Le kiosque du 03.07.17

 

1. « Des coups, aucune politique »

 

  • L’information de ce week-end, c’était bien entendu la vidéo postée par le président américain sur son compte Twitter où il fait semblant de tabasser un homme, dont le visage est caché par le logo CNN: Une énième façon de prouver son amour pour la chaîne d’info rebaptisée à l’occasion #FNN, pour « Fake News Network ».
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  • C’est Dan Scavino, responsable des médias sociaux de la Maison Blanche, ancien caddy du président, et Trump qui auraient eu l’idée de cette  « blague ».
    A comprendre maintenant comment est-ce que ce meme, postée par un troll d’extrême droite sur Reddit, leur site préféré, a-t-il pu atterrir sur le compte personnel de l’homme le plus puissant du monde.
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  • Comme l’indique USA Today en couverture ce matin, la présidence de Trump est à l’image de ses tweets, « des coups » contre les médias (63 références aux fake news), contre les Démocrates et Obama (46 références à « Obamacare ») mais « aucune politique ».
     
  • Le président est bien plus intéressé à discréditer les médias qu’à essayer de faire passer son programme … comme la réforme de la santé qui en est au point mort.

 

 


2. La fraude électorale ne convainc pas

 

  • Si le président américain a largement perdu le vote populaire face à Hillary Clinton aux dernières élections avec 2,8 millions de voix en moins, c’est à cause de la fraude électorale répandue dans la plupart des Etats démocrates qui a permis à des millions d’immigrés de voter illégalement contre sa rivale.
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  • Aucune preuve de ces accusations n’a jamais été avancée mais Donald Trump est bien décidé à les trouver et mis en place la « Presidential Advisory Commission on Election Integrity » dirigée par le vice président Mike Pence et le Secrétaire d’Etat du Kansas, Kris Kobach, pour soi-disant « renforcer l’intégrité du système électoral » et « protéger et préserver les principes d’une personne, une voix ».
     

    La Maison Blanche a affirmé que la Commission va opérer un « examen complet des problèmes d’inscription et de vote pour les élections fédérales » mais les experts et défenseurs du droit de vote ridiculisent les allégations de Trump concernant la fraude électorale, que ni les Etats, ni aucune étude n’a pu mettre en évidence.
    Ils craignent que cette Commission soit utilisée pour limiter le droit de vote.

     

  • Mercredi dernier, la Commission a demandé aux cinquante Etats et à D.C. de leur fournir toutes les informations disponibles sur leurs électeurs, « y compris les noms, dates de naissance, l’historique de leurs choix électoraux et leur appartenance ou non à un parti » – ce que la moitié d’entre eux a fermement refusé au nom de la protection de la privée et de la méfiance que suscite cette commission.
     
  • D’où la réaction agacée du président ce week-end:

 

 

 
 


3. Les Etats républicains contre leurs villes démocrates

 
 

  • Le territoire américain est divisé politiquement entre les côtes démocrates, de part et d’autre du pays, et l’intérieur républicain, entre les grandes villes pro-Hillary et les zones rurales pro-Trump … et désormais à l’intérieur des Etats, entre les gouvernements conservateurs et leurs villes, dites « sanctuaires ».
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  • Au Texas, par exemple, le parlement et le gouverneur républicains s’inquiètent du « comportement socialiste » des villes libérales et veulent les forcer à se soumettre à législation de l’Etat sous peine d’être privées de subventions fédérales.
     

    Le « Lone Star » State représente l’exemple le plus dramatique de ces relations de plus en plus conflictuelles entre les représentants des « Red States » [républicains] et les centres urbains démocrates, qui ont imposé des régulations environnementales et des programmes sociaux souvent à leur encontre.

     

  • La « Bathroom Bill » votée en 2016 par le parlement républicain de Caroline du Nord – qui oblige tout individu à utiliser les toilettes et vestiaires publics conformément à son sexe de naissance – et partiellement annulée cette année, visait à saper les efforts de Charlotte, la plus grande ville démocrate de l’Etat, pour élargir les droits civils des homosexuels.
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  • L’un des principaux sujets de discorde tourne aujourd’hui autour de la politique anti-immigration de l’administration Trump qui veut obliger les forces de l’ordre locales à coopérer avec les agents fédéraux de l’immigration, notamment à travers l’arrestation et la détention des immigrés en situation irrégulière. Ce que les villes sanctuaires ont toujours refusé de faire.
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  • Le gouverneur du Texas, Greg Abbott vient de passer l’une des lois les plus stricts contre les villes sanctuaires »refuges » qui condamne les forces de l’ordre à des contraventions, voire des peines de prison en cas de désobéissance.

 
 


4. Scandales sexuels chez les Protestants évangéliques

 

  • Longue enquête de The New Republic sur l’Association of Baptists for World Evangelism, une organisation chrétienne évangélique comme il en existe des milliers aux Etats-Unis, qui a couvert pendant plusieurs décennies les agressions sexuelles d’un de leur missionnaires, en poste au Bangladesh, et réduit au silence ses victimes.
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  • Comme chez les Catholiques, l’obéissance à l’autorité religieuse, le tabou autour du sexe, exposent ces fidèles à des risques d’abus sexuels au sein de leur communauté.
     

