Le kiosque du 11.05.17: « ComeyGate » – Black Lives Matter à maturité – « Woke comedians » – Une espérance de vie: les écarts se creusent

 

 

Dans le kiosque du jeudi 11 mai 2017 – New York:

1. Tout savoir sur le ComeyGate
2. ComeyGate: Vers une crise constitutionnelle?
5. Black lives matter, une force politique
6. Les écarts d’espérance de vie se creusent aux Etats-Unis
7. « The Age of the Woke Late-Night Show Comedians »

 

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1. Tout savoir sur le ComeyGate

Voici ce qu’il faut retenir jeudi de la crise la plus importante que traverse la Maison Blanche cette semaine:
 

  • Mardi après midi, Donald Trump a signé le renvoi immédiat du directeur du FBI, sans prendre le soin de l’appeler – ce dernier a appris à la télé de Los Angeles – après avoir suivi les « recommandations » du ministre de la Justice, Jeff Sessions, et de son adjoint, Rod Rosenstein, en place depuis seulement deux semaines, qui ont conclu que Mr Comey n’avait pas bien dirigé l’enquête sur les emails d’Hillary Clinton, close en juillet dernier et avait compromis l’intégrité de l’agence de renseignements, accusée de soutenir la candidate démocrate.
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  • La Maison Blanche a affirmé mercredi que Trump comptait en fait renvoyer Comey depuis novembre et que les conclusions de Mr Rosenstein, prises en tout indépendance, avait précipité les démarches.
    Selon Maggie Haberman du New York Times, Donald Trump n’a pas supporté l’attitude « insoumise » de Comey à son égard ces derniers mois:
     

    • Contredire les accusations lancées début mars sur Twitter contre Barack Obama qui l’aurait mis sur écoute pendant la période de transition.
    • Reconnaître publiquement l’existence d’une enquête sur d’éventuels liens entre son entourage et les Russes pendant la campagne présidentielle.
    • Admettre la semaine dernière que l’idée de l’avoir aidé à remporter les élections – en rouvrant l’enquête sur les emails de Clinton à onze jours du scrutin – lui faisait mal au coeur.

       

      Pour un président obsédé par la loyauté, Mr Comey est apparu comme un agent sans scrupules en qu’il n’avait aucune confiance, encore moins pour diriger une enquête sur les relations de son entourage avec Russie pendant les élections. Pour un homme de loi obsédé par son indépendance, Mr Trump était l’électron libre capable de propos irresponsables sur Twitter qui aurait pu mettre en cause la crédibilité du bureau.

       

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    Ce renvoi inattendu a pris de court la Maison Blanche
    qui avait du mal à s’entendre hier sur les raisons et le timing de cette décision: Pourquoi ne pas avoir viré Comey juste après les élections? Y a-t-il un rapport avec le cours de l’enquête du FBI?

    Sean Spicer s’est retrouvé caché mercredi soir dans les buissons de la White House pour essayer d’échapper aux journalistes à qui il a fini par répondre dans la nuit noire.
    Son adjointe, Sarah Huckabee, qui l’a remplacé en conférence de presse, et parlé des « atrocités » commises par Comey.
    Enfin on a le droit au retour de Kellyanne Conway, conseillère zélée du président, dont la prestation a fait une fois de plus le tour d’internet.
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  • Trump a utilisé l’erreur de Mr Comey la semaine dernière – il a accusé la conseillère de Clinton, Huma Abedin, d’avoir forwardé des milliers de emails contenant des informations confidentielles à son mari alors qu’il ne s’agissait en fait que de deux chaînes de emails – pour le virer contre l’avis de ses plus proches conseillers.
    On sait que le président a appelé Jeff Sessions et Rod Rosenstein lundi pour préparer le mémo qui justifie le renvoi de Comey
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  • Le président a été surpris du tollé de critiques provoqué par ce renvoi, surtout de la part des Démocrates qui, selon lui, auraient renvoyé directement Comey si Hillary Clinton avait été élu.
    Explication reprise en coeur par les proches du président et républicains hier après midi.
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  • Pour rajouter un peu plus d’huile sur le feu, il a rencontré hier dans le bureau ovale le ministre des Affaires Etrangères russe et son ambassadeur à Washington, à la demande de Vladimir Poutine.
    Rencontre à laquelle était convié les journalistes russes mais interdite aux journalistes américains.

     
    The Wall Street Journal – Edition du jeudi 11 mai 2017

 

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2. ComeyGate: Vers une crise constitutionnelle?

Comment la Maison Blanche peut-elle sortir de ce pétrin?
 

  • Pour les Républicains et la Maison Blanche, la crise n’existe que dans la tête des Démocrates pour affaiblir le président car après tout « ni les Américains, ni les Parlementaires, ni même les employés du FBI n’avaient confiance en Comey » et il « avait urgence à rétablir l’honneur du Bureau ». 
    Le président rechercherait activement un nouveau directeur qui devra être confirmé par le Sénat. On voit mal le successeur de Comey être aussi agressif s’agissant de l’enquête du FBI sur l’entourage du président.
    De nombreux républicains et les proches du président continue d’affirmer qu’il « n’y a rien à voir » et qu’on « devrait passer à autre chose ».
    Charles Krauthammer, commentateur conservateur respecté demande Condolezza Rice
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  • Une trentaine de parlementaires et sénateurs républicains ont pourtant exprimé des doutes sur les véritables intentions du président et une poignée a demandé la nomination d’un procureur pour poursuivre l’investigation, exigée par les Démocrates
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  • Pour l’opposition, Trump a renvoyé Comey parce qu’il n’avait aucune intention d’arrêter l’enquête sur les liens entre son entourage et le Kremlin pendant la campagne: L’ancien directeur du FBI a d’ailleurs demandé lundi aux membres du Sénat et à Rod Rosenstein de moyens pour approfondir cette enquête.
    C’est Mr Rosenstein qui a « officiellement » demandé son renvoi mercredi.

    C’est le troisième haut fonctionnaire de la sphère judiciaire, après Sally Yates et Preet Bharara a être viré après s’être approché de trop des affaires de Trump avec la Russie, et qui ne fait que renforcer les soupçons.
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  • Les Démocrates ont demandé au ministre adjoint de la justice, Rod Rosenstein (et non pas à Jeff Sessions qui s’est récusé de toute enquête sur la campagne du président) de nommer un procureur indépendant qui puirsuive le travail laissé par Comey. S’il refuse, on pourrait s’attendre à un regain de critiques et l’opposition et de la presse
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  • Deux enquêtes sur l’ingérence russe en cours au Congrès américain dirigées par les commissions parlementaires et sénatoriales du Renseignements sous l’autorité des Républicains.
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  • On devrait s’attendre a de nombreuses fuites du FBI sur l’administration Trump 

 

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3. Not good

Le dernier sondage de Quinnipiac University donne 36% d’opinions favorables au président Trump – et c’était avant le ComeyGate.

 

 

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4. Ou placer le renvoi de James Comey dans ces cent premiers jours?

Merci le New York Times!

