Un parti républicain misérable

 

 

« Qu’est-ce qui est encore moins populaire que Donald Trump? A peu près tout ce que font Paul Ryan et Mitch McConnell » commente cette semaine Jonathan Chait dans une tribune du New York magazine.

 

Très critiques à l’égard du candidat républicain pendant les Primaires et la campagne de 2016, Paul Ryan, porte parole de la Chambre de Représentants, et Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, sont devenus en quelques mois, les avocats de la nouvelle administration et les complices de son programme « nationaliste économique », « America First ».

 

L’année dernière, Donald Trump a réussi le pari fou, sans aucune expérience politique et avec un passé démocrate, de remporter la candidature républicaine et gagner les élections présidentielles.
Une aubaine pour le Grand Old Party, après huit ans dans l’opposition, de mettre enfin en place un programme conservateur avec l’aide du président, d’une majorité au Congrès, d’une trentaine de législatures et de gouverneurs à travers le pays: l’abolition et le remplacement d’Obamacare (leur unique obsession depuis 2010), la réforme fiscale et la dérégulation de Wall Street

 

Sauf que Donald Trump a passé les quatre premiers mois de présidence à remplir son propre agenda, « America First », à coups de décrets présidentiels plus polémiques les uns les autres, pour satisfaire sa base électorale, la seule légitimité du président le plus mal-aimé de l’histoire du pays, dont l’administration est minée par les scandales et les critiques.
Et aucune importante législation n’a été votée par le Congrès.

 

Entre temps, les leaders du GOP ont tout accepté pour pouvoir faire avancer leur programme, quitte à remettre en cause les principes conservateurs et malgré les oppositions au sein de leur propre majorité.

 

Paul Ryan a affirmé que la travel ban contre les ressortissants musulmans « n’était pas une loi contre la religion », a précipité le passage de l’American Health Care Act devant la Chambre de Représentants sans attendre les conclusions du Comité du budget et a défendu « A New Foundation for American Greatness », la proposition fantaisiste et erronée du budget 2018 qui n’a rien à voir avec le conservatisme fiscal.

 

Mitch McConnell faisait lui partie des 22 sénateurs républicains, dont les campagnes sont financées par l’argent de l’industrie du pétrole et du gaz, qui ont envoyé une lettre ouverte au président fin mai, en lui demandant de se retirer de l’accord de Paris sur le climat.

 

Le GOP contemporain est aujourd’hui le seul parti majoritaire d’une démocratie occidentale à rejeter les conclusions de la science sur le changement climatique et à « s’opposer à l’assurance-maladie, comme principal bénéfice de la citoyenneté ».

 

Certes, le parti doit faire face à la réalité de la présidence de Trump et à l’importance de sa popularité auprès des électeurs républicains. Certes, comme l’avance Charlie Sykes, « le conservatisme américain est devenu anti-libéral, uni par la haine des médias et de la gauche ».

 

Mais que dire du renvoi du directeur du FBI, James Comey, de Sally Yates, la ministre de la justice par interim, des attaques incessantes contre les médias, contre la décision des juges de la cour d’appel fédéral (la travel ban), les critiques envers les pays alliés, notamment européens, l’Otan, le soutien sans failles à la Russie, le partage d’informations confidentielles avec des officiels russes dans le bureau ovale?

 

Comme en conclut Charles P Pierce dans Esquire:

Aujourd’hui, aucune personnalité influente du parti républicain n’est prête à dénoncer les désillusions de l’abruti dans son bureau ovale. (Rappelez vous son discours de jeudi, quand il a parlé de sa réforme fiscale qui passait facilement au Congrès? Il n’y a pas de réforme fiscale. Est-ce que quelqu’un lui a rappelé?). La réponse à ce genre de comportement à été jusqu’ici d’être complice des fictions de la Maison Blanche. Notre république est vraiment devenue bananière.

La citoyenne Clinton

 

Dans une interview inédite du New York magazine, Clinton revient longuement sur les raisons de sa défaite, sur la soirée dramatique, les réactions des supporters, les critiques des médias, la résistance contre la nouvelle administration, dans laquelle elle compte bien rester présente et active.

Le 8-9 novembre

  • Elle a été aussi étonnée que le reste de l’Amérique, du monde et même de la campagne de Trump lorsque les premiers résultats sont sortis.
  • Le rituel de la défaite:

    Ca été dévastateur (…) J’ai juste pensé à traverser cette épreuve avec le plus de dignité et d’intégrité possible, en me disant qu’on aurait tout le temps de comprendre ce qu’il s’est passé, mais que pour le moment, il fallait passer ce rituel de la défaite: Quand j’étais sûre d’avoir perdue, appeler Trump, appeler Obama, penser à quoi dire le lendemain …
    Il fallait que je passe par cela avant de me dire « Qu’est ce qu’il s’est passé », et pouvoir être colère énervée, être déçue et avoir l’impression d’avoir abandonné tout le monde.

     

  • Elle a reconnu sa défaite seulement le lendemain car il fallait le temps écrire un discours que personne n’avait préparé. Un discours qu’elle a voulu plus agressif et optimiste à la fois pour encourager la nouvelle génération de filles à continuer de se battre.

 

L’inauguration

  • Elle était toujours dans cette posture de perdante quand elle a assisté à l’investiture de Trump

    C’était dur, très difficile (…) Mais à ce moment là on pensait encore qu’il aurait un programme de gouvernement différent de celui de la campagne. 
    Au contraire, il a réaffirmé à tous ses supporters les plus fidèles qu’il resterait le même. « Un carnage dans notre pays » [les propos de Trump pour qualifier la situation des Etats-Unis après huit ans d’Obama] C’était assez choquant. 
    J’ai surpris Michelle Obama qui se demandait ce qu’il se passait. J’étais assise à côté de George et Laura Bush, et même nous ne sommes pas du même bord politique, nous étions atterrés.

     

 

La défaite

  • Elle assume « personnellement » la responsabilité de la défaite:

    « J’étais la candidate, j’étais la personne sur le bulletin de vote. Je me rends compte des défis, problèmes et des insuffisances que nous avons eu. »

     

  • Reste que, selon elle, et comme l’avait avancé le journaliste Nate Silver, « si les élections avaient eu lieu le 27 octobre avant l’annonce de la réouverture de l’enquête sur ses emails, [elle] serait aujourd’hui la présidente. »
    Des propos raillés par de nombreux journalistes de tous bords dont certains ont été particulièrement violents.

 

  • Le livre « Shattered » sorti en avril explique la défaite du 8 novembre par des « dissensions internes catastrophiques », une candidate en dehors de la réalité et une équipe conflictuelle qui a transformé « une victoire possible » en « désastre titanesque »:

    Une campagne passive-agressive qui négligé les avertissements des démocrates sur le terrain dans les swing states, qui a ignoré ceux qui lui conseillaient de travailler davantage à convaincre les indécis (travailleurs blancs et millenials) plutôt d’essayer de mobiliser ses supporters.

     

 

L’ingérence russe et Wikileaks

  • Clinton affirme avoir sous estimé l’impact de Wikileaks qui a diffusé pendant tout le mois d’octobre des emails de son directeur de campagne, « inoffensif, inintéressants, sans importance » mais présentés quotidiennement comme des révélations dans tous les médias.

    Et puis vous avez Trump, dans le dernier mois de campagne, qui parle de Wikileaks quelque chose comme 164 fois; vous avez tous ses mignons partout, et les médias alt-right qui enveniment les choses …

 

  • Sur l’ingérence russe et la réponse des parlementaires.

    L’histoire jugera ceux qui sont au Congrès aujourd’hui et la façon dont ils répondent à ce qui a été une attaque contre le pays. Ce n’était pas le genre d’attaque horrible, une attaque physique comme le 11 septembre ou Pearl Harbor, mais c’est l’attaque d’un adversaire agressif qui essaye depuis plusieurs années de saper notre démocratie, d’influencer notre politique et même nos élections.

 

Le facteur féminin

 

  • En entrant en campagne en 2016, Clinton pensait que le fait d’être une femme poserait moins de problème qu’en 2008. Or les commentaires sur internet et les médias sociaux, ont révélé qu’il y avait toujours ressentiment très profond sur le genre qui n’avait pas été résolu.

    Une femme compétente qui rate une opportunité contre un homme incompétent n’est pas une surprise électorale qui a mal tourné, c’est le quotidien de l’Amérique.

     

  • Clinton raconte que lors du second débat présidentiel, avoir Trump qui rode derrière elle a été l’une des situations les plus difficiles de la campagne « parce que ce qu’il faisait est tellement pernicieux. Me suivre, me scruter. »
    Elle aurait voulu se retourner et lui de dégager mais c’est justement ce qu’il voulait.

