 130 clients ont été intoxiqués dans un restaurant de Virginie et provoqué une chute de l’action, aujourd’hui à son  niveau le plus bas depuis 2013. Bloomberg Businessweek

 

  • La presse américaine a relayé avec tristesse la nouvelle de la maladie du sénateur d’Arizona, John McCain, un cancer du cerveau et Politico a rassemblé les meilleurs articles de ces dernières décennies sur le « maverick » de la politique américaine.

 

  • Toutes les fautes d’orthographe faites par la Maison Blanche dans ses communiqués et déclarations officielles depuis six mois. The Star

 

  • Le Kentucky pourrait bientôt devenir le premier Etat américain sans cliniques pratiquant l’avortement. Il ne lui en reste plus qu’une – AP

 

  • Comment Rotten Tomatoes est devenu le site le plus influent et le plus redouté d’Hollywood. – The Los Angeles Times 

 


8. La couverture du Jour

 

  • Time magazine et la Russie

Le Kiosque du 26.06.17: AHCA – Un tabloid pro Trump – SF & les SDFs – Le Missouri réactionnaire

 

1. Assurance santé: Trump sur la défensive

 

 

  • L’actualité politique de cette semaine, c’est le passage de la réforme de l’assurance santé (« Repeal and Replace Obamacare ») devant le Sénat américain, rendue publique jeudi dernier et compte déjà cinq adversaires parmi les sénateurs républicains (qui disposent d’une majorité de 52 sièges au Sénat).
    Les treize sénateurs qui ont travaillé dessus pendant plusieurs semaines et dans le plus grand secret après son vote à la Chambre des Représentants sont ouverts à la négociation et espèrent rallier une majorité avant le 4 juillet prochain, fête de l’indépendance.
  •  

  • Trump leur mis a la pression ce week-end sur Twitter en affirmant à ses 32 millions d’abonnés qu’il « n’imaginait pas que les sénateurs républicains laissent le peuple américain souffrir plus longtemps d’un Obamacare en lambeaux. »
  •  

  • Mais le cas échéant, le groupe pro-Trump « America First Policies », formé par d’anciens associés de la campagne du candidat et de son colistier, pour promouvoir et faire passer le programme législatif du président, est prêt à dégainer pour plus d’un million de dollars de campagne publicitaire contre l’un d’entre eux, Dean Heller, sénateur du Nevada qui sera diffusé dans son propre Etat, s’il ne revient sur ses critiques formulées vendredi dernier contre l’American Health Care Act.
    Heller est dans une position vulnérable dans le Nevada qui a voté Hillary Clinton- The Hill

 

 

 


2. San Francisco n’arrive pas résoudre son problème de SDF

 

Couverture du San Francisco Chronicle – lundi 26 juin 2017

 

  • San Francisco a dépensé 275 millions de dollars entre juin 2016 et juin 2017 pour aider et loger les sans domicile fixe de la ville, 34 millions de dollars de plus que l’année précédente (juin 2015-16) et moins que les 305 millions de dollars prévus pour la prochaine année fiscale qui commence ce mois ci.
     

    Les équipes de nettoyage étaient plus occupées que jamais à ramasser près de 679 tonnes de poubelle dans les camps de sans-abri et près de cent mille seringues usagées.
    Mais malgré tout l’argent et l’effort, la réalité de la rue ne s’est pas vraiment améliorée et la situation à San Francisco n’a jamais été pire (…)
    Les plaintes des résidents contre les campements, les seringues et les excréments sont en augmentation.
    En 2016, il en a eu 22 608, cinq fois plus que l’année précédente.

  •  

  • San Francisco est aujourd’hui l’une des villes les plus chères du pays à cause de loyers très élevés et du coût de la vie quotidienne qui doit faire face à une population sans-abri, de plus en plus importante, et dont les campements font désormais partie du paysage urbain, au grand dam des habitants.
     

    La pauvreté est horrible pour ceux qui vivent dans la rue. Elle est aussi dérangeante pour ceux qui la contemplent à leur porte. Dans une ville aussi libérale et riche, le budget pour 2017-18 est de 10 milliards de dollars, pourquoi est-ce que tout amélioration semble impossible reste une question très frustrante.

