12.10.17

 

Calamité

  • Les violents incendies qui ont ravagé le nord de la Californie, et ses immenses vignobles, en début de ce semaine ont été les plus meurtriers de ces dernières décennies avec 31 morts, des centaines e blessés et 400 disparus. 
     

 


L’interview

 

  • Donald Trump a donné une interview à son ami et fervent supporter, Sean Hannity, devant une foule de « deplorables » mercredi soir, diffusée sur Fox News
  • Il y a réitéré l’idée de retirer à la chaîne NBC News son autorisation de diffusion, une énième attaque contre la liberté d’expression critiquée par la gauche et la droite, et notamment le sénateur républicain Ben Basse, qui lui a demandé s’il avait décidé de rompre le serment prêté le jour de son investiture, celui de protéger la Constitution américaine et le Premier Amendement.
    Donald Trump oublie trop souvent qu’il est le président de tous les Américains et qu’il doit en tant que tel, accepter et non pas attaquer ou essayer de censurer les critiques: Il veut toujours avoir raison, quel que soit l’adversaire et gagner à tout prix, quel qu’en soit le prix.

 

 


Obamacare saboté

 

  • Devant l’incapacité du Sénat à abroger et remplacer Obamacare, Trump a annoncé hier soir qu’il allait signer un décret présidentiel, le 49ème depuis son investiture, visant a diversifier les offres d’assurance qui ne seront plus soumises aux conditions strictes de l’Affordable Care Act et geler les subventions destinées aux assureurs, qui permettaient de rendre les prix des cotisations abordables pour les plus démunis.
     

    • Il sera désormais possible de souscrire des assurances moins chères qui offrent moins de services en dehors de ceux offerts par Obamacare, jusqu’ici disponibles pour les petites entreprises uniquement, destinés aux jeunes individus en bonne santé. Si tous les jeunes se retirent du marché des assurances d’Obamacare, fondé sur un système de solidarité qui aide à financer les frais des plus âgés, les frais d’assurance de ces derniers vont exploser.
    • Trump veut également saboter Obamacare en gelant toutes les subventions visant à promouvoir le programme, ce qui représente des dizaines de milliers d’emplois, et envisagerait de faire fermer temporairement le site de l’Affordable Care Act.

 


La NRA s’entête

 

  • Dix jours après la tuerie de Las Vegas, la pire de l’histoire moderne du pays qui a fait 59 morts, la NRA a annoncé qu’elle s’opposait à une législation du Congrès qui interdirait la production, la possession et le transfert des « bump stocks« , ces appareils qui permettent à des armes semi-automatiques, autorisées, de tirer en rafale, comme des fusils d’assaut, interdits à la vente. C’est une loi qui « va trop loin » selon la NRA, opposée fermement à ce qu’une loi soit votée contre les armes à feu, et préférant que l’ATF (Le Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives) mette en place des règles plus drastiques concernant la vente de ces dispositifs – or l’ATF avait conclu en 2010 que les bump stocks n’étaient soumis à aucune régulation. – The Hill

 

 


#ROSEARMY

 

  • Rose McGowan, l’une des victimes de Weinstein, qui dénonce sans relâche depuis une semaine le silence et la complicité d’Hollywood, s’en est pris personnellement à Ben Affleck sur Twitter après que ce dernier ait tardivement condamné le producteur et prétendu ne jamais avoir rien su. 
  •  

  • Après une suspension temporaire de 12 heures sur Twitter pour avoir communiqué un numéro de téléphone – provoquant la colère des internautes et de Jennifer Chastain d’autant que Trump avait la même chose sans répercussion il y a quelques années – Rose est repartie de plus belle en s’attaquant aux complices de Weinstein, à tous qui n’ont rien fait ou rien dit et qui ont volontairement, laisser le producteur harceler des jeunes femmes pendant des décennies.

    Cet après midi, elle a affirmé avoir perdu un contrat pour une série avec Amazon parce qu’elle avait demandé à la compagnie de ne pas travailler avec Weinstein en expliquant à l’un des producteurs, Roy Price, qu’il l’avait violé. Ce dernier, qui n’avait pas jugé l’histoire de McGowan crédibles à l’époque, a été suspendu cet après midi pour d’autres accusations de harcèlement sexuel. L’actrice a demandé à Jeff Besos d’arrêter de « financer des violeurs, des pédophiles et des harceleurs sexuels. » – The Los Angeles Times

 

  • Un a été lancé à partir de ce soir minuit pour protester contre « les voix des femmes réduites au silence ». L’analyse de Buzzfeed sur cette décision

 


Weinstein, le déni complet

 

  • Après les révélations des accusations de harcèlement et agressions sexuelles contre Harvey Weinstein dans le New York Times la semaine dernière, on s’attendait à ce que les langues se délient et que d’autres femmes brisent le silence. Mais on était loin d’imaginer un scandale d’une telle ampleur à cause du nombre de victimes, une trentaine de femmes à ce jour, et du statut de star de certaines d’entre elles, comme Angelina Jolie ou Gwyneth Paltrow, ce qui prouve le climat délétère qui doit régner dans ce microcosme soi-disant glamour.

 

  • A VOIR: Samantha Bee s’en est donné à coeur joie dans son émission hebdomadaire hier:

    Arrête ton char, le Cosby blanc. N’accuses pas les années soixante et soixante-dix pour tes terribles prises de décisions. C’est du harcèlement sexuel en série, et pas un tatouage de singe (…) La prochaine fois que tu as besoin de te masturber, demandes toi juste « Est-ce que je suis devant une employée ou une collègue » And si la réponse est oui, ne le fais pas, tout simplement

     

  • Weinstein continue de nier les faits et qualifie les agressions sexuelles d’actes sexuels consentis et les harcèlements de mensonges. Il ne serait pas en « très bonne forme » ces derniers jours et serait entré dans un centre de soin en Arizona hier.

 

  • La polémique continue entre Ronan Farrow​ et NBC News​ qui a refusé de publier son enquête de dix mois qu’elle lui avait commandé sur le producteur, dans laquelle il révélait les viols, agressions sexuelles et harcèlements commis sur une dizaine de femmes – l’investigation a fait un carton cette semaine dans le New Yorker​. – The New York Times

 


La couverture du Jour

 

  • Le Time a mis Weinstein en couverture de sa dernière édition: « Producteur. Prédateur. Paria. » Mais comme dirait Anthony Bourdain, ancien chef et auteur à succès, dont la campagne, Asia Argento, a elle aussi été victime de Weinstein à la fin des années 90, « est-ce qu’on pourrait tout simplement parler de violeur? »
     

 

 

26.09.17

 

1. Obamacare survit

  • Le porte parole de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell a annoncé cet après midi qu’il retirait la dernière proposition de réforme de l’assurance santé préparée par Bill Cassidy et Lindsey Graham après l’annonce hier soir que leur collègue du Maine, Susan Collins voterait contre.
    Incapable d’assurer une majorité de 51 voix derrière la proposition, c’est la cinquième tentative ratée de supprimer Obamacare devant le Sénat.

 

  • Un coup dur pour le président qui en a fait l’une des promesses de son programme de campagne, mais surtout pour les Républicains, dont c’est l’obsession politique depuis son vote en 2010.
    Les Républicains ont le président, les deux majorités au Congrès et sont incapables de faire passer l’un des grands projets de leur parti.

 

  • Mitch McConnell n’a pas annoncé de nouvelle proposition de réforme et le prochain projet du Sénat devrait être la réforme fiscale

 


2. Pourquoi Obamacare survit

 

  • Charles Krauthammer, journaliste américain, célèbre pour ses chroniques politiques conservatrices, expliquait en mars dernier dans le Washington Post pourquoi est ce qu’il est difficile de supprimer un programme comme Obamacare:

    Une fois que quelque chose vous est donnée – par exemple l’assurance maladie pour vingt millions de personnes – vous pouvez l’enlevez mais à vos risques et périls. C’est pareil pour n’importe quelle aide du gouvernement, mais surtout pour l’assurance maladie.
    Il y a bien une raison pour laquelle aucune démocratie occidentale dotée d’un système nationale de santé ne l’a jamais abolit.
    Le génie de la gauche a été de continuer à élargir les aides de l’Etat en créant des nouvelles offres qui sont politiquement impossibles à supprimer (…)
    Les gens détestaient Obamacare pour son « autoritarisme », son incompétence et son coût. Mais en même temps, ses rédacteurs ont pris grand soin de créer de nouveaux bénéficiaires et de nouvelles attentes. Ce qui rend son retrait très compliqué. (…)
    L’idée qu’on puisse éradiquer les racines et les branches d’Obamacare est fantaisiste. Pour tous ses défauts catastrophiques, Obamacare a changé les attentes des gens. Il n’y a rien de gratuit.
    La ligne dure du parti républicain doit accepter que les Américains sont habitués à des aides en matière d’assurance santé, tout comme les modérés doivent accepter les histoires de ceux qui vont inévitablement y perdre dans cette réforme, C’est le prix politique à payer pour remplir cette promesse de sept ans d’abolir et de remplacer Obamacare

    « The Real World of Obamacare Repeal » – The Washington Post


3. Elections 2018: Guerre civile à droite

 

  • Le président a enchaîné les échecs aujourd’hui avec la défaite de Luther Strange, le candidat républicain qu’il avait soutenu pour remplacer Jeff Sessions parti à la justice. Le vainqueur est Roy Moore, soutenu par Breitbart, Steve Bannon, Sarah Palin et même Nigel Farage, l’ancien affreux du parti indépendant anglais et partisan du Brexit.
    Il affrontera le démocrate Doug Jones dans les urnes le 12 décembre prochain

 

  • Les résultats de cette élection sont importants pour plusieurs raisons:
    • La victoire d’un candidat anti-establishment soutenu par l’alt-right pourrait booster les ambitions de nombreux candidats pour les élections de mi-mandat en 2018 et aggraver les tensions à droite entre pro-GOP et anti-GOP
    • C’est un nouvel échec pour l’establishment du parti républicain, et notamment de Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, qui ont investi des millions de dollars dans la campagne pour aider Luther Strange et « rassurer ses collègues qu’ils pourraient survivre l’ère Trump »
    • L’influence de Trump sur les électeurs de droite a ses limites: ses électeurs n’ont pas respecté sa consigne de vote malgré un meeting haut-en-couleur en Alabama la semaine dernière. Trump a gagné la candidature républicaine et les élections présidentielles en s’imposant comme un outsider anti-establishment – une posture qu’il a dû abandonner depuis qu’il est président pour faire passer son programme … qui ne passe pas, et qui pourrait lui poser problème lors des futures élections.

