Le kiosque du 26.04.17: Juge vs décret présidentiel – Tom Brady – Le Mur & El Chapo – Breitbart discrédité – HBO

 

 

  • Suspension d’un décret présidentiel: Encore une fois!

    Une manifestation a San Francisco le 25 janvier dernier

     

    Le président Trump ne peut pas obliger les villes sanctuaires comme San Francisco à coopérer avec les officiers d’immigration sous peine de supprimer leurs subventions a affirmé un juge fédéral mardi dans une décision qui interdit l’application du décret de Trump sur l’ensemble du pays.
    S’agissant du premier passage juridique d’un décret présidentiel signé par Trump, cinq jours après son investiture, le juge de San Francisco avait affirmé que le président dépassait ses pouvoirs constitutionnels en essayant de punir des gouvernements locaux qui refusaient de se plier à ses politiques d’immigration.

     
    Le juge a qualifié le décret d’inconstitutionnel:
     

    « La constitution confère au Congrès le contrôle des dépenses, et pas au président, donc le décret [présidentiel] ne peut constitutionnellement imposer de nouvelles conditions aux subventions fédérales. »

     
    Une décision importante qui a soulagé la plupart des grandes villes du pays dites « sanctuaires », qui se sont engagées à défendre les droits des immigrés en situation irrégulière contre les agents de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) et qui craignaient de voir les subventions offertes le gouvernement fédéral.
     
    La Maison Blanche a critiqué la décision:
     

    Aujourd’hui, l’Etat de Droit a reçu un nouveau soufflet de la part d’un juge, qui n’a pas été élu et qui récrit la politique d »immigration de notre pays

     
    Trump a réitéré le même tweet que lors de la suspension de la « travel ban »:
     

    Rendez vous à la Cour Suprême

     
    * « Trump order blocked » – San Francisco Chronicle
    * « Us judge blocks Trump order threatening funds for ‘Sanctuary’ Cities » – The Los Angeles Times

 

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  • Financer le mur avec l’argent d’El Chapo

    Donald Trump doit trouver les fonds nécessaires pour construire son fameux mur le long de la frontière mexicaine et comme ni le président mexicain, ni les Démocrates du Congrès américain sont prêts à le financer, le sénateur républicain Ted Cruz, candidat malheureux des dernières présidentielles a eu une idée intéressante: Financer le mur avec la fortune du seigneur de la drogue mexicain, El Chapo, actuellement enfermé dans une prison américaine:
     

    14 milliards de dollars pourraient largement permettre la construction d’un mur capable de protéger les Américains et empêcher le transit illégal de drogues, d’armes et d’individus de part et d’autres de la frontière.
    Assurer la sécurité des Texans est l’une de mes priorités. (…)
    Le gouvernement américain cherche actuellement à mettre la main sur les profits des activités criminelles, estimés à 14 milliards de dollars, notamment par la drogue, qui appartiennent à El Chapo, l’ancien leader de cartel de la drogue de Sinaloa, récemment extradé aux Etats-Unis qui doit répondre à de multiples accusations, dont celles de meurtre et de blanchiment d’argent

     
    Mr Cruz a même introduit une loi du nom éponyme « EL CHAPO » (« Ensuring Lawful Collection of Hidden Assets to Provide Order » qui signifie « Assurer la collection des biens cachés pour financer le décret ») mardi devant la Cour du Texas.
     
    * « Ted Cruz calls for $14 billion seized from « El Chapo » to fund border wall »Breitbart

 

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  • Breitbart n’a pas d’accréditation officielle

    Coup de massue pour le site d’info alt-right.
    Le comité du Congrès américain a refusé de donner une accréditation permanente à Breitbart News à cause des différents conflits d’intérêts que la compagnie n’a pas su éclaircir: un ancien manager de la rédaction qui travaille jusqu’à début mars pour un think tank conservateur (Governement Accountability Institute) ou le rôle flou de la très puissante famille Mercer, le plus important donateur de la campagne de Donald Trump, actionnaire de Breitbart News. Rappelons également que l’un des plus proches conseillers du président, Steve Bannon, était l’ancien président de la compagnie et si les deux partis affirment ne plus être en contact, des doutes subsistent.

     
    Un organe de presse doit montrer patte blanche pour obtenir une accréditation officielle au Congrès, prouver notamment qu’il n’a aucune attache financière, depuis sa création, à n’importe quel lobby au sein de Congrès.
    Une fois obtenu, il permet d’accéder au tout Washington et surtout de faire partie de l’Association des correspondants de la Maison Blanche qui permet aux journalistes de voyager avec le président.

     
    Breitbart rate ici l’occasion de jouer dans la cour des grands médias conservateurs.
     
    * « Breitbart has been denied Permanent Congressional Press Credentials »Buzzfeed
    * « The reclusive Hedge Fund tycoon behind the Trump Presidency »New Yorker

     

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  • L’effet bulle des médias toujours plus important

    Une carte de Politico qui illustre la concentration des médias dans les comptées démocratiques. En rouge les votes Trump en 2016 contre ceux de Clinton en bleu et les Bulles représentent les 150 comtés qui ont le plus d’emplois dans les médias

     

    « Comment est-ce que les grands médias américains ont pu louper le phénomène Trump? (…)
    Certains conservateurs ont accusé la presse à grande majorité démocrate de prendre parti pour Clinton, mais ce soit-disant parti-pris ne tient pas puisqu’aucun organe de presse n’a ignoré l’histoire des emails de Clinton, tout le monde s’est gargarisé sur la correspondance [piratée] de John Podesta [son directeur de campagne] que Wikileaks a servi sur un plateau d’argent.

     
    Pour Nate Silver, de FiveThirtyEight, c’est l’hyper-homogénéité idéologique des « newsrooms » (à 93% démocrates) qui expliquent la « myopie de la presse »; même constat pour Steve Bannon, ancien président de Breitbart qui affirmait au lendemain de la victoire de Trump: « La bulle médiatique est le symbole ultime de ce qui ne tourne pas rond dans ce pays, c’est une cercle de gens qui se parlent entre eux sans avoir aucune idée de ce qu’il se passe ».
     

    Mais [ces explications] sont le symptôme [d’une situation] et pas sa cause.
    Et quand on en vient aux causes, il existe une autre façon de penser le problème (…)
    On trouve cette réponse sur une carte.
    Où est-ce que les journalistes travaillent et est-ce que [cette distribution] changé ces dernières années? (…)
    Les médias nationaux travaillent dans une bulle qui n’existait pas il y a une dizaine d’années.
    Cette bulle ne cesse de grossir. Concentrée le long des côtes, elle est géographique et politique. Si tu es journaliste, il a beaucoup de chances pour que tu vives dans une circonscription pro-Clinton – et très certainement l’une des plus « pro-Clinton ».
    Et tu as même de la compagnie puisque si tu es un lecteur de Politico, il y a beaucoup de chances pour que tu sois un citoyen de Bubbleville, aussi.

     
    Au début des années 2000, il existait encore une sorte d’équilibre entre les magazines, radio et télés concentrées depuis plusieurs générations entre New York et Los Angeles, et de nombreux quotidiens et leurs journalistes éparpillés un peu partout sur le territoire, dans des grandes, moyennes et petites villes.
    Ca n’est plus le cas aujourd’hui.

    Les employés travaillant pour les quotidiens et hebdomadaires sont passés de 455 000 dans les années 90 à 173 000 en 2017, à cause notamment des baisses de revenus publicitaires et montée d’internet, qui ont touché en premier les zones les plus rurales.
     
