Le kiosque du weekend: 26-27.08.17

 

La sélection de ce week-end, c’est un portrait de Carl Icahn, milliardaire américain et ami de Trump, et son passage raté à la Maison Blanche, la campagne permanente de Trump qui a enchaîné les provocations cette semaine, une enquête sur le problème des cautions dans le système judiciaire américain, enfin sur l’industrie du sport qui oblige les enfants à devenir des athlètes professionnels de plus en plus tôt.

 

1. Une campagne permanente

  • Après un discours « normal » – lu sur téléprompteur – devant un parterre de militaires lundi dernier au cours duquel il a annoncé l’envoi de quatre mille soldats supplémentaires en Afghanistan pour « éliminer le terrorisme », le président a retrouvé son naturel mardi soir à Phoenix, en Arizona, où il a offert à des supporters survoltés, un veritable meeting de campagne, malgré les réticences du maire de la ville, qui craignait de nouvelles échauffourées entre groupuscules d’extrême-droite et antifas.

 

  • « Plein de rancoeurs, [Trump] il [y] a lancé l’une des attaques les plus mensongères et controversées contre les médias » en les accusant tour à tout d’avoir envenimé les manifestations racistes de Charlottesville, d’agir contre les intérêts du pays, de vouloir effacer son histoire » et a même réussi à ce que la foule chante « CNN sucks! CNN sucks! … Build that wall! build that wall! ».
    Sur le bilan politique et législatif depuis son investiture, il a affirmé qu’aucun « président [n’avait] autant accompli lors des six, sept premiers mois de son mandat. »
    Un véritable disque rayé qui, selon Brian Stelter de CNN, fait l’effet d’un « poison lent censé affaiblir les organes de presse tout en renforçant une présidence en difficulté. »

 

  • Vendredi, le président a annoncé le pardon présidentiel de Joe Arpaio, auto proclamé le « shérif le plus dur des Etats-Unis » qui a officié pendant 24 ans dans le compté de Maricopa, en Arizona où il a mené une véritable « croisade contre l’immigration illégale » et été reconnu coupable l’année dernière de profilage racial à l’encontre des Latinos, « présumés illégaux » qu’il emprisonnait pour les livrer aux agents d’immigration.
    La Maison Blanche a souligné dans un communiqué les « années de service admirable rendues à notre nation » d’un « patriote américain » qui « méritait » d’être pardonné. – The New York Times
    Le décision a volontairement suscité les critiques des Démocrates mais aussi de nombreux Républicains comme le sénateur John Mc Cain – CNBC

 

 


2. Prisons américaines: Vers la fin du “Bail System »?

NBC NEws
 
  • Enquête de NBC News sur une “nouvelle vision de la justice américaine” basée sur « des données scientifiques, des recherches académiques et des algorithmes qui « [débarrasseraient] le système judiciaire actuel – et son principe de liberté sous caution – de ses préjugés [socio-économiques et ethniques] en gardant uniquement les détenus les plus dangereux derrière les barreaux.

    Le système [anglo-saxon] de [liberté sous] caution permet en théorie à tous les prévenus, présumés innocent, de demeurer en liberté dans l’attente de leur procès. Mais acheter sa liberté est impossible pour ceux qui n’ont pas d’argent. Les plus défavorisés ont donc [aux Etats-Unis] bien plus de chances de rester enfermés et par conséquent d’être virés de leur boulot, de perdre la garde de leurs enfants, d’avouer quelque chose qu’ils n’ont pas fait, de faire de la prison et de souffrir des conséquences de leur condamnation. Ceux qui empruntent à des agences spécialisées dans la garantie de cautions judiciaires peuvent parfois s’endetter pour des années.
    De l’autre côté, les riches [qui peuvent payer la caution] échappent à la prison quelle que soit l’accusation, y compris celle de meurtre.
    L’injustice de ce système a déclenché une campagne nationale pour mettre fin au système de caution.
    Par quoi le remplacer?
    Dans le New Jersey, la réponse est l’algorythme, une formule mathématique qui détermine la probabilité qu’a un prévenu de retourner devant un juge ou être arrêté de nouveau.

 

  • La formule est censée prendre en compte les antécédents criminels du prévenu et déterminer un pourcentage de chance de récidive qui est rapportée au juge. Si le procureur refuse ces conclusions, il doit fournir les arguments nécessaires pour convaincre le juge de ne pas suivre les résultats de l’algorithme. 

 

  • Ce système est expérimenté dans différents Etats (Arizona, Kentucky, New Jersey) et comtés américains (de Californie, Pennsylvanie, ….) et depuis son application dans le New Jersey il y a six mois, de nombreux détenus ont été libérés et les prisons désengorgées.

 

  • Certaines décisions rendues par les algorithmes n’ont pas eu les effets escomptés [récidives et retours en prison] et donné de l’eau au moulin des défenseurs du système de caution et de son industrie mais elle en reste aujourd’hui la meilleure alternative et pourrait se développer à travers le pays.

 


3. L’échec du prédateur financier de Washington

 
  • Comme Donald Trump, son ami de longue date qu’il a soutenu lors de la campagne présidentielle, Carl Icahn est un « milliardaire populiste” qui pense que l’économie n’a pas besoin de régulations et l’Etat ne doit pas s’ingérer dans l’économie de marché.
    “L’un des hommes les plus influents de Wall Street”, Icahn, a comme le président des Etats-Unis réussi « grâce à sa capacité à intimider” ses adversaires [des entreprises en difficulté] qui lui a valu durant les années 80 une réputation de “prédateur financier” – dont il est très fier – en excellant dans l’art des OPAs hostiles et qui continue les affaires à plus de 80 ans, malgré une fortune de 17 milliards, pour garder la main.

 

  • Si Icahn est l’un des seuls grands noms de la finance à avoir soutenu Trump – qui s’en est bien servi – c’est parce que le candidat lui avait promis de supprimer les régulations mises en place par l’Agence de Protection l’Environnement (EPA) qui oblige CVR Energy, la compagnie dont il est majoritaire, à payer des dizaines de millions de dollars d’impôts chaque année.  “S’il est élu, Trump mettre à fin à cela” avait affirmé un Icahn confiant lors de la campagne avant d’assumer la fonction providentielle de « conseiller spécial du président [Trump] sur les questions de régulations” pour l’aider à résoudre les problèmes qui asphyxient les entreprises américaines.”

 

  • Un poste non rémunéré pour lequel il n’a eu ni besoin se retirer de ses affaires (une vingtaine de compagnies), ni dévoiler d’éventuels conflits d’intérêts avec sa nouvelle fonction, et permis au stock de CVR Energy de doubler sa valeur en six mois – après une chute continue de 70% entre novembre 2015 et 2016 – qui lui a rapporté un demi milliard de dollars.

    Mais Icahn est bien plus riche que la famille Trump et les membres de son cabinet réunis – et la possibilités de conseiller le président sur des régulations susceptibles d’avantager ses affaires le destinait à devenir encore plus riche. “Cette capacité d’influence et source d’enrichissement personnel sur les prises de décisions par un magnat [de la finance] dans et en dehors de l’administration est sans précédent. Dans le domaine de la corruption on n’avait jamais vu ça” affirme Robert Weissman qui gère l’association “public Citizen”.

 

  • Le 18 août dernier, après avoir été désavoué par le président, Carl Icahn a démissionné de son poste

 


4. Les enfants, ces athlètes professionnels

 

  • La cover story de Time magazine s’intéresse à l’industrie du sport pour enfants qui a engendré l’année dernière 15 milliards de dollars de revenus en transformant de jeunes passionnés en véritables professionnels grâce à des infrastructures sophistiquées et spécialisées, toujours plus de pression physique et psychologique sur les enfants et les parents, avec toujours plus de profits à la clé.

    Joey Erace est un exemple extrême de ce qui est devenu une nouvelle réalité pour les jeunes athlètes en devenir et leur famille aux Etats-Unis. Partout dans le pays, des enfants de tous niveaux, quels que soient les sports, sont recrutés de plus en plus tôt par une industrie du sport pour enfants qui ressemble de plus en plus à celle des professionnels.
    Les petites ligues de quartier, associations de foot locales et formations de baskets chrétiennes qui rassemblaient les jeunes au sein d’une communauté et ne coûtaient rien ont perdu de leur superbe et ont été progressivement remplacées par des clubs privés, une constellation éparse de centres de développement liés à des franchises, des équipes régionales dirigées par des entraîneurs inexpérimentés.
    Les équipes les plus compétitives recherchent de nouveaux talents dans les tournois nationaux, d’autres prétendre appartenir à l’élite pour réclamer des sommes exorbitantes à des parents qui rêvent de voir leurs enfants réussir dans les équipes de lycée, et pourquoi pas à un avenir professionnel.

     

    « How Kids’ Sports Became a $15 Billion Industry » – Time magazine

 

 

 


5. Le hashtag fête ses dix ans

 

  • Le premier hashtag, #Barcamp [une rencontre participative entre internautes] a été tweeté il y a dix ans par l’un des créateurs de cet évènement: L’idée était de créer des groupes en les liants automatiquement à des liens hyper-texte en utilisant le symbole « # » devant. »Twitter a d’abord rejeté l’idée en expliquant que les hashtags étaient uniquement utilisés par les « nerds » puis a finalement intégré le hashtag dans son coding en 2009″.
    Depuis, les hashtags sont le langage internet et médias sociaux par excellence puisque les trois quarts des internautes les utilisent pour communiquer avec quelques hits comme #TBT (« Throw back Thursday » a été tweeté 120 millions de fois)Aujourd’hui, 125 millions de hashtags sont tweetés en moyenne chaque jour. Les hashtags les plus utilisés de ces dix dernières années l’ont été par des fans #MTVHottest, #MTVStars, #KCA.
    Les hashtags utilisés pour une série télévisée, #The WalkingDead, pour un film #StarWars, pour un sport, #WorldCup, un sport américain, #SuperBowl

 


6. Le reste de l’actualité

 

  • Village Voice va cesser de paraître.
    L’hebdomadaire new yorkais créé en 1955, gratuit depuis 1996 et véritable « artefact d’un Downtown qui n’existe plus »,  va cesser de paraître, a annoncé la direction cette semaine – sans préciser quand – qui compte se rabattre sur la seule diffusion en ligne, avec des renouvellements de contenus quotidiens et non plus hebdomadaires. – New York Times
  • « Parfois certains discours ne valent pas d’être défendus ».
    ACLU, The American Civil Liberties Union, a été beaucoup critiquée ces derniers jours pour avoir défendu devant un juge le droit des groupuscules d’extrême droite de manifester à Charlottesville. Selon Associated Press, la défense stricte du Premier Amendement, quel que soit la nature des propos, a pris un coup lorsqu’une manifestante est morte lors du rassemblement de Virginie, et a mené à la démission du représentant de ACLU en Virginie.