      * « After Alabama, GOP anti-establishment wing declares all-out war in 2018 »Washington Post 

 


4. Espionnage légal

 

  • Le Department of Homeland Security en charge de toutes les questions d’immigration a publié une nouvelle mesure dans le « Federal Register », le Journal Officiel américain, concernant les immigrés vivant aux Etats-Unis et ceux naturalisés américains, qui autorise à partir du 18 octobre prochain la collecte de toutes les informations disponibles sur leurs médias sociaux nécessaires à leur « fichier d’immigration ».

 

  • Il s’agit non seulement d’une violation de la vie privée, une entrave à la liberté d’expression et la porte ouverte à une éventuelle discrimination idéologique pour ceux qui aspirent à venir habiter aux Etats-Unis – Ou comment les médias sociaux peuvent être utilisés par le gouvernement au détriment de ses utilisateurs au nom d’une lutte contre le terrorisme qui n’a jamais encore fait ses preuves.* « People are worried about DHS Plans to Gather Social Media Info »Buzzfeed

 


5. Puerto Rico est une île et américaine

 

  • « Est-ce que Trump vient d’apprendre que Puerto Rico est américaine? » se demande sérieusement ce matin Jennifer Rubin dans le Washington Post devant le silence du président sur les ravages causés par l’ouragan Maria sur l’île des Caraïbes qui survit depuis est sans eau, ni électricité et dont 80% des terres cultivées sont aujourd’hui détruites.
  • Trump s’est réveillé hier soir après dîner, en évoquant la situation catastrophique de l’île, « qui souffrait déjà de mauvais infrastructures et d’une dette importante », « de milliards de dollars empruntés à Wall Street et aux banques et qui doivent être réglés ». Une référence à la crise économique à laquelle fait face l’île depuis plusieurs années mais qui n’a rien à voir avec la lenteur des secours face à la crise humanitaire.
  • Interrogé cet après midi sur la question, le président a affirmé que le gouverneur de l’île l’avait remercié pour l’excellent travail des autorités fédérales malgré les défis que posent l’envoi des secours sur une île, « au milieu de l’océan, qu’il est impossible d’atteindre en conduisant son camion »

 

 


6. Must Read: Mensonges à Twin Falls

 

Les articles des sites d’extrême droite sur l’affaire d’agression sexuelle

 

  • Durant l’été 2016, dans la ville de Twin Falls dans l’Idaho, l’agression sexuelle d’une jeune mineure blanche par deux jeunes réfugiés musulmans, également mineurs, a provoqué une vague de haine et de paranoïa sans précédent au sein de la population, à l’encontre des Musulmans, exacerbée la désinformation des médias d’extrême droite, le silence des autorités, la rhétorique raciste du candidat républicain, et même les publicités russes sur Facebook.
    « Ils sont incompatibles avec notre culture » a-t-elle affirmé. « Ils nous détestent. Ils ne veulent pas devenir Américains. Ils refusent de s’assimiler. Qu’est ce qu’il y a d’autre à voir? Quelle preuve de plus à apporter »
    C’était un meeting assez particulier mais Brown n’était davantage surpris. Quelques mois plus tôt, quand les militants anti-réfugiés ont commencé à s’organiser, il a essayé de comprendre leur point de vue. Il a lu Ann Coulter et a commencé à suivre des blogs anti-réfugiés. Ce soir là, tout ce qu’il avait lu, il l’entendait sortir de la bouche des voisins »

 

  • Les médias comme Breitbart se sont emparés du sujet pour mieux l’exploiter et servir leur idéologie raciste et anti-immigration laissant une communauté profondément divisée derrière elle et un journal local qui a sauvé la dignité de la ville. * « How Fake News Turned a Small Town Upside Down » – The New York Times magazine

 

 


7. Les news vont bien!

  • ABC, NBC et CNN crient victoire depuis la diffusion des audiences annuelles de leur programmes d’actualités s’en sont même vanté dans le Washington Post et le New York Times
  • Axios, le site d’informations spécialisé en politique et affaires lancé au début de l’année 2017 par l’un des anciens fondateurs de Politico, Jim VandeHei, et plusieurs de ses journalistes stars, Roy Schwartz, Mike Allen, Jonathan Swan, a décidé de retarder la mise en place de son abonnement annuel de dix mille dollars pour se concentrer sur la construction de la marque et la fidélisation des lecteurs.

    Schwartz n’a pas révélé quand l’abonnement serait lancé et quel genre d’informations il offrirait. Le défi pour l’éditeur est de trouver des informations assez uniques pour que des professionnels poussent leur entreprises à dépenser une telle somme.

    Axios compte 85 employés dont 40 dans la rédaction.

 

  • Le Washington Post profite de l’effet Trump et vient de dépasser le million d’abonnés en ligne, trois fois plus que les chiffre de l’an dernier.

 


8. IT, seconde partie

  • New Line, le label des studios Warner Bros, qui vient de réaliser la plus importante sortie jamais réalisée par un film (IT) lors d’un week-end de septembre (218 millions de dollars) a annoncé la sortie de la seconde partie en septembre 2019 sous la direction de Andy Muschietti.

9. La couverture du Jour

 

  • De Sports Illustrated sur la dernière polémique made-in-Trumplandia

22.09.17

 

1. McConnell perd pied

 

  • La proposition dite « Graham-Cassidy » qui vise à supprimer et remplacer Obamacare devait être votée la semaine prochaine au Sénat. C’est la dernière tentative du parti républicain pour tenir « une » promesse vieille de sept ans, pour prouver aux électeurs et au président qu’il est capable de voter une loi au Congrès; c’est aussi le moment de vérité de Mitch McConnell, leader de la majorité républicaine au Sénat:
     

    Il a été humilié par le président Donald Trump et ses manoeuvres politiciennes remises en question. Maintenant, Mitch McConnell a une chance de laisser derrière cet été cruel. La semaine prochaine, le leader de la majorité du Sénat  essayera une nouvelle fois de supprimer la réforme de la santé des Démocrates.
    Au même moment il joue sa réputation politique en Alabama, où son candidat, le sénateur Luther Strange affronte un anti-establishment Roy Moore dans une élection spéciale.
    McConnell, normalement prudent, prend dans les deux cas beaucoup de risques, et deviendra suivant les résultats, un héros ou un loser aux yeux du parti républicain …

    * « McConnell lays it on the line »Politico

 


2. McCain sauve encore Obamacare

 

  • C’était sans compter l’annonce faire par John McCain, héros de la résistance républicaine contre Trump et l’un des plus modérés, cet après midi: il votera contre la réforme de la santé proposée par son meilleur ami, Lindsey Graham car « une loi qui a un impact sur tant de vies mérite un accord bipartisan ».
     

 

  • Jimmy Kimmel, le comédien présentateur d’une émission de fin de soirée sur CBS, est devenu cette semaine l’un plus des ardents adversaires de la proposition, qu’il a critiqué à trois reprises dans des segments qui ont fait le tour d’internet et contribué à remettre la réforme de la santé au coeur des débats, à la télé, sur internet et les médias sociaux.

 


3. #DotardTrump

  • Une journée en Trumplandia via Twitter:
    Les mots doux du meilleur ami du président, Kim Jung Un, qui l’a traité de « Dotard »

     

     
    Après avoir été traité de « gâteux », Don avait besoin de rassurer son ego:
     

 


4. Vers un populisme pur

 

  • David Brooks, l’un des plus célèbres chroniqueurs du New York Times esquisse dans « The Coming War on Business » l’avenir du populisme aux Etats-Unis à travers la figure de Samuel Francis, mentor de Pat Buchanan, adversaire républicain de Bill Clinton aux élections présidentielles de 1992, au cours desquelles il a mené « la première campagne de ce qu’on appelle le « populisme trumpien »:
     

    Trump n’est pas un phénomène isolé; la vague nationaliste a émergé il y des années. Sa base lui reste fidèle car il ne s’agit pas que de lui; Il s’agit d’un mouvement qui se définit contre la soi-disant classe dirigeante. Les Républicains du Congrès s’emmêlent les pinceaux sur la réforme de la santé et d’autres problèmes parce qu’ils ne comprennent pas leurs électeurs. Trump n’est sans doute pas le point culminant, mais la transition vers un populisme encore plus pur.
    Trump est un pro-business. Le prochain populisme s’inspirera sans doute de son nationalisme ethnique et y ajoutera une couche anti-entreprises et anti-technologie. Google, Facebook, Amazon et Apple sont tout ce que Francis détestait – économiquement, culturellement, démographiquement, et « nationalistiquement ».
    Alors que les géants de la technologie sont de plus en plus présents dans nos vies quotidiennes et nos esprits, ils vont devenir un enjeu important de la politique américaine. Je ne serai pas surpris de voir émerger un nouveau démagogue, encore plus pur que Francis.

                                                           


5. « Sick Mind »

 


 
 

  • C’est l’un des plus gros gâchis de la NFL: Aaron Hernandez, ancienne star des New England Patriots, retrouvée mort en juin dernier à 27 ans dans sa cellule de prison. Il purgeait une peine à vie pour le meurtre d’un ami en 2013.
  • L’examen de son cerveau révèle que M. Hernandez souffrait d’un stage avancé de CTE (Encéphalopathie Traumatique Chronique), une maladie neuro-dégénérative provoquée par les commotions cérébrales répétées qui touche la plupart des joueurs de football américain – la maladie n’est détectable qu’une fois le patient décédé.
  • La famille a porté plainte contre la ligue de Football – déjà condamnée en 2013 à payer d’un milliard de dollars à ses anciens joueurs – et son ancienne équipe professionnelle, les Patriots, qui n’auraient rien fait pour le protéger. Elle réclame 20 millions de dollars de dommages et intérêts.
  • Malgré les risques reconnus du football américain, il reste le sport numéro des Américains: les joueurs continuent d’y jouer – et de gagner des millions de dollars – et les spectateurs continuent de le regarder.

 


6. La guerre des chaînes d’info

 

  • L’effet Trump a ravivé l’intérêt des Américains pour l’information et ce sont les trois grandes chaînes d’info, Fox News, CNN et MSNBC, désormais au coude à coude en terme d’audience, qui se partagent le gâteau: Fox News a réorganisé sa soirée après les départs de Megyn Kelly (sur NBC) et de Bill O’Reilly (par la petite porte) avec un line up pro-Trump entre huit et onze heures du soir: Tucker Carlson (8-9) puis Sean Hannity (9-10) puis la dernière recrue Laura Ingraham (10-11). Ils affronteront respectivement sur MSNBC, Chris Hayes, Rachel Maddow et Lawrence O’Donnell; et sur CNN, Anderson Cooper (8-9) et Don Lemon (10-12)
  • Les chaînes sont regardées par le président qui en parle souvent en bien ou en mal: elles ne relaient pas seulement l’information, elles font partie intégrante de l’actualité.

