Le kiosque du 19.07.17

 

1. Trumplandia: Trouble in Trump Paradise?

 

La page d’accueil du Drudge Report ce matin

 

  • La plupart des médias américaines dénoncent ce matin le fiasco du parti républicain et du leader Mitch McConnell incapables de faire passer le « Repeal et Replace » d’Obamacare après la défection de quatre de ses sénateurs contre la troisième version de la réforme de l’assurance santé présentée la semaine dernière, le « Better Care Reconciliation Act » – et qui plus est, leur seule et unique obsession depuis ces sept dernières années.

 

  • Les médias pro-Trump ont été les plus virulents sur ce « désastre » du parti au pouvoir: L’un des présentateurs de « Fox & Friends », la matinale de Fox News et programme préféré du président a suggéré que les quatre rebelles n’étaient peut-être pas fidèles à leur pays et conseillé le président « de ne pas prendre [cet échec] personnellement »: Il « peut être déçu mais ce n’est pas de sa faute » – CNN
    Même son de cloche dans le Drudge Report,  Breitbart, The Gateaway Pundit, dans le programme de Sean Hannity (Fox News) ou encore celui de Rush Limbaugh qui fustige au passage « le pouvoir des trois sénatrices gauchistes du groupe républicain » qui ont empêché l’abrogation (« Repeal ») proposée en dernier recours par Mitch McConnell hier.

 

  • Depuis le 29 juin dernier, la Maison Blanche refuse de donner des conférences de presse filmées, jusqu’ici très suivies en direct sur les chaînes câblées et les médias sociaux. Hier un journaliste de Fox News a quitté la conférence présidée par Sarah Huckabee pour protester contre cette politique

 

  • On a appris hier soir que Donald Trump a eu la bonne idée de s’entretenir une seconde fois « off the record » avec le président russe Vladimir Poutine lors d’un dîner du G20 de Hambourg qui a suscité l’étonnement de la plupart des autres chefs d’Etat présents.
     

    Ca enfreint le protocole de sécurité nationale d’avoir un président américain qui rencontre son homologue russe avec seulement un traducteur russe présent: ce dernier pourrait mal interprété les propos de Trump envers Poutine. Et les Etats-Unis n’ont aucun enregistrement de ce qu’il a dit. Poutine plus expérimenté, a dû conduire la conversation. Axios

    Il n’y a rien d’illégal à cela mais ça pousse évidemment les médias à s’interroger sur le contenu de cette entrevue avec président qui a tenté d’influencer le résultat des élections présidentielles en sa faveur – Trump a encore joué la victime des fake news sur Twitter.


    Mais n’en parlez à USA Today et son réseau de quotidiens régionaux qui critiquent aujourd’hui l’obsession des grands médias nationaux sur Trump et la Russie qui les détourne d’autres problèmes importants comme l’assurance santé ou l’immigration. Une lassitude qui serait ressentie par les sympathisants de droite et de gauche.

     

    The Detroit Free Press – Edition du 19 juillet 2017

     

 

  • Trump a nommé l’ambassadeur américain en Russie, il s’agit de Jon Huntsman, qui était ambassadeur américain en Chine sous Barack Obama et de Singapour sous George W Bush. – Reuters

 


2. Une famille en enfer?

 

  • People magazine consacre sa une à la famille Trump et le tableau qui nous est offert est moribond.
     

    Ceux qui connaissent et ont étudié Donald Trump Sr et ses enfants, à la tête de son empire pendant qu’il est président – Don Jr, Ivanka et Eric – affirment que la famille est guidée par le credo du père, gagner à tous les coûts et de ne jamais admettre la défaite.

 

  • Selon des proches des deux frères Trump, Don Jr et Eric:
     

    Don Jr ne peut conclure aucun marché parce que tout le monde le surveille. Chaque jour, Il part travailler dans un état misérable … Tu ne peux pas critiquer ceux qui te nourrissent, mais Don Jr n’attends qu’une chose, la fin des quatre prochaines années.

