27.10.17

 

1. SERIAL KILLER EN FLORIDE

 

  • Le serial killer de Tampa
    Pas sûr que les habitants de Tampa Bay en Floride aient envie de fêter Halloween ce week-end, et pour cause: Trois meurtres ont eu lieu depuis le mois d’octobre dans le même quartier de Seminole Heights avec le même modus operanti sur des victimes qui n’ont aucun lien entre elles. Cette année peu de maisons sont décorées, la police a demandé aux habitants de laisser leurs terrasses allumées, et des renforts devraient être déployées pour que les enfants puissent « Trick or Treat » en toute sécurité.
    Entre temps, de nouvelles vidéos d’un seul et unique suspect ont été diffusées par les autorités qui attendent l’aide de la population. Tampa Bay Times

 

 

 

 

  • Le Département de police de Chicago a été condamné à verser 44 millions de dollars de dommages et intérêts à un ancien flic, blessé d’une balle dans la tête par son coéquipier après une nuit de beuverie, et que ce dernier a tenté de faire passer pour un suicide. « Parce que le jury a noté que le CPD a des problèmes latents de discipline avec ses officiers, et n’a pas réussi à prévenir ce genre de dérapages, la ville de Chicago devra payer l’amende en plus des frais d’avocats du plaignant ». Oui, « justice a été rendue », mais à « quel prix » pour la ville et ses contribuables…Chicago Tribune

 

 

2. L’URGENCE DE SANTE PUBLIQUE

  • Comme prévu, le président a officiellement annoncé hier que la crise des opiacés sera désormais traitée comme une « urgence de santé publique »: sur l’ensemble du territoire. Le gouvernement va lancer une immense campagne de publicité pour convaincre les jeunes de ne pas toucher à la drogue: « Si tu apprends aux jeunes à ne pas consommer de la drogue, c’est très facile de ne pas en prendre » – sauf que les trois quarts des consommateurs d’héroïne ont commencé avec des anti-douleurs prescrits par leurs médecins. Pendant son discours, le président a évoqué l’alcoolisme de son frère aîné, dont il est mort en 1981 à l’âge de 43 ans, un évènement « traumatisant » qui l’a poussé à ne plus consommé une cigarette ou boire de l’alcool depuis. C’est l’une des rares fois où l’on a pu voir Trump évoquer un drame familial.
    Axios

     

  • Même si les médias relayent depuis des mois l’intensité de la crise, que le gouvernement vient de prendre des mesures symboliques nécessaires pour la confronter, la crise des opiacés continue sa progression: les Américains représentent 4,4% de la population mondiale et consomment 30% de la production totale des opiacés. Vox

 

  • Si les anti-douleurs prescrits par les médecins ont déclenché cette crise il y a vingt ans, la plupart des morts par overdoses sont causés par le Fentanyl, un opiacé de synthèse ultra-puissant mélangé avec de l’héroïne The New York Times

 

  • Hier, les autorités fédérales américaines ont arrêté le fondateur de la compagnie pharmaceutique Insys Therapeutics, John Kapoor, accusé d’avoir soudoyé des médecins pour qu’ils prescrivent leur médicament, le Subsys, qui contient du Fentanyl, généralement utilisé pour des malades atteints du cancer, à des patients qui n’en n’avaient pas besoin. Fortune

 

 

 

3. SNAPCHAT, LE RESEAU SOCIAL A VISAGE HUMAIN

 

  • La compagnie aux 173 millions d’utilisateurs quotidiens, dont l’action a baissé de moitié depuis sa capitalisation en mars dernier, a échappé aux scandales des fake news et autres ingérences russes pendant la campagne présidentielle et qui ont entaché depuis la réputation Facebook, Google et autres Twitter.
     

    Le secret? « Les humains » explique Nick Bell, le VP du contenu de Snapchat,
    « Nous ne travaillons qu’avec des médias crédibles et reconnus, et nous travaillons également un nombre important de producteurs, de créateurs et de journalistes ».

    Alors que Facebook brouille délibérément les frontières entre les mises à jour de statuts, articles, et publicités, qui sont toutes comprises dans le fil d’information géré par des algorithmes, celui de Snapchat est plus classique: La section actualité appelée « Discover » est limitée à du contenu créé par des professionnels y compris des chaînes tenues par des médias traditionnels (…)
    La plupart des revenus de Snapchat proviennent de publicités qui apparaissent dans des vidéos réalisées par des annonceurs, et la compagnie pense que le contenu fiable sera plus attractif pour le lecteur et les annonceurs.

