12.09.17

 

1. Détecteur de mensonges

 

  • Selon Axios, Jeff Sessions, ministre de la justice, veut soumettre individuellement la centaine d’employés du Conseil National de Sécurité au détecteur de mensonges pour identifier et punir ceux qui ont fourni au Washington Post les transcriptions des conservations privées du président avec des leaders étrangers et dénoncées par l’ensemble de la classe politique.
  • Une mesure drastique pour tenter de limiter les fuites qui inondent la Maison Blanche, les services de renseignements et agences fédérales depuis l’investiture et qui ont poussé Trump a critiqué publiquement Sessions, pourtant l’un de ses premiers supporters.  

 


2. Portraits manquants

 

  • Plus de sept mois après la transition entre les deux administrations, « les portraits du président et du vice-président sont encore absents de milliers de tribunaux, cours de justices, laboratoires, infrastructures militaires, ports, ministères, et ambassades partout dans le monde ».
     

    Les agences fédérales ont commandé ces photos il y a des mois mais attendent toujours que le Bureau d’impression du gouvernement (GPO) des Etats-Unis, en charge des portraits officiels, les envoie à l’Administration des Services Généraux (GSA), propriétaire et locataire de 9 600 bureaux fédéraux à travers le pays.
    Le GPO affirme ne pas avoir encore reçu les images de la Maison Blanche. Et la Maison Blanche affirme que le président et le vice président n’ont pas encore décidé quand est ce qu’ils se prêteraient à l’exercice de la photo officielle, une tradition qui remonte à la guerre civile.

     

  • Celle de Bill Clinton avait mis près d’un an avant d’être accroché dans les immeubles du gouvernement américain.

 


3. Sagesse papale

 

  • Dans son avion en provenance de Colombie, le pape François a évoqué les deux derniers ouragans qui ont touché les Etats-Unis comme ne l’ont pas fait l’administration Trump: En dénonçant le changement climatique qui rend plus fréquent et plus violent ce genre de catastrophes naturelles selon le consensus d’une majorité de scientifiques à travers le monde.
    Reuters rapporte les propos du souverain pontife qui diffèrent de beaucoup de conservateurs américains, pourtant très religieux:

    Le pape François a affirmé que la dernière vague d’ouragans devrait pousser les gens à comprendre que l’humanité va s’éteindre si rien n’est fait contre le changement climatique et que l’histoire jugera ceux qui ont renié la science (…)
    On peut observer les effets du changement climatique et les scientifiques ont clairement affirmé qu’il existait un chemin à suivre, en faisant référence à un consensus de scientifiques selon lequel le réchauffement climatique est causé par l’activité humaine telle que l’extraction de combustibles fossiles. »

 

  • Le pape François a également affirmé que la suppression du DACA, le programme de protection des migrants arrivés illégalement sur le territoire américain lorsqu’ils étaient enfants n’est pas « pro-vie »

 


4. « Sept jours d’héroïne »

 

  • Le Cincinnati Enquirer a envoyé soixante journalistes couvrir une semaine ordinaire dans la « situation extraordinaire » à laquelle fait face aujourd’hui l’Ohio, l’un des Etats les plus touchés par l’épidémie d’overdoses d’héroïne et d’antidouleurs qui a fait plus de 60 000 morts l’année dernière aux Etats-Unis.

 


5. La faute aux drogues ou au désespoir?

 

  • En décembre 2015, deux chercheurs de Princeton, Anne Case et Angus Deaton, ont publié une étude décrivant une hausse de la mortalité chez les blancs américains d’age moyen et sans diplômes causée par une recrudescence de suicides, overdoses de drogues, problèmes liés à l’alcool; un phénomène qualifié dans un second rapport diffusé en 2017 de « mort par désespoir« .
  • De nouvelles recherches ont depuis isolé la forte augmentation de décès par overdose chez les 45-54ans, dernière génération de baby-boomers, directement causée par l’épidémie d’héroïne et d’opiacés qui affaiblit économiquement les régions les plus touchées, celles qui ont fait l’objet de campagnes agressives de promotion des anti-douleurs par les laboratoires pharmaceutiques à la fin des années 90 et de médecins ignorants de la dangerosité de ces médicaments.
     

    Ces drogues ont provoqué toute cette misère et c’est tragique mais il y a des raisons d’espérer puisque les épidémies d’héroïne tendent à décliner.
    Mon collègue Stephen Mihm a décrit comment la crise des opiacés du 19ème siècle à diminuer au fur et à mesure que les médecins ont compris les dangers de la morphine et de ses dérivés. Les prescriptions d’anti-douleurs sont en train de diminuer – même si des substituts illégaux continuent de faire augmenter le nombre d’overdoses.
    Ca ne va pas être facile, ça va prendre du temps, mais ça passera.