    Ces cinq dernières années, il est devenu évident – même pour les Chrétiens conservateurs – que les églises « fondamentalistes » font face à une recrudescence d’abus sexuels et de déni institutionnel qui pourraient impliquer davantage de victimes que les scandales de pédophilie qui ont touché l’église catholique (…)
    L’échelle du scandale pourrait être immense. Les Protestants évangéliques sont bien plus nombreux que les Catholiques avec plus de 280 000 églises, écoles religieuses et organisations affiliées.
    En 2007, les trois principales compagnies d’assurance qui couvrent les institutions protestantes affirmaient recevoir chaque année 260 cas d’abus sexuels d’enfants commis par leurs responsables et membres. En comparaison, l’Eglise catholique rapportait 228 « accusations crédibles »..

  • « The Silence of the Lambs »The New Republic

 


5. Une agoraphobe globe trotter

 
 

 

  • Jacqui Kenny, originaire de Nouvelle Zélande, vit à Londres, et souffre de crises d’angoisse qui l’empêchent souvent de sortir de chez elle et encore moins de voyager à travers le monde. Partant de ce constat, elle a commencé à explorer le monde sur Google Street View.
     

    Au départ, elle choisissait des endroits au hasard, les rues de villes très lointaines et faisaient des captures d’écrans des plus beaux paysages. Ensuite elle a commencé à rechercher des endroits précis: régions arides avec des horizons dégagées; des latitudes où elle remarquait que le soleil se couchait penché. Très vite, elle a passé des heures sur le projet, qui est devenu une sorte de retraite  (…) Un an après, elle a accumulé près de 26 000 photos

     

  • Ces photos sont disponibles sur un superbe compte Instagram appelé « Agoraphobic Traveller »
  • « An Agoraphobic photographer’s virtual travels, on Google Street View »The New Yorker

 


6. A voir: Les hommes de Fire Island Pines

 

 

  • Tom Bianchi a photographié la communauté gay de Fire Island Pines de 1975 à 1983, un petit hameau de Long Island, à deux heures de New York, qui a accueilli jusqu’à dix mille homosexuels tous les week-ends pendant plusieurs années, avant que l’épidémie de Sida ne décime la communauté homosexuelle.
  • A voir dans le Washington Post

 


7. Le reste de l’actualité

 

  • Le gouverneur républicain du New Jersey, Chris Christie, l’un des plus mal-aimé du pays, aime utiliser les lieux publics pour faire pression contre ses adversaires politiques – il est impliqué dans le « BridgetGate » de 2013 qui a envoyé deux de ses conseillers en prison.
    Après un désaccord sur le budget qui a entraîné l’arrêt de toutes les activités gouvernementales, les plages publiques du New Jersey sont fermées pour la fête nationale – il fait 30 degrés … mais pas pour son gouverneur, qui profitait hier d’un littoral désert avec famille et amis. 
    D’où ce titre inspiré du Daily Mail

 

  • Steve Bannon, l’un des plus proches conseillers de Trump, auto-proclamé « nationaliste économique », voudrait augmenter les impôts des plus riches – dépasser la barre des 40% d’imposition pour ceux qui gagnent $418 000 ou plus – un anathème pour le parti républicain – mais qui vise à baisser les impôts des classes moyennes et défavorisées. Pour une fois! – Axios

 

  • Planned Parenthood a fermé quatre de ses cliniques dans l’Iowa après la décision du gouverneur de supprimer les subventions envers l’association, soutenue par près de 77% de la population: Les menaces des Républicains d’éliminer Planned Parenthood sont mises à exécution. Washington Post

La Virginie Occidentale, un Etat ravagé par la drogue

 

Une longue enquête du New Yorker nous emmène cette semaine dans l’Etat américain le plus touché par l’épidémie d’opiacés de synthèse et d’héroïne qui ravage le pays depuis des années: La Virginie Occidentale.
Illustration du désespoir des classes moyennes blanches et rurales d’Amérique, et « comment est-ce que les habitants tentent de sauver leurs voisins et leur communauté de la destruction. »

 

« The Addicts Next Doors »

