09.11.17

 

1. Les Républicains face à Trump: Fuir ou soutenir?

Les victoires démocrates de mardi, tantôt décisives comme les deux sièges de gouverneurs en Virginie – et 14 sièges au parlement – et dans le New Jersey, tantôt historiques, première transgenre élue contre un conservateur partisan de la « bathroom bill », première femme afro-américaine à la mairie de Charlotte, première femme à la mairie de Manchester dans le New Hampshire ont donné de l’espoir aux Démocrates en prévision des élections de mi-mandat qui auront lieu l’année prochaine.
Hier les médias de droite tiraient la sonnette d’alarme sans trop savoir qui blamer: Trump? Les Républicains? les Démocrates?
Les « Trump-friendly » affirment que les défaites n’ont rien à voir avec le bilan du président tandis que « not-so-Trump-friendly » accusent son comportement belliqueux et irrespectueux d’être responsable de ce désastre.
Les deux courants vont devoir s’entendre sur une stratégie commune s’ils veulent garder leur emprise sur le Congrès, les postes de gouverneurs et parlements (législatures) des Etats – The Washington Post

Comme l’a bien résumé Joe Scarborough de Morning Joe
Les Républicains ne peuvent remporter des Primaires nationales sans Trump. Ils ne peuvent remporter les élections générales avec lui
Mais relativisons le retour des DémocratesThe New York Times
Si une insurrection suburbaine peut aider les Démocrates à reprendre la Chambre des Représentants [comme en Virginie], les sièges de sénateurs en jeu l’année prochaine sont pour la plupart dans des zones conservatrices et rurales, où les sentiments envers Trump oscillent entre ambivalent et positifs. Jusqu’ici, seuls deux sièges sont vraiment disputés, celui de Jeff Flake en Arizona et Dean Heller dans le Nevada.

2. Trump v. CNN

Le ministère de la justice américain a autorisé la méga-fusion de 85,4 milliards de dollars, en pourparlers depuis plus d’un an, entre le géant de la téléphonie mobile, AT&T, et celui des médias et du divertissement, Time Warner, à une seule condition: Que Time Warner se sépare de Turner Broadcasting, un groupe de chaînes qui inclut CNN, la chaîne d’info en continu et bête noire de Trump ou DirecTV, son service de télévision par satellite acquis en 2015. – NYT
La fusion, pourtant imminente, a soudainement éveillé les soupçons de la justice qui craint que AT&T n’utilise des méthodes anti-concurrentielles après l’acquisition de Time Warner pour favoriser ses chaînes, CNN et HBO notamment. NYPost
Une inquiétude partagée par les Démocrates qui voient d’un mauvais oeil le monopole de ces méga-entreprises qui « augmentent les prix, limite les choix et appauvrit la qualité des services offerts aux Américains » – WaPo
En octobre 2016, le candidat républicain, déjà très remonté contre la chaîne qu’il accusait de ruiner ses chances de victoire à cause d’une couverture médiatique au vitriol, avait annoncé son refus de voir fusionner les deux géants.

Pour les acteurs de cette fusion, des sources anonymes rapportés par le Financial Times et la plupart des journalistes, l’ingérence du président ne fait aucun doute: Trump utilise le département de Justice pour se venger des attaques répétées de CNN.
La semaine dernière, le Wall Street Journal, propriété de Rupert Murdoch, un proche de Trump, a même révélé que le DOJ (Department of Justice) serait même prêt à porter plainte si elle ne trouvait un accord sur la fusion des deux géants venaient à s’unir.

Aller plus loin: « This is political: CNN sees Trump’s hand in Justice Department’s merger crackdown » – Vanity Fair

 

 

 

3. Betsy DeVos détruit l’Education

 

Betsy DeVos, milliardaire et ministre de l’éducation est en train de réduire drastiquement les effectifs et les prérogatives de son Département, comme le font à peu près tous les Secrétaires et ministres de l’administration Trump avec leur agence.

Le 7ème étage du siège du Département de l’Education, situé à côté du Mall [de Washington] était connu pour son activité grouillante. Une douzaine de bureaux sont désormais vides et silencieux. La main d’oeuvre du Département a diminué sous la Secrétaire de l’Education Betsy DeVos, qui a déclaré vouloir réduire le rôle du gouvernement dans l’éducation, y compris les enquêtes et l’application des droits civils dans les écoles. En tout le Département a perdu 350 employés depuis décembre – 8% de son effectif. Avec des ruptures de contrat offertes à 255 employés ces derniers jours, DeVos espère mettre encore plus de mon à la porte.

 

 

4. Les échos conservateurs

 

Ce qu’il se passe du côté des médias conservateurs.

 

 

  • Le Washington Post lance un « Counterpoint » dans sa rubrique Opinion qui offre en ligne une perspective différente de la tribune que le lecteur lit pour faire valoir les différents points de vue sur un même sujet. Le New York Times (« Right and Left ») et The Guardian (« Burst Your Bubble ») font déjà la même chose

 

  • Les médias républicains accusent leurs confrères libéraux de cacher le fait que Stephen Willeford, le bon samaritain qui a confronté Devin Kelley, le tueur de Sutherland Spring, possédait un fusil semi-automatique, le genre d’armes qu’ils cherchent à interdire. Parce que comme il a réussi à empêcher la mort d’autres innocents, les armes d’assauts sont utiles. RedState

 

  • La soirée du 8 novembre 2016 racontée par les journalistes de Breitbart. – Breitbart

 

 

 

5. On vit une époque formidable

 

  • Facebook voudrait recevoir les photos dénudées de ses utilisateurs avant qu’elles ne soient utilisées sur sa plateforme en forme de revenge porn: « En téléchargeant les images et vidéos que vous ne préférez pas voir diffusées sur Facebook, le réseau enregistre la photo et capable de la faire disparaitre si elle réapparait un jour sur un fil d’information.  – The Verge

 

 

 

6. Must read, watch or listen

 

  • « Et si Hillary avait gagné? » se demande le Washington Post qui revisite les douze derniers mois sous une présidence démocrate: Du serment de Hillary Clinton, à la « Men’s March » sur Washington le lendemain à la défaite des Patriots au Superbowl et la création de TrumpTv, nouvelle concurrente de Fox News. WaPo

 

  • Politico est retourné en Pennsylvanie interroger les électeurs de Trump un an après sa victoire. Parmi eux, Joey Del Signore: « Trump est sans doute le président le plus appliqué et travailleur que j’ai jamais vu. Ce n’est pas comme si il se levait tous les jours à midi et allait jouer au golf tous les week-ends » – Politico

 

  • C’est la vidéo que Donald Trump a montré au président chinois lors de la visite de la cité interdite hier, celle de sa petite fille Arabella qui chante un chanson en mandarin. Douée la petite.

 

  • C’est la bande annonce du dernier Spielberg, « The Post », sur la publication des « Pentagone Papers », une étude secrète du Département de la défense sur la conduite de la guerre du Vietnam. Même s’ils ont été révélés par le New York Times, le film suit la bataille qu’ont livré Ben Bradlee et Katharine Graham, respectivement rédacteur en chef et directrice du Washington Post à l’époque, contre le gouvernement pour la diffusion de ces documents.

 

    7. La Couv du Jour: Clinton redac chef de Teen Vogue

 

Ca a bien fait rire RedState qui, sous prétexte qu’elle a perdu a deux reprises, lors des primaires démocrates en 2008 contre Obama et l’année dernière aux élections présidentielles contre Donald Trump, ne devrait recevoir un tel hommage, ne devrait pas être un exemple pour les millions de jeunes du pays … parce que le lourdeau mysogyne devrait l’être … 

L’explication de la rédactrice en chef est plus convaincante:

Ce numéro explore tout ce que nous pouvons retenir de son impact, de son style, et de sa grâce. Certains diront que nous sommes trop partisans, trop politiques, trop nostalgique, et qu’ont fait trop écho à l’opinion de nos lecteurs. Si c’est le cas, ce numéro n’est pas pour vous. Il est destiné aux millions qui savent que jusqu’à ce que les femmes, les filles, les gens de couleur, les membres de la communauté LGBTQ, les immigrés, et ceux défavorisés économiquement sont au même niveau, on doit continuer à consacrer du temps à cette conservation

31.10.17

 

 

1. « ACTE TERRORISTE » A NYC

 

  • Cet après midi, Sayfullo Saipov, un Ouzbek âgé de 29 ans, entré sur le territoire américain en 2010 et titulaire d’une carte verte, s’est engagé au volant d’un pickup sur la piste cyclable le long de l’Hudson River, renversé des dizaines de pétions et cyclistes sur plus d’un kilomètre et fini par s’encastrer dans un bus scolaire près de Battery Park: Huit personnes sont mortes, dont six sur le coup et une quinzaine ont été blessées.
    Il a réussi à s’échapper, deux armes factices à la main, en criant « Allah Akbar »
    avant d’être b
    lessé par la police et transporté à l’hôpital où il serait actuellement dans un état critique.

 

  • Selon le New York Post, les policiers auraient retrouvé dans la camionnette du suspect une note manuscrite dans laquelle il prête allégeance à l’Etat Islamique et un drapeau de l’organisation terroriste. Si les autorités n’ont encore rien confirmé, le maire de la ville, Bill de Blasio a parlé « d’acte de terrorisme » et Trump a immédiatement annoncé un renforcement du contrôle des étrangers voulant rentrer aux Etats-Unis.
    Le New York Times affirme que Saipov, un conducteur de Uber, aurait déjà été surveillé par les autorités fédérales américaines sans en préciser les raisons. 
    Parmi les victimes, cinq touristes argentins venus fêter leur fin d’études et un belge.

 

  • L’attaque a eu lieu le jour de Halloween, et a quelques pâtés de maison du World Trade Center: Il y aurait pu avoir beaucoup plus de victimes.
    La parade annuelle s’est tout de même déroulée quelques heures plus tard sous une surveillance policière renforcée mais l’ambiance était assez tendue hier soir et on a rarement vu aussi peu de gens dans les rues, un soir d’Halloween.

 

 

2. « SMASHING TRUMPKINS »

 

  • Soyons honnêtes: Oui, Robert Mueller a frappé fort avec l’inculpation de trois proches de Trump qui ont participé à la campagne électorale du candidat mais à part le « jeune volontaire nommé George [Papadopoulos] » qui a reconnu avoir menti au FBI et cherché des informations incriminant Hillary Clinton auprès d’agents proches du Kremlin, les inculpations de Manafort et Gates n’ont rien à voir avec l’ingérence russe en 2016. Le fantasme des Démocrates de voir Trump destitué pour avoir fomenté avec l’ennemi russe pourrait bien rester un fantasme …

 

  • En attendant, c’est Trump qui « a décidé d’engager son prochain scandale » en mars 2016, sachant tous les soupçons de corruption qui entouraient déjà Manafort à l’époqueBloomberg View (avril 2016)
    C’est tout le danger de cette enquête « très large » de Mueller qui pourrait menacer Trump, non pas sur des soupçons de trahison, mais sur du blanchiment d’argent et de la fraude fiscale, « et c’est ce que le président craint le plus. Une enquête sur les affaires et les finances du milliardaire et celles de certains membres de la famille comme Jared Kushner – et ses trois enfants – est potentiellement la plus dangereuse, légalement, pour lui. – Bloomberg View 

 

  • Aucune fuite n’a circulé sur l’arrestation de Papadopoulos depuis son arrestation il y a trois mois et sa coopération avec Mueller, une exception pour Washington – qui laisserait croire que le procureur a encore beaucoup d’informations à révéler. – Reliables Sources

    Selon le très connecté Washington Post, Trump a regardé avec « exaspération et dégoût » Mueller accaparer l’actualité dominée ces derniers jours par les accusations des médias conservateurs contre le clan Clinton qui a financé le rapport Steele – The Atlantic.

