Le kiosque du 23.06.17: « Pire erreur politique »; Communication toxique; Black Lives Matter; Facebook change de mission

 

1. « La pire erreur politique »

    • Le renvoi du directeur du FBI le 14 mai dernier, décidé par le président contre l’avis de son entourage – à l’exception de son genre Jared Kushner – aura miné ce début de présidence et la bonne marche de l’enquête du FBI qui aurait pu prouver son innocence dans les soupçons de collusions avec les Russes durant la campagne présidentielle américaine:

      Cela restera la plus grosse erreur politique de l’ère moderne. Pour l’un des conseillers du président, il s’agit de la pire erreur depuis que Richard Nixon a refusé de s’excuser auprès du peuple américain pour le Watergate et décidé d’étouffer l’affaire.

       

    • Le président est encore une fois responsable de cette situation: S’il avait condamné dès le départ l’ingérence russe en soutenant les conclusions des agences de renseignement, s’il était resté silencieux sur l’enquête du FBI en laissant James Comey faire son travail et s’il avait évité de l’intimider publiquement sur l’existence d’éventuels enregistrements juste après son limogeage, cette affaire n’aurait pas pris de telles proportions.

 

  • La crise permanente autour de la Maison Blanche, relayée 24h/24 par l’ensemble de la presse, a finalement peu d’influence sur les 38% d’Américains qui continuent de soutenir coûte que coûte le président et pensent que le « Deep State » veut sa peau.

 

  • Pour David Brooks, éditorialiste au New York Times, les médias doivent garder la tête froide et se rendre qu’aucune preuve de la culpabilité du président et de sa campagne n’a encore été mise en évidence:

    C’est inquiétant lorsqu’on commence à remplacer la politique de la démocratie par la politique du scandale. En démocratie, les problèmes comptent et vous gagnez en persuadant les citoyens. Vous reconnaissez la légitimité de vos adversaires comme un compromis inévitable. Dans le scandale, depuis le Watergate, inutile de persuader. Les victoires politiques se remportent uniquement en détruisant vos adversaires politiques accusés d’avoir mal agi. La politique devient alors une question de supériorité morale et de destruction personnelle.

  • « Let’s not get carried away » – The New York Times

 

 


2. « Une communication toxique »

 

L’image diffusée par CNN lors du daily briefing de la Maison Blanche interdit aux caméras, le 22 juin 2017
    • « Cinq moins dans la présidence de Trump et les relations entre la Maison Blanche et les médias ne tiennent plus qu’à un fil » constate Dylan Byers sur CNN
      Les journalistes sont considérés comme « l’ennemi du peuple » et tout est fait pour entraver leur travail, à savoir informer le public sur ce qu’il se passe à Washington: diminuer la fréquence et la durée des conférences de presse, ne pas répondre aux questions posées ou rester très évasif.

 

    • La tension est montée d’un cran hier lorsqu’on leur a interdit de filmer la conférence de presse de la Maison Blanche assurée par Sarah Huckabee Sanders: CNN a décidé de diffuser la totalité de la conférence en direct avec un fond d’écran avisant le public qu’il n’était pas autorisé à voir ces « daily briefings ».

 

    • Trump menace depuis des semaines de supprimer ce qui était devenu l’un des programmes télé les plus regardés de l’après midi, grâce notamment aux échanges musclés entre le porte parole, Sean Spicer et les médias.

 

  • Le président veut contrôler directement et personnellement sa communication comme il l’a toujours fait et avec brio, explique Jack Schafer:

    Trump ne veut pas vraiment être président … En fait il aurait voulu être directeur de la communication de la Maison Blanche … Contrôler et arranger les messages qui sortent de la Maison Blanche c’est la plus grande obsession de Donald Trump. Il aimerait se conduire comme il l’a fait pendant des décennies à New York  quand il alimentait les articles des tabloïds [à son sujet].

 


3. Facebook réévalue sa mission

    • L’année difficile que vient de passer le mastodonte des médias sociaux, – accusé d’avoir aidé l’élection de Trump et participé à la diffusion massive de fake news, a poussé son fondateur et visionnaire, Mark Zuckerberg, à faire un peu de « soul searching » sur l’ambition de Facebook.

 

    • S’il affirmait il y a dix ans vouloir construire un « monde plus ouvert et plus connecté », Zuckerberg a revu ses ambitions à la baisse et affirme désormais vouloir offrir à ses utilisateurs « le pouvoir de construire une communauté et de se rapprocher les uns des autres ».
      Un message un peu plus humble et conscient des divisions qu’a pu provoquer Facebook au sein des communautés et qu’elle assume tout en attribuant une part de responsabilité aux internautes qui doivent prendre eux aussi conscience des répercussions de la désinformation et limiter son usage.

 

  • L’interview de Zuckerberg donnée à CNN est disponible ici et son manifeste publié en février

 


4. Panique au Wall Street Journal

 

Jay Salomon sur C-Span en 2014 – Credit C-SPAN, via Associated Press

 

    • L’agence Associated Press a révélé mardi qu’un reporter du Wall Street Journal, Jay Salomon, responsable du bureau des affaires étrangères, travaillait pour un homme d’affaires étranger qui était également l’une de ses principales sources, pour lequel il aurait négocié une vente avec un gouvernement étranger.

 

    • Mr Salomon serait devenu actionnaire d’une jeune compagnie dirigée Farhad Azima, un magnat de l’aviation, iranien, qui a négocié dans le passé des transports des armes pour le compte de la CIA.

 

    • Le quotidien new yorkais a viré le journaliste pour avoir violé ses obligations et les standards éthiques de la rédaction, dénoncé ses actions et son manque de jugement.

 

    • C’est dans le cadre d’une enquête sur Mr Azima que AP est tombé sur une correspondance électronique piratée entre ce dernier et le journaliste, confirmée par d’autres témoins: Il aurait servi d’intermédiaire en 2015 pour un contrat d’armements et de surveillance de la compagnie de Mr Azima avec les Emirats Arabes Unis destiné à l’espionage de certaines activités en Iran, Syrie et Yemen.

 

 


5. Où est passé Black Lives Matter?

 

Adam Maida for Buzzfeed News

 

    • « Qu’est-il arrivé à Black Lives Matter? » s’interroge cette semaine Buzzfeed News:

      L’élection et la présidence de Donald Trump ont provoqué la plus grande effusion d’activisme libéral depuis une dizaine d’années. Après une ascension fulgurante, le mouvement se déchire aujourd’hui sur son leadership et sur la direction à suivre.

       

    • Si certains groupes de défense des libertés ou associations de gauche sont entrés en résistance en organisant des manifestations et appels à l’action, et ont réussi à s’imposer en s’appropriant les nouveaux défis posés par la présidence de Donald Trump, Black Lives Matter a perdu  » de nombreuses opportunités qui s’étaient ouvertes » grâce à Barack Obama, notamment celle d’un « président conscient de l’autorité morale des jeunes activistes afro-américains. »

 

    • Selon la direction de l’organisation, l’organisation est moins visible sur la scène nationale par qu’elle se concentre sur des objectifs politiques qui nécessitent davantage « d’intégrité, de dignité et d’intégration ».
      Pour le journaliste:

      Black Lives Matter est toujours là. Ses groupes sont toujours organisés. Mais Black Lives Matter est en train de perdre l’influence et l’élan qui lui avaient permis de provoquer un débat national sur les politiques en matière de justice criminelle.