Le kiosque du 19.07.17

 

1. Trumplandia: Trouble in Trump Paradise?

 

La page d’accueil du Drudge Report ce matin

 

  • La plupart des médias américaines dénoncent ce matin le fiasco du parti républicain et du leader Mitch McConnell incapables de faire passer le « Repeal et Replace » d’Obamacare après la défection de quatre de ses sénateurs contre la troisième version de la réforme de l’assurance santé présentée la semaine dernière, le « Better Care Reconciliation Act » – et qui plus est, leur seule et unique obsession depuis ces sept dernières années.

 

  • Les médias pro-Trump ont été les plus virulents sur ce « désastre » du parti au pouvoir: L’un des présentateurs de « Fox & Friends », la matinale de Fox News et programme préféré du président a suggéré que les quatre rebelles n’étaient peut-être pas fidèles à leur pays et conseillé le président « de ne pas prendre [cet échec] personnellement »: Il « peut être déçu mais ce n’est pas de sa faute » – CNN
    Même son de cloche dans le Drudge Report,  Breitbart, The Gateaway Pundit, dans le programme de Sean Hannity (Fox News) ou encore celui de Rush Limbaugh qui fustige au passage « le pouvoir des trois sénatrices gauchistes du groupe républicain » qui ont empêché l’abrogation (« Repeal ») proposée en dernier recours par Mitch McConnell hier.

 

  • Depuis le 29 juin dernier, la Maison Blanche refuse de donner des conférences de presse filmées, jusqu’ici très suivies en direct sur les chaînes câblées et les médias sociaux. Hier un journaliste de Fox News a quitté la conférence présidée par Sarah Huckabee pour protester contre cette politique

 

  • On a appris hier soir que Donald Trump a eu la bonne idée de s’entretenir une seconde fois « off the record » avec le président russe Vladimir Poutine lors d’un dîner du G20 de Hambourg qui a suscité l’étonnement de la plupart des autres chefs d’Etat présents.
     

    Ca enfreint le protocole de sécurité nationale d’avoir un président américain qui rencontre son homologue russe avec seulement un traducteur russe présent: ce dernier pourrait mal interprété les propos de Trump envers Poutine. Et les Etats-Unis n’ont aucun enregistrement de ce qu’il a dit. Poutine plus expérimenté, a dû conduire la conversation. Axios

    Il n’y a rien d’illégal à cela mais ça pousse évidemment les médias à s’interroger sur le contenu de cette entrevue avec président qui a tenté d’influencer le résultat des élections présidentielles en sa faveur – Trump a encore joué la victime des fake news sur Twitter.


    Mais n’en parlez à USA Today et son réseau de quotidiens régionaux qui critiquent aujourd’hui l’obsession des grands médias nationaux sur Trump et la Russie qui les détourne d’autres problèmes importants comme l’assurance santé ou l’immigration. Une lassitude qui serait ressentie par les sympathisants de droite et de gauche.

     

    The Detroit Free Press – Edition du 19 juillet 2017

     

 

  • Trump a nommé l’ambassadeur américain en Russie, il s’agit de Jon Huntsman, qui était ambassadeur américain en Chine sous Barack Obama et de Singapour sous George W Bush. – Reuters

 


2. Une famille en enfer?

 

  • People magazine consacre sa une à la famille Trump et le tableau qui nous est offert est moribond.
     

    Ceux qui connaissent et ont étudié Donald Trump Sr et ses enfants, à la tête de son empire pendant qu’il est président – Don Jr, Ivanka et Eric – affirment que la famille est guidée par le credo du père, gagner à tous les coûts et de ne jamais admettre la défaite.

 

  • Selon des proches des deux frères Trump, Don Jr et Eric:
     

    Don Jr ne peut conclure aucun marché parce que tout le monde le surveille. Chaque jour, Il part travailler dans un état misérable … Tu ne peux pas critiquer ceux qui te nourrissent, mais Don Jr n’attends qu’une chose, la fin des quatre prochaines années.

 

 

 


3. Les tweets de Trump

 

  • C’est une récurrence dans les médias depuis deux ans, date de son entrée dans la campagne présidentielle: les fameux tweets de Donald Trump qui, de son propre aveu et de ceux de tous les analystes, l’ont aidé à remporter la candidature républicaine puis les élections présidentielles.
  •  

  • Le New York Times a analysé les tweets de ces 24 derniers mois et noté que Trump « est plus bien efficace à cataloguer ses adversaires qu’à défendre des politiques.
     

    Il a promis « un superbe assurance santé », un « remarquable assurance santé », un « grand programme », et une assurance santé « qui va bientôt être superbe ». Mais pour un politicien qui est habile à noyer ses arguments dans des slogans compacts – « fake news », « witch hunt », « Crooked Hillary » – ses discours sur l’assurance santé ne sont pas très convaincants par rapport aux refrains cinglants et mémorables qui ont influencé des millions d’Américains sur comment interpréter Washington.

     

  • Non seulement il « essentialise » ses adversaires en utilisant des diminutifs: Non pas « Hillary is a crook » mais « Crooked Hillary », « Lyin’ Ted [Cruz] », « Goofy Elizabeth Warren », « lightweight Marco [Rubio] », « failing NYTimes » mais « c’est aussi la répétition qui est importante. La simplicité et la consistance, le b.a.-ba du marketing ».* « Trump seems Much Better a Branding Opponents than Marketing Policies » – New York Times

 


4. Actualité locale recherche médias locaux

 

  • La question du Washington Post est simple: « Qu’arrive-t-il à l’actualité locale quand il n’existe aucun média pour la couvrir? »
     

    Palo Alto en Californie est un « désert d’informations », une communauté oubliée, voire entièrement ignorée par les médias. C’est l’une des mille villes des Etats-Unis dans laquelle l’actualité locale se réduit et parfois disparait. Le plus important facteur de ce phénomène, selon une étude de l’Université de Caroline du Nord: Les coupes budgétaires, la consolidation et fermetures des quotidiens et hebdomadaires, l’élément vital traditionnel de la presse locale de l’Amérique avant même sa fondation. Le disparition de centaines de quotidiens et hebdomadaires a réduit les emplois de ce secteur de moitié entre 2001 et 2016 selon les Ministère du Travail. L’impact a été ressenti dans une étude locale en 2001 qui conclut: « Un défaut d’information se manifeste de plusieurs manières: Des histoires qui ne sont pas racontées, les erreurs du gouvernement qui ne sont pas révélées, les dangers sanitaires qui ne sont pas identifiés, des élections locales avec des candidats que personne ne connaît.


5. Must Read: « The Lawyer, the Addict »The New York Times magazine

 

  • Eilene Zimmerman évoque la descente aux enfers de son ancien mari, avocat réputé de la Silicon Valley, tombé dans la toxicomanie pour pouvoir relever les défis d’une carrière exemplaire dans un milieu ultra-compétitif (soixante heures de travail hebdomadaires pendant vingt ans) et qui lui a été fatale.
     

    Peter, l’une des personnes les plus brillantes que je n’ai jamais connu, a succombé à sa toxicomanie, abattu par une infection bactérienne généralisée, commune aux utilisateurs de drogue intraveineuse.
    De tous les détails les plus déchirants, celui qui me hante le plus est le suivant: L’historique des appels sur son téléphone portable montre que le dernier a été donné à son travail. Peter, qui vomissait, incapable de s’asseoir, à moitié inconscient a réussi, je ne sais comment, à avoir une conférence téléphonique.

 


6. A regarder: « Life on Parole »

 

  • Le documentaire de l’excellent programme de la chaîne publique, PBS, « Frontline » qui s’intéresse en collaboration avec le New York Times à ces détenus en liberté conditionnelle, qui effectuent la fin de leur peine au sein de la société mais avec d’immenses restrictions et le risque imminent de retourner en prison.
  • Le documentaire intitulé « Life on Parole » a suivi pendant deux ans quatre prisonniers libérés dans le Connecticut, un Etat qui tente de désengorger les prisons en redonnant une semi-liberté et une chance de réintégration aux détenus.

 


7. Le reste de l’actualité

 

 

  • Hillary toujours aussi mal-aimée – Washington Post
     

    « La plupart du temps, le candidat qui perd les élections présidentielles a un prix de consolation: le respect du public (…) Hillary Clinton, [est] la première candidate moderne à casser cette règle. Selon un sondage de Bloomberg, seulement 39% des Américains la voient favorablement (…) Pourquoi? Tout simplement parce que beaucoup de gens, y compris le président des Etats-Unis refusent de refermer l’épisode des élections de 2016 »

     

  • « Netflix veut rendre les salles de cinéma obsolètes » affirme le Washington Post qui précise que le géant de la vidéo en ligne va sortir 40 films cette année contre 16 seulement en 2016.
  •  

  • Les responsables des quartiers sensibles de Baltimore – la ville la plus violente du pays – appellent à un cessez-le-feu le premier week-end d’août: une pause de 72 heures au cours desquelles « personne ne doit être tuée ». La ville a recensé 188 morts depuis le début de l’année  – Baltimore Sun

 


8. La couverture du jour

 

  • Toutes les chaînes TV américaines seront demain à Las Vegas pour suivre l’audition de demande de liberté conditionnelle d’O.J. Simpson, l’ancien joueur de football américain, reconverti acteur avant d’être acquitté du double de sa femme et de l’un de ses amies dans le procès du siècle il y a plus de 25 ans.
    Simpson est incarcérée dans une prison de Las Vegas depuis huit ans pour avoir volé des objets de collection dans un casino en 2007. Variety et NY Daily News

 

  • Couverture du Daily News du 19 juillet 2017

Le kiosque du 03.07.17

 

1. « Des coups, aucune politique »

 

  • L’information de ce week-end, c’était bien entendu la vidéo postée par le président américain sur son compte Twitter où il fait semblant de tabasser un homme, dont le visage est caché par le logo CNN: Une énième façon de prouver son amour pour la chaîne d’info rebaptisée à l’occasion #FNN, pour « Fake News Network ».
  •  

  • C’est Dan Scavino, responsable des médias sociaux de la Maison Blanche, ancien caddy du président, et Trump qui auraient eu l’idée de cette  « blague ».
    A comprendre maintenant comment est-ce que ce meme, postée par un troll d’extrême droite sur Reddit, leur site préféré, a-t-il pu atterrir sur le compte personnel de l’homme le plus puissant du monde.
  •  

  • Comme l’indique USA Today en couverture ce matin, la présidence de Trump est à l’image de ses tweets, « des coups » contre les médias (63 références aux fake news), contre les Démocrates et Obama (46 références à « Obamacare ») mais « aucune politique ».
     