Tous les actions du président Trump depuis son investiture

 

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5. Black lives matter, une force politique

blacklivesmatter.com
  • La répression sévère des forces de police et de la justice contre les manifestants, encouragée par la Nouvelle Administration a poussé le mouvement Black Lives Matter à réorganiser sa lutte: Moins de présence dans la rue et plus d’efforts sur le discours et la mobilisation politiques
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  • D’autres groupes, immigrés, femmes et musulmans, devenus ces derniers mois la cible des politiques de Trump sont aujourd’hui défendus par Black Lives Matter qui essaye d’attirer le plus grand nombre de « progressistes » vers leur mouvement pour devenir une force électorale capable de combattre une administration, décidée à casser les efforts entrepris par Obama pour réformer les pratiques de la police et retourner à l’incarcération de masse.
    Leurs revendications intègrent également des thèmes plus sociaux et économiques comme le salaire minimum ou les droits des femmes.
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  • Contrairement à « Occupy Wall Street », Black Lives Matter, un mouvement purement contestataire né lui aussi dans la rue est en train de devenir une force politique  qui compte aujourd’hui une cinquantaine d’antennes à travers le pays.
    « C’est à travers ce travail que les priorités d’un mouvement – comme l’usage obligatoire de caméra sur les gilets par balles – deviennent une norme nationale » et c’est de cette façon que les mouvements efficaces fonctionnent ».
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  • * « Turning away from street protests, Black Lives Matter tries a new tactic in the age of Trump » – The Washington Post

 

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6. Les écarts d’espérance de vie se creusent aux Etats-Unis

  • Le JAMA Internal Medicine a publié lundi un rapport sur l’espérance de vie des Américains et noté des écarts de presque vingt ans entre certaines régions du pays: elle dépasse les 85 ans dans le milieu du Colorado, et les 80 ans sur la côte californienne, le nord est du pays, le nord du Midwest, le sud de la Floride.
    Elle peut tomber jusqu’à 70 voire 65 ans dans certains comtés du Dakota du Sud (réserves indiennes), le long du fleuve Mississipi (Mississipi, Arkansas, Louisiane), dans l’Alabama, le Kentucky et la Virginie Occidentale: des régions marquées par le chômage, le manque d’éducation, la pauvreté, un accès limité aux soins médicaux et des habitudes de vie qui n’arrangent rien, cigarette, manque d’exercice, et l’épidémie de drogues.
Espérance de vie à la naissance en 2014 aux Etats-Unis

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7. « The Age of the Woke Late-Night Show Comedians »

 

 

Les Late-Night Shows américains en feraient-ils trop contre Donald Trump et est-il possible aujourd’hui de faire rire sans s’attaquer au président?
 

  • L’élection de Donald Trump a changé en quelques mois le visage de l’Amérique et obligé de nombreux personnalités médiatiques, notamment à la télévision, à prendre parti pour ou contre le nouveau président – même la chaîne sportive ESPN est accusée de prosélytisme par les Conservateurs.
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  • Ceux qui souhaitent rester neutre ou en dehors de la fièvre partisane le payent très cher à l’instar de Jimmy Fallon, le gentil bouffon de NBC qui a remplacé le légendaire et très conciliant Jay Leno dans l’un des programmes phares de la chaîne, « The Tonight Show » diffusé tous les soirs à 23h30.
    Depuis le 8 novembre dernier, ses parts d’audience ont chuté au profit d’autres Late-Night Shows bien plus politisés (Stephen Colbert, Jimmy Kimmel, Trevor Noah, Seth Meyers…).
    La raison est simple: Jimmy Fallon ennuie les téléspectateurs qui ont désormais besoin de leur shot quotidien de politique, si possible contre le président Trump. Face à ces exigences, le « gentil Fallon, pas compliqué et inoffensif » qui continue d’amuser la galerie et ses invités avec ses sketchs niais, devinettes et karaoké semble presque anachronique, voire désuet.
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  • La présidence de Trump a inauguré l’ère des comédiens de fin de soirée « engagés » (« woke ») dans la vie publique et politique: Selon une étude de George Mason University, Trump durant les cent premiers jours aurait fait l’objet d’un milliers de blagues, d’attaques ou de sketchs sur le petit écran, un chiffre énorme surtout qu’il reste encore 41 mois à passer.
    Le divertissement très politisé porté par Jon Stewart depuis le début des années 2000 triomphe aujourd’hui sous la présidence de Trump contre celui plus potache de Jay Leno: Les « woke late-night show comedians » qui comptent en ce moment sont tous d’anciens acolytes de Stewart et politiquement agressifs: Stephen Colbert, Samantha Bee, John Oliver et Trevor Noah
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  • * « Jimmy Fallon, Late Night’s least woke comedian » – Newsweek
    * « Joke’s on him Study shows Trump subject of most late night quips in early presidency »  – Politico

 

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8. Les unes des quotidiens mercredi 10 mai 2017

Pour comprendre le séisme politique du ComeyGate

Blackout à la Maison Blanche

 

La Maison Blanche a annoncé vouloir garder confidentiel le registre de ses entrées et sorties.

 

La polémique parait anodine mais elle pose problème et pas seulement chez les Démocrates, les Républicains ont également critiqué la décision de la Maison Blanche vendredi de ne plus diffuser la liste des visiteurs de la White House, une pratique instaurée par Barack Obama par souci de transparence au début de son premier mandat.

Les représentants de la Maison Blanche ont invoqué des questions de sécurité nationale, l’argument infaillible pour justifier une cette chape de plomb qui entoure désormais « les travaux au jour le jour du gouvernement ».

Pour une administration, dont les relations avec la presse sont au plus au mal, dont certains membres ont dû démissionner après avoir menti publiquement (l’ancien conseiller à la sécurité nationale, le général Michael Flynn) et dont l’un des Représentants, Devin Nunes, a du se récuser d’une enquête parlementaire (sur l’influence russe pendant les élections présidentielles) après avoir été justement dénoncé par ces « visitor logs », la décision ne fait que renforcer la méfiance des journalistes, parlementaires et de l’opposition à son encontre.

Tom Blanton, le directeur des Archives de la Sécurité Nationale qui garde tous ces documents, a démenti l’argument de confidentialité avancé par la Maison Blanche et a décidé de porter plainte pour pouvoir avoir accès à l’ensemble des visites ayant eu lieu à la résidence présidentielle, mais aussi à la Trump Tower de New York et à Mar-a-Lago, le club privé de Floride où le président passe tous ces weekends.

Un site du gouvernement, open.whitehouse.gov qui offrait ces informations en ligne, trois mois après les visites, ainsi que les salaires et déclarations financières des employés, va fermer prochainement, sous prétexte que c’est un « gâchis de l’argent du contribuable ».

Interrogé hier sur cette décision, Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche a d’abord attaqué Obama en expliquant qu’il s’agissait d’une « fausse transparence du gouvernement » car la précédente administration « effaçait les noms de ceux qu’elle ne voulait pas voir diffuser publiquement ». Il se réfère à certaines « exceptions » concernant des meetings « sensibles » ou liés à des problèmes de sécurité nationale.

Mr Spicer s’est également « défendu de poursuivre la tradition des précédentes administrations depuis le début » – à l’exception de Barack Obama.

Coincidence ou non, la décision a été prise la veille de la Tax March, suivie dans des dizaines de villes du pays pour demander à Donald Trump de rendre public ses déclarations – une promesse qu’il avait faite en cas de victoire.
Là encore, Mr Spicer a réitéré les arguments du président, démentis par l’IRS (l’inspection des impôts américaines) selon lesquels il ne peut diffuser ses fiches d’impositions car elles font l’objet d’un audit. 

Un audit n’interdit pas à Trump de diffuser ses déclarations d’impôts. La Maison Blanche a également refusé de rendre public les audits des impôts du président.

La décision de la Maison Blanche est tout à fait légale mais elle suscite davantage d’interrogations de la part des journalistes sur le manque de transparence de l’Administration qui va naturellement les pousser à essayer trouver ce qu’elle chercherait à cacher, et qui ne devrait en rien arranger de leurs relations.
* « White House to keep its visitors logs secret » – The New York Times
* « Trump finds himself on the defensive on a pair of government transparency issues » – Washington Post

Jeudi 16 mars 2017: Une morgue ambulante – Parano à la Maison Blanche – Richard Simmons a disparu – Trump & Twitter –

  • Révisée, soumise à nouveau et rejetée une nouvelle fois

    Un juge de Hawaï a suspendu une nouvelle fois, la seconde Travel Ban proposée par la Maison Blanche après la suspension en février dernière de la première version par la cour fédérale de San Francisco.
    Un revers de plus contre la politique anti-immigration de l’administration Trump qui prévoyait l’interdiction d’entrée sur le territoire américain de tous les réfugiés pendant un an, de tous les ressortissants de six pays musulmans pendant trois mois – à l’exception de ceux détenteurs de visas ou de carte verte. Le juge a déclaré que le décret de Trump violait la clause religieuse de la Constitution américaine. L’intéressé a déclaré dans un meeting dans le Tennessee hier qu’il s’agissait « d’un abus sans précédent du pouvoir judiciaire » sur le pouvoir exécutif

    Aucun idée si la Maison Blanche compte persévérer et offrir une troisième version encore plus « diluée »?