 

  • Entretenir et développer sur le long terme une organisation née dans la rue implique une stratégie claire sur différents points …:
    • L’organisation
      A l’intérieur du mouvement avec les différents chapitres présents dans la plupart des villes américaines, et à l’extérieur avec les autres associations de défense des Afro-Américains et organisations de gauche
    • Le financement
      Accepter ou non l’argent de fondations, mettre en place des levées de fond et donations pour payer ses militants et promouvoir le mouvement.
    • La communication
      Donner la parole aux personnalités médiatiques du mouvement quite à déplaire aux anonymes qui travaillent dans l’ombre
    • La direction
      Sur quels politiques concentrer l’action de l’organisation et relayer un message qui soit clair pour tous les militants et supporters
  • … Que Black Lives Matter doit définir rapidement pour continuer à lutter et à exister.
  • « What happened to Black Lives Matter? » – Buzzfeed

 

 

 

Le kiosque du 15.06.17: Atmosphère déplorable à D.C. – Le cauchemar de Trump – Mais où est l’AHCA? – « Meet the Goopies » – Melissa Meyer Out – « Uber-désastre »

 

1. »L’atmosphère déplorable doit cesser »

  • La fusillade d’un supporter de Bernie Sanders contre des Représentants républicains mercredi matin en Virginie est le résultat du climat délétère qui règne à Washington et dans le reste du pays depuis l’élection de Donald Trump.
    Pour le L.A.Times:
     

    L’attaque semble être la conséquence naturelle et anormale de l’animosité qui entoure aujourd’hui la polarisation de la vie politique.

     

  • Cet « attentat politique » a été condamné par l’ensemble de la classe politique, Bernie Sanders, le président, Paul Ryan, le « House Speaker » qui ont appelé à la solidarité et à l’unité du peuple américain. Les journalistes sont restés eux aussi très sobres, et les chaînes d’info ont fait du direct toute la journée.
  •  

  • Les médias sociaux se sont eux enflammés en lançant des rumeurs et des fake news sur l’attaque, certaines pour envenimer une situation déjà très tendue comme le rapporte Buzzfeed.
  •  

  • Fox News a immédiatement accusé les médias de gauche d’avoir « radicalisé » le forcené, et on pouvait même lire sur l’une des bannières diffusées en prime time  « VIOLENCE HORS DE CONTROLE DE LA GAUCHE ».
  •  

  • John Podhoretz du New York Post évoquait la violence de 1968 marquée par l’assassinat de Robert Kennedy et Martin Luther King:

    « Etait-ce un évènement isolé ou assiste-t-on à un autre été meurtrier – le signe d’une nouvelle forme de chaos avec la réminiscence effroyable de 1968? »

 


2. Le cauchemar de Trump se réalise

 

  • Selon le Washington Post, le procureur indépendant Bob Mueller, en charge de l’enquête sur les accusations d’ingérence russe durant les élections présidentielles de 2016, cherche désormais à déterminer si le président a tenté d’entraver la justice en virant le directeur du FBI après son refus de « laisser tomber » l’enquête.
  •  

  • A noter:
    • Lorsque Comey dirigeait cette « probe », il a rassuré à trois reprises le président que ce dernier ne faisait l’objet d’aucune enquête et ce serait toujours le cas si Trump n’avait pas décidé de renvoyer le directeur du FBI.
    •  

    • Le FBI a commencé à enquêter sur Trump avant même que Mueller soit nommé par l’adjoint du ministre de la Justice, Rod Rosenstein.
    •  

    • Bob Mueller croit davantage au témoignage de Mr Comey qu’aux accusations de mensonges lancées par Donald Trump et ses deux fils à l’encontre de l’ancien directeur du FBI.
    •  

    • Mueller va interroger lundi trois haut responsables du Renseignement (Daniel Coats, directeur du renseignement, Mike Rogers, directeur de l’Agence nationale de sécurité et son ancien adjoint, Richard Ledgett) pour savoir si Trump leur a demandé de convaincre Comey d’arrêter l’enquête.
    •  

    • Enfin Jared Kushner et Michael Flynn seraient dans le collimateur des enquêteurs pour d’éventuelles transactions financières frauduleuses.

 

  • L »avocat de Trump a qualifié cette énième fuite sur le président de « scandaleuse, inexcusable et illégale ».
    Le président a naturellement réagi ce matin sur Twitter:
     

 


3. Mais ou est passé la réforme de l’assurance santé de Trump?

 

(Images via Wikimedia Commons)

 

  • l’American Health Care Act, la réforme de l’assurance santé, censée abolir et remplacer Obamacare, est passée à la va-vite devant la Chambre des Représentants le 4 mai dernier, sans que la plupart des Représentants républicains qui ont voté pour ne l’aient lue, et sans attendre les conclusions du Bureau de la Gestion et du Budget (OMB) qui annoncé quelques jours plus tard que 23 millions d’Américains perdraient leur assurance ces dix prochaines années sous l’AHCA.
  •  

  • C’était la première grande victoire législative au forcing de Donald Trump qu’il a fêté à grands renforts de journalistes et caméras de télévision le jour même dans le Rose Garden de la Maison Blanche.
    Malheureusement pour lui, seulement 29% d’Américains soutiennent la réforme.
  •  

  • Cette loi moribonde est depuis un mois et demi aux mains de treize sénateurs républicains, « tous des hommes et blancs » qui la réarrangent à leur manière sans en discuter avec leurs collègues démocrates et certains républicains et sans en informer le public américain …. Ils se sont donnés jusqu’au 4 juillet pour la faire voter.
  •  

  • Coup de théâtre: Mardi, Donald Trump a critiqué une loi « mauvaise »  devant des sénateurs républicains et leur a demandé de proposer une version « plus généreuse » envers le peuple américain: Un revirement qui montre une fois de plus que le parti conservateur ne peut compter sur le soutien du président qui n’hésite pas à changer d’avis quand le vent tourne.
  •  

  • Les sénateurs républicains doivent gérer un cadeau empoisonné, qu’aucun Etat américain ne soutient, et qui pourrait bien leur faire perdre leur siège aux prochaines élections de mi-mandat en 2018
     

    [Le New York Times] s’est rendu compte que les Républicains ont créé une unité rare au sein des « blue » et « red states »: leur opposition à l’American Health Care Act.

 

 


4. « Meet the Goopies »

 

 

  • Goop, le blog/site internet/compagnie de Gwyneth Paltrow qui conseille les riches sur leur façon de vivre, de manger, de rire et de respirer est devenu ces dernières années l’un des sujets de moquerie préférés des médias et d’internet.
  •  

  • Samedi dernier avait lieu à Los Angeles, la première conférence « In Goop Health », une journée consacrée à la santé et au bien-être où cinq cent « Goopies » avaient payé entre 500 (ticket « Lapis »), 1000 (ticket « Améthiste » avec un cocktail offert)  et 1 500 dollars (ticket « Clear Quartz » et un drink avec Gwyneth) pour essayer (et acheter) les meilleurs produits et traitements offerts sur le site Goop.com: Une expérience censée inspirer ses lecteurs selon sa fondatrice.
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  • Les invités ont pu participer à ses expériences pseudo-scientifiques (les bénéfices scientifiques de marcher pieds-nus appelés « earthing »), écouter les « protocoles révolutionnaires de guérison de son mentor », le Dr Habib Sadeghi, et pouvaient acheter ses produits originaux comme le « Jaded Egg », un oeuf vibrateur à insérer dans le vagin pour entretenir son élasticité  (65 dollars): Le New York Times rapporter les détails des séances de détente et de méditation toutes plus farfelues les unes que les autres mais qui semblent amuser, inspirer et ravir les dizaines de « Goopaholics » présentes. 
     
  • Le New York Post a été bien plus critiques envers ces « goopies » / groupies venues surtout approcher la star de cinéma et ses célèbres copines:  Cameron Diaz, Miranda Kerr, Tory Burch et Nicole Richie. 
  •  

  • L’évènement hippie-chic a en tout cas réussi son opération de communication puisque Fast Company, W magazine, The Guardian, The Washington Post, Jezebel, ou encore People en ont parlé cette semaine.

 


5. Melissa Meyer Out

 

 

  • Cinq ans après son arrivée à grand fracas à la tête de Yahoo, Marissa Meyer a annoncé sa démission de la compagnie, qui vient d’être rachetée par le géant de la téléphonie, Verizon, pour 4,5 milliards de dollars. Un départ par la petite porte qu’elle a annoncé sur le site de micro-blogging Tumblr, qu’elle a racheté en 2013 pour un milliard de dollars, aujourd’hui en lambeaux .
  •  

  • Selon Maya Kosoff de Vanity Fair:
     

    La position de Mayer était condamnée d’avance. On lui a donné une tache impossible – transformer une compagnie réputée pour être le portail internet des années 90 – et des objectifs irréalisables (…) Mayer était la sixième PDG de Yahoo en cinq ans.