  • Le président est bien plus intéressé à discréditer les médias qu’à essayer de faire passer son programme … comme la réforme de la santé qui en est au point mort.

 

 


2. La fraude électorale ne convainc pas

 

  • Si le président américain a largement perdu le vote populaire face à Hillary Clinton aux dernières élections avec 2,8 millions de voix en moins, c’est à cause de la fraude électorale répandue dans la plupart des Etats démocrates qui a permis à des millions d’immigrés de voter illégalement contre sa rivale.
  •  

  • Aucune preuve de ces accusations n’a jamais été avancée mais Donald Trump est bien décidé à les trouver et mis en place la « Presidential Advisory Commission on Election Integrity » dirigée par le vice président Mike Pence et le Secrétaire d’Etat du Kansas, Kris Kobach, pour soi-disant « renforcer l’intégrité du système électoral » et « protéger et préserver les principes d’une personne, une voix ».
     

    La Maison Blanche a affirmé que la Commission va opérer un « examen complet des problèmes d’inscription et de vote pour les élections fédérales » mais les experts et défenseurs du droit de vote ridiculisent les allégations de Trump concernant la fraude électorale, que ni les Etats, ni aucune étude n’a pu mettre en évidence.
    Ils craignent que cette Commission soit utilisée pour limiter le droit de vote.

     

  • Mercredi dernier, la Commission a demandé aux cinquante Etats et à D.C. de leur fournir toutes les informations disponibles sur leurs électeurs, « y compris les noms, dates de naissance, l’historique de leurs choix électoraux et leur appartenance ou non à un parti » – ce que la moitié d’entre eux a fermement refusé au nom de la protection de la privée et de la méfiance que suscite cette commission.
     
  • D’où la réaction agacée du président ce week-end:

 

 

 
 


3. Les Etats républicains contre leurs villes démocrates

 
 

  • Le territoire américain est divisé politiquement entre les côtes démocrates, de part et d’autre du pays, et l’intérieur républicain, entre les grandes villes pro-Hillary et les zones rurales pro-Trump … et désormais à l’intérieur des Etats, entre les gouvernements conservateurs et leurs villes, dites « sanctuaires ».
  •  

  • Au Texas, par exemple, le parlement et le gouverneur républicains s’inquiètent du « comportement socialiste » des villes libérales et veulent les forcer à se soumettre à législation de l’Etat sous peine d’être privées de subventions fédérales.
     

    Le « Lone Star » State représente l’exemple le plus dramatique de ces relations de plus en plus conflictuelles entre les représentants des « Red States » [républicains] et les centres urbains démocrates, qui ont imposé des régulations environnementales et des programmes sociaux souvent à leur encontre.

     

  • La « Bathroom Bill » votée en 2016 par le parlement républicain de Caroline du Nord – qui oblige tout individu à utiliser les toilettes et vestiaires publics conformément à son sexe de naissance – et partiellement annulée cette année, visait à saper les efforts de Charlotte, la plus grande ville démocrate de l’Etat, pour élargir les droits civils des homosexuels.
  •  

  • L’un des principaux sujets de discorde tourne aujourd’hui autour de la politique anti-immigration de l’administration Trump qui veut obliger les forces de l’ordre locales à coopérer avec les agents fédéraux de l’immigration, notamment à travers l’arrestation et la détention des immigrés en situation irrégulière. Ce que les villes sanctuaires ont toujours refusé de faire.
  •  

  • Le gouverneur du Texas, Greg Abbott vient de passer l’une des lois les plus stricts contre les villes sanctuaires »refuges » qui condamne les forces de l’ordre à des contraventions, voire des peines de prison en cas de désobéissance.

 
 


4. Scandales sexuels chez les Protestants évangéliques

 

  • Longue enquête de The New Republic sur l’Association of Baptists for World Evangelism, une organisation chrétienne évangélique comme il en existe des milliers aux Etats-Unis, qui a couvert pendant plusieurs décennies les agressions sexuelles d’un de leur missionnaires, en poste au Bangladesh, et réduit au silence ses victimes.
  •  

  • Comme chez les Catholiques, l’obéissance à l’autorité religieuse, le tabou autour du sexe, exposent ces fidèles à des risques d’abus sexuels au sein de leur communauté.
     

    Ces cinq dernières années, il est devenu évident – même pour les Chrétiens conservateurs – que les églises « fondamentalistes » font face à une recrudescence d’abus sexuels et de déni institutionnel qui pourraient impliquer davantage de victimes que les scandales de pédophilie qui ont touché l’église catholique (…)
    L’échelle du scandale pourrait être immense. Les Protestants évangéliques sont bien plus nombreux que les Catholiques avec plus de 280 000 églises, écoles religieuses et organisations affiliées.
    En 2007, les trois principales compagnies d’assurance qui couvrent les institutions protestantes affirmaient recevoir chaque année 260 cas d’abus sexuels d’enfants commis par leurs responsables et membres. En comparaison, l’Eglise catholique rapportait 228 « accusations crédibles »..

  • « The Silence of the Lambs »The New Republic

 


5. Une agoraphobe globe trotter

 
 

 

  • Jacqui Kenny, originaire de Nouvelle Zélande, vit à Londres, et souffre de crises d’angoisse qui l’empêchent souvent de sortir de chez elle et encore moins de voyager à travers le monde. Partant de ce constat, elle a commencé à explorer le monde sur Google Street View.
     

    Au départ, elle choisissait des endroits au hasard, les rues de villes très lointaines et faisaient des captures d’écrans des plus beaux paysages. Ensuite elle a commencé à rechercher des endroits précis: régions arides avec des horizons dégagées; des latitudes où elle remarquait que le soleil se couchait penché. Très vite, elle a passé des heures sur le projet, qui est devenu une sorte de retraite  (…) Un an après, elle a accumulé près de 26 000 photos

     

  • Ces photos sont disponibles sur un superbe compte Instagram appelé « Agoraphobic Traveller »
  • « An Agoraphobic photographer’s virtual travels, on Google Street View »The New Yorker

 


6. A voir: Les hommes de Fire Island Pines

 

 

  • Tom Bianchi a photographié la communauté gay de Fire Island Pines de 1975 à 1983, un petit hameau de Long Island, à deux heures de New York, qui a accueilli jusqu’à dix mille homosexuels tous les week-ends pendant plusieurs années, avant que l’épidémie de Sida ne décime la communauté homosexuelle.
  • A voir dans le Washington Post

 


7. Le reste de l’actualité

 

  • Le gouverneur républicain du New Jersey, Chris Christie, l’un des plus mal-aimé du pays, aime utiliser les lieux publics pour faire pression contre ses adversaires politiques – il est impliqué dans le « BridgetGate » de 2013 qui a envoyé deux de ses conseillers en prison.
    Après un désaccord sur le budget qui a entraîné l’arrêt de toutes les activités gouvernementales, les plages publiques du New Jersey sont fermées pour la fête nationale – il fait 30 degrés … mais pas pour son gouverneur, qui profitait hier d’un littoral désert avec famille et amis. 
    D’où ce titre inspiré du Daily Mail

 

  • Steve Bannon, l’un des plus proches conseillers de Trump, auto-proclamé « nationaliste économique », voudrait augmenter les impôts des plus riches – dépasser la barre des 40% d’imposition pour ceux qui gagnent $418 000 ou plus – un anathème pour le parti républicain – mais qui vise à baisser les impôts des classes moyennes et défavorisées. Pour une fois! – Axios

 

  • Planned Parenthood a fermé quatre de ses cliniques dans l’Iowa après la décision du gouverneur de supprimer les subventions envers l’association, soutenue par près de 77% de la population: Les menaces des Républicains d’éliminer Planned Parenthood sont mises à exécution. Washington Post

Le Kiosque du 29.06.17: Morning Joe vs Trump; Les libraires-secouristes; Iphone a 10 ans; #OscarsStillSoWhite; Roy Cohn

 

 

1. Trumplandia: Oeil pour oeil, dent pour dent

 

 

    • Hier, Donald Trump a attaqué le Washington Post, propriété du géant Amazon, après s’en être pris la veille à l’ensemble des « fake médias », y compris le New York Times, CNN et les grandes chaînes d’infos nationales (NBC, ABC, CBS) dans ce qui constitue une fois de plus « le plus grand dénigrement des médias depuis Nixon ».

 

  • L’attaque contre Jeff Bezos, le fondateur et PDG d’Amazon, aurait été provoquée par un article paru en une du Washington Post hier, qui affirme que les sénateurs républicains ne prendraient pas le président au sérieux, après la décision de Mitch McConnell, chef de la majorité du Sénat de retarder le vote sur la réforme de la réforme de l’assurance santé.

    « Plutôt que d’essayer de convaincre les Américains sur le vote de la réforme d’Obamacare, Trump passe son temps à vendre son mépris envers les médias » – CNNMoney

 

  • La vidéo filmée en caméra cachée par James O’Keefe, un activiste pro-Trump, dans laquelle un producteur de CNN affirme que sans preuve tangible l’affaire Trump-Russie pourrait bien être « du n’importe quoi » qui rapporte de l’audience à la chaîne, qualifiée de « disgrâce pour tous les médias et le journalisme », a été mise en ligne sur le compte Instagram du président mercredi et abondamment reprise par Fox News depuis.
    Comme l’explique Hadas Gold dans Politico, Donald Trump et ses alliés pensent désormais qu’il a gagné du terrain dans sa guerre contre les médias

 


2. Trumplandia: Des tweets qui touchent le fond

 

  • Pas si vite!
    Les tweets incendiaires de ce matin contre deux présentateurs, aujourd’hui fiancés, de l’émission politique « Morning Joe » sur MSNBC, autrefois confidents et aujourd’hui très critiques à l’encontre du président, ont dépassé les limites de la décence et ont été condamnés par la plupart de la classe politique et des médias (même de droite) mais salué par le présentateur star de Fox News, Sean Hannity ainsi que Breitbart et autres trolls sur internet.

    J’ai entendu que l’émission Morning Joe (que je ne regarde plus) me critique. Comment expliquer alors que la folle Mika [Brzezinski] avec son petit QI et Joe [Scarborough] le « psycho » soient venus à Mar-a-Lago trois soirs de suite lors du nouvel an pour me voir. Ce que j’ai refusé parce que son lifting saignait encore.