    « Morning Media » Politico

 


7. Les faux trublions de LA

 

  • Sean Adl-Tabatabai, 36 ans, et son mari/partenaire Sinclair Treadway, 24 ans, sont les créateurs du site Your News Wire, basé à Los Angeles, qui s’intéresse « aux informations qui ne sont pas données au public » comme le font déjà avec beaucoup d’efficacité Breitbart et InfoWars, et est considéré comme une source de fake news par Google et Snopes [le site qui identifie les sites de fake news].
    Sauf que les deux trublions, supporters de Bernie aux dernières élections, se définissent comme des « libéraux abandonnés » par une presse trop proche du pouvoir qui a sous estimé le sénateur du Vermont durant les Primaires démocrates et qui voient dans Trump, un bouffon et une figure anti-establishment élue pour « détruire le système »
  • Bottom Line: Tout le monde surfe sur la vague des fake news, de l’information alternative, d’une autre perception de la réalité, blablabla … ça attire l’attention des médias comme The Hollywood Reporter surtout quand les auteurs affirme être libéraux … Du grand vide.* « L.A. Alt-Media Agitator (not Breitbart » Clashes with Google, Snopes) » The Hollywood Reporter

 

 


8. A Voir: La guerre de la drogue aux Philippines

    • Reportage de NBC Left Field aux Philippines où la guerre sanglante menée par le président Duterte contre la drogue a fait depuis juin 2016 entre 7 000 et 12 000 victimes, souvent des trafiquants ou toxicomanes fichés et harcelés par la police qui les condamnent à mort s’ils ne cessent leur activité. « Si tu continues à te droguer, t’es mort » préviens un policier, fier de participer au « nettoyage » du pays, encouragé par un président qui n’a jamais été aussi populaire dans les sondages et plus curieux encore, par Donald Trump qui a salué la mission meurtrière du chef de l’Etat philippin.

                   

 


9. La couverture du Jour

 

  • L’industrialisation de la Chine s’accélère et le pays ne sera plus limité à la production de chaussettes et de briquets mais va être capable de produire des biens de haute technologie, du téléphone portable à des voitures sans conducteurs, et représenter un défi encore plus important pour les Etats-Unis.
     

Le Kiosque du 28.07.17: « The Scaramucci Show »

 

1. Obamacare reste « the law of the land »

 

 

  • Cette nuit le sénateur McCain et deux collègues républicaines, Susan Collins du Maine et Lisa Murkowski d’Alaska ont voté avec les 48 sénateurs démocrates contre le « skinny » Repeal d’Obamacare proposé par le chef de leur propre majorité, Mitch McConnell.
     

    Ce n’est pas la fin de la lutte autour de l’Affordable Care Act. C’est la fin de sept années de promesses des Républicaines qu’ils pourraient s’en débarrasser et recommencer à zéro.
    Ce n’est ni l’échec du président, ni celui de Mitch McConnell ou de Paul Ryan. C’est un échec collectif – car les Républicains ont eu sept pour décider ce qui remplacerait [Obamacare] et n’ont pas réussi à se mettre d’accord. – Axios

     

  • Vraisemblablement, Démocrates et Républicains devraient travailler ensemble pour « stabiliser les marchés de l’assurance » sans l’aide du président qui a répété cette nuit vouloir attendre que Obamacare s’effondre pour pouvoir agir.

 


2. The Anthony Scaramucci Show

 

 

Page d’accueil du Drudge Report hier après midi

 

  • Une semaine après avoir été pressenti comme directeur de la communication de la Maison Blanche, Anthony Scaramucci s’est donné comme principale mission de stopper par tous les moyens les fuites qui affaiblissent le président et son administration depuis six mois … quitte « à virer tout le monde ».
    Problème: « The Mooch » a une définition trèslarge du terme « fuite » et a accusé à tort certains membres du cabinet d’être à l’origine des révélations sur sa situation financière – information accessible à quiconque en fait l’autorisation.
    La paranoïa de Scaramucci est montée d’un cran mercredi.
  •  

  • Ce soir là, il a contacté un journaliste du New Yorker qui a révélé plus tôt qu’il avait dîné à la Maison Blanche avec le président et l’animateur de Fox News, Sean Hannity, pour savoir qui lui avait fourni l’information – ce que le reporter à bien entendu refuser de dire.
    Scaramucci a menacé de virer l’ensemble de son équipe pour tenter de soutirer l’information avant d’accuser directement le chef de cabinet, Reince Priebus, son ennemi juré, d’en être l’auteur:

    A partir de là, The Mooch est parti en vrille: Il pense Priebus était inquiet du dinner auquel il n’avait pas été invité.
    « Reince est un putain de schizophrène parano, c’est un paranoïaque,«  a affirmé Scaramucci (…)
    Scaramucci m’a aussi dit que, contrairement à d’autres membres du cabinet, il ne recherche pas l’attention des médias.
    « Je ne suis pas Steve Bannon, Je n’essaye pas de sucer ma propre bite », a-t-il dit en parlant du conseiller du président, « Je n’essaye pas de développer mon propre clan aux dépens de l’intégrité du président. Je suis ici pour servir le pays (…)
    Je dois y aller maintenant, je vais tweeter des horreurs pour essayer de le [Reince Priebus]  pousser à bout. « 

     

  • Les propos hallucinants de Scaramucci ont été défendus par … Sarah Sanders, la porte parole de la Maison Blanche, qui parlé de « langage coloré, parfois inapproprié » et Kellyanne Conway –  l’intéressé, plutôt que de s’excuser, a promis de continuer à se battre « passionnément » pour le président et a reconnu avoir « fait une erreur en faisant confiance à un journaliste ».

 

  • Pour The Daily Beast

    Le président se délecte des attaques de Scaramucci contre Priebus [qu’il accuse d’être responsable des nombreuses fuites de la Maison Blanche] – sur les chaînes de télévision, dans des tweets, dont certains ont été effacés – et est ravi de voir un membre de son cabinet s’enflammer autant contre des fuites qui l’irritent autant.



3. Les fuites vont continuer

 

  • Pour le consultant républicain Alex Conant interrogé par Politico, le langage grossier, vindicatif et menaçant de Scaramucci n’arrêtera pas les fuites:
     

    Partager illégalement d’informations en dehors d’une organisation va inévitablement la paralyser, ce qui va engendrer à davantage de dysfonctionnement et d’échecs. Le président a le droit d’être scandalisé par les fuites de la Maison Blanche.
    Mais essayer à tout prix d’identifier la taupe va créer d’autres taupes et d’autres fuites.

    La Maison Blanche ne fuit pas à cause de quelques personnes mal-intentionnées. C’est le manque d’unité au sein de l’équipe qui explique principalement les fuites. C’est d’ailleurs pourquoi les fuites concernent généralement les luttes internes à l’origine même de ces fuites.

    En affaires, les employés sont liés par l’objectif commun de maximiser les profits. Les organisations politiques n’ont pas cette finalité: les employés doivent s’unir autour d’une même vision et d’un même objectif.
    Pendant la campagne, Trump a réuni son équipe pour gagner une élection. Mais à la Maison Blanche, il n’a pas réussi à unifier cette équipe (et encore moins le peuple américain) autour d’un principe qui aille au-délà de la défense de sa seule réputation de président. Sans cet objectif commun, les clans sentent le besoin de balancer les uns sur les autres.

 


4. Dure semaine pour la communauté LGBT

 

  • Trump a voulu rassurer sa base électorale, après les critiques de nombreux médias et politiques de droite sur ses attaques contre Jeff Sessions, en utilisant la « guerre culturelle » contre à la communauté LGBT à qui il a « asséné trois coups en une seule journée »
     

    • La décision inattendue mercredi d’interdire toute activité de personnes transgenres dans l’armée américaine annoncée via Twitter a été prise, contrairement à ce qu’il a affirmé, sans consultation préalable des généraux et experts militaires – Vox
      * Les associations familiales et religieuses ont salué « la décision courageuse du président d’arrêter « d’utiliser nos militaires pour des expériences d’ingénierie sociale et au service du politiquement correct. – SPLC
      * Néanmoins, le Chef d’Etat-Major des armées, le général Joseph Dunford a affirmé hier qu’il n’appliquerait pas la mesure sans déclaration officielle du président. – Vox
    • Le département de Justice a déposé un mémo affirmant que le Civil Right Act de 1964 ne protège pas la communauté LGBT d’une discrimination à l’embauche – et pour offrir le droit aux patrons et entreprises de refuserer d’embaucher des personnes à cause de leur orientation sexuelle. – SPLC
    • Trump a annoncé mercredi qu’il nommait Sam Brownback, le gouverneur du Kansas et adversaire des droits des homosexuels, au poste d’ambassadeur de la liberté religieuse dans le monde – un département du Secrétariat d’Etat – qui vise à promouvoir la liberté religieuse comme partie de la politique étrangère – The New York Times

 

 


5. « Trump, le déloyal »

 

  • C’est l’une des contradictions du président: il exige une loyauté inconditionnelle, professionnelle et personnelle de ses proches, de sa famille, de ses associés mais lui en exempt, explique le magazine Politico:

    La vie de Donald Trump est une succession de trahisons.
    Son mentor et avocat Roy Cohn, qui a été le bras droit du sénateur [anti-communiste] McCarthy … Trump a beaucoup appris de lui, mais quand Cohn a contracté le Sida dans les années 80, Trump lui a tourné le dos, et engagé d’autres avocats. Lors de ses funérailles, Trump n’a prononcé aucun discours.
    Les ex-femmes de Trump pourraient sans doute dire la même chose si elles n’étaient pas retenues par un accord de confidentialité.
    Il a été particulièrement déloyal envers sa première femme, Ivana, la mère de Donald Jr, Ivanka et Eric. Lors de leur séparation, il a dit à un journaliste de Vanity Fair: « Quand un homme quitte sa femme, surtout quand il la quitte pour un autre coup – et un bon cul – la moitié de la population va préférer la femme délaissée.