     
    Amen.
    * « How Snapchat Has Kept Itself Free of Fake News »Businessweek

 

 

4. WEINSTEIN: LES LIMITES DU « NOTEBOOK DUMP »

  • Hier soir, je suis tombée sur un article du Washington Post intitulé « Pour les hommes, c’est le moment de se rendre compte. Les langues se délient. Qui sera le prochain » avec le montage photo de deux violeurs (Harvey Weinstein, Bill Cosby), trois pervers (Bill O’Reilly, Mark Halperin et Leon Wieseltier) et … Elie Wiesel, l’un plus des plus grands écrivains et philosophes américains, mort l’année dernière à l’âge de 87 ans.
    Je me suis empressé de lire l’article pour savoir quelles étaient les accusations lancées contre lui:

     

    Même George H.W. Bush et Elie Wiesel. Elie Wiesel! Une auteure Jenny Listman a expliqué cette semaine que l’écrivain, un survivant de l’holocauste et prix Nobel de la Paix, avait une fois, lors d’un évènement, posé [avec elle] et laissé sa main descendre jusque sur ses fesses »

     
    Le quotidien parle de « mains baladeuses » pour qualifier le geste de Wiesel. Pareil pour George W. Bush, accusé d’agression sexuelle pour avoir touché les fesses d’une actrice. Pour se justifier de parler de Bush et de Wiesel dans le même article que Weinstein et Cosby, les journalistes expliquent:
     

    Tous ces hommes ont eu tort. Maintenant est-ce qu’ils sont diaboliques? Les accusations se multiplient, et il faut maintenant savoir les différencier.
    En journalisme, on appelle ça le « notebook dump » qui consiste à mettre à plat tout ce qu’on lu, entendu, observé. Certains choses ne feront pas l’objet d’un article d’autres, si.

    Les Américaines sont en train de réaliser leur propre « notebook dump » dans des proportions sans précédent, révélant des anecdotes qu’elles ont gardé depuis l’enfance.

     
    Avant de finir en disant que « certains hommes ont besoin d’être éduqués, d’autres emprisonnés ».
    * « Who’s Next? A moment of reckoning for men – and the behavior we can no longer ignore »The Washington Post

 

  • Andrea Ruth de la revue conservatrice RedState n’a pas apprécié les accusations lancées contre Bush #41:
     

    Quand la nouvelle est tombée sur les abus sexuels, agressions et viols, commis par Harvey Weinstein plus tôt ce mois-ci, on n’a pas dû attendre longtemps pour que quelqu’un utilise le terme d’agression pour quelque chose de tellement inoffensif que ça finit par desservir ceux qui ont été effectivement agressés sexuellement.

 

 

5. FORT BOTOX

  • Businessweek consacre sa une au botox, cette substance miracle qui rajeunit les traits du visage, qui a généré 3 milliards dollars de revenus à l’entreprise pharmaceutique Allergan l’année dernière et qui est fabriqué avec l’une des substances les plus toxiques: la toxine botulique, produite par la compagnie est « une protéine dont les propriétés neurotoxiques en font le plus puissant poison connu » (Wikipedia) qui peut aussi servir d’arme chimique redoutable d’où les mesures de sécurité extrêmes et de confidentialité prises pour son transport, son stockage et sa gestion. 
    La journaliste a eu le privilège d’entrer à Fort Botox, et son aventure vaut le détour.
    * « The Wonder Drug for Aging (Made From One of the Dealiest Toxins on Earth) »Businessweek

 

 

 

6. ON VIT UNE EPOQUE FORMIDABLE

 

  • Selon une enquête de UCLA réalisée auprès de 1 535 enseignants: 79% d’entre eux rapportent que les élèves sont inquiets de leur bien-être et celui de leur famille à cause de l’actualité (immigration, santé, LGBTQ), 50% que plus d’étudiants sont angoissés et stressés. 27% affirment entendre davantage de remarques déplacés en cours – NPR

 

 

 

7. COUVERTURE

 

 

  • C’est la cover story de The Economist cette semaine, le règne sans partage de Vladimir Poutine sur la Russie:

    Dix-sept ans après être devenu président, son emprise sur la Russie n’a jamais aussi importante (…)
    Les réformateurs libéraux et traditionalistes conservateurs à Moscou parlent de lui comme le tsar du XXIème siècle. M. Poutine a gagné ce titre en sortant le pays du chaos des années 90 et lui en donnant une place sur la scène internationale. Alors que le centenaire de la révolution d’octobre approche, la pensée désagréable que M. Poutine à également les faiblesses du Tsar a fait surface (…)
    M. Poutine n’est pas le seul autocrate au monde. La domination autoritaire individuelle s’est répandue partout dans le monde ces quinze dernières années, souvent, comme Poutine, construit sur la base fragile d’une démocratie manipulée dans lequel le vainqueur emporte tout. C’est un pied de nez au libéralisme triomphant qui a suivi l’effondrement de l’Union Soviétique.