     

  • Melania Trump, la femme du président, qui s’est engagée contre le harcèlement en ligne (« cyber-bullying ») a justifié les propos de son mari, qui, « lorsqu’il est attaqué réplique dix fois plus fort » et Sarah Sanders, la porte parole adjoint de la Maison Blanche a également expliqué que son boss répondait avec la même agressivité contre ceux qui l’insultent.
  • Même le Daily Mail a qualifié ces propos de « coup très bas ».

 


3. Image du Jour

 

  • Le dessin du jour signé John Mavroudis paru sur le site du New Yorkerclin d’oeil au faux numéro du magazine Time avec Trump en couverture, accrochée selon le Washington Post, dans différents clubs de golf du milliardaire.

 

 

 

 

 


4. #OscarsStillSoWhite

 

Extrait de la couverture du LA Times ce matin

 

  • Comme l’Académie des Oscars s’était engagée à le faire l’année dernière après la polémique lancée en 2015 sur Twitter contre des #OscarsSoWhite, diversifier ses membres, majoritairement masculins, blancs et âgés, elle a accueilli cette année un record de 774 professionnels de l’industrie, contre 683 en 2016.

    La nouvelle promotion compte 298 femmes, ce qui augmente leur représentation de 27 à 28%.
    232 sont des gens de couleur, ce qui augmente la présence des minorités de 11 à 13%.
    En juillet dernier, le Times a estimé que l’Académie devait ajouter 85 personnes de couleurs et 395 femmes dans ses rangs chaque année pour atteindre ses objectifs.

     

  • L’Académie qui compte 6 687 membres semble tenir ses promesses énoncées dans son programme « A2020 », censé profondément diversifier l’Académie d’ici à 2020, mais elle est encore aujourd’hui très « blanche » (à 87%) et masculine (à 72%)Los Angeles Times

 

 


5.  Quand les bibliothécaires jouent les secouristes

 

  • « Ce n’est pas une secouriste. C’est juste une jeune bibliothécaire qui a sauvé six personnes depuis avril. C’est beaucoup pour une libraire. » explique le secouriste qui vient d’être appelé sur la scène d’une énième overdose dans le McPherson Square Park, situé dans l’un des quartiers difficiles de Philadelphie.
  • C’est là ou travaille Chera Kowalski, une bibliothécaire, témoin dans sa vie quotidienne de l’une des pires crises de santé publique de l’histoire des Etats-Unis: les overdoses liés à la consommation d’opioïdes et d’héroïne qui est devenu la principale cause de mort accidentelle dans le pays: Depuis avril, elle a sauvé la vie de six toxicomanes en leur administrant Narcan, un médicament miracle qui renverse les effets de l’overdose.
  • « Dans au moins trois grandes villes, Philadelphia, Denver et San Francisco – les employés de bibliothèque savent désormais, ou doivent apprendre, comment utiliser la drogue Naxolone (dit Narcan)  anti-overdoses » explique Julie Todaro, présidente de l’Association Américaine des Libraires: « On doit savoir quels sont les premières étapes à suivre pour aider à résoudre ce problème
  • « The Opiod epidemic is so bad that librarians are learning how to treat overdoses » – CNN

 

 


6. Le iphone a dix ans

 

Apple

 

  • En 2007, Steve Jobs présentait le smartphone qui allait révolutionner l’industrie du téléphone et des communications et à l’époque les journalistes avaient bien du mal à décrire cet objet ultra moderne, avec un seul bouton et ce nouvel écran digital:

    « C’est un iphone, un téléphone portable et serveur internet portatif réunit dans un tout petit paquet »

    Quartz a réuni les meilleures descriptions de l’époque

 

  • The Economist:

    Aucun produit n’a autant changé la vie des gens dans l’histoire récente. Sans le iphone, commander un taxi, partager des photos, envoyer des messages en direct et autres essentiels de la vie moderne seraient moins répandus. Si elle n’avait pas vendu plus de 1,2 milliards d’appareils et engrangé des revenus de plus d’un billion de dollars, Apple ne serait pas la plus importante entreprise au monde. Des milliers de développeurs de logiciels seraient plus pauvres, puisque les applications leur rapporte près de 20 milliards de dollars chaque année.

 


7. A lire

 

  • « Comment-est ce que la symbiose impitoyable entre Trump et Roy Cohn a changé l’Amérique »: Une enquête de Vanity Fair sur la relation entre l’un des avocats et défenseurs du maccarthisme et le jeune entrepreneur née à New York au début des années 80.

    Le pouvoir de Cohn provenait largement de sa capacité à effrayer d’éventuels adversaires avec des menaces bidons et des faux procès. Et le prix de ses services? Une loyauté à toute épreuve. Trump – qui est resté loyal envers Cohn pendant des années – aura été l’un des derniers bénéficiaires et les plus durables du pouvoir de Cohn. (…)L’essence de l’influence de Cohn sur Trump était la triade suivante:
    1. Ne jamais payer, ne jamais se rendre.
    2. Contre attaquer et porte plainte.
    3. Quoi qu’il se passe, même dans la pire des situations, crier victoire et ne jamais s’avouer vaincu.

     

  • « How Donald Trump and Roy Cohn’s Ruthless symbiosis changed America » – Vanity Fair

 

 

 


8 . A écouter

 

  • Maggie Haberman, journaliste star du New York Times a débuté au New York Post puis Politico qui suit depuis des années Donald Trump, qu’elle connait très bien – C’est l’une des plus connectées de Washington et ses articles apparaissent très en Page One de la « Grey Lady ».
    C’est le quotidien d’une journaliste qui couvre une présidence extraordinaire entre la capitale et New York. Passionnant.
  • « I Have to Ask: The Maggie Haberman » – Slate

 


9. La couverture du jour

 

  • La septième et avant dernière saison 7 de Game of Thrones débarque sur HBO le 16 juillet prochain.

 

 

Le Kiosque du 09.07.17: Comey Superstar – Melania & Barron à la WH – La Chasse aux « fuites » – Chelsea Manning parle – L’emplacement le + cher d’internet?

 

Comey vole la vedette à Trump

New York Times
  • L’audition du directeur du FBI devant la Commission Judiciaire du Sénat a eu lieu hier matin
       

    • N’a pas empiré les affaires de Donald Trump mais a confirmé ce que pensent la plupart des Américains, de la presse et du reste du monde: C’est un menteur qui viré le directeur du FBI et essayé d’entacher la réputation du Bureau pour essayer d’étouffer l’enquête en cours sur les collusions entre des aides de Trump et les Russes pendant les élections.
    •  

    • L’état de délabrement de cette jeune présidence est telle que la Maison Blanche a considéré le témoignage de Comey comme une victoire, et la seule chose que le président a retenu sur Twitter ce matin, c’est que James Comey est à l’origine de la fuite de ses memos – une décision prise après les menaces proférées par le président sur les réseaux sociaux concernant d’éventuels enregistrements de leurs conversations.
    •  

    • Mike Allen de Axios
       

      C’est pas la fin mais le début d’un long et pénible procès pour la Maison Blanche de Trump. Ce qu’ils craignent le plus c’est l’implication de certaines figures dans l’orbite de Trump, et ce que les enquêteurs pourraient trouver dans les différents meetings qu’ils ont eu avec les Russes

       

    • Sur la corde raide: Jeff Sessions, qui témoigne mardi prochain, aurait omis de révéler un troisième meeting avec l’ambassadeur russe pendant la campagne présidentielle, et Jared Kushner devrait également témoigner ce mois-ci devant la Commission permanente du Sénat dédiée à la surveillance de la communauté du renseignement américain.

     

  • Nous n’aurions jamais pu apprendre tout ce qu’a bien voulu dévoiler James Comey s’il n’avait pas été viré par le président. Encore une fois, c’est Donald Trump qui s’est lui-même mis dans l’embarras. 

 

 


Un grand moment de télé

Chip Somodevilla/Getty Images
  • La diffusion mercredi après midi de la déclaration écrite de James Comey qui détaille avec précision ses interactions avec le president Trump (« J’exige de la loyauté ») a transformé une curiosité de la « Beltway » (Washington D.C.) et en un épisode en direct de télé-réalité » suivi par l’ensemble du pays.
  •  

  • De nombreuses entreprises avaient annulé rendez vous et réunions pour laisser leurs employés regarder le témoignage de l’ancien directeur du FBI sur grand écran. The New York Times
  •  

  • L’interview de James Comey a été relayé par l’ensemble des médias d’information « qui se sont tous arrêtés en même temps pour se concentrer collectivement sur cette audition.
    Dans une monde d’actualités souvent fragmenté, rarement on a assisté à une telle unanimité autour d’un évènement » – The Washington Post
  •  

  • C’est l’un de ces grands « moments politico-culturels » comme l’ont été auparavant le témoignage de Anita Hill contre le juge de la Cour Suprême des Etats-Unis Clarence Thomas (voir le film de HBO) ou l’audition de McCarthy contre l’armée américaine en 1954.
  •  

  • « Le témoignage de James Comey rejoins le panthéon des moments les plus dramatiques du Congrès » affirme Politico, qui retrace tous les précédents.
  •  

  • Etude intéressante du Washington Post sur les commentaires des chaînes télé (Fox News, MSNBC, et CNN) pendant le témoignage, et les différentes interprétations

 


Melania & Barron déménagent

 

Getty

 

  • C’est la fin de l’année scolaire aux Etats-Unis et comme prévu, Melania et Barron vont rejoindre Donald Trump à la Maison Blanche, pour de bon, le 14 juin prochain.
    Le fils du président, 11ans, sera scolarisé dans une école privée du Maryland l’année prochaine, St. Andrew’s Episcopal School de Potomac, à trente minutes en voiture de Washington.
  •  

  • La présence de la First Lady devrait « apporter un peu de normalité à une présidence dont le style et la substance sont anormales ».
     

    L’installation tant attendue et permanente est vue par la Maison Blanche comme un changement potentiel majeur pour un président de plus en plus déprimé par son travail, qui libère ses frustrations sur ses conseillers et qui se venge de la façon dont il est traité sur Twitter.