    * « The Media Bubble is worse than you think » – Politico

 

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  • A la recherche du maillot de Tom Brady

    A la suite d’un des plus grands retours gagnants de l’histoire du Super Bowl, les Patriots de New England ont remporté en février dernier leur cinquième Championnat de football américain, le quarterback et star de l’équipe, Tom Brady s’est fait volé le maillot de la victoire, estimé à un demi million de dollars, dans les vestiaires du Gillette Stadium de Houston.
     
    Ce que le public ne savait pas, c’est que la même déconvenue était arrivée au joueur deux auparavant lors de la victoire du Super bowl contre les Seahawks de Seattle: ni vu ni connu, un individu s’était introduit dans les vestiaires ultra sécurisés du stade et avait pris le « jersey » dans le propre sac du joueur.

    Cette année, l’incident est devenue une affaire d’Etat: Une enquête impliquant des détectives du Houston Police Department, du FBI de Boston (la ville des Patriots), la participation de la chaîne de télé Fox qui retransmettait le match (qui a fourni les vidéos des vestiaires) et plus tard les autorités mexicaines ont permis de retrouver deux maillots victorieux de Brady chez le dirigeant d’un fameux tabloid de Mexico City, La Prensa.
     
    L’homme a été très rapidement isolé sur les vidéos des caméras de surveillance, et identifié grâce aux différentes accréditations données le soir du Super Bowl: Il s’agit de Martin Mauricio Ortega.
     
    Au même moment, l’un des agents du FBI de Boston a reçu la photo d’un fan des Patriots sur laquelle figurait l’autre maillot volé de Tom Brady qu’il avait reçu d’un vendeur sur Ebay – alors que personne n’avait rapporté le vol du maillot.
     
    Début mars, le FBI a donc récupéré les deux maillots du champion.
    Mr Ortega, qui habite au Mexique, a peu de chances de terminer en prison
     


     
    * « The Great Superbowl Jersey Caper »Sports Illlustrated

 

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  • Un nouveau documentaire de HBO sur les ravages des opiacés de synthèse

    La chaîne câblée, qui a déjà réalisé un documentaire sur la question en 2015, « Heroin, Cape Cod, USA »  diffuse lundi prochain un nouveau témoignage, « Warning: This drug may kill you », sur la « pire crise sanitaire de l’histoire de ce pays », l’épidémie d’opiacés de synthèse, que nous évoquons régulièrement dans le Kiosque, et qui a fait plus de 50 000 morts en 2016.
     
    Introduites au milieu des années 90 à grands renforts de campagne marketing, ces « anti-douleurs » ont rendu dépendants des centaines de milliers de patients, contrairement aux conseils des médecins et laboratoires pharmaceutiques de l’époque.
    Parce que le médicament est prescrit, toutes les couches de la populations sont affectées par cette épidémie – l’épidémie de crack touchait uniquement les minorités urbaines défavorisées.
     
    Le président Trump a promis de s’attaquer à ce problème (qui a touché de nombreux Etats ou Trump est arrivé en tête) et à ses bénéficiaires, les compagnies pharmaceutiques.
     
    Sauf qu’il a nommé pour cette mission deux individus « que le lobby des opiacés aurait justement voulu pour le job » et qui ont travaillé à affaiblir les mesures de régulations contre les distributeurs de médicaments auprès de la Drug Enforcement Administration.

    Le taux de mortalité par overdose est plus important que les suicides, accidents de voiture ou armes à feu
     

     
    * « Trump is not off to a good start with opiod addiction » – The Hill

 

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  • Les quotidiens du mercredi 26 avril

Le kiosque du lundi 30 janvier 2017

 

  • Des protestations ont eu lieu dans tout le pays dimanche contre la décision de Donald Trump de suspendre l’entrée de tous les réfugiés et des citoyens originaires de Libye, Syrie, Irak, Iran, Somalie, Soudan et Yemen sur le territoire américain pendant trois mois; considérée par ses détracteurs comme étant une #MuslimBan, une « interdiction des Musulmans » et que Rudolph Giuliani a d’ailleurs confirmé.
    Une quarantaine de rassemblements ont eu lieu dans les aéroports de New York, Washington, Boston, San Francisco, Dallas, Phoenix, …
  • Deux jours après sa signature et mise en place immédiate, l’administration Trump est incapable de définir précisément l’étendue de cette loi étant donné le manque de coordination avec les agences gouvernementales et les arrêts pris par trois juges fédéraux différents ce weekend. Les déportations ont été interdites mais pas l’entrée sur le territoire et aucun juge n’a tranché sur la constitutionnalité du décret présidentiel.
  • Donald Trump a réaffirmé hier sur la page Facebook que ce décret « [n’avait] rien à voir avec la religion. »

    Cela à avoir avec la terreur et la volonté de protéger notre pays. Il y a plus de quarante pays dans le monde entier peuplés majoritairement de musulmans qui ne sont pas affectés par cette loi. Nous continuerons à délivrer des visas à tous ces pays une fois que nous aurons décidé et mis en place des politiques plus sûres d’ici les trois prochains mois. »

  • Aucun ressortissant de ces pays n’a été impliqué dans un attentat sur le territoire américain ces quarante dernières années, contrairement à d’autres pays musulmans comme l’Egypte, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Arabie Saoudite, dans lesquels les Etats-Unis et Donald Trump ont des intérêts économiques et financiers.
  • Sur les 292 parlementaires républicains, vingt ont dénoncé le décret de président (qui les traités de « faibles »), quinze l’ont supporté et 257 ont préféré garder le silence, contrairement aux 202 parlementaires démocrates qui ont publiquement condamné la démarche de Trump, certains sont allés manifester dans les aéroports.
    Trente neuf seulement n’ont pas réagi.
    Tous devraient se réunir aujourd’hui devant la Cour Suprême des Etats-Unis, à Washington D.C., en signe de protestation.
  • De nombreux journaux dont le Los Angeles Times et le New York Times ont lancé des appels à témoins concernant les immigré(e)s touché(e)s par les mesures de Donald Trump afin partager leurs histoires.
    Les journaux télés et les réseaux sociaux donnaient hier des recommandations légales et pratiques aux centaines d’immigrés titulaires d’une Green Card qui sont toujours coincés dans les aéroports américains, face aux officiers de l’immigration et du Département de la Sécurité Intérieure, qui se sont engagés à appliquer les mesures de président et respecter les directives du Département de Justice
  • Les entreprises américaines ont réagi également ce week end à l’offensive de Trump contre les musulmans. Uber est boycottée après l’entrée de son co-fondateur, et actuel P.-D.G, Travis Kalanick dans le comité économique chargé de conseiller la nouvelle administration. Son concurrent Lyft a lui offert un million de dollars à ACLU, American Civil Liberties Union, qui a réussi à obtenir le premier revers de la #MuslimBan samedi soir ordonné par un juge de Brooklyn. L’association aurait récolté dix millions de dollars de donations ce weekend.
    Starbucks a annoncé vouloir engager dix mille réfugiés ces cinq prochaines années provenant des soixante quinze pays dans lesquels la compagnie est implantée et en commençant par tous ceux qui ont aidé l’armée américaine sur le terrain, comme les interprètes ou personnels de soutien.
  • #StopPresidentBannon
    Le président a réorganisé le Conseil National de Sécurité, une organisation administrative qui dépend directement de lui et qui le conseille sur des questions stratégiques de sécurité nationale, et dont l’influence est importante dans le domaine des Affaires Etrangères.
    Trump a décidé de remplacer le siège permanent de conseiller militaire, appartenant actuellement au Chef d’Etat-Major des armées, le général Joseph Dunford par son plus proche conseiller, l’ancien président de Breitbart News, le « Darth Vador » auto-proclamé de la Maison Blanche, auteur du discours d’investiture, de la plupart de ses décrets, et de la politique hostile envers la Chine et le Mexique, un ancien de la Navy et de Goldman Sachs qui haït la presse: Steve Bannon.
    L’influence qu’a pris cette figure du mouvement alt-right, et celle de son ami proche, Stephen Miller, dans la nouvelle administration, aux côtés du président inquiète les Démocrates et certains Républicains (John McCain). Bannon a commencé à collaborer il y a seulement cinq mois avec Donald Trump et ce dernier n’a aucune expérience sur les questions de sécurité. 
  • Le gouverneur démocrate de New York, Andrew Cuomo, a réagi hier soir à la première semaine de Donald Trump:« En tant que New Yorkais je suis musulman. En tant que New Yorkais je suis juif. En tant que New Yorkais je suis noir, gay, handicapé, une femme qui contrôle sa santé et ses choix. Parce en tant que New Yorkais, nous sommes une communauté – La communauté new yorkaise comprend tous ceux là. »