    Je l’ai vu détruire toute l’opposition républicaine qui a essayé de le confronter lors des débats, et il réagissait avec tellement de mépris. Il aurait gagné des points et j’en aurai perdu

     

 

Le soutien de ses supporters

  • Clinton explique que partout où elle va, quelqu’un se met à pleurer. Pas seulement après les élections mais « encore aujourd’hui, dans les restaurants, dans l’avion, dans les épiceries, dans les bois, les gens font la queue pour prendre des selfies, pour l’embrasser, pour se réconforter »

    Je n’ai jamais vu cela. Ca ne s’arrête pas (…) Parce que les gens sont profondément meurtris.
    Effectivement ce sont surtout des femmes. Mais les hommes l’expriment autrement. Les hommes me disent « J’ai voté pour vous et je ne comprends pas ce qu’il s’est passé ».
    Mais pour les femmes qui m’ont soutenu ou qui se sentent coupables de ne pas l’avoir fait, pas parce qu’elles ont voté pour quelqu’un d’autre mais qu’elles n’ont pas voté.

     

 

 

Le futur

  • La victoire de Trump a provoqué un électrochoc qui est « incroyable » avec la marche, les protestations, la résistance.
  • Grâce à l’argent soulevé pendant la campagne, elle à créé une nouvelle organisation, Onward Together, pour “resister, insister, persévérer, et s’inscrire.”
    Il s’agit non seulement de financer l’opposition au gouvernement Trump mais aussi préparer la relève, former les femmes à être candidate avec Emerge America (13 000 d’entre elles ont déjà franchi le pas), sensibiliser les jeunes à la politique avec Run for Something.
  • Elle compte également réitérer le message adressé aux jeunes filles lors de sa défaite:

    Vous êtes importantes et puissantes et vous méritez toutes les opportunités que le monde a à offrir. Notre futur dépend de cette croyance. N’ayez pas peur de vos ambitions, de vos rêves, et même de votre colère. Ce sont des forces utiles. Soyez intelligentes, essayez, échouez, essayer à nouveau, et restez attachée à vos valeurs, et n’abandonnez pas.

SB4: la loi qui divise le Texas

 

Le Texas, historiquement républicain mais réputé pour sa tolérance envers les populations immigrées et celles en situation irrégulière, est devenu le premier Etat américain à adopter une ligne aussi dure en matière d’immigration, inspirée par la nouvelle administration, qui divise violemment la population et les politiques.

 

  • Lundi après midi, le Capitole de Dallas a été envahi par des centaines de milliers de manifestants venus s’opposer à la loi « SB4 » votée quelques semaines plus tôt par le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, contre les villes sanctuaires de l’Etat

 

  • La loi « Senate Bill No.4 » (SB4) sanctionne les polices locales des villes et des campus universitaires dits « sanctuaires » qui demandent à leurs officiers de ne pas:
    • Demander le statut légal d’une personne arrêtée ou en détention
    • Signaler à l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), les agents d’immigration fédéraux, le statut illégal d’un immigré qui arrêté ou en détention
    • Aider les agents d’immigration fédéraux (ICE) en leur livrant un individu arrêté en situation irrégulière, ou en arrêtant des individus qui sont sous le coup du « Immigration Detainer Request » – un mandat d’arrêt.
  • Les sanctions contre les shérifs et policiers locaux qui refusent de coopérer avec l’ICE peuvent être financières (1 000 dollars pour une première offense et 25 000 dollars pour des violations supplémentaires), professionnelles (perte de son emploi) et pénales (prison).
  • La loi devrait être appliquée à partir du 1er septembre.
    Une plainte a déjà été déposée par le ministre de la Justice du Texas pour confirmer cette loi. Les associations de défense des libertés ont elles demandé son annulation auprès des tribunaux.
Flyer de Texas AFL-CIO diffusé avant le vote de la loi SB4 en février 2017
  • Les latino-Américains représentent 39% de la population du Texas: c’est la communauté la plus importante après la Californie.
  • Les autorités estiment à 1,5 millions, le nombre d’immigrés en situation irrégulière, dont 80% sont nés au Mexique et 42% d’entre eux sont propriétaires de leurs maisons, c’est-à-dire bien intégrés dans leur communauté.
  • « Le grand boom économique des années 90 et 2000 de l’Etat (« Texas Miracle ») aurait été inconcevable sans l’apport de travailleurs mexicains entrés illégalement sur le territoire. »
  • Le Texas, contrairement à la Californie ou l’Arizona, a toujours été tolérant envers cette communauté: En 2001, avec le Texas Dream Act, le Texas est devenu le premier Etat à offrir des bourses universitaires quel que soit le statut légal des étudiants.
    « La loi était perçue comme un investissement pour l’avenir de l’Etat et avait reçu le soutien des Républicains ».
  • L’afflux d’immigrés mexicains a considérablement baissé, l’économie du Texas a ralenti et les préoccupations sécuritaires dominent aujourd’hui le discours politique.

 

  • Les villes sanctuaires du Texas sont principalement Austin et Dallas et Houston

 

  • Lundi, les centaines de manifestants habillés en rouge ont interrompu pacifiquement la dernière session parlementaire de la saison avec des chants et des bannières contre ces lois « anti-immigration »
  • Un parlementaire républicain a appelé les agents fédéraux d’immigration (ICE) pour qu’ils évacuent les manifestants et « déportent » ceux en situation irrégulière
  • Une provocation qui a failli se terminer en bagarre générale entre parlementaires démocrates et républicains qui se sont bousculés, insultés et menacés.

 

Les chiffres désastreux des prisons aux Etats-Unis

 

C’est la cover story de The Economist cette semaine: Un constat alarmant sur la faillite de la justice pénale et du système carcéral aux Etats-Unis, l’une des sociétés démocratiques les plus répressives au monde, dont la situation pourrait encore s’aggraver avec la nouvelle administration

 

 

  • Le système carcéral américain est le plus important au monde: Plus de deux millions de prisonniers, dont la moitié sont Afro-Américains.
  • Les prisons et le système des libertés conditionnelles coûtent chaque année 80 milliards de dollars au gouvernement fédéral.
  • Les Etats-Unis représentent 5% de la population mondiale mais 25% de la population carcérale mondiale.
  • Les Etats-Unis ont 7 fois de prisonniers que la France, 11 fois plus que la Hollande et 15 fois plus que le Japon.

 

  • La « guerre contre la drogue » lancée sous Richard Nixon a engendré une « incarcération de masse » pendant plusieurs décennies jusqu’à l’élection de Barack Obama: Entre 1980 et 2008, le nombre de prisonniers est passé de 500 000 à 2,3 millions. 
  • La réforme de la justice pénale mise en place par Eric Holder, le ministre de la justice de Barack Obama, qui a permis de diminuer ce nombre pour la première fois en trente ans, vient d’être annulée par son successeur, Jeff Sessions: Ce dernier a demandé aux juges d’appliquer sanctions et peines minimum avec le plus de sévérité possible – malgré le consensus des Démocrates et 
    Le nombre de prisonniers devrait donc augmenter à nouveau.

  • Les USA emprisonnent ses citoyens pour des délits qui ne méritent pas la prison comme la possession de drogues, prostitution et imposent des condamnations très dures pour des infractions mineures
    La loi dite « Three Strikes, you’re out », la « loi des trois coups » votée en 1994 sour Bill Clinton, peut condamner à la prison à vie un prévenu condamné pour un troisième crime ou délit.
  • L’incarcération de masse brise des familles, empêche les anciens détenus d’obtenir un emploi (à cause de règles fixées par les Etats) et aurait contribué à augmenter de 20% le taux de pauvreté aux Etats-Unis.
  • A retenir:

    Arrivé un certain point, les coûts de l’incarcération dépassent les bénéfices.
    Les prisons sont chères – les complexes doivent être construits, les gardiens payés, les prisonniers nourris. Les détenus, enfermés, ne peuvent ni travailler, ni soutenir leur famille, ni payer des impôts. L’argent dépensé dans les prisons ne peut être dépensé dans d’autres programmes qui pourraient essayer réduire la criminalité, en engageant davantage de policiers, en améliorant les écoles dans les quartiers défavorisés.
    Et surtout, enfermer des mineurs peut les rendre plus dangereux en les laissant côtoyer des criminels.

 

  • Un budget minimal consacré à la réhabilitation des détenus et des politiques très disparates entre les Etats.
  • 5% des prisonniers américains ont accès à un programme de réhabilitation.
  • L’excellent documentaire d’Ava duVernay 13th est à voir absolument pour comprendre la relation entre racisme, emprisonnement des Afro-Américains et l’explosion des prisons aux Etats-Unis ces quarante dernières années. 

 

En diplomatie, « Trump agit comme un touriste bourré »

 

Les Médias américains étaient unanimes durant ce week-end: Le voyage à l’étranger de Trump à été une catastrophe pour les relations entre les Etats-Unis et l’Europe. 

