Le Kiosque du 22.06.17: Dem:0-Rep:4 – Le Guardian US mal en point – Uber – Michael Moore & John Oliver

 

1. Démocrates 0 – Républicains 4

  • La défaite des Démocrates dans le 6ème disctrict de Géorgie et en Caroline du Nord mardi soir est le signe que les Républicains, malgré les déboires des premiers mois de présidence de Trump, ont toutes les chances de remporter les élections de mi-mandat en 2018 et pourquoi pas la réélection de Donald Trump en 2020 a affirmé Michael Bloomberg cette semaine sur CNN.
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  • Le milliardaire a prévenu les Démocrates: « Tout l’argent du monde ne peut acheter une élection » et si l’ancien maire de New York refuse de considérer cette élection comme un référendum sur la jeune présidence de Trump – les élections parlementaires comme celles-ci se jouent davantage sur des enjeux locaux – il leur conseille de se concentrer sur une victoire en 2020 plutôt qu’une résistance systématique de l’administration actuelle.
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  • Comme l’affirmait Michael Moore sur Twitter hier
     

     Celui qui pense que le parti qui a gagné le vote [populaire] dans six des sept dernières élections [présidentielles], qui ne dispose d’aucun pouvoir et qui a perdu quatre élections en 2017 va gagner l’année prochaine, n’a rien compris.
    Le Comité National Démocrate n’a aucune idée de comment gagner parce qu’ils n’ont aucun message, aucune stratégie, aucun leader, ne se battent pas et n’aiment pas la résistance.

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  • Les Démocrates  n’ont rien appris de leur défaite aux élections présidentielles de 2016, continuent à faire les mêmes erreurs en attendant des résultats différents, et le bouc émissaire est Nancy Pelosi, la porte parole de la minorité démocrate à la Chambre des Représentants.

 

 


2. Travis Kalanick, les dessous d’une disgrâce

 

The NEw York Times – Credit Chris Koehler

 

  • Comment une poignée d’actionnaires a réussi à se débarrasser du fondateur et directeur de la start-up la plus chère au monde:
     

    La décision de Travis Kalanick de démissionner de son poste de directeur général de Uber Technologies a choqué ses 12 000 employés et le reste de la Silicon Valley, mais c’est la culmination de semaine de machinations de la part des plus gros investisseurs pour virer le co-fondateur d’une compagnie évaluée à 70 milliards de dollars

     

  • Un véritable putsch de la société californienne Benchmark, l’un des plus gros investisseurs de Uber, qui a envoyé deux représentants surprendre Kalanick mardi à Chicago, en lui présentant une série d’exigences dont celle de sa démission immédiate, imposée par cinq grands actionnaires de la compagnie, et que le jeune entrepreneur de 40 ans a finalement accepté après un coup de fil passé à Arianna Huffington, l’une des membres du conseil d’administration, et des heures de négociations – il garde un siège au conseil des directeurs.

 

  • Ce sont les scandales (harcèlement sexuel, discrimination, vol de brevet, utilisation frauduleuse de software), l’incapacité de Kalanick à redresser l’image de la compagnie, et la difficulté de trouver un Directeur d’exploitation (COO) à cause la présence même de Kalanick dans l’entreprise qui a poussé les investisseurs à organiser ce coup.

    Le drame qui s’est déroulé dans l’hôtel n’avait rien de soudain. C’est le résultat de plusieurs au cours desquels à peu près tous les soutiens de Mr Kalanick se sont retournés contre lui. Un par un, les dirigeants, membres du conseil, investisseurs et même les amis proches ont pris leurs distances  devant la série de scandales éthiques et légales auxquels Uber a du faire face.