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  • Trump discute Twitter sur Fox News –

    Lors d’une interview diffusée hier soir sur sa chaîne préférée, Fox News, le journaliste Tucker Carlson a demandé au président s’il était avisé par un conseiller avant de tweeter, ce à quoi le président a répondu:

    Je pense que je ne serai pas ici si c’était grâce à Twitter, parce qu’il y a tellement de fausse presse autour de moi, de presse malhonnête. Si vous regardez – je n’inclus pas Fox News parce qu’ils ont été assez justes avec moi, mais si vous regardez CNN, et ces autres réseaux, NBC – j’ai rapporté une fortune à NBC avec « The Apprentice ».
    Je suis arrivé quand ça ne marchait pas du tout, et je l’ai transformé en l’un des reality shows les plus connus de tous les temps. J’ai fait 14 saisons. Et vous avez vu ce qu’il se passe quand je n’y suis plus? [le show a été repris par Schwarzenegger puis annulé la semaine dernière]
    Vous avez vu que le show était un désastre.
    J’ai aidé NBC et ils sont horribles avec moi. La façon dont ils me traitent est horrible. CNN, ABC, regardez ce qu’il se passe. Ces faux médias, cette fausse presse. C’est une honte

    La plupart des infos sont malhonnêtes. Donc quand j’ai cent millions de personnes qui me suivent sur Twitter, Facebook, Instagram, POTUS, et plein d’autres choses, c’est comme si j’avais ma propre forme de médias. 
    Donc si je tweete deux ou trois ou quatre ou cinq fois par jour, et que la plupart sont positifs – et je veux que la plupart soient positifs – mais si je fais une erreur par mois, celle-ci [Accuser Obama de l’avoir mis sur écoute], je pense pas que cela prouve que ce soit une erreur en général.

     

    Donc, Trump utilise les médias sociaux comme sa propre source d’information et il a reconnu avoir fait une erreur en accusant Barack Obama de l’avoir mis sur écoute.

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  • Parano à la Maison Blanche

    Rien ne va plus à la Maison Blanche.
    Non pas que la situation n’ait jamais été normale mais les fuites qui inondent 1600 Pennsylvania Avenue rendent tout le monde parano rapporte hier le magazine Politico:

     

    « Une culture de la paranoïa est en train d’envahir l’administration Trump, avec des équipes de plus en plus préoccupées par ceux qu’ils perçoivent comme leurs ennemis – au sein de leur propre gouvernement ».

    L’administration est rongée par les suspicions entre factions rivales autour du président (les outsiders comme Steve Bannon et Stephen Miller contre les « Républicains » comme Reince Priebus ou Sean Spicer), contre le « Deep State », ces agents militaires et du renseignement accusés de vouloir détruire Donald Trump, ou vis-à-vis des simples fonctionnaires de carrière…

    Les téléphones professionnels sont soupçonnés d’être mis sur écoute et ceux personnels laissés à la maison par crainte d’être l’objet d’un contrôle inopiné – même si Sean Spicer a démenti mardi ce genre de pratiques.
    Un climat toxique qui empêche une atmosphère de travail normal et le recrutement de nouveaux agents qui pourraient être soupçonnés de travailleur contre le président.
    La CIA est ligne de mire de ces accusations d’espionnage, de mises sur écoute et de fuites contre Donald Trump, surtout après les fuites de Wikileaks qui ont révélé l’étendue de l’appareil de cyber-espionnage.
    Quand à la presse, il est formellement interdit de communiquer avec elle, sous peine d’être viré sur le champ.

    * « People are scared: paranoïa seizes Trump’s White House »Politico

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  • Le Podcast déjà culte « Missing Richard Simmons »

    Richard Simmons, c’est un peu l’équivalent de Veronique et Davina si elles avaient continué leur cours de fitness jusqu’à aujourd’hui: Une célébrité hollywoodienne depuis plusieurs décennies, grâce à ses célèbres cours de fitness à 12 dollars de l’heure qu’il donnait dans son studio Slimmons de Beverly Hills, fermé en novembre 2016.

    Voici l’introduction du Podcast, assez alléchante:

    Le 15 février 2014, le gourou du fitness Richard Simmons a disparu.
    Il a arrêté de donner ses cours d’exercice à Slimmons, n’a plu contacté ses amis les plus proches, et s’est retiré du monde après avoir été considéré pendant des années comme l’une des stars les plus accessibles au monde.
    Plus personne n’a entendu parler de lui – et personne ne sait pourquoi est-ce qu’il est parti.
    Le réalisateur Dan Taberski était un ami de Simmons et client régulier à Slimmons.
    Missing Richard Simmons est l’enquête effectué par Dan pour retrouver Richard – et plus il creuse, plus ça devient étrange.

    Le Podcast remporte un succès fou et a même été comparé au fameux Serial, cette enquête très sérieuse sur une possible erreur de justice, qui a entraîné la réouverture du procès de Adnan Syed.
    Sauf qu’ici, Richard Simmons est bien vivant, il a juste décidé de changer de vie et un réalisateur s’obstine aujourd’hui à savoir pourquoi – les rumeurs sont allées bon train depuis des années.
    Une démarche « moralement douteuse » pour le New York Times qui se demande qu’est ce que ça peut apporter à Mr Taberski de savoir ce qui arrive à Richard Simmons, qui a clairement fait comprendre qu’il voulait préserver son anonymat. De la curiosité mal placée? En tout cas ça cartonne!

    * « Missing Richard Simmons, the Morally Suspect Podcast » New York Times

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  • Une morgue ambulante dans l’Ohio pour faire à l’épidémie d’héroïne

    La morgue d’un comté de l’Ohio, en pleine coeur de l’épidémie d’héroïne qui frappe le pays, n’a plus les moyens logistiques d’accueillir davantage de cadavres et a recours en attendant à une « morgue mobile » fourni par le département de la Santé de l’Etat.
    La plupart des décès sont provoqués par des overdoses d’héroïne (20% de plus que l’année précédente), après les accidents de voiture et suicides. 
    C’est la quatrième morgue mobile utilisée dans le comté de Stark, peuplé de 375 000 habitants et d’autres Etats du pays doivent utiliser ces mesures d’urgence pour faire face à cette épidémie. 
    Cinq états avaient un taux de mortalité par overdoses plus élevé que l’Ohio en 2015: La Virginie Occidentale, Le New Hampshire, Kentucky, Ohio et Rhode Island selon le Center for Disease Control and Prevention

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  • Couverture du jour

    Bloomberg Businessweek se penche cette semaine sur l’empire Domino’s Pizza avec cette couverture tonitruante et un reportage passionnant sur une compagnie évaluée à 9 milliards de dollars.

Lundi 27 février 2017: Oscars Ewww ; Spicer fouille ses employés; les agents d’immigration revigorés et l’historien Henry Rousso + Un

  1. Les Oscars – Erreur du siècle!

    * Très bon discours d’introduction de Jimmy Kimmel qui a mis les choses au clair dès le début en affirmant qu’il n’allait pas faire de grandes déclarations contre le président et appeler les conservateurs et républicains à discuter les uns avec les autres pour « Make America Great Again ».
    Il s’est quand même attaqué à Donald Trump (« Vous vous rappelez l’année dernière quand on disait les Oscars étaient racistes?) ou sa fille (il a demandé à Meryl Street si sa robe avait été créée par Ivanka? ») à plusieurs reprises: 
    Après deux heures de show, il a tweeté Donald Trump en direct: « Meryl [Streep] says Hi! »

    * Mahershala Ali est le premier musulman et afro-américain a gagné un Oscar pour le film « Moonlight ».

    * Viola Davis gagne l’Oscar du second rôle féminin pour le film « Fences » de Denzel Washington.
    C’est la première actrice afro-américaine à avoir gagné un Oscar, un Emmy et un Tony Awards.
    * Les critiques de Kimmel contre Matt Dammon et Ben Affleck étaient géniales – La meilleure est celle où les deux n’ont pas pu présenter l’Oscar du meilleur scénario, coupés volontairement par la musique de fin de discours orchestrée par Kimmel avant que « Manchester by the Sea » gagne l’Oscar! Awesome!