 

  • « Une catastrophe » politique:
    • Il a été extrêmement conciliant avec l’Arabie Saoudite à qui il a réitéré un soutien sans précédent et promis de « ne pas donner de leçon » alors que le pays soutient depuis des décennies une vision intolérante de l’islam et offre un soutien financier et logistique clandestin à Daech et d’autres groupes sunnites radicaux de la région. La défaite de Daech est l’une des promesses de campagne du président.
    • Il a été volontairement défiant envers les membres de l’OTAN en refusant de réaffirmer l’article 5 qui garantit la défense mutuelle contre toute attaque extérieure même si le chef de la sécurité nationale, H.R.McMaster affirme le contraire.
      Il les a également critiqué « pour ne pas payer ce qu’ils devraient payer ».
    • Il a refusé de réitérer son engagement envers l’Accord de Paris sur le climat contrairement aux six autres pays du G7 qu’il a visiblement irrité.

 

  • Les conséquences
    • Angela Merkel l’a bien compris hier en affirmant que « l’Europe devait prendre en main son destin » et pourraient signaler un « changement potentiellement sismique dans les relations trans-atlantiques » selon le New York Times.
      Jamais les relations entre l’Allemagne et les Etats n’avaient été au plus bas.
    • Emmanuel Macron a affirmé que la fameuse poignée de main n’était pas anodine et qu‘il n’avait aucune intention de se laisser intimider par le président américain.
      Par ailleurs il a symboliquement rappelé son soutien à Angela Merkel, en l’embrassant avant de serrer la main Trump à Bruxelles le 25 mai dernier.
    • Pour Ivo H. Daaler, ancien ambassadeur américain de l’OTAN: « C’est la fin d’une époque, celle où laquelle les Etats-Unis dirigeait et l’Europe suivait. »
    • Le président Trump a voulu satisfaire son électorat américain plus que les chefs d’Etat alliés et a suivi les propos tenus en campagne.

 

  • « PR Nightmare »: Trump a aussi enchaîné les gaffes
    • La vidéo de Trump qui bouscule le Premier Ministre du Montenegro.
    • Le « bras de main » perdu contre Emmanuel Macron.
    • La réprimande publique contre les membres de l’OTAN qui ne payent pas leur dû – Dixit un chantre de la gruge fiscale.
    • Le statu quo concernant l’accord de Paris sur le climat, pimenté par tweet digne de The Apprentice, son ancienne émission de télé-réalité: « J’annoncerai ma décision cette semaine ».

 

  • Des médias américains dépités et enjoués.
    • Ceux qui soutiennent le président pensent qu’il a fait un travail formidable à l’instar du New York Post, qui salue une performance « claire, concise et disciplinée » et un « succès remarquable » à l’étranger.
    • Breitbart était satisfait de voir Merkel furieuse mais aimerait que Trump retire pour de bon les Etats-Unis de l’accord de Paris, comme il l’a promis lors de la campagne.
    • Joe Scarborough, conservateur et présentateur de l’émission politique quotidienne, « Morning Joe » sur MSNBC:

      Le voyage de Donald Trump a été le pire pour les intérêts américains depuis le désastreux sommet de Vienne entre JFK et Khrouchtchev en 1962

    • Ce matin, Joan Walsh, correspondante à The Nation:

      [Donald Trump] a battu celle qui aurait dû être la première femme présidente [des Etats-Unis] mais il a propulsé une femme à la tête du monde libre.
      Parce que c’est Angela Merkel désormais. Il a abdiqué.

    • Un représentant du Département d’Etat a déclaré sous couvert d’anonymat au Daily Beast :

      Quand il s’agit de diplomatie, Trump se comporte comme un touriste bourré. Beauf et bruyant, qui prend toute la place sur la piste de danse et qui marche sur les pieds des autres sans s’en rendre compte. Complètement inefficace.

Jared Kushner: le gendre idéal en eaux troubles

 

 

  • Jared Kushner, 35 ans, gendre de Donald Trump, ancien propriétaire de l’hebdomadaire The New York Observer et ancien président de l’entreprise familiale et immobilière, Kushner Companies, est devenu le conseiller politique le plus proche du président, dont les principales missions sont la paix au Moyen Orient et la modernisation du gouvernement fédéral américain.

 

  • Il est suspecté dans l’enquête du FBI sur d’éventuelles collusions entre les proches de Trump et les Russes pendant la campagne présidentielle à laquelle il a activement participé: Selon le Washington Post, il aurait demandé à l’ambassadeur russe début décembre 2016, d’instaurer un canal de communication secret entre l’équipe du président-élu et le Kremlin pour éviter d’être surveillé par les services de Renseignements américains.

 

  • L’image du gendre idéal, new yorkais libéral et modéré, qui avait les faveurs des médias est en train de se dissoudre au fur et à mesure des révélations et articles peu flatteurs:
    • Début mai, le Washington Post révèle que Kushner Companies essaye de convaincre des hommes d’affaires chinois d’investir dans un de leurs projets immobiliers du New Jersey en échange du « Golden Visa », un visa spécial offert à ceux qui investissent aux Etats-Unis. Le nom de Jared Kushner et Donald Trumps sont mentionnés durant le séminaire présenté par la soeur de Kushner à Pékin – et fermé aux journalistes.
    • Jared Kushner aurait gardé entre 167 et 569 millions d’actifs et propriétés au sein de Kushner Companies même s’il affirme avoir tout vendu avant d’entrer au gouvernement. Il en aurait effectivement vendu
    • « La carrière de Kushner dans le monde redoutable de l’immobilier new yorkais » est similaire à celle de Donald Trump: des banqueroutes, des connexions familiales et amicales qui le sauvent in extremis, des tactiques douteuses, et un appétit pour la vengeance.
      « Mais comme son beau-père, Jared est en train de se rendre compte que le monde des affaires est différent de celui de la politique et de Washington. »

 

  • Selon le New York Times, « la relation entre Kushner et Trump, la plus stable dans une West Wing très instable » est de plus en plus tendue pour différentes raisons:
    • C’est Jared Kushner qui aurait convaincu Trump de virer le directeur du FBI au mauvais moment, provoquant l’une des pires crises de la jeune présidence.
    • Les luttes d’influence entre Jared Kushner, le « globalist » et Steve Bannon, partisan du « nationalisme économique » au sein de la Maison Blanche ont alimenté les rumeurs et les fuites qui ont inondé les médias durant les premiers Cent Jours du président.
    • L’épisode de Pékin a « violé deux règles: Politiquement, en allant contre la politique d’immigration, et personnellement, car Kushner Companies a fait de l’argent sur le dos de Trump – un péché généralement d’une expulsion immédiate de son orbite. »
    • Le président n’a plus de problème à critiquer publiquement son gendre.

 

  • Les Démocrates ont demandé dimanche à ce que la « Security Clearance », l’habilitation à obtenir des informations confidentielles, lui soit retiré et ont demandé à l’interroger directement.

 

Le Kiosque du 19.05.17: Les défis de Trump à l’étranger; Le fantôme de Flynn; Richard Spencer

 

Au sommaire, ce vendredi 19 mai 2017
Bon anniversaire à mes parents, Jean-Noël & Muriel pour leur 44 ans de mariage.

1. Comment Préparer Trump à l’étranger
2. Les défis du président pour son premier voyage officiel à l’étranger
3. Le fantôme de Flynn
4. Les supporters de Trump ne suivent pas l’actualité
5. The White Supremacist: Richard Spencer
6. Le reste de l’actualité

 

 


1. Comment Préparer Trump à l’étranger

  • Les médias américains sont inquiets pour le premier voyage à l’étranger de Donald Trump: huit jours, cinq pays (Israël, Arabie Saoudite, Italie, le Vatican et la Belgique) et des dizaines de réunions inquiètent les proches du président qui n’aime pas voyager et qui chérit ses habitudes, notamment celle de dormir à la Maison Blanche (ces quatre derniers mois), dans la Trump Tower ou dans l’un de ses hôtels.
  • Des précautions ont été mises en place pour rendre ses déplacements les moins pénibles possibles:

Quand le président va s’asseoir pour dîner en Arabie Saoudite, son repas favori – un steak avec du ketchup – sera servi aux côtés de plats locaux. A l’OTAN et pour le sommet du G7, les délégations étrangères savent que Trump préfère les présentations courtes avec des visuels. Pour chacune de ses étapes tout au long du voyage, son équipe a passé des semaines à trouver des moments de répit dans son emploi du temps surchargé.

« Worldwide effort st to keep Trump happy on 1st trip abroad » – AP

 

  • Des conseils pour les leaders étrangers:

Faites court, n’imaginez pas qu’il connaît l’histoire de votre pays ou ses problèmes majeurs. Complimentez-le sur sa victoire pour le vote du collège électoral, et comparez le favorablement par rapport à Barack Obama. N’abordez pas ce qu’il a dit durant la campagne. N’arrivez pas avec une liste de questions mais avec un marché facile à conclure.