  • La journaliste Margaret Talbot a passé plusieurs mois en Virginie Occidentale qui possède le taux d’overdoses le plus élevé du pays (41,5 pour 1000 habitants) et « où l’héroïne a dévasté la région du Eastern Panhandle » à la frontière de la Virginie et du Maryland: Ici « la plupart des toxicomanes sont blancs, nés dans la région et ont de faibles revenus.« 
  • L’Etat a subi de plein fouet les conséquences de la mise sur le marché au milieu des années 90 d’un anti-douleur miracle, OxyContin, dont les effets de dépendance très puissants ont longtemps été cachés: Entre 2007 et 2012, les distributeurs de médicaments y ont livré 780 millions de pilules génériques d’OxyContin (oxycodone) et Vicodin (hydrocodone) pour 1,8 millions d’habitants.
  • Les raisons:
    • L’industrie du charbon responsable de la détérioration physique des mineurs ajoutés à des niveaux de pauvreté et de chômage importants à l’origine d’une détérioration psychologique
    • Manque de structures médicales capables de prévenir et de guérir ces risques
  • La distribution plus limitée et contrôle d’OxyContin à partir de 2010 a poussé les toxicomanes à utiliser des substances moins chères, arrivées du Mexique, l’héroïne. 
  • Résultat, entre 2000 et 2014, le nombre d’overdoses aux Etats-Unis a augmenté de 137% et selon le Centers for Disease Control, les trois-quart des héroïnomanes ont commencé avec des opiacés de synthèse.

 

Entre désespoir et vide social

  • L’un des facteurs importants de cette épidémie de drogue serait « le désespoir des populations blanches dans les petites villes pauvres » d’Amérique qui trouvent dans les opiacés de synthèse et l’héroïne « l’échappatoire ultime ».

    L’ennui et le sentiment d’être inutile et impuissant sont des faiblesses humaines qui vous poussent à vous retirer du monde (…) [l’héroïne] est une drogue extrêmement tentante pour des villes mortes, parce que ça efface les problèmes. Bien plus que la coke ou la métha-amphétamine, qui vous excite ou vous pousse à être actif.

    Dans les villes des Appalaches, l’héroïne est devenu une contagion sociale.

  • Martinsburg, ville de 17 000 habitants fondée en 1778, qui possédait la plus importante usine de chaussettes au monde en 1950 a vu son industrie mourir au début des années 2000, et avec elle un « certain but » qui a rendu une partie de la population vulnérable à l’épidémie d’héroïne: « Les gens n’ont plus vraiment d’objectifs » dans une « ville qui ne leur offre plus rien » explique un résident, né là-bas:

    C’est difficile de vivre quand vous regardez autour de vous et la plupart de vos amis de lycée sont toujours là, ne gagnent pas d’argent, ne peuvent pas payer leurs factures, regardent la télé toute la journée et ne font rien de leur vie.

  • Quand l’épidémie ne tue pas directement, elle traumatise les vies des proches, de la famille, des amis.
    La journaliste explique n’avoir rencontré personne qui n’ait pas été touché de près ou de loin par un drame lié à la drogue. 

 

Comment la communauté s’organise

  • L’épidémie de drogues est telle que beaucoup toxicomanes se shootent dans des lieux publics pour être pris en charge rapidement en cas d’overdose: stations essence, toilettes de restaurant, ailes de supermarché.
  • Si « une majorité de la population reconnaît que la toxicomanie est une maladie, certains sont fatigués, voire dépités par le phénomène et refusent de leur venir en aide.
  • Narcan, un puissant médicament, qui, pris à temps, renverse les effets de l’overdose, permet de sauver des vies mais n’a aucune incidence sur la dépendance elle-même.
  • Les traitements efficaces comme les cures de désintoxication sont très chères et les places disponibles dans le cadre du programme d’assistance fédérale Medicaid sont limitées.
  • Ce sont des initiatives privées qui prennent le relais:
    • Des associations locales comme Hope Dealer Project, dirigées par trois femmes, touchées personnellement par l’épidémie d’héroïne, s’occupent de trouver des centres de désintoxication pour des toxicomanes qui le demandent, et se chargent de les y accompagner.
    • Ce docteur qui enseigne à ceux qui le souhaitent comment utiliser Narcan sur les malades, et conseille à chacun de garder un kit dans leur voiture par précaution

 

En l’absence de prise en charge sérieuse de l’Etat et du gouvernement fédéral, c’est la communauté qui doit prendre soin autant qu’elle le peut de ses malades.
En Virginie Occidentale, presque 70% de la population a voté pour Trump qui leur avait promis de prendre en main cette épidémie. Pourtant la proposition de budget 2018 prévoit une réduction de 95% des subventions allouées au Bureau National de contrôle des Drogues

SB4: la loi qui divise le Texas

 

Le Texas, historiquement républicain mais réputé pour sa tolérance envers les populations immigrées et celles en situation irrégulière, est devenu le premier Etat américain à adopter une ligne aussi dure en matière d’immigration, inspirée par la nouvelle administration, qui divise violemment la population et les politiques.