    * L’Oscar du meilleur film étranger décerné à « The Salesman » du réalisateur iranien Asghar Farhadi, d’origine iranienne, l’un des sept pays touchés par la travel ban de Donald Trump suspendue par la Cour d’appel de San Francisco il y a deux semaines.
    Mr Farhadi a décidé au nom du peuple iranien de ne pas voyager aux Etats-Unis pour la cérémonie.

    * Signe de ralliement anti-Trump et pro-ACLU est le petit ruban bleu porté par Lin-Manuel Miranda (auteur, compositeur interprète de la comédie musicale Hamilton).
    * Karl Lagerfeld s’est excusé publiquement auprès de Meryl Streep qu’il a accusé jeudi dans le magazine Women’s Wear Daily d’avoir demandé un robe au créateur puis changé de styliste pour être rémunéré pour porter sa création sur la tapis rouge. Cette dernière n’a pas accepté les excuses du designer.
    * Kirsten Dunst magnifique toute en noire dans une robe signée Christian Dior…
    * Meilleur court documentaire pour « White Helmets », les civils syriens qui travaillent depuis six ans à Alep pour aider les civils blessés dans les bombardements.

    * Warren Beatty s’est trompé en annonçant le meilleur film de la 89ème cérémonie des Oscars. L’acteur de « Bonnie & Clide » accompagné de Faye Dunaway, a annoncé « La La Land » comme meilleur film.
    Les acteurs, producteurs et le réalisateur sont montés sur scène pour accepter le prix, ont remercié le public avant que le producteur affirme, contre toute attente, que le prix était en fait décerné à « Moonlight » devant la gêne de Mr Beatty et l’embarras de Mr Kimmel.
    Il semblerait qu’on ait donné la mauvaise enveloppe à Warren Beatty, celle de la meilleure actrice

    « Moonlight » a remporté l’Oscar du meilleur film de la 89ème édition des Academy Awards.



  2. Fuites à la Maison Blanche: Les mesures draconiennes de Spicer révélées à la presse.

    La tentative désespérée de Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, d’arrêter les fuites provenant de sa propre équipe, a elle même fait l’objet d’une fuite, rapportée dimanche après midi par Politico – qui a fait le tour des médias en quelques heures.
    La semaine dernière, le président n’a pas caché sa frustration contre les fuites incessantes de son administration, du FBI et d’autres agences fédérales qui font les choux gras de la presse traditionnelle – celle que Trump appelle « fake news » – depuis son inauguration en janvier dernier.
    Sean Spicer a voulu montrer l’exemple en réunissant en urgence son équipe et demandant à tous les employés présents de donner leur téléphone portable, professionnels et personnels et appareils électroniques pour vérifier leurs communications – et prouver qu’ils n’ont rien à cacher.
    Mr Spicer, accompagné d’avocats, a indiqué qu’il était désormais interdit d’utiliser des applications de textos, style Confide – Voir revue de presse du 9 février 2017 – crypté et s’effacent automatiquement après lecture sans possibilité de le récupérer.
    Ce dernier a également indiqué que des répercussions auraient lieu si le contrôle révélait des fuites et si la tenue du meeting était révélée à la presse.

    L’atmosphère est tendue à la Maison Blanche, les employés de Sean Spicer craignent de perdre leur emploi, et sont régulièrement l’objet de critiques et d’accusations.

  3. Les agents de l’immigration revigorés

    L’article de New York Times paru dimanche en première page du quotidien décrit le zèle des agents de l’Immigration and Customs Enforcement dans la chasse aux immigrés en situation irrégulière depuis le renforcement de la politique anti-immigration du président.
    « Des représentants à Washington affirment que le changement [de priorités entre la période Obama, concentrée sur l’arrestation et la déportation de membres de gangs et criminels et celle de Trump qui veut s’attaquer à des millions de sans papiers] et l’enthousiasme qui l’accompagne semble avoir encouragé des commentaires politiques pro-Trump, plaisanteries déplacées et va-t-en guerre comme les remarques sur leur travail qui serait devenu « drôle »; enfin ceux qui ont choisi une position moins dure sur les immigrés en situation irrégulière seraient condamnés au silence. »
    Ils sont 20 000 employés à travailler (et 10 000 supplémentaires doivent être recrutés) dans 400 offices du pays et 46 pays étrangers, essentiellement blancs et masculins, anciens soldats ou policiers.
    Les raids de l’ICE ont généralement lieu avant le lever du soleil pour éviter d’être repérés et peuvent être traumatisants pour les enfants qui assistent à l’arrestation de leurs parents par des officiers munis de gilets pare-balles et d’armes semi-automatiques. De nombreuses associations de protection des droits de l’homme ont dénoncé l’arrestation arbitraire d’immigrés qui n’ont jamais inculpés auparavant: « Des témoins peuvent être appréhendés s’ils sont suspectés de ne pas être en règles, et même s’ils n’ont commis aucun crime, des « arrestations collatérales ».
    A lire: « Immigration Agents Discover New Freedom to Deport under Trump »

  4. Le calvaire d’un historien français à l’aéroport de Houston, Texas

    L’historien Henry Rousso a publié ce weekend une tribune (« Les Etats-Unis sont-ils toujours les Etats-Unis« ) dans le Huffington Post expliquant les conditions de son arrivée à l’aéroport de Houston, au Texas, où il l’universitaire était l’invité d’un colloque à la Texas A&M University. Mr Rousso a été l’objet du zèle des agents d’immigration de l’aéroport – une expérience que beaucoup d’expatriés ont déjà vécu – qui lui ont confisqué passeport et téléphone portable, interrogé à plusieurs reprises, obligé à prêter serment, lui ont annoncé qu’il était rentré sur le territoire dans une situation illégale, et qu’il serait renvoyé manu militari en France.
    Il aura fallu l’intervention des autorités de l’université pour libérer Mr Rousso après dix heures passées coincé à l’aéroport.

    Pourquoi le contrôle aléatoire est-il tombé sur moi? Je ne le sais pas mais ce n’est pas le fruit du hasard. Mon « cas » présentait un problème avant même l’examen approfondi de mon visa. Peut-être est-ce mon lieu de naissance, l’Egypte, peut-être ma qualité d’universitaire, peut-être mon récent visa de travail expiré, pourtant sans objet ici, peut-être aussi ma nationalité française. Peut-être aussi le contexte. Quand bien même aurais-je commis une erreur, ce qui n’est pas le cas, cela méritait-il pareil traitement? Comment expliquer ce zèle, évident, de la part du policier qui m’a examiné et de son supérieur hiérarchique sinon par le souci de faire du chiffre et de justifier, au passage, ces contrôles accrus? J’étais d’autant plus « intéressant » que je ne tombais pas dans la catégorie habituelle des « déportables ».
    Telle est donc la situation aujourd’hui.
    Il faut désormais faire face outre-Atlantique à l’arbitraire et à l’incompétence la plus totale. Je ne sais ce qui est le pire. Ce que je sais, aimant ce pays depuis toujours, c’est que les États-Unis ne sont plus tout à fait les États-Unis.

    Le Washington Post a évoqué l’épisode hier soir sur le site internet.