    « Trump the Disloyalist: Why is anyone surprised by the president’s treatment of Jeff Sessions? »Politico magazine

 


6. Pourquoi les journalistes ne s’intéressent pas aux médias conservateurs?

 

L’expression de droite « Pajama Boy » vient de cette publicité sur Obamacare sortie en 2013

 

  • Poynter a interviewé Will Sommer, l’auteur de « Right Richter » la newsletter hebdomadaire consacrée aux médias conservateurs lancée il y a un peu plus d’un an pendant la campagne électorale par un féru des médias, qui travaille aujourd’hui pour le quotidien politique de Washington, The Hill, et notamment sur le manque d’intérêt des journalistes envers des médias conservateurs:
     

    Ils appellent cela la « clôture épistémique », l’idée que les médias conservateurs n’ont pas besoin de communiquer les autres médias [ils agissent en vase clos »] – ce qui est très intéressant. Par exemple, après l’agression de Greg Gianforte sur Ben Jacobs, un reporter du Montana – beaucoup de gens à la radio traitaient le reporter « « de pajama boy, Oh c’est un pajama boy! ».
    J’ai tweeté ça et je me suis rendu compte que les gens ne connaissaient pas cette expression qui caractérisent les jeunes hommes millenials et progressistes qui traînent en pijama [en référence à une publicité pour Obamacare diffusée en 2013].
    C’est un environnement culturel très marqué – et l’une des raisons pour lesquelles c’est aussi fascinant.

 

 

 


7. A regarder

  • Reportage de Vice News sur « cette femme qui paye les toxicomanes pour qu’elles n’aient pas d’enfants ».

Depuis 20 ans, Barbara Harris traverse le pays dans un camping-car pour promouvoir son association à but non lucratif auprès des alcooliques et toxicomanes.
Son organisation, Projet Prevention, paye celles et ceux qui ont des problèmes de drogue ou d’alcool $300 pour être fertilisés ou prendre des traitements contraceptifs à long terme, comme un implant ou un stérilet. Elle en a convaincu sept mille d’entre eux d’abandonner leur fertilité. Elle a créé Project Prevention après avoir adopté quatre enfants en quatre ans de la même mère toxicomane (…)
Elle reçoit jusqu’à un demi million de dollars de donations chaque année.

 

 

 

 


8. Couverture du Jour

 

  • Comment est-ce que Samsung a réussi à s’en sortir malgré le fiasco du Galaxy S7 et le scandale de corruption qui a ébranlé la compagnie en début d’année.

 

 


9. Le reste de l’actualité

 

  • La fertilité des Occidentaux n’est pas bonne: Selon une étude scientifique publiée cette semaine réalisée en Amérique du Nord, Europe, Australie et Nouvelle Zélande auprès de 43 000 individus, la concentration de sperme a baissé de 50% entre 1973 et 2011, soit 1,4% chaque année.
    Beaucoup de scientifiques réfutent les résultats de cette étude. – CNN

 

  • La MTA, Metropolitan Transport Authority, en charge du métro et bus new yorkais annoncé une série de réformes pour moderniser un système vieillissant qui prévoit davantage de wagons, l’allongement de la ligne C et le retrait de sièges dans certaines voitures pour laisser rentrer plus de monde – une aubaine pour les street dancers, de plus en plus nombreux à divertir les passagers. – New York Times

 

  • Victime de son succès: le premier épisode de la série Game of Thrones a été regardé illégalement en streaming 91 millions de fois. – Bloomberg Businessweek

 

  • Jeff Bezos, fondateur et PDG d’Amazon, est devenu le temps d’un après midi l’homme le plus riche du monde, devant Bill Gates, avec une fortune qui a atteint pendant quelques heures 92 milliards de dollars avant de redescendre – CNBC

 

  • « What Happened », c’est le titre du récit très attendu de Hillary Clinton sur la pire défaite de sa carrière, sur la pire défaite des Démocrates, sur la pire défaite de l’Amérique: La victoire de Donald Trump.
    Le livre peut être commandé en avance sur Amazon pour $24,98 – la sortie officielle est prévue le 12 septembre prochain – où un court extrait est disponible:
    Dans le passé, pour les raisons que je vais essayez d’expliquer, je me suis souvent retenue en public, comme si je marchais sur un fil sans protection. Aujourd’hui j’ai décidé de tout dire.

Le kiosque du 07.07.17

 

 

1. Vlad-Don, finalement!

 

  • Petit clin d’oeil de USA Today à la rencontre tant attendue entre Vlad et Don lors du G20
USA Today – vendredi 7 juillet

 

 


2. Le tournant politique de Trump

 

 

  • Bloomberg Businessweek publie cette semaine un extrait du livre d’un de ses journalistes, John Green, intitulé « Devil’s Bargain: Steve Bannon, Donald Trump, and the Storming of the Presidency »
  •  

  • L’extrait s’intéresse à l’évolution de la star de la télé-réalité à celle de militant de la droite dure, et le rôle primordial joué par Steve Bannon dans cette transformation:
     

    L’Histoire aurait pu se passer autrement.
    Même si Trump a toujours eu des instincts populistes, ses positions en matière de politique intérieure étaient celles d’un démocrate new yorkais, conformément au monde dans lequel il évoluait.

    Il est inconcevable de l’imaginer aujourd’hui, mais avant qu’il entre en politique, Trump avait du succès auprès des Blacks et des Hispaniques jusqu’à être considéré comme le chouchou des salariés américains.
    Même s’il n’était pas politicien, l’intérêt qu’il suscitait au sein des différentes communautés était quelque chose que le parti républicain sclérosé avait toujours recherché.

    La raison pour laquelle cette histoire est passée sous silence, c’est parce Trump a décidé de détruire cet héritage à des fins politiques.
    Il ne s’est pas trompé: La théorie du « birther » lancée en 2011 sur le lieu de naissance de Obama, dans l’optique des élections de 2012, marqué le changement [opéré par Trump] sur les thèmes de la race et de l’immigration qui lui a ouvert le chemin de la présidence.

     

  • « The Remaking of Donald Trump » – Bloomberg Businessweek

 

 


3. CNN fragilisée

 

  • Rien ne va plus pour CNN qui subit depuis des semaines les attaques toujours plus vicieuses du président des Etats-Unis (« fraud news », « garbage journalism ») jusqu’à cette fameuse vidéo postée sur le compte Twitter de Donald Trump, dans laquelle il fait semblant de tabasser un journaliste de la chaîne d’info.
  •  

  • CNN a également commis des erreurs: Le retrait d’un article accusant un proche de Trump de transactions avec un fond d’investissement russe suivi de la démission de trois éminents journalistes qui avaient travaillé dessus, le départ forcé de Kathy Griffin et Reza Aslan, deux animateurs dont les provocations contre le président sont allées trop loin. – New York Times
  •  

  • La dernière en date: Mercredi, Andrew Kaczynski, journaliste de CNN, raconte avoir retrouvé a l’auteur de la fameuse vidéo Trump/CNN – qui s’est excusé entre temps auprès de la chaîne – et affirme dans l’article se réserver le droit de publier son nom s’il recommençait à attaquer CNN.  – Gizmodo
    La phrase, rajoutée par l’un des rédacteurs, a provoqué un tollé contre le journaliste qui n’y était pour rien, et a peu plus plombé l’ambiance déjà très tendue dans les bureaux de la chaîne à New York, comme le décrit The Daily Best:
     

    Certains sont de plus en plus inquiets des menaces de mort et autres harcèlements à l’encontre des présentateurs et représentants sur les médias sociaux ou par téléphone.
    Les parents et la femme de Andrew Kaczynski (…) ont reçu une cinquantaine de coups de fil chacun depuis mercredi provenant de supporters de Trump.

  •  

  • La tension est telle entre CNN et la Maison Blanche que certains proches du président affirment que la fusion prévue entre la compagnie parente de la chaîne d’info, Time Warner et le géant de la téléphonie AT&T (évaluée à 85 milliards de dollars) pourrait remettre en question la décision du Département de Justice, qui y était pourtant favorableHuffington Post

 

 


4. Des faux documents pour piéger les médias

 

  • Rachel Maddow, journaliste de MSNBC, dont l’émission d’actualité « The Rachel Maddow Show » cartonne ces derniers mois, a mis en garde hier soir ses collègues sur la circulation faux documents confidentiels d’agences de renseignement dont le seul serait de discréditer les médias qui les utilisent.
  •  

  • La présentatrice affirme avoir reçu sur la messagerie sécurisée de son emission, sendittorachel.com., « LE » document qui prouverait la collusion d’un membre de l’équipe de Trump avec les Russes.
    La journaliste et son équipe ont la certitude qu’il s’agit d’un faux car il présente les mêmes caractéristiques que le document confidentiel de la NSA publié il y a un mois par The Intercept – l’auteur de fuite est aujourd’hui en prison – et parce qu’il mentionne le nom de la personne incriminée – contrairement aux pratiques des agences de renseignements.
  •  

  • Trois journalistes de CNN ont démissionné la semaine dernière à cause d’une source qui n’a pas été assez vérifiée et Vice à du retirer deux histoires sur l’administration Trump car les informations n’étaient pas non plus assez fiables: Pour Maddow, des personnes essayent de piéger les médias avec de faux documents pour tenter les discréditer. C’est pourquoi elle met en garde les autres médias à redoubler de précaution sur l’authentification et l’utilisation de documents reçus par des sources anonymes.

 

 
 


5. « Ces habitants du Colorado pour qui la terre est plate »

 

Couverture du Denver post, vendredi 7 juillet 2017

 

  • Plongée fascinante du Denver Post dans le « Flat Earth movement », une organisation fondée par John Vnuk, originaire de Fort Collins dans le Colorado, qui comme son nom l’indique, est convaincue que « la terre est plate » et que « la gravité n’existe pas ».
     

    Ils n’ont ni dirigeants, ni hiérarchie et aucune idéologie, à l’exception de la recherche de réponses à la question des étoiles.
    Le nombre d’adhérents a augmenté ces trois dernières années même si la persécution et les moqueries des gens les obligent à rester discrets. La plupart utilisent des pseudonymes ou ne donnent que leur prénoms (…)

    C’est un mouvement égalitaire qui redonne du sens à la vie en exploitant le désenchantement scientifique.

     

  • Les membres, appelés « Flat Earthers », sont des hommes, blancs, entre 25 et 70 ans, et se réunissent chaque mardi soir pour parler de la « platitude de la terre » et « autres sujets interdits ». La plupart se sont convertis sur YouTube grâce aux vidéos de Bob Knodel (« Globebusters« ) ou de Mark Sargent (« Flat Earth« ) pour qui la planète est l’équivalent d’une boule à neige, comme dans le film « The Truman Show »:
     

    [Les scientifiques] veulent vous faire croire vous êtes inutile, un grain dans l’univers, une erreur cosmique. Une terre plate fait de vous quelqu’un de spécial, vous êtes spécial, il y a un créateur, et vous n’êtes pas un accident. » 

     

  • La première « Flat Earth International Conference » aura lieu à Raleigh en Caroline du Nord en novembre prochain.