 

San Francisco Chronicle

 

 

 


3. Le Missouri, l’Etat le plus réac’ d’Amérique?

 

Abort73.com est l’une des associations « pro life » américaines

 

  • C’est l’Etat le plus pauvre des Etats-Unis, l’un des plus religieux, des plus conservateurs et aujourd’hui l’un des plus réactionnaires à l’encontre du droit des femmes à disposer de leur corps:
     

    Le Sénat du Missouri considère une loi qui permettrait à tous les employeurs et propriétaires de s’attaquer aux femmes qui prennent la pilule ou avortent. La loi, soutenue par le gouverneur de l’Etat, Eric Greitens, a été votée par la Chambre des Représentants du Missouri mardi.

  •  

  • Appelée SB 5 (« Senate Bill 5 »), la loi est censée annuler une ordonnance passée par « les politiciens radicaux » de St Louis, qui interdisait toute discrimination liée aux choix en matière de santé sexuelle et reproductive, et qui au grand dam de son gouverneur aurait transformé la capitale de l’Etat en une « ville sanctuaire de l’avortement ».
     

    Mr Greitens affirme que cette ordonnance interdisait des associations pro-vie (y compris des « pregnancy crisis centers » qui tentent de convaincre les femmes de ne pas avorter en se présentant comme des centres médicaux) d’engager des femmes « pro-vie ». Ces gens qui dirigent ces centres étaient selon eux discriminés pour leurs croyances religieuses. 

     

  • Si SB 5 est confirmée, les propriétaires et employeurs seront autorisés à demander à leurs employées ou locataires si elles utilisent des moyens de contraception ou ont déjà subi un avortement, et même si elles ont eu un enfant conçu hors mariage et à les virer (de leur logement ou de leur emploi) sur ces choix intimes et personnels ne correspondent par à leurs croyances religieuses.
    Heureusement pour les Missouriennes, le « Federal Pregnancy Discrimination Act » interdit toute discrimination contre les femmes qui ont déjà pratiqué un avortement, mais rien ne les protège contre la pilule.
  •  

  • NARAL, l’association pro-choice du Missouri a condamné « les efforts continus du gouverneur et de ses collègues du Grand Old Party pour restreindre l’accès des femmes aux soins de santé (…) une attaque scandaleuse contre les femmes et leurs familles ».
  •  

  • Cette discrimination repose sur le principe de liberté religieuse, qui offre à chacun le droit de punir celles ou ceux qui ne pensent pas ou qui ni ne croient de la même manière.
    Si les Républicains sont opposés à toute forme d’ingérence de l’Etat dans certaines sphères de la société – port d’arme, environnement, assurance santé – ils en sont friands dès qu’il s’agit du droit des femmes. 
  • « Women on birth control could be barred from working if Missouri lawmakers get their way » – Newsweek
    « Missouri is One Step Closer to Disqualifying You For Jobs Because You Take Brith Control » – Bustle

 

 


4. Le National Enquirer: Tabloid pro-Trump

 

 

  • Excellente enquête de Jeffrey Toobin dans le New Yorker sur le soutien inconditionnel de l’un des plus importants tabloïds américains envers Donald Trump et sa présidence
  •  

  • The National Enquirer est la revue star de America Media Inc. qui possède la plupart des tabloïds en vente à l’entrée de 200 000 caisses de supermarchés américains (The Star, Globe, Examiner, OK!) et dont le directeur général, David Pecker, ancien directeur de Hachette, est un ami de longue date de Trump.
     

    Les tabloïds de Pecker ont peu d’abonnés et quasiment aucune publicité. La plupart de leur revenue proviennent d’achats impulsifs en attendant son tour aux caisses.

     

  • The Enquirer, créé en 1926, avec une circulation hebdomadaire de 325 000 exemplaires – en déclin depuis les années 70 – a décidé pour la première fois de son histoire de soutenir un candidat à la présidence, Donald Trump: Une décision « personnelle » selon Mr Pecker qui vise aussi à satisfaire ses lecteurs, dont la plupart soutiennent le président.
     