  • Les successeur potentiels de Uber dans Axios
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  • « How Uber Backers orchestrated Kalanick’s Ouster as CEO » – The Wall Street Journal
    « Inside Travis Kalanick Resignation as Uber’s CEO » – The NEw YOrk Times

 

 


3. John Oliver et HBO poursuivis

 

Youtube / Coal: Last Week Tonight with John Oliver (HBO)

 

  • Le présentateur de « Last Week Tonight » sur HBO a consacré sa dernière émission à l’industrie minière aux Etats-Unis, un thème de prédilection du président qu’il s’est promis de ressusciter en dépit de tout logique historique, économique et même sanitaire: Le secteur ne compte plus que 50 000 mineurs, est en déclin depuis des décennies à cause d’une baisse structurelle de la consommation au profit des énergies renouvelables et d’une robotisation de son exploitation, sans compter les problèmes de santé et de sécurité rencontrés par les mineurs.
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  • L’une des compagnies ciblées dans l’émission, Murray Energy Corporation, a prévenu à l’avance HBO que toute tentative de diffamation, et de harcèlement contre elle ou son dirigeant, Mr Murray, ferait l’objet d’une plainte a expliqué John Oliver dimanche soir.
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  • Ce qui a motivé John Oliver pour attaquer Mr Murray, « vieux Dr Evil », qu’il a accusé de maltraiter ses employés, de les mettre en danger et de dénoncer les plaintes systématiques de la compagnie contre les médias.
    Une plainte en diffamation a été déposée cette semaine contre HBO en Virginie Occidentale.
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  • « John Oliver, a giant squirrel and a defamation lawsuit by coal industry titan »Washington Post

 


4. Glow, le dernier programme glam rock 100% féminin de Netflix

 

 

  • La nouvelle « dramedie » en dix épisodes suit le parcours de jeunes actrices en difficulté qui acceptent de participer à des programmes de catch et s’inspire directement d’une émission populaire éponyme des années 80, G.L.O.W., pour the Georgeous Ladies of Wrestling.
  • Le programme hebdomadaire, diffusé le dimanche entre 1986 et 1990, « reste un phénomène extraordinaire à beaucoup d’égards en dépit de ses préjugés, de ses conditions de travail bizarres et ses risques d’accident »: les membres étaient aussi de jeunes actrices en difficulté, jolies, à qui des producteurs ont demandé de se battre sur un ring après leur avoir donné des noms loufoques comme MTV, Jailbait, Little Egypt, Babe the Farmer’s Daughter ou Ninotchka.      .
  • GLOW a eu beaucoup de succès auprès des enfants et adolescents (les « fratboys » américains) car si les actrices suivaient un scénario, les luttes étaient bien réelles et souvent improvisées: « esthétiquement aussi féministe que Charlie Angels mais bien plus valorisant » explique le New Yorker
  • Vous pouvez regarder le documentaire consacré au programme original “G.L.O.W.: The Story of the Gorgeous Ladies of Wrestling.” et disponible demain sur le Netflix américain.

 

 


5. Le Guardian US en eaux troubles

 

Campagne de publicité du Guardian US en 2013

 

  • Le Kiosque en parlait fin mars: L’édition américaine du Guardian est fragilisée comme le décrit cette semaine Buzzfeed News dans une longue enquête:
     

    La rédaction du Guardian US n’est pas devenue la voix de la gauche de Bernie pendant les élections. Elle n’a pas réussi à sortir des scoops importants durant la campagne. Des années après avoir gagné un Pulitzer pour l’histoire de Edward Snowden, le Guardian US a dû réduire ses coûts, laissant des employés inquiets concernant les problèmes de gestion, les lutte internes, l’accusation de harcèlement sexuel et des perspectives financières impossibles à atteindre. 

     