* « Tips for Leaders Meeting Trump: Keep it Short and give him a Win » – The New York Times

 

 

 


2. Les défis du président pour son premier voyage officiel à l’étranger

  • Merci Axios pour un récapitulatif des objectifs du président Trump pour chaque étape de son voyage et les questions en suspens de Politico:
Axios
  • Arabie Saoudite (20-21 mai): Discours sur l »Islam + Rencontre avec le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud.
    Appel à la paix dans le monde musulman + lutte contre le terrorisme
    Est-ce qu’il utilisera le terme « terrorisme islamique radical »
  • Israel (22-23 mai): Visite du mur des Lamentations + Rencontre avec Netanyahou 
    Meilleur allié de Trump à l’étranger, Netanyahou n’était pas très content du partage d’informations confidentielles entre Trump et les Russes.
  • Territoires occupés (23 mai): Processus de paix israélo-palestinien + Rencontre avec Mahmoud Abbas.
    L’une des promesses de campagne de Trump: Résoudre le conflit israélo-palestinien avec l’aide de son gendre, Jared Kushner, un juif orthodoxe
  • Vatican (24 mai): Rencontre avec le pape François.
    Trump a qualifié le pape de « honteux » l’année dernière. Espérons qu’il représente un plus dignement les Etats-Unis
  • Belgique, Bruxelles (24/25 mai): Sommet de l’OTAN et réunion avec les 28 pays membres.
    Réaffirmer l’engagement des USA dans l’OTAN et demander aux pays de payer leur contribution
  • Italie (26/27 mai): Sommet du G7
    Réassurer les alliés sur la capacité de Donald Trump a être président.

 

 

 


3. Le fantôme de Flynn

PHOTO ILLUSTRATION BY ELIZABETH BROCKWAY/THE DAILY BEAST
  • Aucun proche de Donald Trump ne lui a donné autant de fil à retordre que Michael Flynn, ancien lieutenant général de armées et ancien patron de la Defense Intelligence Agency, d’où il a été viré par Barack Obama en 2013 à cause de ses problèmes managériaux et le peu d’égard donné aux faits – son surnom était « Flynn Facts ».

 

  • Trump a nommé Michael Flynn, conseiller à la Sécurité Nationale, l’un des postes les plus importants de son administration, sachant que ce dernier:
    • Avait fait du lobby fin 2016 pour une entreprise turque liée au gouvernement de Erdogan et empoché un demi million de dollars
    • Il était sous le coup d’une enquête fédérale à cet effet.
    • Il ne s’était pas enregistré comme « agent étranger » auprès du Département de la Justice.
    • Barack Obama avait vivement conseillé à Trump au lendemain de sa victoire de ne pas lui faire confiance pour un poste à responsabilités

 

  • Son mandat n’a duré que 24 jours mais les conséquences vont continuer à faire sentir pendant longtemps dans et en dehors de la Maison Blanche car:
    • Durant la période de transition (nov. 2016 et jan. 2017, le général Flynn s’est opposé à la demande de l’administration Obama de signer un plan visant à armer des forces syriennes kurdes pour prendre la ville de Raqqa aux mains de Daech – un choix semble-t-il influencé par le gouvernement turc qui refusait de voir les opposants kurdes se renforcer militairement contre Ankara.
    • Il a rencontré le ministre des affaires étrangères turc en septembre pour discuter la livraison d’un dissident turc exilé aux Etats-Unis Fethulah Gulen et écrit dans The Hill au lendemain de la victoire de Trump que Gulen était « mollah islamique louche » qui devait être livré à la Turquie.

 

  • Comme le rappelle le NYTimes, « les accusations de connivence entre des membres de la campagne de Trump et les espions russes ont compliqué la prise de décisions stratégiques sur la Russie » et en partie à cause de Michael Flynn
  • Le 29 décembre 2016, date à laquelle Barack Obama a imposé des sanctions contre la Russie pour son ingérence dans les élections présidentielles, Michael Flynn était au téléphone avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak en lui promettant qu’elles seraient rapidement levées.
  • Mr Flynn a publiquement menti sur le contenu de ses discussions au vice-président, malgré les alertes de la ministre de la justice par interim de l’époque, Sally Yates. Ce n’est que les révélations du Washington Post qui vont obliger le président à demander la démission de son ami, Michael Flynn.
  • Le lendemain de sa démission, Trump a demandé à Comey de laisser tomber l’enquête qui pourrait incriminer Flynn, et quelques semaines plus tard, lui a envoyé un mot soutien, « Sois fort! »

 

  • « The Ghost of Michael Flynn » – The Atlantic
    « Turkey stopped Military plan Turkey opposed after being paid as a Foreign Agent » – McClathyDC
    « The Damage Mike Flynn Has Done to American Foreign Policy » – The New York Times

 


4. Les supporters de Trump ne suivent pas l’actualité

Photograph by Charlie Neibergall / AP
  • « Les loyalistes de Trump disent qu’ils ne savent pas, ne croient pas ou se foutent des révélations explosives qui ont forcé le département de Justice à nommer un procureur spécial pour enquêter sur les possibles collusions entre la Russie et la campagne du candidat républicain. »

     

  • C’est la seule force et légitimité du président alors que 61% des Américains pensent être malhonnêtes: La loyauté et le soutien des supporters de Trump n’a pas vacillé depuis son élection et son investiture, quels que soient les scandales qui ont éclaboussé la Nouvelle Administration depuis presque quatre mois.

 

  • Tout le brouhaha médiatique n’a pas convaincu ces électeurs de New York, Iowa, Géorgie qui ont pris le parti de soutenir le président et attendent de lui qu’il applique son programme conservateur – au ralenti ces deux dernières semaines à cause du Comey Gate.
    Certains dénoncent l’irresponsabilité des médias à attaquer l’administration qui fragilise le pays tout entier.

 

  • Beaucoup de ces supporters sont toujours très remontés contre l’ancienne adversaire De Trump, Hillary Clinton, qui aurait un choix bien pire que le milliardaire new yorkais.

 

  • Vox qualifie cette attitude de « ignorance volontaire« , une « force très puissante dans la politique américaine » et l’une des clés pour comprendre pour est-ce que « le discours politique peut être aussi irrationnel »: La politique n’a rien avoir avec les faits mais repose sur le partage d’une même réalité et la tendance intellectuelle à protéger notre appartenance politique plutôt que d’aller rechercher les faits.

 

 

 

 


5. The White Supremacist: Richard Spencer

  • Il appartient à cette génération d’extrême droite qui connait un regain d’attention grâce au nouveau président, celle qui promeut sans complexe la supériorité de la race blanche d’origine et de culture européenne opposée au multiculturalisme et à la Démocratie.

 

  • La première fois qu’on a entendu parler de lui, c’était l’année dernière, peu après l’élection de Trump, lors d’un dîner organisé à New York où des participants ont été photographié en train de faire le salut fasciste.
    On l’a ensuite vu se faire taper dessus en marge de la cérémonie d’investiture à Washington le 20 janvier dernier: deux poings dans la figure à deux reprises qui ont fait le tour d’internet, et l’ont rendu un peu plus célèbre.

 

  • Il dirige un think tank d’un seul employé, lui-même, appelé « National Policy Institute » qui cache un programme dédié à la survivance et à la supériorité de la race blanche symbolisée par l’empire romain, qu’il voit comme le sanctuaire de tous les Européens du monde entier.

 

  • Il se considère aujourd’hui comme une figure médiatique grand public
  • Pour le magazine Jacobin il représente un phénomène ancien assez commun: le raciste bien éduqué et financièrement à l’abri, un mélange de racisme et d’élitisme blanc ».
  • « His Kampf » – The Atlantic

 

 

 


6. Le reste de l’actualité

  • Antarctique: Reportage multimédia époustouflant sur la fonte de la calotte glaciaire en Antarctique – The New York Times 
  • Implosion: Un rapport du « Shorenstein Center on Media, Politics and Public School » de Harvard conclut que 41% de la couverture médiatique des éditions imprimés du NYTimes, WSJ, WaPo, et les chaînes d’info CBS, CNN, Fox News et NBC étaient consacrées à Donald Trump durant les cent premiers jours, trois fois plus que les anciens président.
  • Washington: James Comey a essayé tant bien que mal d’éviter tout « contact inapproprié » avec Donald Trump pour le convaincre de laisser tomber l’enquête sur les collusions entre son équipe de campagne et les Russes: Le président a sorti le grand jeu, dîners, réunions et même une embrassade devant les caméras. – The New York Times
  • Médias: A lire l’hommage de Bill O’Reilly à Roger Ailes, ancien patron de Fox News, décédé hier matin. Les deux hommes ont construit le formidable succès de la chaîne d’information câblée pendant près de 20ans et les deux ont été virés pour des accusations de harcèlement sexuel à quelques mois d’intervalle. – USA Today
  • Le groupe de hackers « The Dark Overlord » collecte illégalement les informations de patients des cliniques médicales et dentaires du pays pour les vendre ou les diffuser sur internet – Birmingham News