 

 


6. Le tour du monde pour 135 000 dollars?

 

 

  • « Around the World by Private jet: Cultures in Transformation » proposé par le New York Times Journeys propose à cinquante privilégiés de faire un tour du monde en Jet Privé pendant 26 jours l’hiver prochain.
    Voyager à travers le monde dans un Boeing 757 de luxe pendant 26 jours à visiter neuf pays dont Israël, Cuba, la Colombie, l’Australie, Myanmar et l’Islande accompagnés de quatre journalistes du New York Times. Les heureux voyageurs auront même le droit à un brunch le matin du départ avec le président du quotidien, Arthur O Sulzberger.
  • Le voyage, qui pourrait rapporter plus de six millions de dollars, « fait partie d’une variété de produits et services » censée rentabiliser la marque Times » comme le font d’autres quotidiens à l’instar du Washington Post 
  • Prix du voyage: 135 000 dollars.

 


7. Les plages italiennes de Bernhard Lang

 

Bernhard Lang

 

  • Wired publie une série de photos de plages « symétriques, répétitives et graphiques » prises par l’artiste allemand Bernhard Lang sur les côtes italiennes de l’Adriatique, entre Tavenna et Rimini, depuis un petit avion et toutes aussi magnifiques les unes que les autres.

 

 


8. Le reste de l’actualité

 

  • Les ordonnances d’opioïdes ont baissé de 13% entre 2012 et 2015 selon le Centers for Disease Control and Prevention – la première fois début de la crise à la fin des années 90, mais les prescriptions sont trois plus nombreuses qu’en 1999 et les Américains consomment quatre fois plus d’anti-douleurs que les Européens – Washington Post

 

  • La réforme d’Obamacare proposée par les Républicains est la législation « majeure » la plus impopulaire de ces trente dernières années. Si elle passe devant le Sénat, tous ceux qui l’on soutenu pourraient en payer le prix aux prochaines élections, en novembre 2018 – Axios

 

  • Il y a un an, cinq policiers de Dallas étaient abattus dans une embuscade par un seul tireur isolé. Le Dallas Morning News a retrouvé quatre protagonistes de cette soirée, deux agents des forces de l’ordre et deux membres du personnel médical.
     

Le kiosque du 05.05.17: Trumpcare passe au forcing: Républicains damnés en 2018? ACLU mène la Résistance + Les « sad dads »

Happy Friday. C’est Cinco de Mayo, fête nationale mexicaine, aujourd’hui et il pleut des cordes à New York.
On s’intéresse au vote de l’American Health Care Act, prémices d’un retour en fanfare des Démocrates aux élections 2018 tant la loi est impopulaire, sauf pour le Wall Street Journal.
On s’intéresse également à l’ACLU qui est devenue le chef de la Résistance contre Trump et enfin à cette nouvelle tendance des « sad dads ».

Bon Weekend!

 

 

  • Un vote précipité et de justesse.

    L’American Health Care Act est passée de justesse hier à 217 voix contre 213 (tous les Démocrates et 20 votes républicains ont voté non) à la Chambre des Représentants du Congrès Américain.
    L’AHCA a été remaniée jusqu’à mercredi soir et le vote maintenu au lendemain après midi alors que certains Représentants n’ont même pas eu le temps de lire la proposition, sans attendre les conclusions du CBO (Congress Budget Office) sur son coût ou sur le nombre de personnes qui perdraient leur assurance maladie – le chiffre de 24 millions d’individus avancé lors de la première proposition abandonnée en mars devrait augmenter car la nouvelle loi a convaincu la frange la plus dure de la droite dure (le Freedom Caucus) opposée à toute aide de l’Etat en matière de santé.

    La loi retire aux Etats la responsabilité d’assurer à ses citoyens une couverture santé universelle sous l’autorité du gouvernement fédéral et redonne aux compagnies et aux marchés la liberté d’offrir leurs propres forfaits et de fixer eux mêmes les prix des cotisations – qui va entraîner selon les détracteurs de la loi une augmentation des prix pour les plus vulnérables: les plus âgés et malades ou ceux ayant des antécédents médicaux – interdite avec Obamacare.

    Les républicains pensent au contraire que la compétition va baisser les prix et inciter les jeunes en bonne santé à acheter une assurance.

    Voici les prix des cotisations annuelles que pourraient exiger les compagnies d’assurance pour une personne de 40 ans avec les antécédents médicaux suivants: 

    Center for American Progress

    27% des Américains ont des antécédents médicaux et les dix Etats les plus touchés par cette situation ont voté pour Trump l’année dernière: Parmi eux, la Virginie Occidentale (36% des habitants ont des antécédents médicaux), le Mississipi (34%), le Kentucky (33%), l’Alabama (33%) et le Tennessee (32%).

     

    * « How the GOP got a Health Care bill after Trump and Ryan step back » – The Washington Post

***

  • Une « Blue Wave » en 2018?

    Le vote précipité de l’AHCA n’avait pour but que de « remplir la promesse électorale de Donald Trump et lui assurer une première victoire législative » sans aucun égard pour électeurs américains.
    Un pari électoral très risqué puisque Obamacare est populaire, surtout auprès des populations les plus pauvres, celles qui ont justement voté pour Donald Trump en novembre dernier.

    Selon une étude du Pew Research Center, 60% des Américains et 52% des Républicains à faible revenus pensent que l’Etat à la responsabilité d’assurer aujourd’hui ses citoyens.
    Seulement 17% des Américains sont favorables à l’AHCA.

    Les Représentants démocrates narguaient leurs confrères républicains hier après midi dans la Chambre en chantant « Na Na Na Na Hey Hey-ey Goodbye » pour leur signaler qu’ils ne seraient sans doute pas réélus à cause de cette loi lors des prochaines élections de mi-mandat de 2018.

    Nancy Pelosi, porte parole de la minorité démocrate affirmait hier:

    « Vous avez toutes les provisions de cette loi tatouées sur votre front. Vous allez briller dans la nuit avec »

     

    Nate Silver note que 85 Républicains seraient vulnérables lors du prochain scrutin à cause de Trumpcare et que les Démocrates pourraient bien remporter les cinquante sièges nécessaires pour obtenir la majorité à la Chambre des Représentants.

    Hier les Démocrates ont assisté à l’éventuelle destruction de l’une des plus importantes avancées sociales de l’histoire du pays mais comptent bien utiliser ce vote très impopulaire pour entamer la reconquête du Congrès américain.

    Par ailleurs la loi votée hier va être modifiée par le Sénat ces prochaines semaines, le temps pour le CBO de publier son rapport et la population de se mobiliser contre cette loi. Ce qui rend la célébration et le discours de Donald Trump dans le rose Garden de la Maison Blanche entouré de politiciens sexagénaires, blancs et millionnaires avait un goût assez amer.

***

  • Auto-célébration à la Maison Blanche

    Carlos Barria / Reuters

    La plupart des médias s’accordaient hier sur l’immense erreur commise par les Républicains qui ont voulu prouver qu’ils formaient une majorité capable de gouverner en votant pour une loi à laquelle peu adhéraient – et que certains n’avaient pas lu.
    Le comité éditorial du New York Times parlait hier de « Trumpcare Disaster »: « Ni Mr Trump, ni Mr Ryan [porte parole de la majorité républicain à la Chambre des Représentants] n’avaient l’air gênés par le flot de critiques entourant leur loi », uniquement « préoccupés à satisfaire le Freedom Caucus, la frange la plus dure de leur parti ».

    Le Wall Street Journal tirait les mêmes conclusions mais dans une sens positif en se félicitant de voir les « Républicains franchir une première étape dans la satisfaction des promesses de campagne » et former une majorité capable de victoires législatives « malgré l’hostilité sans précédent des médias, des groupes d’intérêts et des Démocrates ».
    Le quotidien salue le travail du président « et sa capacité de persuasion ».

    * « Ending Obamacare. Part One » – The Wall Street Journal
    * « The Trumpcare Disater » – the New York Times
    * « Republicans didn’t like their health-care bill but voted for it anyway » – Washington Post

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  • Les « Sad Dads »

    Triple couvertures de Brad Pitt dans le dernier numéro de GQ Style

    L’actualité masculine de la semaine, c’est donc Brad Pitt en trois couvertures du dernier GQ Style, visiblement très amaigrie et très triste dans un photoshoot un peu glauque réalisé par le photographe new yorkais Ryan McGinley.
    Dans sa première interview depuis le départ à grand fracas de Angelina Jolie et ses enfants du domicile familial en septembre dernier, on assiste au mea culpa de Brad Pitt qui avoue avoir tout gâché parce qu’il picolait trop et aujourd’hui sur le chemin de la rédemption.
    D’où cet article très amusant du Daily Beast paru mercredi sur la nouvelle tendance déprimante de Hollywood: les « sad dads »

    Les Sad Dads sont la nouvelle tendance masculine tragique – qui commence à Hollywood et qui sera bientôt disponible dans votre vapostore ou studio de sculpture à côté de chez vous.
    Alors que le « dad bod » – celui qui a de la brioche par manque d’exercice – dit « on y va molo », le « sad dad » se demande même « pourquoi essayer? »
    On peut le voir enchaîné les cigarettes devant la maison de son ex en attendant de récupérer les enfants, embrasser des nouvelles passions et n’apparaître dans aucun film majeur cette année (…) Ils sont beaux, travaillent à moitié et ne vont pas bien.
    Soit ils sont trop fait la fête et ils ont arrêté l’alcool et la drogue au même moment.


    Parmi eux: Tobey MaGuire, Ben Affleck ou Brad Pitt qui nous offert des pépites de glauquerie dans GQ du genre « Qu’est ce qui vous réconforte ces derniers temps? »

    – Je me lève tous les matins et je fais un feu. Quand je vais me coucher, je fais un feu aussi – Ca me rend vivant »
    On vous laisse finir l’interview tout seul.

     


    * « Brad Pitt perfects Hollywood’s hot New Trend: Being a Sad Dad » – The Daily Beast
    * « Brad Pitt talks Divorce, Quitting Drinking, and Becoming a Better Man » – GQ Style

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  • ACLU Leader de la résistance
    Le premier réflexe de Anthony D. Romero, directeur de l’American Civic and Liberties Union, au lendemain de la victoire de Donald Trump était de lui écrire une lettre ouverte, publiée dans le New York Times reprenant les pires promesses de campagne:

[ACLU] a travaillé et a lutté tous les présidents américaines tout parti confondus pour assurer que le pays reste fidèle à sa nature de pays de la liberté (…) Si vous ne changez pas le cours et transformer ces promesses en réalité, il faudra combattre la force de frappe de ACLU à chaque étape.