 

 

 


3. Les tweets de Trump

 

  • C’est une récurrence dans les médias depuis deux ans, date de son entrée dans la campagne présidentielle: les fameux tweets de Donald Trump qui, de son propre aveu et de ceux de tous les analystes, l’ont aidé à remporter la candidature républicaine puis les élections présidentielles.
  •  

  • Le New York Times a analysé les tweets de ces 24 derniers mois et noté que Trump « est plus bien efficace à cataloguer ses adversaires qu’à défendre des politiques.
     

    Il a promis « un superbe assurance santé », un « remarquable assurance santé », un « grand programme », et une assurance santé « qui va bientôt être superbe ». Mais pour un politicien qui est habile à noyer ses arguments dans des slogans compacts – « fake news », « witch hunt », « Crooked Hillary » – ses discours sur l’assurance santé ne sont pas très convaincants par rapport aux refrains cinglants et mémorables qui ont influencé des millions d’Américains sur comment interpréter Washington.

     

  • Non seulement il « essentialise » ses adversaires en utilisant des diminutifs: Non pas « Hillary is a crook » mais « Crooked Hillary », « Lyin’ Ted [Cruz] », « Goofy Elizabeth Warren », « lightweight Marco [Rubio] », « failing NYTimes » mais « c’est aussi la répétition qui est importante. La simplicité et la consistance, le b.a.-ba du marketing ».* « Trump seems Much Better a Branding Opponents than Marketing Policies » – New York Times

 


4. Actualité locale recherche médias locaux

 

  • La question du Washington Post est simple: « Qu’arrive-t-il à l’actualité locale quand il n’existe aucun média pour la couvrir? »
     

    Palo Alto en Californie est un « désert d’informations », une communauté oubliée, voire entièrement ignorée par les médias. C’est l’une des mille villes des Etats-Unis dans laquelle l’actualité locale se réduit et parfois disparait. Le plus important facteur de ce phénomène, selon une étude de l’Université de Caroline du Nord: Les coupes budgétaires, la consolidation et fermetures des quotidiens et hebdomadaires, l’élément vital traditionnel de la presse locale de l’Amérique avant même sa fondation. Le disparition de centaines de quotidiens et hebdomadaires a réduit les emplois de ce secteur de moitié entre 2001 et 2016 selon les Ministère du Travail. L’impact a été ressenti dans une étude locale en 2001 qui conclut: « Un défaut d’information se manifeste de plusieurs manières: Des histoires qui ne sont pas racontées, les erreurs du gouvernement qui ne sont pas révélées, les dangers sanitaires qui ne sont pas identifiés, des élections locales avec des candidats que personne ne connaît.


5. Must Read: « The Lawyer, the Addict »The New York Times magazine

 

  • Eilene Zimmerman évoque la descente aux enfers de son ancien mari, avocat réputé de la Silicon Valley, tombé dans la toxicomanie pour pouvoir relever les défis d’une carrière exemplaire dans un milieu ultra-compétitif (soixante heures de travail hebdomadaires pendant vingt ans) et qui lui a été fatale.
     

    Peter, l’une des personnes les plus brillantes que je n’ai jamais connu, a succombé à sa toxicomanie, abattu par une infection bactérienne généralisée, commune aux utilisateurs de drogue intraveineuse.
    De tous les détails les plus déchirants, celui qui me hante le plus est le suivant: L’historique des appels sur son téléphone portable montre que le dernier a été donné à son travail. Peter, qui vomissait, incapable de s’asseoir, à moitié inconscient a réussi, je ne sais comment, à avoir une conférence téléphonique.

 


6. A regarder: « Life on Parole »

 

  • Le documentaire de l’excellent programme de la chaîne publique, PBS, « Frontline » qui s’intéresse en collaboration avec le New York Times à ces détenus en liberté conditionnelle, qui effectuent la fin de leur peine au sein de la société mais avec d’immenses restrictions et le risque imminent de retourner en prison.
  • Le documentaire intitulé « Life on Parole » a suivi pendant deux ans quatre prisonniers libérés dans le Connecticut, un Etat qui tente de désengorger les prisons en redonnant une semi-liberté et une chance de réintégration aux détenus.