Le Kiosque du 17.05.17: ComeyGate2.0: Chronologies & Recurrences; Les Républicains paniquent; Etats-émojis d’Amérique; Apple Park

Au sommaire ce mercredi 17 mai 2017

1. ComeyGate 2.0: Une chronologie et des récurrences
2. Les conservateurs: « The Monthy Python Movement »
3. Violences de la garde rapproché de Erdogan à Washington
4. Les Etats-« emojis » d’Amérique
5. A l’intérieur de l ‘Apple Park

 

***

1. « La plus longue semaine de l’histoire de la politique américaine »

La plus importante crise de cette jeune administration rassemble trois éléments récurrents:
* les fuites des agences de renseignements et de la Maison Blanche aux journalistes ont joué un rôle essentiel pour dévoiler
* Les erreurs et mensonges de Donald Trump, dont il est le seul responsable,
* Une équipe de communication abandonnée

Travaux pratiques sur les évènements de ces deux dernières semaines:

  • Mardi 09 mai 2017 – Le ComeyGate
    Renvoi brutal du directeur du FBI (par lettre officielle), James Comey en pleine enquête du Bureau sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles américaines et l’éventuelle collusion du Kremlin avec des proches du candidat républicain.
    Les justifications de Donald Trump/Sarah Sanders: Il a suivi les recommandations de Rod Rosenstein, ministre adjoint de la justice, qui ont conclu que Mr Comey ne peut diriger efficacement le Bureau.
  •  Mercredi 10 mai 2017 – Les autorités russes dans le bureau ovale
    • Rencontre entre l’ambassadeur russe à Washington,Sergey Kislyak et le Ministre des Affaires Etrangères, Sergei Lavrov et le président Trump à la demande de Vladimir Poutine, à la Maison.
      Les journalistes russes sont autorisés a assisté à la rencontre dans le bureau ovale mais les journalistes américains sont tenus à l’écart.
    • New York Times: Donald Trump aurait demandé à trois reprises à James Comey l’assurance de sa loyauté, ce que ce dernier a refusé.
    • New York Times: James Comey aurait demandé davantage de moyens pour continuer l’enquête sur l’ingérence russe dans les élections à Rod Rosenstein et au Sénat.
  • Jeudi 11 mai 2017 – L’interview vérité
    Donald Trump admet (interview donnée à NBC) qu’il a décidé de renvoyer Comey parce qu’il refuse de lâcher l’enquête sur la campagne présidentielle
  • Vendredi 12 mai 2017 Les « tapes » 
    • Donald Trump menace James Comey (via Twitter) s’il venait à révéler des informations compromettantes à la presse sous peine de ressortir « des enregistrements » qu’il semble avoir gardé de ses discussions avec lui.
    • Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche ne nie pas, ni ne confirme l’existence de ces enregistrements en conférence de presse.
  • Lundi 15 mai 2017 – Les révélations du Washington Post:
    Le quotidien révèle que Donald Trump a partagé des informations ultra-confidentielles lors de sa rencontre avec les autorités russes la semaine d’avant.

    Informations concernant les menaces terroristes de Daech qui ont été transmises par Israël
    Le général McMaster, secrétaire à la Sécurité Nationale, nie les échanges
  •  Mardi 16 mai 2017 – Le « mémo de Comey », LE SMOKING GUN?
    • Trump confirme (via Twitter) avoir discuté de la lutte contre le terrorisme avec les Russes dans le bureau comme sa position de président l’y autorise.
      Ces infos ultraconfidentielles ou « code words » ont été fournies par Israël.
    • The New York Times: Trump aurait demandé au directeur du FBI, James Comey, de mettre fin à l’enquête fédérale sur le général Michael Flynn le lendemain de sa démission du poste de conseiller à la sécurité nationale: Il a menti au vice-président Mike Pence sur la nature de ses discussions avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak, le 29 décembre 2016, le jour où le président Obama a annoncé les sanctions contre les Russes pour s’être ingéré dans les élections présidentielles.
      Sally Yates, ministre de la justice par intérim, a prévenu fin janvier le président des mensonges de Mr Flynn et ce dernier n’a rien fait jusqu’aux révélations du Washington Post qui détaillent le 9 février le contenu des discussions de Flynn et Kislyak: la levée des sanctions imposées par Obama sur la Russie.
    • Les Démocrates et médias parlent d’une obstruction de justice qui a peu de chances de mener à la destitution du président.
    • Le mémo de Mr Comey mentionne également l’emprisonnement des journalistes qui publient des informations confidentielles
  • Mercredi 17 mai 2017 :
    • Rod Rosenstein, le ministre adjoint de la justice, a nommé hier un « conseiller spécial », Robert Mueller, ancien directeur du FBI, pour poursuivre l’enquête du FBI sur l’ingérence russe dans les élections, et répondu aux demandes des Démocrates.
      Pas sûr que cet homme intègre, et ami de James Comey soit une bonne nouvelle pour Donald Trump, qui a exprimé sa frustration ce matin

 

  • La revanche du Comey n’est pas terminéeDétaché des contraintes de confidentialité lié à son statut au sein de FBI, Comey peut désormais parler librement et il pourrait avoir d’autres révélations contre le président.

 

  • La saga Comey dans les journaux américains

***

2. Les conservateurs: « The Monthy Python Movement »


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  • Le Wall Street Journal qui a été plus que patient avec le président depuis son investiture, voire son élection était dubitatif ce matin:

    La présidence de Trump n’a été qu’une succession de turbulences, ce qui semble être ce qu’il recherche. La dernière en date concerne le partage de renseignements confidentiels avec les Russes – et quel que soient les détails de cet incident, toute présidence ne peut traverser qu’un certain nombre de turbulences avant de voler en éclats (…)
    Des millions d’Américains sont au courant des travers de Trump mais ont pensé qu’il valait le risque. Ils ont pensé, ou espéré qu’il assumerait les exigences de sa position. S’il en est incapable, il va trahir leurs espoirs et sa présidence se noyer devant leurs yeux

     

  • John Podoretz du New York Post n’y va pas de main morte:

    Aujourd’hui tout ce qu’on peut dire sur Donald Trump, c’est qu’il est un mauvais président – en partie parce qu’il ne peut s’empêcher de se créer des problèmes, de son propre chef.
    Oui les médias sont contre lui, et les Démocrates veulent sa peau. Mais tous ceux qui veulent trouver des excuses au président parce qu’il est mal traité à Washington et serait desservi par son propre staff ignorent le fait principal: qu’il est train de bousiller la situation politique comme personne ne l’avait fait auparavant.

    Ce n’est que le 117ème jour d’une présidence qui est censée en compter 1 460.
    Mais après les blessures sidérantes auto-infligées de ces deux derniers jours, il n’est pas irraisonné pour la première fois de se demander s’il n’a pas déjà servi la majorité des jours qu’il était censé servir.

     

  • National Review est plus modérée en attaquant l’hystérie collective qui s’est emparée des Démocrates et médias mainstream contre la Russie:

    Biensûr la meilleure chose serait d’avoir un président qui ne fait pas d’énormes bourdes avec la Russie. Ce n’est pas le cas. Mais en essayant de créer la panique ou des scandales pour le destituer, les anti-Trump s’imaginent défendre l’Amérique contre une force chrétienne et fasciste pourrait endommager la capacité du président à gérer des crises bien plus sérieuses.

     

  • Cette fois-ci, selon Politico, « les Républicains auraient atteint le point de non-retour avec Trump ». C’est la menace la plus grave que rencontre aujourd’hui Donald Trump depuis le fameux enregistrement de « Access Hollywood » et à l’époque il n’était pas président.

 

***

3. Violences de la garde rapproché de Erdogan à Washington

  • Les images sont d’une violence inouïe, et elles n’ont ni lieu en Turquie, en Corée du Nord ou même en Russie mais aux abords de la Maison Blanche. Hier un groupe de militants et manifestants kurdes s’étaient rassemblés à Washington pour la première rencontre officielle entre le président turc Erdogan et Donald Trump.
    La garde rapprochée de Erdogan s’est violemment attaquée aux manifestants, malgré la présence policière et aucun des agresseurs ne semble avoir été arrêté.