    Pour un président qui aime savoure le chaos qu’il provoque, il était incapable de contrôler la tempête politique de lundi – The Washington Post

     

  • A retenir:

    « Il n’y a aucun doute – et plein de nouvelles preuves – que la Russie a manipulé les élections. La prochaine phase va consister à prouver si Trump était au courant ou impliqué, où est-ce qu’il a eu un intérêt la dedans – et combien les compagnies américaines les plus puissantes [Facebook, Google et Twitter doivent témoigner aujourd’hui et demain devant des commissions du Congrès] ont permis cette manipulation de masse – Axios

 

 

3. LE MONDE PARALLELE DE MURDOCH

 

Fox News

 

  • Hier toute la journée, les médias pro-Trump – essentiellement ceux de Rupert Murdoch – ont évoqué le « vrai scandale » sur la Russie: le dossier Steele, une enquête menée par la firme Fusion GPS pour l’équipe de campagne de Clinton après que le site conservateur The Washington Free Beacon, qui l’avait originellement commandé début 2015 pour trouver des informations compromettantes contre des candidats républicains, dont Trump, ait arrêté de le financer. C’est donc Hillary Clinton qui aurait comploté avec les Russes pour essayer de discréditer son adversaire – alors que c’est le Comité National Démocrate et la messagerie de John Podesta, le président de la campagne démocrate, qui ont été piraté et les correspondances données à Wikileaks qui les a diffusé à des moments cruciaux des élections.
    Le rapport sur cette enquête a circulé à Washington fin 2016 et publié par Buzzfeed.

 

  • Ce week-end, le Wall Street Journal a publié un éditorial appelant à la démission de Robert Mueller et un autre dimanche après midi qui conseille à Trump de pardonner tous ceux qui seraient impliqués par Mueller. Même son de cloche dans un éditorial du New York Post la semaine dernière en faveur du départ de Mueller. – Politico
    C’est la couverture du New York Post ce matin avec une mention en bas de page de l’un des évènements politiques les plus significatifs depuis l’investiture de Trump.

 
 
 
 

4. LA GUERRE CIVILE DES ANTIFAS 

 

 

  • La dernière théorie fumeuse de l’alt-right: le massacre des parents blancs par les AntiFas, le groupe « terroriste » d’extrême gauche, le 4 novembre prochain. Les menaces étaient en une du blog d’extrême droite, The Gateway Pundit, toute la journée d’hier, avant d’expliquer qu’il s’agissait d’une blague de leurs adversaires.
    Selon Will Sommers, l’auteur de la newsletter spécialisée dans les médias de droite, les Antifas ont prévu depuis plusieurs semaines de défiler samedi dans certaines villes des Etats-Unis pour tenter un nouvel « Occupy Wall Street » susceptible de faire tomber le président.

    C’était sans compter la crédulité de Jordan Peltz, un supporter blanc de Trump féru d’armes et d’uniformes, qui a posté le 30 août dernier une vidéo dans laquelle il met en garde contre la « guerre civile des antifas » qui aura lieu en novembre contre les officiers de police, et tous ceux qui sont en uniforme.

 

  • Will Sommers, avait déjà évoqué le langage propre aux mouvances alt-right et illisible pour le commun des mortels. Quartz s’est penché sur la question et nous offre un lexique du dialecte des conspirationnistes, anti-féministes, nationalistes blancs, et autres supporters de Donald Trump qui consiste en des insultes politiques et/ou sexistes utilisées sur Reddit ou 4Chan. « Femoïds » qui désigne les femmes (« female ») comme des robots, pas humains; « SJW’s » pour « Social Justice Warriors » ceux qui croient en la justice sociale; « WrongThink » qui décrit une idée vraie mais discréditée par la gauche « intolérante ». « Goolag » pour caractériser le monopole de la pensée progressiste incarnée par Google qui ne respecte pas d’autres points de vue. « Chad », c’est l’homme qui plaît aux femmes et « Meeks », c’est le bad guy qui plaît aux femmes, … Instructif!
    * « The alt-right is creating its own dialect. Here’s the dictionary »Quartz

 

  • Dessin humoristique trouvé sur InfoWars avec tous les monstres démocrates et autres ennemis de Trump pour Halloween. Saurez vous reconnaître Barack Obama, Al Franken, Karl Marx, Bill & Hillary Clinton, George Soros, Harvey Weinstein, Nancy Pelosi, Georges Soros, Bob Mueller, Frederica Wilson, …
    Ben Garrison / InfoWars

     

  • C’est la photo officielle de Trump et Pence que les offices publics et administrations du pays attendaient depuis neuf mois! 

 

 

5. ON VIT UNE EPOQUE FORMIDABLE

 

  • Le Guide Michelin américain est sorti hier et grosse déception pour l’une des institutions de la capitale, Jean Georges qui vient de perdre pour la première fois depuis 2005, ses trois étoiles. San Francisco est passé devant NYC avec sept restaurants cinq étoiles contre cinq pour la City – Bloomberg Pursuits

 

  • L’autre scandale révélé par Fox News lundi c’était le burger émoji de Google qui place la tranche de fromage sur le pain en dessous le steak. Une erreur culinaire qui a fait le tour des réseaux sociaux et obligé le CEO de Google, Sundar Pichai à intervenir personnellement pour modifier leur burger. – BBC

 

 

  • Le fondateur de l’ancien site de gossip et d’actualités, Gawker, note sur Medium que les accusations de harcèlement et agressions sexuelles contre Harvey Weinstein, Terry Richardson, James Toback et Kevin Spacey sont parus il y a bien longtemps sur GawkerMedium

 

  • Comment discréditer les joueurs de NFL qui protestent un genou à terre durant l’hymne national? En montant les pauvres travailleurs blancs contre les riches athlètes afro-américains qui n’ont aucun droit de se plaindre. The Washington Post

 

 

6. A VOIR

  • Nouvelle série documentaire de CNN intitulée « Divided We Code » sur les problèmes inhérents de la Tech Industry, de « cette culture de pouvoir et d’influences toujours plus importants, de politiques et de peurs, et du sexisme dans l’une des industries les plus influentes au monde »
     

    Quand j’ai [Laurie Segall] commencé à couvrir la technologie, les questions étaient simples: D’où vient le nom Twitter? Comment est-ce que les médias sociaux démocratisent l’information? C’était à l’époque où Facebook faisait l’actualité en réunissant des familles, où les gens étaient fascinés par l’innovation de Uber plutôt que les scandales de harcèlement sexuel qui ont miné la compagnie. Projetons nous en 2017 où les problèmes de la Silicon Valley ont éclaté au grand jour. Entre les révélations de sexisme et les fermes de trolls russes qui ont cherché à influencé les élections, l’industrie Tech est critiquée de toutes parts.

 

7. COUV DU JOUR

  • Celle du New Yorker réalisé par John Cuneo pour fêter l’automne:
     

24.10.17

 

 

1. « UN ASSASSINAT POLITIQUE?« 

 

  • Qu’est-ce que Bill O’Reilly a fait de si terrible pour acheter le silence de son ancienne collègue, Lis Wiehl, 32 millions de dollars? La perspective de toucher cent millions de dollars dans un nouveau contrat de quatre ans signé avec Fox News ou éviter que sa famille apprenne les accusations répétées de harcèlement et de rapport sexuel forcé dont il a été l’objet. Interrogé par le New York Times, l’ancienne star de Fox News joue la victime et dément les déclarations ( « un tas de conneries ») du quotidien qu’il accuse de vouloir saper sa (fin de) carrière.
    C’est ce qu’une partie des Américains, téléspectateurs de Fox News et lecteurs de Breitbart doivent penser du scandale, « un assassinat politique mené par des médias corrompus et biaisés ». Reliables Sources
    Une chose est sûre: même s’il remporte un certain succès avec son podcast et son dernier livre, il ne reviendra jamais sur Fox News.

 

  • Megyn Kelly, qui a travaillé sur la même chaîne avant d’être débauchée par NBC, avait mis en garde sa direction l’année dernière sur les agissements inappropriés de O’Reilly – en vain. Hier elle a réagi sur le scandale
     

    Ca doit cesser. Le harcèlement des femmes, leur humiliation, les menaces, les représailles. Continuer de leur imposer le silence. Cette situation doit cesser.

  • Conde Nast, l’un des plus importants groupes de presse magazine américains (Glamour, Vogue, Teen Vogue, W, Vanity Fair, GQ) a décidé de ne plus employer Terry Richardson, le légendaire photographe de mode, accusé depuis des années de harcèlement sexuel sur les jeunes mannequins qu’il prenait en photos. The Hollywood Reporter

 

  • Elles sont désormais plus de deux cent à avoir eu la malchance de tomber sur le réalisateur James Toback – Vanity Fair

 

 

 

2. TRUMPLANDIA: Des sénateurs républicains révoltés

 

  • Donald Trump et Bob Corker ont repris les hostilités via Twitter ce matin, après que le sénateur du Tennessee se soit prononcé contre la réforme fiscale défendue par le président:

       

    La réponse cinglante de Bob Corker? #AlertTheDaycareStaff. Le sénateur du Tennessee est en roue libre car il ne se représente pas en 2018.

 

  • Pareil pour le sénateur républicain d’Arizona, Jeff Flake, qui a affirmé aujourd’hui ne pas chercher de réélection l’année prochaine parce que le parti républicain est devenu le parti d’un président « dangereux », « scandaleux » et « indigne ». Vox
    La vraie raison: Flake avait peu de chances de contre l’autre prétendante républicain, soutenue par Trump et Bannon, Kelli Ward, bien en avance dans les sondages – The Hill

 

  • L’initiative de Flake a été saluée par John McCain, l’un des hommes politiques les plus respectés des Etats-Unis, et l’un des vifs critiques du président Trump, qui vient d’être réélu sénateur républicain d’Arizona – The Hill

 

  • RAPPEL: Le parti républicain est en train d’échapper à la vieille garde républicaine garante d’un certain respect de la tradition politique au profit du président, de Steve Bannon et Breitbart, bien décidés à se débarrasser de son establishement.

 

3. LES FAKE NEWS, GARANTIE DE LA LIBERTE D’EXPRESSION

 

  • Le journaliste de Politico, Jack Shafer, aime les « fake news » parce qu’elles sont « la garantie qu’aucun gouvernement, ni entreprise, ni média » ne peut imposer des limites sur la liberté d’expression.
     

    C’est le bon côté de la profusion de fake news. A chaque fois que tu tombes dessus, tu découvres combien notre presse est libre et jusqu’où peut aller la liberté d’expression (…)
    Ca nous rend également plus critiques sur ce qu’on lit ou regarde, plus exigeant envers les preuves et leur origine, moins obéissant envers l’autorité plus confiant en notre propre pensée. Si on a avait été plus méfiants envers l’histoire officiel, on aurait sans doute pu éviter l’invasion de l’Irak.