  • Le Guardian US est né en 2011 de la branche américaine du quotidien, Guardian America, qui rapportait déjà beaucoup de trafic, et a voulu atteindre public américain en adoptant un ton différent de celui des autres grands quotidiens du pays.
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  • L’affaire Snowden en 2013 qui lui a offert le Pulitzer en 2014 a imposé The Guardian US dans le champ médiatique, qui a triplé de volume et élargit sa ligne éditoriale avec l’apport de financements mais une pression supplémentaire pour rapporter plus de trafic et culminé à 42 millions de visiteurs mensuels en juin 2016. 
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  • Une restructuration de la compagnie mère et une baisse des revenus publicitaires en ligne en ont décidé autrement et la rédaction est passée en quelques mois de 140 à 80 employés avec des objectifs désormais inatteignables (32 millions de dollars de revenus pour 2016-17 soit deux fois plus que l’année précédente).
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  • Le Guardian n’a pas réussi à concurrencer le New York Times et le Washington Post qui enchaîne les scoops depuis des mois – une remarque qui s’applique d’ailleurs à tous les autres quotidiens et magazines américains – ni à utiliser la campagne électorale pour représenter et défendre la gauche progressiste américaine incarnée par Bernie Sanders, assez critiqué par le Times et le Post qui eux ont choisi Clinton. 
    Un constat un peu injuste puisque le Guardian été l’un des seuls grands médias à soutenir et couvrir la campagne du sénateur du Vermont, jusqu’à sa défaite en juin de l’année dernière
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  • « How the Guardian lost America » – Buzzfeed News

 


6. Couverture du jour

  • Le Time s’intéresse au procureur Robert Mueller qui a repris l’enquête du FBI sur les soupçons de collusions entre la Russie et l’équipe de Trump durant les élections présidentielles américaines, qu’il aurait élargi pour inclure d’éventuelles tentatives d’entrave à la justice du président – pour avoir viré James Comey.
     

    Mueller doit être prudent, mesuré, honnête et ouvert. S’il trouve des infractions, il doit les expliquer clairement. S’il n’en trouve aucune, il doit l’affirmer avec autant de transparence et de conviction. L’Amérique a besoin de leaders qui soient justes: Mueller peut aider en étant un exemple.

Accord de Paris: Aux USA, la colère gronde et la réaction s’organise

 

Le président américain a confirmé hier après midi depuis le Rose Garden de la Maison Blanche, le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, malgré les mises en garde de sa fille Ivanka, de nombreux chefs d’entreprise, des Démocrates et leaders du monde entier.
Comme l’ont souligné Barack Obama et Al Gore, ce sont désormais les Etats, les villes, les entreprises, les citoyens américains qui vont mener la lutte pour la protection de l’environnement, et selon le New York Times, la résistance est déjà en marche.

 

Le discours

  • Une promesse tenue: Donald Trump a tenu une fois de plus l’une de ses promesses de campagne, quels qu’en soient les conséquences nationales et internationales. Il a satisfait sa base électorale et une majorité de la droite américaine euro-sceptique.

    A partir d’aujourd’hui, les Etats-Unis vont cesser toute application de l’accord non obligatoire de Paris et les mesures draconiennes et financières qu’il impose sur notre pays.

  • La phrase à retenir:

    J’ai été élu pour représenter les citoyens de Pittsburg. Pas de Paris.

    Le maire démocrate de Pittsburg a répondu sur CNN que « la ville [avait] voté à 80% pour Hillary Clinton » et qu’il [s’engageait] à continuer de réduire les émissions de dioxyde de carbone.

  • Raisons du retrait:

    L’accord de Paris est très injuste pour les Etats-Unis.

    En accord avec son programme électoral « America First », l’économie, les emplois, les citoyens et les contribuables américains ne seront plus pénalisés par un accord international.

  • Trump s’est dit ouvert à des négociations visant à redéfinir « de manière plus juste » les termes de l’accord mais l’Allemagne, l’Italie et la France s’y sont opposés dans une déclaration commune.
  • Trump a égratigné au passage son prédécesseur:

    L’accord a été mal négocié par l’administration Obama

    Lui et les Républicains sont déterminés à détruire tout ce qu’il a entrepris et accompli et ils y arrivent.