     
    * « A Tsar is born »The Economist

 

 

le kiosque du 07.04.17

 

 

  • Trump, commander-in-chief

    En l’espace de trois jours, Donald Trump est passé d’une condamnation timide de l’attaque chimique attribuée au régime syrien à une offensive des forces aériennes américaines en Syrie contre les bases d’Assad – une première pour les Etats-Unis en six ans.
     
    59 missiles Tomahawk ont été lancés depuis la mer Méditerranée contre l’une des six bases aériennes du régime pour détruire avions et munitions.
     
    Six personnes auraient été tuées dans l’offensive.

    L’objectif final serait de renverser Bachar Al-Assad tout en conservant le régime syrien pour éviter le même désastre irakien.
     

    C’est aussi la première fois, au 77ème jour de sa présidence que la nation et le monde voient Donald Trump comme le Commandant-en-chef. Il a avancé de manière décisive et rapide, mais est devenu aujourd’hui un acteur central de ce que Fareed Zakaria [journaliste de CNN] à qualifié hier, « d’une des crises internationales les plus compliquées que j’ai vu dans ma vie ».

     
    Selon Mike Allen de Axios, Trump aurait prévenu, en privé, depuis des mois, une réponse particulièrement sévère contre une éventuelle agression syrienne.
     
    La démarche d’hier lui a permis également de se différencier de son confrère russe, Vladimir Poutine, qui avait défendu Assad cette semaine, et qui dénonce aujourd’hui une « agression contre la souveraineté d’un Etat en violation avec les normes de la loi internationale ».
     
    C’est une démonstration de force de l’administration Trump qui prévient également l’Iran et la Corée du Nord qu’elle est prête à l’action si nécessaire, et contrairement à son prédécesseur, Barack Obama.

***

  • Une démarche risquée

    Il y avait beaucoup d’excitation hier soir et ce matin dans les rédactions et plateaux télé à l’annonce des frappes américaines en Syrie. Très vite pourtant les médias ont pointé les risques liés à cette attaque:
     
    * Celui de voir Poutine refuser une coopération avec les Etats-Unis pour garder la main-mise et ses bases militaires en Syrie et maintenir Assad.
     
    * Celui de perdre l’objectif principal des USA dans la région: Eliminer l’Etat Islamique. Si le régime syrien, et non pas Assad, s’effondre, l’organisation terroriste, qui recule en Irak, peut prétendre à un nouveau Califat en Syrie.
     
    * Donald Trump n’a pour le moment aucun plan précis pour l’avenir de la Syrie.
     
    Quant à Washington:

    La polémique tournait ce matin autour de la décision unilatérale de la Maison Blanche de déclencher une attaque aérienne sans avoir consulté le Congrès. Les Démocrates soutenaient majoritairement la décision de Trump mais ont tout de même insisté sur la nécessité de redonner cette prérogative au Congrès et de ne plus la laisser au président.

     
    Le sénateur McCain soutient la démarche du président Trump mais a parlé de « début de la fin » pour qualifier la position des Etats-Unis dans le conflit qui doivent maintenant trouver des solutions avec le reste de la communauté internationale, les Russes et surtout le régime syrien.
     
    Les Démocrates étaient également derrière Trump hier, à l’instar de Nancy Pelosi, la porte parole de la minorité démocrate à la Chambre des Représentants qui a parlé de « réponse proportionnelle à l’utilisation par le régime d’armes chimiques ».
     
    Hier soir l’administration est finalement entrée dans la coeur des grands.
     

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  • « Bannonistes » vs « Cuckservatives »

    Le départ de Steve Bannon du Conseil national de sécurité, annoncé mercredi, représente un tournant décisif et positif pour la présidence de Trump qui enchaîne depuis le 20 janvier revers politiques et polémiques jusque dans sa majorité – et dont il serait en partie responsable.
     
    L’ancien directeur de Breitbart News, arrivé sur le tard dans la campagne du candidat républicain, a certes aidé à sa victoire au mois de novembre mais il reste un « newcomer » dans l’orbite de Trump.
    Son départ de la Maison Blanche serait imminent mais difficile étant donné les alliés qu’il possède autour du président: Jeff Sessions, le ministre de la justice, Kellyanne Conway, Stephen Miller et Steve Mnuchin, Secrétaire au Trésor.

     
    Des fuites ont révélé cette semaine qu’il en « aurait marre de son job » et serait « prêt à abandonner » – des propos démentis à 100% par l’intéressé.
     