  5. Un autre cimetière juif vandalisé

    Après la profanation du cimetière juif de la banlieue de Saint Louis dans le Missouri le weekend dernier, un autre cimetière juif de Philadelphie a été profané samedi: Une centaine de tombes renversées et cassées.
    Après un silence embarrassant, le président a condamné l’antisémitisme lundi et le vice président Mike Pence s’est ensuite rendu dans le Missouri pour condamner les actes de vandalisme et ses auteurs.
    Aucune réaction de la Maison Blanche depuis

Jeudi 16 février 2017: « Un ouragan politique est en train de frapper Washington »

  1. Le problème russe
    La Maison Blanche a été mis au courant le 26 janvier par Sally Yates, alors ministre de la Justice, que Michael Flynn avait menti au vice-président et à la population américaine sur le contenu de ses discussions avec l’ambassadeur russe. L’administration n’a pris aucune mesure contre lui mais a viré Mme Yates pour avoir refusé d’appliquer la « travel ban ».
    Mr Flynn a gardé sa position pendant trois semaines malgré les craintes du Département de Justice d’un éventuel chantage russe à son encontre. L’ancien lieutenant général a été interdit hier par la Defense Intelligence Agency d’accéder à toutes informations confidentielles du gouvernement.
  2. Mike Pence et Donald Trump
    La démission tardive de Michael Flynn est un coup dur pour la Maison Blanche mais la position du vice président Mike Pence, tenu au secret jusqu’à jeudi dernier, est tout aussi dommageable pour l’image de la Maison Blanche: Difficile de trouver une telle défiance au sommet de l’exécutif moins d’un mois après l’inauguration de Donald Trump, entre le vice-président et le reste de l’administration.
    Si le Washington Post n’avait pas sorti l’affaire grâce aux fuites du Département de Justice, Michael Flynn serait sans doute toujours en poste, et Mike Pence toujours dans le noir comme le reste de la population du pays.
  3. Trump s’en prend aux fuites et aux médias
    Lors de la conférence avec Israël hier, Donald Trump a réaffirmé que Mr Flynn était « un homme formidable traité injustement par les médias, les « faux médias » qu’il accusé de vouloir « couvrir la défaite des Démocrates et de Hillary Clinton ».
    De nombreux Républicains ont minimisé les accointances du général Flynn avec l’ambassadeur russe mais sont alarmés par les fuites qui rongent la Maison Blanche et susceptibles de destabiliser la sécurité nationale

    Le New York Times critiquait mardi la réponse « irresponsable » du parti dans cette affaire:

    Les Républicains ont harcelé Hillary Clinton pendant presque deux ans pour avoir utilisé un serveur de messagerie privé, une erreur de jugement qui n’a pas mis en danger la nation. Et ils ont conduit huit enquêtes futiles sur le rôle de Mme Clinton lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat pendant l’attaque de Benghazi en 2012. Aujourd’hui, les mêmes Républicains semblent vouloir aider Trump à cacher la vérité en refusant d’enquêter sur le piratage russe et autres tentatives d’influencer les élections de 2016, ainsi que les connections de Trump avec la Russie et ses affinités pour Vladimir Poutine

  4. « Vous continuerez à mentir et on continuera à dénoncer vos mensonges »
    Donald Trump accuse les médias de traiter « injustement » les membres de son cabinet, mais c’est le président et ses proches conseillers qui sont à l’origine de ces scandales: Les tweets contre les sénateurs, une enseigne de vêtements, les médias, les agences de renseignements, les mensonges qu’il véhicule à propos de la fraude électorale, relayée en toute impunité par son jeune conseiller de 31 ans, Stephen Miller sur les plateaux télés; Kellyanne Conway qui dit tout et n’importe quoi pour satisfaire son boss. 
    Sans ces éléments, la présidence républicaine de Donald Trump serait plutôt normale et les médias s’intéresseraient à la politique de Washington.
  5. Kellyanne Conway boycottée par MSNBC
    L’émission politique Morning Joe, l’une des préférées du président, diffusée le matin sur MSNBC – qu’on vous recommande – a décidé de ne plus inviter Kellyanne Conway sur son plateau télé à cause de son manque de crédibilité. Ces dernières semaines, la conseillère du président n’a cessé de « désinformer » les journalistes et le public: entre faits alternatifs, le « green bowling massacre », la promotion de la marque Ivanka Trump ou que Michael Flynn avait toute la confiance du président lundi après midi quelques heures avant sa démission. Conway ne participe à aucun meeting important, est rarement au courant des décisions prises mais continue d’aller sur les plateaux télés et embarrasser la Maison Blanche.
  6. Andrew Puzder renonce au poste de ministre du travail
    La semaine très mouvementée pour la nouvelle administration, continue d’empirer avec la démission d’Any Puzder comme futur ministre du travail. L’audience du P.D.-G. des fastfoods Hardee’s et Carl’s devant le Sénat pour valider sa nomination ont été retardées à plusieurs reprises parce qu’il n’a pas rempli les formulaires éthiques et financiers requis pour tout membre de l’administration. 
    Très critiqué par les Démocrates, Mr Puzder est contre le salaire minimum, ses compagnies l’objet de nombreuses d’employés, et il a engagé une « nanny » sans papier. Mais le coup de massue est venue d’une vidéo fournie par Oprah Winfrey, la présentatrice star de la télé américaine, datée de 1990, dans laquelle avait témoigné l’ex-femme de Mr Puzder (1973-1988).
    Sujet du show: « Les femmes riches et battues. »

    Plusieurs sénateurs des deux partis ont visionné la vidéo.

    Twitter
  7. La Maison Blanche affiche les mauvais décrets présidentiels
    On a appris dans USA Today hier que la Maison Blanche a posté sur son site internet les mauvaises versions de certains décrets présidentiels signés par Trump: Au moins cinq d’entre eux apparaissent avec des fautes, des omissions et même des compléments de lois qui n’apparaissent pas dans la version définitive enregistrée par le Federal Register. Des confusions minimes mais symptomatiques de la précipitation dans laquelle ont été écrits et signés les décrets.
  8. « A Day without Immigrants »
    De nombreux restaurants de la capitale américaine ont décidé de fermer leurs

    Un tract en espagnol pour la « Journee sans immigrés » du 16 février 2017

    portes aujourd’hui en solidarité aux immigrés en situation irrégulière pour montrer l’impact de cette main d’oeuvre dans cette industrie au quotidien. L’opération « Day Without Immigrants » est partagée sur les médias depuis plusieurs semaines et une soixante d’établissements de D.C. s’y sont engagés.
    Le mouvement est devenu national et tous les commerces peuvent joindre la manifestation.
    L’administration veut s’attaquer aux villes sanctuaires qui protègent les immigrés sans papiers et les raids de l’Immmigration & Customs Enforcement, une agence fédérale, ont permis d’en arrêté des centaines, soi-disant criminels, la semaine dernière.

  9. Couverture du jour: Le New York Times magazine sur les difficultés qui attendent les Républicains pour réformer Obamacare, l’une des promesses de campagne de Donald Trump

    New York Times magazine

Mercredi 15 février 2017: « Le journalisme est mort, vive le journalisme »

  1. Le journalisme est mort, vive le journalisme
    Malgré les attaques répétées de Donald Trump contre les médias, ce sont bien eux qui sont à l’origine de la démission de Michael Flynn, lundi soir, de son poste de conseiller à la sécurité nationale. Le Washington Post a révélé jeudi dernier que Mr Flynn avait bien discuté au mois de décembre avec l’ambassadeur russe aux Etats-Unis de l’allègement des sanctions imposées par Barack Obama pour punir le Kremlin d’avoir tenté d’influencer les élections présidentielles américaines.
    L’ancien Lieutenant Général de l’armée américaine avait reconnu avoir discuté plusieurs fois avec Mr Kislyak, mais avait promis au vice-président n’avoir jamais abordé les sanctions américaines.
    Des affirmations contredites par le Département de Justice, au courant du contenu des communications, qui a prévenu il y a un mois la Maison Blanche des risques de chantage dont Mr Flynn pouvait être l’objet – de la part des Russes. 
    C’est sans doute en réaction au silence de la White House que l’information a été donnée au Washington Post.
  2. Des fuites de partout!
    Comme le rappelle Evan Osnos du New Yorker:

    Le scandale Flynn nous rappelle une vérité importante: le journalisme est bien vivant. Les fonctionnaires qui ont réussi à sortir à cette histoire sont héros cachés.