 

Les Réactions

  • On s’y attendait mais le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris est un coup de massue et le discours réactionnaire, belliqueux et nationaliste du président américain n’a rien arrangé.
    Hier après midi, une partie de l’Amérique est sous le choc
  • Une autre partie célébrait la « réaffirmation de la souveraineté de l’Amérique » et la défense de ses intérêts vis-à-vis du reste du monde: Breitbart, Fox News, National Review, le Wall Street Journal, Paul Ryan, le porte parole de la Chambre des Représentants, le chef de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell.
  • A la Maison Blanche, c’est une victoire pour Steve Bannon et les « nationalistes », qui regagne de l’influence contre les « modérés » représentés par Ivanka Trump, son mari Jared Kushner ou Gary Cohn.
    Scott Pruitt, directeur de l’Agence de Protection de L’environnement climatosceptique assumé et proche des industries polluantes, qui est intervenu après Trump hier après midi, est aussi l’un grand gagnant.

 

  • Elon Musk, le milliardaire fondateur des voitures électriques Tesla et Bob Iger, le président de Disney, ont décidé de quitter le conseil économique du président.
  • Barack Obama a dénoncé « un retour en arrière » de l’administration qui refuse d’admettre que le « secteur privé américain est majoritairement favorable aux énergies renouvelables ». Il appartient aujourd’hui aux Etats, villes et aux entreprises de montrer l’exemple.
  • Même constat pour Al Gore qui a qualifié la décision de Trump de « dangereuse et indéfendable » et appelé le peuple américain à continuer à défendre l’environnement.
  • Leonardo DiCaprio qui avait rencontré Ivanka Trump et le président-élu en novembre dernier pour tenter de prêcher la bonne parole à appelé à la résistance sur Facebook

 

Une première initiative « parallèle » ambitieuse

  • Selon le New York Times, une trentaine de maires, trois gouverneurs démocrates (Washington, New York, Californie), 80 présidents d’universités et une centaine d’entreprises et des entreprises américaines négocient avec les  Nations Unies pour atteindre les objectifs fixés dans l’accord de Paris sur le climat, malgré la décision de Trump.
  • Michael Bloomberg, l’ancien maire de New York, coordonne les efforts et affirme avec optimisme que les initiatives concertées des villes, des Etats et des industries peuvent surpasser l’objectif que s’étaient fixés les Etats-Unis de réduire de 25% d’ici 2025 les émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 2005:

    Un engagement parallèle qui transfère la gestion de la lutte contre le changement climatique du gouvernement fédéral aux niveaux inférieurs du gouvernement, aux Etats, au monde universitaire et à l’industrie.

  • Pour les entreprises qui ont soutenu le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, les bénéfices pourraient être bien moins importants que les critiques et le boycott des consommateurs, à l’intérieur du pays comme à l’étranger.

 

Le gouvernement vient de renoncer à l’accord de Paris pour des raisons purement électorales et d’affaiblir sa position de leader sur la scène international mais aussi à l’intérieur du pays où des acteurs politiques, associatifs, économiques et privés vont prendre la relève la lutte pour la protection de l’environnement.

Jon Ossoff à quelques voix près.

Jon Ossoff, le jeune démocrate de Géorgie n’a récolté que 48,1% des voix au premier tour des élections très médiatisées du sixième district de Géorgie.
Match retour le 20 juin prochain.

 

Ce sera lui contre tous les Républicains et Donald Trump ou comme le président l’affirme ce matin sur Twitter: « Hollywood contre la Géorgie ».

Jon Ossoff, la sensation démocrate qui donne du fil à retordre aux Républicains dans leur propre fief de la banlieue chic d’Atlanta a raté l’opportunité hier de remporter du premier coup un siège de Représentant au Congrès américain.
 
 

Comme l’ont résumé Anna Palmer et Jake Sherman hier sur Politico:

 

« Soyons honnêtes: quoi qu’il se passe ce soir dans la course pour remplacer le siège du nouveau Secrétaire d’Etat à la Santé Tom Price dans la banlieue d’Atlanta, Washington va transformer l’évènement en quelque chose de bien plus important qu’il n’est.
Si les républicains réussissent à maintenir Jon Ossoff en dessous de 50% et obligent un second tour, le GOP [le parti républicain] dira qu’ils ont réussi à arrêter un nouveau candidat avec beaucoup d’argent dans un environnement politique difficile et se seront certains d’une victoire en juin prochain.
Les Démocrates diront eux qu’il a eu de très bons résultats dans un district républicain – et c’est vrai. »

 
 
Exactement ce qu’il se passe ce matin, à l’exception de l’intervention du président Trump, avec élégance comme d’habitude: Il « est content d’avoir aidé » à la « grande victoire » des Républicains même si la candidate Karen Handel a récolté moins de 20% des votes.
 