  • « Which came first, the opioids or the despair? » – Bloomberg Businessweek

 


6. Wall Street Journal … we have a problem

 

  • L’institution new yorkaise, qui a vu des dizaines de reporters, éditeurs et employés quitté la rédaction cette année, est vivement critiquée en interne pour la couverture parfois trop complaisante à l’égard du président, imposée par le rédacteur-en-chef Gerard Baker et en amont par le propriétaire, Rupert Murdoch, ami personnel de Trump, qui semble vouloir privilégier son « accès direct au pouvoir [du président] » plutôt que l’intégrité de son quotidien et de son staff.
  •  

  • « Les rédacteurs et journalistes du bureau politique doivent faire face aux interventions constantes de Gerry [Baker] ou doivent arrondir les angles de leur articles à l’avance pour lui faire plaisir (et par extension, pour contenter Murdoch) » explique au Guardian un ancien journaliste.
    A tel point que des emails de Baker, demandant à la rédaction de rapporter et non pas de critiquer les propos incendiaires du président lors d’un meeting à Phoenix en août dernier, ont été publiés par leur adversaire, le New York Times cet été
  •  

  • Pour sa défense, le porte parole du journal affirme « couvrir l’administration Trump comme toutes les autres, sans parti pris, ni faveur. A un moment où les relations entre le gouvernement et les médias n’ont jamais été tendues, l’intérêt du journal pour une couverture factuelle et objective est essentielle. L’obligation d’être juste est la raison pour laquelle le journal est considéré comme le plus fiable des Etats-Unis. »

 


7. Reconnaissance sexuelle

 

  • Conscient des dérives que représente l’usage de plus en plus courant du système de reconnaissance faciale dans la vie quotidienne (vidéo-surveillance, biométrie, robotique, téléphones portables), deux chercheurs de Stanford « on décidé de vérifier si cette technologie pouvait identifier l’orientation sexuelle des individus uniquement grâce à leur visage. Ils ont passé en revue plus 35 000 photos d’homos et hétérosexuels sur un site de rencontre en ligne et les ont rentré dans un algorithme qui enregistre les différences, même les plus minimes, des aspects de leur visage. Ils demandent ensuite au logiciel de déterminer l’orientation sexuelle des portraits sélectionnées au hasard. »
     

    Et les résultats sont déconcertants. Selon l’étude, publiée la semaine dernière, l’algorithme était capable de reconnaître correctement un gay d’un hétéro dans 81% des cas et une lesbienne d’une hétérosexuelle, dans 71% des cas, bien mieux qu’un jugement humain. Etant donné l’importance de cette technologie, les chercheurs ont noté que leurs recherches avaient mis en avant une menace contre la vie privée et la sécurité des gays et lesbiennes.

     

  • « Researchers use facial recognition tools to predict sexual orientation. GBT groups aren’s happy »Washington Post

 

 

 


8. Rotten Hollywood

 

  • Pour Hollywood, ce ne sont pas les studios et leur manque de créativité qui sont responsables de l’un des pires étés du Box Office américain depuis vingt ans, c’est Rotten Tomatoes, le site consacré aux critiques et informations sur les films, qui serait trop méchant à l’égard de leurs navets rapporte le New York Times:
     

    Le business a été tellement mauvais que les trois grandes chaînes de cinéma ont perdu quatre milliards de dollars de valeur de marché depuis mai.
    Prêt pour la partie la plus alarmante? Hollywood accuse un site internet d’en être responsable: Rotten Tomatoes (…) Certains représentants des studios reconnaissent que certains films récents – mais quelques uns seulement – étaient mauvais. Du mauvais marketing a pu jouer un rôle d’autres cas en plus de la compétition de Netflix et Amazon. Mais la plupart des accusations pointent vers Rotten Tomatoes qui accumulent des centaines de critiques pour donner aux films des résultats « frais » et « pourris » dans leur Tomatomètre. Le site est très populaire puisqu’il a attiré 13,6 millions de visiteurs en mai, 32% de plus que l’année précédente.

 


9. Couverture du jour

 

  • C’est le nouveau numéro de Variety consacrée à l’une des stars de l’ère Trump, Stephen Colbert, qui « grâce à une satire brillante de Donald Trump » a capturé le « trône des émissions de fin de soirée » et présentera la plus importante soirée consacrée à la télé, les Emmy Awards, dimanche soir.
     