            

  • « Ca a pris trois ans à George W.Bush pour passer en dessous des 50% d’opinions favorables, ça a pris huit jours à Donald Trump ». Le président a commencé la présidence lundi dernier avec 51% de soutien dans les sondages et est tombé à 42% ce weekend. 
  • Michael Flynn Jr, le fils du conseiller à la Sécurité Nationale de Donald Trump, écarté de l’équipe de transition en décembre dernier après avoir défendu sur Twitter la théorie complotiste à l’origine du « pizzagate » – selon laquelle des suppôts de Hillary Clinton dirigeaient un réseau pédophile au sous-sol d’une pizzeria de Washington – a récidivé ce weekend en qualifiant le décret de Trump de « temporary #MuslimBan ».
    Une bourde qui l’a obligé à effacer son compte Twitter.

  • Hier soir à Los Angeles ont eu lieu les 23ème SAG Awards, les récompenses par le Screen Actors Guild, le syndicat des acteurs de cinéma et de télévision aux États-Unis, le second Roast de Donald Trump après l’officiel diffusé sur Comedy Central en 2011.
    Chacun a eu son mot à dire contre Donald Trump: le casting d’Orange is the New Black, Mahershala Ali de Moonlight, Julia Louis Dreyfus pour Veep, Ashton Kutcher, Brian Cranston, William H Macy, Kerry Washington, Emma Stone, le casting de Stranger Things.

    Le discours le plus drôle a été celui de Lily Tomin, introduite par Dolly Parton, qui a parlé de sa carrière, de ses ratés, de sa partenaire et de sa prochaine pancarte à la prochaine marche. Le plus Rock’n’Roll était celui du casting surexcité et révolté de Stranger Things, via les propos de l’acteur David Harbour et les mimiques de Winona Ryder Le plus émouvant était celui de Mahershala Ali, ci-dessous

Kellogg’s-Breitbart: La guerre des céréales aura-t-elle lieu?

Le géant alimentaire Kellogg’s a décidé de ne plus promouvoir ses produits le site alt-right Breitbart qui a répondu en appelant ses lecteurs à boycotter la marque.

Bloomberg News a annoncé mardi que la compagnie alimentaire allait retirer tous ses encarts publicitaires du site « devant les inquiétudes soulevées par ses discours de haine » surtout depuis que son ancien rédacteur-en-chef, Steve Bannon, est devenu l’un des plus proches conseillers du futur président, Donald Trump.

Le site d’informations n’a pas du tout apprécié hier matin en accusant Kellogg Co. de « retirer ses pubs du géant des médias conservateurs [sic] parce que ses 45 millions de lecteurs conservateurs mensuels ont des valeurs différentes de celle de la compagnie »

dumpkelloggs

« Par conséquent, Breitbart Newsone of the world’s top publishers [sic], a lancé une pétition, #DumpKelloggs et appelé au boycott de la compagnie ».
Une démarche encouragée par le nouveau rédacteur en chef Alexander Marlow, qui a qualifié « [la] guerre [de Kellogg’s] contre Breitbart News de sectaire et anti-américain (…) un acte disgracieux de lâcheté » surtout si elle vise à « calmer le totalitarisme de la gauche ».

Le site peut compter sur la docilité de son « vaste lectorat et de ses abonnés » qui serait le plus influent sur Twitter et Facebook ou la résistance bat effectivement son plein.
La pétition avait récolté presque 100 000 signatures hier soir.

 

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breitbart.com

On voit rarement Breitbart dans une position aussi défensive, qui en appelle à la liberté d’expression, à la défense de son équipe de rédaction soit disant très diversifié et hautement qualifiée. Ce sont eux qui se moquent généralement des libéraux pleurnichards et à fleur de peau, mais il semblerait que quand on touche à leurs revenus, les enjeux deviennent tout de suite plus sérieux.

Plusieurs marques ont décidé de ne plus promouvoir leurs services et produits sur leur site ces dernières semaines depuis l’élection de Donald Trump, à l’instar de la compagnie d’assurance Allstate, Nest, Earthlink, Warby Parker, et SoFi, alors que la société AppNexus spécialisée dans la publicité sur internet l’a « blacklisté » de ses clients – A la suite de plaintes de consommateurs.

Comment gérer les tweets du futur président?

Quelle attitude adopter devant les tweets toujours plus provocateurs du futur président? De l’importance et passer les quatre prochaines années à décortiquer ses propos infantilisants ou l’ignorance, quitte à ne pas ne dénoncer ses actes?

 

Ce matin, Donald Trump a fermement condamné ceux qui brûlaient les drapeaux américains et affirmé qu’ils devraient « peut-être perdre la citoyenneté ou faire une année de prison. »

Les propos ont été retweetés plus de 50 000 fois, ont reçu près de 160 000 likes mais ont provoqué une fois de plus les moqueries et les critiques de nombreux internautes, qui ont envahi le mur de @realdonaldtrump de toutes les utilisations possibles du drapeau américain (poncho, maillot de bain) et ont invoqué le premier Amendement de la Constitution américaine qui autorise cette pratique.

nytimes.com
nytimes.com

Selon le site Mediaite, il aurait (sur)réagit aux protestations d’une poignée d’étudiants du Massachusetts qui ont mis le feu à la bannière étoilée quelques jours après les élections.
Donald Trump a dû agir seul – il était presque 7 heures du matin – et encore une fois, il a eu tort sur des propos très controversés: L’emprisonnement de citoyens américains pour ce genre d’action enfreint la liberté d’expression, et fait référence à des plus totalitaires que démocratiques.

Rappelons au passage que l’un de ses juges préférés de la Cour Suprême du pays, Anthony Scalia, décédé en février dernier, avait voté en 1989 pour la protection de ceux qui décident de brûler leur drapeau.

Une question se pose aujourd’hui pour beaucoup de journalistes: quelle attitude tenir envers les dérapages quasi-quotidiens du futur président de la première démocratie au monde, qui semble ne pas avoir encore compris les conséquences de ses actes ?
Va-t-on réduire l’actualité du pays aux tweets infantilisants d’un homme qui va occuper l’une des positions les plus influentes au monde?

Le New York Times abordait le tweet de Trump sur sa homepage cet après midi, même chose pour le Washington Post, qui publiait un article annonciateur ce matin intitulé « Pourquoi nous ne pouvons et ne devrions pas ignorer les Tweets de Donald Trump ». Le journaliste reprenait les propos controversés de Trump postés dimanche sur les accusations de fraude électorale de millions d’électeurs (illégaux) qui expliqueraient sa défaite dans le vote populaire.

washingtonpost.com
washingtonpost.com

Il existe une théorie selon laquelle Trump tenterait de divertir les médias avec ses tweets controversés pour les empêcher de prêter attention à des sujets plus graves, comme ses conflits d’intérêts en tant que businessman et futur président ou certaines accusations de corruption.