    [Jeffrey Tobbin] lui a dit que critiquer Trump n’était pas la même chose que critiquer American Media.
    « Pour moi ça l’est » a répondu Pecker, « cet homme est l’un des amis ».

     

  • Depuis 2013, Pecker aimerait élargir America Media Inc. avec le rachat de Time Inc, qui possède Time magazine, People, et Fortune:

    A l’époque, il semblait improbable que le chef d’un empire de tabloïds de supermarchés devienne le propriétaire d’un des plus grands titres du journalisme américain. Mais l’idée que Pecker prenne la tête de Time Inc, comme celle de Trump président des Etats-Unis, est passé de ridicule à une éventualité (…)
    Il utiliserait ces magazines, et les journalistes qui y travaillent pour avancer les intérêts du président et attaquer ses adversaires.

  •  

  • « The National Inquirer’s fervor for Trump » – The New Yorker

 

 


5. Le reste de l’actualité

  • Des manifestants qui défilaient avec un drapeau aux couleurs des fiertés homosexuelles avec l’étoile de David dessus, lors de la « Dike March » de Chicago, ont été sommés de sortir du cortège « pour leur soutien contre le sionisme ». Ils étaient trois et ont réussi à faire parler d’eux un peu partout dans les journaux, souvent pour critiquer les organisateurs qui auraient affirmé au Wind City Times, un journal local de Chicago, que la marche était anti-sioniste et pro-palestinienne. Les drapeaux américains étaient semble-t-il eux aussi interdits. – Slate
  •  

  • Le juge Anthony Kennedy, 81 ans, dont 29 passés à la Cour Suprême des Etats-Unis pourrait annoncer sa retraite aujourd’hui, lors de la dernière séance de l’année à Washington, et si c’est le cas, offrir à la présidence de Donald Trump une influence extraordinaire sur la direction du pays.

 

 


6. Couverture du Jour

  • Couverture de l’Independance Day américain, très belle cette année, avec « Bright Star » dessinée par Kadir Nelson dans le New Yorker

 

15.04.17: A la une des quotidiens

Les célébrations de GOOD FRIDAY ou Vendredi Saint aux Etats-Unis

Les célébrations de Pâques, la fête la plus importante du Christianisme qui commémore la résurrection de Jésus, bien plus célébrées aux Etats-Unis qu’en France, révèlent la ferveur religieuse qui anime toujours beaucoup d’Américains, toutes catégories sociales et ethniques confondues, et sont le signe d’une solidarité d’autant plus importante durant cette période de tumultes politiques.
Le Vendredi Saint, le jour de la crucifixion et de la mort de Jesus Christ, jour férié dans beaucoup d’Etats, est traditionnellement fêté par une procession religieuse, chez les Catholiques, le chemin de croix, que chaque église ou congrégation peut organiser – et qu’on retrouve en une de nombreux quotidiens.

 

 

Le kiosque du 09.04.17: SNL – Fin de l’alternance politique – « War on Drugs 2.0? » – Le gouverneur d’Alabama

 

  • L’alternance n’existe plus

    The Cook Political Report confirme une tendance inquiétante de la politique américaine: une polarisation de plus en plus importante du territoire et une alternance qui disparaît peu à peu.
    Il y a vingt ans, un quart des districts de la Chambre des Représentants étaient des « swings districts », qui changeaient régulièrement d’appartenance politique entre les Démocrates et les Républicains.

    Ce chiffre a considérablement diminué depuis et aujourd’hui seulement 35 des 435 sièges de la Chambre des Représentants sont susceptibles de changer de bord politique, ce qui explique l’hyper-polarisation de la vie politique américaine qui va empêche tout compromis entre les deux principaux partis du pays.
    Chaque année, l’espace politique américain est plus divisé et imperméable a tout changement politique et les Américains tendent à s’installer et vivre avec ceux qui pensent de la même manière.

    Ci dessous, le tableau du Cook Political Report. Les zones grises sont celles les plus susceptibles d’alterner tous les deux ans entre Républicains et Démocrates.