 


7. Le reste de l’actualité

 

 

  • Hillary toujours aussi mal-aimée – Washington Post
     

    « La plupart du temps, le candidat qui perd les élections présidentielles a un prix de consolation: le respect du public (…) Hillary Clinton, [est] la première candidate moderne à casser cette règle. Selon un sondage de Bloomberg, seulement 39% des Américains la voient favorablement (…) Pourquoi? Tout simplement parce que beaucoup de gens, y compris le président des Etats-Unis refusent de refermer l’épisode des élections de 2016 »

     

  • « Netflix veut rendre les salles de cinéma obsolètes » affirme le Washington Post qui précise que le géant de la vidéo en ligne va sortir 40 films cette année contre 16 seulement en 2016.
  •  

  • Les responsables des quartiers sensibles de Baltimore – la ville la plus violente du pays – appellent à un cessez-le-feu le premier week-end d’août: une pause de 72 heures au cours desquelles « personne ne doit être tuée ». La ville a recensé 188 morts depuis le début de l’année  – Baltimore Sun

 


8. La couverture du jour

 

  • Toutes les chaînes TV américaines seront demain à Las Vegas pour suivre l’audition de demande de liberté conditionnelle d’O.J. Simpson, l’ancien joueur de football américain, reconverti acteur avant d’être acquitté du double de sa femme et de l’un de ses amies dans le procès du siècle il y a plus de 25 ans.
    Simpson est incarcérée dans une prison de Las Vegas depuis huit ans pour avoir volé des objets de collection dans un casino en 2007. Variety et NY Daily News

 

  • Couverture du Daily News du 19 juillet 2017

Amanda Knox, une affaire à sensations

Amanda Knox, le dernier documentaire criminel de Netflix, disponible en ligne depuis vendredi dernier, nous raconte, entre autres, comment la presse à sensation s’est emparée d’un fait divers macabre pour le transformer une « huge international bullshit story » grâce au témoignage de l’un de ses héros, Nick Pisa.

Rappel des faits: Une jeune Américaine de 20ans, Amanda Knox, est accusée du meurtre de sa roomate, Meredith Kercher, 22 ans, retrouvée assassinée et violée dans sa chambre de l’appartement qu’elles partageaient, un soir de novembre 2007 à Pérouse en Italie.

Elle est rapidement accusée de ce meurtre, avec la complicité de son petit ami de l’époque, Raffaele, rencontré trois semaines plus tôt, détenue en prison pendant deux ans avant d’être condamnée à 26 ans en 2010 pour être acquittée en 2011. Elle rentre alors pour la première fois aux Etats-Unis d’où elle assiste à son nouveau procès en 2013 pour laquelle elle condamnée de nouveau avant d’être définitivement acquittée en 2015.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le couple d’amoureux avait d’abord affirmé avoir passé ensemble la nuit du meurtre chez Raffaele avant de s’accuser l’un de l’autre sous la pression de la police. Leur attitude « inappropriée » selon les termes du procureur, Guiliano Mignini, vis-à-vis du meurtre de leur amie dans les jours qui ont suivi, avait choqué les enquêteurs, les habitants de Pérouse et renforcé les soupçons à leur égard.

Nick Pisa - "Amanda Knox" / Netflix
Nick Pisa – « Amanda Knox » / Netflix

Mais pas autant que l’autre star de ce documentaire, Nick Pisa, à l’époque journaliste freelance pour le tabloïd anglais The Sun, qui se remémore avec semble-t-il beaucoup de nostalgie l’état d’esprit dans lequel il a abordé l’affaire:
« Un meurtre, ça ramène toujours du monde, un peu d’intrigue, un peu de mystère, un whodunit (…) C’était un meurtre particulièrement atroce. La gorge coupée, à moitié nue, du sang partout … Qu’est-ce qu’on peut attendre de plus d’une histoire? La famille royale et le pape? » explique-t-il avec humour.
Le journaliste qui sait parler italien est devenu un interlocuteur privilégié avec le procureur, les enquêteurs et les médecins légistes, « qui se sont confiés à lui parce qu’ils se sentaient flattés d’être interviewés par un journaliste anglais. »