Jack Shafer, un journaliste de Politico appelle ses confrères à « ne pas être le pigeon du Twitter de Trump ».

L’attitude des médias républicains et conservateurs est elle bien plus relax, comme le Wall Street Journal qui aborde l’info de manière plutôt légère dans une de ses pages Opinion intitulée « The Best of The Web ».

Le site Breitbart News a juste rapporte également le tweet sans trop le commenter – contrairement aux 7 000 commentaires des lecteurs, dont la plupart reconnaissent la légitimité du Premier Amendement sur ce genre d’exactions.

Mais ni The National Review, ni le New York Post, ni The Washington Times, ni The Drudge Report ou encore Fox News n’abordaient pas la polémique cet après.

Serait-ce finalement l’attitude à avoir ces quatre prochaines années si chaque jour, le futur président créer des polémiques inutiles – à moins que Jack Dorsey prenne la bonne initiative de supprimer son compte sachant qu’il est désormais bien plus dangereux que tous les trolls alt-right qu’il a su réunir autour de lui ces derniers mois.

Le Kiosque du mardi 29 novembre 2016

TRUMPLANDIA

Deux poids deux mesures
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Time magazine – Edition du 26 novembre 2012

Dans le monde merveilleux de Donald Trump, les femmes sont menacées d’emprisonnement pour avoir « mal géré » des documents confidentiels – Hillary Clinton et sa fameuse messagerie privée, le cheval de bataille des Républicains pendant la campagne présidentielle – mais un général de l’armée américaine qui a reconnu avoir volontairement donné à sa maîtresse des informations secret-défense, pourrait obtenir l’un des postes les plus convoités de la futur administration, celui de Secrétaire d’Etat.
David Petraeus, un ancien général de l’armée américaine, avait défrayé la chronique en 2012, après avoir été accusé par le FBI d’avoir eu une affaire avec sa biographe, Paula Broadwell, à qui il a fourni des informations confidentielles pour l’écriture de son ouvrage. Petreaus, alors directeur de la CIA avait démissionner de son poste.
L’intéressé a rencontré le futur président hier pendant une heure, et il pourrait bien décrocher une position à responsabilité, même s’il ne s’agit pas des Affaires Etrangères. Une démarche qui confirme encore une fois, la tactique trompeuse utilisée par Trump durant les élections à l’encontre de sa rivale, à qui il avait promis la prison.
Un thème très populaire auprès de ses militants.

Des créateurs de fake news dans l’entourage de Trump
LifeZette
LifeZette

Le site The Intercept affirme que des proches de Trump seraient à l’origine des fake news répandues pendant toute la campagne par des sites d’infos bidons, à l’instar de Laura Ingraham, qui serait pressentie pour devenir l’attaché de presse de la Maison Blanche dans la future administration.
Cette commentatrice politique conservatrice, l’une de seules que Donald Trump suit sur Twitter, a diffusé cet été via l’un de ses sites, LifeZette, une vidéo, « Clinton Body Count » accusant Hillary Clinton d’avoir une responsabilité dans le crash d’avion de JFK Jr en 1999 et dans la mort de certains démocrates. Vidéo qui a été partagée 400 000 fois et obtenu 14 millions de vues.
Un autre article publié la semaine précédent les élections, affirme que le directeur de campagne de Clinton, John Podesta, dont la messagerie a été piratée et les emails diffusés par Wikileaks, aurait participé à des rites occultes. Laura Ingraham a personnellement repris l’info, ainsi que The Drudge Report et Sean Hannity, présentateur zélé de Fox News.
The Intercept
mentionne également Floyd Brown, un consultant de l’entourage de Trump et « ami’ de sa manager de campagne, Kellyanne Conway, le créateur de différents sites d’infos pro-Trump, Western Journalism et Conservative Tribune, respectivement 13 et 19 millions de visiteurs mensuels, qui figurent dans la liste des 100 sites d’infos les plus lus aux Etats-Unis.

Alt-Right ou White Nationalism?

Depuis l’élection de Donald Trump et la nomination de Steve Bannon comme son bras droit à la Maison Blanche, et l’influence grandissante du site d’infos Breitbart News, dont il était le rédacteur-en-chef, l’influence du mouvement alt-right est bel et bien au coeur de la prochaine administration – Bannon s’est défendu à plusieurs reprises d’être un « nationaliste blanc » mais partisan d’un « nationalisme économique ».
Les médias qui se réfèrent à Bannon et ses acolytes comme des partisans de « l’alt-right » sont accusés par de nombreux lecteurs, internautes et partisans de gauche de vouloir « légitimer l’idéologie du racisme, de l’anti-sémitisme, de l’islamophobie et de la suprématie blanche » rapporte le New York Times ce matin.

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Mercredi dernier, le Washington Post a diffusé un guide d’utilisation de différentes terminologies qui définit l’alt-right comme « un mouvement d’extrême droite qui vise l’établissement d’un état blanc dont les adhérents sont connus pour épouser des points de vue racistes, antisémites, et sexistes ».
Hier Associated Press a demandé à ses journalistes de définir le terme « alt-right » avant de l’utiliser pour mettre en garde les lecteurs qu’il a été inventé comme un outil de relations publiques « pour brouiller les croyances de ses supporters et atteindre une audience plus large ».
Enfin, un publicitaire new yorkais a créé une extension sur Google Chrome appelé « “Stop Normalizing The Alt Right” remplace automatiquement toutes les mentions « alt-right » par « white supremacy »

 

 

 

Clinton peut-elle encore gagner les élections?

C’est ce qu’a laissé entendre hier soir le New York magazine en révélant qu’un « groupe d’informaticiens et d’avocats » avait contacté l’équipe de campagne de Clinton pour la pousser à demander un nouveau décompte des votes dans trois états dans lesquels ils auraient des doutes sur une éventuelle manipulation ou piratage des résultats: le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie.

Une véritable breaking news à la veille du weekend de Thanksgiving, alors que la date de limite de ce type de requêtes expire vendredi dans le Wisconsin, lundi en Pennsylvanie et mercredi prochain dans le Michigan.
Selon ces experts, qui sont rentrés en contact jeudi dernier avec les proches de Clinton, la candidate aurait reçu « 7% de votes en moins dans les comtés qui utilisent des machines de votes électroniques comparés à ceux qui s’appuient sur des scanners optiques ou des bulletins de vote. »
La journaliste insiste néanmoins sur le fait qu’aucune preuve de piratage ni de manipulation n’a été détectée et que seule une étude indépendante pourrait lever le voile sur « ces modèles suspicieux ».

Rappelons que le président Obama a accusé durant la campagne présidentielle le gouvernement russe d’avoir piraté le Comité Démocrate National alors que le candidat républicain avait insisté sur les défaillances du système électoral américain en affirmant que les élections étaient truquées – ce que sa rivale a d’ailleurs toujours critiqué.

Aujourd’hui, Trump accumule 290 grands électeurs contre 232 pour Clinton, une marge relativement importante même si le Michigan (16 grands électeurs) n’a pas encore déclaré de vainqueur à cause de résultats trop serrés.
Le Wisconsin a été remporté avec une marge de 27 000 voix seulement par le candidat républicain et la Pennsylvanie avec une avance de 68 000 voix. Si le Michigan penche finalement pour Clinton et qu’un nouveau décompte des voix dans les deux états donnaient une majorité à la candidate démocrate, elle remporterait le collège électoral.
Une éventualité incroyable au terme d’une campagne déjà mémorable, pour toutes les mauvaises raisons.