     

  • Tous les proches de Trump parient sur la présence de Melania pour calmer et raisonner davantage le président
  • « Melania set to make her D.C. move next week » – Politico

 

 


La chasse aux « fuites » inquiètent les journalistes et les sources

 

Reality Leigh Winner

 

  • Reality Leigh Winner, 25ans arrêtée samedi dernier pour avoir communiqué à The Intercept des documents secrets de la NSA, serait effrayée à l’idée de passer les dix prochaines années de sa vie en prison.
  •  

  • Selon le procureur, Winner aurait indiqué à ses parents depuis la prison, comment la faire passer pour une 
    « néophyte » inconsciente du danger et des répercussions de ses actions – ce qu’il ont fait avec brio sur CNN cette semaine – Washington Examiner
  •  

  • Elle devrait recevoir une peine exemplaire pour dissuader tous ceux qui voudraient continuer à alimenter la presse et agacer le président – Red State
  •  

  • Le travail des journalistes spécialisés dans les questions de sécurité nationale, qui communiquent avec des sources anonymes et obtiennent des informations confidentielles est de plus en plus risqué et compliqué:
     

    D’un côté, il existe un nombre important de fonctionnaires qui veulent aider clandestinement les journalistes. De l’autre côté, il y a l’effort très agressif du gouvernement d’arrêter ces employés

     

  • A savoir maintenant, « jusqu’où sont prêts à aller les agences gouvernementales pour arrêter le flot d’informations qu’elles n’aiment pas? » – CNN

 


Première interview de Chelsea Manning

ABC
  • Quelques semaines après sa libération, après sept années de prison dont plusieurs en isolement, un changement de sexe et une grâce présidentielle, Chelsea Manning, a donné sa première interview exclusive à la chaîne américaine ABC.
  •  

  • En 2010, Bradley Manning a récupéré plus 700 000 documents confidentiels sur la guerre en Irak et en Afghanistan et les a donné à Wikileaks qui les a diffusés en partenariat avec le New York Times, le Guardian, Der Spiegel et Le Monde.
  •  

  • Manning a été accusée de trahison pour avoir divulgué des informations aux ennemis des Etats-Unis. Lui parle de responsabilité de révéler « la mort, la destruction, les massacres » pour provoquer un débat dans le pays, et pour sensibiliser les Américains.
  •  

  • Chelsea Manning a obtenu un traitement aux hormones à partir de 2015 après cinq années de bataille juridique, une grève de la faim et deux tentatives de suicide, et un changement de sexe en 2016 – le premier prisonnier à recevoir ce genre d’opération.
  •  

  • Chelsea Manning a été orginellement condamnée à 35 ans prison. Elle remercie Barack Obama de l’avoir graciée et « lui avoir une seconde chance »

 


L’emplacement le plus cher d’internet

 

Twitter

 

  • L’emplacement le plus cher et le plus prisé d’internet? Les commentaires qui apparaissent en dessous des tweets de Donald Trump sur son fil d’information.
  •  

  • Il existe des centaines de milliers d’internautes, pro ou anti-Trump, dans les starting-block pour répondre le plus rapidement au président et voir leurs commentaires apparaître et être lus par ses 31 millions d’abonnés: Ce qui implique des « likes » et « retweets », des profils scrutées, des réponses et de nouveaux abonnés
  •  

  • Exemple:
    En janvier, Mike Elgan, un écrivain, a répondu à un tweet de Trump dans les dix secondes qui ont suivi sa diffusion: Il a été diffusé sur 800 000 autres fils d’informations et reçu 24 000 notifications en quelques heures seulement et en 24 heures, il a reçu 300 abonnés supplémentaires
  •  

  • Mike Cernovitch, un chante de la « new right » et grand supporter de Trump, confirme que c’est la meilleure tactique pour devenir une personnalité politique influente sur Twitter.
  •  

  • Le meilleur moment pour attendre un tweet de Trump: 6 hrs du matin, lorsque le président se lève.
  •  

  • « Inside the Chaotic Battle to be the Top Reply to a Trump Tweet » – Buzzfeed

 

 


Le reste de l’actualité

  • Greg Gianforte, le républicain qui vient de remporter son siège de Représentant à Washington de l’Etat du Montana, et qui a agressé un journaliste du Guardian la veille de sa victoire, a donné 50 000 dollars à une association pour la liberté de la pressePolitico
  •  

  • La bataille électorale fait rage dans le 6ème district de Géorgie qui oppose le jeune démocrate Jon Ossoff contre la candidate républicaine Karen Handel. Ossoff a récolté plus de 23 millions de dollars de contributions en quelques mois et la campagne des deux candidats totalise aujourd’hui 40 millions, la somme la plus importante jamais dépensée pour l’élection d’un ReprésentantPolitico
  •  

  • On en a parlé lors de son ouverture l’année dernière, The Wing est l’un de ses clubs et espaces de travail exclusivement réservés aux femmes, et ça marche du tonnerre – Village Voice

 


Couverture du Jour

Barry Blitt, le caricaturiste de Donald Trump pour le New Yorker revient avec une nouvelle couverture inspirée par les le film de Charlie Chaplin, « Les Temps Modernes ». L’atmosphère ambiante nous aurait davantage fait penser au Dictateur mais c’est un beau dessin!
 

Le Kiosque du 06.06.17: Tweets, fuites, leaker, Trumpileaks & Looney Tunes

 

1. Un président « out of control »

  • La « twitterstorm » de Donald Trump lundi pourrait « affaiblir son agenda et les pouvoirs de la présidence » s’inquiète ce matin le Wall Street Journal:

    Certains personnes avec un penchant pour l’auto-destruction ont parfois du mal à se gérer, il semblerait que Donald Trump en fasse partie (…)

     

      • Il a critiqué le maire de Londres et ses excuses « pathétiques » concernant la gestion des attentats de Londres – Trump a utilisé les commentaires de Sadiq Khan hors de son contexte.
        Ce dernier a demandé au président d’annuler son voyage officiel en Angleterre.

     

      • Il a critiqué le département de justice américain, et son General Attorney, Jeff Sessions, pour avoir « édulcoré » le second décret anti-immigration « politiquement correct » qu’il a signé après la suspension de la version originale par un juge de la cour d’appel fédérale de Washington en février.

     

    • Il a qualifié ce second décret « pour ce qu’il est » et « pour ce dont le pays a besoin »: « UNE TRAVEL BAN ». L’utilisation de cette terminologie compliquer l’appel déposé par Département de Justice devant la Cour Suprême des Etats-Unis qui doit annoncer prochainement si oui ou non elle veut reconsidérer un appel.

 

  • Le quotidien économique de conclure:

    En d’autres termes, avec 140 lettres, Mr Trump a fragilisé sa position en provoquant un petit incident diplomatique, a prouvé que la loyauté qu’il demandait aux autres n’est pas réciproque, il a retardé ses objectifs, et gâché du temps qu’il aurait pu consacrer à l’assurance-santé, la réforme fiscale, ou « la semaine de l’infrastructure ».
    Une nouvelle preuve que le pire ennemi de la présidence de Trump est Donald J Trump

 


2. Faut-il écouter Trump sur Twitter?

    • Hier, Kellyanne Conway, conseillère du président, a une fois de plus accusé les médias d’être obsédés par les tweets de Donald Trump. 
    • Sebastian Gorka, un ancien de Breitbart, qui travaille à la Maison Blanche, a ajouté qu’il ne fallait pas les prendre au sérieux et que seuls les décrets signés par le président comptaient.
    • Sa porte parole, Sarah Sanders Huckabee, a affirmé le contraire en conférence de presse un peu plus tard: les tweets lui permettent « de s’adresser directement aux Américains sans passer par le biais des médias qui filtrent ces communications »

 

  • Le mot de la fin de l’intéressé ce matin:

    Les faux médias mainstream essayent tant bien que mal de m’empêcher d’utiliser les médias sociaux. lls ne supportent pas que je puisse parler honnêtement sans passer par eux (…)
    Désolé, mais si j’avais dû me fier aux Fake News de CNN, NBC, ABC, CBS, Washpost ou nytimes, Je n’aurai eu aucune chance de gagner

     

  • Selon le Wall Street Journal, des proches du président ont essayé de le persuader d’arrêter de poster « tout ce qui lui passe par la tête »  sur les médias sociaux et de demander auparavant le conseil d’avocats. En vain. 
  • Le président américain semble très agité sur les réseaux sociaux ces derniers jours, sans doute à cause du témoignage du directeur du FBI, James Comey, devant une commission du Sénat, jeudi.

 


3. Le président détruit mais ne construit rien

 

    • Depuis quatre mois, Donald Trump s’est employé à détruire systématiquement les lois, décrets et règlementations mises en place par Barack Obama sur la santé, l’environnement, le commerce, les finances, le travail, conformément à ses promesses de campagne.
      Pour cela il a eu recours au « Congressional Review Act », qui permet à un nouveau président d’annuler les décrets pris par son prédécesseur: Trump l’a utilisé à 14 reprises alors qu’il n’avait été utilisé seulement qu’une fois ces vingt dernières années.

 

  • Mais le président et les Républicains n’ont pas achevé grand chose depuis janvier: les deux décrets anti-immigration ont été suspendus par des cours fédérales, la réforme de la santé, votée à la va-vite par les Représentants républicains consiste essentiellement à éliminer Obamacare, le désastreux budget 2018 a peu de chances de passer devant le Sénat.
    La réforme fiscale, le mur à la frontière mexicaine et le projet d’un milliard de dollars consacrées infrastructures du pays n’ont pas encore été présentés.
  • « Trump is finding it easier to tear down old policies than to build his own »Washington Post

 


4. Vive les fuites!

  • Sans les fuites, nous n’aurions pas appris entre autres:
      • Les relations entre l’ambassadeur russe à Washington, Serguei Kisliak et Michael Flynn, secrétaire à la sécurité nationale (qui a précipité sa démission), Jared Kushner, proche conseiller de Donald Trump ou encore Jeff Sessions, ministre de la justice.
      • Les tentatives de séduction opérées par le président auprès du directeur du FBI pour qu’il arrête son enquête sur Michael Flynn, et emprisonne les journalistes.
      • L’atmosphère délétère et les luttes d’influence au sein de la Maison Blanche.