C’est la police locale, sous une pression médiatique sans précédent, qui émet la première l’hypothèse d’un crime en réunion impliquant des jeux sexuels. C’est ensuite Nick Pisa qui transforme ces hypothèses en scoops racoleurs qui font le tour du monde
« C’était notre scoop et ça a fait les unes du monde entier. Voir son nom en première page avec une « super histoire » dont tout le monde parle. C’est juste un buzz fantastique. C’est comme faire l’amour ou quelque chose comme ça. »

Il est difficile de nier le caractère sexiste et misogyne des accusations dont a été victime Knox tout au long de l’affaire et du documentaire: Entre le journaliste qui fantasme sur « l’intrigue sexuelle » entre Amanda et Meredith, un « girl on girl crime », qui parle « d’Orgie de la mort » entre les deux amants, et tous les noms dont elle est affublée (« femme fatale », « She-Devil », « dominatrice », « mangeuse d’hommes ») et les hypothèses du procureur Guiliano Mignini, un fan de Sherlock Holmes, pour qui « seule une femme aurait pu recouvrir le corps de sa victime après l’avoir tué » – comme le fut Kercher – tout simplement parce qu’un « homme ne le ferait pas ».

Capture d'écran d'un des articles écrits par Nick Pisa sur l'affaire Amanda Knox
Capture d’écran d’un des articles écrits par Nick Pisa sur l’affaire Amanda Knox

 

 

 

 

 

 

C’est lui qui a utilisé le terme « Foxy knoxy » le surnom que Knox s’était donnée sur MySpace, pour la désigner dans ses articles, lui qui a récupéré le journal intime qu’elle tenait en prison où figurait le nombre de ses partenaires sexuels, où elle raconte que les médecins lui ont dit qu’elle avait le Sida. Des informations qui ont fait la une des tabloïds du monde entier. « Il se trouve qu’elle n’était pas séropositive et que le police et le procureur jouaient avec ses émotions » admet-il encore une fois avec sourire.

Les principaux témoignages, celui d’Amanda Knox, de son ancien petit ami Raffaele Sollecito, du procureur Guiliano Mignini et du journaliste Nick Pisa, ne nous en apprennent pas davantage sur une enquête qui s’est arrêtée à la condamnation de Rudy Guede, une connaissance de Knox et Kercher, dont les empruntes ont été retrouvées sur les lieux du crime et sur le cadavre de cette dernière, à 16 ans de prison. Ce dernier, après avoir changé plusieurs fois sa version des faits accuse aujourd’hui Knox d’être responsable de la mort de Kercher.

Le seul qui semble être satisfait de la tournure de ces évènements, c’est le journaliste, Nick Pisa, qui a enchaîné pendant plusieurs années, « couvertures après couvertures, gros-titres après gros-titres » quitte à ce que certaines informations publiées à l’époque soient fausses et infondées, « mais qu’est ce qu’on est censés faire? On est journalistes, et ont rapporte ce qu’on nous dit. C’est pas comme si je pouvais dire, Attendez une minute, je veux pouvoir re-vérifier ça à ma façon et je laisse mon concurrent passer devant et j’ai perdu mon scoop. Ca ne marche pas comme ça pas dans l’industrie de l’information …

« Audrie and Daisy »: Viols et cyberbullying dans les lycées américains

Netflix a mis en ligne cette semaine un documentaire de sensibilisation au « cyberbullying » dans les cas d’agressions sexuelles chez les lycéens américains.
Un phénomène qui a fait la une de l’actualité ces dernières années à cause de ses conséquences dramatiques qu’il a provoqué et de la gestion très critiquée de la justice, de la police et de la communauté vis-à-vis des agresseurs et des victimes.

audrie-daisy-poster-405x600Témoignage des agresseurs et agressées
« Audrie & Daisy » sont deux lycéennes, violées par des camarades de classe ou du même établissement scolaire et dont les agressions ont été diffusés sur internet et les médias sociaux provoquant injures, moqueries et mises à l’écat des victimes.
Audrie s’est suicidée dans sa chambre en 2012. Daisy a survécu à plusieurs tentatives et a été poussée par sa propre communauté à quitter la ville.