 

  • Lundi après midi, le Capitole de Dallas a été envahi par des centaines de milliers de manifestants venus s’opposer à la loi « SB4 » votée quelques semaines plus tôt par le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, contre les villes sanctuaires de l’Etat

 

  • La loi « Senate Bill No.4 » (SB4) sanctionne les polices locales des villes et des campus universitaires dits « sanctuaires » qui demandent à leurs officiers de ne pas:
    • Demander le statut légal d’une personne arrêtée ou en détention
    • Signaler à l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), les agents d’immigration fédéraux, le statut illégal d’un immigré qui arrêté ou en détention
    • Aider les agents d’immigration fédéraux (ICE) en leur livrant un individu arrêté en situation irrégulière, ou en arrêtant des individus qui sont sous le coup du « Immigration Detainer Request » – un mandat d’arrêt.
  • Les sanctions contre les shérifs et policiers locaux qui refusent de coopérer avec l’ICE peuvent être financières (1 000 dollars pour une première offense et 25 000 dollars pour des violations supplémentaires), professionnelles (perte de son emploi) et pénales (prison).
  • La loi devrait être appliquée à partir du 1er septembre.
    Une plainte a déjà été déposée par le ministre de la Justice du Texas pour confirmer cette loi. Les associations de défense des libertés ont elles demandé son annulation auprès des tribunaux.
Flyer de Texas AFL-CIO diffusé avant le vote de la loi SB4 en février 2017
  • Les latino-Américains représentent 39% de la population du Texas: c’est la communauté la plus importante après la Californie.
  • Les autorités estiment à 1,5 millions, le nombre d’immigrés en situation irrégulière, dont 80% sont nés au Mexique et 42% d’entre eux sont propriétaires de leurs maisons, c’est-à-dire bien intégrés dans leur communauté.
  • « Le grand boom économique des années 90 et 2000 de l’Etat (« Texas Miracle ») aurait été inconcevable sans l’apport de travailleurs mexicains entrés illégalement sur le territoire. »
  • Le Texas, contrairement à la Californie ou l’Arizona, a toujours été tolérant envers cette communauté: En 2001, avec le Texas Dream Act, le Texas est devenu le premier Etat à offrir des bourses universitaires quel que soit le statut légal des étudiants.
    « La loi était perçue comme un investissement pour l’avenir de l’Etat et avait reçu le soutien des Républicains ».
  • L’afflux d’immigrés mexicains a considérablement baissé, l’économie du Texas a ralenti et les préoccupations sécuritaires dominent aujourd’hui le discours politique.

 

  • Les villes sanctuaires du Texas sont principalement Austin et Dallas et Houston

 

  • Lundi, les centaines de manifestants habillés en rouge ont interrompu pacifiquement la dernière session parlementaire de la saison avec des chants et des bannières contre ces lois « anti-immigration »
  • Un parlementaire républicain a appelé les agents fédéraux d’immigration (ICE) pour qu’ils évacuent les manifestants et « déportent » ceux en situation irrégulière
  • Une provocation qui a failli se terminer en bagarre générale entre parlementaires démocrates et républicains qui se sont bousculés, insultés et menacés.

 

Le kiosque du 04.05.17: Alt Right et les élections françaises – Heritage Foundation – Barack avant Michelle – Morts à la frontière – Kentucky

 

  • Comment l’Alt-Right essaye d’influencer les élections françaises … sans grand résultat

    Sur un forum de messagerie en ligne fréquenté par les extrémistes aux Etats-Unis, un utilisateur anonyme a appelé le mois dernier ses confrères à bombarder les sites de réseaux sociaux en France pour soutenir Marine Le Pen, la candidate française d’extrême droite, en utilisant des memes, des hashtags et autres astuces numériques qui avaient bien marché lors des élections présidentielles américaines l’année dernière. En quelques jours, des centaines d’utilisateurs aux Etats-Unis s’étaient proposé à aider la campagne en ligne.
    Mais les tactiques américaines n’ont pas bien marché de l’autre côté de l’Atlantique

    Les raisons: Les hashtags en anglais, des memes qui ne raisonnent pas dans l’imaginaire français et surtout un pays a ses propres problèmes et façons de faire campagne: Les outils de propagande numériques utilisés par l’alt-right n’ont pas réussi à court-circuité le discours politique en France.
    Par ailleurs la France ne dispose pas d’un médium aussi influent que l’a été Breitbart News dans la campagne américaine.

    * « In French Elections, Alt-Right Messages and Memes Don’t Translate » – The New York Times

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  • Le think tank de la droite américaine en mauvais état

    The Heritage Foundation, créé en 1973 par deux Républicains de Capitol Hill pour influencer les décisions du Grand Old Party au Congrès américain – à travers des rapports courts capables d’être lus en une heure par les sénateurs et Représentants – est devenu en plus de quarante ans le think tank le plus influent de Washington.
    Pourtant « les liens étroits » qu’entretiennent aujourd’hui ces institutions « avec les campagnes et les partis a changé la relation entre [leurs] idées et objectifs politiques ».
    Le départ précipité de l’actuel président de l’Heritage Fondation, Jim DeMint, en place depuis 2013, malgré le pari réussi d’avoir soutenu Donald Trump quand d’autres think tanks avaient choisi Ted Cruz, reflète cette tension et les défis rencontrés par l’institution ces dernières années: Soutien au pouvoir en place ou organisation indépendante chargée de défendre une certaine vision du conservatisme.