     

  • Les fuites qui viennent des services de renseignement et de la Maison Blanche depuis l’investiture de Donald Trump et qu’il condamne le plus fermement possible, sont une bénédiction pour les journalistes et l’opinion publique écrit Margaret Sullivan dans le Washington Post:

    Dans un gouvernement de plus en plus obsédé par le secret et par la volonté de tout classer « confidentiel », les fuites sont nécessaires. Même s’il existe des risques concernant la sécurité nationale, je préfère vivre dans une Amérique qui fuit plutôt qu’un pays hermétique – dont les journalistes et lanceurs d’alerte sont derrière les barreaux

     

  • « Of course, Washington is plagued by leaks. That’s a good thing. » – The Washington Post

 


5. Un premier leaker arrêté

L’article de The Intercept avec une photo du document confidentiel
    • Reality Leigh Winner, 25ans, employée de Pluribus International Corporation en contrat avec le gouvernement, a été arrêtée samedi par le FBI pour avoir photocopié début mai un rapport confidentiel de la NSA concernant une cyber-attaque de l’espionnage militaire russe sur un logiciel de vote électronique qu’elle a envoyé à The Intercept.
    • Elle a avoué les faits et risque jusqu’à dix ans de prison.
    • Selon CNN, Reality L. Winner et The Intercept ont fait des erreurs qui ont facilité l’arrestation de la jeune fille.
      • Le fait que la NSA ait remarqué que le document avait été plié [sur la photo diffusée par The Intercept], lui a permis de déterminer qu’il avait été imprimé puis transportée par un individu…
        Le Département de justice a isolé six employés ayant eu accès à ces documents, dont Winner, la seule à être en contact avec le site d’information.
      • Par ailleurs, si The Intercept avait simplement rapporté l’info et la NSA su qu’il n’avait pas de document, il leur aurait été plus difficile de trouver la source de ce document.

 

 


6. TrumpiLeaks

  • C’est le service hautement sécurisé mis en place par Michael Moore pour « permettre aux courageux lanceurs d’alerte, forces de l’ordre ou le secteur privé ayant connaissance des crimes, mensonges, et écarts de conduite de Trump et ses associés de les dénoncer au nom de la protection des Etats-Unis d’Amérique contre la tyrannie »
  • Michael Moore travaille également à la réalisation d’un nouveau documentaire avec les Weinstein Company sur le président intitulé « Fahrenheit 11/9 »

 


7. « Badass Women of Washington »

  • Nouveau projet 100% féminin et « badass » de CNN sur les femmes de Washington intitulé « Badass Women of Washington »
  • Malgré la défaite de Hillary Clinton aux élections, « partout à Washington, des femmes font tomber les barrières, atteignent des positions de pouvoir et y restent ».
  • La chaîne va consacrer une série à sept d’entre elles: La Sénatrice Dianne Feinstein, la Secrétaire aux Transports; Elaine Chao, la Représentante Jaime Herrera Beutler, la Sénatrice Jeanne Shaheen, la présidente du Comité National Républicain, Ronna Romney McDaniel, la Sénatrice Catherine Cortez Masto, et la chef des services de santé de l’armée américaine, le Lieutenant général Nadja West.

 


 

8. Breitbart sanctionne des commentaires incendiaires

  • La journaliste Katie McHugh, ancienne du Daily Caller, chez Breitbart depuis 2015 a été virée après avoir posté des « commentaires incendiaires » anti-musulmans sur les attentats de Londres.
  • Samedi soir, elle a réagi sur les évènements de la capitale britannique: « Si les Musulmans ne vivaient au Royaume-Uni, il n’y aurait pas d’attaques terroristes mortelles »
  • Breitbart n’a pas commenté sur les raisons du renvoi mais ce serait une première pour le site alt-right de renvoyer l’une de ses journalistes pour avoir critiqué les Musulmans – l’une de leurs activités préférées.
  • C’est la deuxième fois cette année qu’un employé de Breitbart quitte le site. Le dernier était Milo Yiannopoulos après des commentaires controversés sur la pédophilie en février dernier.

Le Kiosque du 12.05.17: Trump menace Comey; Seattle vs SF; un journaliste en prison; les médias libéraux: A Droite Toute!

 

Aujourd’hui dans le kiosque du vendredi 12 mai:

1. Trump menace Comey
2. Cette couverture du New Yorker
3. Seattle, San Francisco à visage humain
4. Un journaliste arrêté pour avoir fait son boulot
5. Les médias libéraux: A droite toute!
6. La ligue de soccer féminin en prime-time

 

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1. Trump menace Comey

Enième tweetstorm de Donald Trump ce matin:
 

  • Il a essayé de dissuader l’ancien directeur du FBI, James Comey, de parler à la presse en évoquant l’existence d’enregistrements de leurs conservations qui serait susceptible de contredire ses propos. Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche a refusé de donner davantage d’informations sur les propos du président cet après midi en conférence de presse.
     
    A chaque fois qu’il est pris au dépourvu, le président a tendance à évoquer des preuves, dont il a lui seul le secret, pour mieux intimider ses adversaires: Il a accusé son prédécesseur de l’avoir mis sur écoute et a tenté de discréditer l’ancienne Miss Univers, Alicia Machado, en évoquant des « sex tapes » que personne n’a jamais trouvé.
     
    La Maison Blanche craint des fuites d’information à son encontre de la part des certains agents du FBI qui souhaitent s’attend venger le limogeage de leur boss.
    Quant à Mr Comey, il a refusé l’invitation de la Commission de renseignement du Sénat à témoigner sur les circonstances de son limogeage.

     

    Pour tout comprendre sur la chronologie des évènements entourant le ComeyGate: Un très bon recap ICI

 

  • Le New York Times affirme que Donald Trump a renvoyé James Comey car ce dernier aurait refusé de lui prêter allégeance. Le président aurait fait la demande lors d’un dîner privé le 27 janvier dernier, au lendemain de l’entrevue entre Sally Yates et un conseiller de la Maison Blanche, Donald McGahan, au cours de laquelle la ministre de la justice par intérim a évoqué les mensonges du conseiller à la Sécurité Nationale, Michael Flynn, sur ses relations avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak, et les risques de chantage dont il aurait pu faire l’objet.
     
    Impossible de savoir si le président est au courant que les agents du FBI prêtent serment à la Constitution des Etats-Unis et non pas au chef de l’Etat pour une raison simple:

     

    Un gouvernement qui repose sur des individus – qui peuvent être imprévisibles, faillibles et prompts à faire des erreurs – peut mener trop facilement à la tyrannie d’un côté et à l’anarchie de l’autre. Les pères fondateurs ont voulu éviter ces extrêmes en créant un gouvernement équilibré basé sur principes constitutionnels.

     

  • Il a ensuite menacé de supprimer les briefings quotidiens de la Maison Blanche, les rendez-vous désormais cultes de l’après midi avec Sean Spicer, pour les remplacer par des questions/réponses écrites.
    La raison? La porte parole adjointe, Sarah Huckabee, a affirmé aux journalistes que le limogeage du directeur du FBI était la conséquence directe des recommandations faites par l’adjoint du ministre de la Justice au président mardi. Explications contredites par l’intéressé, Donald Trump, dans une interview diffusée hier sur NBC dans laquelle il explique qu’il avait décidé depuis longtemps de renvoyer Mr Comey, quelles que soient les recommandations qu’il aurait reçu à ce propos.

     


    « Trump warns Comey and Says He May Cancel Press Briefings »
    – The New York Times

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2. Cette couverture du New Yorker

  • Et puis vous avez cette couverture du New Yorker du vendredi après midi qui vous ravie: Barry Blitt est le dessinateur attitré de tout ce qui touche à Donald Trump et il réussit un coup de génie dans son illustration du limogeage de James Comey, « Ejected »

 

 

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3. Seattle, San Francisco à visage humain

  • Seattle et la Silicon Valley/San Francisco sont des villes ultra connectées, riches et portées sur l’avenir mais ont une vision très différente de leur futur.
    Les deux régions de la côte Ouest des Etats-Unis situées à 1 300 km l’une de l’autre sont les deux pôles technologiques les plus importants du pays, connectés l’un à l’autre (Seattle serait devenue le « complément » de la Valley) qui partagent une histoire commune: Elles ont toutes les deux prospéré pendant la Ruée vers l’Or (au milieu du 19ème siècle) et accueilli ces dernières décennies les entreprises les plus dynamiques, créatrices et rentables de l’économie américaine.

 

  • Pourtant les deux villes sont bien distinctes non seulement par leur taille, par leur production – la Silicon Valley est remplie de start-ups, de grandes entreprises spécialisées dans la fabrication de petits pièces, genre micro-processeur, téléphones portables, applications tandis que Seattle accueille les géants de Boeing, Amazon et Microsoft, « des constructeurs d’importants centres de données » mais la scène start up est sous-développée – mais aussi par l’image qu’elles cultivent et qu’elles veulent renvoyer.
    « Les habitants de Seattle refusent de voir leur ville devenir comme San Francsico, dominée par des geeks fortunés » et veulent garder leur statut de seconde ville la plus économiquement intégrée des Etat-Unis – SF est 14ème du classement. »
    « C’est l’une des raisons, à côté des paysages naturels, des logements à bas prix, et de l’absence d’impôts locaux, pour laquelle les « Valleyites » fuient vers le nord. Une meilleure qualité de vie pour deux fois moins cher. »
    * « How America’s two tech hubs are converging » – The Economist

 

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4. Un journaliste arrêté pour avoir fait son boulot

 

  • Ca peut paraître anecdotique si ça n’était pas l’Amérique de Trump où la liberté de la presse est ouvertement et quotidiennement menacée par le gouvernement.
    Le journaliste Dan Heyman a été arrêté dans le Capitole de Virginie Occidentale à Charleston mardi soir après avoir tenté d’interviewer le Secrétaire d’Etat à la Santé Tom Price, emprisonné pendant sept heures et inculpé pour avoir « volontairement interrompu la bonne marche du gouvernement », un délit mineur dans cet Etat.
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  • Le journaliste était présent en toute légalité dans le bâtiment qui sert de siège au Congrès où il a essayé d’arracher une réponse à Mr Price sur Trumpcare, à avoir si la violence domestique serait considérée comme un antécédent médical ou non. Il a tenté de se rapprocher de lui avant d’être écarté par la sécurité.
    Selon les autorités, le journaliste aurait tenté de se frayer un chemin entre les gardes du corps et enfreint les mesures de sécurité.

    Les journalistes un peu trop insistants sont généralement évacués sans risques de poursuites judiciaires; celles de Mr Heyman, demandées par la Mairie, sont conséquentes: une caution de 5 000 dollars et une amende de cent dollars et une peine maximum de six mois de prison pour « délit mineur ».
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  • « Ces choses ne sont pas censées arriver dans une démocratie comme les Etats-Unis. Ce n’est pas ce que nous défendons », affirme l’avocat de Mr Heyman, qui explique que son client ne faisait que son boulot.
    Le Comité de protection des journalistes a quant à lui qualifié cette démarche « de pur affront envers la liberté de la presse ».