Les témoignages des parents, des familles des victimes et des victimes elles-mêmes est très dur, mais celui des agresseurs et des autorités vis-à-vis de ce genre d’affaire est encore plus difficile à entendre.

La force de ce documentaire tient à la participation des « agresseurs » ordonné par le juge en échanges de peines de quelques mois de prison. Ces adolescents, qui apparaissent sous forme d’animation, répondent de manière laconique sans réaliser la gravité et les conséquences de leurs actes, des faits d’agressions sexuelles auxquels ils ont participé.
Les deux réalisateurs, Bonni Cohen and Jon Shenk, se sont également appuyés sur les vidéos des dépositions des adolescents.

Leur défense? Ces adolescents n’avaient aucune idée que prendre des photos d’une mineur nue et les partager sur internet constituait un crime, « juste une blague pour s’amuser entre potes [de l’équipe de football] » quand d’autres vont affirmer que la jeune fille inconsciente était consentante.

Ces adolescents n’ont sans doute pas voulu provoquer la mort de leur amie ou consciemment pensé qu’ils violaient une adolescente, mais un crime de cette nature doit de toutes façons faire l’objet d’une enquête et d’une condamnation si les faits sont circonstanciés.
C’est là que le bas blesse.

Loi du silence,  et responsabilité des autorités
Dans le cas de Daisy Coleman qui a été violée à l’âge de 14 ans, inconsciente sous les effets de l’alcool, par la star de l’équipe de football, Matt Barnett, 17 ans à l’époque, le sheriff explique très sérieusement:

« Il ne faut sous-estimer le besoin d’attention de certaines personnes, notamment des jeunes filles. Il y a beaucoup de pressions sur les jeunes filles dans notre société pour être belles, pour être appréciées et populaires. Ce n’est pas juste mais c’est la façon dont fonctionne notre société (…) Cette affaire est devenue hors de contrôle parce que tout le monde a utilisé le mot « viol », c’est très populaire. Le viol. Le Viol de Maryville. Le viol Coleman. Rien de ce qui s’est passé cette nuit-là qui rassemble de loin ou de près à un viol. Qu’on soit d’accord ou non, des jeunes de cet âge peuvent avoir des relations sexuelles consenties dans l’état du Missouri

Quelques mois après l’agression, le procureur a abandonné toutes les charges contre Mr Barnett et l’ami de celui-ci qui avait filmé la scène. « Une décision politique » pour la mère de la victime: l’agresseur appartient à une puissante famille du Missouri et « dans ces petites villes du fin fond de l’Amérique, il est plus important de protéger les garçons plutôt que de rendre justice aux filles (…) ils représentent la communauté et on ne veut pas les contrarier, ce sont des héros.

Une décision qui a choqué le pays et provoqué un intérêt médiatique sans précédent sur la communauté de Maryville, et certainement pas pour les bonnes raisons.

A la suite de la dénonciation de son agresseur, toute la petite communauté de Maryville a tourné le dos à la famille Coleman et aux quatre enfants scolarisés, la jeune Daisy a été harcelée sur les médias sociaux, la mère a perdu son travail de vétérinaire, leur maison a été incendiée, les obligéant a quitté la ville définitivement.

Le jeune Barnett a finalement été condamné à deux ans de prison avec sursis pour mis-en-danger d’une mineur.
Aucune accusation d’agression sexuelle n’a été retenue.

Time magazine - Edition du 26 mai 2014
Time magazine – Edition du 26 mai 2014


Prise de conscience collective dans les universités du pays 

L’année dernière, plusieurs affaires de viol ont poussé les médias à dénoncer ce « phénomène national » dans les campus américains de Baylor University (Texas), Vanderbilt (Tennessee), Columbia, et récemment celle de Stanford.

Selon une étude réalisée sur neuf campus du pays, une « undergraduate » sur cinq aurait subie une agression sexuelle, dont seulement 37% seraient reportées à la police du campus, par peur de représailles, d’exclusion, ou de mises à l’écart par d’autres étudiants.
Les problèmes auxquels font face les victimes tiennent aussi au manque de témoins, au rôle de l’alcool, et enfin aux condamnations très légères  qu’obtiennent les agresseurs.