    Pour Joe Scarborough, journaliste de l’émission Morning Joe, hier matin sur MSNBC, ce sont les fonctionnaires des services de renseignements qui sont à l’origine des fuites et pour cause: le FBI, la CIA et le Département de Justice sont depuis des mois la cible des attaques de la Maison Blanche et de Mr Flynn et aujourd’hui, ces agences rendent la pareille à la nouvelle administration.
    Pour David Ignatius, rédacteur adjoint du WaPo, interrogé sur la même émission, c’est plus une « question de loyauté bafouée envers Mike Pence, l’une des personnes centrales de cette administration ».
    La nouvelle administration doit faire face aux fuites des services de renseignements, du Conseil National de Sécurité, du Département de Justice, des agences fédérales parce que Trump leur a déclaré la guerre dès son entrée en fonction.
    Le président s’en est plaint hier matin

    Et ce matin

    et plus tard dans la matinée

  3. La revanche de Sally Yates
    Ironie de l’histoire selon le WaPo, qui cite encore une fuite: C’est Sally Yates, la ministre de la Justice de Obama virée par Trump après sa motion de défiance contre la travel ban, qui a prévenu la Maison Blanche des mensonges de Mr Flynn à ses supérieurs il y a plus d’un mois.  « On ne sait pas ce que le conseiller de la Maison Blanche, Donald McGahn, a fait de cette information » mais un membre de l’administration affirme que « l’entourage du président était au courant du problème, et qu’ils « travaillaient dessus depuis plusieurs semaines ».
    Les questions qui se posent:
    Pourquoi le président a attendu un mois pour le virer?
    Qui était au courant des mensonges de Michael Flynn? Pourquoi le vice-président n’a pas été prévenu que le 9 février, quatre jours après être allé le défendre sur plusieurs plateaux télés?
    Il existe différentes sources de pouvoir au sein de la Maison Blanche révélatrices d’un problème de fonctionnement et d’un président qui ne contrôle pas efficacement son  cabinet.
  4. Vers un nouveau Watergate?
    Michael Flynn est très proche des russes – il était présent pour les dix ans de chaine anglophone du Kremlin, RT (anciennement Russian Today) et a donné de nombreux discours rémunérés devant des dignitaires moscovites. Il commence à travailler pour Donald Trump au mois de février 2016, en plein piratage du comité national démocrate (janvier 2015 – mai 2016) dont les fuites seront diffusées, via Wikileaks, à la veille de Convention du parti en juillet, et juste avant le hacking de la messagerie de John Podesta, le directeur de campagne de Hillary Clinton, qui a eu lieu en mars 2016, et dont la diffusion fera l’objet d’une campagne très agressive de Wikileaks contre les Démocrates, le mois précédent les élections. Il est toujours l’objet d’une enquête du FBI.
    Le New York Times révèle aujourd’hui que l’équipe de Donald Trump s’est entretenue à plusieurs reprises avec des agents du renseignement russe durant la campagne présidentielle, mais rien n’indique que les deux aient conspiré pour tenter d’influencer le résultat des élections. Sean Spicer a affirmé hier en conférence de presse « qu’aucun membre de la campagne du candidat républicain n’avait eu de contact avec des agents russes avant l’élection ».
    La Chronologie des évènements résumée par le WaPo.
  5. La couverture du jour:

Samedi 11 février 2017: Fuites et propagande à la Maison Blanche; Un Spicer intenable, SNL est nécessaire et le challenge des Démocrates pour 2018

 

  1. Le briefing hebdomadaire
    Communiqué de presse officiel hebdomadaire de la Maison Blanche. 10 février 2017

    Hier c’était vendredi, jour du communiqué de presse de la Maison Blanche: « Cette semaine, le président Trump et son administration ont accompli de grands progrès pour rendre l’Amérique plus sûre [trois décrets anti-criminalités signés], à redonner du travail aux Américains [la compagnie Intel s’est engagée à créer 10 000 emplois aux Etats-Unis] » et enfin la confirmation (dans la douleur) de Jeff Sessions à la Justice.
    Aucune mention de la confirmation très controversée de Betsy DeVos à l’Education et surtout du camouflet reçu par le Commander-in-Chief après la décision de la cour d’appel fédérale de San Francisco de maintenir la suspension provisoire de la « travel ban ».
    Les quatre paragraphes relèvent plus de la propagande que de l’information mais incitent curieusement les lecteurs à suivre directement le président sur les médias sociaux.
    Si on suit le compte Twitter de Donald Trump depuis lundi, la situation du pays est catastrophique: des médias malhonnêtes qui répandent des « fake news », un cabinet qui n’est toujours pas en place, la décision « horrible, dangereuse, et mauvaise » prise par le juge de Seattle et confirmée en appel vendredi, une population américaine « bien plus vulnérable » et la sécurité de la nation qui « est en jeu ».
    Deux sons de cloches totalement contradictoires provenant de 1 600 Pennsylvania Avenue, il va falloir s’y habituer ces quatre prochaines années.

  2. La semaine difficile de Sean Spicer
    Brian Stelter, le journaliste média de CNN résume parfaitement la situation intenable du porte parole de la Maison Blanche:

    « Dans les émissions du soir, Sean Spicer est la plaisanterie du moment. Sur les chaînes d’infos, c’est un punching-ball. Mais en salle de conférence, c’est lui qui envoie les coups. La grande question est de savoir ce que pense son boss, professionnel du « contre », quand il regarde ses conférences de presse à la télé. »

    Le rôle de Sean Spicer est sans doute l’un des plus difficiles de l’administration Trump: le relais entre le gouvernement et les journalistes, sachant le mépris du président pour les médias et la méfiance de ces derniers envers tout ce qui vient de la Maison Blanche. Si on ajoute les faits alternatifs de Kellyanne Conway, les mensonges et attaques répétés du président sur Twitter, la mission de Spicer de défendre Donald Trump semble incompatible avec la nécessité de construire une relation de confiance avec les journalistes.

    Melissa McCarthy en Sean Spicer qui attaque les journalistes dans Saturday Night Live la semaine dernière.

    Jeudi, il a été accusé de « faire du Melissa McCarthy », en référence au sketch de l’émission satirique Saturday Night Live dans laquelle la comédienne de « Bridesmaids » a offert une imitation hilarante d’un Sean Spicer survolté et très agressif envers les journalistes.
    A lire ce matin dans le New York Times, un article multimédia très instructif sur la « briefing room » de la White House et comment Sean Spicer a complètement remodelé la conférence de presse traditionnelle de la Maison Blanche. 

  3. Les fuites au coeur de la Maison Blanche
    Depuis l’investiture de Donald Trump, les fuites provenant de la Maison Blanche ont « remarquablement » augmenté.
    « La question est de savoir d’où elles viennent ».
    Ces fuites inspirent des articles plus ou moins « sérieux » comme les soirées de Trump à regarder la télé en robe de chambre, mais sont plus dommageables lorsqu’il s’agit d’une conversation avec le premier ministre australien, Malcolm Turnbull, rapportée comme étant « le pire appel [téléphonique du président avec un chef de gouvernement étranger] » et qui a bien failli déclencher une crise diplomatique entre les deux pays. 
    Selon The Hill, chaque média aurait sa propre source de fuites qui tournent autour de la rivalité entre les deux plus proches conseillers de Donald Trump, Steve Bannon, « le guerrier suspicieux de l’establishment républicain » et l’ancien président du Comité National Républicain, Reince Priebus, désormais chef de cabinet.

    « Plus largement, la multiplicité des sources de pouvoirs – pas juste un ou deux- dans la maison Blanche de Trump renforce les intrigues. Certains républicains s’inquiètent d’une recrudescence de coups bas entre les acteurs clés quand il s’agit de protéger leurs positions. »

     

  4.  Les émissions satiriques américaines surfent sur le « Trump Bump »
    « En juste quelques semaines, Saturday Night Live est devenu peut-être le show le plus important à la télé » commentait hier le magazine Time et chaque épisode « se doit d’être regardé ». Celui particulièrement réussi de la semaine dernière avec Baldwin-Trump et la révélation McCarthy-Spicer, et l’aide du « moment Totinos » entre Stewart-Bayer a réalisé sa meilleure audience depuis 1995.
    La comédienne Rosie O’Donnell, ennemie jurée du président, s’est même
    portée volontaire cette semaine pour jouer le rôle de Steve Bannon en réalisant un photomontage saisissant pour l’émission de ce soir présentée par Alec Baldwin.

    Rosie O’Donnell et Steve Bannon


    Les émissions satiriques n’ont jamais eu autant la côte ces derniers mois, grâce aux élections présidentielles et la Trumpocalypse, et plus elles sont politisées et anti-Trump, plus elles font de l’audience, à l’instar de Late Night with Seth Meyers sur NBC, du Late Show de Stephen Colbert sur CBS – qui a accueilli Jon Stewart la semaine dernière – et l’excellente Samantha Bee et son Full Frontal hebdomadaire.