    Copyright @ 2017 Cook Political Report

    * « Why Washington is Broken »Axios
    * « This is the most amazing chart on Congress you’ll see today »CNN

***

  • The O’Reilly Factor with Trump

    Alex Baldwin a fait une double apparition dans un sketch de « Saturday Night Live » hier soir: il jouait Donald Trump et Bill O’Reilly, le présentateur vedette de Fox News, accusé par plusieurs femmes de harcèlements sexuels (qu’il dément) et réglés par la chaîne d’info pour un montant total de 13 millions de dollars – les accusations s’étendent sur quinze ans.
    Cette semaine une soixantaine d’annonceurs ont refusé de promouvoir leurs produits dans l’émission mais une seule personne a tenu à défendre le présentateur dans une interview au New York Times: Donald Trump.

    Bill O’Reilly: « Un seul brave homme est venu me défendre, un homme implacable sur tout ce qui concerne les femmes (…) Merci de m’avoir défendu même si personne ne vous l’a demandé.  
    Donald Trump: « Je me reconnais beaucoup en vous, Bill. Je suis plus au courant de votre affaire que de l’assurance maladie par exemple. Mais je n’y ai pas prêté trop d’attention.

***

  • La doctrine de Trump: Pas de doctrine

    Face à une série de défis internationaux qui vont du Moyen Orient jusqu’en Asie la semaine dernière, le président Trump s’est assuré que rien n’était certain sur sa politique étrangère.
    Et si une doctrine Trump devait se dessiner aujourd’hui, c’est de n’être lié à aucune doctrine.
    Dans une semaine marquée par sa rencontre avec des chefs d’Etats étrangers et le lancement d’une attaque militaire contre le gouvernement syrien, Mr Trump a offert sa propre doctrine et obligé les autres leaders à revoir leurs hypothèses sur la façon dont les Etats-Unis se conduiront durant sa présidence.I
    l a offert une approche très improvisée et contradictoire qui pourrait apporter beaucoup d’imprévisibilité dans les relations avec de potentiels antagonistes mais il a également ouvert la porte à un engagement américain traditionnel qui vise à rassurer les craintes des alliés.

    * « The Emerging Trump doctrine: Don’t Follow the Doctrine »The New York Times

***

  • Vers un retour de la politique dite « War on Drugs »?

    « War on Drugs » ou « Guerre contre les Drogues » est un programme fédéral et une stratégie de lutte contre le trafic et la consommation de drogues mise en place aux Etats-Unis durant les années 80 (crack) et 90 (héroïne) qui reposent essentiellement sur la répression – l’incarcération de masse pour des délits mineurs et le « Three strike laws » – et en second lieu sur le traitement et la prévention.
    Entre temps, la population carcérale a quadruplé de 500 000 en 1980 et 2,2 millions de prisonniers en 2015, la plupart des afro-américains enfermés pour 10 à 20ans, « parfois des prisons à vie pour une première condamnation pour trafic de drogues ».
    Le programme a été beaucoup critiqué et finalement abandonné.

    Obama a tenté d’assouplir la rigidité du système pénal en lançant une « clemency initiative » pour libérer certains prisonniers condamnés, et son ministre de la justice a demandé aux juges de limiter les sanctions sévères contre les individus « non violents » accusés de consommation ou trafic de drogues – une stratégie appelée « Smart on Crime ».
    Jeff Sessions, le nouveau Attorney General, veut relancer et durcir à nouveau la « guerre contre les drogues » alors que les crimes n’ont jamais atteint un niveau aussi bas dans le pays: « Notre nation a besoin de réaffirmer que l’usage de drogues est mauvais (…) qui détruit vos vies »

    Les défenseurs d’une réforme de la justice criminelle avancent que Sessions va dans la mauvaise direction – un retour vers une stratégie qui déchire les familles et qui envoient des délinquants, la plupart appartenant à des minorités, en prison pour de longues peines.

    Privilégier la répression plus que la prévention et le traitement est une stratégie dangereuse pour lutter contre la drogue surtout devant l’épidémie d’opiacés qui ravage aujourd’hui le pays, et pas seulement les minorités, mais les populations blanches et rurales.