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4. Les Etats-« emojis » d’Amérique

  • Axios a transformé les figures de Chernoff en emoji pour rendre compte de la situation des Etats du pays: Voir le graphique interactif ICI

    Axios
  • Pour comprendre les codes 
    • La couleur de peau correspond au nombres des gens qui ne sont pas assurés: plus c’est vert, moins il y a d’assurés et plus c’est jaune, plus les habitants sont couverts par une assurance santé
    • Les Sourcils: Plus ils penchent de chaque côté, plus le taux de chômage est important
    • Les yeux: plus ils sont gros, plus les taux de diplôme chez les plus de 25 ans est important
    • Les cernes: Ceux qui en ont le plus sont ceux dorment le moins
    • La bouche: Plus elle est grande, plus l’indice de pauvreté est important
    • Le menton: Plus il est visible, plus le taux d’obésité sera important
  • On en déduit qu’il fait bon habiter dans le Vermont, le Minnesota, le Massachusetts, Hawaï et généralement le Nord Est des Etats-Unis. Tous les états du Sud sont en petite forme: La Floride, La Géorgie, Alabama, Mississipi, Louisiane, Oklahoma, Texas.

***

5. A l’intérieur de l ‘Apple Park

  • C’est la « cover story » de Wired magazine ce mois-ci: Le nouveau campus de Apple construit aux alentours de Cupertino en Californie et l’un des projets architecturaux les plus impressionnants de ces dernières années: « pas les immeubles de bureaux qui deviennent rapidement ennuyeux » mais quelque chose de nouveau, « le meilleur office du monde » confié à l’excellent Norman Foster.
  • C’est une immense boucle de huit bâtiments, de 461 mètres de diamètre d’une superficie de 260 000 m2, haute de quatre étages disposant de trois sous-sols qui peut accueillir jusqu’à 12 000 employés sur 260 000 m2.
    C’est la dernière grande obsession de Steve Jobs qu’il a imaginé pour l’avenir de sa compagnie et l’un des défis les plus ambitieux de Apple.
  • Présentée par Jobs devant le conseil municipal de Cupertino en juin 2011, dernière apparition avant son décès au mois d’octobre suivant, le projet de « Apple Park » a été accepté a l’unanimité en octobre 2013. Le projet, évalué à cinq milliards de dollars a mis trois ans à être construit (2014-17) et les premiers employés ont commencé à s’installer ce mois-ci.
  •  Pourtant le projet de cinq milliards de dollars est de plus en plus critiqué sur plusieurs points:
    • Architectural: « Un cocon rétrograde pour le Los Angeles Times ou « une réserve snob et isolée en contradiction avec l’école urbaniste branchée du siège social »
    • Social: La structure rigide de Apple Park « ne peut s’adapter aux éventuelles évolutions des façons de travailler. Autre point important: Il n’y a pas de garderie.
  • * « Campus: An exclusive Look inside the Mothership » – Wired

 

***

 

6. Le reste de l’actualité

  • Politique: Atmosphère lourde & irrespirable à la Maison Blanche, Trump est sombre et amer, ses conseillers tétanisés, même Jared Kushner est visé par les critiques. The New York Times
  • Médias: « Jimmy Fallon était au sommet du monde jusqu’à ce que Trump soit élu ». L’humour potache et apolitique de cet ancien membre de Saturday Night Live n’a pas résisté à l’atmosphère ultra-politisé de l’Amérique de Trump qui s’est supplanté par des « woke »comédiens et anciens disciples d’un humour bien ironique de politique de Jon Stewart: Jon Oliver, Seth Meyer, Samantha Bee – The New York Times
  • Cinéma: Michael Moore est en train de réaliser un documentaire sur la présidence de Donald Trump intitulé « 11/9 » (le « 09 novembre », lendemain des élections présidentielles américaines et clin d’oeil à son autre documentaire sur la présidence de George W. Bush, « Fahrenheit 9/11 ») produit par les frères Weinstein – Variety
  • Mode: le combishort (« rompers ») pour les frat-boys (fils à papa américains antipathiques, propres sur eux, souvent misogynes et qui parlent fort) – New York Post
  • Armée: Chelsea Manning sort de prison aujourd’hui. Elle avait été arrêté en 2010 après avoir fourni à Wikileaks des 700 000  câbles diplomatiques sur la guerre en Irak et en Afghanistan. Barack Obama a transformé a réduit sa peine de 35 ans de prison à seulement sept ans et un changement de sexe. – Reuters

 

Le kiosque du 14.05.17: ComeyGate & les Conservateurs; Spicer sur la sélette? Sessions veut emprisonner l’es US; Twin Peaks, le fais divers

 

Aujourd’hui, c’est a fête des mères aux Etats-Unis!
Bonne fête à toutes les mamans!

Au sommaire de ce dimanche 14 mai 2017

1. ComeyGate: Ce qu’en pensent les Républicains
2. ComeyGate: Ce qu’en pensent les médias conservateurs
3. ComeyGate: Ce qu’en pensent les supporters du président
4. La fin de Sean Spicer et des briefings de la White House?
5. Jeff Sessions: Vers une incarcération de masse?
6. Le fais divers qui a inspiré Twin Peaks

 

***

 

1. ComeyGate: Ce qu’en pensent les Républicains

  • Les conseillers du président se font très discrets en cette fin de semaine, surtout après la cacophonie qui a suivi le renvoi de James Comey: Le président a contredit son porte parole qui affirmait qu’il avait suivi les recommandations de l’adjoint du ministre de la Justice, Rod Rosenstein et affirmé qu’il avait pris la décision, seul, depuis longtemps car « Mr Comey ne faisait pas bien son travail » – celui de diriger l’enquête du FBI sur d’éventuelles collusions entre son entourage et les Russes qui étaient d’ailleurs invités en grande pompe avec leurs journalistes dans le bureau ovale mercredi.
    Seul Trump est apparu sur … Fox News hier soir.

 

  • Un silence très lourd des Républicains.
    Heureusement pour le président, les Représentants étaient retournés cette semaine dans leur circonscription, ce qui leur a permis de ne pas avoir à commenter sur l’actualité brûlante de leur leader.
    Si les figures du parti ont défendu le limogeage de James Comey mardi après midi, ils se sont tus sur la déconfiture qui a suivi le limogeage, les cafouillages de Sean Spicer et Sarah Huckabee, respectivement porte-parole et son adjoint, l’interview de Donald Trump dans lequel il a avoué avoir viré Comey pour sa gestion de l’enquête qui le concerne et menacé de supprimer les conférences de presse de la Maison Blanche.

 

***

2. ComeyGate: Ce qu’en pensent les médias conservateurs 

 

  • Les médias conservateurs
    Les journalistes ont été les plus critiques sur le comportement du Commander-In-Chief et ses conséquences, sur Fox News, notamment.
    Chris Wallace, un vétéran de Washington et l’un des journalistes les plus respectés de la chaîne d’info parle de « la semaine la plus incroyable qu’il ait couverte » dans la capitale. Ce qui l’a le plus choqué: Les allégations du président selon lesquelles il enregistrerait tout ce qui se passe dans le bureau ovale, ces fameuses « tapes ».

    [Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, interrogé sur ces propos hier vendredi après midi en conférence de presse] aurait pu dire non.
    Il aurait pu dire oui.
    Il a dit qu’il n’avait rien à dire la-dessus. C’est le refus de démentir.
    Peut-être que le président fait marcher la presse et qu’il n’y a rien au bout du compte.
    Mais pourquoi faire cela?
    Pourquoi vouloir rabaisser la crédibilité de la Maison Blanche qui est déjà bien amochée.

     

     

    Charles Krauthammer, l’un des commentateurs conservateurs les plus respectés :

    [Il y avait la possibilité] d’une sortie en grâce (…)
    Au lieu de cela, nous avons eu ceci – un meurtre politique, brutal, même aux normes de Washington. Pas de dernière entrevue, ni de lettre de démission, de remerciements présidentiels, de séparation cordiale. Pourquoi?
    Trump s’inquiète de plus en plus de l’enquête sur l’ingérence russe durant les élections sous l’autorité du très médiatisé Comey.
    Si Trump a pensé qu’il allait étouffer l’affaire, ou la ralentir, il a fait la bévue du siècle.
    Virer Comey n’aurait pas pu attirer davantage d’attention sur le rôle de la Russie.
    Ca n’arrêtera pas l’enquête du FBI.
    Et les séances pour confirmer son successeur [devant le Sénat] vont devenir un forum télévisé sur les accusations de collusions, qui n’ont été jusqu’à présent qu’un scandale à la recherche d’un crime.
    Pourquoi a-t-il agi ainsi?
    On sait pourquoi: Le roi a demandé si quelqu’un pouvait se débarrasser de ce prêtre gênant, et incapable d’être patient, il l’a fait lui-même.


    Chris Stirewalt
    parle sur Fox News d’une « situation très inquiétante »:

    La plupart des supporters de Donald Trump semblent inconscients ou réticents à confronter la situation actuelle. Juste parce qu’on dit que le comportement des Démocrates face à Trump est hystérique ne signifie pas que Trump a raison (…) L’approche incohérente d’un scandale susceptible de mettre la présidence en danger n’est ni la faute de son staff, ni les mensonges de la presse, ni celle des Démocrates. C’est surtout la faute d’un président qui refuse fermement de soutenir son équipe, de montrer du respect pour la séparation des pouvoirs ou avoir de la patience.