     

  • Malgré des choix managériaux controversés (dépenser trois milliards de dollars en acquisitions, rémunérer un Chief Operating Officer 105 millions de dollars pour 18 mois de travail) et deux piratages qui ont affecté les comptes Yahoo de près d’un milliard de consommateurs, Melissa Mayer partira avec 186 millions de dollars de stock Yahoo.
  •  

  • « The Invitable Death of the Marissa Meyer Dream »Vanity Fair

 


Le reste de l’actualité

  • C’est Jonah Goldberg qui l’affirme dans la sérieuse et conservatrice National Review, Donald Trump a des chances d’être destitué si les Démocrates remportent les élections de mi-mandat en 2018National Review

 


6. Couverture du jour 

  • On en a parlé toute cette semaine: La débâcle de la start-up la plus chère au monde, Uber, évaluée à 68 milliards de dollars l’année dernière, dont la culture d’entreprise est jonchée de polémiques et scandales ces derniers mois, et dont le fondateur et directeur général, Travis Kalanick, 40 ans, l’un des plus détestés de la Silicon Valley va prendre un congé illimité.
  •  

  • Pour Time magazine, ce chaos devrait être une piqûre de rappel pour la Silicon Valley et les valeurs qu’elle défend:
     

    La technologie progresse tellement rapidement qu’elle va continuellement devancer la loi, le gouvernement et la capacité du public à comprendre toutes ses ramifications … Si le désastre de Uber doit prouver quelque chose, c’est qu’en l’absence de toute règles qui puissent les contrôler, les architectes de la nouvelle économie – et du nouveau monde – doivent se comporter avec davantage de responsabilité.

 

Le kiosque du 10.06.17: Trump « balance » Comey – Le « media bashing » du GOP pour 2018 – Une Amérique au bord du divorce – « Conservative Move »

 

1. La meilleure défense, c’est l’attaque.

  • Rassuré par l’audition de James Comey, qui n’a rien révélé de pire sur Donald Trump que ce que l’on savait déjà, l’entourage du président a décidé de contre-attaquer plutôt que de se défendre (et paraître coupable) en accusant l’ancien directeur du FBI d’être un « leaker »:

    Pas de collusion, pas d’obstruction, c’est une balance … nous sommes ravis et pour être honnête, James Comey a confirmé beaucoup chose que j’ai dites, et certaines choses étaient fausses. 

     
     

  • Donald Trump a également affirmé en conférence de presse qu’il était prêt à témoigner « à 100% » sous serment qu’il n’a jamais demandé au directeur du FBI de « laisser Michael Flynn tranquille » – alors que tous ses conseillers, les médias et la plupart des Américains savent pertinemment que c’est vrai.
  •  

  • Selon Axios, beaucoup de Républicains pensent que l’agressivité dont fait preuve Trump est le signe qu’il n’existe aucun enregistrement de ses conversations avec Mr Comey, comme le président a pu le suggérer sur Twitter. Ce seront les paroles de James Comey contre celles de Donald Trump.
  •  

  • Donald Trump a répondu avec aplomb hier devant les caméras mais l’audition qu’il s’est proposé de faire avec le procureur indépendant Bob Mueller, remplaçant de Comey, pourrait bien encore une fois se retourner contre lui.
    Cette décision improvisée a été certainement prise contre l’avis de ses avocats car:

    • Donald Trump va devoir donner sa version de ce qui pense s’être passé, ce qui devrait rentrer en contradiction les preuves qu’aura récolté Mueller.
    • S’il ne prépare pas cette audition, elle pourrait rapidement tourner au fiasco pour Donald Trump.

 

  • Plus de 19 millions d’Américains ont regardé l’audition en direct de James Comey diffusée sur toutes les chaînes d’info; ils étaient 2,7 millions sur Twitter qui s’était associé à l’occasion avec Bloomberg; enfin, ils étaient 26 millions en live sur Facebook.
    Quant à Stephen Colbert, il a réalisé son meilleur « Late Show « depuis ses débuts en 2015. – Politico

 

 


2. Stratégie des Républicains pour 2018: Le Media-Bashing

 

Rapport hebdomadaire de Reporters Sans Frontières

 

  • Les attaques, insultes et menaces à répétition de Donald Trump contre la presse et les journalistes pour les discréditer auprès des électeurs américains depuis bientôt deux ans a fait des émules dans le parti Républicain autrefois garant d’un certain respect envers le quatrième pouvoir. 
  •  

  • Un reportage du Huffington Post note une recrudescence des attaques physiques et verbales à l’encontre des médias qui s’inscrit dans une « stratégie du Grand Old Party pour les élections de 2018 »

     

  • L’idée lancée par Steve Bannon à la Conservative Political Action Conference que les médias seraient le nouveau « parti d’opposition » est désormais une réalité pour le parti au pouvoir.
    Selon le site d’info McClatchy:

    Des interviews avec des conseillers et leaders du parti républicain à travers le pays révèlent que ce qui a commencé comme une simple colère à l’encontre d’une couverture médiatique injuste – ou l’effort pour détourner les critiques – est devenue une stratégie à part entière de la prochaine campagne pour les élections de 2018.

     

  • Ils veulent convaincre les supporters invétérés de Trump que ces élections de mi-mandat « sont un référendum sur les médias autant que sur le bilan de Trump » et impliquent des « conflits ouverts avec les journalistes locaux et nationaux.

 


3. L’Amérique au bord du divorce

  • David French est l’un des journalistes star du National Review s’inquiète des divisions profondes, voire irréconciliables entre les Républicains et les Démocrates à travers le pays, notamment depuis l’ascension d’un milliardaire d’extrême droite qui a pris en otage le Grand Old Party.
  •  

  • La preuve?
    La décision du gouverneur Californien, après le retrait américain de l’Accord de Paris sur le Climat décidé contre l’avis de la majorité de la population, de traiter directement avec la Chine pour combattre le réchauffement climatique, et qui se justifie:

     

    C’est un peu osé de parler de partenariat entre la Chine et la Californie comme si nous étions une nation séparée, mais nous sommes une nation séparée.  

     

  • Pour French, pas de doute, « la tendance est claire. Sous la présidence de Trump, la Californie est déterminé à suivre son propre chemin » et si ça continue les Etats-Unis vont tout droit vers « un divorce national » car les « Américains appartiennent à une tribu politique dont ils aiment les idées mais surtout dont ils détestent les adversaires. 
    Aussi bien les Démocrates que les Républicains.
  •  

  • Ajoutez à cette « mutuelle antipathie », les regroupements (« matchings ») géographiques, culturels, religieux et « vous avez une nation dont les citoyens ont des vies de plus en plus différentes – ils n’habitent pas dans les mêmes endroits [les Démocrates habitent dans les zones urbaines des côtes Est et Ouest du pays], ne lisent pas les mêmes journaux, ont des croyances religieuses différentes. »
  •  

  • Pour éviter un divorce du pays, French réaffirme les valeurs du fédéralisme, qui protègent les « privilèges et les spécificités », et pour préserver « notre union », la seule solution est de « tolérer » l’autre.
  •  

  • « We’re not in a civil war, but We are Drifting Toward Divorce »National Review

 

 

 


4. Conservative Move

 

Sacramento Bee.