Le kiosque du 11.05.17: « ComeyGate » – Black Lives Matter à maturité – « Woke comedians » – Une espérance de vie: les écarts se creusent

 

 

Dans le kiosque du jeudi 11 mai 2017 – New York:

1. Tout savoir sur le ComeyGate
2. ComeyGate: Vers une crise constitutionnelle?
5. Black lives matter, une force politique
6. Les écarts d’espérance de vie se creusent aux Etats-Unis
7. « The Age of the Woke Late-Night Show Comedians »

 

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1. Tout savoir sur le ComeyGate

Voici ce qu’il faut retenir jeudi de la crise la plus importante que traverse la Maison Blanche cette semaine:
 

  • Mardi après midi, Donald Trump a signé le renvoi immédiat du directeur du FBI, sans prendre le soin de l’appeler – ce dernier a appris à la télé de Los Angeles – après avoir suivi les « recommandations » du ministre de la Justice, Jeff Sessions, et de son adjoint, Rod Rosenstein, en place depuis seulement deux semaines, qui ont conclu que Mr Comey n’avait pas bien dirigé l’enquête sur les emails d’Hillary Clinton, close en juillet dernier et avait compromis l’intégrité de l’agence de renseignements, accusée de soutenir la candidate démocrate.
  •  

  • La Maison Blanche a affirmé mercredi que Trump comptait en fait renvoyer Comey depuis novembre et que les conclusions de Mr Rosenstein, prises en tout indépendance, avait précipité les démarches.
    Selon Maggie Haberman du New York Times, Donald Trump n’a pas supporté l’attitude « insoumise » de Comey à son égard ces derniers mois:
     

    • Contredire les accusations lancées début mars sur Twitter contre Barack Obama qui l’aurait mis sur écoute pendant la période de transition.
    • Reconnaître publiquement l’existence d’une enquête sur d’éventuels liens entre son entourage et les Russes pendant la campagne présidentielle.
    • Admettre la semaine dernière que l’idée de l’avoir aidé à remporter les élections – en rouvrant l’enquête sur les emails de Clinton à onze jours du scrutin – lui faisait mal au coeur.

       

      Pour un président obsédé par la loyauté, Mr Comey est apparu comme un agent sans scrupules en qu’il n’avait aucune confiance, encore moins pour diriger une enquête sur les relations de son entourage avec Russie pendant les élections. Pour un homme de loi obsédé par son indépendance, Mr Trump était l’électron libre capable de propos irresponsables sur Twitter qui aurait pu mettre en cause la crédibilité du bureau.

       

  •  


  •  
    Ce renvoi inattendu a pris de court la Maison Blanche
    qui avait du mal à s’entendre hier sur les raisons et le timing de cette décision: Pourquoi ne pas avoir viré Comey juste après les élections? Y a-t-il un rapport avec le cours de l’enquête du FBI?

    Sean Spicer s’est retrouvé caché mercredi soir dans les buissons de la White House pour essayer d’échapper aux journalistes à qui il a fini par répondre dans la nuit noire.
    Son adjointe, Sarah Huckabee, qui l’a remplacé en conférence de presse, et parlé des « atrocités » commises par Comey.
    Enfin on a le droit au retour de Kellyanne Conway, conseillère zélée du président, dont la prestation a fait une fois de plus le tour d’internet.
  •  

  • Trump a utilisé l’erreur de Mr Comey la semaine dernière – il a accusé la conseillère de Clinton, Huma Abedin, d’avoir forwardé des milliers de emails contenant des informations confidentielles à son mari alors qu’il ne s’agissait en fait que de deux chaînes de emails – pour le virer contre l’avis de ses plus proches conseillers.
    On sait que le président a appelé Jeff Sessions et Rod Rosenstein lundi pour préparer le mémo qui justifie le renvoi de Comey
  •  

  • Le président a été surpris du tollé de critiques provoqué par ce renvoi, surtout de la part des Démocrates qui, selon lui, auraient renvoyé directement Comey si Hillary Clinton avait été élu.
    Explication reprise en coeur par les proches du président et républicains hier après midi.
  •  

  • Pour rajouter un peu plus d’huile sur le feu, il a rencontré hier dans le bureau ovale le ministre des Affaires Etrangères russe et son ambassadeur à Washington, à la demande de Vladimir Poutine.
    Rencontre à laquelle était convié les journalistes russes mais interdite aux journalistes américains.

     
    The Wall Street Journal – Edition du jeudi 11 mai 2017

 

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2. ComeyGate: Vers une crise constitutionnelle?

Comment la Maison Blanche peut-elle sortir de ce pétrin?
 

  • Pour les Républicains et la Maison Blanche, la crise n’existe que dans la tête des Démocrates pour affaiblir le président car après tout « ni les Américains, ni les Parlementaires, ni même les employés du FBI n’avaient confiance en Comey » et il « avait urgence à rétablir l’honneur du Bureau ». 
    Le président rechercherait activement un nouveau directeur qui devra être confirmé par le Sénat. On voit mal le successeur de Comey être aussi agressif s’agissant de l’enquête du FBI sur l’entourage du président.
    De nombreux républicains et les proches du président continue d’affirmer qu’il « n’y a rien à voir » et qu’on « devrait passer à autre chose ».
    Charles Krauthammer, commentateur conservateur respecté demande Condolezza Rice
  •  

  • Une trentaine de parlementaires et sénateurs républicains ont pourtant exprimé des doutes sur les véritables intentions du président et une poignée a demandé la nomination d’un procureur pour poursuivre l’investigation, exigée par les Démocrates
  •  

  • Pour l’opposition, Trump a renvoyé Comey parce qu’il n’avait aucune intention d’arrêter l’enquête sur les liens entre son entourage et le Kremlin pendant la campagne: L’ancien directeur du FBI a d’ailleurs demandé lundi aux membres du Sénat et à Rod Rosenstein de moyens pour approfondir cette enquête.
    C’est Mr Rosenstein qui a « officiellement » demandé son renvoi mercredi.