    Même pour cette Maison Blanche très belliqueuse, la mise sur le côté de Bannon a été brutale.
    De nombreux responsables ont incendié le conseiller du président auprès des médias, n’ont rien fait pour atténuer la perte de pouvoir de Bannon, et se sont délectés de voir Drudge [Report] et d’autres médias [de droite] commenter sa chute.

     
    La haine entre les « Bannonites » et les « modérés » menés par Jared Kushner et sa femme Ivanka, est intense et irréconciliable.

     
    Selon le Daily Beast, « les deux plus proches conseillers de Donald Trump se battent sans arrêt et souvent face-à-face, et ce serait même pire en privé ».
    Bannon aurait traité le gendre du président de « cocuservateur » (traduction de « cuckservative » = « cuckhold », ou cocu, et conservative) et de « mondialiste », les deux insultes préférées de l’alt-right.

     
    Un proche de Bannon aurait déclaré:
     

    Steve pense que Jared est pire qu’un démocrate (…) [Steve] a une vision précise de ce qu’il croit, et de ce qu’il partage avec Trump. Il voit depuis longtemps Jared comme un obstacle majeur à sa réussite.

     

    * « Steve Bannon calls Jared kushner a Cuck and Globalist behind his Back »Daily Beast

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  • O’Reilly, le boycott continue

    C’était le fil rouge de cette semaine: 57 annonceurs ont décidé de boycotter l’émission « The O’Reilly Factor » à la suite de l’article du New York Times paru le weekend dernier qui révélait les accusations de harcèlement sexuel dont le présentateur vedette de Fox News, Bill O’Reilly, a été l’objet, et les 13 millions de dollars que la chaîne a bien voulu payer pour acheter le silence des victimes.
     
    Malgré le soutien public du président et un démenti formel de l’intéressé, les compagnies ont décidé d’aller promouvoir leur produits sur d’autres émissions de la chaîne si bien que « The O’Reilly Factor » n’avait que 7 publicités hier soir contre 31 lundi – preuve que le boycott continue de grossir.
     
    La stratégie de la chaîne reste la même: ne rien dire pour
    1/ soit attendre que ça se passe,
    2/ soit garder les options ouvertes et l’éventualité d’un départ O’Reilly – tout de même peu probable.

     
    En attendant, la polémique est toujours vive sur les médias sociaux « où nombres de femmes partagent leur propre expérience de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail »: « Le hashtag #DropOReilly est devenu un forum de discussion pour les femmes »
     

    * « At Fox News, A Wall of Silence surrounds Bill O’ Reilly »The Washington Post 
    * « Uniting Agains BillO’Reilly, Women share stories of Workplace Harassment »The New York Times

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  • La guerre entre CNN et Fox News

    Les deux chaînes se sont affrontées cette semaine par scandales interposés:

    * CNN a très largement couvert l’affaire Bill O’Reilly, en a discuté longuement en début de semaine et tient même une liste de tous les annonceurs et les décisions pour lesquelles ils boycottent l’émission la plus regardée de la télé américaine, « The O’Reilly Factor ».
     
    La chaîne d’info en continu ne cesse d’évoquer le départ ou la fin du présentateur, a reçu l’une de ses accusatrices, la plupart des journalistes y sont allés de leurs commentaires, et l’un d’entre eux, Don Lemon a même interpellé O’Reilly dans « CNN Tonight »:
     

    Bill, nous avons parlé du scandale Susan Rice (…) Ca fait longtemps qu’on en parle dans cette émission. Et ce soir nous allons encore en parler. Il y a un autre scandale dont on va aussi parler ce soir, dans ce programme: les accusations de harcèlement sexuel contre toi. Alors allons-y

     
    De son côté Fox News accuse CNN de ne pas avoir accordé assez d’attention sur le rôle de Susan Rice, ancienne conseillère à la sécurité nationale de Barack Obama qui aurait déclassifié les noms des proches de Trump recueillis par les services de renseignements lors des écoutes réalisés dans le cadre de l’enquête sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles.
     
    Sean Hannity, l’un des « wackadoos » de Fox News a affirmé que « les médias de propagande alt-left décidés à détruire Trump » faisaient tout pour couvrir et déformer les preuves que l’ancienne conseillère d’Obama a utilisé des informations confidentielles à des fins politiques et réalisé des écoutes illégales sur des citoyens américains.
     
    A suivre.
     
    * « Fox and CNN go to war over O’Reilly »The Hill

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  • Couverture du Jour

« Le monde a peur de l’Amérique de Trump. C’est une bonne chose! »

L’élection de Donald Trump est considérée par beaucoup de Républicains comme un désaveu criant des Américains contre la politique étrangère de Barack Obama qui aurait affaibli et discrédité les Etats-Unis sur la scène internationale.