 

  • David French parle ci-dessus de « politisation de tout ce qui nous entoure »: En voici la preuve dans le San Diego Union Tribune ce matin: le lancement d’une compagnie « qui capitalise sur la croyance que les « blue states » (les Etats démocrates) comme la Californie sont devenus trop libéraux et pas assez accueillants envers les conservateurs et que la solution est de déménager au Texas ».
  •  

  • La Compagnie, « Conservative Move » propose de s’occuper de la vente de votre maison en Californie et de vous trouver une nouvelle habitation dans le County de Collin, au nord du Texas, qui serait « l’un des meilleurs endroits où habiter » avec « ses écoles, ses boulots bien payés et sa sécurité » et surtout destinés à ceux qui partagent des idées conservatrices.
  •  

  • Paul Chabot, fondateur de « Conservative Move », ancien candidat au parlement Californien qui a offert « des permis de chasser des terroristes » en échange de donations lors de sa dernière campagne, fait souvent la promotion du comté de Collins sur son compte Facebook: « Ici pas de gangs, pas de graffitis, juste les valeurs familiales du Nord du Texas ».
  •  

  • Pour l’éditorialiste du Boston Globe, le phénomène « Vote with you feet » n’est pas nouveau, et beaucoup de Californiens déménagent au Texas pour des raisons politiques.
  • Un phénomène qui fait débat puisqu’il renforce les « bulles politiques », ces territoires politiquement délimités où la population pense, regarde, croit et agit de la même façon.
  •  

  • La compagnie est toute jeune mais a réussi à faire parler d’elle en Californie et au Texas: « Tout ceux qui veulent déménager à Collin County à la recherche d’une utopie conservatrice vont être déçus » commentait le Dallas Morning News cette semaine.

 

 


5. Le reste de l’actualité

  • Mark Zuckerberg s’est engagé à visiter les trente Etats américains qu’il ne connait avant la fin de l’année 2017, certains disent pour une ambition politique, lui affirme vouloir connaître davantage cette Amérique inconnue qui a réussi à élire Trump.
    Quartz suit le parcours de Zuckerberg dans ces différents Etats, ICI
  •  

  • Pour les 150 ans de la naissance du plus grand architecte américain, le site Curbed lui consacre plusieurs articles tous aussi intéressants les uns que les autres – Curbed
    + Récit de son voyage annuel entre L’Arizona et le Wisconsin – Curbed
  •  

  • Portrait de Elizabeth Moss (« Mad Men ») qui cartonne actuellement dans « The Handmaid’s Tale ») dans Elle

 


6. La Couverture du Jour

Theresa May a voulu renforcer son autorité, a échoué et perdu la majorité absolue au Parlement anglais. « Un pari qui a mal tourné » titre The Economist qui garde son poste de Premier ministre mais sans trop de pouvoir. »

The Economist – June 2017

Le Kiosque du 09.07.17: Comey Superstar – Melania & Barron à la WH – La Chasse aux « fuites » – Chelsea Manning parle – L’emplacement le + cher d’internet?

 

Comey vole la vedette à Trump

New York Times
  • L’audition du directeur du FBI devant la Commission Judiciaire du Sénat a eu lieu hier matin
       

    • N’a pas empiré les affaires de Donald Trump mais a confirmé ce que pensent la plupart des Américains, de la presse et du reste du monde: C’est un menteur qui viré le directeur du FBI et essayé d’entacher la réputation du Bureau pour essayer d’étouffer l’enquête en cours sur les collusions entre des aides de Trump et les Russes pendant les élections.
    •  

    • L’état de délabrement de cette jeune présidence est telle que la Maison Blanche a considéré le témoignage de Comey comme une victoire, et la seule chose que le président a retenu sur Twitter ce matin, c’est que James Comey est à l’origine de la fuite de ses memos – une décision prise après les menaces proférées par le président sur les réseaux sociaux concernant d’éventuels enregistrements de leurs conversations.
    •  

    • Mike Allen de Axios
       

      C’est pas la fin mais le début d’un long et pénible procès pour la Maison Blanche de Trump. Ce qu’ils craignent le plus c’est l’implication de certaines figures dans l’orbite de Trump, et ce que les enquêteurs pourraient trouver dans les différents meetings qu’ils ont eu avec les Russes

       

    • Sur la corde raide: Jeff Sessions, qui témoigne mardi prochain, aurait omis de révéler un troisième meeting avec l’ambassadeur russe pendant la campagne présidentielle, et Jared Kushner devrait également témoigner ce mois-ci devant la Commission permanente du Sénat dédiée à la surveillance de la communauté du renseignement américain.

     

  • Nous n’aurions jamais pu apprendre tout ce qu’a bien voulu dévoiler James Comey s’il n’avait pas été viré par le président. Encore une fois, c’est Donald Trump qui s’est lui-même mis dans l’embarras. 

 

 


Un grand moment de télé

Chip Somodevilla/Getty Images
  • La diffusion mercredi après midi de la déclaration écrite de James Comey qui détaille avec précision ses interactions avec le president Trump (« J’exige de la loyauté ») a transformé une curiosité de la « Beltway » (Washington D.C.) et en un épisode en direct de télé-réalité » suivi par l’ensemble du pays.
  •  

  • De nombreuses entreprises avaient annulé rendez vous et réunions pour laisser leurs employés regarder le témoignage de l’ancien directeur du FBI sur grand écran. The New York Times
  •  

  • L’interview de James Comey a été relayé par l’ensemble des médias d’information « qui se sont tous arrêtés en même temps pour se concentrer collectivement sur cette audition.
    Dans une monde d’actualités souvent fragmenté, rarement on a assisté à une telle unanimité autour d’un évènement » – The Washington Post
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  • C’est l’un de ces grands « moments politico-culturels » comme l’ont été auparavant le témoignage de Anita Hill contre le juge de la Cour Suprême des Etats-Unis Clarence Thomas (voir le film de HBO) ou l’audition de McCarthy contre l’armée américaine en 1954.
  •  

  • « Le témoignage de James Comey rejoins le panthéon des moments les plus dramatiques du Congrès » affirme Politico, qui retrace tous les précédents.
  •  

  • Etude intéressante du Washington Post sur les commentaires des chaînes télé (Fox News, MSNBC, et CNN) pendant le témoignage, et les différentes interprétations

 


Melania & Barron déménagent

 

Getty

 

  • C’est la fin de l’année scolaire aux Etats-Unis et comme prévu, Melania et Barron vont rejoindre Donald Trump à la Maison Blanche, pour de bon, le 14 juin prochain.
    Le fils du président, 11ans, sera scolarisé dans une école privée du Maryland l’année prochaine, St. Andrew’s Episcopal School de Potomac, à trente minutes en voiture de Washington.
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  • La présence de la First Lady devrait « apporter un peu de normalité à une présidence dont le style et la substance sont anormales ».
     

    L’installation tant attendue et permanente est vue par la Maison Blanche comme un changement potentiel majeur pour un président de plus en plus déprimé par son travail, qui libère ses frustrations sur ses conseillers et qui se venge de la façon dont il est traité sur Twitter.

     

  • Tous les proches de Trump parient sur la présence de Melania pour calmer et raisonner davantage le président
  • « Melania set to make her D.C. move next week » – Politico

 

 


La chasse aux « fuites » inquiètent les journalistes et les sources

 

Reality Leigh Winner

 

  • Reality Leigh Winner, 25ans arrêtée samedi dernier pour avoir communiqué à The Intercept des documents secrets de la NSA, serait effrayée à l’idée de passer les dix prochaines années de sa vie en prison.
  •  

  • Selon le procureur, Winner aurait indiqué à ses parents depuis la prison, comment la faire passer pour une 
    « néophyte » inconsciente du danger et des répercussions de ses actions – ce qu’il ont fait avec brio sur CNN cette semaine – Washington Examiner
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  • Elle devrait recevoir une peine exemplaire pour dissuader tous ceux qui voudraient continuer à alimenter la presse et agacer le président – Red State
  •  

  • Le travail des journalistes spécialisés dans les questions de sécurité nationale, qui communiquent avec des sources anonymes et obtiennent des informations confidentielles est de plus en plus risqué et compliqué:
     

    D’un côté, il existe un nombre important de fonctionnaires qui veulent aider clandestinement les journalistes. De l’autre côté, il y a l’effort très agressif du gouvernement d’arrêter ces employés

     

  • A savoir maintenant, « jusqu’où sont prêts à aller les agences gouvernementales pour arrêter le flot d’informations qu’elles n’aiment pas? » – CNN

 