    C’est le troisième haut fonctionnaire de la sphère judiciaire, après Sally Yates et Preet Bharara a être viré après s’être approché de trop des affaires de Trump avec la Russie, et qui ne fait que renforcer les soupçons.
  •  

  • Les Démocrates ont demandé au ministre adjoint de la justice, Rod Rosenstein (et non pas à Jeff Sessions qui s’est récusé de toute enquête sur la campagne du président) de nommer un procureur indépendant qui puirsuive le travail laissé par Comey. S’il refuse, on pourrait s’attendre à un regain de critiques et l’opposition et de la presse
  •  

  • Deux enquêtes sur l’ingérence russe en cours au Congrès américain dirigées par les commissions parlementaires et sénatoriales du Renseignements sous l’autorité des Républicains.
  •  

  • On devrait s’attendre a de nombreuses fuites du FBI sur l’administration Trump 

 

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3. Not good

Le dernier sondage de Quinnipiac University donne 36% d’opinions favorables au président Trump – et c’était avant le ComeyGate.

 

 

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4. Ou placer le renvoi de James Comey dans ces cent premiers jours?

Merci le New York Times!

Tous les actions du président Trump depuis son investiture

 

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5. Black lives matter, une force politique

blacklivesmatter.com
  • La répression sévère des forces de police et de la justice contre les manifestants, encouragée par la Nouvelle Administration a poussé le mouvement Black Lives Matter à réorganiser sa lutte: Moins de présence dans la rue et plus d’efforts sur le discours et la mobilisation politiques
  •  

  • D’autres groupes, immigrés, femmes et musulmans, devenus ces derniers mois la cible des politiques de Trump sont aujourd’hui défendus par Black Lives Matter qui essaye d’attirer le plus grand nombre de « progressistes » vers leur mouvement pour devenir une force électorale capable de combattre une administration, décidée à casser les efforts entrepris par Obama pour réformer les pratiques de la police et retourner à l’incarcération de masse.
    Leurs revendications intègrent également des thèmes plus sociaux et économiques comme le salaire minimum ou les droits des femmes.
  •  

  • Contrairement à « Occupy Wall Street », Black Lives Matter, un mouvement purement contestataire né lui aussi dans la rue est en train de devenir une force politique  qui compte aujourd’hui une cinquantaine d’antennes à travers le pays.
    « C’est à travers ce travail que les priorités d’un mouvement – comme l’usage obligatoire de caméra sur les gilets par balles – deviennent une norme nationale » et c’est de cette façon que les mouvements efficaces fonctionnent ».
  •  

  • * « Turning away from street protests, Black Lives Matter tries a new tactic in the age of Trump » – The Washington Post

 

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6. Les écarts d’espérance de vie se creusent aux Etats-Unis

  • Le JAMA Internal Medicine a publié lundi un rapport sur l’espérance de vie des Américains et noté des écarts de presque vingt ans entre certaines régions du pays: elle dépasse les 85 ans dans le milieu du Colorado, et les 80 ans sur la côte californienne, le nord est du pays, le nord du Midwest, le sud de la Floride.
    Elle peut tomber jusqu’à 70 voire 65 ans dans certains comtés du Dakota du Sud (réserves indiennes), le long du fleuve Mississipi (Mississipi, Arkansas, Louisiane), dans l’Alabama, le Kentucky et la Virginie Occidentale: des régions marquées par le chômage, le manque d’éducation, la pauvreté, un accès limité aux soins médicaux et des habitudes de vie qui n’arrangent rien, cigarette, manque d’exercice, et l’épidémie de drogues.
Espérance de vie à la naissance en 2014 aux Etats-Unis

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7. « The Age of the Woke Late-Night Show Comedians »

 

 

Les Late-Night Shows américains en feraient-ils trop contre Donald Trump et est-il possible aujourd’hui de faire rire sans s’attaquer au président?
 