     
    Si certains lecteurs cherchent à être plus rigoureux sur la nature des informations qu’ils lisent, ce ne sera pas celui qui lit les fake news et se fout de la vérité.
    * « Why I love Fake News » – Politico

     

  • Après Facebook, Twitter et Google, c’est au tour de YouTube d’être dans le collimateur des commissions parlementaires pour avoir activement soutenu et promu la chaîne officielle du Kremlin, RT et ses 2,2 millions d’abonnés, qui n’a cessé de diffuser des reportages incriminant Hillary Clinton, sa santé, sa fondation ou encore ses liens avec l’extrémisme islamique durant la campagne présidentielle. The New York Times
    Une réalité: La somme d’argent dépensée par les Russes pendant les élections n’a pu influencer ses résultats, et le problème des fake news ne doit pas être réduit à la seule intervention étrangère mais aux individus qui les créé pour gagner de l’argent et qui vont redoubler d’imagination pour continuer à propager de la désinformation et/ou engranger des clics. – Axios

 

    • La nouvelle campagne de pub de CNN pour les « faits avant tout » souligne l’absurdité de l’ère Trump dans laquelle un président peut ouvertement qualifier une pomme de banane, rabâcher l’idée et convaincre avec succès certains électeurs de cette « alternative réalité »

 

 

 

 

4. LES MEDIAS PRO-TRUMP EN DIFFICULTE? 

 

  • Après la publication d’un article de Buzzfeed sur les liens entre Milo Yiannopoulos et des nationalistes blancs et comment ces derniers co-rédigeaient certains de ses articles publiés sur Breitbart qu’il a quitté en février dernier, Steve Bannon, le patron du site a juré « ne jamais retravailler avec lui ». 
    Milo qui pensait pouvoir retravailler pour Breitbart après le retour de Bannon, peut toujours compter sur le soutien financier de la richissime famille Mercer, les banquiers de l’alt-right, qui n’ont pas officiellement désavoué le jeune journaliste anglais. – Buzzfeed

 

  • Si on observe un effet trump dans la plupart des médias maintream américain … et Fox News, les sites internet de droite et extrême droite ont moins la côte ces derniers mois:
     
    Axios

     

  • Le moment de gloire de la campagne électorale est passé et les médias ont critiqué certains choix de l’administration qui n’a rempli qu’une infime partie de ses promesses de campagne et Breitbart est désormais devenu l’ennemi numéro un de l’establishment républicain.

 

 

 

5. LES OPIACES A WALL STREET

 

  • L’épidémie d’héroïne et d’opiacés frappe toutes les couches de la société américaine, même les « riches et les puissants de Wall Street » qui peuvent désormais finir leur cure de désintoxication dans des luxueux centres de remise en forme à plus de dix mille dollars la nuit, créés spécialement pour cette caste par l’un des leurs, aujourd’hui sobre, qui a saisi l’opportunité de faire de l’argent pour la bonne cause.
    La différence entre les banquiers et les pauvres des zones rurales du coeur du pays, c’est que les premiers ont les moyens de continuer à se procurer des opiacés et tombent rarement dans l’héroïne, une option quasi-systématique pour les seconds.
    * « The Opioid Addict on the Trading Floor »Businessweek

 

  • Un vaccin contre l’héroïne?
     

    « Le prochain objectif de Crystal est un vaccin contre l’héroïne: Un traitement en une seule fois qui pousserait le corps à penser que les molécules d’héroïne sont une maladie, et faire que le système immunitaire détruise la drogue avant qu’elle atteigne le cerveau. »

    Pour Roger Crystal, chirurgien de formation, passé par la London Business Schools et Goldman Sachs, aujourd’hui à la tête de Lightlake Therapeutics, l’entreprise qui commerciale Narcan, le médicament miracle qui renverse les effets de l’overdose, trouver un vaccin contre l’héroïne est une nécessité pour lutter efficacement contre l’épidémie et une éventuelle mine d’orBusinessweek

 

  • Le reportage photo dramatique de Philip Montgomery dans le New Yorker sur la crise des opiacés et l’épidémie d’héroïne dans l’Ohio

 

 

 

6. NERDS & SAFARI

 

  • La revanche des Nerds: « La Silicon Valley est le Hollywood du 21ème siècle » en moins glamour et plus riche: l’endroit où « tu peux accélérer ta carrière », devenir riche et célèbre en quelques années. Il suffit d’avoir la bonne idée.
     

    Là-bas, les gens portent encore des anoraks et ont l’air de geeks mais ils représentent l’élite mondiale.

    Les produits, la culture d’entreprise, l’utilisation systématique des médias sociaux, la visibilité toujours plus importante des figures de la Haute Technologie (Jeff Bezos, Mark Zuckerberg, Elon Musk ou Evan Spiegel) dans le domaine de l’innovation, de la politique et de la culture témoignent de l’influence croissante de la Silicon Valley sur le reste du pays.
    * « The 21st-century Hollywood: how Silicon Valley becane the world’s trend capital » – The Guardian

 

  • Un safari dans l’Amérique de Trump
    Après la victoire de Trump, les Démocrates, médias et personnalités « progressistes » sont partis à la rencontre des habitants des zones rurales pour tenter de comprendre leur malaise et d’y répondre par des solutions politiques précises.

    Je me suis demandé si les touristes des côtes seraient assez ouverts pour absorber une réalité qui aille contre leurs idées préconçues. Est-ce que Third Way, Zuckerberg, Huffpo sont prêts confronter une nation divisée et en colère ou est-ce qu’ils se contenteraient d’une série d’échanges honnêtes qui laissent leurs hypothèses intactes. 

    Les conclusions du journaliste sont sans appel: même avec les meilleurs intentions du monde, les chercheurs « semblent revenir à leurs idées préconçues, en adaptant leurs découvertes à la même façon de pensée ».

    * « On safari in Trump’s America »The Atlantic

 

 

7. ON VIT UNE EPOQUE FORMIDABLE

 

  • Le chanteur Kid Rock, supporter de Donald Trump ne se présentera finalement pas aux élections sénatoriales de 2018 dans le Michigan: Merci, on a craint le pire.

 

  • Trois personnes ont été tuées en l’espace de dix jours dans le quartier de Seminole Heights à Tampa en Floride: Les meurtres de deux hommes et une femme sont liées selon la police locale qui refuse de parler de « serial killer »:  Tous ont eu lieu dans un rayon de 1,5km, sans motifs et les victimes étaient seules.

 

  • La paille ne sert à rien mais pollue la terre plus que n’importe quel autre produit du quotidien et les Américains ne peuvent pas s’en passer. D’où le mouvement #Stopsucking qui vise à convaincre les consommateurs d’arrêter d’utiliser ce morceau de plastique. – The Washington Post 

 

 

 

8. COUVERTURE DU JOUR

 

  • C’est Kate (« The Great ») Winslet en couverture de ce numéro de Variety special Oscars 

Le kiosque du 07.07.17

 

 

1. Vlad-Don, finalement!

 

  • Petit clin d’oeil de USA Today à la rencontre tant attendue entre Vlad et Don lors du G20
USA Today – vendredi 7 juillet

 

 


2. Le tournant politique de Trump

 

 

  • Bloomberg Businessweek publie cette semaine un extrait du livre d’un de ses journalistes, John Green, intitulé « Devil’s Bargain: Steve Bannon, Donald Trump, and the Storming of the Presidency »
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  • L’extrait s’intéresse à l’évolution de la star de la télé-réalité à celle de militant de la droite dure, et le rôle primordial joué par Steve Bannon dans cette transformation:
     

    L’Histoire aurait pu se passer autrement.
    Même si Trump a toujours eu des instincts populistes, ses positions en matière de politique intérieure étaient celles d’un démocrate new yorkais, conformément au monde dans lequel il évoluait.

    Il est inconcevable de l’imaginer aujourd’hui, mais avant qu’il entre en politique, Trump avait du succès auprès des Blacks et des Hispaniques jusqu’à être considéré comme le chouchou des salariés américains.
    Même s’il n’était pas politicien, l’intérêt qu’il suscitait au sein des différentes communautés était quelque chose que le parti républicain sclérosé avait toujours recherché.

    La raison pour laquelle cette histoire est passée sous silence, c’est parce Trump a décidé de détruire cet héritage à des fins politiques.
    Il ne s’est pas trompé: La théorie du « birther » lancée en 2011 sur le lieu de naissance de Obama, dans l’optique des élections de 2012, marqué le changement [opéré par Trump] sur les thèmes de la race et de l’immigration qui lui a ouvert le chemin de la présidence.

     

  • « The Remaking of Donald Trump » – Bloomberg Businessweek

 

 


3. CNN fragilisée

 

  • Rien ne va plus pour CNN qui subit depuis des semaines les attaques toujours plus vicieuses du président des Etats-Unis (« fraud news », « garbage journalism ») jusqu’à cette fameuse vidéo postée sur le compte Twitter de Donald Trump, dans laquelle il fait semblant de tabasser un journaliste de la chaîne d’info.
  •  

  • CNN a également commis des erreurs: Le retrait d’un article accusant un proche de Trump de transactions avec un fond d’investissement russe suivi de la démission de trois éminents journalistes qui avaient travaillé dessus, le départ forcé de Kathy Griffin et Reza Aslan, deux animateurs dont les provocations contre le président sont allées trop loin. – New York Times
  •  

  • La dernière en date: Mercredi, Andrew Kaczynski, journaliste de CNN, raconte avoir retrouvé a l’auteur de la fameuse vidéo Trump/CNN – qui s’est excusé entre temps auprès de la chaîne – et affirme dans l’article se réserver le droit de publier son nom s’il recommençait à attaquer CNN.  – Gizmodo
    La phrase, rajoutée par l’un des rédacteurs, a provoqué un tollé contre le journaliste qui n’y était pour rien, et a peu plus plombé l’ambiance déjà très tendue dans les bureaux de la chaîne à New York, comme le décrit The Daily Best:
     

    Certains sont de plus en plus inquiets des menaces de mort et autres harcèlements à l’encontre des présentateurs et représentants sur les médias sociaux ou par téléphone.
    Les parents et la femme de Andrew Kaczynski (…) ont reçu une cinquantaine de coups de fil chacun depuis mercredi provenant de supporters de Trump.