Première interview de Chelsea Manning

ABC
  • Quelques semaines après sa libération, après sept années de prison dont plusieurs en isolement, un changement de sexe et une grâce présidentielle, Chelsea Manning, a donné sa première interview exclusive à la chaîne américaine ABC.
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  • En 2010, Bradley Manning a récupéré plus 700 000 documents confidentiels sur la guerre en Irak et en Afghanistan et les a donné à Wikileaks qui les a diffusés en partenariat avec le New York Times, le Guardian, Der Spiegel et Le Monde.
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  • Manning a été accusée de trahison pour avoir divulgué des informations aux ennemis des Etats-Unis. Lui parle de responsabilité de révéler « la mort, la destruction, les massacres » pour provoquer un débat dans le pays, et pour sensibiliser les Américains.
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  • Chelsea Manning a obtenu un traitement aux hormones à partir de 2015 après cinq années de bataille juridique, une grève de la faim et deux tentatives de suicide, et un changement de sexe en 2016 – le premier prisonnier à recevoir ce genre d’opération.
  •  

  • Chelsea Manning a été orginellement condamnée à 35 ans prison. Elle remercie Barack Obama de l’avoir graciée et « lui avoir une seconde chance »

 


L’emplacement le plus cher d’internet

 

Twitter

 

  • L’emplacement le plus cher et le plus prisé d’internet? Les commentaires qui apparaissent en dessous des tweets de Donald Trump sur son fil d’information.
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  • Il existe des centaines de milliers d’internautes, pro ou anti-Trump, dans les starting-block pour répondre le plus rapidement au président et voir leurs commentaires apparaître et être lus par ses 31 millions d’abonnés: Ce qui implique des « likes » et « retweets », des profils scrutées, des réponses et de nouveaux abonnés
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  • Exemple:
    En janvier, Mike Elgan, un écrivain, a répondu à un tweet de Trump dans les dix secondes qui ont suivi sa diffusion: Il a été diffusé sur 800 000 autres fils d’informations et reçu 24 000 notifications en quelques heures seulement et en 24 heures, il a reçu 300 abonnés supplémentaires
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  • Mike Cernovitch, un chante de la « new right » et grand supporter de Trump, confirme que c’est la meilleure tactique pour devenir une personnalité politique influente sur Twitter.
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  • Le meilleur moment pour attendre un tweet de Trump: 6 hrs du matin, lorsque le président se lève.
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  • « Inside the Chaotic Battle to be the Top Reply to a Trump Tweet » – Buzzfeed

 

 


Le reste de l’actualité

  • Greg Gianforte, le républicain qui vient de remporter son siège de Représentant à Washington de l’Etat du Montana, et qui a agressé un journaliste du Guardian la veille de sa victoire, a donné 50 000 dollars à une association pour la liberté de la pressePolitico
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  • La bataille électorale fait rage dans le 6ème district de Géorgie qui oppose le jeune démocrate Jon Ossoff contre la candidate républicaine Karen Handel. Ossoff a récolté plus de 23 millions de dollars de contributions en quelques mois et la campagne des deux candidats totalise aujourd’hui 40 millions, la somme la plus importante jamais dépensée pour l’élection d’un ReprésentantPolitico
  •  

  • On en a parlé lors de son ouverture l’année dernière, The Wing est l’un de ses clubs et espaces de travail exclusivement réservés aux femmes, et ça marche du tonnerre – Village Voice

 


Couverture du Jour

Barry Blitt, le caricaturiste de Donald Trump pour le New Yorker revient avec une nouvelle couverture inspirée par les le film de Charlie Chaplin, « Les Temps Modernes ». L’atmosphère ambiante nous aurait davantage fait penser au Dictateur mais c’est un beau dessin!
 

Trump vient de mettre K.O. sa travel ban

 

Ce week-end, Donald Trump a utilisé les attaques terroristes de Londres pour défendre sa fameuse « travel ban »; une terminologie controversée, démentie pendant des mois par son administration, qui a désormais toutes les chances d’être rejetée par le Cour Suprême des Etats-Unis.
Explications.

 

Oui, il s’agit bien d’une travel ban

  • Samedi soir, le président américain a utilisé les attaques terroristes de Londres pour défendre son décret présidentiel anti-immigration:

    ll faut être intelligent, vigilant et intransigeant. Les cours doivent nous rendre nos droits. La Travel Ban est nécessaire pour renforcer notre sécurité.

  • Dimanche, les médias américains ont surtout relevé l’utilisation de la terminologie controversée de « travel ban » que son administration a essayé tant bien que mal de minimiser ces derniers mois en accusant les médias d’en être à l’origine.

    Ce matin le président a évoqué la polémique et ne s’est pas rétracté, au contraire:

    Les gens, les avocats et les cours peuvent l’appeler comme ils veulent, mais je l’appelle pour ce qu’elle est et pour ce dont nous avons besoin: UNE TRAVEL BAN

  • Il a également reconnu que la première version, « plus dure », bloquée par une cour d’appel fédérale, est celle qu’il a toujours voulu, et que la seconde, elle aussi bloquée, et présentée devant la Cour de Justice des Etats-Unis la semaine dernière, « est édulcorée et politiquement correcte ».
  • Il en a également profité pour critiquer les cours de justice, « lentes et partisanes » qui doivent pourtant décider de l’avenir du décret.

 

Les deux travel ban bloquées

  • La première « travel ban » (Executive Order #13769) signée le 27 janvier dernier interdisait l’entrée sur le territoire américain des réfugiés syriens, bloquait l’entrée des réfugiés provenant de sept pays musulmans, y compris ceux en possession d’un visa, pour trois mois, en attendant de vérifier leur statut.
    Le décret a été bloqué par une cour d’appel de Washington quelques jours plus tard.
  • La seconde travel ban (Executive Order #13780) signée le 6 mars ré-autorise uniquement l’entrée de réfugiés syriens ayant déjà reçu l’accord des autorités américaines et les détenteurs d’une carte verte ou d’un visa en règle provenant des six pays musulmans. La délivrance de nouveaux visas et l’accueil de nouveaux réfugiés syriens est suspendue 
    Le décret a été bloqué à nouveau par un juge de Hawaï une semaine plus tard.
  • Dans les deux cas, les juges ont utilisé les propres commentaires de Trump sur le décret anti-immigration « pour démontrer qu’il s’agissait d’un outil de discrimination déguisé en directive nationale de sécurité » .
    Durant la campagne électorale, Donald Trump avait appelé à « une interdiction totale et complète de l’arrivée de Musulmans aux Etats-Unis ».

 

Une travel ban qui tombe à l’eau?

  • Ce matin, Donald Trump « [a rejeté] tout ce que son administration a fait pour gagner l’approbation de la cour »:
    • Au niveau de la terminologie: Sean Spicer le porte parole de la Maison Blanche, John Kelly, le secrétaire de la sécurité intérieure ont passé des semaines à critiquer la terminologie de « Travel Ban »
    • Au niveau de ses intentions: En qualifiant la seconde version de la travel ban d’ « édulcorée » et de « politiquement correcte », Trump « complique le travail de ses avocats qui doivent persuader les juges qu’il s’agit bien de deux décrets différents. »
  • Même si selon le Washington Post,

    Les avocats du gouvernement ont cherché à convaincre les juges de ne pas prendre en compte les déclarations du président en limitant leurs analyses au texte des décrets.

  • Les journalistes ont sauté sur l’occasion pour mettre le président et son administration en face de leurs contradictions à l’instar de Chris Cuomo, journaliste de CNN:

    Ce sont des faits, ceux du président des Etats-Unis, il s’agit d’une interdiction (« ban ») et ça a toujours été le cas à l’encontre des Musulmans, c’est ce que le président veut. Le débat est clos.

  • Car comme l’a rappelé Susan Rice, ancien secrétaire à la sécurité nationale de Barack Obama, ce week-end:

    Il n’y a aucune preuve qui suggère que l’interdiction d’entrée sur le territoire américain de Musulmans provenant de six pays va renforcer la sécurité des Etats-Unis.

  • Michael Hayden, ancien directeur de la NSA, explique ce matin qu’il n’y a aucun rapport entre la travel ban et les menaces auxquelles doit faire face aujourd’hui le pays: des menaces domestiques (« homegrown terrorism ») qui sont nées dans les communautés islamistes des Etats-Unis et « le seul moyen de les détecter, c’est d’essayer d’entretenir de bonnes relations avec les communautés musulmanes ».