  • L’élection de Donald Trump a changé en quelques mois le visage de l’Amérique et obligé de nombreux personnalités médiatiques, notamment à la télévision, à prendre parti pour ou contre le nouveau président – même la chaîne sportive ESPN est accusée de prosélytisme par les Conservateurs.
  •  

  • Ceux qui souhaitent rester neutre ou en dehors de la fièvre partisane le payent très cher à l’instar de Jimmy Fallon, le gentil bouffon de NBC qui a remplacé le légendaire et très conciliant Jay Leno dans l’un des programmes phares de la chaîne, « The Tonight Show » diffusé tous les soirs à 23h30.
    Depuis le 8 novembre dernier, ses parts d’audience ont chuté au profit d’autres Late-Night Shows bien plus politisés (Stephen Colbert, Jimmy Kimmel, Trevor Noah, Seth Meyers…).
    La raison est simple: Jimmy Fallon ennuie les téléspectateurs qui ont désormais besoin de leur shot quotidien de politique, si possible contre le président Trump. Face à ces exigences, le « gentil Fallon, pas compliqué et inoffensif » qui continue d’amuser la galerie et ses invités avec ses sketchs niais, devinettes et karaoké semble presque anachronique, voire désuet.
  •  

  • La présidence de Trump a inauguré l’ère des comédiens de fin de soirée « engagés » (« woke ») dans la vie publique et politique: Selon une étude de George Mason University, Trump durant les cent premiers jours aurait fait l’objet d’un milliers de blagues, d’attaques ou de sketchs sur le petit écran, un chiffre énorme surtout qu’il reste encore 41 mois à passer.
    Le divertissement très politisé porté par Jon Stewart depuis le début des années 2000 triomphe aujourd’hui sous la présidence de Trump contre celui plus potache de Jay Leno: Les « woke late-night show comedians » qui comptent en ce moment sont tous d’anciens acolytes de Stewart et politiquement agressifs: Stephen Colbert, Samantha Bee, John Oliver et Trevor Noah
  •  

  • * « Jimmy Fallon, Late Night’s least woke comedian » – Newsweek
    * « Joke’s on him Study shows Trump subject of most late night quips in early presidency »  – Politico

 

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8. Les unes des quotidiens mercredi 10 mai 2017

Pour comprendre le séisme politique du ComeyGate

Le Kiosque du 10.04.17: Stephen Colbert cartonne + Maggie Haberman respectée + Neil Gorsuch #113 + Mc Connell a « brisé l’Amérique »

 

  • Quelle influence pour le nouveau juge de la Cour Suprême?

    Le 113 ème juge de la Cour Suprême, Neil Gorsuch, a finalement été nommé la semaine dernière avec une majorité simple de 54 sénateurs (dont trois démocrates) et grâce au passage en force des Républicains qui ont modifié l’une des prérogatives du Sénat et interdit désormais à la minorité d’utiliser l’obstruction parlementaire contre la nomination d’un juge de la SCOTUS (Supreme Court Of The United States).
     
    Le juge Gorsuch a prêté serment ce matin et devrait rapidement rejoindre la Cour pour les derniers mois de son terme qui a lieu en juin et lui redonner sa majorité conservatrice qu’elle disposait jusqu’à l’année dernière, avant la mort brutale du juge Anthony Scalia.
     

    Gorsuch a été soutenu par le lobby des armes, les organisations contre l’avortement, le monde des affaires et dénoncé par les défenseurs de l’environnement, les féministes et les syndicats. Ils n’auront pas à attendre longtemps pour savoir où se situe Gorsuch.

     

    Les prochaines grandes décisions se pencheront sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat (Trinity Lutherian Church of Columbia, Inc v. Pauley), le Sixième Amendement et les droits concernant les poursuites pénales (Weaver v. Massachusetts and Davila v. Davis) et sur la possibilité ou non de retirer la citoyenneté à un Américain naturalisé (Maslenjak v. U.S.).
     
    * « Immediate Impact: Gorsuch Could begin playing pivotal role on Supreme Court Starting next Week » – The Washington Post

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  • « L’homme qui a brisé l’Amérique: Mitch McConnell »

    La pierre tombale de Mitch McConnell devrait mentionner qu’il est responsable de la mort du Sénat.
    Et j’ajouterai une deuxième ligne: « Il a brisé l’Amérique »
    Aucune homme n’a autant travailler ces dernières années à miner le fonctionnement du gouvernement américain. Son rôle a marqué le summum d’un leadership sans principe, le triomphe des tactiques au service du pouvoir à court terme.

     
    Mr McConnell, sénateur du Kentucky a été porte parole de la minorité républicaine au Sénat sous le président Obama avant d’être celui de la majorité à partir de 2015.
    C’est un fier partisan du blocage et de l’obstruction parlementaire (« filibuster » et « gridlock ») qu’il a utilisé et promu ces vingt dernières années surtout contre le président Obama (« la chose la plus importante est qu’il n’achève qu’un seul mandat » a-t-il affirmé en 2010) en entretenant avec « délectation » sa « réputation de vilain ».
     