  •  

  • La tension est telle entre CNN et la Maison Blanche que certains proches du président affirment que la fusion prévue entre la compagnie parente de la chaîne d’info, Time Warner et le géant de la téléphonie AT&T (évaluée à 85 milliards de dollars) pourrait remettre en question la décision du Département de Justice, qui y était pourtant favorableHuffington Post

 

 


4. Des faux documents pour piéger les médias

 

  • Rachel Maddow, journaliste de MSNBC, dont l’émission d’actualité « The Rachel Maddow Show » cartonne ces derniers mois, a mis en garde hier soir ses collègues sur la circulation faux documents confidentiels d’agences de renseignement dont le seul serait de discréditer les médias qui les utilisent.
  •  

  • La présentatrice affirme avoir reçu sur la messagerie sécurisée de son emission, sendittorachel.com., « LE » document qui prouverait la collusion d’un membre de l’équipe de Trump avec les Russes.
    La journaliste et son équipe ont la certitude qu’il s’agit d’un faux car il présente les mêmes caractéristiques que le document confidentiel de la NSA publié il y a un mois par The Intercept – l’auteur de fuite est aujourd’hui en prison – et parce qu’il mentionne le nom de la personne incriminée – contrairement aux pratiques des agences de renseignements.
  •  

  • Trois journalistes de CNN ont démissionné la semaine dernière à cause d’une source qui n’a pas été assez vérifiée et Vice à du retirer deux histoires sur l’administration Trump car les informations n’étaient pas non plus assez fiables: Pour Maddow, des personnes essayent de piéger les médias avec de faux documents pour tenter les discréditer. C’est pourquoi elle met en garde les autres médias à redoubler de précaution sur l’authentification et l’utilisation de documents reçus par des sources anonymes.

 

 
 


5. « Ces habitants du Colorado pour qui la terre est plate »

 

Couverture du Denver post, vendredi 7 juillet 2017

 

  • Plongée fascinante du Denver Post dans le « Flat Earth movement », une organisation fondée par John Vnuk, originaire de Fort Collins dans le Colorado, qui comme son nom l’indique, est convaincue que « la terre est plate » et que « la gravité n’existe pas ».
     

    Ils n’ont ni dirigeants, ni hiérarchie et aucune idéologie, à l’exception de la recherche de réponses à la question des étoiles.
    Le nombre d’adhérents a augmenté ces trois dernières années même si la persécution et les moqueries des gens les obligent à rester discrets. La plupart utilisent des pseudonymes ou ne donnent que leur prénoms (…)

    C’est un mouvement égalitaire qui redonne du sens à la vie en exploitant le désenchantement scientifique.

     

  • Les membres, appelés « Flat Earthers », sont des hommes, blancs, entre 25 et 70 ans, et se réunissent chaque mardi soir pour parler de la « platitude de la terre » et « autres sujets interdits ». La plupart se sont convertis sur YouTube grâce aux vidéos de Bob Knodel (« Globebusters« ) ou de Mark Sargent (« Flat Earth« ) pour qui la planète est l’équivalent d’une boule à neige, comme dans le film « The Truman Show »:
     

    [Les scientifiques] veulent vous faire croire vous êtes inutile, un grain dans l’univers, une erreur cosmique. Une terre plate fait de vous quelqu’un de spécial, vous êtes spécial, il y a un créateur, et vous n’êtes pas un accident. » 

     

  • La première « Flat Earth International Conference » aura lieu à Raleigh en Caroline du Nord en novembre prochain.

 

 


6. Le tour du monde pour 135 000 dollars?

 

 

  • « Around the World by Private jet: Cultures in Transformation » proposé par le New York Times Journeys propose à cinquante privilégiés de faire un tour du monde en Jet Privé pendant 26 jours l’hiver prochain.
    Voyager à travers le monde dans un Boeing 757 de luxe pendant 26 jours à visiter neuf pays dont Israël, Cuba, la Colombie, l’Australie, Myanmar et l’Islande accompagnés de quatre journalistes du New York Times. Les heureux voyageurs auront même le droit à un brunch le matin du départ avec le président du quotidien, Arthur O Sulzberger.
  • Le voyage, qui pourrait rapporter plus de six millions de dollars, « fait partie d’une variété de produits et services » censée rentabiliser la marque Times » comme le font d’autres quotidiens à l’instar du Washington Post 
  • Prix du voyage: 135 000 dollars.

 


7. Les plages italiennes de Bernhard Lang

 

Bernhard Lang

 

  • Wired publie une série de photos de plages « symétriques, répétitives et graphiques » prises par l’artiste allemand Bernhard Lang sur les côtes italiennes de l’Adriatique, entre Tavenna et Rimini, depuis un petit avion et toutes aussi magnifiques les unes que les autres.

 

 


8. Le reste de l’actualité

 

  • Les ordonnances d’opioïdes ont baissé de 13% entre 2012 et 2015 selon le Centers for Disease Control and Prevention – la première fois début de la crise à la fin des années 90, mais les prescriptions sont trois plus nombreuses qu’en 1999 et les Américains consomment quatre fois plus d’anti-douleurs que les Européens – Washington Post

 

  • La réforme d’Obamacare proposée par les Républicains est la législation « majeure » la plus impopulaire de ces trente dernières années. Si elle passe devant le Sénat, tous ceux qui l’on soutenu pourraient en payer le prix aux prochaines élections, en novembre 2018 – Axios

 

  • Il y a un an, cinq policiers de Dallas étaient abattus dans une embuscade par un seul tireur isolé. Le Dallas Morning News a retrouvé quatre protagonistes de cette soirée, deux agents des forces de l’ordre et deux membres du personnel médical.
     

Le kiosque du 03.07.17

 

1. « Des coups, aucune politique »

 

  • L’information de ce week-end, c’était bien entendu la vidéo postée par le président américain sur son compte Twitter où il fait semblant de tabasser un homme, dont le visage est caché par le logo CNN: Une énième façon de prouver son amour pour la chaîne d’info rebaptisée à l’occasion #FNN, pour « Fake News Network ».
  •  

  • C’est Dan Scavino, responsable des médias sociaux de la Maison Blanche, ancien caddy du président, et Trump qui auraient eu l’idée de cette  « blague ».
    A comprendre maintenant comment est-ce que ce meme, postée par un troll d’extrême droite sur Reddit, leur site préféré, a-t-il pu atterrir sur le compte personnel de l’homme le plus puissant du monde.
  •  

  • Comme l’indique USA Today en couverture ce matin, la présidence de Trump est à l’image de ses tweets, « des coups » contre les médias (63 références aux fake news), contre les Démocrates et Obama (46 références à « Obamacare ») mais « aucune politique ».
     
  • Le président est bien plus intéressé à discréditer les médias qu’à essayer de faire passer son programme … comme la réforme de la santé qui en est au point mort.

 

 


2. La fraude électorale ne convainc pas

 

  • Si le président américain a largement perdu le vote populaire face à Hillary Clinton aux dernières élections avec 2,8 millions de voix en moins, c’est à cause de la fraude électorale répandue dans la plupart des Etats démocrates qui a permis à des millions d’immigrés de voter illégalement contre sa rivale.
  •  

  • Aucune preuve de ces accusations n’a jamais été avancée mais Donald Trump est bien décidé à les trouver et mis en place la « Presidential Advisory Commission on Election Integrity » dirigée par le vice président Mike Pence et le Secrétaire d’Etat du Kansas, Kris Kobach, pour soi-disant « renforcer l’intégrité du système électoral » et « protéger et préserver les principes d’une personne, une voix ».
     

    La Maison Blanche a affirmé que la Commission va opérer un « examen complet des problèmes d’inscription et de vote pour les élections fédérales » mais les experts et défenseurs du droit de vote ridiculisent les allégations de Trump concernant la fraude électorale, que ni les Etats, ni aucune étude n’a pu mettre en évidence.
    Ils craignent que cette Commission soit utilisée pour limiter le droit de vote.

     

  • Mercredi dernier, la Commission a demandé aux cinquante Etats et à D.C. de leur fournir toutes les informations disponibles sur leurs électeurs, « y compris les noms, dates de naissance, l’historique de leurs choix électoraux et leur appartenance ou non à un parti » – ce que la moitié d’entre eux a fermement refusé au nom de la protection de la privée et de la méfiance que suscite cette commission.
     
  • D’où la réaction agacée du président ce week-end:

 

 

 
 


3. Les Etats républicains contre leurs villes démocrates

 
 

  • Le territoire américain est divisé politiquement entre les côtes démocrates, de part et d’autre du pays, et l’intérieur républicain, entre les grandes villes pro-Hillary et les zones rurales pro-Trump … et désormais à l’intérieur des Etats, entre les gouvernements conservateurs et leurs villes, dites « sanctuaires ».
  •  

  • Au Texas, par exemple, le parlement et le gouverneur républicains s’inquiètent du « comportement socialiste » des villes libérales et veulent les forcer à se soumettre à législation de l’Etat sous peine d’être privées de subventions fédérales.
     

    Le « Lone Star » State représente l’exemple le plus dramatique de ces relations de plus en plus conflictuelles entre les représentants des « Red States » [républicains] et les centres urbains démocrates, qui ont imposé des régulations environnementales et des programmes sociaux souvent à leur encontre.

     

  • La « Bathroom Bill » votée en 2016 par le parlement républicain de Caroline du Nord – qui oblige tout individu à utiliser les toilettes et vestiaires publics conformément à son sexe de naissance – et partiellement annulée cette année, visait à saper les efforts de Charlotte, la plus grande ville démocrate de l’Etat, pour élargir les droits civils des homosexuels.
  •  

  • L’un des principaux sujets de discorde tourne aujourd’hui autour de la politique anti-immigration de l’administration Trump qui veut obliger les forces de l’ordre locales à coopérer avec les agents fédéraux de l’immigration, notamment à travers l’arrestation et la détention des immigrés en situation irrégulière. Ce que les villes sanctuaires ont toujours refusé de faire.
  •  

  • Le gouverneur du Texas, Greg Abbott vient de passer l’une des lois les plus stricts contre les villes sanctuaires »refuges » qui condamne les forces de l’ordre à des contraventions, voire des peines de prison en cas de désobéissance.

 
 


4. Scandales sexuels chez les Protestants évangéliques

 

  • Longue enquête de The New Republic sur l’Association of Baptists for World Evangelism, une organisation chrétienne évangélique comme il en existe des milliers aux Etats-Unis, qui a couvert pendant plusieurs décennies les agressions sexuelles d’un de leur missionnaires, en poste au Bangladesh, et réduit au silence ses victimes.
  •  

  • Comme chez les Catholiques, l’obéissance à l’autorité religieuse, le tabou autour du sexe, exposent ces fidèles à des risques d’abus sexuels au sein de leur communauté.
     

    Ces cinq dernières années, il est devenu évident – même pour les Chrétiens conservateurs – que les églises « fondamentalistes » font face à une recrudescence d’abus sexuels et de déni institutionnel qui pourraient impliquer davantage de victimes que les scandales de pédophilie qui ont touché l’église catholique (…)
    L’échelle du scandale pourrait être immense. Les Protestants évangéliques sont bien plus nombreux que les Catholiques avec plus de 280 000 églises, écoles religieuses et organisations affiliées.
    En 2007, les trois principales compagnies d’assurance qui couvrent les institutions protestantes affirmaient recevoir chaque année 260 cas d’abus sexuels d’enfants commis par leurs responsables et membres. En comparaison, l’Eglise catholique rapportait 228 « accusations crédibles »..

  • « The Silence of the Lambs »The New Republic

 


5. Une agoraphobe globe trotter

 
 

 

  • Jacqui Kenny, originaire de Nouvelle Zélande, vit à Londres, et souffre de crises d’angoisse qui l’empêchent souvent de sortir de chez elle et encore moins de voyager à travers le monde. Partant de ce constat, elle a commencé à explorer le monde sur Google Street View.
     