    Les commentateurs de Fox news se contentaient eux de dénoncer l’hystérie des Démocrates.

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3. ComeyGate: Ce qu’en pensent les supporters du président

Data: SocialFlow; Chart: Andrew Witherspoon / Axios
  • En attendant, l‘affaire Comey semble avoir peu changer l’opinion de supporters de Trump, visiblement peu intéressés par les évènements de cette semaine: « Washington tremble et le pays de Trump baille ».
    Le scandale de la semaine a fait la une des journaux traditionnels mais est resté plutôt « froid » sur Facebook

    comparé à d’autres polémiques comme l’investiture du président, l’annulation de Trumpcare en mars dernier, la démission du général Flynn début février ou la « travel ban » – en trois mois seulement!

 

***

4. La fin de Sean Spicer et des briefings de la White House?

 

  • Autre conséquence de l’affaire Comey: Donald Trump menace de supprimer les conférences de presse quotidiennes de la Maison Blanche assurées par son porte-parole, Sean Spicer, et son adjointe, Sarah Huckabee, parce que les journalistes seraient trop hostiles envers eux.
    Il a confirmé ces propos lors d’une interview avec Jeanine Pirro sur Fox News diffusée samedi soir et proposerait de répondre aux questions des journalistes, lui-même, deux fois par mois.

 

  • Petite recap de cette folle semaine dans Saturday Night Live avec l’apparition de Donald Trump (Alec Baldwin), Sean Spicer (Melissa McCarthy) et même son adjointe Sarah Huckabee Aidy Bryant).


***

5. Jeff Sessions: Vers une incarcération de masse?

Jeff Sessions lors du Thank You tour en décembre 2016 à Mobile, Alabama.
AP Photo/Brynn Anderson
    • Les Républicains et Donald Trump l’avaient promis durant la campagne: Détruire autant que possible l’héritage de Barack Obama, que ce soit l’assurance santé, les mesures de protection de l’environnement ou encore la réforme de la justice.

 

    • Dans ce domaine, Trump a nommé l’un de ses proches et plus fervents supporters, Jeff Sessions, ancien gouverneur d’Alabama, qui a annoncé un retour du programme très controversé, inefficace et coûteux de « la guerre contre la drogue », mis en place durant les années 80 et 90, qui a condamné et envoyé en prison des centaines de milliers d’Américains, essentiellement afro-américains, pour des délits mineurs, notamment ceux liés à la drogue.

 

    • Eric Holder, ministre de la justice de Barack Obama (2009-2015) a réformé cette approche très agressive de la justice en limitant les peines encourues pour la consommation et détention de drogues douces et des délits mineurs et en insistant sur l’importance de la prévention par rapport à la répression systématique.

 

    • Le nouveau ministre de la justice a effectué un retour en arrière vendredi et demande désormais aux procureurs fédéraux d’appliquer la loi le plus fermement possible, quels que soient les délits, en utilisant les peines minimum obligatoires.
      Une décision plutôt bien accueillie par les magistrats mais critiquée par les associations de défense des libertés civiles (ACLU, Black Lives Matter), les Démocrates et même de nombreux conservateurs dont les très puissants frères Koch, grands donateurs du Parti Républicain.

 

  • Mr Holder était furieux du retrait de sa réforme appliquée depuis 2013 qui a permis de désengorger les prisons du pays – les Etats-Unis ont la première population carcérale au monde:

    La réforme annoncée aujourd’hui n’est pas plus dure envers la criminalité, elle est plus bête (…) C’est une approche idéologique destinée à réprimer qui n’a réussi à engendrer que des peines de justice longues injustes imposées à tort et à travers et qui n’ont rien apporter à long terme à la sécurité publique.

    * « Sessions moves to lengthen drug sentences » – Politico

 

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6. Le fais divers qui a inspiré Twin Peaks

 

 

    • Le meurtre remonte au mois de juillet 1908 dans la communauté balnéaire de Sand Lake, dans le nord de l’Etat de New York. La jeune Hazel Irene Drew a été vue pour la dernière fois seule à la tombée de la nuit sur une route isolée et retrouvée morte, le crâne fracturé, quatre jours plus tard dans le lac situé à proximité.
      Le meurtre a attiré à l’époque l’attention des médias du pays, notamment celle du Washington Post, mais n’a jamais été élucidé et aurait pu retomber dans l’oubli si Mark Frost, le créateur de Twin Peaks, n’avait passé ses vacances, enfant, dans le hameau de Taborton, à quelques kilomètres seulement de Sand Lake.

 

  • Ce dernier raconte que la mort de la jeune Hazel est rentré dans le folklore local comme un avertissement aux enfants de la région de ne pas aller dans les bois la nuit au risque de rencontrer le même sort.

    « J’ai entendu des histoires sur Hazel toute mon enfance car elle aurait hanté le lac » et « c’est un peu d’où vient l’histoire de Laura [Palmer, l’héroïne de Twin Peaks] ». L’idée que le corps de cette fille a été retrouvé à côté de l’eau, le mystère qui reste entier, les nombreux suspects, et tous ces gens qu’elles fréquentaient qui venaient d’horizons économiques et sociaux différents ».

    A l’époque, les enquêteurs avaient identifié plusieurs suspects mais n’ont jamais réussi à identifier l’assassin ou obtenir des aveux.

    Un sage m’a un jour dit que le mystère est l’un des plus importants ingrédients de la vie pour la raison suivante: le mystère créé l’enchantement qui provoque la curiosité, qui est le terrain propice qui et ce que nous sommes vraiment

    * « Hazel’s brutal murder was all but forgotten. Until she inspired « Twin Peaks » – The Washington Post

 

***

L’info dans le reste du pays

  • Les Représentants républicains californiens font profil bas depuis le vote de l’American Health Care Act – tous ont voté pour – mais c’était sans compter leurs adversaires démocrates bien décidés à exploiter ce choix pour les battre aux élections de mi-mandat en 2018. Via Los Angeles Times

 

  • Le seul endroit aux Etats-Unis où l’on peut obtenir un Master en « Yoga Studies »? Los Angeles – Via Los Angeles Times

 

  • Recrudescence de requins en Californie mais qui sont plus facilement repérables grâce aux outils technologiques, genre drones, smartphones et caméras – The Orange County Register

 

  • Michelle Obama est très en colère contre la décision de Donald Trump d’annuler un programme fédéral destiné à offrir des repas plus équilibrés aux élèves des cantines scolaires. – Chicago Tribune

 

  • Une charter school de Boston a interdit à ses étudiantes de porter des extensions capillaires, les fameuses tresses africaines, des extensions très populaires dans la communauté afro-américaine. L’administration en a déjà suspendues plusieurs des équipes sportives de l’établissement ou encore de la fameuse « prom » de fin d’année. Une « hair policy » que les parents dénoncent comme raciste. – Boston Globe

 

  • L’appellation certifiée bio, dite « organic » aux Etats-Unis, aurait été donnée à des importations de maïs et de soja qui ne l’étaient pas – Washington Post

Le kiosque du 05.05.17: Trumpcare passe au forcing: Républicains damnés en 2018? ACLU mène la Résistance + Les « sad dads »

Happy Friday. C’est Cinco de Mayo, fête nationale mexicaine, aujourd’hui et il pleut des cordes à New York.
On s’intéresse au vote de l’American Health Care Act, prémices d’un retour en fanfare des Démocrates aux élections 2018 tant la loi est impopulaire, sauf pour le Wall Street Journal.
On s’intéresse également à l’ACLU qui est devenue le chef de la Résistance contre Trump et enfin à cette nouvelle tendance des « sad dads ».

Bon Weekend!

 

 

  • Un vote précipité et de justesse.

    L’American Health Care Act est passée de justesse hier à 217 voix contre 213 (tous les Démocrates et 20 votes républicains ont voté non) à la Chambre des Représentants du Congrès Américain.
    L’AHCA a été remaniée jusqu’à mercredi soir et le vote maintenu au lendemain après midi alors que certains Représentants n’ont même pas eu le temps de lire la proposition, sans attendre les conclusions du CBO (Congress Budget Office) sur son coût ou sur le nombre de personnes qui perdraient leur assurance maladie – le chiffre de 24 millions d’individus avancé lors de la première proposition abandonnée en mars devrait augmenter car la nouvelle loi a convaincu la frange la plus dure de la droite dure (le Freedom Caucus) opposée à toute aide de l’Etat en matière de santé.