    * « How Jeff Sessions wants to bring back the war on drugs »The Washington Post

***

  • Impeachment pour le gouverneur d’Alabama

    Le parlement d’Alabama s’apprête à lancer une procédure de destitution (impeachment) contre le gouverneur Robert Bentley accusé d’avoir utiliser des fonds et la force publiques pour cacher une relation extra-conjugale avec l’une de ses conseillères.
    Vendredi, il a annoncé qu’il refusait de démissionner et a demandé pardon à ses citoyens tout « en pardonnant à ceux qui lui avaient fait du mal ».
    Sauf que l’enquête de la Commission en charge de la Destitution décrit un homme paranoïaque qui a intimidé et menacé ses proches et son staff pour les empêcher de révéler son affaire, qui a menti à ses concitoyens, fabriqué des preuves pour essayer d’inculper ceux qui l’avaient dénoncé, et enfin affirme s’être tourné vers dieu pour trouver la paix. Un gagnant!

    * « Two Robert Bentleys: A Broken, pleading man and a vengeful, paranoid governor » – The Birmingham News

     

***

  • Couverture du Jour

 

  • Les couvertures du dimanche 9 avril 2017

Rachel Dolezal, l’activiste blanche qui voulait être noire

« Je pense que la race est une construction sociale » affirme l’activiste Rachel Dolezal qui a défrayé la chronique en 2015 après un « coming out » un peu particulier: Rachel est blanche mais assure être plus heureuse dans la peau d’une black.

 

Un combat de plus de quinze ans au service de sa communauté, ses dreadlocks et cheveux afro, son teint métissé et une force de conviction extraordinaire ont permis à Rachel Delozal de ne jamais éveiller les soupçons sur sa véritable identité. 
Il y a deux ans encore, elle était une militante reconnue des droits civils, prof à mi-temps d’études africaines, présidente de la « National Association for the Advancement of Colored People » (NAACP) à Spokane dans l’Etat de Washington où elle est également devenue une médiatrice entre la police et la population.
Une carrière bien remplie et plutôt accomplie mais pas forcément du goût de certains habitants, dont le shérif local qui est allé fouiller dans son passé et a découvert le pot-au-rose, grâce au témoignage de ses parents:
Ceux sont qui ont révélé aux médias « la fraude »: Leur fille est née « caucasienne » comme eux et non pas afro-américaine comme elle l’a toujours prétendu.
Ses parents, des chrétiens fondamentalistes qui ont signé comme unique témoin de son acte naissance, Jesus Christ, n’ont jamais accepté, ni compris sa transformation.

Le scandale lui a tout fait perdre: son travail, sa carrière, ses amis, sa communauté et même après avoir reconnue ses mensonges, Rachel Delozal n’en démord et continue de s’identifier à une « noire ».
En 2016, elle d’ailleurs changé son nom en Nkechi Amare Diallo même si biographie,  » In Full Color: Finding My Place in a Black and White World » est publiée sous celui, plus reconnu, de Rachel Delozal.

Interrogée sur CNN ce weekend, elle explique:

Si j’avais eu le temps [en 2015] de parler davantage de mon identité, j’aurai sans doute utilisé une étiquette plus complexe [que afro-américaine], pan-africaine, pro-black, bisexuelle, mère, activiste, artiste mais à la question,
« Etes vous africaine-américaine?
Je ne me suis pas identifiée comme une africaine-américaine (…)
Je me suis identifiée comme noire. Et être noir, c’est une culture, une philosophie, un point de vue politique et social.

 

La biographie permet de répondre à certaines interrogations sur le parcours personnel et comment-est ce qu’elle en est arrivé à faire ces choix: L’adoption par ses parents de quatre enfants noirs lorsqu’elle était adolescente et dont elle s’est beaucoup occupé, l’a ouverte à l’histoire de cette communauté, puis a rencontré un afro-américain « born-again christian » avec qui elle a eu un enfant, à l’âge de 22 ans.
Parallèlement un rejet croissant de l’éducation religieuse drastique imposée par ses parents.

C’est après son divorce qu’elle a décidé de se libérer de « toute répression » et « d’avoir le courage de devenir la personne qu’elle voulait être »: Elle s’est faite des tresses, a mis de l’auto-bronzant et a commencé à dire, a qui lui demandait, que sa seule mère était blanche.