Ces six derniers mois, ACLU est devenue le leader de la Résistance contre Donald Trump: A travers des actions légales (suspension à deux reprises de la Muslim Ban et de la suppression des subventions contre les villes sanctuaires), des requêtes invoquant le « Freedom Of Information Act » permettant d’obtenir légalement des documents appartenant à la nouvelle administration, et continue de se battre pour la défense des droits des femmes (avortement) ou ceux des transgenres (« bathroom bill »).
Jamais l’influence de cette association n’avait été aussi importante en 97 ans d’existence, à cause de la nouvelle donne politique et grâce au travail de Mr. Romero qui a réussi depuis 16 ans à doubler la taille et le budget de ACLU ces quinze dernières années: Le nombre d’adhérents (1,6 millions) a doublé depuis novembre et reçu près de 83 millions de dollars de donations, un tiers de son budget total annuel).
ACLU avait anticipé une éventuelle victoire de Trump et potassé tous les recours légaux et juridiques possibles contre ses propositions, certaines anti-constitutionnelles dans un memo qui « se lit aujourd’hui comme un manuel des cent premiers jours de Donald Trump ».
Romero considère ACLU comme le garant des libertés aux Etats-Unis et ses succès, un mélange d’anticipation, de rapidité et d’agilité avec un noyau d’avocats spécialisés et un réseau d’organisations et de bureaux actifs et vigilants et enfin des supporters bien plus impliqués qu’auparavant
* « How The ACLU Is Leading the Resistance » – The Fast Company

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  • Follow up

    * Corey Lewandowski, l’ancien manager de campagne de Trump qui a créé une compagnie de conseil installée en face de la Maison Blanche et proposait à ses clients du monde entier des « facetime » avec le président ou le vice-président et des rencontres avec les haut dignitaires de Washington vient de démissionner. – Politico

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  • Les unes des quotidiens:

    Exactement ce que voulait Trump qui a du se réjouir de voir sa sauterie du Rose Garden de la Maison Blanche à la une de tous les journaux américains ce matin.

24.03.17: A la une des quotidiens américains

 

 

 

  • The Art of the « Failure »

    A vouloir précipiter les choses, le président Trump, qui a littéralement menacé les Républicains de garder Obamacare s’ils ne rangeaient pas derrière Trumpcare hier, vient d’essuyer un premier revers politique important.
    Le vote a été annulé à la dernière minutes pour éviter l’humiliation d’un rejet devant la Chambre des Représentant où les Républicains n’ont pas réussi à s’entendre pour rassembler une majorité simple des 216 voix requises.
    Le président Trump a décidé de suivre l’agenda et la proposition de Paul Ryan: une stratégie qui a échoué à l’intérieur même de sa propre majorité – les démocrates ont bien entendu voté non et eux vont passer un bon weekend.

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  • L’auteur des menaces antisémites est un jeune israélo-américain de 19 ans.

    Il a déclenché une enquête internationale avec l’intervention du FBI et des autorités israéliennes jusqu’à ce qu’il soit arrêté à Jérusalem cette semaine.
    Depuis plusieurs mois, le jeune hacker de 19 ans est à l’origine de plusieurs dizaines de fausses alertes à la bombe lancées contre des centres communautaires juifs un partout aux Etats-Unis, et fait craindre un regain d’antisémitisme dans la foulée de l’élection de Donald Turmp.

    « Arrest Made in thereats to Jewish centers » – Arizona Daily Star

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  • L’une des pires bavures policières du pays

    Jason Van Dyke, inculpé en novembre 2015 du meurtre au premier degrée de Laquan McDonald à Chicago en octobre 2014, vient de recevoir seize nouveaux chefs d’inculpation pour batterie aggravée, pour les seize coups de feu qui ont atteint le jeune homme 17 ans.
    C’est l’unes pires bavures policères qu’ait connu le pays ces dernières années parce qu’elle rassemble tous les ingrédients du scandale des violences policières sur la communauté noire:
    * Enfant d’une mère-fille célibataire, Laquan McDonald est un enfant du système, qui grandit de foyers en foyers, qui est rapidement devenu délinquant juvénile, et rentré dans un gang,avait de gros problèmes scolaires.
    * Jason Van Dyke est lui aussi un enfant de Chicago, mariée avec deux enfants: sur les 12 000 policiers de Chicago il fait des 400 qui a été l’objet de plus d’une vingtaine de plaintes pour usage excessif de la force.

    *Le 20 octobre 2014, McDonald a eu une altercation avec la police, muni d’un couteau, avec lequel il a planté les pneus d’une voiture de police.
    Nez à nez avec le jeune Laquan, McDonald affirme avoir agit en état de légitime défense: La victime a été touchée au cou, à la poitrine, dans le dos, aux bras, à la jambe et la tête. Neuf des seize coups tirés l’ont été dans son dos, lorsqu’il était à terre.
    La mort a été considérée comme un homocide à cause du nombre de coups de feu tirés.

    * De nombreux officiers de police ont tenté de couvrir le meurtre en effaçant les traces des vidéos de surveillance et/ou dashcams (celles installées sur les pare-brises des voitures de police).
    La famille de Laquand a reçu cinq millions de dollars de dommages et intérêts de la ville de Chicago, qui a tout fait pour empêcher la diffusion des vidéos du drame, finalement diffusée le jour du jugement de Mr Van Dyke.

    « 16 Shots, 16 new Counts » – Chicago Sun-Times

Le Kiosque du 24 mars: Trumpcare: #PassTheBill! – Dernières news de Russie – Gawker/Hogan/Thiel – Le Guardian renonce à Brooklyn

  • « The Art of the Deal » a dû mal avec Trumpcare (#PassTheBill)

    Les Républicains ont préféré reculer le vote sur Trumpcare/Ryancare à aujourd’hui devant les divisions affichées encore hier par les 29 conservateurs du Freedom Caucus, proches du Tea Party, qui veulent se débarrasser des vestiges d’Obamacare et ont promis de voter contre la loi, s’ils n’étaient pas écoutés.

    La couverture de Breitbart sur Ryancare – Jeudi 23 mars 2017

    Le président les a rencontrés et tous ont travaillé contre la montre jeudi pour amender l’American Health Care Act, dans le plus grand secret, afin de rallier les derniers réticents.

    Le vote devrait avoir lieu à 15 heures cet après midi

    Quand Obama a mis presque un an à faire voter l’Affordable Care Act, les Républicains font tout pour passer cette loi, extrêmement importante, en quelques semaines seulement.

    Selon le New York Times, Trump et ses conseillers regrettent déjà la stratégie adoptée par la majorité républicaine du Congrès, menée par Paul Ryan qui a d’abord voulu faire voter la réforme du l’assurance maladie puis celle du budget.

    Une erreur semble-t-il étant donné les divisions flagrantes des Républicains autour l’American Health Care Act, qui plus est, impopulaire auprès de la base électorale du président: il aurait été plus facile de trouver un accord sur le budget puis s’attaquer au moins populaire ensuite. Cette initiative pourrait coûter cher politiquement au président et à Paul Ryan.  24 millions de personnes vont perdre leur assurance maladie.


    Si elle passe aujourd’hui, l’AHCA devrait de toutes façons mourir au Sénat.

    * « Trump Tells G.O.P. It’s now or Never, Demanding House Vote on Health Bill »New York Times
    * « Trump the Dealmaker Projects Bravado, but Behind the Scenes, Faces Rare Self Doubt »New York Times
    * « 
    A Postponed health-care vote, a big GOP embarrassment and no good options ahead »The Washington Post

 

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  • Dernières nouvelles de Russie

    Il s’est passé beaucoup de choses cette semaine sur le dossier le plus brûlant de la jeune présidence de Trump – à côté de Trumpcare.

    * Lundi, le directeur du FBI, James Comey, a témoigné devant une commission du Sénat et affirmé, aux côtés du directeur de la NSA, Mike Rogers, qu’il n’y avait aucune preuve que Barack Obama avait mis sur écoutes Trump, ni ses associés pendant la campagne présidentielle mais a confirmé l’existence d’une enquête du FBI sur d’éventuelles relations entre ces derniers et la Russie pendant les élections.

    * La Maison Blanche est restée campée sur ses positions contre l’ancien président et son programme de surveillance

    * Mercredi, Associated Press a révélé que l‘ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, avait travaillé auparavant pour un milliardaire russe, Oleg Deripaska, sur un « projet secret visant à influencer positivement la politique, les affaires et la couverture médiatique de Vladimir Poutine dans et en dehors des Etats-Unis, pour un contrat de dix millions de dollars.
    Paul Manafort a démissionné de l’équipe de campagne de Donald Trump au mois d’août dernier après les révélations de ses relations avec l’ancien président ukrainien pro-russe, Viktor Yanukovych.

    * Mercredi après midi, le président de la Commission parlementaire en charge de la surveillance des Agences de renseignements américaines, le Représentant républicain Devin Nunes, a obtenu des fuites indiquant que la « communauté du renseignement aurait intercepté des conversations de citoyens américains appartenant à l’équipe de Transition de Trump » après sa victoire en novembre.
    Il a décidé, alors qu’il est en charge de l’enquête « objective », en cours, sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle, de révéler ces fuites aux médias et d’aller personnellement en informer le président – sans demander l’avis de ses autres collègues de la commission, dont certains démocrates.
    Il s’est excusé depuis auprès de ses collègues mais tout en réitérant hier soir sur Fox News l’importance d’alerter le président, « cible des médias depuis plusieurs semaines ».

    * Mercredi soir, CNN a révélé le scoop sans doute le plus important: le FBI avait des informations selon lesquelles des associés de Trump se seraient entendus avec des officiels russes pour diffuser le matériel piraté afin de miner la campagne de Hillary Clinton.

    * Le résumé de Mike Allen sur Axios:

    Le Watergate a tenté de couvrir un cambriolage.
    Ca pourrait être ici la dissimulation de la nemesis américaine, dotée de l’arme nucléaire, qui a infiltré notre politique avec le but spécifique de saper la fondation de notre démocratie – les élections présidentielles – et réussi en faisant élire le candidat de son choix et offrant le total contrôle à un parti qui pourrait décimer l’opposition pendant des années.