Le documentaire de Netflix, « émotionnellement difficile à regarder », voudrait provoquer le même électrochoc chez les lycéens et les adultes pour alerter et prévenir ce genre de comportements.

Il y a deux semaines, le Washington Post publiait le témoignage d’une mère intitulé « Mes deux adolescents sont aveugles à la culture du viol » qui explique:

Je n’ai jamais imaginé que j’élèverai des garçons qui deviendraient des hommes comme ça. Des hommes qui pensent que la culture du viol n’existe pas ou qui ne comprennent pas le sexisme. Des hommes qui me disent que je suis trop sensible et ou que je ne comprends pas comment fonctionnent les adolescents.
On parle jamais de ce genre de choses maman, m’ont-ils dit avec agacement.
C’est la façon dont tous les jeunes se comportent

Le kiosque du jeudi 29 septembre 2016

Ce diaporama nécessite JavaScript.


Un veto qui veto

Sur toutes les unes aujourd’hui, le véto du Sénat américain qui annule un véto que Barack Obama avait imposé qui permettait aux familles des victimes d’attentats (et notamment celles du 11 Septembre 2001) de pouvoir poursuivre en justice des gouvernements étrangers pour d’éventuels dommages et intérêts – l’Arabie Saoudite dans le cas présent, dont est originaire Oussama Ben Laden.
C’est le premier des 12 vétos décidés par le président ces huit dernières années à être outrepassé, qui résonne et l’administration Obama n’a pas du tout apprécié: Selon l’attaché de presse de la Maison Blanche, c’est le geste le plus embarrassant que le Sénat américain ait fait depuis 1983 – date du veto imposé contre Ronald Reagan.

***

Elections présidentielles américaines
Hillary Clinton a toujours du mal à convaincre les jeunes entre 18-29ans, dont 10% n’ont l’intention de voter pour aucun des deux candidats.
Un état d’esprit qui fait écho aux propos de Colin Kaepernick, le quarterback des San Francisco 49Ers, qui refuse depuis le début de la saison football américain, de saluer le drapeau en début de match, et pour lequel il a fait la une du Time la semaine dernière.
Ce dernier a qualifié Trump et Clinton de « menteurs avérés » et affirmé que cette élection revenait à choisir « le moins pire des deux » mais que cela restait quand même « le pire ».

Concernant les affaires extra-conjugales de son mari, Clinton doit préparer une ligne de défense contre un candidat qui pourrait s’en servir lors de deux prochains débats: « laisser-faire ou volonté de protéger la famille » se demande le Washington Post à propos de l’attitude de la candidate démocrate qui a toujours défendu son mari quitte à discréditer publiquement certaines femmes, dont les accusations, à l’encontre de Bill,  ont été plus tard confirmées.

Le troisième homme de ces élections, le libertarien Gary Johnson, a encore montré de sérieuses lacunes en politique étrangère hier en étant incapable de nommer un chef d’Etat étranger, même pas celui du Mexique voisin. Un passage vide qu’il a lui-même qualifié de « Aleppo moment » en référence à sa méconnaissance de la ville d’Alep, en Syrie, théâtre d’une guerre depuis plus de cinq ans.

Enfin selon Politico, 7% des électeurs ont perdu des amis à cause de ces élections pour le moins atypiques, et 65% pensent que le recours à un langage grossier en politique (a.k.a. Donald Trump) est inutile.

***


Saturday Night Live revient samedi

Dans un autre registre, Alec Baldwin a été recruté par Saturday Night Live qui reprend samedi (Margot Robbie est l’invité et The Weeknd à la chanson) pour jouer le rôle de Donald Trump avec Hillary Clinton, incarnée par Kate McKinnon, fraichement récompensée d’un Emmy Award.

Un choix étonnant puisqu’un ancien acteur du même programme, Darrell Hammond, avait excellé dans son genre la saison dernière.
A vous de juger

Pour Politico, « SNL pourrait bien faire le boulot que les chaînes d’infos câblées ont refusé de faire durant toute la campagne », à savoir être un peu plus critique envers le candidat républicain.