Dans une tribune publiée début décembre dans le New York Times, Mark Moyar, un historien de la guerre du Vietnam et directeur d’un think tank conservateur, The Foreign Policy Initiative se félicite de voir le monde trembler à nouveau devant l’Amérique de Donald Trump.

Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les relations internationales seraient dictées par la peur ou l’indifférence que suscite les Etats-Unis dans le monde et envers les autres pays. A chaque fois que l’Amérique est apparue inoffensive ou conciliante, elle l’a payé par un revers diplomatique ou l’agression d’une de ses zones d’influence.
L’historien donne plusieurs exemples:

  • En 1950, la Corée du Nord a envahi la Corée du Sud après que le président Truman (1945-53) ait décidé de retirer la Corée du Sud de son périmêtre de défense.
  • Lyndon B. Johnson (1963-69) a tenté d’éviter un guerre au Vietnam en attendant la même réaction du Nord-Vietnam qui a répondu en agressant le Sud du pays
  • La « timidité » du président Jimmy Carter (1977-81) aurait « précipité des nations dans le communisme » et la prise d’otage de l’ambassade américaine en Iran
  • « La passivité d’Obama devant les provocations et son incapacité à faire respecter « la ligne rouge » avec la Syrie [qui visait à prévenir l’utilisation d’armes chimiques sur les populations civiles et dont Assad s’est finalement servi pour tuer 1 500 personnes] ont mené la Russie, la Chine et d’autres adversaires à gagner du terrain aux dépens des Etats-Unis »

Au contraire, la « théorie du fou » développé par Nixon dans les années soixante-dix qui laissait croire aux chefs d’Etats étrangers qu’il était irrationnel et incontrôlable pour les dissuader de toute action contraire aux intérêts américains, a été efficace jusqu’au scanadale du Watergate.

« En 1980, comme en 2016, les Américains ont élu quelqu’un qui a été clair sur ses intentions d’effrayer les nations ennemies. Aujourd’hui même les Démocrates libéraux applaudissent Reagan pour avoir mis l’Union Soviétique à ses pieds [sic]. Pourtant, en 1980, les positions dures et nationalistes de Reagan sur la politique étrangère provoquait les mêmes condamnations de « belligérance » qui émanent des critiques éclairés un peu partout dans le monde à l’encontre de Trump.

Cette approche réaliste des relations internationales est partagée par de nombreux conservateurs, qui ont vivement critiqué ces dernières années l’attentisme, voire le désintérêt de l’Administration dans l’évolution géopolitique mondiale, et incapable de s’affirmer devant les « tough guys », Vladimir Poutine, Erdogan, ou récemment Duterte.

Pour ses défenseurs, Obama a réussi à faire économiser des milliards de dollars au Trésor américain et épargner les vies de milliers de soldats en refusant de s’engager dans des conflits majeurs à l’étranger; il a également redoré le blason des Etats-Unis sur la scène internationale, terni par huit ans de Bush Jr et ses slogans néo-conservateurs de « choc des civilisations » ou « d’axe du mal ». 

Pour Moyar, l’amour vache doit à l’avenir guider les Etats-Unis dans sa gestion des relations internationales et de l’ordre mondial:

En tant que pays le plus puissant au monde, et le seul dont le leadership peut sauver l’ordre mondial, les Etats-Unis doivent se soucier davantage du respect international qu’il inspire plutôt que de l’affection qu’il suscite auprès des élites  internationales. La future administration est obligée de retourner vers ce précepte après huit de sécheresse. Les Américains et leurs alliés devraient être soulagés. Les ennemis de l’Amérique ont le droit d’avoir peur.

Internationaliser la technique de bullying masteurisé par Donald Trump contre tous ses détracteurs ou critiques durant la campagne, et l’appliquer cette fois-ci à l’encontre des pays étranger et de leurs leaders, les effrayer pour mieux les contrôler, c’est une autre façon pour les Conservateurs américains « de redonner sa grandeur à l’Amérique ».

 

Le Kiosque du lundi 12 décembre

 

TRUMPLANDIA

Les conclusions « ridicules » de la CIA

Un weekend chargé: Il a qualifié de « ridicules » les conclusions du rapport de la CIA, révélées par le Washington Post vendredi, qui confirment que la Russie a voulu influencer les élections présidentielles américaines en faveur du candidat républicain.
La manager de campagne de Trump, Kellyanne Conway, devenue sa porte-parole, a défendu les propos de son patron, a affirmé qu’il respectait la communauté du renseignement (la CIA) mais a jugé « absurde » l’idée qu’une puissance étrangère aurait tenté de miner la campagne d’Hillary Clinton pour favoriser celle de Donald Trump, qu’il n’existait aucune preuve et que le Post n’avait pas de sources officielles sur lesquelles s’appuyer.