    * Nick Kristof dans le New York Times:

    La question fondamentale aujourd’hui, ce ne sont pas les mensonges de Trump, les fuites des Renseignements, ou l’interception de communications de Trump. La question cruciale est aussi monumentale que simple: Y-a-t-il eu trahison?

    * « Before Trump Job, Manafort worked to aid Putin » – AP
    * « David Nunes created his own « big, gray cloud » – Axios
    * « Trump: I feel somewhat vindicated by Nunes claims » – Axios
    * « US Officials: info suggest Trump associates may have coordinated with Russians » – CNN
    * ‘A Smell of Treason in the Air,’ – New York Times

     

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  • The Guardian US en difficulté

    Le Guardian, dont le site internet entièrement gratuit, a réussi a convaincre près de deux cent mille lecteurs de devenir des membres du quotidien (et non pas de simples abonnés) en échange d’une contribution financière et reçu les donations de 160 000 autres, mais la direction a annoncé cette semaine des réductions budgétaires et licenciements dans les mois à venir, notamment dans les bureaux américains.
    Selon les CEO, David Pemsel, les « coûts opérationnels restent trop élevés, et les réductions des coûts sont nécessairespour équilibrer le budget d’ici 2018/19 ».

    L’annonce a été faite après que la branche américaine ait décidé de ne plus emménager dans leurs nouveaux bureaux de Brooklyn, qui appartiennent à la famille Kushner dont le fils Jared, 35 ans, est le gendre de Donald Trump, et son conseiller le plus proche.
    Une décision après une « révolte de la newsroom » qui craignait que « leurs sources n’aient plus confiance et ne veuillent plus communiquer avec les journalistes ».
    La compagnie devrait déménager Midtown au moi de mai, mais a perdu près de 250 000 dans cette déconvenue.

    * « Guardian Ditches Move to Kushner Building after Newsroom Revolt » – Buzzfeed News 
    * « Guardian announces Cuts After $250,000 Kushner Lease Debacle » – Buzzfeed News 

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  • Le fondateur de Gawker, enfin sorti du pétrin

    Nick Denton, fondateur du site d’infos/Gossip Gawker, a laissé éclater sa joie mercredi soir sur Twitter en annonçant qu’il était finalement sorti de la banqueroute, « et que sa relation de dix ans avec Peter Thiel [était] enfin terminée.
    D’autres journalistes peuvent reprendre désormais ce cadeau empoisonné ».

    L’un des pure players d’information et de ragots les plus anciens et populaires a fermé ses portes l’année dernière pour banqueroute après avoir été condamné à payer 140 de millions de dollars de dommages et intérêts à l’ancienne star de catch Hulk Hogan, dont il avait diffusé la sex tape quelques années auparavant.
    C’est Peter Thiel, proche de Trump, co-fondateur de Paypal, et l’un des rares milliardaires de la Silicon Valley a avoir soutenu le candidat républicain, qui a secrètement financé toute la procédure légale (et les frais) de Hulk Hogan, révélées par Forbes au printemps dernier.
    Peter Thiel a avoué vouloir détruire Gawker qui l’avait été « outé » en 2007.

    Nick Denton a dû fermer Gawker et revendre les sites affiliés, Deadspin et Jezebel à Univision pour 135 millions de dollars, a déjà payé 31 millions de dollars à Hogan et devrait reparti avec 16 millions de dollars en liquide.
    Denton, Thiel et Hogan veulent maintenant passer à autre chose.
    * « Gawker founder Nick Denton to Leave Bankruptcy »The Wall Street Journal
    * Toute l’histoire: « Nick Denton, Peter Thiel and the Plot to Murder Gawker »Vanity Fair

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  • Les meilleurs leaders selon Fortune

     

    Le magazine a révélé aujourd’hui la liste annuelle des « Greatest World Leaders » qui transforment et inspirent le monde:

    1. Theo Epstein – Président des Cubs de Chicago qui ont remporté les World Series, le championnat de baseball américain en novembre dernier.
    2. Jack Ma – Président et fondateur de Alibaba, Un habitué des classements
    3. Pape François
    4. Melinda Gates, Co-présidente de la Bill et Melinda Gates Foundation
    5. Jeff Bezos – Président et fondateur de Amazon
    6. Ava DuVernay – Réalisatrice de « Selma », nommé aux Oscars l’année dernière et du documentaire choc de Netflix, « 13th »
    19. Samantha Bee!

    Il n’y a aucun français.

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  • Couverture du Jour

    Bloomberg BusinessWeek

    Une couverture choc sur les ravages des usines de pièces automobiles qui ont revigoré l’économie des certaines Etats du sud, Alabama Tennessee, Géorgie, mais souvent aux dépens de ses travailleurs, qui souffrent des conditions de travail longues, difficiles et dangereuses, similaires à leurs homologues asiatiques ou encore mexicains.

 

Le kiosque du 23 mars 2017

  • Trumpcare, c’est quite ou double

    La tension est assez à comble à Capitol Hill aujourd’hui où a lieu le vote de l’American Health Care Act, la fameuse réforme d’Obamacare, devant la Chambre des Représentants.
     
    « Même le plus intelligent et le expérimenté des commentateurs politiques est incapable de prédire si oui ou non cette proposition va remplacer l’Affordable Care Act.
     
    * La rébellion conservatrice incarnée par le House Freedom Caucus, proche du Tea Party, (les 29 « NO » sur le schéma ci-dessous), veut complètement éradiquer les derniers vestiges d’Obamacare et les plus populaires – dont l’obligation pour les assurances de prendre en charge les patients quels que soient leurs antécédents médicaux et la possibilité pour les jeunes de moins de 26 ans de rester sous l’assurance de leurs parents – devrait rencontrer le président ce matin et a prévu de voter contre l’AHDA si rien n’était modifié. 
     
    * Les 44 indécis et les 15 qui « penchent vers le non » sont eux plus modérés: ils réclament davantage de subventions de l’Etat pour aider les familles dans le besoin et veulent que l’extension de Medicaid qui bénéficie à des millions de défavorisés à travers le pays soit prolongée jusqu’en 2020 plutôt que 2018.
     
    La loi a besoin de 215 voix pour passer la Chambre de Représentants et aller ensuite affronter le Sénat.
     

    Selon le New York Times, voici les dernières estimations chez les Républicains:

     

    Tous les démocrates voteront non, mais comme l’un d’entre eux sera absent cet après midi seulement 22 républicains peuvent voter contre sans quoi la loi ne passera pas. 
     
    C’est un vote extrêmement important pour la crédibilité du nouveau président et de Paul Ryan, obsédé par cette abrogation depuis des années, mais à haut risques pour tous les Représentants qui y jouent leur siège aux prochaines élections.
     
    * Quels que soient les résultats, les Démocrates vont les utiliser politiquement: Si la loi ne passe pas, c’est la victoire d’Obamacare, et si elle passe, ils vont tout miser sur les répercussions de l’AHCA sur les personnes âgées et défavorisées.
     
    * Les très puissants frères Koch se sont eux engagés à soutenir, à travers leurs réseaux, les Républicains qui voteraient contre la proposition de Paul Ryan et Donald Trump.

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  • L’offensive des médias conservateurs contre des employés fédéraux

    « La bureaucratie fédérale comprend 2,6 millions d’employés permanents protégés par la Fonction Publique et quatre mille conseillers politiques.
    La plupart de ces bureaucrates participent activement au sabotage du programme du président Trump. 
    Les conseillers politiques peuvent être virés facilement par le président. C’est plus difficile pour les employés de la fonction publique

     
    C’est l’introduction d’un article de Breitbart publié il y a un mois avec une liste « des dix bureaucrates vestiges et loyalistes d’Obama que le président Trump peut soit virer directement ou transférer de leur positions actuelles » et un paragraphe consacré à chacun d’entre eux, dans lequel sont énoncées les raisons pour lesquelles ils devraient être demis de leurs fonctions.
     
    Quand on sait l’influence de Breitbart sur le président [les écoutes dont il a été l’objet par Obama sont directement inspirées par le site alt-right] et dont l’un des plus proches conseillers, Steve Bannon, en était le président il y a à peine six mois, ce genre d’article peut avoir des catastrophiques sur la carrière de ces fonctionnaires.
     
    La plupart des informations relayées par Breitbart et Conservative Review sont fausses ou biaisées, et les demandes de correction de la part des intéressés n’ont jamais été entendues.
     
    Comme le rapporte Politico, jamais les employés du gouvernement ont fait l’objet de telles attaques ciblées et personnalisées, alors qu’ils sont censés être « apolitiques » et généralement assez discrets.
     
    Les employés du Département d’Etat sont les plus menacés, notamment ceux qui ont travaillé sur le traité nucléaire avec l’Iran.
     
    L’un des journalistes responsable de cette chasse aux sorcières affirme « vouloir prévenir le peuple américain de la présence d’individus au sein du gouvernement qui ont soutenu des politiques dangereuses et destructrices contre notre présence à l’étranger ». 
     
    * « Federal Staffers panicked by conservative media attacks » – Nahal Toosi & Andrew Restuccia / Politico

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  • Cosmo: »Ivanka est une farce »

    Cosmopolitan n’a pas apprécié l’entrée officielle d’Ivanka Trump à la Maison Blanche, annoncée ce weekend, alors que la fille du président est partie pour une semaine de repos à Aspen avec son marie, ses frères et enfants.
    Le titre annonce la couleur: « Le job d’Ivanka Trump à la Maison Blanche est une insulte pour toutes les femmes qui travaillent » écrivait la journaliste Amanda Carpenter dans la rubrique Opinion mardi.

     

    Ce qu’elle fait? Personne ne sait.
    Ses Qualifications? Apparament, être la fille du président.
    Il y a un mot pour cela: le népotisme.
    Et tout ce qu’Ivanka a fait jusqu’ici pour se présenter comme un exemple de femme qui travaille devient une farce (…)
    Les conseillers de Trump vont dire que personne n’enfreint la loi sur le népotisme parce qu’elle ne touche aucun salaire et ne dispose d’aucun titre officiel – un symbole flagrant de privilège en lui-même

     
    Dans une administration qui s’est donnée pour mission de justifier chaque centime demandé au contribuable, la journaliste demande à ce qu’Ivanka justifie l’utilisation de ces ressources et de ne pas utiliser sa position pour promouvoir sa ligne de bijoux (elle l’a déjà fait dans 60 minutes), ni obtenir le titre « first lady » comme elle s’efforce maladroitement de le démentir.
     