    La recherche d’un nouveau leader donne à Heritage la chance de corriger les déviations qu’elle a prises par rapport à son objectif initial et de réaffirmer son identité comme l’usine à idée dont a besoin le mouvement conservateur. 

    Et redevenir un contre-pouvoir indépendant capable d’influencer l’actuel administration

    * « How to make the Heritage Foundation Great Again » – Politico

 

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  • Barack avant Michelle

    « Rising Star » est la dernière biographie de David J. Garrow consacrée au président Obama dans il explique les « calculs que [le jeune Barack] a fait durant les décennies qui ont précédé sa victoire présidentielle » et comment est-ce qu’il a « froidement compartimenté son existence » en conséquence, et dû faire des « sacrifices émotionnels à la poursuite d’un but improbable pour le commun, sauf pour lui. Chaque étape – de son engagement dans la vie de la communauté [afro-américaine de Chicago], à l’Ecole de Droit de Harvard, et même le choix de ceux qu’il a aimé – ne visait pas seulement à vivre sa vie mais à accomplir un destin ».

    On apprend également que Barack Obama a eu une vie amoureuse à Chicago avant Michelle rencontrée en 1989.
    Il a vécu pendant plusieurs années avec Sheila Miyoshi Jager, alors étudiante en anthropologie et blanche comme sa mère Stanley Ann Dunham et dont « les origines hollandaises et japonaises s’inscrivaient dans l’univers multiculturel qu’il essayait de laisser derrière lui ».

    Elle explique à Garrow que Obama avait déjà « un grand besoin d’être aimé et admiré » et qu’elle a vécu une relation très « isolée » puisqu’il compartimentait sa vie sociale de sa vie familiale.

    Ses parents ont refusé la demande en mariage de Barack Obama, faite en 1986, parce qu’elle était trop jeune et parce qu’ils avaient des doutes sur ses ambitions professionnelles.
    A partir de 1987, Barack Obama serait devenu bien plus ambitieux – il parlait déjà de devenir président – et s’est progressivement débarrassé d’une conscience « multiculturelle et internationaliste » pour embrasser l’identité afro-américaine dans laquelle une compagne blanche pouvait être un problème: « L’adoption d’une identité noire était directement liée à la décision de poursuivre une carrière politique » explique Mme Jager, aujourd’hui professeure d’Etudes asiatiques à Oberlin College dans l’Ohio.
    La conclusion de l’immense ouvrage de 1460 pages sur la détermination de Obama: « une volonté inébranlable » mais « appareil creux à l’intérieur »

    * « Before Michelle, Barack Obama asked another woman to marry him. Then politics got in the way. » – The Washington Post

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  • Comment se débarrasser de Trump?

    C’est le grand format du New Yorker cette semaine, « Endgames » ou comment couper court à la présidence de Trump.
    Tout d’abord, un président qui ne termine pas mandat est rare: il y a les décès (huit présidents sont morts en exercice) et la démission de Richard Nixon; deux procédures de destitution ont été enclenchées mais n’ont jamais abouti.

    Il existe deux manières de se débarrasser d’un président: soit en invoquant le XXVème Amendement, décidé par le vice-président et l’Administration, selon lequel le chef de l’Etat est « incapable d’exercer ses pouvoirs », considéré davantage comme « une fantaisie libérale » qu’une éventualité même si Trump est un narcissique sadique.

    L’autre option plus réaliste est celle de l’Impeachment, un « outil de responsabilité politique plus qu’un processus judiciaire » qui peut être voté par la Chambre des Représentants qui aura déterminé que le président à commis une erreur assez grave pour être destitué – c’est elle qui définit la nature de cette erreur à « un moment donné de l’histoire ».
    Pour Bill Clinton, ça été d’avoir menti (perjury) devant un grand jury et seule sa côte de popularité – 70% d’opinions favorables en 1999 – lui ont permis d’être acquitté par un Sénat qui n’a pas atteint une majorité requise de 67 votes sur 100.

    Concrètement, il faudrait un changement de majorité au Congrès américain lors des élections de mi-mandat en novembre 2018 pour que les Démocrates président les commissions parlementaires et sénatoriales capables de trouver des éléments à charge contre le président (conflits d’intérêts, impôts, la Russie) et enclenchent une procédure de destitution si tant est qu’il soit toujours aussi impopulaire auprès des Américains – il a 40% d’opinions favorables, le score le plus bas jamais réalisé depuis que l’institut Gallup réalise ces sondages d’opinions.

     

    * « How Trump Could Get Fired? » – The New Yorker

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  • Kentucky, bientôt le premier Etat américain où il est impossible d’avorter

    Cette année, le gouverneur Matt Bevin, un Républicain fervent militant pro-life a empêché une clinique du Planning familial de procéder à des avortements, a fait fermer un clinique pratiquant l’IVG dans la ville de Lexington et menacé de fermer la dernière [de l’Etat] à Louisville.
    Soutenue par l’American Civil Liberties Union, la clinique a porté plainte contre l’Etat. Le procès aura lieu au mois de septembre.
    La démarche très agressive du gouverneur a fragilisé les militants des droits des femmes, l’ont transformé en héros chez les opposants à l’avortement et les a mené tout à cette question: Le Kentucky est-il en passe de devenir le seul Etat sans aucune clinique pratiquant l’avortement?