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Des Républicains agacés

Qu’en pensent les médias républicains, par ailleurs très excités par la tournure ultra conservatrice de la prochaine administration?
Dans le Wall Street Journal, les accusations d’une ingérence russe sont une « excuse de plus » – après le directeur du FBI James Comey, les fake news et le Collège Electoral – pour tenter de discréditer la légitimité de Donald Trump: « Cette nouvelle information est plus un jugement sur les motivations russes [de faire élire Trump] que du véritable renseignement ». En effet l’administration Obama avait publiquement accusé au mois de septembre des espions russes d’avoir piraté les emails du Comité Démocrate, diffusés par Wikileaks au mois de juillet. 
S’il existe des preuves d’une ingérence russe dans les élections américaines, il appartient aux agences de renseignements de les diffuser publiquement pour mettre un terme aux rumeurs.

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Une machination de l’Administration Obama?

John Bolton, actuel conseiller de Donald Trump et ancien ambassadeur américain aux Nations Unies avançait dimanche sur Fox News que les preuves selon lesquelles la Russie a tenté d’influencer les élections présidentielles auraient été fabriquées de toutes pièces par l’entourage de l’actuel président.
Toute cette histoire serait un « false flag », c’est-à-dire « une opération clandestine visant à apparaître comme si elle était menée par une autre personne que celle qui est en responsable »: L’administration Obama aurait piraté les ordinateurs du Comité National Démocrate et Républicain, et fabriqué des preuves pour accuser la Russie.
Selon Bolton, le fait que les services secrets américains ont des preuves que ce sont bien les Russes qui ont piraté les serveurs des Comités est LA preuve que les Russes ne peuvent pas être responsables – car ils ne se seraient jamais laissés prendre.

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La Déclaration conjointe de sénateurs républicains et démocrates

Devant ce scandale que beaucoup considèrent comme bien plus grave et dangereux que le Watergate – car il implique une puissance étrangère et pas n’importe laquelle – des sénateurs démocrates (Jack Reed de Rhode Island et Chuck Schumer de New York) et républicains (John McCain d’Arizona et Lindsey Graham de Caroline du Sud) ont réagit dimanche en publiant une déclaration commune et appelé à une enquête approfondie sur l’éventuelle ingérence russe.

Tout en protégeant les documents confidentiels, nous devons d’informer le public sur les récentes cyber-attaques qui ont frappé le coeur de notre société. Démocrates et Républicains doivent travailler ensemble, à travers les différentes juridictions du Sénat, pour examiner les récents incidents et formuler des solutions complètes pour prévenir et se défendre de nouvelles attaques. 
Cela ne doit pas devenir un problème partisan. Les enjeux sont trop importants pour notre pays. 

Politico rapporte ce matin que le représentant de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, celui là même qui avait refusé la mise en place d’une commission bi-partisane en septembre dernier pour enquêter sur les menaces de cyberattaques dénoncées par l’administration Obama, soutient désormais l’appel de ses collègues pour une enquête approfondie sur l’ingérence russe. « Evidemment, toute brèche étrangère dans nos mesures de cyber sécurité est inquiétant et je condamne fermement ce genre d’actions » a-t-il déclaré ce matin.

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Des grands électeurs veulent en savoir plus avant le 19 décembre prochain

Maintenant, c’est au tour des grands électeurs de demander toute la lumière sur les possibles liens entre la Russie et Donald Trump avant l’élection officielle du président lundi prochain. Huit grands électeurs démocrates et un républicain ont adressé ce matin une lettre à John Clapper, le directeur du renseignement national:

Les allégations selon lesquelles Donald Trump aurait reçu le soutien d’un pays étrangers pour gagner les élections remontent bien avant le jour du scrutin. Quand on lui a présenté des informations sur le fait que le gouvernement russe tentait de s’ingérer dans les élections, dans des réunions secrètes et dans des communiqués officiels, Donald Trump l’a rejeté, refusé de le condamner et continuer d’accepter leur aide. (…) La volonté de Trump de ne pas prendre en compte les conclusions faites par la communauté du renseignement et sa défense continuelle de la Russie et du président Vladimir Poutine demande l’attention et la délibération du Collège électoral.

 

La Russie peut-elle influencer les élections présidentielles américaines?

Selon Time magazine qui cite les renseignements et agences de sécurité américains, la Russie représenterait une menace sur les élections présidentielles du 8 novembre prochain.
Non pas comme certains l’ont avancé d’influencer directement le résultat des votes – les bulletins sont remplis électroniquement mais les machines ne sont pas accessibles via internet – mais en « créant de la confusion et de l’instabilité » le jour J.