 

Les parents de Rachel Dezotal à droite et à gauche avec son frère et les quatre enfants adoptés dont elle s’est beaucoup occupée

Rachel a commencé à travailler à l’Université et a s’engager de plus en plus dans la défense des droits civiques dont elle est devenue une figure respectée dans son Etat, jusqu’à cette fameuse interview improvisée où un journaliste lui demande si ses parents sont Afro-américains et qui enclenche l’histoire de « Rachel Dolezal race faker ».

Durant la promotion de son livre, l’intéressée affirme, pour ne pas arranger les choses, que son expérience ressemble à celle des transgenres, qui ont une identité sexuelle différente du genre qu’ils ont choisi sauf que chez elle, il s’agit de la race.

La remarque a fait les gros titres ce weekend et suscité encore plus de critiques de la part de la communauté trans et afro-américaine.
Aujourd’hui, plus personne ne veut engager Rachel Dolezal, elle vit grâce aux aides de l’Etat et devrait être évincée de son appartement le mois prochain.
Elle ne parle plus à sa famille, ses amis ont coupé les ponts, il lui reste ses enfants.
* « Rachel Delozal: I’m not going to stoop and apologise and grovel«  – The Guardian

[Les unes – 31.03.17]: Journée sanglante à Chicago

 

 

  • Regain de violence à Chicago

    Des chiffres encourageants pour la ville de Chicago qui a « seulement » enregistré 124 homicides entre le début de l’année et le mardi 28 mars, treize de moins qu’en 2016 – avec un record de 124 homicides pour la même période, 760 sur l’ensemble de l’année et 4 300 personnes blessées par balles.
     
    Ces trois premiers mois ont également vu le nombres de blessés par balles diminuer (685 contre 786 en 2016) mais ces chiffres restent les plus élevés de ces deux décennies, après l’année dernière.
     
    Los Angeles a enregistré 55 homicides et 138 blessés par balles et New York, 56 homicides et 226 victimes pour ce premier trimestre, et les deux villes sont bien plus peuplées que Chicago. 
     
    « La ville a un problème avec les armes » et lutter contre la violence est devenu difficile pour les policiers depuis la diffusion de la vidéo de l’exécution d’un jeune délinquant de 17 ans en octobre par un flic de Chicago aujourd’hui sur le banc des accusés.
     
    Depuis le CPD (Chicago Police Department) a promis à l’ACLU (American Civil Liberties Union) d’Illinois d’enregistrer toutes les arrestations et de détendre la situation, les « laisser tranquille » et « [les gangs] le savent. Il prennent les coins de rue, puis les pâtés de maison, et puis la communauté. C’est un cancer » explique Dean Angelo, président d’un des syndicats de police de la ville.
     
    « Nous avons besoin d’un soutien public et politique et le feu-vert des autorités pour reprendre le terrain »
     
    Vendredi soir, ce premier trimestre « encourageant » pour la Wind City a volé en éclat à la suite de trois fusillades qui ont éclaté la veille dans le quartier du South Shore, et ont fait sept morts dont une femme enceinte, dans un périmètre de quelques blocs seulement et aucun suspect n’a été arrêté. Toutes les affaires pourraient être liées à des gangs, et au moins des trois victimes auraient reçu des balles perdues.
     
    Un regain de violence extraordinaire en une demi-journée seulement qui prouve non seulement la volatilité des statistiques mais l’urgence de continuer à chercher et trouver des solutions pour enrayer ces tragédies.
     
    * « So Far, 2017 Deadly in Chicago » – Chicago Tribune
    * « CPD’s Johnson; 7 South Shore murders not random acts of violence » – Chicago Sun-Times

 

22 mars 2017: Trump menace les Républicains – « Laptop Ban » – WSJ furieux – l’ICE intimide – IJR en crise

 

 

  • « Si y’en a un qui moufte, c’est moi qui m’en occupe »

    C’est en substance ce que le président a promis aux Parlementaires républicains qui oseraient aller contre l’American Health Care Act (AHCA) qui passera son premier grand test demain devant la Chambre basse du Congrès Américain.

     
    Paul Ryan travaille sans relâche depuis dix jours – sur Twitter notamment – pour donner toutes ses chances à Trumpcare, alors que Donald Trump enchaine les meetings pour convaincre son électorat de lui faire confiance sur l’une de ses plus importantes promesses de campagne.
     