Hillary Clinton a concédé la victoire à son rival il y a tout juste deux semaines, et malgré le traumatisme de ces résultats, le pays, la Maison Blanche et la nouvelle majorité ont déjà commencé une transition que « le président souhaiterait la plus douce possible ».
Quant au futur Commander-in-Chief, il a affirmé aujourd’hui, par l’intermédiaire de Kellyanne Conway puis au New York Times, qu’il ne comptait pas poursuivre d’enquêtes sur la Fondation Clinton et sur la gestion de la messagerie privée de l’ancienne Secrétaire d’Etat.
Il affirmé « vouloir passer à autre chose » en affirmant que son adversaire « avait déjà assez souffert » et qu’il « n’avait aucune envie de s’en prendre aux Clintons ».
Un message qui contraste avec l’un de ses fameux slogans de campagnes, « lock her up », l’un des préférés de ses supporters qui n’ont pas apprécié  ce revirement et l’ont fait savoir hier – 17 000 commentaires sont parus à la suite de l’article paru sur Breitbart News en une après midi.

Si l’ancienne candidate démocrate demandait un nouveau décompte des voix, elle ouvrirait une boîte de Pandore qu’il serait difficile de refermer.

L’article du New York magazine a provoqué la réaction de plus 30 000 internautes sur Facebook et partagé près de 12 000 fois en quelques heures seulement, et a sans doute du raviver l’espoir chez de nombreux supporters de Clinton.

En vain?

Vox a rapidement noté les limites des explications apportées par le groupe de scientifiques. Concernant les différences de votes entre machines électroniques et celles qui utilise du papier (bulletin ou scanner): « C’est tout à fait possible que les machines électroniques soient utilisées dans les comtés qui favorisent Trump – par exemple, ceux avec beaucoup d’électeurs blancs des zones rurales, qui ont massivement soutenu Trump un peu partout dans le pays ».
Les autres raisons d’être sceptique sur ces allégations, c’est que le Wisconsin appartient au Midwest qui a largement voté pour Trump aux élections, que le Michigan utilise des bulletins de vote, et pour lequel les experts n’ont pas expliqué la légitimité d’un nouveau décompte, et enfin et surtout, le fait que les proches de Clinton, prévenu il y a plus de cinq jours, n’ont entrepris aucune démarche.
Même constat pour Nate Silver de 538 qui qualifie ces allégations de BullShit

et Nate Cohn du New York Times,

L’info était reprise ce soir par Breitbart News, qui laissait entendre que l’équipe de campagne de Clinton venait de rencontrer ces experts – ce qui n’a été confirmé par aucun des parties.
Clinton a concédé l’élection et avait affirmé lors du dernier débat présidentiel, au cours duquel Trump avait menacé de ne pas reconnaître les résultat du vote, que c’était contraire à la tradition politique américaine.
L’ancienne candidate devrait sans doute en rester là.

New York Times – Donald Trump: L’interview

Le New York Times avait annoncé l’interview exclusive du futur président hier, indépendamment de la réunion off the record que ce dernier a tenu hier avec les présentateurs et excécutifs des grandes chaînes d’infos américaines, qu’il a violemment critiqué pour avoir eu « tout faux » durant cette campagne.

Ce matin, Donald Trump avait décidé d’annuler la rencontre avec la Gray Lady à cause d’un désaccord sur les termes de leur entretien avant de finalement accepter de se rendre cet après midi dans les locaux du New York Times sur la 42ème rue.

twitter.com/AshleyAtTimes
Les locaux du New York Times cet après midi en attendant l’arrivée de Donald Trump – Twitter.com/AshleyAtTimes

Quels sont les points importants à retenir de cette interview on the records à laquelle ont participé le directeur, rédacteur en chef et certains journalistes du quotidien.

  • Les problèmes relationnels avec le New York Times
    Trump s’est plaint d’avoir été traité « de manière très dure » par le quotidien pendant les dix-huit mois de campagne, tout en admettant « avoir un respect immense pour le quotidien » et en être « un lecteur fidèle » et a souhaité « que les choses changent » pour « rendre son travail plus facile ». Il a même proposé au président du journal, Arthur Sulzerberg de l’appeler s’il pense qu’il a tort.

    • Le Kiosque: Donald Trump a le sang chaud qui le pousse à utiliser Twitter la plupart du temps à mauvais escient et notamment contre le New York Times. En leur accordant cette rencontre exclusive, la première puisqu’il n’a pas encore donné de conférence de presse, il tente sans doute d’apaiser ses relations moribondes avec l’un des médias les plus influents du pays. 

 

  • Clinton
    Trump a affirmé ne pas vouloir « infliger davantage de souffrance » à son ancienne rivale: « je veux passer à autre et je n’ai pas envie de m’attaquer aux Clinton » a-t-il affirmé, « elle en a enduré pas mal » et « a assez souffert » pour qu’il ne juge pas nécessaire de poursuivre, pour le moment, les investigations contre la Fondation Clinton et sur la gestion de sa messagerie privée lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat.
    Il a d’ailleurs déclaré qu’il aurait préféré remporté le vote populaire plutôt que le vote électoral pour lequel il n’est pas un « grand fan ».

    • Le Kiosque: Rappelez-vous les commentaires élogieux de Trump à l’égard de Clinton en 2008 avant de perdre les Primaires Démocrates contre Obama, et de « l’amitié » qu’il entretenait avec le couple présidentiel et dont les deux filles, Ivanka et Chelsea étaient d’ailleurs des amies proches.
      C’est une « branche d’olivier » tendue vers l’ancienne candidate démocrate après une campagne d’une violence inouïe et egalement un moyen de la neutraliser pour l’empêcher d’être trop critique à son égard.
      Le problème pourrait venir maintenant de ses alliés et ses supporters, dont certains vouent une haine tenace à l’encontre de Hillary Clinton, notamment ses supporters

 

  • Breitbart News, Steve Bannon et l’alt-right movement
    « Breitbart est juste une publication (…) plus conservatrice que ne l’est le New York Times (…) Mais Breitbart reste un organe de presse qui a réussi » à attirer des millions de lecteurs.
    Quant à son ancien rédacteur en chef, Steve Bannon devenu le bras droit de Trump, ce dernier affirme de lui que « si [il avait sû] qu’il était raciste ou alt-right ou quelque chose comme ça, [il ne l’aurait] jamais engagé » avant d’affirmer que Bannon « a du mal à accepter les accusations » dont il fait l’objet.
    Enfin il a désavoué et condamné le mouvement alt-right, et notamment ce diner de Washington D.C. au cours duquel des saluts nazis ont été aperçus lors des applaudissements.

    • Le Kiosque: Breitbart a été un moyen efficace pour Bannon d’accéder à Trump, et utilise depuis des années une stratégie de provocation pour créer de l’audience qui l’a finalement propulsé au pouvoir. Ce dernier s’est définit à plusieurs reprises comme un partisan du « nationalisme économique » et non d’un « nationalisme blanc »: il déteste Paul Ryan et le parti Républicain dont ce dernier est le porte-parole des Républicains à la Chambre des Répresentants et les élites.
      Bannon représente un danger aussi important pour la majorité et l’establishment républicain que pour l’opposition démocrate

 

  • Le Congrès Républicain
    Trump s’est dit confiant dans la capacité à travailler avec les deux chambres à majorité républicaine. « [Les Républicains] m’adorent en ce moment, mais il y a quatre semaines, ils n’étaient pas amoureux de moi »

    • Le Kiosque: Ce sera l’un des intérêts de cette présidence, à savoir si oui ou non le parti républicain suivra l’agenda dicté par le président et son bras droit, Steve Bannon, qui ont des vues bien différentes sur l’immigration et l’économie.