 

 

L’incident de ce matin pourrait remettre en cause l’une de ses principales promesses de campagnes du président, prouve une nouvelle fois son caractère impulsif et son manque de réflexion, et réaffirme la nécessité de contrôler son utilisation des médias sociaux.

Un parti républicain misérable

 

 

« Qu’est-ce qui est encore moins populaire que Donald Trump? A peu près tout ce que font Paul Ryan et Mitch McConnell » commente cette semaine Jonathan Chait dans une tribune du New York magazine.

 

Très critiques à l’égard du candidat républicain pendant les Primaires et la campagne de 2016, Paul Ryan, porte parole de la Chambre de Représentants, et Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, sont devenus en quelques mois, les avocats de la nouvelle administration et les complices de son programme « nationaliste économique », « America First ».

 

L’année dernière, Donald Trump a réussi le pari fou, sans aucune expérience politique et avec un passé démocrate, de remporter la candidature républicaine et gagner les élections présidentielles.
Une aubaine pour le Grand Old Party, après huit ans dans l’opposition, de mettre enfin en place un programme conservateur avec l’aide du président, d’une majorité au Congrès, d’une trentaine de législatures et de gouverneurs à travers le pays: l’abolition et le remplacement d’Obamacare (leur unique obsession depuis 2010), la réforme fiscale et la dérégulation de Wall Street

 

Sauf que Donald Trump a passé les quatre premiers mois de présidence à remplir son propre agenda, « America First », à coups de décrets présidentiels plus polémiques les uns les autres, pour satisfaire sa base électorale, la seule légitimité du président le plus mal-aimé de l’histoire du pays, dont l’administration est minée par les scandales et les critiques.
Et aucune importante législation n’a été votée par le Congrès.

 

Entre temps, les leaders du GOP ont tout accepté pour pouvoir faire avancer leur programme, quitte à remettre en cause les principes conservateurs et malgré les oppositions au sein de leur propre majorité.

 

Paul Ryan a affirmé que la travel ban contre les ressortissants musulmans « n’était pas une loi contre la religion », a précipité le passage de l’American Health Care Act devant la Chambre de Représentants sans attendre les conclusions du Comité du budget et a défendu « A New Foundation for American Greatness », la proposition fantaisiste et erronée du budget 2018 qui n’a rien à voir avec le conservatisme fiscal.

 

Mitch McConnell faisait lui partie des 22 sénateurs républicains, dont les campagnes sont financées par l’argent de l’industrie du pétrole et du gaz, qui ont envoyé une lettre ouverte au président fin mai, en lui demandant de se retirer de l’accord de Paris sur le climat.

 

Le GOP contemporain est aujourd’hui le seul parti majoritaire d’une démocratie occidentale à rejeter les conclusions de la science sur le changement climatique et à « s’opposer à l’assurance-maladie, comme principal bénéfice de la citoyenneté ».

 

Certes, le parti doit faire face à la réalité de la présidence de Trump et à l’importance de sa popularité auprès des électeurs républicains. Certes, comme l’avance Charlie Sykes, « le conservatisme américain est devenu anti-libéral, uni par la haine des médias et de la gauche ».

 

Mais que dire du renvoi du directeur du FBI, James Comey, de Sally Yates, la ministre de la justice par interim, des attaques incessantes contre les médias, contre la décision des juges de la cour d’appel fédéral (la travel ban), les critiques envers les pays alliés, notamment européens, l’Otan, le soutien sans failles à la Russie, le partage d’informations confidentielles avec des officiels russes dans le bureau ovale?

 

Comme en conclut Charles P Pierce dans Esquire:

Aujourd’hui, aucune personnalité influente du parti républicain n’est prête à dénoncer les désillusions de l’abruti dans son bureau ovale. (Rappelez vous son discours de jeudi, quand il a parlé de sa réforme fiscale qui passait facilement au Congrès? Il n’y a pas de réforme fiscale. Est-ce que quelqu’un lui a rappelé?). La réponse à ce genre de comportement à été jusqu’ici d’être complice des fictions de la Maison Blanche. Notre république est vraiment devenue bananière.

Accord de Paris: Aux USA, la colère gronde et la réaction s’organise

 

Le président américain a confirmé hier après midi depuis le Rose Garden de la Maison Blanche, le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, malgré les mises en garde de sa fille Ivanka, de nombreux chefs d’entreprise, des Démocrates et leaders du monde entier.
Comme l’ont souligné Barack Obama et Al Gore, ce sont désormais les Etats, les villes, les entreprises, les citoyens américains qui vont mener la lutte pour la protection de l’environnement, et selon le New York Times, la résistance est déjà en marche.

 

Le discours

  • Une promesse tenue: Donald Trump a tenu une fois de plus l’une de ses promesses de campagne, quels qu’en soient les conséquences nationales et internationales. Il a satisfait sa base électorale et une majorité de la droite américaine euro-sceptique.

    A partir d’aujourd’hui, les Etats-Unis vont cesser toute application de l’accord non obligatoire de Paris et les mesures draconiennes et financières qu’il impose sur notre pays.

  • La phrase à retenir:

    J’ai été élu pour représenter les citoyens de Pittsburg. Pas de Paris.

    Le maire démocrate de Pittsburg a répondu sur CNN que « la ville [avait] voté à 80% pour Hillary Clinton » et qu’il [s’engageait] à continuer de réduire les émissions de dioxyde de carbone.

  • Raisons du retrait:

    L’accord de Paris est très injuste pour les Etats-Unis.

    En accord avec son programme électoral « America First », l’économie, les emplois, les citoyens et les contribuables américains ne seront plus pénalisés par un accord international.

  • Trump s’est dit ouvert à des négociations visant à redéfinir « de manière plus juste » les termes de l’accord mais l’Allemagne, l’Italie et la France s’y sont opposés dans une déclaration commune.
  • Trump a égratigné au passage son prédécesseur:

    L’accord a été mal négocié par l’administration Obama

    Lui et les Républicains sont déterminés à détruire tout ce qu’il a entrepris et accompli et ils y arrivent.

 

Les Réactions

  • On s’y attendait mais le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris est un coup de massue et le discours réactionnaire, belliqueux et nationaliste du président américain n’a rien arrangé.
    Hier après midi, une partie de l’Amérique est sous le choc
  • Une autre partie célébrait la « réaffirmation de la souveraineté de l’Amérique » et la défense de ses intérêts vis-à-vis du reste du monde: Breitbart, Fox News, National Review, le Wall Street Journal, Paul Ryan, le porte parole de la Chambre des Représentants, le chef de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell.
  • A la Maison Blanche, c’est une victoire pour Steve Bannon et les « nationalistes », qui regagne de l’influence contre les « modérés » représentés par Ivanka Trump, son mari Jared Kushner ou Gary Cohn.
    Scott Pruitt, directeur de l’Agence de Protection de L’environnement climatosceptique assumé et proche des industries polluantes, qui est intervenu après Trump hier après midi, est aussi l’un grand gagnant.

 

  • Elon Musk, le milliardaire fondateur des voitures électriques Tesla et Bob Iger, le président de Disney, ont décidé de quitter le conseil économique du président.
  • Barack Obama a dénoncé « un retour en arrière » de l’administration qui refuse d’admettre que le « secteur privé américain est majoritairement favorable aux énergies renouvelables ». Il appartient aujourd’hui aux Etats, villes et aux entreprises de montrer l’exemple.
  • Même constat pour Al Gore qui a qualifié la décision de Trump de « dangereuse et indéfendable » et appelé le peuple américain à continuer à défendre l’environnement.
  • Leonardo DiCaprio qui avait rencontré Ivanka Trump et le président-élu en novembre dernier pour tenter de prêcher la bonne parole à appelé à la résistance sur Facebook

 

Une première initiative « parallèle » ambitieuse

  • Selon le New York Times, une trentaine de maires, trois gouverneurs démocrates (Washington, New York, Californie), 80 présidents d’universités et une centaine d’entreprises et des entreprises américaines négocient avec les  Nations Unies pour atteindre les objectifs fixés dans l’accord de Paris sur le climat, malgré la décision de Trump.
  • Michael Bloomberg, l’ancien maire de New York, coordonne les efforts et affirme avec optimisme que les initiatives concertées des villes, des Etats et des industries peuvent surpasser l’objectif que s’étaient fixés les Etats-Unis de réduire de 25% d’ici 2025 les émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 2005:

    Un engagement parallèle qui transfère la gestion de la lutte contre le changement climatique du gouvernement fédéral aux niveaux inférieurs du gouvernement, aux Etats, au monde universitaire et à l’industrie.