    La loi retire aux Etats la responsabilité d’assurer à ses citoyens une couverture santé universelle sous l’autorité du gouvernement fédéral et redonne aux compagnies et aux marchés la liberté d’offrir leurs propres forfaits et de fixer eux mêmes les prix des cotisations – qui va entraîner selon les détracteurs de la loi une augmentation des prix pour les plus vulnérables: les plus âgés et malades ou ceux ayant des antécédents médicaux – interdite avec Obamacare.

    Les républicains pensent au contraire que la compétition va baisser les prix et inciter les jeunes en bonne santé à acheter une assurance.

    Voici les prix des cotisations annuelles que pourraient exiger les compagnies d’assurance pour une personne de 40 ans avec les antécédents médicaux suivants: 

    Center for American Progress

    27% des Américains ont des antécédents médicaux et les dix Etats les plus touchés par cette situation ont voté pour Trump l’année dernière: Parmi eux, la Virginie Occidentale (36% des habitants ont des antécédents médicaux), le Mississipi (34%), le Kentucky (33%), l’Alabama (33%) et le Tennessee (32%).

     

    * « How the GOP got a Health Care bill after Trump and Ryan step back » – The Washington Post

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  • Une « Blue Wave » en 2018?

    Le vote précipité de l’AHCA n’avait pour but que de « remplir la promesse électorale de Donald Trump et lui assurer une première victoire législative » sans aucun égard pour électeurs américains.
    Un pari électoral très risqué puisque Obamacare est populaire, surtout auprès des populations les plus pauvres, celles qui ont justement voté pour Donald Trump en novembre dernier.

    Selon une étude du Pew Research Center, 60% des Américains et 52% des Républicains à faible revenus pensent que l’Etat à la responsabilité d’assurer aujourd’hui ses citoyens.
    Seulement 17% des Américains sont favorables à l’AHCA.

    Les Représentants démocrates narguaient leurs confrères républicains hier après midi dans la Chambre en chantant « Na Na Na Na Hey Hey-ey Goodbye » pour leur signaler qu’ils ne seraient sans doute pas réélus à cause de cette loi lors des prochaines élections de mi-mandat de 2018.

    Nancy Pelosi, porte parole de la minorité démocrate affirmait hier:

    « Vous avez toutes les provisions de cette loi tatouées sur votre front. Vous allez briller dans la nuit avec »

     

    Nate Silver note que 85 Républicains seraient vulnérables lors du prochain scrutin à cause de Trumpcare et que les Démocrates pourraient bien remporter les cinquante sièges nécessaires pour obtenir la majorité à la Chambre des Représentants.

    Hier les Démocrates ont assisté à l’éventuelle destruction de l’une des plus importantes avancées sociales de l’histoire du pays mais comptent bien utiliser ce vote très impopulaire pour entamer la reconquête du Congrès américain.

    Par ailleurs la loi votée hier va être modifiée par le Sénat ces prochaines semaines, le temps pour le CBO de publier son rapport et la population de se mobiliser contre cette loi. Ce qui rend la célébration et le discours de Donald Trump dans le rose Garden de la Maison Blanche entouré de politiciens sexagénaires, blancs et millionnaires avait un goût assez amer.

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  • Auto-célébration à la Maison Blanche

    Carlos Barria / Reuters

    La plupart des médias s’accordaient hier sur l’immense erreur commise par les Républicains qui ont voulu prouver qu’ils formaient une majorité capable de gouverner en votant pour une loi à laquelle peu adhéraient – et que certains n’avaient pas lu.
    Le comité éditorial du New York Times parlait hier de « Trumpcare Disaster »: « Ni Mr Trump, ni Mr Ryan [porte parole de la majorité républicain à la Chambre des Représentants] n’avaient l’air gênés par le flot de critiques entourant leur loi », uniquement « préoccupés à satisfaire le Freedom Caucus, la frange la plus dure de leur parti ».

    Le Wall Street Journal tirait les mêmes conclusions mais dans une sens positif en se félicitant de voir les « Républicains franchir une première étape dans la satisfaction des promesses de campagne » et former une majorité capable de victoires législatives « malgré l’hostilité sans précédent des médias, des groupes d’intérêts et des Démocrates ».
    Le quotidien salue le travail du président « et sa capacité de persuasion ».

    * « Ending Obamacare. Part One » – The Wall Street Journal
    * « The Trumpcare Disater » – the New York Times
    * « Republicans didn’t like their health-care bill but voted for it anyway » – Washington Post

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  • Les « Sad Dads »

    Triple couvertures de Brad Pitt dans le dernier numéro de GQ Style

    L’actualité masculine de la semaine, c’est donc Brad Pitt en trois couvertures du dernier GQ Style, visiblement très amaigrie et très triste dans un photoshoot un peu glauque réalisé par le photographe new yorkais Ryan McGinley.
    Dans sa première interview depuis le départ à grand fracas de Angelina Jolie et ses enfants du domicile familial en septembre dernier, on assiste au mea culpa de Brad Pitt qui avoue avoir tout gâché parce qu’il picolait trop et aujourd’hui sur le chemin de la rédemption.
    D’où cet article très amusant du Daily Beast paru mercredi sur la nouvelle tendance déprimante de Hollywood: les « sad dads »

    Les Sad Dads sont la nouvelle tendance masculine tragique – qui commence à Hollywood et qui sera bientôt disponible dans votre vapostore ou studio de sculpture à côté de chez vous.
    Alors que le « dad bod » – celui qui a de la brioche par manque d’exercice – dit « on y va molo », le « sad dad » se demande même « pourquoi essayer? »
    On peut le voir enchaîné les cigarettes devant la maison de son ex en attendant de récupérer les enfants, embrasser des nouvelles passions et n’apparaître dans aucun film majeur cette année (…) Ils sont beaux, travaillent à moitié et ne vont pas bien.
    Soit ils sont trop fait la fête et ils ont arrêté l’alcool et la drogue au même moment.


    Parmi eux: Tobey MaGuire, Ben Affleck ou Brad Pitt qui nous offert des pépites de glauquerie dans GQ du genre « Qu’est ce qui vous réconforte ces derniers temps? »

    – Je me lève tous les matins et je fais un feu. Quand je vais me coucher, je fais un feu aussi – Ca me rend vivant »
    On vous laisse finir l’interview tout seul.

     


    * « Brad Pitt perfects Hollywood’s hot New Trend: Being a Sad Dad » – The Daily Beast
    * « Brad Pitt talks Divorce, Quitting Drinking, and Becoming a Better Man » – GQ Style

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  • ACLU Leader de la résistance
    Le premier réflexe de Anthony D. Romero, directeur de l’American Civic and Liberties Union, au lendemain de la victoire de Donald Trump était de lui écrire une lettre ouverte, publiée dans le New York Times reprenant les pires promesses de campagne:

[ACLU] a travaillé et a lutté tous les présidents américaines tout parti confondus pour assurer que le pays reste fidèle à sa nature de pays de la liberté (…) Si vous ne changez pas le cours et transformer ces promesses en réalité, il faudra combattre la force de frappe de ACLU à chaque étape.

Ces six derniers mois, ACLU est devenue le leader de la Résistance contre Donald Trump: A travers des actions légales (suspension à deux reprises de la Muslim Ban et de la suppression des subventions contre les villes sanctuaires), des requêtes invoquant le « Freedom Of Information Act » permettant d’obtenir légalement des documents appartenant à la nouvelle administration, et continue de se battre pour la défense des droits des femmes (avortement) ou ceux des transgenres (« bathroom bill »).
Jamais l’influence de cette association n’avait été aussi importante en 97 ans d’existence, à cause de la nouvelle donne politique et grâce au travail de Mr. Romero qui a réussi depuis 16 ans à doubler la taille et le budget de ACLU ces quinze dernières années: Le nombre d’adhérents (1,6 millions) a doublé depuis novembre et reçu près de 83 millions de dollars de donations, un tiers de son budget total annuel).
ACLU avait anticipé une éventuelle victoire de Trump et potassé tous les recours légaux et juridiques possibles contre ses propositions, certaines anti-constitutionnelles dans un memo qui « se lit aujourd’hui comme un manuel des cent premiers jours de Donald Trump ».
Romero considère ACLU comme le garant des libertés aux Etats-Unis et ses succès, un mélange d’anticipation, de rapidité et d’agilité avec un noyau d’avocats spécialisés et un réseau d’organisations et de bureaux actifs et vigilants et enfin des supporters bien plus impliqués qu’auparavant
* « How The ACLU Is Leading the Resistance » – The Fast Company

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  • Follow up

    * Corey Lewandowski, l’ancien manager de campagne de Trump qui a créé une compagnie de conseil installée en face de la Maison Blanche et proposait à ses clients du monde entier des « facetime » avec le président ou le vice-président et des rencontres avec les haut dignitaires de Washington vient de démissionner. – Politico

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  • Les unes des quotidiens:

    Exactement ce que voulait Trump qui a du se réjouir de voir sa sauterie du Rose Garden de la Maison Blanche à la une de tous les journaux américains ce matin.