***

Le Show le plus cher de l’histoire sur Netflix
Intitulé « The Crown », la série raconte l’histoire de la monarchie anglaise d’Elizabeth II. Chaque saison se concentre sur une décennie de son règne et des personnes qui l’ont marqué et Netflix vient juste de diffuser une première bande annonce que voici.
Cette première saison aurait couté entre 100 et 130 millions de dollars.

***

Vogue se révolte …
Contre les bloggeurs de mode qui ont investi les premiers rangs des défilés de mode aux côtés des célébrités et dont l’amateurisme, le manque de style, et la recherche d’attention agacent profondément les professionnels de la mode: « le désastre du street style » incarné par ce jeunes « femmes qui se pavanent devant les caméras dans des habits qu’ont leur a prêté, et c’est triste aussi de voir autant de marques y participer » souligne Nicole Phelps, directrice des défilés pour le magazine, à propos de la fashion week de Milan qui avait lieu du 21 au 26 septembre dernier.
Alessandra Codinha, rédactrice mode de vogue.com, évoque elle « le paradoxe de la bloggeuse » qui « n’est même plus techniquement un bloggeuse » et qui « se ridiculise en posant, remuant sur son siège obsédée par sa présence sur les médias sociaux (…) Les gens se rendront bientôt compte du caractère grossier qu’est devenu l’utilisation de ces présences rémunérées et de leurs vêtements empruntés »

***

Trump en « Miss Sympathie » dans le prochain numéro du New Yorker!

The New Yorker - Edition du 10 Octobre 2016 - Barry Blitt "Miss Congeniality"
The New Yorker – Edition du 10 Octobre 2016 – Barry Blitt « Miss Congeniality »

Netflix, futur Google d’Hollywood?

La compagnie de location de DVDs par correspondance est devenu un acteur majeur de la production télévisuelle américaine avec un service de contenu en ligne qui concurrence, en tant producteur, réalisateur et distributeurs, chaînes de télé, câblées et même les studios de cinéma.
Netflix met-il en danger Hollywood?

Les studios et chaînes câblées s’inquiètent que la compagnie, avec ses 83 millions d’abonnés à travers le monde, attire de plus en plus d’audience et fasse monter les prix des programmes qui les rendraient incapable de rivaliser. Et les agents s’inquiètent de voir Netflix se débarrasser des acheteurs concurrents, continuer à acheter tous les droits de ses programmes originaux à travers le monde et supprimer peu à peu les profits réguliers que les shows les plus célèbres (genre Modern Family) apportent à une industrie instable.

Avec six milliards de dollars dépensés en achat et production de contenu et 54 nominations aux Emmys Awards cette année, Netflix continue d’enrichir et de diversifier l’offre de programmes, qui crée « plus d’opportunité et d’argent pour l’industrie » – HBO dépense en comparaison 2 milliards de dollars par an.
Les revenus de la compagnie sont passés de 1,2 à 6,8 milliards de dollars depuis 2007, date à laquelle le service de vidéos à la demande a été mis en place et totalise aujourd’hui 47 millions d’abonnés aux Etats-Unis et 36 millions répartis dans 190 pays étranger.
Trente séries différentes et 600 heures de programmes seront lancés sur le site cette année.

Schéma créé par The Hollywood Reporter qui montre l'évolution du contenu original de Netflix depuis 2012
Schéma créé par The Hollywood Reporter qui montre l’évolution du contenu original de Netflix depuis 2012

Un succès qui ne va sans critiques, notamment celle d’une compagnie qui tend vers une monopolisation de l’industrie du divertissement, comme Google pour la recherche internet ou Amazon pour l’achat en ligne.

« L’implication est claire: Si Netflix amasse autant d’influence, les généreux contrats vont commencer à s’évaporer et la liberté de création va en souffrir. »

Interrogé par The Hollywood Reporter, Netflix reconnait « avoir modifié le modèle traditionnel de business et créé de nouvelles normes » mais se défend de travailler avec Hollywood, ses studios, ses créateurs « qui comprennent et apprécie [leur] démarche] »

A lire dans The Hollywood Reporter: The Netflix backlash: Why Hollywood fears a Content Monopoly