    L’histoire a été relayé dans le New York Times et le Washington Post
     
    * « Dan Heyman Interview » – Esquire

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5. Les médias libéraux: A droite toute!

  • Les médias dits « libéraux », ceux qui penchent à gauche et sont très critiques envers le président, qui représentent une grande majorité des médias mainstream aujourd’hui avec en chef de file le New York Times, le Washington Post ou la chaîne câblée MSNBC, profitent depuis la campagne présidentielle de l’effet Trump
    Le caractère peu orthodoxe du personnage fait beaucoup d’audience mais le critiquer est encore plus profitable: tous ces médias ont enregistré des taux records d’abonnements, revenus publicitaires en hausse et non jamais rassemblé autant de téléspectateurs.
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  • Pourtant ces derniers ont décidé depuis les résultats inattendus de l’élection qu’aucun d’entre eux n’a su anticiper, de diversifier leur personnel en recrutant de nombreuses personnalités plus « conservatrices ». L’arrivée d’un climatosceptique, Bret Stephens, dans le comité éditorial du New York Times a choqué beaucoup de lecteurs tout comme celle de Hugh Hewitt au Washington Post. Ce dernier devrait d’ailleurs animer prochainement une émission politique sur … MSNBC, qui fait aujourd’hui sa pub en se targuant d’aller « trop à droite ».
    Quatre raisons selon Slate expliqueraient cette tendance:
       * Aller piquer des téléspectateurs de Fox News qui est en train de traverser la pire crise de jeune existence
       * Apporter davantage de pluralisme dans le traitement de l’information et avoir accès à ce que pensent les conservateurs – éclater autant que possible la bulle libérale qui a aidé Trump à être élu.
       * Coup de pub pour attirer davantage d’annonceurs.
       * Les conservateurs engagés par le Times, le Post ou MSNBC sont ceux qui ont refusé de soutenir Trump et dont l’avenir est dans l’opposition même s’ils restent à droite.
     
    * « Why are liberal media outlets on a conservative hiring spree? Five theories » – Slate

 

  • Les « libéraux » peuvent se rassurer, ils disposent encore de nombreux alliés dans les médias, souvent d’anciens proches de Clinton, mais la représentation de la branche plus « progressive », les proches de Sanders, est plus rare – ils n’ont d’ailleurs reçu aucun soutien durant les primaires démocrates et le reste des élections présidentielles.
    Pour l’Observer, ancienne propriété de Jared Kushner, gendre de Trump, qui penche à droite, l’explication est simple:

Plutôt que de recruter pour combler le manque de « progressistes » dans les médias, MSNBC, The New York Times et autres se sont recentrés vers la droite dans l’espoir de casser la suprématie de Fox News.
Ce changement s’inscrit dans une tendance plus large de l’establishment de la politique et des médias de taxer Bernie Sanders et ses supporters d’extrême gauche. Une catégorisation péjorative qui laisse entendre que les progressistes sont radicaux, en marge et ont peu de soutien.

 

 

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6. La ligue de soccer féminin en prime-time

  • La chaîne féminine Lifetime, spécialisée dans les téléfilms dramatiques, à l’eau de rose, ou « romcom » de seconde zone, et propriété du groupe A&E vient d’acquérir les droits de transmissions télé de la ligue féminine nationale de soccer (NWSL) et d’acheter des parts de la Ligue, ce qui devrait lui garantir davantage d’exposition médiatique pour les années à venir.
    Grâce à ce contrat, la National Women’s Soccer League aura ses matchs retransmis à la télé dans tout le pays, la condition sinequanone pour attirer spectateurs, supporters, et engranger des revenus.
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  • On parle d’un investissement de plusieurs millions de dollars de la part de la part du réseau câblé qui pourrait toucher une audience d’environ cent millions de foyers, plus importante que ESPN, La chaîne sportive américaine.
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  • La ligue féminine créée il y a quatre ans est la plus réussie depuis les échecs de la Women’s United Soccer Association (WUSA) en 2003 et la Women’s Professional Soccer (WPS) en 2011.
    Contrairement à l’équipe nationale très célèbre – la finale de la coupe du monde féminine en 2015 reste le match de football le plus regarde de la télé américaine – le championnat peine à attirer susciter l’intérêt du public et des sponsors. Grâce à une rencontre hebdomadaire diffusée sur Lifetime, la ligue et le réseau espèrent fidéliser davantage.
    Bonne Chance!

Le kiosque du lundi 30 janvier 2017

 

  • Des protestations ont eu lieu dans tout le pays dimanche contre la décision de Donald Trump de suspendre l’entrée de tous les réfugiés et des citoyens originaires de Libye, Syrie, Irak, Iran, Somalie, Soudan et Yemen sur le territoire américain pendant trois mois; considérée par ses détracteurs comme étant une #MuslimBan, une « interdiction des Musulmans » et que Rudolph Giuliani a d’ailleurs confirmé.
    Une quarantaine de rassemblements ont eu lieu dans les aéroports de New York, Washington, Boston, San Francisco, Dallas, Phoenix, …
  • Deux jours après sa signature et mise en place immédiate, l’administration Trump est incapable de définir précisément l’étendue de cette loi étant donné le manque de coordination avec les agences gouvernementales et les arrêts pris par trois juges fédéraux différents ce weekend. Les déportations ont été interdites mais pas l’entrée sur le territoire et aucun juge n’a tranché sur la constitutionnalité du décret présidentiel.
  • Donald Trump a réaffirmé hier sur la page Facebook que ce décret « [n’avait] rien à voir avec la religion. »

    Cela à avoir avec la terreur et la volonté de protéger notre pays. Il y a plus de quarante pays dans le monde entier peuplés majoritairement de musulmans qui ne sont pas affectés par cette loi. Nous continuerons à délivrer des visas à tous ces pays une fois que nous aurons décidé et mis en place des politiques plus sûres d’ici les trois prochains mois. »

  • Aucun ressortissant de ces pays n’a été impliqué dans un attentat sur le territoire américain ces quarante dernières années, contrairement à d’autres pays musulmans comme l’Egypte, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Arabie Saoudite, dans lesquels les Etats-Unis et Donald Trump ont des intérêts économiques et financiers.
  • Sur les 292 parlementaires républicains, vingt ont dénoncé le décret de président (qui les traités de « faibles »), quinze l’ont supporté et 257 ont préféré garder le silence, contrairement aux 202 parlementaires démocrates qui ont publiquement condamné la démarche de Trump, certains sont allés manifester dans les aéroports.
    Trente neuf seulement n’ont pas réagi.
    Tous devraient se réunir aujourd’hui devant la Cour Suprême des Etats-Unis, à Washington D.C., en signe de protestation.
  • De nombreux journaux dont le Los Angeles Times et le New York Times ont lancé des appels à témoins concernant les immigré(e)s touché(e)s par les mesures de Donald Trump afin partager leurs histoires.
    Les journaux télés et les réseaux sociaux donnaient hier des recommandations légales et pratiques aux centaines d’immigrés titulaires d’une Green Card qui sont toujours coincés dans les aéroports américains, face aux officiers de l’immigration et du Département de la Sécurité Intérieure, qui se sont engagés à appliquer les mesures de président et respecter les directives du Département de Justice
  • Les entreprises américaines ont réagi également ce week end à l’offensive de Trump contre les musulmans. Uber est boycottée après l’entrée de son co-fondateur, et actuel P.-D.G, Travis Kalanick dans le comité économique chargé de conseiller la nouvelle administration. Son concurrent Lyft a lui offert un million de dollars à ACLU, American Civil Liberties Union, qui a réussi à obtenir le premier revers de la #MuslimBan samedi soir ordonné par un juge de Brooklyn. L’association aurait récolté dix millions de dollars de donations ce weekend.
    Starbucks a annoncé vouloir engager dix mille réfugiés ces cinq prochaines années provenant des soixante quinze pays dans lesquels la compagnie est implantée et en commençant par tous ceux qui ont aidé l’armée américaine sur le terrain, comme les interprètes ou personnels de soutien.
  • #StopPresidentBannon
    Le président a réorganisé le Conseil National de Sécurité, une organisation administrative qui dépend directement de lui et qui le conseille sur des questions stratégiques de sécurité nationale, et dont l’influence est importante dans le domaine des Affaires Etrangères.
    Trump a décidé de remplacer le siège permanent de conseiller militaire, appartenant actuellement au Chef d’Etat-Major des armées, le général Joseph Dunford par son plus proche conseiller, l’ancien président de Breitbart News, le « Darth Vador » auto-proclamé de la Maison Blanche, auteur du discours d’investiture, de la plupart de ses décrets, et de la politique hostile envers la Chine et le Mexique, un ancien de la Navy et de Goldman Sachs qui haït la presse: Steve Bannon.
    L’influence qu’a pris cette figure du mouvement alt-right, et celle de son ami proche, Stephen Miller, dans la nouvelle administration, aux côtés du président inquiète les Démocrates et certains Républicains (John McCain). Bannon a commencé à collaborer il y a seulement cinq mois avec Donald Trump et ce dernier n’a aucune expérience sur les questions de sécurité. 
  • Le gouverneur démocrate de New York, Andrew Cuomo, a réagi hier soir à la première semaine de Donald Trump:« En tant que New Yorkais je suis musulman. En tant que New Yorkais je suis juif. En tant que New Yorkais je suis noir, gay, handicapé, une femme qui contrôle sa santé et ses choix. Parce en tant que New Yorkais, nous sommes une communauté – La communauté new yorkaise comprend tous ceux là. »

            

  • « Ca a pris trois ans à George W.Bush pour passer en dessous des 50% d’opinions favorables, ça a pris huit jours à Donald Trump ». Le président a commencé la présidence lundi dernier avec 51% de soutien dans les sondages et est tombé à 42% ce weekend. 
  • Michael Flynn Jr, le fils du conseiller à la Sécurité Nationale de Donald Trump, écarté de l’équipe de transition en décembre dernier après avoir défendu sur Twitter la théorie complotiste à l’origine du « pizzagate » – selon laquelle des suppôts de Hillary Clinton dirigeaient un réseau pédophile au sous-sol d’une pizzeria de Washington – a récidivé ce weekend en qualifiant le décret de Trump de « temporary #MuslimBan ».
    Une bourde qui l’a obligé à effacer son compte Twitter.

  • Hier soir à Los Angeles ont eu lieu les 23ème SAG Awards, les récompenses par le Screen Actors Guild, le syndicat des acteurs de cinéma et de télévision aux États-Unis, le second Roast de Donald Trump après l’officiel diffusé sur Comedy Central en 2011.
    Chacun a eu son mot à dire contre Donald Trump: le casting d’Orange is the New Black, Mahershala Ali de Moonlight, Julia Louis Dreyfus pour Veep, Ashton Kutcher, Brian Cranston, William H Macy, Kerry Washington, Emma Stone, le casting de Stranger Things.