    Alors que certains Républicains ont été critiques envers les dérapages du président Trump, McConnell est resté silencieux. Alors que ses prédécesseurs ont cherché le compromis, McConnell ne possède pas ce genre de qualités. Mais le plus caractéristique chez McConnell, c’est sa tendance à changer de point de vue selon les exigences du moment (le salaire minimum, le retrait d’Irak, le droit des travailleurs) et son talent à revenir sur tout ce qu’il a fait: Opposer une loi sur l’immigration qu’il a soutenue, demander un vote sur le plafond de la dette et essayer de l’obstruer, pousser l’administration Obama à soutenir une commission mixte sur la dette puis voter contre.

     
    C’est de la politique politicienne à l’état pur sans idéologie, ni continuité dont le seul principe est de contrer l’opposition et gagner quels qu’en soient les moyens.
    C’est lui qui vient de modifier la loi qui permettait à la minorité du Sénat de bloquer la nomination d’un juge de la Cour Suprême

     
    * « The Man who broke American »The Washington Post

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  • La majorité oubliée: les Conservateurs

    La Maison Blanche est minée par leur rivalité: le soap opéra entre Jared Kushner, gendre du président, et Steve Bannon, les libéraux new yorkais contre les nationalistes-populistes qui fait les choux gras des médias et qui laisse la part belle à une troisième voie qui « calmement mais sûrement, façonne l’agenda domestique du président »: le mouvement conservateur mené par le Vice président Mike Pence, plutôt réactionnaire:
     

    « Leur priorités incluent des réductions importantes du budget national, l’élimination des subventions de Planned Parenthood, un décret présidentiel sur la liberté religieuse, le retrait d’Obamacare, et éliminer l’Agence de protection de l’environnement »

     
    * « Forgotten Thing: the Conservatives »Axios

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  • Maggie Haberman, la journaliste préférée de Trump

    Elle aura toujours une place spéciale auprès du président. C’est l’une des journalistes politiques les plus influentes, et c’est le New York Times. Peut être le « failing » New York Times, mais c’est la couronne de bijoux et il aime ça.

     
    Ce sont les propos d’un journaliste de Politico à propos de son ancienne collègue et actuelle journaliste du New York Times, Maggie Haberman, qui suit Donald Trump depuis des années et dispose d’un accès privilégié à la Maison Blanche depuis qu’il est président.
    Elle ne lui fait pas de cadeaux et c’est sans doute pour cela qu’il l’apprécie, elle est « dure » mais « juste »

     

    Il n’y a aucun journaliste que Trump respecte et craint autant que Haberman. Il peut s’en prendre au Times, et à elle mais il retourne tout le temps vers elle pour partager ses opinions et donner des interviews. Il le fait parce que, non seulement il la connaît depuis longtemps, il sait qu’elle est importante, et qu’elle le ne le traitera pas gentiment mais jamais de manière injuste, qu’elle force le respect de la communauté politique de Washington et New York.

     
    Un article très élogieux mais que tous ses confrères admettent comme honnête.
    « Je suis très étonnée de voir combien elle est attentive au fait d’être juste » explique un autre journaliste, Barbaro. « On traverse un moment de journalisme où beaucoup de gens peuvent être moins regardant avec les faits mais Maggie se lève chaque matin et se dit Je serai juste et elle l’est. Les gens apprécient beaucoup cette qualité. »
     

     
    * « The New York Times reporter Trump can’t quit » – CNN Media

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  • Les abonnés de Trump sur Twitter

    Si Trump est l’utilisateur le plus puissant et visible sur Twitter, les réponses qui apparaissent juste en dessous de son message doivent occuper l’un des emplacements les plus influents d’internet.

     
    Une enquête intéressante dans Bloomberg BusinessWeek sur les abonnés du compte Twitter de Donald Trump qui prennent soin de lui répondre: parmi les plus prolifiques, cinq seraient des robots qui tweetent automatiquement (18 000 tweets pour le plus actif @Trump2016_Fan en 2016) mais sur les 20 000 réponses que suscitent en moyenne un tweet du président, les journalistes ont réussi à isoler différentes catégories pour comprendre leurs motivations.
     
    1/ « The Bots »: Les comptes automatisés qui envoient des messages à intervalles régulières (chaque heure, demi-heure, jour, etc…) sur le compte de Trump: Il s’agit de publicités, messages politiques ou informations qui viennent de supporters ou détracteurs de Turmp
    2/ « The Loyalists » à l’instar de Scott Presler, 28 ans, qui « sait se promouvoir sur Twitter », est un fidèle de Trump, de Jeff Sessions ou Kellyanne Conway qui a vu le nombre de ses abonnés augmenter de 10 à 76 000 en un an et pourqui le but ultime est un intéraction avec @realDonaldTrump
    3/ « The Haters »: Ceux qui détestent Donald Trump
    4 « The Activists »
    5/ « The Comedians »
    6/ « The Eggs » ou ceux qui n’ont pas de photo de profil et représentent 7,5 millions, soit 28% du total de ses de ses abonnés.
    7/ The « Ragers », ceux qui n’ont jamais digérés le résultat des élections présidentielles.