    Les assauts répétés des gouverneurs, Représentants et Sénateurs républicains au niveau des Etats et de Washington contre l’avortement remet aujourd’hui en cause ce droit reconnu dans la Constitution américaine depuis 1973.

    Le Kentucky, qui disposait de 17 cliniques pratiquement l’IVG en 1978, fait partie aujourd’hui des sept Etats – avec le Dakota de Nord, le Dakota du Sud, le Missouri, le Mississippi, le Wyoming et la Virginie Occidentale – qui n’en disposent plus que d’une.

    * « Legal fight could make Kentucky Only State With no abortion Clinics » – The New York Times

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  • « Operation Identification »

    Grand reportage multimédia dans le New York Times sur ces milliers d’anonymes qui sont morts en tentant de traverser la frontière mexicaine vers les Etats-Unis en quête d’une nouvelle vie.

    « Ils représentent une fraction des morts recensés le long de la frontière texane. Dans un comté seulement, les restes de cinq cent immigrés ont été retrouvés depuis 2009 »

    Ils sont identifiés par des numéros « Case 0435 » est mort à un kilomètre d’une route qu’il devait essayer de retrouver, « Case 0469 » a été retrouvé avec un bracelet vert, « Case 0519 » portait sur lui une bible en espagnol. Tous ces objets sont gardés dans une morgue de Texas State University située près de San Antonio qui finance un projet Operation Identification avec le département d’anthropologie médico-légal qui essaye d’identifier ces individus, morts pour la plupart de déshydratation.

    * « A Path to America, Marked by More and More Bodies » – The New York Times

 

  • Elizabeth Moss est une new yorkaise

    Extrait d’une interview donnée au New York magazine:

Jon Ossoff à quelques voix près.

Jon Ossoff, le jeune démocrate de Géorgie n’a récolté que 48,1% des voix au premier tour des élections très médiatisées du sixième district de Géorgie.
Match retour le 20 juin prochain.

 

Ce sera lui contre tous les Républicains et Donald Trump ou comme le président l’affirme ce matin sur Twitter: « Hollywood contre la Géorgie ».

Jon Ossoff, la sensation démocrate qui donne du fil à retordre aux Républicains dans leur propre fief de la banlieue chic d’Atlanta a raté l’opportunité hier de remporter du premier coup un siège de Représentant au Congrès américain.
 
 

Comme l’ont résumé Anna Palmer et Jake Sherman hier sur Politico:

 

« Soyons honnêtes: quoi qu’il se passe ce soir dans la course pour remplacer le siège du nouveau Secrétaire d’Etat à la Santé Tom Price dans la banlieue d’Atlanta, Washington va transformer l’évènement en quelque chose de bien plus important qu’il n’est.
Si les républicains réussissent à maintenir Jon Ossoff en dessous de 50% et obligent un second tour, le GOP [le parti républicain] dira qu’ils ont réussi à arrêter un nouveau candidat avec beaucoup d’argent dans un environnement politique difficile et se seront certains d’une victoire en juin prochain.
Les Démocrates diront eux qu’il a eu de très bons résultats dans un district républicain – et c’est vrai. »

 
 
Exactement ce qu’il se passe ce matin, à l’exception de l’intervention du président Trump, avec élégance comme d’habitude: Il « est content d’avoir aidé » à la « grande victoire » des Républicains même si la candidate Karen Handel a récolté moins de 20% des votes.
 
Il a retrouvé sa verve de candidat en insistant sur « l’échec » des Démocrates, malgré l’aide des « fake media » et « beaucoup d’argent » – l’ancien attaché parlementaire a récolté plus huit millions de dollars pour sa campagne, quatre fois plus que sa rivale républicaine.

 

 
 

C’était le grand test pour les Démocrates et les Républicains, six mois après la victoire de Trump et trois mois après son investiture.
Un espoir déçu pour Jon Ossoff mais une mise en garde pour le parti de la majorité qui aurait pu recevoir une première défaite humiliante dans un district qui vote républicain depuis les années 80.
 
 
 
Il faut pourtant rester prudent sur les implications de ces élections déclarait la semaine dernière The New Republic :
 
Aussi excitante que serait la victoire d’Ossoff pour les démocrates si tôt dans cette présidence de Trump – et pour les médias nationaux dans cette année sans élection – il existe beaucoup de raisons de douter que cette campagne soit le signe du succès ou de l’échec du parti, qui ne fait que transformer un sentiment anti-Trump en victoire électorale.
Que les démocrates du pays investissent tant d’argent et d’énergie dans Ossoff en dit plus sur le parti que sur cette élection. (…)
Le danger pour les démocrates, c’est qu’une défaite soit interprétée comme le signe d’une résistance plus fragile envers Trump.