 

  • Climat
    Il s’est ouvert à la possibilité de ne pas forcément se retirer de l’Accord de Paris sur le Climat qui a été adopté en décembre 2015 par 195 délégations, signé à New York le 22 avril dernier et entré en vigueur il y a 10 jours – une proposition importante de son programme.

    • Le Kiosque: L’une des questions les plus délicates pour Trump qui s’est engagé à retirer les Etats-Unis de cet Accord, mais dont la décision qui pourrait provoquer des réactions négatives de la population, qui va à l’encontre de la protection de l’environnement et qui favoriserait le réchauffement climatique.

 

  • Politique étrangère
    A propos de la Syrie, Trump est le seul à penser que les Etats-Unis devraient s’allier à la Russie pour battre ISIS, plutôt d’essayer de renverser Assad selon le New York Times et voudrait essayer de trouver un traité de paix entre Palestiniens et Israéliens, notamment à travers le rôle de son gendre Jared Kushner qui soi-disant « [connaîtrait] bien la région »

 

  • Conflits d’intérêts entre son business et présidence
    Il a affirmé avoir confié la gestion de ses affaires à ses enfants dans un blind trust alors que ces derniers participent activement à l’équipe de transition en charge de former la future administration.
    « Le président ne peut avoir de conflit d’intérêt » même si Trump a rencontré cette semaine ces hommes d’affaires indiens qui construisent un complexe résidentiel sous la bannière Trump.
    « En théorie, je pourrai parfaitement gérer mes affaires et m’occuper du pays en même temps » a-t-il continué.

 

Le kiosque du mardi 22 novembre

TRUMPLANDIA

Hillary Clinton sauvée des eaux

Doit-on y voir une certaine empathie du futur président contre son ancienne rivale, humiliée dans l’une des pires défaites subies par le parti démocrate? Kellyanne Conway a affirmé ce matin que la future administration n’envisagerait pas de continuer les poursuites contre la candidate déchue, ni sur la gestion de sa messagerie privée, ni sur la Fondation Clinton.
Une décision qui rompt avec son programme de campagne et l’un des moments les plus glaçants des élections présidentielles lors du second débat entre les deux candidats lorsque Trump avait promis de « l’enfermer » en cas de victoire.
A savoir maintenant quelle sera la réaction des supporters de Trump, dont certains vouent une haine contre l’ancienne First Lady

« Culture War » chez Starbucks

Non contents d’avoir élu un raciste misogyne inexpérimenté à la tête de leur pays, certains supporters de Trump aiment faire souffrir ceux qui ne l’ont pas choisi avec des techniques très élaborées à l’instar de cette démarche qui consiste à aller chez Starbucks, commmander une boisson sous le nom de trump afin qu’il soit écrit le gobelet. De cette façon, les baristas sont obligés de crier Trump pour prévenir leur clients que leur boisson est prête.

De nombreux consommateurs ont donc fièrement pris des selfies avec leur boisson appelée Trump et l’ont posté sur les médais sociaux avec le hashtag #TrumpCup. Sauf que certains baristas, sans doute peu inspirés par l’élection d’un « anus orange » – dixit Rosie O’Connell – ont refusé de jouer le jeu provoquant la colère de certains consommateurs qui se sont plains en filmant leur confrontation.
L’un des instigateurs de cette opération parle de « guerre de cultures » et entend défendre son 1er Amendement – Donald Trump avait déjà esayé de boycotter Starbucks l’année dernièr après la décision de la compagnie de changer d’enlever les motifs de noël sur leurs gobelets durant la Holidays Season.

Ces mêmes supporters ont également appelés au boycott de la comédie musicale Hamilton, dont le casting a interpellé en pleine représentation le futur vice-président Mike Pence qui était présent dans le public vendredi dernier – Sauf que le show est au complet, et on voit mal des supporters de Trump avoir même l’idée d’aller voir ce spectacle.

Cette jeune femme a résumé en mois de 160 caractères l’absurdité de ces démarches: « #Trumpcup, une protestation contre Starbucks en achetant des Starcbucks. #BoycottHamilton en étant incapable d’acheter des tickets qui sont tous vendus. »

Donald Trump coûte cher

En décidant de rester dans sa tour dorée de la cinquième avenue de New York avec femme et enfants, Donald Trump a rendu le Midtown de Manhattan impratiquable pour les voitures et de nombreux touristes. La sécurité du futur président coûte très cher à la ville, presque un million de dollars par jour selon le site CNN Money et la situation ne devrait pas changer dans les mois qui viennent puisque Melania a décidé de rester à New York jusqu’à la fin de l’année scolaire de son fils Barron.
Donald Trump a également quatre autre enfants et petits enfants qui sont tous susceptibles de recevoir la protection des services de sécurité de la ville. Bill de Blasio a réaffirmé l’engagement du New York Police Department dans cette tache mais a également appelé à une aide financière du gouvernement fédéral pour compenser l’immense coût de ces opérations.


Trump et les chaînes télés: la guerre est déclarée

Lundi soir, Donald Trump a invité les présentateurs et responsables des programmes d’infos télé à un meeting off-the-record au cours duquel il les a violemment critiqué, en interpellant certains directement. « Ceux présents ici ce soir sont des malhonnêtes, des menteurs qui ont eu tout faux » s’est plaint le futur président en comparant notamment avec le président Obama, avec qui les médias auraient été bien plus cléments.
Kellyanne Conway a parlé « d’un meeting excellent » sur lequel les participants, ressortis « stupéfaits », avaient accepté de ne pas commenter. David Remnick dans une tribune publiée cette nuit dans le New Yorker rapporte la colère et l’effroi de certains journalistes à la sortie à cette réunion
Beaucoup considèrent cette entrevue comme une tentative d’intimidation, saluée par les médias proches de Trump, à l’instar du New York Post qui parlait hier soir « de putain de peloton d’exécution » contre les chaînes télés, repris en coeur par Breitbart News.


SNL allume ces mêmes médias

Saturday Night Live est devenu ces six derniers mois la bête noire de Donald Trump à cause des moqueries dont il a fait l’objet durant les élections présidentielles et qui devraient sans doute continuer durant sa présidence grâce à la participation d’Alex Baldwin.
Mais le programme est également très bon pour déchiffrer le comportement problématique du mainstream media face au futur président. Dans un sketch diffusé samedi soir, on voit des commentateurs et présentateurs télé s’insurger de manière mécanique contre les élucubrations toujours plus scandaleuses de Trump et qui à force de répéter toujours les mêmes critiques, finissent par perdre toute crédibilité.
Pour Slate, c’est précisément le schéma utilisé par Trump pour « éviter les conséquences de ses actes (…) en faisant toujours quelquechose de pire ».

 

Des médias hystériques

Le New York Post est furieux qu’on attaque sans arrêt aux moindres faits et gestes du futur président.
Pour l’un de ses chroniqueurs, « continuer à crier au loup contre Trump, et personne n’écoutera quand il y aura une crise sérieuse ». Selon lui, « cette hystérie pousse les organes de presse à mélanger information avec opinion comme jamais auparavant » en citant cet article très contradictoire publié par le New York Times selon laquelle l’équipe de transition était la semaine dernière « en désarroi total » avant de conclure, « l’ère Trump n’a pas encore commencé, les médias devraient attendre que quelquechose arrive avant qu’ils déclarent la fin du monde ».