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  • Comment Stephen Colbert a transformé le « Late Night Show »

    CBS

     

    Cinq mois [après les élections], The Late Show a fait l’impensable en une année: il est devenu l’émission la plus regardée des fins de soirée. Mr Colbert vient d’enchaîner neuf semaines consécutives en tête des audiences contre l’ancien « invincible » Jimmy Fallon (…)
    Au même moment l’année dernière, Mr Colbert perdait avec un million de téléspectateurs en moins que Mr Fallon et subissait la pression de CBS … Même si la victoire de Mr Trump semble avoir retourné la course de émissions satiriques du soir, la remontée de Mr Colbert est le produit de mois de travail méticuleux.

     
    Après six mois d’antenne et des résultats décourageants, Colbert a engagé un nouveau producteur (créateur du Morning Joe), Chris Licht, enchaîné les émissions en direct (dont celles très réussies des conventions républicaines et démocrates cette été) jusqu’à la fameuse soirée des élections, au cours de laquelle il a offert un discours improvisé salué par nombre de ses fans.
     

     
    Deux semaines après il dépassait Fallon, et n’a cessé de progresser depuis
     
    * « How Stephen Colbert Finally Found His elusive Groove » – The New York Times

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Ryan Lochte et le « White Privilege », tête d’affiche à Rio

Ryan lochte / Instagram
Ryan lochte / Instagram

Le triomphe des athlètes américains aux Jeux de Rio avec 121 médailles remportées dont 41 en or a été terni cette semaine par le scandale impliquant le nageur Ryan Lochte et trois de ses compatriotes qui ont avoué avoir menti sur une agression dont ils auraient été victimes.

Un évènement « bro-tesque »
Dimanche 14 Août au matin, c’est la mère du médaillé olympique qui à révélé aux médias américains l’incident: Dans un taxi, de retour d’une soirée dans le Club France, ils auraient été arrêtés par des faux policiers, menacés avec un pistolet sur la temple et privés de leur effets personnels: Un vol à main armé que l’intéressé et ses acolytes n’avaient pas reporté à la police « par crainte de s’attirer des problèmes ».
L’annonce de cet incident a provoqué un froid sur le Village Olympique, fait la une des médias monde entier et jeté le doute sur la capacité la police carioca à protéger ses sportifs.

L’enquête des autorités locales a depuis conclu, vidéos de surveillance à l’appui, que les quatre hommes auraient, sous l’emprise de l’alcool, saccagé les toilettes d’une station service et uriner les alentours, se seraient battus avec un agent de sécurité, et soudoyé le propriétaire en échange de son silence.

Ryan Lochte a entre temps quitté le pays et fait plusieurs plateaux télés où il a changé sa version des faits sur plusieurs plateaux télé: le dernier était la semaine dernière avec Matt Lauer sur le programme matinal de Today sur NBC.
Ryan Lochte nous a offert un « show d’excuses » comme le public américain en raffole qui consiste à tout confesser pour se faire pardonner. Douloureux mais efficace.
Les règles? Essayer de ne plus mentir, paraître le plus sérieux possible, évoquer l’amour de son pays et de son drapeau sans oublier les yeux rouges et les sanglots qui donnent plus de crédibilité…

 

Ses acolytes ont eux été arrêtés in extremis à l’aéroport de Rio et leur passeport confisqué par les autorités brésiliennes – une fausse déclaration est considéré comme un délit passible de six mois de prison dans le pays hôte – puis relachés.

Lochte a lui publié ce weekend une lettre d’excuses, « dans laquelle il fait tout sauf s’excuser », qui n’a semble-t-il pas convaincu ses sponsors, Ralph Lauren et Speedo, qui se sont désengagés du nageur. Quant à sa place dans l’équipe nationale, elle serait aujourd’hui remise en question.

Indignation aux USA et à Rio
Les médias américains ont dénoncé à l’unanimité le comportement « Bro-tesque » de leurs athlètes, avec des éditoriaux au vitriol contre le plus connu d’entre eux, Ryan Lochte, « la cloche la plus bête qui ait jamais sonnée ».

Celui de Sally Jenkins dans le Washington Post vaut son pesant d’or:

« Ryan Lochte appartient à cette catégorie de potes (« bro« ) américains insupportables, le genre à mentionner ce fameux soir sur les médias sociaux, le prix exorbitant de son T-shirt, son jeans et de ses mocassins en daim (…) Est-ce qu’on peut trouver pire, quelque soit le pays, qu’un groupe de jeunes bourrés qui se permettent de saccager des toilettes et pisser sur les murs? On a pas besoin de traduction pour ce genre de comportement, et aucune tradition culturelle ne peut l’excuser. »

Pour conclure cette histoire, qui aura malheureusement entaché le souvenir de la grande performance de l’équipe olympique américaine, rien de mieux qu’une interview « sérieuse » fabriquée par Stephen Colbert avec Ryan Lochte.