 

Le second tour opposera Jon Ossoff et Karen Handel.
La mobilisation devrait aussi importante que celle d’hier qui a réuni hier près de 200 000 électeurs, la moitié des inscrits du district.
 
 
 
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Le kiosque du 15.04.17

 

 

  • Elle est devenue si normale que ça cette Maison Blanche?

    Il n’y a pas seulement Donald Trump qui a changé d’opinion sur sa politique étrangère, certains grands médias américains ont considérablement adouci leur ton envers le président et la Maison Blanche depuis le lancement des attaques aériennes en Syrie, le rapprochement avec la Chine et le largage de la fameuse « Mother of All Bombs ».
     
    On parle d’attitude « présidentielle » comme si le recours militaire avait effacé toutes les errances de la nouvelle administration depuis deux mois et demi, et malgré toutes casseroles qu’elle traîne encore derrière elle – les accointances avec la Russie, devenue entre-temps l’ennemi juré.

     
    Parmi eux, David Ignatius, un éditorialiste du Washington Post:
     

    Cette semaine, Trump a adopté une différente approche – plus prudente et consensuelle. Oui, ça la rapproche de la politique étrangère traditionnelle que lui et Bannon ont raillé pendant la campagne.
    Et ça lui donne également le goût du succès qu’il aime tellement.

     
    Joe Scarborough, proche et à la très critique envers le président, se demandait hier matin comment gérer « les succès de Trump »
     

     
    Oui mais dans un domaine particulier seulement, la politique étrangère et parce qu’il s’est entouré d’un solide Conseil National de Sécurité, sous l’autorité du général H.R.McMaster.
    Depuis le 20 janvier, les seules missions accomplies par la Maison Blanche l’ont été par décrets présidentiels (dans le domaine de l’énergie et de l’environnement) et que les grandes mesures de son programme
     « America First » ont échoué devant le Congrès américain ou dans les cours de justice.
    Tout reste donc encore à prouver pour le président

     
    * « Trump gets a taste of Success »Washington Post

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Ann Telnaes – The Washington Post

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  • Le Trumpisme n’existe pas

    Conscient des échecs politiques et des sondages catastrophiques d’une administration sous l’influence belliqueuse de Steve Bannon, un novice en politique, le président a décidé d’opter pour des succès quitte à trahir sa base électorale et des médias qui l’ont soutenu jusqu’ici.

    L’excuse selon laquelle « la doctrine de Trump est de ne pas avoir de doctrine » qui circulait depuis plusieurs jours pour justifier les revirements de positions dans le domaine de la politique étrangère est en train de s’essouffler et les premières critiques de fond et déceptions se font entendre. 
    Ramesh Ponnuru résume parfaitement le paradoxe dans Bloomberg View:
     

    Les intellectuels, qu’ils soient pour ou contre Trump, veulent construire un « isme » dans tout ce qui rentre dans la politique: Un « isme » qui inclut l’opposition au libre-échange, à l’immigration de masse, à l’intervention étrangère qui ne sont pas attaques contre nous, et aux réformes sociales. Mais le Trumpisme n’existe pas. Le président a des tendances et des pulsions, dont certains sont en contradiction, plutôt qu’une philosophie politique.

     
    Jonah Goldberg dans National Review a de la sympathie pour les supporters de Trump qui se sentent « trahis »:
     

    Ils ont fait une erreur toute simple: Ils ont pensé que le Trumpisme était un programme idéologique cohérent, comme le Reaganisme. (…) Le problème, c’est que le Trumpisme n’est pas une idéologie, c’est un état d’esprit. Pour être plus précis, c’est un état d’esprit qui change tout le temps.
    Trump l’admet lui-même, en disant qu’il refuse d’être réduit à une idéologie ou à une doctrine, et préfère la flexibilité, pas seulement sur les moyens mais sur la fin.

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  • Breitbart lance son offensive contre le président


    Si les Républicains et conservateurs sont désormais conscients qu’il est impossible de prédire les choix du président en fonction d’une idéologie ou du bon sens, les plus à droite, et souvent les plus fidèles de ses supporters voudraient que leur candidat se tienne au programme pour lequel ils l’ont élu.

     
    Breitbart News, qui a déjà dénoncé plusieurs propositions et décisions de Trump (American Health Care Act, les frappes en Syrie) est le plus critique envers le président et évoque des électeurs qui ‘[auraient] perdu la foi »: « c’est parti tellement du mauvais côté » titrait l’article le plus lu et commenté (12 787 réactions) du site hier reprenant les propos de certains supporters de Trump dans le Michigan.
     

    Alors que la limite des cent jours est bientôt atteinte, le président Trump devra faire attention à équilibrer les deux camps évidents de la Maison Blanche: Les nationalistes et les « globalists », entre lesquels une vraie réconciliation semble peu probable.