    Le discours le plus drôle a été celui de Lily Tomin, introduite par Dolly Parton, qui a parlé de sa carrière, de ses ratés, de sa partenaire et de sa prochaine pancarte à la prochaine marche. Le plus Rock’n’Roll était celui du casting surexcité et révolté de Stranger Things, via les propos de l’acteur David Harbour et les mimiques de Winona Ryder Le plus émouvant était celui de Mahershala Ali, ci-dessous

Le kiosque du 22 janvier: L’immense succès de la marche des femmes!

Nous étions à Washington hier avec des centaines de milliers d’autres manifestants dans un rassemblement historique, pacifique et solidaire pour la défense des droits des femmes, des travailleurs, des immigrés, du système de santé, de l’environnement, de la communauté LGBTQ contre le programme populiste, nationaliste, et sécuritaire du nouveau président.

On parle aujourd’hui de presque quatre millions de manifestants à travers le pays, sans compter les rassemblements à l’étranger, en Europe, en Asie, en Australie, en Amérique du Sud. La mobilisation a dépassé toutes les prévisions de organisateurs grâce à une logistique efficace qui réunit de centaines de volontaires, les dons de milliers d’Américains et l’aide précieuse de la technologie numérique et d’internet, essentiels à la réussite de l’évènement.

Même Donald Trump a dû reconnaître la légitimité du mouvement ce matin sur Twitter:
240 000 abonnés ont aimé ses propos – l’un de ses tweets les plus populaires –  et rien n’importe plus pour le président que l’audience et l’attention des téléspectateurs, donc on peut espérer envisager dans un futur proche un peu plus d’empathie de la part du Commander-in-Chief.

 

La Marche sur Washington

Voici les photos de notre voyage express New York – Washington.
Un aller-retour en moins de vingt-quatre heures en bus, départ de Bryant Park à Manhattan à 4 heures 45 du matin et retour la nuit suivante à minuit et demi: neuf heures de bus, six heures de manifestations dont quatre heures de marche et deux heures à rester debout coincée dans la foule à attendre le départ de la marche au milieu d’une marée humaine de cinq cent mille personnes mais aucune violence et beaucoup de solidarité et de respect entre les manifestant(e)s.

Voici un diaporama du voyage avec nos commentaires:

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Le message est clair pour la nouvelle administration, il faudra composer avec l’opposition active de millions d’Américains qui sont prêts à descendre dans la rue ces quatre prochaines années.

 

Un désordre réussi

Le mouvement Women’s March on Washington (WMW) s’organise depuis des semaines pour mobiliser le plus grand de monde, à Washington, dans le reste du pays et dans le monde entier grâce à des moyens numériques efficaces, un site internet professionnel, une application utile et une présence importante sur les réseaux sociaux: 473 00 abonnés sur leur page Facebook, 266 000 sur Twitter et 260 000 sur leur compte Instagram.
La marche a été plus qu’un succès grâce aussi à ses centaines de milliers de participants qui ont joué le jeu de la solidarité, de la patience et du respect devant les problèmes d’organisation rencontrés sur le terrain. La foule est restée une bonne heure et demie coincée dans les artères de Washington à cause du manque d’anticipation des organisateurs qui n’avaient pas prévu une telle mobilisation, et ont dû sur le tard, changer l’itinéraire.
La scène où différentes personnalités sont intervenus n’était visible que par une infime partie de la foule, laissant le reste du cortège dans le flou, incapable d’entendre ou de comprendre le déroulement de la manifestation. Encore une fois, tout s’est bien terminé et les manifestants ont fini la marche devant la Maison Blanche. 

Quant aux accusations de « plate forme par et destinées aux femmes blanches privilégiés » dont a été accusé la démarche lors de son lancement, il était « difficile de trouver [une foule] plus diverse que la mixité du métro de new yorkais » constate le Boston Globe ce matin. C’est précisément cette diversité des origines sociales, géographiques, ethniques et générationnelles des manifestants qui sautait aux yeux samedi et qui a fait de cette journée un moment historique pour le pays.

l’évènement a reçu le soutien de nombreux sponsors, représentés tout au long du cortège, qui ont participé à l’immense succès de l’évènement: Planned Parenthood, l’association de lutte contre le réchauffement climatique, NRDC, ACLU, Human Rights Campaign, …

Aujourd’hui, Women’s March on Washington bénéficie d’un immense soutien populaire, de centaines de milliers d’abonnés, d’un programme idéologique et pratique de défense des minorités, des femmes, de l’environnement, et entend continuer le mouvement dans les prochains mois.

On vous tiendra bien entendu au courant.

Le kiosque du mercredi 18 janvier 2017

INAUGURATION WEEK

« Comment atteindre Trump »

Trump n’a pas vraiment changé ses habitudes depuis qu’il a été élu, et préfère rester isolé dans son bureau du 26ème étage de la Trump Tower, quelques étages en dessous son penthouse où il s’endort toujours chaque nuit, dans son jet et à Mar-a-Lago, sa propriété Palm Beach.

« Trump est un homme isolé, de plus en plus éloigné de ses électeurs » explique en couverture le Washington Post aujourd’hui, mais qui réussit à « rester omniprésent dans la vie américaine » en twittant plusieurs fois par jour ses millions d’abonnés et en donnant beaucoup d’interviews, par téléphone ou en tête-à-tête. 

Trump semble bien plus confortable en communiquant à travers une scène ou un écran – la télévision, Twitter, le téléphone – qui servent d’intermédiaire entre lui et son public. Ces outils servent à la fois de mégaphone et de bouclier et lui permettent de délivrer ses messages tels quels. Comme il utilise rarement ses emails et surfe peu sur internet, ses coups de téléphone, ses apparences télévisées et la proximité physique sont les seuls moyens de l’atteindre.

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Manning sortie du trou

New York Post – Edition du 18 janvier 2017

Wikileaks, propulsée sur le devant de la scène internationale en 2010 grâce à la diffusion des câbles diplomatiques américains de la guerre d’Irak et d’Afghanistan, fournis par un jeune soldat du renseignement, Bradley (devenu Chelsea) Manning, s’est réjouit de la grâce présidentielle qu’elle a obtenu du président Obama. L’organisation mène une campagne pour sa libération depuis sa condamnation par une cour martiale en 2013 à trente cinq ans de prison.
Un soldat qui trahit son pays, change de sexe aux frais de l’Etat, qui plus est en prison, avant d’être gracié par le président sortant n’a certainement pas plu aux Républicains, ni au New York Post ce matin

 

Snowden, deux ans de plus en Russie

Edward Snowden n’a pas eu la même chance, malgré la pétition de plus d’un millions de signatures donnée à Barack Obama vendredi dernier et le soutien des associations de défense des droits civiques, Human Rights Watch, Amnesty International et ACLU.
Interrogé sur la question par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, Obama a expliqué que pardonner Snowden pourrait donner l’exemple d’autres techniciens du renseignement à devenir à leur tour des lanceurs d’alerte en attendant une grâce présidentielle. Maigre récompense, la Russie a bien voulu renouveler son visa pour les deux prochaines années

Assange qui rêve d’être jugé aux Etats-Unis

Julian Assange qui commence sa cinquième année réfugié dans l’ambassade équatorienne de Londres sous peine d’être arrêté par les autorités suédoises et anglaises, malgré la demande des Nations Unies de mettre fin à la détention arbitraire du hacker australien, voudrait être extradé aux Etats-Unis pour y être jugésous l’administration Trump. Il est sous le coup dune enquête du FBI et le Département de Justice depuis six ans après les premières diffusions par Wikileaks de documents diplomatiques et militaires américains.
Assange s’est dit désormais « confiant de gagner un procès équitable aux Etats-Unis » – ce qui n’était pas le cas sous l’administration Obama.

https://twitter.com/wikileaks/status/821505178549493760

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Betsy DeVos a peur des ours

C’était au tour de Betsy DeVos hier de passer l’oral devant un comité de sénateurs avant d’être confirmé (ou non) ministre de l’éducation. La milliardaire philanthrope origine du Michigan qui a dévoué sa carrière à promouvoir et développer les « charter schools«  et autres initiatives privées dans l’enseignement primaire a promis de ne pas toucher au financement de l’enseignement public.
Durant son audience, elle a admis avoir donné plus de deux cent millions de dollars au parti républicain et être une adepte des armes à feu! Elle a affirmé qu’il appartient aux Etats et aux mairies d’autoriser ou non leur présence à l’école, et quand on lui a demandé son opinion personnelle, elle y est favorable pour se protéger de la faune environnante, en citant l’exemple d’une école élémentaire du Wyoming qui a un jour été attaquée par des ours.

Remarque qui a bien rire la presse.

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Les pauvres interdits de Junk Food?

Carte de Food Stamps de l’Etat de New York

Un article du New York Times, a repris les conclusions d’un rapport du Départment de l’agriculture (USDA) qui affirme que les populations défavorisées dépenseraient 10% des 74 milliards de dollars d’aides alimentaires (food stamps) qu’il reçoivent chaque année dans les boissons sucrées.
Marion Nestle, professeure de nutrition à New York University, interrogé par le quotidien, s’est dit « choquée » que SNAP, le Programme d’aide supplémentaire à la nutrition, soit utilisé comme « une subvention de plusieurs milliards de dollars du contribuable à l’industrie du soda ».

SNAP aide quarante trois millions d’Américains à se nourrir mais depuis des années, « des douzaines de villes, d’Etats et de groupes médicaux » appellent à une restriction du choix des aliments qui peuvent être achetés, notamment la junk food et les boissons sucrées. Des mesures qui n’ont jamais pu passer à cause de la pression de l’industrie agro-alimentaire et que l’USDA a jugé discriminatoires étant donné que le reste population achète presque autant de boissons sucrées (7% de leur budget alimentaire).

Mother Jones a critiqué l’article du New York Times qui ne ferait que  renforcer les clichés contre les « mauvaises habitudes » des populations pauvres.
Effectivement des sites comme Breitbart l’ont récupérer pour dénoncer la hausse de 30% des bénéficiaires de food stamps durant l’ère Obama (soit 10 millions de personnes), pour appeler à un contrôle de leur l’utilisation et dénoncer les profits engrangés par les banques qui servent d’intermédiaires entre les individus et le gouvernement.