  • Pour les entreprises qui ont soutenu le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, les bénéfices pourraient être bien moins importants que les critiques et le boycott des consommateurs, à l’intérieur du pays comme à l’étranger.

 

Le gouvernement vient de renoncer à l’accord de Paris pour des raisons purement électorales et d’affaiblir sa position de leader sur la scène international mais aussi à l’intérieur du pays où des acteurs politiques, associatifs, économiques et privés vont prendre la relève la lutte pour la protection de l’environnement.

Jared Kushner: le gendre idéal en eaux troubles

 

 

  • Jared Kushner, 35 ans, gendre de Donald Trump, ancien propriétaire de l’hebdomadaire The New York Observer et ancien président de l’entreprise familiale et immobilière, Kushner Companies, est devenu le conseiller politique le plus proche du président, dont les principales missions sont la paix au Moyen Orient et la modernisation du gouvernement fédéral américain.

 

  • Il est suspecté dans l’enquête du FBI sur d’éventuelles collusions entre les proches de Trump et les Russes pendant la campagne présidentielle à laquelle il a activement participé: Selon le Washington Post, il aurait demandé à l’ambassadeur russe début décembre 2016, d’instaurer un canal de communication secret entre l’équipe du président-élu et le Kremlin pour éviter d’être surveillé par les services de Renseignements américains.

 

  • L’image du gendre idéal, new yorkais libéral et modéré, qui avait les faveurs des médias est en train de se dissoudre au fur et à mesure des révélations et articles peu flatteurs:
    • Début mai, le Washington Post révèle que Kushner Companies essaye de convaincre des hommes d’affaires chinois d’investir dans un de leurs projets immobiliers du New Jersey en échange du « Golden Visa », un visa spécial offert à ceux qui investissent aux Etats-Unis. Le nom de Jared Kushner et Donald Trumps sont mentionnés durant le séminaire présenté par la soeur de Kushner à Pékin – et fermé aux journalistes.
    • Jared Kushner aurait gardé entre 167 et 569 millions d’actifs et propriétés au sein de Kushner Companies même s’il affirme avoir tout vendu avant d’entrer au gouvernement. Il en aurait effectivement vendu
    • « La carrière de Kushner dans le monde redoutable de l’immobilier new yorkais » est similaire à celle de Donald Trump: des banqueroutes, des connexions familiales et amicales qui le sauvent in extremis, des tactiques douteuses, et un appétit pour la vengeance.
      « Mais comme son beau-père, Jared est en train de se rendre compte que le monde des affaires est différent de celui de la politique et de Washington. »

 

  • Selon le New York Times, « la relation entre Kushner et Trump, la plus stable dans une West Wing très instable » est de plus en plus tendue pour différentes raisons:
    • C’est Jared Kushner qui aurait convaincu Trump de virer le directeur du FBI au mauvais moment, provoquant l’une des pires crises de la jeune présidence.
    • Les luttes d’influence entre Jared Kushner, le « globalist » et Steve Bannon, partisan du « nationalisme économique » au sein de la Maison Blanche ont alimenté les rumeurs et les fuites qui ont inondé les médias durant les premiers Cent Jours du président.
    • L’épisode de Pékin a « violé deux règles: Politiquement, en allant contre la politique d’immigration, et personnellement, car Kushner Companies a fait de l’argent sur le dos de Trump – un péché généralement d’une expulsion immédiate de son orbite. »
    • Le président n’a plus de problème à critiquer publiquement son gendre.

 

  • Les Démocrates ont demandé dimanche à ce que la « Security Clearance », l’habilitation à obtenir des informations confidentielles, lui soit retiré et ont demandé à l’interroger directement.

 

Maggie Haberman, la journaliste star de Washington

 

  • Après un article élogieux de CNN le mois dernier, c’est au tour du magazine Elle de faire le portrait de la journaliste Maggie Haberman, l’une des correspondantes du New York Times à Washington, devenue ces derniers mois, l’une des journalistes politiques stars de la capitale et du pays grâce à ses révélations quasi-quotidiennes sur le président.

 

 

  • Elle est née à New York en 1973, a commencé sa carrière en bas de l’échelle: diplômée d’une petite université, elle a débuté comme « copy kid » en 1996 pour le tabloïd New York Post, puis est partie travailler chez son concurrent du NY Daily News, début 2000, a rejoint Politico en 2010 avant d’être engagée par le New York Times en 2015 pour suivre la campagne de Donald Trump – qu’elle suivait depuis une dizaine d’années.

 

  • Citation:

    [Donald Trump] était tout le temps dans « Page Six » [la page mondaine du New York Post] durant les années 80 et 90 et il était souvent la personne au bout du fil qui se faisait passer pour « la source » proche de Trump [et alimentait les rumeurs sur lui].

 

  • Elle est devenue en 2016 la journaliste la plus lue du prestigieux quotidien new yorkais car la plus connectée de la campagne électorale: Elle enchaîne avec son collègue Glenn Trush les articles en une du New York Times et fait figure de héroïne du quatrième pouvoir.

 

  • Selon elle, les journalistes et Washington devraient digérer l’élection de Trump plutôt que de s’exclamer à chaque nouveau tweet, le couvrir « normalement » comme le personnage qu’ils ont suivi pendant la campagne, et qui a 70ans, ne changera pas:
     

    Il est qui il est, et ça ne changera pas. Et certaines situations seront forcément tendues. Mais qui il est est aussi la raison pour laquelle il a gagné même après la fameuse vidéo de Access Hollywood

  •  

  • Elle compare sa présidence « au mandat d’un maire de New York à la fin des années 80, début des années 90 » et essaye de rester la plus objective possible quand il s’agit d’écrire ou de parler de Trump, sans tomber dans la critique facile.

 

  • Annie Karni, une ancienne collège du New York Post:

    « La magie de Maggie Haberman est qu’elle est la reporter la plus influente à Washginton, alors qu’elle n’y habite même pas. C’était la journaliste la plus importante de la campagne de Trump sans avoir voyagé avec lui.  Elle est tellement connectée et bien informée qu’elle n’en n’a pas besoin. »

 

  • Si Haberman et Trush agacent profondément le président, c’est eux à qui le président va parler quand il veut s’exprimer.

 

Le Kiosque du 23.05.17

 

 

Au sommaire de ce mardi 23 mai 2017

1. « New Foundation for American Greatness »: Un projet mort-né
2. Victoire pour le droit de vote aux USA
3. Op-Ed: « le Rêve de Roger Ailes était mon cauchemar »
4. Le premier président « Facebook »
5. les thèmes de prédilection de Facebook et Google
6. les pratiques douteuses de Kushnerland

 


1. « New Foundation for American Greatness »: Un projet mort-né

    • Le contenu de la proposition budgétaire est aussi ambitieux et intenable que le titre pompeux qui lui a été donné: « New Foundation for American Greatness ».
      Selon l’administration Trump, la grandeur de l’Amérique consiste à équilibrer le budget du gouvernement fédéral ces dix prochaines années en réduisant les impôts des plus riches, en limitant les subventions destinées aux populations les plus défavorisées – sauf Medicaid, le programme de santé pour les personnes âgées.
    • Rendre une minorité plus riche et une immense majorité plus pauvre devrait selon les calculs de l’administration, booster l’économie et atteindre un taux de croissance annuel de 3%.
    • Le républicain Paul Ryan, porte parole de la Chambre des Représentants, n’a pas souhaité commenter la « plausibilité » d’une telle croissance de 3%, qui n’a pas été atteinte depuis les années 1990 et qui selon le Congressional Budget Office (CBO) devrait plafonner à 1,9% d’ici à 2021.
    • Mr Mulvaney, directeur de l’Office du Management et du Budget, a défendu un projet soit disant « dédié aux contribuables » car il vise davantage à soulager ceux qui payent les taxes (ceux qui travaillent, cqfd) qu’à se concentrer sur ceux qui les reçoivent.
    • Les chiffres: 3,6 trillions de dollars de réductions des dépenses sur dix ans, dont 1,7 trillions en moins pour les plus défavorisés, et presque 800 milliards de dollars de dépenses en moins pour l’assurance maladie.