    Au départ, elle choisissait des endroits au hasard, les rues de villes très lointaines et faisaient des captures d’écrans des plus beaux paysages. Ensuite elle a commencé à rechercher des endroits précis: régions arides avec des horizons dégagées; des latitudes où elle remarquait que le soleil se couchait penché. Très vite, elle a passé des heures sur le projet, qui est devenu une sorte de retraite  (…) Un an après, elle a accumulé près de 26 000 photos

     

  • Ces photos sont disponibles sur un superbe compte Instagram appelé « Agoraphobic Traveller »
  • « An Agoraphobic photographer’s virtual travels, on Google Street View »The New Yorker

 


6. A voir: Les hommes de Fire Island Pines

 

 

  • Tom Bianchi a photographié la communauté gay de Fire Island Pines de 1975 à 1983, un petit hameau de Long Island, à deux heures de New York, qui a accueilli jusqu’à dix mille homosexuels tous les week-ends pendant plusieurs années, avant que l’épidémie de Sida ne décime la communauté homosexuelle.
  • A voir dans le Washington Post

 


7. Le reste de l’actualité

 

  • Le gouverneur républicain du New Jersey, Chris Christie, l’un des plus mal-aimé du pays, aime utiliser les lieux publics pour faire pression contre ses adversaires politiques – il est impliqué dans le « BridgetGate » de 2013 qui a envoyé deux de ses conseillers en prison.
    Après un désaccord sur le budget qui a entraîné l’arrêt de toutes les activités gouvernementales, les plages publiques du New Jersey sont fermées pour la fête nationale – il fait 30 degrés … mais pas pour son gouverneur, qui profitait hier d’un littoral désert avec famille et amis. 
    D’où ce titre inspiré du Daily Mail

 

  • Steve Bannon, l’un des plus proches conseillers de Trump, auto-proclamé « nationaliste économique », voudrait augmenter les impôts des plus riches – dépasser la barre des 40% d’imposition pour ceux qui gagnent $418 000 ou plus – un anathème pour le parti républicain – mais qui vise à baisser les impôts des classes moyennes et défavorisées. Pour une fois! – Axios

 

  • Planned Parenthood a fermé quatre de ses cliniques dans l’Iowa après la décision du gouverneur de supprimer les subventions envers l’association, soutenue par près de 77% de la population: Les menaces des Républicains d’éliminer Planned Parenthood sont mises à exécution. Washington Post

Le Kiosque du 28.06.17: La débâcle CNN; Faux Time; Sean Heller & « The Last Shot »

1. Du pain béni pour la Maison Blanche

    • Trois journalistes de CNN ont démissionné lundi après la publication d’un article qui affirmait, selon une source anonyme qui n’a pu être confirmée, que des sénateurs enquêtaient sur des liens entre un associé de Trump, Anthony Scaramucci et un fond d’investissement russe.

 

    • Publié jeudi dernier, l’article a été retiré vendredi avec les excuses de la chaîne d’info, acceptées par Scaramucci.
      Twitter

      La plupart des journalistes de gauche comme de droite, ont salué cette décision, « impressionnante et décisive » pour la crédibilité du médium, affirme John Podoretz du New York Post et « Crier aux fake news », en reprenant les propos du président est « injuste ».

 

 

    • Hier en conférence de presse télévisée, la porte parole de la Maison Blanche a réitéré les accusations du président sur les informations erronées d’une presse « malhonnête », qui utilise des sources « anonymes » invérifiables, et provoqué la frustration du journaliste Brian Karem qui dénoncé des propos « incendiaires » visant à saper l’influence et le travail des journalistes « qui ne font que leur boulot ».

 

    • Sarah Sanders a également encouragé « tous les Américains à travers le pays » à regarder la vidéo, « peut-être vraie ou non, je ne sais pas », filmée en caméra cachée, d’un producteur de CNN qui affirme n’avoir aucune preuve de la collusion entre Trump et la Russie.

 

  • Il s’agit d’une « stratégie préméditée » de la Maison Blanche qui vise à discréditer le quatrième pouvoir auprès de ses supporters et qui a plutôt bien réussi jusqu’ici.

 

 


2. Aucun droit à l’erreur

 

Twitter / Graphique retwetté par Donald Trump

 

    • Comme l’explique Paul Fahri du Washington Post, « la débâcle de CNN arrive au pire moment pour la chaîne » qui a dû virer la comédienne Kathy Griffin il y a un mois après avoir posé avec la « fausse » tête coupée de Trump, qui s’est trompé sur le témoignage de James Comey devant le Sénat, …

 

    • Plus que jamais les médias accusés de répandre des « fake news » par le président n’ont aucun droit à l’erreur.

 

  • Ces erreurs sont aussi le symptôme d’une chasse au scoop qui oblige les rédactions à agir toujours plus vite et plus fort, parfois aux dépens de l’information:

    Comme tous les organes de presse, CNN doit produire des scoops qui rapportent de l’audience et du trafic sur internet, et rester en concurrence avec le New York Times et le Washington Post, qui dominent sur le thème de Trump et de la Russie

 

    • Trump ne s’est jamais attaqué à Fox News lorsque la chaîne a relayé des théories conspirationnistes comme celle de Seth Rich, ce jeune démocrate assassiné à Washington l’année dernière, qui a pris une telle ampleur que les parents du jeune homme ont demandé publiquement ce que la chaîne arrête d’utiliser la mort de leur fils à des fins politiques. – Think Progress

 

  • Fox News a mis une semaine à retirer l’article largement partagé sur internet et les réseaux sociaux, sans s’excuser, sans démission de journalistes, et son présentateur star, Sean Hannity, continue de promouvoir cette histoire dans son émission. – Red State
Twitter

 

 


3. Trump et sa fausse couverture du Time

 

  • David Fahrenthold, journaliste de Washington Post et récent lauréat du Pulitzer pour ses recherches sur la « générosité de Donald Trump envers les oeuvres de charité », a révélé qu’une « vraie » fake news, était accrochée dans plusieurs clubs de golf du président: Une couverture bidon de Time magazine datée de mars 2009 qui salue le succès du milliardaire « sur tous les fronts », notamment à la télévision.

    Comment est-ce que Trump – qui a passé toute sa campagne et la plupart de sa présidence à accuser les médias mainstream de produire des fake news – a fini par décorer ses propriétés avec un exemple parfait de journalisme bidon?

Vrai et fausse couverture de Time magazine

 


4. Un sénateur républicain attaqué par des pro-Trump

 

 

    • Le chef de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, a décidé hier de retarder le vote de la réforme d’Obamacare, faute d’une majorité suffisante – cinq sénateurs républicains se sont prononcés contre, dont Dean Heller, du Nevada.

 

    • American First Policies, une organisation d’anciens conseillers de Trump dévoués à promouvoir et défendre son programme présidentiel, a lancé mardi une campagne radio et télé dans l’Etat du Nevada pour dénoncer les positions de Mr Heller sur la réforme de l’assurance santé. – Politico

      Des représailles incroyables contre un membre du parti du président et politiquement vulnérable (…) Une attaque destinée à prévenir tous ceux qui refuseraient de s’aligner sur l’agenda du président.

 

    • L’organisation avait menacé ce week-end le sénateur s’il ne retirait pas ses propos et malgré les demandes répétées de plusieurs sénateurs républicains dont leur leader, Mitch McConnell, d’arrêter ce chantage, American First Policies s’est exécutée hier après midi: Preuves des frustrations grandissantes entre le président et le parti républicain.

 

  • Devant les critiques de l’ensemble du parti, le groupe a finalement décidé de suspendre la campagne

 

 


5. « The Last Shot »

 

Propublica

 

    • Enquête de Propublica sur un nouveau traitement de substitution aux opiacés, appelé Vivitriol, révolutionnaire car administré une seule fois par mois par injection, qui est censé arrêter immédiatement les effets de la dépendance: un médicament miracle pour un pays qui fait face à la pire épidémie de drogues de son histoire.

 

    • Snobé par les médecins et patients, le médicament produit par Alkermes a trouvé un marché plus restreint mais en pleine croissance, « où les consommateurs n’ont pas forcément le choix », celui des tribunaux de traitement de la toxicomanie (« drug courts ») qui proposent aux détenus le traitement ou la prison. 

 

    • Créés durant la « guerre contre la drogue » pour désengorger les prisons, il existe aujourd’hui trois mille tribunaux de la sorte répartis dans la moitié des comtés du pays.

      Grace à ces juges et une épidémie qui s’accélère, 30 000 personnes reçoivent aujourd’hui des piqûres de Vivitriol. Les ventes du médicament ont atteint 58 millions de dollars durant le premier trimestre 2017 et pourraient atteindre 800 millions de dollars d’ici à 2020.

 

    • Mais pour remporter le marché des « drug courts », Alkermes doit convaincre juges, médecins et politiques de la plus grande efficacité de leur produit face à la compétition et ils n’ont pour le moment aucune preuve scientifique pour soutenir cet argument.

 

 

 


6. Couverture du Jour

  • Couverture impressionnante de Vanity Fair avec Serena Williams, photographiée nue et enceinte, par Annie Leibovitz, mais qui n’est pas du goût de Robin Givhan, qui s’alarme dans le Washington Post qu’aucune célébrité ne peut échapper aujourd’hui à ce rituel de poser nue et enceinte, qui est devenu un « moment instagrammable » et un autre moyen de faire de l’argent: Au lieu de promouvoir un film ou un album ou une ligne de vêtements, ils font de la pub pour la grossesse » – Washington Post

Le Kiosque du 06.06.17: Tweets, fuites, leaker, Trumpileaks & Looney Tunes

 

1. Un président « out of control »

  • La « twitterstorm » de Donald Trump lundi pourrait « affaiblir son agenda et les pouvoirs de la présidence » s’inquiète ce matin le Wall Street Journal:

    Certains personnes avec un penchant pour l’auto-destruction ont parfois du mal à se gérer, il semblerait que Donald Trump en fasse partie (…)

     

      • Il a critiqué le maire de Londres et ses excuses « pathétiques » concernant la gestion des attentats de Londres – Trump a utilisé les commentaires de Sadiq Khan hors de son contexte.
        Ce dernier a demandé au président d’annuler son voyage officiel en Angleterre.

     

      • Il a critiqué le département de justice américain, et son General Attorney, Jeff Sessions, pour avoir « édulcoré » le second décret anti-immigration « politiquement correct » qu’il a signé après la suspension de la version originale par un juge de la cour d’appel fédérale de Washington en février.

     

    • Il a qualifié ce second décret « pour ce qu’il est » et « pour ce dont le pays a besoin »: « UNE TRAVEL BAN ». L’utilisation de cette terminologie compliquer l’appel déposé par Département de Justice devant la Cour Suprême des Etats-Unis qui doit annoncer prochainement si oui ou non elle veut reconsidérer un appel.