Sauf que Stephen Colbert qui connait trop bien son métier ne vas pas y aller de main morte avec le nageur qui plonge littéralement dans le piège!

Les Late Shows, stars de la Convention du parti républicain

On les suit toute l’année avec ferveur mais c’est souvent lors des campagnes présidentielles que les « Late Show » cartonnent avec un ton et une impertinence qui rendent les autres émissions politiques bien ternes.
Et la cuvée 2016 avec Donald Trump dans le tableau final tient toutes ses promesses.

Cette semaine, la chaotique convention du Parti républicain, désertée par la plupart de ses élus et personnalités, n’a d’intérêt que pour les émissions spéciales que  Stephen Colbert  (The Late Show with Stephen Colbert sur CBS), Samantha Bee (Full Frontal sur PBS) et Bill Maher (Real Time with Bill Maher sur HBO) ont décidé de lui consacrer

Samantha Bee et son équipe sont parties vers « le ground zero de l’Armageddon présidentiel » en bus la semaine dernière pour présenter une édition spéciale en direct intitulée A Very Special Full Frontal jeudi soir, clôture de la « 41ème et peut-être dernière convention du Parti républicain » dont voici la bande annonce


Stephen Colbert
n’y est pas allé par quatre chemins: Dimanche, la veille de l’ouverture de la convention, il a « crashé » la scène du Quicken Loans Arena, déguisé en « Julius », réplique de Caesar Flickerman, le maître de cérémonies des Hunger Games, rebaptisé à l’occasion The Hungry for Power Games.
Au micro, il a rendu hommage aux Républicains qui sont allés jusqu’à élire « Donald Donate Jamison Trump » pour tenter de stopper leur « seule et unique passion »: Hillary Clinton. La séquence a fait le tour d’internet lundi soir

Il a également repris son rôle de républicain zélé du Colbert Report pour la plus grande joie de son public, et tenter d’expliquer le mouvement Trump:

 » Souvenez vous, les élections n’ont rien à voir avec ce que les électeurs pensent mais ce que les électeurs ressentent et en ce moment la moitié des Américains ont l’impression de ne pas être entendus – surtout Mike Pence [furtur Vice Président si Trump est élu] .
Ca vaut pour les deux camps, qu’on soit des conservateurs convaincus ou des libéraux ruinés moralement (…)
Souvenez vous il y a onze ans
 [sous George W. Bush], j’ai inventé un mot, « Truthiness » qui consiste à croire en quelque chose qui à l’air vrai même s’il n’existe aucune preuves factuelles – par exemple les Jeux Olympiques de Rio vont être un succès –
La Truthiness vient des tripes car on accorde trop d’importance au cerveau et vous avez qui a un cerveau? Adolf Hitler! Donc les cerveaux sont généralement dangereux et c’est pour cela que j’admire cet homme, et je me reconnais dans le personnage: on est tous les deux des célébrités de la télé, on s’est tous les deux présentés à une campagne présidentielle américaine – les deux sont partis d’une blague!
La Truthiness doit avoir l’impression d’être vraie et la Trumpiness n’a même pas besoin de faire semblant: Les supporteurs de Trump ne croient pas à ses promesses électorales et ils s’en foutent.

 

Colin jost, Michael Che, membres de l’émission satirique Saturday Night Live se sont également déplacés à Cleveland où ils ont pris l’antenne en direct hier soir dans leur « Weekend Update », commenté la soirée catastrophique de Donald Trump, joué à Trumpémon Go avant d’être rejoint par leur collègue Kate McKinnon, déguisée en Ruth Binder Ginsburg, l’une des justices de la Cour Suprême des Etats-Unis qui a ouvertement critiqué le candidat républicain la semaine dernière.

 

Bill Maher à quant à lui reçu Michael Moore sur son plateau mercredi soir, en direct de la convention, où le réalisateur de Bowling for Columbine a prédit la victoire de Trump en novembre prochain.
Auparavant le présentateur est revenu sur l’évènement de la soirée d’hier, le soufflet de Cruz infligé Trump en refusant de le soutenir lors de son discours: Vous avez vu ce qu’a fait Ted Cruz ce soir? Il a demandé aux électeurs de voter en leur propre conscience, et quand on a Trump comme candidat, on peut pas faire plus bas que ça
Voir vidéo ci-dessous:

Seth Meyers (The late show with Seth Meyers sur NBC) et Trevor Noah (le remplaçant de Jon Stewart sur le Daily Show de Comedy Central) ont également présenté leur édition spéciale.