     
    Depuis la mise à l’écart, de Steve Bannon, ancien président de Breitbart, le ton est plus menaçant dans les colonnes du site alt-right pour dénoncer l’influence prise par le gendre du président, Jared Kushner et Gary Cohn, ancien démocrate, président du Conseil national économique: Penny, par exemple, se sent trahie parce qu’elle « n’a pas voté pour Jared et Ivanka » ou encore Jeff qui explique « ne pas vouloir entendre parler de membres de la famille qui ont eu un impact » sur les décisions de la Maison Blanche.

     

    * « A lesson for Trump’s Intellectual Vanguard » – Bloomberg View
    * « It’s almost literally the opposite of saying ‘Let Reagan be Reagan’ «  – National Review
    * « Michigan Trump voter lose Faith » – Breitbart

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  • L’Arkansas interdit d’exécuter huit condamnés à mort. 


    Deux juges d’Arkansas viennent de suspendre l’exécution par injection létale de huit condamnés à mort qui devait commencer la semaine prochaine sur les ordres du gouverneur de l’Etat qui a fait immédiatement appel.

     
    Le premier juge a interdit hier et jusqu’à nouvel ordre l’utilisation d’un des produits utilisés pour l’injection après une plainte déposée par le distributeur de ce produit.
    La compagnie McKesson accuse l’Etat de lui avoir menti sur la nature de cet achat, l’aurait même remboursé pour récupérer la marchandise qui n’a jamais été retournée.

     

    Les huit condamnés à mort d’Arkansas



    Un second juge a accepté ce matin la plainte déposée par les prisonniers eux-mêmes qui affirment l’emploi du temps et le protocole fixés par l’Etat (huit exécutions en onze jours) n’était pas constitutionnels.
     

    La pénurie des substances utilisés pour l’injection létale pose des problèmes à de nombreux Etats américains ces dernières années et les Représentants de l’Arkansas ont justifié toutes ces exécutions par la rareté des produits.
    Ils ont expliqué que l’une des trois substances injectées expire ce mois-ci et ils ne sont pas sûrs de pouvoir s’en procurer à nouveau.

     
    De nombreux laboratoires pharmaceutiques, dont Pfizer, refusent que leurs produits soient utilisés pour tuer des prisonniers.

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  • Les pauvres encore pauvres du Mississippi

    L’Etat le plus pauvre du pays, le plus religieux, le Mississippi est aussi l’un des plus conservateurs, notamment dans le domaine fiscal qui se traduit par un minimum de dépenses allouées aux populations les plus pauvres, que ce soit sur les soins de santé, pour les aides sociales ou les Food Stamps, les coupons alimentaires.
     
    Depuis plusieurs années, le nombre de personnes ayant accès aux aides de l’Etat et du gouvernement fédéral a dramatiquement diminué: En 2016, seulement 1,42% des applications pour le Temporary Assistance for Need Families (TANF) – un programme qui offre 170 dollars par mois à une famille de trois enfants – ont été acceptées, c’est-à-dire 167 foyers sur 11 000 demandeurs; une tendance qui s’est aggravée ces dernières années puisqu’il était déjà de 89% en 2011 (comme le Texas) et de 50% entre 2003 et 2010.
     

    Les Etats cherchent généralement à limiter le nombre de TANF pour utiliser cet argent dans d’autres domaines [que les aides sociales] mais le Mississippi fait figure d’exception avec des taux aussi bas.

     
    L’Etat, interrogé sur ces chiffres dérisoires, refuse de répondre en expliquant qu’il existe différentes raisons pour lesquelles ces familles dans le besoin n’ont pas le droit aux allocations: elles ne remplissent pas les critères d’éligibilité, incapacité à fournir les documents nécessaires, refus de coopérer avec les services de l’Enfance … toutes les excuses possibles et légales pour refuser d’aider ces foyers.
     
    Think Progress révèle également que l’Etat n’a cessé de mettre des « barrières » pour diminuer au maximum la possibilité de percevoir des aides: Nécessité d’être à la recherche d’un emploi, dépistage de drogues …
     

    On ne peut expliquer cette tendance par un changement drastique de politiques mais une évolution de la culture et des buts [du gouvernement du Mississippi] qui ne sont officiellement reportés nulle part.

     
    Aucun loi votée par le parlement du Mississippi n’a provoqué cette augmentation des refus et personne n’arrive à comprendre d’où ça vient. Le gouvernement fédéral qui alloue chaque mois à l’Etat une certaine somme n’a pas le droit de regard sur la façon dont il est dépensé.
    Résultat: les pauvres sont devenus encore plus pauvres.
     
    * « Mississippi is rejecting nearly all of poor people who apply for Welfare » – ThinkProgress

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  • Couverture du Jour

    De la série Transparent à Billions, les personnages LGBT sont plus visibles que jamais. Comme l’explique l’actrice non-binaire ou genderqueer Asia Kate Dillon, le futur est prometteur.

     
    * « You didn’t win, we won; The great LGBT revolution » – The Guardian guide