 

  • Le quotidien économique de conclure:

    En d’autres termes, avec 140 lettres, Mr Trump a fragilisé sa position en provoquant un petit incident diplomatique, a prouvé que la loyauté qu’il demandait aux autres n’est pas réciproque, il a retardé ses objectifs, et gâché du temps qu’il aurait pu consacrer à l’assurance-santé, la réforme fiscale, ou « la semaine de l’infrastructure ».
    Une nouvelle preuve que le pire ennemi de la présidence de Trump est Donald J Trump

 


2. Faut-il écouter Trump sur Twitter?

    • Hier, Kellyanne Conway, conseillère du président, a une fois de plus accusé les médias d’être obsédés par les tweets de Donald Trump. 
    • Sebastian Gorka, un ancien de Breitbart, qui travaille à la Maison Blanche, a ajouté qu’il ne fallait pas les prendre au sérieux et que seuls les décrets signés par le président comptaient.
    • Sa porte parole, Sarah Sanders Huckabee, a affirmé le contraire en conférence de presse un peu plus tard: les tweets lui permettent « de s’adresser directement aux Américains sans passer par le biais des médias qui filtrent ces communications »

 

  • Le mot de la fin de l’intéressé ce matin:

    Les faux médias mainstream essayent tant bien que mal de m’empêcher d’utiliser les médias sociaux. lls ne supportent pas que je puisse parler honnêtement sans passer par eux (…)
    Désolé, mais si j’avais dû me fier aux Fake News de CNN, NBC, ABC, CBS, Washpost ou nytimes, Je n’aurai eu aucune chance de gagner

     

  • Selon le Wall Street Journal, des proches du président ont essayé de le persuader d’arrêter de poster « tout ce qui lui passe par la tête »  sur les médias sociaux et de demander auparavant le conseil d’avocats. En vain. 
  • Le président américain semble très agité sur les réseaux sociaux ces derniers jours, sans doute à cause du témoignage du directeur du FBI, James Comey, devant une commission du Sénat, jeudi.

 


3. Le président détruit mais ne construit rien

 

    • Depuis quatre mois, Donald Trump s’est employé à détruire systématiquement les lois, décrets et règlementations mises en place par Barack Obama sur la santé, l’environnement, le commerce, les finances, le travail, conformément à ses promesses de campagne.
      Pour cela il a eu recours au « Congressional Review Act », qui permet à un nouveau président d’annuler les décrets pris par son prédécesseur: Trump l’a utilisé à 14 reprises alors qu’il n’avait été utilisé seulement qu’une fois ces vingt dernières années.

 

  • Mais le président et les Républicains n’ont pas achevé grand chose depuis janvier: les deux décrets anti-immigration ont été suspendus par des cours fédérales, la réforme de la santé, votée à la va-vite par les Représentants républicains consiste essentiellement à éliminer Obamacare, le désastreux budget 2018 a peu de chances de passer devant le Sénat.
    La réforme fiscale, le mur à la frontière mexicaine et le projet d’un milliard de dollars consacrées infrastructures du pays n’ont pas encore été présentés.
  • « Trump is finding it easier to tear down old policies than to build his own »Washington Post

 


4. Vive les fuites!

  • Sans les fuites, nous n’aurions pas appris entre autres:
      • Les relations entre l’ambassadeur russe à Washington, Serguei Kisliak et Michael Flynn, secrétaire à la sécurité nationale (qui a précipité sa démission), Jared Kushner, proche conseiller de Donald Trump ou encore Jeff Sessions, ministre de la justice.
      • Les tentatives de séduction opérées par le président auprès du directeur du FBI pour qu’il arrête son enquête sur Michael Flynn, et emprisonne les journalistes.
      • L’atmosphère délétère et les luttes d’influence au sein de la Maison Blanche.

     

  • Les fuites qui viennent des services de renseignement et de la Maison Blanche depuis l’investiture de Donald Trump et qu’il condamne le plus fermement possible, sont une bénédiction pour les journalistes et l’opinion publique écrit Margaret Sullivan dans le Washington Post:

    Dans un gouvernement de plus en plus obsédé par le secret et par la volonté de tout classer « confidentiel », les fuites sont nécessaires. Même s’il existe des risques concernant la sécurité nationale, je préfère vivre dans une Amérique qui fuit plutôt qu’un pays hermétique – dont les journalistes et lanceurs d’alerte sont derrière les barreaux

     

  • « Of course, Washington is plagued by leaks. That’s a good thing. » – The Washington Post

 


5. Un premier leaker arrêté

L’article de The Intercept avec une photo du document confidentiel
    • Reality Leigh Winner, 25ans, employée de Pluribus International Corporation en contrat avec le gouvernement, a été arrêtée samedi par le FBI pour avoir photocopié début mai un rapport confidentiel de la NSA concernant une cyber-attaque de l’espionnage militaire russe sur un logiciel de vote électronique qu’elle a envoyé à The Intercept.
    • Elle a avoué les faits et risque jusqu’à dix ans de prison.
    • Selon CNN, Reality L. Winner et The Intercept ont fait des erreurs qui ont facilité l’arrestation de la jeune fille.
      • Le fait que la NSA ait remarqué que le document avait été plié [sur la photo diffusée par The Intercept], lui a permis de déterminer qu’il avait été imprimé puis transportée par un individu…
        Le Département de justice a isolé six employés ayant eu accès à ces documents, dont Winner, la seule à être en contact avec le site d’information.
      • Par ailleurs, si The Intercept avait simplement rapporté l’info et la NSA su qu’il n’avait pas de document, il leur aurait été plus difficile de trouver la source de ce document.

 

 


6. TrumpiLeaks

  • C’est le service hautement sécurisé mis en place par Michael Moore pour « permettre aux courageux lanceurs d’alerte, forces de l’ordre ou le secteur privé ayant connaissance des crimes, mensonges, et écarts de conduite de Trump et ses associés de les dénoncer au nom de la protection des Etats-Unis d’Amérique contre la tyrannie »
  • Michael Moore travaille également à la réalisation d’un nouveau documentaire avec les Weinstein Company sur le président intitulé « Fahrenheit 11/9 »

 


7. « Badass Women of Washington »

  • Nouveau projet 100% féminin et « badass » de CNN sur les femmes de Washington intitulé « Badass Women of Washington »
  • Malgré la défaite de Hillary Clinton aux élections, « partout à Washington, des femmes font tomber les barrières, atteignent des positions de pouvoir et y restent ».
  • La chaîne va consacrer une série à sept d’entre elles: La Sénatrice Dianne Feinstein, la Secrétaire aux Transports; Elaine Chao, la Représentante Jaime Herrera Beutler, la Sénatrice Jeanne Shaheen, la présidente du Comité National Républicain, Ronna Romney McDaniel, la Sénatrice Catherine Cortez Masto, et la chef des services de santé de l’armée américaine, le Lieutenant général Nadja West.

 


 

8. Breitbart sanctionne des commentaires incendiaires

  • La journaliste Katie McHugh, ancienne du Daily Caller, chez Breitbart depuis 2015 a été virée après avoir posté des « commentaires incendiaires » anti-musulmans sur les attentats de Londres.
  • Samedi soir, elle a réagi sur les évènements de la capitale britannique: « Si les Musulmans ne vivaient au Royaume-Uni, il n’y aurait pas d’attaques terroristes mortelles »
  • Breitbart n’a pas commenté sur les raisons du renvoi mais ce serait une première pour le site alt-right de renvoyer l’une de ses journalistes pour avoir critiqué les Musulmans – l’une de leurs activités préférées.
  • C’est la deuxième fois cette année qu’un employé de Breitbart quitte le site. Le dernier était Milo Yiannopoulos après des commentaires controversés sur la pédophilie en février dernier.

le kiosque du 07.04.17

 

 

  • Trump, commander-in-chief

    En l’espace de trois jours, Donald Trump est passé d’une condamnation timide de l’attaque chimique attribuée au régime syrien à une offensive des forces aériennes américaines en Syrie contre les bases d’Assad – une première pour les Etats-Unis en six ans.
     
    59 missiles Tomahawk ont été lancés depuis la mer Méditerranée contre l’une des six bases aériennes du régime pour détruire avions et munitions.
     
    Six personnes auraient été tuées dans l’offensive.

    L’objectif final serait de renverser Bachar Al-Assad tout en conservant le régime syrien pour éviter le même désastre irakien.
     

    C’est aussi la première fois, au 77ème jour de sa présidence que la nation et le monde voient Donald Trump comme le Commandant-en-chef. Il a avancé de manière décisive et rapide, mais est devenu aujourd’hui un acteur central de ce que Fareed Zakaria [journaliste de CNN] à qualifié hier, « d’une des crises internationales les plus compliquées que j’ai vu dans ma vie ».

     
    Selon Mike Allen de Axios, Trump aurait prévenu, en privé, depuis des mois, une réponse particulièrement sévère contre une éventuelle agression syrienne.
     
    La démarche d’hier lui a permis également de se différencier de son confrère russe, Vladimir Poutine, qui avait défendu Assad cette semaine, et qui dénonce aujourd’hui une « agression contre la souveraineté d’un Etat en violation avec les normes de la loi internationale ».
     
    C’est une démonstration de force de l’administration Trump qui prévient également l’Iran et la Corée du Nord qu’elle est prête à l’action si nécessaire, et contrairement à son prédécesseur, Barack Obama.

***

  • Une démarche risquée

    Il y avait beaucoup d’excitation hier soir et ce matin dans les rédactions et plateaux télé à l’annonce des frappes américaines en Syrie. Très vite pourtant les médias ont pointé les risques liés à cette attaque:
     
    * Celui de voir Poutine refuser une coopération avec les Etats-Unis pour garder la main-mise et ses bases militaires en Syrie et maintenir Assad.
     
    * Celui de perdre l’objectif principal des USA dans la région: Eliminer l’Etat Islamique. Si le régime syrien, et non pas Assad, s’effondre, l’organisation terroriste, qui recule en Irak, peut prétendre à un nouveau Califat en Syrie.
     
    * Donald Trump n’a pour le moment aucun plan précis pour l’avenir de la Syrie.
     
    Quant à Washington:

    La polémique tournait ce matin autour de la décision unilatérale de la Maison Blanche de déclencher une attaque aérienne sans avoir consulté le Congrès. Les Démocrates soutenaient majoritairement la décision de Trump mais ont tout de même insisté sur la nécessité de redonner cette prérogative au Congrès et de ne plus la laisser au président.

     
    Le sénateur McCain soutient la démarche du président Trump mais a parlé de « début de la fin » pour qualifier la position des Etats-Unis dans le conflit qui doivent maintenant trouver des solutions avec le reste de la communauté internationale, les Russes et surtout le régime syrien.
     
    Les Démocrates étaient également derrière Trump hier, à l’instar de Nancy Pelosi, la porte parole de la minorité démocrate à la Chambre des Représentants qui a parlé de « réponse proportionnelle à l’utilisation par le régime d’armes chimiques ».
     
    Hier soir l’administration est finalement entrée dans la coeur des grands.
     

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  • « Bannonistes » vs « Cuckservatives »

    Le départ de Steve Bannon du Conseil national de sécurité, annoncé mercredi, représente un tournant décisif et positif pour la présidence de Trump qui enchaîne depuis le 20 janvier revers politiques et polémiques jusque dans sa majorité – et dont il serait en partie responsable.
     
    L’ancien directeur de Breitbart News, arrivé sur le tard dans la campagne du candidat républicain, a certes aidé à sa victoire au mois de novembre mais il reste un « newcomer » dans l’orbite de Trump.
    Son départ de la Maison Blanche serait imminent mais difficile étant donné les alliés qu’il possède autour du président: Jeff Sessions, le ministre de la justice, Kellyanne Conway, Stephen Miller et Steve Mnuchin, Secrétaire au Trésor.