  5. Comment faire renaître le parti démocratique
    Sous le président Obama, les démocrates ont perdu près de 958 sièges de Représentants dans les chambres basses des Etats du pays – qui en totalisent 5 411. En comparaison, les Démocrates en avaient perdu 524 sièges sous Clinton et les Républicains 324 sous Bush.
    Pour Jaime Harrison, candidat à la présidence du Comité National Démocrate, et invité de l’émission Morning Joe vendredi, les partis démocrates des Etats n’ont pas eu les moyens ni l’argent de mobiliser les électeurs pour les pousser à aller voter.

    Tu peux avoir le meilleur message et le meilleur messager, c’est l’appareil financier et humain qui pousse en dernier lieu les électeurs à se déplacer. Si on regarde les raisons de la défaite des Démocrates: on a perdu les élections à cause de 77 000 votes sur trois Etats représentants 14 millions de votes. Ce n’est pas une défaite du message ou du messager, c’est une défaite fonctionnelle. S’il existait un appareil fonctionnel efficace financé convenablement au sein de parti [démocrate], on aurait facilement obtenu ces 77 000 votes. On n’a pas fait ça. On a rien fait pendant quatre ans et pensé pouvoir ressortir avec succès la machine politique quelques mois avant les élections.

    Jusqu’aux 8 novembre, c’était les Républicains qui enviaient les Démocrates sur leurs capacités à mobiliser l’électorat jusqu’à ce que le contraire se réalise. Le challenge aujourd’hui pour le parti démocrate, c’est d’effectuer un travail de terrain et de récréer le lien avec ceux qui se sont sentis délaissés en 2016 et de les remobiliser pour les élections de mi-mandat en 2018.

 

Le kiosque du dimanche 29 janvier 2017

  • Un juge fédéral de Brooklyn a bloqué hier la détention et déportation de deux immigrés irakiens touchés par le décret présidentiel interdisant l’entrée sur le territoire américain de personnes issues de sept pays musulmans grâce à l’action rapide des avocats de l’organisation ACLU, The American Civil Liberties Union. Cette association mène la résistance contre Donald Trump et a remporté une première victoire décisive hier au nom les droits des immigrés, des réfugiés, et la défense des valeurs de la Constitution Américaine.

  • On en parle beaucoup cette semaine dans le Kiosque parce qu’il est le bras droit du président, c’est un nationaliste d’extrême droite que Bloomberg Businessweek a qualifié à l’automne 2015 d’homme politique « le plus dangereux des Etats-Unis: Steve Bannon.
    Il a écrit le discours inaugural de Donald Trump qui répète à maintes reprises « America First » conformément au concept « nationalisme économique » qu’il défend, et la plupart des décrets présidentiels; il aurait initié une approche agressive avec la Chine, le Mexique et les médias, qu’il déteste par dessus tout et considère désormais comme le parti d’opposition. / Axios
    On vous conseille l’un de ses rares discours prononcés en 2014 proposé par Buzzfeed News.
  • Ce dernier déclarait jeudi au New York Times que la presse américaine était le nouveau parti d’opposition: les mêmes propos ont été répétés par le président à une chaîne de télé vendredi, preuve de l’immense influence de Bannon sur Trump, la Maison Blanche et le reste du pays.
  • Les Républicains, tous opposés au Mur de Donald Trump pendant la campagne électorale se sont tous ralliés à la cause et seraient prêts à dépenser quinze milliards de dollars à le construire. Paul Ryan, porte-parole de Chambre des Représentant et son homologue du Sénat, McConnell affirment vouloir appliquer la loi dite du « Secure Fence Act » voté en 2006 qui prévoyait 700 miles de « barrière physique » entre le Mexique et les Etats-Unis, et jamais construite.
    Comme le signale Bloomberg Businessweek, « on ne sait toujours pas à quoi ressemblera le mur, comment il sera financé, combien cela coûtera, et combien de temps prendra sa construction »… Mais le monde entier est au courant qu’il y aura bientôt un mur.
  • Pour obliger le Mexique à rembourser la construction du mur estimée à 15 milliards de dollars selon le porte-parole de la Chambre des Représentants, Paul Ryan, Donald Trump a lancé l’idée d’une taxe sur tous les produits importés du Mexique – qui reviendrait à faire payer les consommateurs américains – avant que le porte parole de la Maison Blanche, Sean spicer ne rétracte les propos du président.
    Le total des produits frais et boissons importés du Mexique en 2016 est estimé à 21 milliards de dollars selon Bloomberg avec une majorité de fruits et légumes, bières et vins.
    Les internautes américains partageaient leur appréhension (#muchosad) hier sur les réseaux sociaux à l’idée d’une augmentation des avocats (et du guacamole), des bières et de la téquila, indispensables pour une soirée réussie aux Etats-Unis.
    En comparaison, le Mexique n’importe que 17,7 milliards de dollars de produits et boissons venants des Etats-Unis
  • Pas très content le Wall Street Journal de ce début de crise diplomatique entre le Mexique et les Etats-Unis, étant donné les enjeux commerciaux et économiques entre les deux pays. L’éditorial du quotidien économique parle de la « petite guerre mexicaine de Donald Trump » et compare son attitude envers le Mexique avec celle « d’Obama envers Israël ».
  • La conférence de presse entre Theresa May et Donald Trump a permis aux journalistes anglais de poser les questions qui fachent au président américain, contrairement à leurs confrères Outre Atlantique qui sont depuis lundi soigneusement évités par Trump et le porte parole de la Maison Blanche Sean Spicer. Résultat?
    La première question généralement accordée à l’Associated Press, a été offerte dans la briefing room de la Maison Blanche à Lifezette, un site « culturel et politique » créé en 2015 par l’animatrice radio et intervenante sur Fox News, Laura Ingraham, et qui a diffusé des fakes news durant la campagne présidentielle sur Hillary Clinton, aujourd’hui disparues du site.
    Lundi, c’était le New York Post, le tabloid new yorkais
  • Toutes sortes de marche sont prévues dans les semaines et mois qui viennent à New York et dans le reste du pays. Une a lieu cet après midi à Battery Park dans le sud de Manhattan contre la politique anti-immigration de Donald Trump. Un « tax March » est prévue le 15 avril; une Marche des Immigrants est organisée à Washington samedi 6 mai. On vous tiendra bien entendu au courant.
  • Malia Obama a participé à des manifestations contre le projet du Dakoka Access Pipeline  pendant le festival de Sundance lundi dans l’Utah.
  • L’article le plus lu sur internet cette année, parmi une sélection de 46 millions publiés en 2016 selon le site Chartbeat, c’est celui du site FiveThirtyEight concernant les chances de victoire des deux candidats, et updaté plusieurs fois par jour pendant deux mois et qui se sont révélées incorrectes. 

Le kiosque du mercredi 25 janvier 2017

Bonjour, c’est le kiosque du 25 janvier. La formule est plus courte et condensée et sera désormais disponible chaque matin en France, sur FacebookTwitter et notre site internet. Pour ceux qui souhaitent approfondir, il y les liens directs vers les sources américaines.

  • Kellyanne Conway, ancienne porte parole de campagne de
    Kellyanne Conway sur un plateau télé.

    Trump, désormais conseillère du président, présente sur tous les plateaux télés depuis six mois, est tellement populaire qu’elle aurait reçu des menaces de mort, et selon elle à cause de la mauvaise image que lui donne les médias. Elle a reçu la protection des services secrets / Axios 

  • What Trump reads and Watch: « president Trump passe un
    Sans doute l’une des couvertures préférés de Trump en 1990

    bon bout de temps et d’énergie à ridiculiser les médias. Il passe encore plus de temps à être obsédé par eux.
    Il lit peu, même les briefings doivent être résumés et présentés points par points le plus simplement possible mais il consomme beaucoup de médias traditionnels. Le New York Times, le tabloïd new yorkais, New York Post et sa fameuse rubrique people Page Six et de temps en temps le Wall Street Journal.