Des arguments qui ont été repris par Vox, hier, qui s’inquiétait de l’éventuel « retour de bâton » de la lutte contre la « normalisation » de Donald Trump: Effectivement les médias doivent rester très vigilants des abus que pourrait commettre le futur président et de son administration à l’encontre de la démocratie, de ses instituions, des minorités et de leurs droits, la protection de l’environnement, etc…
« Mais si la réalité d’une administration Trump se révèle ne pas être le pire scénario » alors qu’une frange de la population s’attend à une destruction de la démocratie, tout ce qui n’atteint pas cette apocalypse politique est finalement acceptable, qui pourrait au bout du compte se révéler tout aussi dommageable pour le pays.

 

Le kiosque du lundi 14 novembre 2016

« Don’t be afraid »

Trump a essayé d’être rassurant hier lors de sa première interview télévisée comme président-élu des Etats-Unis, en déclarant qu’il déporterait 2 à 3 millions d’immigrés sans papiers avec en priorité ceux qui ont un passé criminel, qu’il nommerait un juge anti-IVG à la Cour Suprême des Etats-Unis mais qu’il ne toucherait au mariage pour tous.
Une faible compensation surtout après l’annonce de la nomination de Steve Bannon, ancien rédacteur en chef du site d’infos alt-right, Breitbart News devenu cet été directeur de campagne de Trump, comme chief strategist du président.
Le choix de Steve Bannon, un misogyne assumé, raciste et antisémite, anti-establishment, qui n’a lui non plus aucune expérience politique, est très critiqué, surtout si l’objectif de Trump est rassembler les Américains.

Le Southern Poverty Law Center, une association de lutte contre le racisme, vient de lancer une pétition contre la nomination de Bannon

Celle de Reince Priebus, le président du Comité National Républicain, un Washington insider, ami de Paul Ryan, comme chef de cabinet, devrait « faciliter les victoires législatives » selon le New York Times.

« Steve et Reince sont des leaders qualifiés qui ont travaillé main dans la main durant la campagne et qui nous ont offert la victoire. Ils seront tous les deux à la Maison Blanche pour redorer le blason de l’Amérique » a expliqué le nouveau président des Etats-Unis.

Chris Christie, le vrai loser

Tous ceux qui ont aidé ou soutenu Trump lors de ces élections auront leur part du gâteau, et comme peu de Républicains ont parié sur sa victoire, les choix de Trump sont limités, avec Newt Gingrich et Rudy Giuliani, Peter Thiel et sa famille.

Le vrai loser dans le camp du nouveau président est le gouverneur Chris Christie, qui s’est rangé pourtant très tôt derrière le candidat républicain, mais qui a été écarté de son cercle rapproché à la suite du scandale du « bridgegate ».

En 2013, Christie a fait fermé deux voies du George Washington Bridge reliant Manhattan au New Jersey pour créer des embouteillages monstres dans la petite ville de Fort Lee, parce que le maire démocrate n’avait pas soutenu sa réélection comme gouverneur de l’état – qu’il a par ailleurs remporté.
Le procès s’est terminé il y deux semaines avec la condamnation de deux conseillers de Christie, dont son chef de cabinet, Anne Kelly, qui pourrait être condamné a vingt ans de prison.

Donald Trump a été tellement révulsé selon le New York Post par l’attitude de Christie dans la gestion de ce scandale et d’avoir nié toute responsabilité en préférant laisser condamner une mère de famille qu’il a décidé de donner la responsabilité de la transition présidentielle à Mike Pence, son vice-président.

 

Des Américains trop conservateurs pour des démocrates trop progressistes.

Le Wall Street Journal qui se régale d’avoir vu Trump triompher n’en finit pas d’expliquer l’échec des Démocrates – dans le vote électoral. L’une des dernières analyses explique le résultat des élections par un échec d’une politique trop agressive de Barack Obama qui aurait imposé ses idées progressives sans l’aval des Républicains, et d’une partie de la population:

Trop de libéraux et de conservateurs n’ont pas réussi à percevoir combien les Américains pensent et perçoivent leurs intérêts. Dès lors, ces mauvais calculs sont soient attribués à un manque de connaissance ou un problème de caractère. Mme Clinton a qualifié les supporters de Trump de « désolants, irrécupérables, et non Américains » comme s’il n’existait aucune autre explication.
Un problème d’empathie également récurrent dans la rhétorique de Obama, avec ses leçons de morale sur qui nous sommes en tant qu’Américains et le destin de son histoire qui tend toujours … vers son point de vue (…)
La leçon pour les Démocrates intelligents, c’est que les objectifs d’une politique progressive ne peuvent être imposés à une Amérique réticente à travers un diktat politique.

En gros l’Amérique est bien plus conservatrice que Mr Obama n’a voulu le comprendre et en essayant d’imposer ses politiques progressives, dont Obamacare, il a essuyé, lui, Hillary et les Démocrates, un revers cinglant.

New York vs Trump

Samedi, le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, a publié une tribune dans le NY Daily News, adversaire acharné de Trump, a comme Hillary Clinton, promis au nouveau président de garder « une ouverture d’esprit » et lui donner « la chance de gouverner » avant d’insister:

Nous nous battrons autant que nous pouvons, à chaque fois que le besoin se présentera, de rejeter les attitudes haineuses qui ont marqué la campagne de 2016. Les voix du Ku Klux Klan, du nationalisme blanc, de l’autoritarisme, de la misogynie et de la xénophobie. Des points de vue qui vont à l’encontre des idéaux américains

La tribune a été ensuite publiée sur le site officiel de l’état de New York, et dans un post publié le même jour sur sa page Facebook, il a indiqué que si « quiconque se sent attaqué (…) l’état de New York est leur refuge. Que vous soyez homo ou hétérosexuel, Musulman ou Chrétien, riche ou pauvre, blanc ou noir, nous respectons tout le monde dans l’état de New York. »

Jeudi, c’était le maire de New York, Bill de Blasio, qui a déclaré aux journalistes qu’il confronterait toutes les actions du président Trump qu’il perçoit comme une « menace envers les New yorkais », et notamment la déportation d’immigrés sans papiers, le droit à l’avortement et Obamacare.

Samedi, une grande manifestation anti-Trump a rassemblé des dizaines de milliers de personnes dans les rues de New York, alors que Michael Moore, qui attire de nouveau l’attention des médias depuis l’élection de Trump qu’il avait justement prédit, est allé lui délivrer une note en personne à la Trump Tower sur la 5th Avenue: « T’as perdu, démissionne » en référence au vote populaire qu’il a perdu contre Clinton.

 

« Voter Suppression »: les stratégies de démobilisation des électeurs américains

Dans une campagne ou toutes les règles du jeu politique ont été bafouées les unes après les autres, des supporters de Trump et membres de son staff ont décidé de s’attaquer aux électeurs de Clinton en les empêchant par tous les moyens de voter le 8 novembre.
Un travail de « démobilisation électorale », appelé « voter suppression » qui a été entrepris depuis des années par les Républicains, à l’encontre des minorités.

Les règles de vote différentes selon chaque état

Les Etats-Unis d’Amérique ont des règles électorales différentes selon les états, et contrairement à la France, aucun d’entre eux n’offre de carte d’électeur. La principale pièce d’identification est le permis de conduire qui garantit de fait l’inscription à un registre de vote, si l’individu est un citoyen américain de plus de 18 ans, alors que d’autres états autorisent l’inscription le jour même de l’élection, dans le bureau de vote.