     
    Des fuites ont révélé cette semaine qu’il en « aurait marre de son job » et serait « prêt à abandonner » – des propos démentis à 100% par l’intéressé.
     

    Même pour cette Maison Blanche très belliqueuse, la mise sur le côté de Bannon a été brutale.
    De nombreux responsables ont incendié le conseiller du président auprès des médias, n’ont rien fait pour atténuer la perte de pouvoir de Bannon, et se sont délectés de voir Drudge [Report] et d’autres médias [de droite] commenter sa chute.

     
    La haine entre les « Bannonites » et les « modérés » menés par Jared Kushner et sa femme Ivanka, est intense et irréconciliable.

     
    Selon le Daily Beast, « les deux plus proches conseillers de Donald Trump se battent sans arrêt et souvent face-à-face, et ce serait même pire en privé ».
    Bannon aurait traité le gendre du président de « cocuservateur » (traduction de « cuckservative » = « cuckhold », ou cocu, et conservative) et de « mondialiste », les deux insultes préférées de l’alt-right.

     
    Un proche de Bannon aurait déclaré:
     

    Steve pense que Jared est pire qu’un démocrate (…) [Steve] a une vision précise de ce qu’il croit, et de ce qu’il partage avec Trump. Il voit depuis longtemps Jared comme un obstacle majeur à sa réussite.

     

    * « Steve Bannon calls Jared kushner a Cuck and Globalist behind his Back »Daily Beast

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  • O’Reilly, le boycott continue

    C’était le fil rouge de cette semaine: 57 annonceurs ont décidé de boycotter l’émission « The O’Reilly Factor » à la suite de l’article du New York Times paru le weekend dernier qui révélait les accusations de harcèlement sexuel dont le présentateur vedette de Fox News, Bill O’Reilly, a été l’objet, et les 13 millions de dollars que la chaîne a bien voulu payer pour acheter le silence des victimes.
     
    Malgré le soutien public du président et un démenti formel de l’intéressé, les compagnies ont décidé d’aller promouvoir leur produits sur d’autres émissions de la chaîne si bien que « The O’Reilly Factor » n’avait que 7 publicités hier soir contre 31 lundi – preuve que le boycott continue de grossir.
     
    La stratégie de la chaîne reste la même: ne rien dire pour
    1/ soit attendre que ça se passe,
    2/ soit garder les options ouvertes et l’éventualité d’un départ O’Reilly – tout de même peu probable.

     
    En attendant, la polémique est toujours vive sur les médias sociaux « où nombres de femmes partagent leur propre expérience de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail »: « Le hashtag #DropOReilly est devenu un forum de discussion pour les femmes »
     

    * « At Fox News, A Wall of Silence surrounds Bill O’ Reilly »The Washington Post 
    * « Uniting Agains BillO’Reilly, Women share stories of Workplace Harassment »The New York Times

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  • La guerre entre CNN et Fox News

    Les deux chaînes se sont affrontées cette semaine par scandales interposés:

    * CNN a très largement couvert l’affaire Bill O’Reilly, en a discuté longuement en début de semaine et tient même une liste de tous les annonceurs et les décisions pour lesquelles ils boycottent l’émission la plus regardée de la télé américaine, « The O’Reilly Factor ».
     
    La chaîne d’info en continu ne cesse d’évoquer le départ ou la fin du présentateur, a reçu l’une de ses accusatrices, la plupart des journalistes y sont allés de leurs commentaires, et l’un d’entre eux, Don Lemon a même interpellé O’Reilly dans « CNN Tonight »:
     

    Bill, nous avons parlé du scandale Susan Rice (…) Ca fait longtemps qu’on en parle dans cette émission. Et ce soir nous allons encore en parler. Il y a un autre scandale dont on va aussi parler ce soir, dans ce programme: les accusations de harcèlement sexuel contre toi. Alors allons-y

     
    De son côté Fox News accuse CNN de ne pas avoir accordé assez d’attention sur le rôle de Susan Rice, ancienne conseillère à la sécurité nationale de Barack Obama qui aurait déclassifié les noms des proches de Trump recueillis par les services de renseignements lors des écoutes réalisés dans le cadre de l’enquête sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles.
     
    Sean Hannity, l’un des « wackadoos » de Fox News a affirmé que « les médias de propagande alt-left décidés à détruire Trump » faisaient tout pour couvrir et déformer les preuves que l’ancienne conseillère d’Obama a utilisé des informations confidentielles à des fins politiques et réalisé des écoutes illégales sur des citoyens américains.
     
    A suivre.
     
    * « Fox and CNN go to war over O’Reilly »The Hill

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  • Couverture du Jour

Le kiosque du 05.04.17

 

 

  • Donald Trump à 35% dans les sondages

    Donald Trump ne retient pas les leçons de ses échecs politiques (les deux versions de la travel ban suspendues, une réforme de la santé passée à la trappe) et essaye de proposer une nouvelle version de l’American Health Care Act, qui lui a déjà fait perdre un capital politique énorme après seulement deux mois de présidence.
     
    Il a atteint aujourd’hui un record de 35% seulement d’opinions favorables.
    Certes, ces 35% lui font encore confiance et représentent une base électorale loyale et fidèle mais il a besoin de davantage de succès, peut-être la nomination du juge Neil Gorsuch cette semaine

     

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  • Trump, champion de la Real Politik

    Alors que le monde est pris d’effroi devant les images des enfants tués lors des dernières atrocités de la guerre civile syrienne mardi, la Maison Blanche a publié une déclaration exprimant son effroi comme l’aurait fait n’importe quelle Maison Blanche.
    Mais alors que d’autres présidents auraient profité de l’occasion pour demander le départ de Bashar Al-Assad, le porte parole du président Trump a rejeté cette éventualité, « impossible », parce qu’elle n’aura pas lieu. « Nous aurions l’air stupides de ne pas reconnaître les réalités politiques de la Syrie » a affirmé Sean Spicer

    Mr Trump ne s’embarrasse pas de ce qu’il considère comme de la morale inutile et de la naïveté moralisatrice. Il considère la politique étrangère dans une approche la plus « realpolitik » depuis des générations, en minimisant les questions des droits de l’homme et de la démocratie qui ont marqué ses prédécesseurs, y compris Jimmy Carter, Ronald Reagan, George W. Bsuh et Barack Obama.
    Son approche de l’America First ne s’intéresse pas à la façon dont les autres nations traitent leur population mais à ce qu’elles peuvent apporter aux Etats-Unis.

     
    * « For Trump, a Focus on U.S. Interests and a Disdain for Moralizing » – New York Times

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  • « Make America Great Again » vs  » Chinese Dream »

    La rencontre diplomatique la plus importante de la jeune administration américaine aura lieu demain à Mar-a-Lago entre le président chinois Xi Jinping et Donald Trump qui annonce déjà des discussions « très difficiles ».
     
    Aucune partie de golf n’est prévue.

     
    Les enjeux sont importants puisque les deux pays représentent un tiers de l’économie mondiale, un quart du commerce et les deux premières puissances militaires.
     
    Ce qu’il faut retenir:
    * Le contexte est très tendu à cause des attaques répétées du président américain contre la chine depuis le 9 novembre dernier, notamment sur le « principe d’une seule Chine »
     
    * « Trump veut remodeler les relations économiques sino-américaines responsables, selon lui, de la perte d’emplois aux USA et un déficit américain de 350 milliards de dollars.
     
    * La Chine est devenue en quelques mois le plus ardent défenseur d’une économie mondialisée (Discours de Davos) face à un protectionisme américain défendu par des conseilleurs inexpérimentés (Steve Bannon et Stephen Miller).
     
    * Le problème de la Mer de Chine méridionale, l’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde, avec des ressources de pétrole importantes que la Chine essaye de contrôler aux dépens de ses voisins, dont des alliés des Etats-Unis

     
    * Les questions de sécurité seront au centre des discussions, avec la Corée du Nord, qui dispose aujourd’hui d’un arsenal de missiles balistiques capables de toucher la côte Ouest américaine, et que seule la Chine peut aujourd’hui influencer.

     
    * « These are the Dealmakers behind the Trump and Xi Jinping » – Bloomberg

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  • Bill O’Reilly est-il invincible?

    On se demandait lundi jusqu’où était prête à aller Fox News pour défendre sa vedette, Bill O’Reilly et poule aux oeufs d’or, « The O’Reilly Factor »: loin vraisemblablement puisque hier seulement, 21 annonceurs ont décidé de retirer leur produit de l’émission à la suite « des allégations inquiétantes » contre le présentateur et par respect pour les femmes qui représentent une part importante de leur clientèle. 
     

     
    Parmi elles, des marques prestigieuses comme Mercedes Benz, BMW, Hyundai, Mitsubishi, Lexus, Allstate (assurances), Bayer (pharmacies).
     
    Les publicités sont réorientées vers d’autres programmes de Fox News Cable, donc la compagnie ne perd pas d’argent mais sa réputation en prend un coup.
     

    Les annonceurs sont les nouveaux garde-fous médiatiques (…) Si on a appris quelque chose des récentes polémiques sur la publicité, c’est que les annonceurs peuvent obliger les patrons de presse à changer.

     
    Bill O’Reilly n’a pas mentionné l’article du New York Times dans on émission de lundi soir mais affirmé qu’il était « difficile d’obtenir des informations honnêtes », que « les mensonges inondaient les médias » et qu’ils étaient devenus « les nouveaux standards de la gauche. »
    Il a néanmoins salué le comité éditorial de Wall Street Journal – propriété de Rupert Murdoch, également patron de Fox News, qui continue de le soutenir tout en affirmant prendre très au sérieux « les problèmes de comportement dans la sphère professionnelle. »

     
    NOW, la National Organization for Women a demandé le renvoi de Bill O’Reilly et a demandé le lancement d’une enquête indépendante sur le harcèlement sexuel à Fox News.
     
    * « Fox News, Bill O’Reilly face growing public pressure after settlements report »CNN
    * « Advertising are the new media Watchdog »Axios

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  • Susan Rice et « Les Democrooks »

    L’ancienne conseillère à la sécurité de Barack Obama, Susan Rice, a démenti hier à la télévision américaine toute responsabilité dans les révélations faites à la presse des noms de citoyens américains, impliqués malgré eux dans les écoutes réalisées par les services de renseignements menées dans le cadre de l’enquête sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles, et censés rester confidentiels.
     
    Elle est accusée d’avoir instrumentalisé des renseignements confidentiels à des fins politiques: saboter la nouvelle administration.

     

    C’est complètement faux … Je n’ai rien donné à personne, ne l’ai jamais fait et ne le ferait jamais.

     
    Les Républicains et médias de droite ont dénoncé les « Democrooks » et parler d’un nouveau « Watergate », notamment National Review qui avance que Mme Rice a préféré « avancer les intérêts du parti démocrate » aux dépens de la sécurité du pays. 
     
    La Commission parlementaire en charge des questions du renseignement a demandé à interroger Susan Rice.
    Les démocrates accusent désormais le président de cette commission, Devin Nunes, le premier à avoir éveillé les soupçons sur d’éventuels agissements de l’ancienne administration, de vouloir réorienter l’enquête sur les proches d’Obama et non pas sur les actions de l’entourage de Trump durant la campagne.
     