Quelles « perturbations » ou « instabilités » pourraient bien craindre la première puissance mondiale ces quarante prochains jours?
Des hackers russes, « parmi les meilleurs au monde » tenteraient de pénétrer les bases de données des états, notamment ses listes électorales et registres de vote

Avec la Russie qui établit des têtes de pont aux Etats-Unis depuis le mois d’avril, les autorités s’inquiètent que dans les dernières semaines de campagne la cyber-capacité russe manipule les listes électorales, les systèmes de décompte électoral et les médias pour créer une confusion qui affaiblirait le prochain président et le processus démocratique.

Le FBI aurait alerté les états du pays d’éventuelles intrusions dans leurs systèmes d’élection, et jusqu’ici dix états en auraient été victimes.

Des employés du Département de Justice et parlementaires républicains et démocrates confondus appellent à confronter les Russes sur ce sujet mais le Conseil de Sécurité Nationale a prévenu le gouvernement de la « vulnérabilité » de certaines infrastructures du pays, telles que « le réseau électrique, le secteur du transport et les réseaux énergétiques » qui pourraient devenir la cible d’éventuelles attaques.
D’autres craignent que ce soient des compagnies privées, la bourse ou encore les médias en forme de représailles.

Time magazine - Edition du 10 octobre 2016: "Russia wants to undermine faith the US elections. Don't fall for it."
Time magazine – Edition du 10 octobre 2016: « Russia wants to undermine faith the US elections. Don’t fall for it. »

Barack Obama s’est entretenu personnellement avec Vladimir Poutine lors du dernier sommet du G20 début septembre pour s’assurer qu’il n’y aurait pas d’escalade de cyberattaques de la part de Russie et que le « cybermonde » ne devienne pas le « Wild Wild West »

Deux semaines plus tard, le « Comité de Renseignement » relié au Congrès et formé par huit parlementaires, avisés directement par les services de renseignements d’éventuelles menaces qui pèseraient sur le pays, a confirmé que « différentes agences de renseignements russes travaillaient main dans la main pour tenter d’influencer les élections », « de jeter le doute sur leur fiabilité » et « pourquoi pas leurs résultats ».

Les Etats-Unis ne seraient pas les seules victimes de cette guerre du cyber-espace. Depuis deux ans et demi, l’ingérence de la Russie dans les élections de pays étrangers se serait déplacé des pays de l’est vers ceux de l’Atlantique nord.

Pourquoi vouloir s’attaquer à des élections démocratiques?
Parce que selon Time magazine, Poutine est un chef autoritaire qui se battrait contre les principes démocratiques exportés en masse par les Etats-Unis et ses alliés.
Miner les élections de la première démocratique mondiale fragiliserait aux yeux du monde l’idée que des élections peuvent être libres et justes.

Surtout que Poutine a un terrain favorable en la présence de Donald Trump qui refuse d’accuser la Russie d’être derrière ces menaces alors que les services de renseignements lui auraient affirmé le contraire.

Le candidat républicain n’a cessé de dénoncer un système « truqué » durant toute la campagne.
Si des problèmes surviennent le jour des élections et qu’il perd, il n’hésitera pas à jeter le doute sur les résultats quitte à provoquer encore plus de ressentiments chez ses électeurs à l’encontre du système politique et électoral du pays.

Les parlementaires et les médias mettent en garde la population mais les autorités se veulent plus rassurantes.

Le chef du département de sécurité a affirmé que les élections étaient parfaitement sécurisées et que les 9 000 bureaux de vote utilisaient des machines qui n’était pas connectées à internet, un décompte sécurisé et rapportaient leurs résultats indépendamment, et que la plupart avaient des sauvegardes électroniques ou sur papier si nécessaire

Ces cinq prochaines semaines, les Etats-Unis vont donc essayer de renforcer leur système de sécurité électoral, surtout au niveau des états afin d’éviter tout incident le jour J.
Mais il reste aussi toutes ces informations confidentielles, piratées ces derniers mois aux agences gouvernementales et commissions partisanes, et dont certaines ont eu des conséquences sérieuses, à l’instar de celles du Comité Nationale Démocrate cet été.
Wikileaks a promis de rendre public des documents à charge contre Hillary Clinton et sa fondation.
Pourquoi une surprise d’Octobre avant la tornade de novembre?

The New York Daily News: « Lock Him Up »

Front page of the New York Daily News for July 28, 2016: Donald Trump on Wednesday urged Russian hackers to find the thousands of emails his Democratic rival Hillary Clinton erased from her private server. Critics accuse him of encouraging espionage and cyberattacks against the United States. LOCK HIM UP!
Front page of the New York Daily News for July 28, 2016: Donald Trump on Wednesday urged Russian hackers to find the thousands of emails his Democratic rival Hillary Clinton erased from her private server. Critics accuse him of encouraging espionage and cyberattacks against the United States. LOCK HIM UP!