    Alors quand la rébellion vient de son propre parti, l’intéressé n’y va pas par quatre chemins: Le président s’est entretenu en privé hier matin avec les Parlementaires de son parti et a menacé « de s’en prendre directement » au meneur de la fronde, Mark Meadows s’il ne rentrait pas dans le rang « mais je n’aurai pas besoin de le faire parce que je sais qu’il votera oui« .
     
    Certains membres du parti républicain restent toujours opposés à cette législation – une douzaine – et pourraient réussir à faire bloquer la loi étant donné que tous les Démocrates vont voter contre.
    Ils représentent la ligne conservatrice du GOP qui pense que l’AHCA a gardé trop d’éléments d’Obamacare, mais aussi les modérés qui craignent que cette loi leur coûte leur siège aux prochaines élections.

     
    La menace non dissimulée du président qui montre la détermination de Trump à remporter ce défi, un enjeu majeur pour son début de présidence.
    Mr Meadows ne semble pas convaincu: « Ce n’est pas une décision personnelle, c’est une décision politique ».

     
    * « Trump to GOP critics of health care bill: I‘m gonna come after you » – Le Washington Post

***

  • Laptop Ban

    Le Department of Homeland Security va interdire temporairement le transport de matériel électroniques plus larges que le smartphone dans les avions arrivant d’une dizaine d’aéroports situés dans huit pays … musulmans, nord-africains et du Moyen Orient, en réponse à des nouveaux risques de menaces terroristes.
     
    Tous ces objets devront être laissés en soute.
     
    Il existe plusieurs théories qui pourraient expliquer cette mesure assez inhabituelle:
     
    * L’islamophobie puisque encore une fois ce sont des pays musulmans qui en sont la cible.
     
    * Le protectionnisme économique: les compagnies aériennes américaines se plaignent depuis plusieurs années de la compétition féroce de compagnies comme Emirates ou Turkish airlines –  (lire cet article de Bloomberg Businessweek )
     
    * Enfin il s’agit d’une mesure nécessaire pour renforcer la sécurité des vols et les manquements qui peuvent être effectués lors des contrôles dans les aéroports.
     
    Ce sont les aéroports des huit pays qui vont être les plus touchés économiquement par cette mesure puisque de nombreux voyageurs décideront de les éviter pour pouvoir profiter de leur appareils électroniques durant de longues heures de vol

***

 

  • Le Wall Street Journal hausse le ton contre Trump

    Si la rédaction du Wall Street Journal essaye tant bien que mal d’être « objective » avec la présidence de Trump et a reçu la consigne de ne pas employer le « L-Word » (« lies » pour mensonge) par respect pour leurs lecteurs qui sont libres choisir qui croire – eux ou le président – le comité éditorial est lui bien plus libre.
     
    Pendant la campagne présidentielle, il n’a pas hésité à critiquer le candidat républicain, avant de tempérer sa position lorsque le président est entré à la Maison Blanche, mais cette douceur a pris un tour dramatique mardi soir.
     
    L’éditorial du prestigieux quotidien économique new yorkais, propriété de Rupert Murdoch, a été « brutal », selon les propos de Joe Pompeo de Politico, avec le président:
     

    Si le président Trump annonce que la Corée du Nord a lancé un missile qui a atterri à 150 km de Hawaï, est-ce que les Américains vont le croire? Et le reste du monde?
    Rien n’est moins sûr aujourd’hui, ce qui montre l’étendue des dommages infligés par Mr Trump a cette présidence qui est une succession d’exagérations, d’accusations sans preuves, de démentis invraisemblables et autres contre-vérités …
    Le président s’accroche à ses affirmations comme un ivrogne à sa bouteille de Gin, qui envoie son porte parole pour lancer des affirmations encore plus douteuses.

     
    Le président ne boit d’alcool.
     
    * « A President Credibility » – The Wall Street Journal

***

 

  • Un pureplayer conservateur en pleine crise.

    L’Independant Journal Review, un pureplayer d’infos, marqué à droite et destiné aux Millenials, est en train de traverser sa première crise en quatre ans d’existence alors qu’il faisait, il y a à peine dix jours, la une des journaux pour toutes les bonnes raisons.
     