    A la télé il regarde l’émission politique de la chaîne libérale MSNBCMorning Joe à six heures du matin puis Fox & Friends sur Fox News, à sept heures du matin et CNN entre temps.
    Il déteste l’ordinateur et communique en écrivant avec un marqueur sur des feuilles blanches qui sont transformés en dossiers pdf envoyés aux intéressés.
    Trump adore les médias et ne peut s’en passer.  / Axios 

  • Barbara et George H. Bush respectivement 91 et 91 ans

    Le couple Bush Senior, soixante douze ans de mariage, a été hospitalisé la semaine dernière et n’a pas pu assister à la cérémonie d’investiture de Trump. Barbara est restée au chevet de son mari après une rémission plus rapide et lui aurait demandé de guérir le plus vite possible pour pouvoir assister au Super Bowl à Houston au Texas le 5 février prochain.
    La photo est touchante

  • Des sièges « skype » dans la « briefing room » de la Maison Blanche. Le porte parole de la Maison Blanche, Sean Spicer a annoncé lundi que la conférence de presse serait désormais ouverte à des journalistes via Skype pour inclure les rédactions en dehors de Washington qui n’ont pas les effectifs ou les moyens d’envoyer un correspondant permanent dans la Capitale.
    Twitter / Fox News

     

  • EPA en sursis
    On a appris hier le blackout médiatique, notamment sur les réseaux sociaux, dont est l’objet l’Agence de Protection de l’Environnement, qui n’est plus autorisée à communiquer avec la presse. Touts les contrats et subventions passées avec des agences extérieures sont momentanément gelés.
    En représailles, le park national de Badlands a utilisé son compte Twitter mardi pour poster différentes informations concernant le changement climatique et qui contredisent les croyances du président Trump et de sa nouvelle administration sur l’environnement.
    Les tweets ont été depuis supprimés.  

    Twitter / @BadlandsNPS
  • Devant le refus de Donald Trump de publier ses déclarations d’impôts, sous prétexte que cela n’intéresse personne, et le blackout médiatique imposé sur certains agences fédérales, de nombreux médias mettent à disposition de leurs lecteurs des serveurs sécurisés pour communiquer en toute sécurité des informations sensibles. 
  • Tandis que le Guardian hier appelait les journalistes américains à plus de solidarité et de collaboration pour résister aux attaques de Trump et enquêter sur ses conflits d’intérêts, un journaliste du New York Times appelle ses confrères à boycotter les conférences de presse de la Maison Blanche après les propos mensongers de son porte parole samedi dernier sur le nombre de participants à la cérémonie d’investiture de Donald Trump.
  • Des nombreux appels ont été lancés sur Facebook hier pour pousser les citoyens à appeler directement leurs représentants et sénateurs pour les convaincre de s’opposer aux Républicains. Des documents sont également partagés sur Google qui proposent les démarches précises à entreprendre. 
  • Un application appelée Countable est lancée aujourd’hui et permet aux internautes de recevoir les dernières nouvelles concernant les représentants du pays, les lois sur lesquelles ils travaillent et devront voter et qui leur permettent de communiquer directement avec eux, via courrier électronique.
    L’application rejoint d’autres outils numériques censés connecter les électeurs avec les leurs élus, comme Madison Project, qui permet de commenter sur les propositions de lois en cours. Wired

  • Les républicains ont clôt l’enquête sur la crise sanitaire de Flint dans le Michigan où cent mille personnes ont été empoisonnées à cause de l’eau contaminée ces deux dernières années. La responsabilité du gouverneur républicain Nick Snyder dans les problèmes de gestion de la crise n’a pas été établie.
  • Paris Jackson, la fille de Michael Jackson, en couverture de
    Rolling Stone – février 2017

    Rolling Stone, croit en la responsabilité du docteur Murray, le médecin soignant du chanteur dans la mort de son père, mais affirme qu’il aurait été victime d’un complot. Elle refuse depuis de répondre aux questions des journalistes.
    Après des années de dépression à la suite d’un viol, elle est aujourd’hui en meilleure santé, travaille comme mannequin et veut devenir actrice.

Le kiosque du lundi 23 janvier 2017

Une conférence de press rock’n’roll

La blague de ce weekend, c’était la première conférence de presse très agitée de Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, qui a affirmé samedi que la cérémonie d’investiture de Trump avait réunit plus de monde que celles d’Obama en 2013 et 2009.

C’est le public le plus large qui ait jamais participé à une cérémonie d’inauguration point barre, en personnes et dans le reste du monde.

Il répondait aux nombreuses comparaisons faites par les journalistes vendredi matin qui comparaient les photos aériennes de Washington lors de l’investiture d’Obama, noires de monde et celles moins denses du 20 janvier 2017. Le ton était très agressif envers la presse accusée encore une fois de vouloir remettre en cause la popularité et la légitimité du nouveau président.
La star des éditorialistes conservateurs, Charles Krauthammer, a qualifié la prestation de « surréaliste » et Spicer est devenu en quelques heures la risée d’internet.

Même les médias conservateurs ont reconnu que les propos de Spicer étaient faux.
CNN a décidé de ne pas retransmettre la conférence de presse mais plutôt de la citer dans son contexte, tandis que Fox l’a diffusée en direct et dans son intégralité.
Les journalistes n’ont pas été autorisés à poser des questions. 

 

Bienvenue chez George Orwell

Interrogée hier matin par Chuck Todd dans l’émission dominicale Meet the Press sur NBC, Kellyanne Conway, « conseillère du président des Etats-Unis », a parlé de « faits alternatifs » pour caractériser les propos de Spicer, sans jamais reconnaître qu’ils étaient mensongers.
Une question de sémantique qui pose problème car la Maison Blanche ne représente pas le « intérêts de Donald Trump » mais « parle au nom de tous les Américains ».

Beaucoup de journalistes invoquaient George Orwell ce weekend, et le hashtag #alternativefacts dominait Twitter hier.

« Rien de cela ne devrait choquer » expliquait Margaret Sullivan dans le Washington Post ce matin:

« Les conférences de presse de la Maison Blanche sont du « journalisme d’accès », où les déclarations officielles – obtenues à la source [du pouvoir] – sont prises à leur juste valeur et rapportées comme de l’information. Tout cela est fini. Mort (…)
Les journalistes devront répondre en faisant leur travail avec responsabilité, avec justesse et sans avoir peur et au service du public »

La journaliste de citer Jessica Huseman de ProPublica

Les journalistes n’obtiendront aucune réponse de Spicer. On aura des réponses en creusant. En salissant nos mains. Allons y

Bannon veut renforcer le fossé entre la presse et Trump

Selon Brian Stelter, le journaliste de CNN, cette première conférence est une déclaration de guerre contre la presse.
Selon des sources, Steve Bannon, le « stratège en chef » de Donald Trump et auteur de son discours d’investiture, voudrait creuser le fossé entre le président et les médias grand public pour les affaiblir. « Il veut que son monde n’ait plus confiance en les médias ».

 

Le coup de poing qui fait du bien

Le Kiosque est pacifiste et ne soutient aucune forme de violence, mais ce coup le coup de poing reçu par Richard Spencer vendredi dernier en marge de l’investiture de Donald Trump a eu des effets cathartiques pour de nombreux internautes sur Twitter.
Richard Spencer est « nationaliste blanc » qui avait fait le tour des médias en novembre dernier quand des saluts nazis avaient été filmés à l’une des conférences. Avec le lancement de son nouveau site altright.com, il espère populariser ses idées extrémistes et est venu en faire la promotion à Washington, à ses dépens, puisqu’il a été frappé violemment par un manifestant cagoulé.
Le tout filmé.
La vidéo a été reprise sur Twitter, et mise en scène avec des chansons, et ça donne ça:

Bruce Springsteen

ou Phil Collins

 

Wikileaks « trumpé »?

Kellyanne Conway, la porte parle du président, a annoncé dimanche comme on pouvait s’y attendre que Donald Trump ne diffusera pas ses déclarations de revenus – une promesse qu’il avait faite en cas de victoire.
Une organisation semble étonnée de ce revirement, Wikileaks, qui a dénoncé la « fausse promesse » du président dans un tweet dimanche et appelé ses abonnés a les lui fournir.
Preuve que l’organisation n’étaient pas en leur possession comme de nombreux Démocrates ont pu l’affirmer après les élections, en accusant l’organisation d’avoir favorisé Trump.