« Enfermez le! » 

Dans un photomontage digne d’un James Bond, The New York Daily News appelle à des sanctions contre Donald Trump après sa conférence de presse où il a demandé l’aide de Vladimir Poutine afin retrouver les 30 000 emails « personnels » qu’Hillary Clinton a effacé de sa messagerie lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat – emails qui selon toute vraisemblance auraient du être saisis par le FBI dans le cadre de son enquête sur l’utilisation d’un serveur privée plutôt qu’un serveur sécurisé du gouevernement à Washington entre 2009 et 2013.

Des commentaires que les démocrates ont dénoncé comme un autre exemple de l’irresponsabilité de Donald Trump à exercer la fonctoin suprême.

Trump, « Le candidate moscovite »?

Depuis la fuite vendredi dernier d’une vingtaine de milliers d’emails impliquant les membres du DNC, le Democratic National Committee, en charge de l’organisation de la Convention démocrate qui s’ouvre aujourd’hui à philadelphie, de nombreuses figures du parti et certains experts informatiques dénoncent une manipulation du gouvernement russe pour tenter d’influencer les élections américaines en faveur de Donald Trump.

Depuis l’été dernier, Le comité a été victime du piratage de son système informatique mais l’information n’a été révélée qu’au mois de juin dernier par Le Washington Post qui affirmait que ces « hackers du gouvernement russe » auraient ciblé également les messageries de Hillary Clinton et Donald Trump – le porte parole du Kremlin, Dmitry Peskov, avait alors nié toute implicaiton du Kremlin dans cette affaires.

La seule diffusion des emails du Comité National Démocrate, vendredi 22 Juillet, jour de l’annonce du Vice-Président potientiel d’Hillary Clinton, qui révèlent les dissensions au sein de parti démocrate quelques jours avant l’ouverture de sa Convention, a été prise très au sérieux par l’Administration Obama qui y voit une tentative directe du gouvernement russe pour favoriser Donald Trump.

Le FBI a annoncé mardi matin l’ouverture d’une enquête pour tenter d’identifier les auteurs de ce piratage que Wikileaks a bien entendu gardé secret et aurait déjà confirmé l’implication d’agences russes d’espionnage.
La question est maintenant de savoir si ces entités ont agi sur ordre du Kremlin ou non.

L’idée que Vladimir Poutine veuille influencer les élections présidentielles pourrait sembler rocambolesque si le président russe et le candidat républicain ne s’étaient encensés l’un et l’autre ces derniers mois sur leur personnalité, leur idées politiques souvent anti-démocratiques, ou encore leur dédain pour l’OTAN. La fresque d’un artiste lithuanien de Vilnius a même caricaturé au mois de mai cette relation toute sauf froide entre les deux hommes qui s’embrassent comme l’avaient à l’époque le leader soviétique Brejnev et son homologue est-allemand Honecker.

La « Bromance » entre le milliardaire américain et l’ancien officier du KGB s’est construite depuis l’entrée en lice de Trump qui n’a jamais caché son admiration pour les dictateurs: Il lui a donné « A » pour « leadership », ne comprend pas le dédain que lui voue l’actuel président, et agirait en fonction d’un rapprochement que Poutine à lui aussi considéré si Trump était élu en novembre.
Le président russe a qualifié Trump « d’incontestablement talentueux » et de « brillant », un compliment qui semble, une fois n’est pas coutume, avoir profondément touché le candidat républicain.
La relation sans équivoque a poussé The Atlantic a se demander si Donald Trump n’était pas devenu « le candidat moscovite »?

En effet, les emails piratés du Comité National Démocrate n’ont fait que confirmer ce que tous les médias et partisans de Bernie soupçonnaient depuis longtemps, à savoir que le parti démocrate préférait voir leur représentante officielle, Hillary Clinton s’imposer dans les Primaires, plutôt que Bernie Sanders, qui a pris sa carte du parti l’année dernière après avoir été indépendant pendant 36 ans.
L’intérêt de cette fuite est de comprendre pourquoi elle arrive à la veille de la Convention démocrate alors qu’elle eu aurait davantage de répercussions au lendemain des primaires californiennes, qui ont consacré la victoire de Clinton, ou même le jour où Sanders a reconnu la victoire de sa rivale, deux semaines plus tard.

Il y a peu de doutes que Wikileaks ait voulu affaiblir le parti démocrate et Clinton avant son couronnement, et lorsque l’on connait l’inimitié entre Julian Assange et Clinton, on pourrait penser Wikileaks sert les intérêts de Poutine  en faveur de Trump autant qu’il assouvit les désirs de Vengeance du lanceur d’alerte.