L’inscription électorale peut s’accompagner d’une affiliation à un parti politique (démocrates, indépendant, républicains) ou non (non-affilié) dans une trentaine états qui permettent aux électeurs de voter lors des Primaires qui précèdent la campagne présidentielle. L’affiliation à un parti politique n’implique pas nécessairement le vote pour ce même parti le jour des élections, et un individu a le droit de voter le parti adverse.

ballotpedia.org
ballotpedia.org

34 états obligent ses citoyens à apporter une pièce d’identité le jour des élections pour pouvoir voter, certains avec une photo (driver licence, carte d’identité émise par l’état, passeports), d’autres sans (facture de téléphone, relevé de banque) tandis que 18 autres états ne demandent aucun document prouvant l’identité de l’électeur. Le contrôle s’effectue avec une signature, ou des informations personnelles, comme leur nom et adresse, qui doivent être inscrites sur le registre de vote.

La politisation des Voter ID Laws

Aux Etats-Unis, les conditions d’identification des électeurs, propres à chaque états, se sont renforcées et politisées ces dernières années. En 2000, la majorité des états ne demandait aucun document d’identification aux électeurs, et 16 ans plus tard, la tendance s’est inversée, et une majorité des états requiert une forme d’identification à ses citoyens pour pouvoir exercer leur droit de vote.

Le renforcement de la législation dite des voter ID laws a été présenté comme un effort de « lutte contre la fraude électorale et [la protection de] l’intégrité de l’élection » par la grande majorité des républicains qui les ont mis en place – les démocrates y voient un moyen d’empêcher les plus vulnérables de pouvoir voter:

Les experts électoraux affirment que les minorités, les pauvres et les étudiants qui ont tendance à voter démocratique, sont parmi ceux qui sont le moins susceptibles d’avoir un permis de conduire valide, la pièce d’identité la plus couramment demandée. Les personnes âgées, un autre groupe qui a moins de chances d’avoir un permis, figurent parmi les « électeurs pivots », ceux susceptibles de changer d’avis

Ces mêmes républicains auraient ces deux dernières années, dans treize différents états, réduit la durée des votes anticipés et provoqué des attentes interminables dans les bureaux de vote cette semaine. Ils ont également rendu plus difficile les modalités d’inscription aux registres électoraux

Le programme Interstate Crosscheck

« Ce qui risque de miner la démocratie en novembre, c’est la culmination d’une décennie d’efforts des Républicains de supprimer le droit de vote sous l’apparence de lutter contre la fraude électorale » explique le magazine Rolling Stone cet été qui prend l’exemple de Intersate CrossCheck: un programme mis en place en 2005 dans le Kansas censé vérifier qu’un électeur n’est enregistré que dans un état du pays pour éviter qu’il puisse voter à deux reprises.
Le programme, aujourd’hui partagé par 28 états, a recensé près de 7 millions de personnes soupçonnées d’être enregistrées dans deux états différents alors que seulement 4 personnes ont été depuis reconnus coupables de ce genre de fraude électorale grâce à CrossCheck

Alors que les noms, prénoms, deuxième prénoms, date de naissance et les quatre derniers du numéro de sécurité sociale doivent correspondre d’un état à un autre pour être considéré un double enregistrement, les analyses des données de Crosscheck par Rolling Stone montrent que de nombreuses comparaisons n’incluent ni deuxième prénom, ni date de naissance, ni numéro de sécurité sociale.
les premières victimes de cette « méthodologie enfantine » selon un expert seraient des individus aux noms afro-américains, latinos et asiatiques.

Chaque électeur que l’état liste comme ayant un double enregistrement reçoit une carte anonyme écrite en minuscule. L’électeur doit vérifier son adresse et renvoyer au secrétariat de l’état. Si la carte n’est pas renvoyée, le processus qui consiste à supprimer votre nom du registre de vote commence.

Il est impossible de savoir le nombre d’électeurs qui ont été victimes de cette « purge électorale » mais elle contribue à diminuer « la mobilisation des électeurs, [qui] favorise traditionnellement le GOP ».

La « voter suppression » façon Trump

Dans l’une des enquêtes les plus intéressantes de cette campagne électorale, Bloomberg Businessweek a eu accès à la stratégie mise en place ces dernières semaines par les plus proches conseillers de Trump, Jared Kushner, son gendre, Steve Bannon son directeur de directeur et Brad Pascale.

« Ni la campagne de Trump, ni la Convention Nationale Républicaine ne s’est concentrée sur la mobilisation de 47 millions d’électeurs blancs sans diplôme qui représente la source la plus accessible de nouveaux votes (…) Au contraire, la campagne de Trump a conçu une autre stratégie, par la négative. Au lieu d’élargir l’électorat, Bannon et son équipe essayent de le rétrécir. « On a trois opérations en cours qui visent à limiter l’électorat (…) Trois groupes dont Clinton a besoin si elle veut gagner les élections: Les libéraux blancs idéalistes, les jeunes femmes, les afro-américains »

Pour ceux qui ont suivi le dernier débat présidentiel, Trump y a évoqué les emails de Wikileaks et le Traité Trans-pacifique (destinés aux libéraux blancs idéalistes), les accusations des femmes à l’encontre de Bill Clinton (destinés aux jeunes femmes) et les « super prédateurs » (destinés aux Afro-Américains).
Les proches du candidat républicain ont choisi de cibler leurs attaques sur ces trois groupes en utilisant spots télés, radios et médias sociaux pour véhiculer des messages anti-Clinton et qui sont prêts à utiliser la désinformation pour démoraliser l’électorat susceptible de voter Clinton.

Internet et les fausses informations

Les américains les appellent les « trolls », ce sont des internautes qui lancent des rumeurs, campagnes de dénigrement et toutes formes cyberbullying sur internet et les réseaux sociaux.
Beaucoup se réclament du mouvement alt-right, proche de Breitbart News et Drudge Report, ces médias trash-conservateurs qui ont atteint le grand public durant cette campagne présidentielle.

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Depuis plusieurs jours ces derniers postent de fausses informations, sous forme de publicité utilisant notamment le logo de Hillary Clinton, pour tenter de garder les électeurs de Clinton en dehors des bureaux de vote le 8 novembre.
Comme exemple de désinformation: la possibilité de voter par texto, ou l’extension du vote jusqu’au 9 novembre, la nécessité d’apporter un acte de naissance pour pouvoir voter.

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Exemple de désinformation sur Twitter appelant à apporter toutes sortes de pièces d’identification pour pouvoir voter

De nombreux utilisateurs ont dénoncé ces messages, et les posts incriminés ont été supprimés des réseaux sociaux et le compte de leur auteur annulé.

Intimidation dans les bureaux de vote

Depuis que le candidat républicain affirme que les élections sont truqués, certains de ses supporters se sont regroupés pour aller « surveiller » les bureaux de vote le jour J et veiller a « prévenir toute fraude électorale » – ceux que les démocrates ont interprété comme des tentatives d’intimidation des électeurs: aller les interroger sur le choix de leur candidat, les photographier dans les bureaux de vote, ou même leur bloquer l’entrée.

Dans le swing state d’Ohio, le juge fédéral a d’abord donné raison aux démocrates en pénalisant toute tentatives d’harcèlement de ces poll watchers avant que la cour d’appel de cet état annule la décision.

Les démocrates ont déposé plainte contre le comité national républicain dans cinq autres états contre ces tactiques visant à empêcher certaines minorités ou populations de voter, mais aucune n’a réussi à passer. Les Républicains ont nié ces accusations en faisant valoir le manque de preuve tangibles

 

Il faut attendre demain soir pour évaluer l’efficacité des stratégies de démobilisations, législatives, physiques et numériques mises en place par les républicains, conservateurs et supporteurs de Trump qui ont marqué cette campagne presque autant que les stratégies de mobilisation défendues par les Démocrates.