    Ivanka continuera à prétendre qu’elle un exemple pour les femmes qui travaillent, en se félicitant de s’asseoir à la table des dignitaires étrangers (…). Qu’elle se souvienne qu’elle est assise là seulement parce que son « daddy » l’autorise.
    Ce n’est pas de la grande majorité des working women aux Etats-Unis et on ne devrait en aucun cas la féliciter.

     
    * « Ivanka Trump White House Gig Is an Insult to Working Women » – Amanda Carpenter –

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  • Les Conservateurs: Pourquoi il faut séparer l’Art et l’Etat

    De nombreux conservateurs se félicitent de certaines propositions du budget « America First » révélé la semaine dernière au public américain, dont celle de supprimer les subventions aux services culturels comme les chaînes publiques PBS ou la radio NPR sous prétexte qu’elles ne « parlent pas à la mère célibataire de Detroit ou à l’ouvrier en métallurgie de Virginie Occidentale ».
     
    Le concept de liberté, c’est celui d’un gouvernement limité à son minimum qui n’a rien à faire avec la culture, certainement pas la subventionner surtout qu’elle sert véhiculer la propagande gauchiste.
    Une conception à l’opposé de celle de la France et de la responsabilité de l’Etat envers la culture.

     
    Michael Tanner nous explique dans National Review que supprimer les subventions du Fond National pour les Arts ( National Endowment for Arts) c’est « séparer l’Art de l’Etat » et ça équivaut à la même revendication que la séparation de l’Eglise et l’Etat »:  « il n’est pas du ressort du gouvernement d’approuver ou désapprouver ce genre d’expression » surtout qu’ « il est plus difficile de dire la vérité au pouvoir quand c’est le pouvoir pays vos factures ».
     
    Des factures limitées puisque les subventions de la NEA sont seulement de 138 millions de dollars par an, contre 17 milliards chaque année offerts par la philanthropie privée.
    Le gouvernement fédéral, des Etats et localités contribuent à hauteur de seulement 4% du budget total.

     
    C’est pas fini!
    Et même si la NEA n’est autorisée qu’a subventionner des programmes et organisations « qui ont [de toutes façons] leur propres rigidités (…) ça ne veut pas dire qu’elle ne choisit pas selon des préjugés et notions préconçues. Même quand ses décisions ne reflètent aucune politique ou vision du monde particulière, elles sont déterminées par l’artiste en vogue. »

    Si on aime vraiment l’art, on devrait espérer que le gouvernement n’y touche pas

     

     

    * « Separate Art and State » – Michael Tanner / National Review

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  • « Un océan de désespoir » chez les classes ouvrières blanches américaines

    La maladie et les morts prématurés chez les classes ouvrières blanches pourraient être causées par le manque d’opportunités professionnelles pour les jeunes non-diplômés quand ils entrent dans le marché du travail, une situation qui s’aggrave à travers des dysfonctionnements familiaux, l’isolation sociale, la dépendance, l’obésité, et d’autres pathologies selon une étude publiée par deux économistes renommés.

     
    Cette étude montre que l’espérance de vie des ouvriers américains blancs diminue régulièrement depuis 1999, que ce soit chez les hommes et les femmes qui ont tendance à cumuler les désavantages, au niveau de la santé, des problèmes personnels et du chômage – et contrairement au reste de l’ensemble de la population.
     

    Au bout du compte, notre histoire est celle de l’effondrement de la classe ouvrière blanche, diplomée d’un simple baccalauréat qui a eu son apogée pendant les années soixante dix.

    Les deux scientifiques parle d’un « océan de désespoir » qui traverse les Etats-Unis et signalent notamment les répercussions qu’il exerce sur le corps: « Les gens veulent soulager la bête. ils le font à travers l’alcool, les drogues et la nourriture »
     
    * « New Research Identifies a sea of despair among White, Working Class Americans » – Joel Achenbach & Dan Keating / Washington Post
     
    * « Mortality and Morbidity in the 1s Century » – Anne Case & Sir Angus Deaton / Brrokings Institue
     
    * Ce superbe reportage photo paru dans le New Yorker l’année dernière: « I Feel Forgotten »: A Decade Struggle in Rural Ohio de Matt Eich

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Le kiosque du 18 mars 2017: Merkel, leader du monde libre – Le président « Fox News » – Abolir Obamacare – Must Read!

 

  • Angela Merkel est la leader du monde libre

    Hier a eu lieu la première rencontre officielle entre les deux plus grandes puissances occidentales, les Etats-Unis et l’Allemagne, dans une atmosphère assez tendue étant donné les attaques lancées par Trump durant la campagne présidentielle à l’encontre d’Angela Merkel.
    Contrairement à ses confrères anglais ou japonais, la chancelière n’a pas hésité à contredire le président sur à peu près tous les sujets, notamment l’immigration et lui a même donné quelques conseils « diplomatiques »:

    « C’est bien mieux de se parler directement que de parler les uns sur les autres ».


    Donald Trump a affirmé que « le seul point commun qui pouvait les réunir, c’était peut-être les écoutes dont les deux ont été victimes » de la part d’Obama, un fait avéré pour la chancelière allemande et des allégations toujours sans preuves concernant le président.
    Enfin ce dernier a refusé de lui serrer la main devant les photographes dans le bureau oval.

    Les journalistes et l’opinion publique américaine étaient encore une fois déconcertés par cet énième manque de professionnalisme de la part de Donald Trump, et beaucoup reconnaissent aujourd’hui, à l’instar de Politico, que la chancelière allemande, « qu’elle le veuille ou non, est la dernière et meilleure chance de l’Occident ».

    Immédiatement après l’épisode, le compte Twitter du @PRESIDENTBANNON a publié cette déclaration officielle hilarante:

     

    Donald Trump nous assurait ce matin que tout s’était bien passé

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  • Le président « Fox News »

    Il y a deux semaines, le président américain a créé un scandale en accusant son prédécesseur, Barack Obama, de l’avoir mis sur écoute pendant la campagne présidentielle, sans apporter aucune preuve – pour la moment, « ça arrive bientôt » a-t-il affirmé mercredi – si ce n’est un article de Breitbart paru quelques jours plus tôt qui avançait cette théorie.

    La Commission parlementaire en charge du renseignement n’a toujours rien trouvé qui confirme les propos Mr Trump, ni le Département de Justice, qui n’a pas voulu les condamner, malgré l’insistance du FBI.
    Lundi dernier, Sean Spicer, le porte-parole de la Maison Blanche a transformé les accusations de « mise sur écoute » du président en « vaste programme de surveillance ».

    Jeudi, devant les journalistes de la briefing room, Mr Spicer, a défendu à nouveau Donald Trump en citant le rapport d’un commentateur de Fox News qui affirme que les services secrets anglais auraient espionné le candidat républicain pendant la campagne à la demande d’Obama!

    Les représentants anglais furieux ont qualifié ces allégations de « ridicules » et reçu l’assurance de la Maison Blanche qu’elles ne seraient pas réitérées, jusqu’à ce que Donald Trump les avance à nouveau hier en conférence de presse.

    Encore une fois, le président des Etats-Unis, incapable de justifier les accusations contre Barack Obama, créé diversion en pointant un nouveau coupable et oblige à ceux qui le critiquent à prouver qu’il a tort.

    Fox News a démenti les propos de Mr Napolitano, le commentateur à l’origine de ces allégations – qui lui campe sur ses positions – et a affirmé n’avoir aucune preuve de ce qu’il avance.

                               

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  • De la difficulté de supprimer Obamacare

    Une tribune intéressante de Charles Krauthammer, journaliste conservateur très respecté, dans le Washington Post sur la difficulté de supprimer un programme comme celui d’Obamacare:

    Une fois que quelque chose vous est donnée – par exemple l’assurance maladie pour vingt millions de personnes – vous pouvez l’enlevez mais à vos risques et périls. C’est pareil pour n’importe quelle aide du gouvernement, mais surtout pour l’assurance maladie.
    Il y a bien une raison pour laquelle aucune démocratie occidentale dotée d’un système nationale de santé ne l’a jamais abolit.
    Le génie de la gauche a été de continuer à élargir les aides de l’Etat en créant des nouvelles offres qui sont politiquement impossibles à supprimer (…)
    Les gens détestaient Obamacare pour son « autoritarisme », son incompétence et son coût. Mais en même temps, ses rédacteurs ont pris grand soin de créer de nouveaux bénéficiaires et de nouvelles attentes. Ce qui rend son retrait très compliqué. (…)
    L’idée qu’on puisse éradiquer les racines et les branches d’Obamacare est fantaisiste. Pour tous ses défauts catastrophiques, Obamacare a changé les attentes des gens. Il n’y a rien de gratuit.
    La ligne dure du parti républicain doit accepter que les Américains sont habitues à des aides en matière d’assurance santé, tout comme les modérés doivent accepter les histoires de ceux qui vont inévitablement y perdre dans cette réforme, C’est le prix politique à payer pour remplir cette promesse de sept ans d’abolir et de remplacer Obamacare

    * « The Real World of Obamacare Repeal »The Washington Post

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  • Articles du Jour

    « Behind ICE’s Closed Doors, « the Most Un-american thing I’ve seen » Village Voice

    Ce que j’ai vu là-bas est hallucinant.
    C’est la chose la plus non-américaine que j’ai vu depuis longtemps.
    C’est une chose d’entendre parler de ceux qui n’ont aucune représentation légale, c’en est une autre de voir une pièce remplie de gens terrifiés qui risquent la déportation sans aucune représentation légale.
    J’ai vu des grand-mères qui sont ici depuis 45 ans, des grands-mères avec des bracelets électroniques, des parents célibataires avec leurs enfants, qui attendent savoir s’ils vont être déportés

     

    * « Fearful Parents sign papers for friends to care fo kids in case they’re deported »The Los Angeles Times

    Donald Trump a promis de déporter en priorité les criminels, « gang members » et meurtriers mais les agents fédéraux de l’Immigration Customs Enforcement, revigorés par le nouveau président, ratissent large lors des raids effectués contre les immigrés en situation irrégulière, et dans certains cas, des parents ont été séparés de leurs enfants, qui eux sont des citoyens américains autorisés à rester sur le territoire.
    Nombre d’entre eux ont pris l’initiative de signer une procuration donnant à un proche l’autorité sur leurs enfants s’ils venaient à être déportés.

    * « How an innocent man wound up Dead in El Salvador’s Justice System »The Washington Post

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  • Couverture du Jour

    The Economist nous révèle dans le numéro de cette semaine: « l’économie mondiale profite d’un regain de croissance synchronisé … la dernière décennie a été marquée par une série de fausses alertes de reprises.
    Cette fois-ci, les choses semblent différentes. »