2. Victoire pour le droit de vote aux USA

    • Décision importante prise par la Cour Suprême des Etats-Unis lundi concernant le droit de vote aux Etats-Unis rendue possible grâce au ralliement de Clarence Thomas, le plus conservateur des juges à ses quatre confrères libéraux (Sotomayor, Kagan, Ginsburg et Breyer)
    • La Cour Suprême a confirmé l’annulation du découpage électoral de deux districts de Caroline du Nord qu’elle a jugé inconstitutionnel car reposant sur une logique raciale, celle de regrouper des électeurs afro-américains dans quelques districts pour diminuer leur pouvoir électoral sur l’ensemble de l’Etat
    • Le découpage ou « charcutage » électoral à des fins partisanes, ou « gerrymandering » aux Etats-Unis, permet tous les dix ans à la majorité en place dans les législatures d’Etats de redessiner les districts en fonction de l’évolution démographique: Tous les districts doivent avoir le même nombre d’électeurs pour garantir un équilibre électoral.
    • Si la Constitution tolère les logiques partisanes, elle vient d’interdire le découpage racial au nom du 14ème Amendement qui oblige les Etats à offrir les mêmes droits aux citoyens quels que soient leur origine
    • Des nombreux communautés afro-américaines des Etats du Sud ont souffert de ces découpages qui assurent aux Républicains d’assurer une majorité au sein de la législature même s’ils sont minoritaires en nombre d’électeurs.
    • C’est la deuxième victoire des Démocrates de Caroline du Nord après que la Cour Suprême a refusé une demande d’appel visant à renforcer les lois électorales, notamment les conditions d’identification des électeurs, qui touchent généralement les populations minoritaires et pauvres.

3. Op-Ed: « le Rêve de Roger Ailes était mon cauchemar »

  • Tribune de Monica Lewinsky dans le New York Times, qui n’est pas une nécrologie de Roger Ailes mais plutôt « de la culture qu’il a nourrie – une culture qui m’a affectée profondément et personnellement. »

    « Alors que les informations télévisées se transformaient en Colisée moderne, internet est arrivé et a aggravé cette culture de la honte et de haine.
    Rappelez-vous: L’histoire de ma relation n’est pas sortie du Washington Post, du New York Times, ou des réseaux câblés, mais en ligne tout droit sortie du Drudge Report.
    Les commentaires à la télévision et en ligne étaient insoutenables (…) Quelques jours après les révélations [de sa relation avec Bill Clinton], Fox News a demandé à ses téléspectateurs si Monica Lewinsky était une fille normale ou une jeune salope qui aimait les frissons »

     

  • La culture de l’humiliation, celle qui récompense ceux qui s’attaquent aux vulnérables pour rapporter des clics et de l’audience est née à cette époque, et l’affaire Lewinsky a permis à Fox News de se faire connaître des téléspectateurs américains  – elle n’avait que deux ans à l’époque.

    So, farewell to the age of Ailes. The late Fox chief pledged Americans fair and balanced news. Maybe now we’ll get it.

     

  • * « Monica Lewinsky: Roger Ailes Dream Was My Nightmare »The New York Times

4. Le premier président « Facebook »

    • Donald Trump

      « Trump est notre premier président Facebook.
      Son équipe a compris comment utiliser tous les outils marketing de Facebook, et de Google, les deux plus importantes plate-formes au monde pour réussir à vendre un candidat que la majorité des Américains ne voulait pas. »

    • Ils ont compris que certains nombres importaient davantage que d’autres – dans ce cas là, le nombre d’électeurs en colère, qui habitent les campagnes, et qui se sentent laisser pour compte et qui pourraient voter pour Trump – et que Facebook a offert des méthodes efficaces pour les trouver et les attirer vers eux. »
    • « Si cela représente l’avenir des campagnes électorales, ça représente également la façon de gouverner de Trump. »
      Au début des primaires, [le directeur de la campagne numérique de Trump, Brad] Parscale a lancé une opération numérique en achetant pour deux millions de dollars de publicités sur Facebook, la totalité de son budget de l’époque. Il a ensuite rentré tous les supporters connus de Trump dans la plate-forme publicitaire et en utilisant un outil Facebook qui permet de cibler certaines clientèles, a sélectionné les mêmes utilisateurs que ceux enregistrés, selon leur race, genre, ethnies, locations.
    • Grâce à Facebook, et à ses prix relativement bas, la campagne de Trump a été capable d’utiliser des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de différentes campagnes de pub.

5. les thèmes de prédilection de Facebook et Google

  • Facebook & Google dominent à eux deux le trafic internet: il est impossible pour un éditeur de toucher un public sans passer par eux même s’ils n’engrangent que 14% de leur revenus sur les deux plate-formes.
  • Les deux compagnies dominent dans des thèmes différentes:
    • Facebook domine les style de vie, le divertissement, les évènements locaux, les élections présidentielles, crimes, sécurité nationale
    • Google domine dans l’économie mondiale, politique locale, les sports, finances et business et offres d’emplois.



6. les pratiques douteuses de Kushnerland

    • Philip Montgomery for The New York Times

      JK2 Westminster est une société de gestion de biens immobilier qui possède huit mille appartements dans le Maryland, filiale d’une compagnie immobilière new yorkaise bien plus importante, Kushner Companies, dirigé par un jeune homme de 35 ans, Jared Kushner, qui l’a hérité de son père Charles, qui l’a lui-même hérité de son père, un survivant de l’holocauste, Joseph, qui a fait fortune dans cette industrie après son arrivée aux Etats-Unis à la fin de la guerre.

    • Comme Trump, la famille Kushner a commencé modestement: Joseph gérait de petites habitations abordables dans le New Jersey, Charles a investi dans des espaces industriels et commerciaux et enfin l’héritier, Jared, a déplacé ses intérêts vers New York à travers deux transactions immobilières très rentables à Manhattan et à Brooklyn en 2011.
    • Kushner Companies a décidé de continuer à investir dans de plus petits projets, plus abordables, dans une douzaine de villes de la Rust Belt et JK2 Westminster dispose aujourd’hui plus de 20 000 appartements.
    • Dans le Maryland, JK2 Westminster Management a déposé 548 plaintes en cours contre ses locataires pour impayés, dont certains précèdent l’acquisition de Kushner, sans compter celles qui ont été réglées.
      Neuf fois sur dix, les juges ont plaidé en faveur de la compagnie, et ces pratiques qui visent à collecter, parfois de manière injustifiée, des remboursements, sont utilisées dans d’autres complexes immobiliers des Kushner.
    • « Quel est l’intérêt pour les compagnies Kushner de poursuivre des centaines de personnes de manière si agressive pour quelques milliers de dollars, qui passent en frais d’avocats? Pour envoyer un message aux nouveaux locataires de ne pas essayer de ne pas payer.
    • La réaction des locataires ou anciens habitants en apprenant qu’il s’agit de Jared Kushner, le gendre du président: « Ce Jared Kushner? Oh mon dieu, et moi qui pensait que c’était le gentil »

Photos: La vie dans une capsule à remonter le temps

Article du Wall Street Journal sur cette tendance dans l’immobilier qui consiste à vendre des maisons dans l’état initial dans lequel elles ont été construites, pur produit des années 60 ou 70 avec la mode de l’époque.
De belles photos
* « Life Inside a Time Capsule » – The Wall Street Journal