    L’une de ses journalistes, Erin McPike a été la seule choisie, parmi d’autres vétérans du métier, pour accompagner Rex Tillerson, le Secrétaire d’Etat, dans son voyage en Asie – il aurait refusé d’embarquer les autres reporters par souci d’économie.
     
    Une entrée dans la cour des grands sapée par la publication la semaine dernière d’un article à tendance conspirationniste qui expliquait la décision d’un juge de Honolulu de suspendre la seconde travel ban avec le voyage de Barack Obama à Hawaï, son lieu de naissance.
     
    L’article a rapidement été enlevé du site qui s’est excusé.

     
    Selon Business Insider, trois membres de l’équipe de rédaction se sont faits virer, dont le responsable du « contenu viral » du magazine.
    Quant à Mme McPike, elle n’a fourni aucun compte-rendu en temps réel de son voyage avec le Secrétaire d’Etat – au grand dam de ses collègues journalistes
     
    Le site, spécialisé dans le contenu viral et politique, a eté boosté par la victoire de Trump qui lui a donné un accès sans précédent à la Maison Blanche. Mais pour gagner le respect de ses pairs, le site ne peut plus relayer des informations trop baisées et partisanes qui font pourtant ses choux gras – contrairement au contenu politique plus sérieux.
    Un cas de figure qu’on peut retrouver dans de nombreux pure players d’infos aux Etats-Unis, surtout ceux de droite.
     
    * « Inside the identity crisis art the IJR, the outlet that has become a powerhouse in the Trump era »Business Insider

***

 

  • Tentatives d’intimidation contre les villes sanctuaires

    Chose promise, chose due.
    Il va falloir s’y habituer: Presque toutes les promesses faites par Donald Trump durant la campagne et les premières semaines de sa présidence se réalisent, notamment en matière d’immigration, l’obsession de ses plus proches conseillers, Steve Bannon et Stephen Miller.

     
    Parmi elles, dénoncer publiquement les villes qui ne se plieraient pas aux injonctions de l’ICE, Immigration and Custom Enforcement, l’agence fédérale en charge d’arrêter les immigrés en situation irrégulière.
     
    Lundi, le Department of Homeland Security a diffusé une première liste des comtés qui ont libéré 206 des 3 083 individus malgré la demande d’autorisation de détention dont ils ont fait l’objet entre le 28 janvier et 3 février.
    Une démarche que l’Agence fédérale considère comme « un manque de coopération et une entrave à la sécurité publique ».

     

    Extrait de la liste des comtés qui ont refusé d’emprisonner des immigrés en situation irrégulière entre le 28 janvier et 3 février 2017

     
    Chaque cas est recensé sur cette liste ainsi que le crime pour lequel il est accusé.
     
    La décision de libérer un prisonnier correspond généralement à différents critères de détention selon les lois locales et fédérales.
    Dans cette première liste, 142 des 206 libérations ont eu lieu dans le comté de Travis au Texas qui a mis en place le 1er février dernier, une « politique sanctuaire » qui a permis à beaucoup de prisonniers de pouvoir sortir en échange d’une caution s’ils n’ont pas été accusés de crimes sérieux, comme des meurtres, agressions sexuelles ou trafic d’humains.
     
    * « ICE agency is publicly calling out counties that don’t detain immigrants for deportation » – Think Progress

***

 

  • Brigitte Gabriel à la Maison Blanche

    C’est l’une des plus ferventes islamophobes des Etats-Unis, fondatrice de ACT for America, une organisation qui milite pour éradiquer le terrorisme, protéger la constitution, sécuriser les frontières et soutenir Isräel – considérée comme un hate group par des organisations de surveillance de l’extrême droite américaine.
     
    Mme Gabriel a soutenu Donald Trump très tôt dans la campagne (voir notre article du 24 octobre dernier) et a eu le privilège d’y être invitée hier à la Maison Blanche comme en témoigne des photos postées sur son compte Twitter – aucune confirmation officielle de cette invitation a été diffusée.
     
    * « American Most prominent Anti-Muslim Activist is Welcome at the White House » – The Atlantic

***