    * « House intel Panel Wants Susan Rice to Testify in Russia Probe » – The Wall Street Journal

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  • #BlackLivesMatter pour entrer à Stanford

    C’est le conte de fées progressiste qui a le don d’agacer les conservateurs.
     
    Ziad Ahmed, un jeune activiste du lycée de Princeton dans le New Jersey a répondu sur son dossier d’application à l’université de Stanford que ce « qui l’importait le plus et pourquoi », c’était #BlackLivesMatter qu’il a répété cent fois, sans autre formes d’explications. 
     
    Le jeune étudiant a été admis par le prestigieux établissement californien, réputé pour ses positions libérales, et a posté sa lettre d’admission sur Twitter.
     
    Le jeune Ahmed, musulman, prend son activisme très au sérieux, il a déjà participé à une TedTalk, a rencontré Hillary Clinton et son engagement pour le « militantisme » et « progressisme » est total – il a été également à Princeton et Yale.
     
    Pour National Review, il existe une différence entre soutenir « Black Lives Matter » et le mouvement politique, plus controversé, #BlackLivesMatter:
     

    « Le succès dans le militantisme ne repose pas sur la conviction d’avoir raison mais sur l’efficacité à convaincre les autres de ses positions.
    Amener les gens de son côté est, après tout, le seul moyen d’arriver au changement qui est au coeur du militantisme.
    Ahmed pense qu’il a tellement raison qu’aucune explication est nécessaire, mais ça ne change pas le fait que c’est nécessaire.
    Une partie de la population ne comprend pas le but de #BlackLivesMatter, et le fait qu’une explication soit nécessaire est un fait objectif.
    Sa réponse n’est pas une victoire pour le mouvement, mais une occasion manquée.

     
    * « Meet the Muslim Teen who repeated #BlackLivesMatter on his Stanford Application and got in »Mic
    * « Stanford accepts Student Who Just Wrote #BlackLives Matter 100 times as his Answer to an Application Question » National Review

 

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  • Couverture du Jour

    Une longue enquête sur les relations entre Jeff Zucker et CNN avec Donald Trump
     

Vendredi 3 mars 2017: « Russessions »: un ambassadeur radioactif à Washington, Pence pincé et les nouveaux défis de CNN

1. « Russessions »

 

Jeff Sessions l’a échappé belle cette semaine et évité une seconde démission embarrassante pour l’administration Trump qui doit gérer une fois de plus les mensonges d’un de ses membres sur ses relations avec l’ambassadeur russe des Etats-Unis.
Mr Sessions s’est défendu d’avoir menti à son collègue, le sénateur démocrate Al Franken, lors de son audition devant le Sénat, avant d’être confirmé ministre de la justice, quand il a affirmé n’avoir eu aucun contact avec des agents russes pendant les élections. 

Le Washington Post a révélé qu’il a rencontré l’ambassadeur russe à deux reprises en 2016, en pleine campagne électorale, en septembre notamment, alors que les rumeurs se confirmaient sur l’ingérence russe dans les élections.
Trump a défendu Mr Sessions en déclarant qu’il « aurait pu formuler sa réponse de manière plus précise et que ça n’était pas intentionnel » avant d’accuser les Démocrates de « chasse aux sorcières » sur Twitter.

Mr Sessions s’est retiré de l’enquête menée par le FBI et le Département de Justice sur d’éventuelles relations entre les proches de Trump et le Kremlin l’année dernière – accusations formellement démenties par la Maison Blanche.
La procureure générale adjointe, Dana Boente, dirige désormais l’enquête et décidera ou non de nommer un procureur spécial pour enquêter sur les relations entre Trump et la Russie

Il y a deux semaines, le conseiller à la Sécurité nationale, Michael Flynn a dû démissionner pour avoir menti au vice président sur des coups de fil et rendez-vous passés fin décembre 2016 avec l’ambassadeur de Russie, Mr Kislyak. 
« Flynn et Sessions ont été sanctionnés parce qu’ils ont voulu cacher leurs communications avec la Russie, et non pas à cause des communications elles-mêmes. »

Comme le note le journaliste Chris Matthews:

On apprend la vérité sur ces rencontres sans fin avec les Russes grâce à de très bons reportages. La couverture heure par heure est impressionnante et c’est la seule raison pour laquelle l’administration admet les choses. Trump n’a rien fait contre Flynn avant qu’il soit exposé par la presse. Le ministre de la justice ne s’est pas retiré jusqu’à ce que les informations soient publiés dans les journaux, car il s’agit d’une administration dirigée par une vérité qui vient d’ailleurs

« Sergey Kislyak, the Russian ambassador at the heart of Russia Scandals », explained via Vox
* « Jeff Sessions will recuse himself from Russia probe » via Mother Jones

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2. Sergey Kislyak, L’ambassadeur « radiocatif » de Washington

Jeff Sessions est le deuxième membre du cabinet de Mr Trump à reconnaître avoir eu des contacts avec l’ambassadeur russe, Sergey Kislyak, après les révélations du Washington Post mercredi soir.
« Les connections très haut placées de Mr Kislyak l’ont mis au centre d’une polémique tentaculaire qui fait de lui l’ambassadeur le plus célèbre, mais politiquement le plus radioactif à Washington » constate le New York Times en première page aujourd’hui. Ambassadeur depuis 2008, Mr Kislyack qui connait le tout Washington, réputé pour ses dinners grandioses, est considéré comme la « principale autorité russe aux Etats-Unis ».
Politico parle du diplomate le « plus dangereux de la capitale », très « expérimenté dans la collecte d’information », qui défend la ligne dure du Kremlin »; certains agents du renseignement américain avancent même qu’il serait un espion au service du FSB, les servies secrets russes.

Lors d’une conférence à la Standford Business School en novembre dernier il déclarait: « Les Etats-Unis et la Russie traversent la pire phase de leurs relations depuis la fin de la guerre froide (…) Vous essayez de contenir la Russie … Vous essayer de réprimer la Russie à travers des sanctions économiques très dures ».

La ministre des Affaires étrangères russes a qualifié en conférence de presse les rumeurs de « vandalisme médiatique »: « Je vais vous révéler un secret militaire: les diplomates travaillent, et leur travail consiste à faire des contacts avec le pays hôte ».

Il devrait quitter ses fonctions prochainement et être remplacé par un général.
« Pour Mr. Kislyak, Washington n’est plus ce que c’était. Il se sent seul, il a dit à ses associés qu’il était surpris que voir les gens qui le fréquentait autrefois l’éviter aujourd’hui. »

* « Russian Ambassador Sergey Kislyak su Washington’s most dangerous diplomat »Politico
* « Sergey Kislyak, Russian Envoy, Cultivated Powerful Network in U.S. »New York Times

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3. Un graphique des scandales russes qui touchent la Maison Blanche

 

 

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4. Un autre scandale mais cette fois-ci d’un petit poucet

The Indianapolis Star – Edition du 3 mars 2017

Une fois n’est pas coutume, « The Talk of the Town » hier soir est venue, non pas des mastodontes de l’info comme CNN, le Washington Post ou le New York Times, mais du coeur de l’Amérique: l’Indianapolis Star a révélé le piratage de la messagerie privée de Mike Pence qu’il utilisait à des fins professionnelles lorsqu’il était gouverneur d’Indiana – une procédure légale dans cet Etat.

L’information pourrait être anodine si les Républicains n’avaient pas passé ces deux dernières années à accuser Hillary Clinton d’avoir mis en danger les Etats-Unis en utilisant une messagerie privée quand elle était Secrétaire d’Etat – elle a fait l’objet d’une enquête criminelle du FBI qui l’a disculpée mais évoqué une « grossière erreur de jugement ».

L’actuel gouverneur d’Indiana, Eric Holcomb a publié 29 pages de communications du compte AOL de Mr Pence, à la demande d’une requête officielle et conformément à la loi sur la liberté de l’information (FOIA), « mais a refusé d’en publier certaines que l’Etat considère comme confidentielles ou trop sensibles pour le public. »
Son compte personnel à été piraté cet été.

Hillary Clinton a géré des informations bien plus importantes et confidentielles que Mike Pence mais leurs messageries étaient également vulnérables à des cyber attaques et surtout « Pence a beaucoup critiqué Clinton pendant la campagne présidentielle de 2016, en l’accusant d’avoir voulu cacher des emails au public américain et de s’être exposé aux dangers de potentiels hackers ».

* «  Pence used personal email for state business — and was hacked. » via Indianapolis Star
* « Why Mike Pence’s private email account is way different from Hillary Clinton’s » via The Washington Post

 

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5. CNN veut remporter le digital

 

« Au dela de sa guéguerre avec le président (« On sait tous la vérité »), Zucker veut dominer les infos télévisées en ligne grâce à ses 100 millions d’internautes mensuels, une stratégie pour battre Buzzfeed et Vice, amener des stars comme Anthony Bourdain et W. Kamau sur le net, et le lancement de Casey Neistat, la Vlog Star qu’il a engagé sur les conseils de son fils »

The Hollywood Reporter – Casey Neistat (accroupi), John Tapper, Jeff Zucker, W. Kamau Bell et Anthony Bourdain


Jeff Zucker
, le président de CNN monde, ancien dirigeant de NBC Entertainement qui a donné sa chance à Trump avec « The Celebrity Apprentice » – le président affirme lui avoir pistonné le job à CNN –
travaille sur plusieurs fronts: maintenir l’audience et la visibilité de la chaîne câblée face à ses concurrents (Fox NEws, MSNBC) et s’attaquer à la jeune garde de Buzzfeed et Vice qui officient principalement en ligne.


En devenant le punching ball de Donald Trump après lui avoir consacré des centaines d’heures d’antennes pendant les élections, CNN a boosté son audience de 50% chez les 25-54ans, augmenté les révénus publicitaires de la chaîne de 100 millions de dollars et engrangé près d’un milliard de dollars de profits en 2016.

Sachant que « l’effet Trump » (« Trump Bump ») ne durera pas, Mr Zucker veut renforcer sa domination sur le net, où la plate-forme d’infos arrive numéro un avec 105 millions de visiteurs uniques par mois (CNN Politics, CNN Tech et CNN Money) – devant Yahoo News (93 millions), The New York Times (85 millions) The Huffington Post (80 millions) et Buzzfeed ( 77 millions).

Mais l’audience de CNN traîne chez les « Millenials » qui préfèrent une approche plus légère de l’information comme chez Buzzfeed ou Vice.
Pour rajeunir son public, Zucker a engagé Casey Neistat, une star de YouTube (sa chaîne « The Vlog » comptait 6 millions d’abonnés) dont il a racheté la compagnie en novembre dernier pour 25 millions de dollars. Anthony Bourdain, ancien devrait également continuer l’aventure télé de sa célèbre émission culinaire (« Parts Unknown ») sur internet avec davantage de contenu vidéo, photo et interactif (« Explore Parts Unknown »).

« CNN Chief Jeff Zucker dévoile son plan pour dominer le numérique »The Hollywood Reporter

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6. Couverture du Jour: 

Très belle couverture du New York Times magazine consacrée cette semaine au « Département de la justification » américain et à « l’avenir uncertain de la vérité et de la justice dans premier organisme d’application de la loi du pays.

* « Department of Justification » via New York Times magazine

  • The New York Times magazine – Edition du 5 mars 2017: « Department of Justification »