Il a retrouvé sa verve de candidat en insistant sur « l’échec » des Démocrates, malgré l’aide des « fake media » et « beaucoup d’argent » – l’ancien attaché parlementaire a récolté plus huit millions de dollars pour sa campagne, quatre fois plus que sa rivale républicaine.

 

 
 

C’était le grand test pour les Démocrates et les Républicains, six mois après la victoire de Trump et trois mois après son investiture.
Un espoir déçu pour Jon Ossoff mais une mise en garde pour le parti de la majorité qui aurait pu recevoir une première défaite humiliante dans un district qui vote républicain depuis les années 80.
 
 
 
Il faut pourtant rester prudent sur les implications de ces élections déclarait la semaine dernière The New Republic :
 
Aussi excitante que serait la victoire d’Ossoff pour les démocrates si tôt dans cette présidence de Trump – et pour les médias nationaux dans cette année sans élection – il existe beaucoup de raisons de douter que cette campagne soit le signe du succès ou de l’échec du parti, qui ne fait que transformer un sentiment anti-Trump en victoire électorale.
Que les démocrates du pays investissent tant d’argent et d’énergie dans Ossoff en dit plus sur le parti que sur cette élection. (…)
Le danger pour les démocrates, c’est qu’une défaite soit interprétée comme le signe d’une résistance plus fragile envers Trump.

 

Le second tour opposera Jon Ossoff et Karen Handel.
La mobilisation devrait aussi importante que celle d’hier qui a réuni hier près de 200 000 électeurs, la moitié des inscrits du district.
 
 
 
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Lundi 13 mars 2017: Le meilleur de SXSW – Les lobbies made in Trump – Les conservateurs & Hollywood – Un livre blanc best seller

 

  • Les meilleurs moments du festival SXSW

    Joe Pompeo de Politico présent à Austin nous rapporte dans la newsletter de ce matin les meilleurs moments du weekend

     

    * Il n’y a jamais eu autant de politiciens à Austin que pour cette édition 2017 de SXSW, avec l’intervention hier de Joe Biden, l’ancien vice-président et de Cory Booker, le sénateur démocrate du New Jersey qui adore l’attention des médias.

     

    * Dean Baquet, le rédacteur en Chef du NYTimes:

     

    Je pense que [Donald Trump] cherche notre faveur, mais quand il n’arrive pas à l’avoir, il s’énerve (…) Je pense que historiquement le New York Times impose un certain agenda. Mais je pense aussi qu’en tant que New Yorkais, [le quotidien] a beaucoup d’importance pour lui.

    Notre rôle n’est pas d’être l’opposition de Donald Trump, notre rôle est de le couvrir agressivement.

     « Breitbart ne recherche pas la vérité. C’est de la propagande. Mais je les observe quand même quotidiennement.

     

    * Nick Denton, ancien Boss de Gawker, le site de médias/gossip qui a dû fermer l’année dernière pour banqueroute après avoir été condamné à payer des dizaines de millions de dollars à un ancien joueur de catch, Hulk Hogan, dont il avait diffusé la sex tape:

     

    « Tous les médias essayent d’arrêter Trump. Ils obtiennent des fuites d’employés conciliants dans la bureaucratie fédérale, ils agissent comme une force d’opposition contre Trump et je ne pense pas qu’il existe beaucoup de gens entre les deux pour essayer de les rapprocher … Ils pensent défendre la démocratie libérale, mais Trump ne croit pas en la démocratie libérale et ses électeurs non plus, ce qui fait la presse libérale est partie prenante de l’opposition.
    On ne peut plus le nier.

    La réponse à Breitbart ne va pas être: « créons davantage de fake news à gauche ».
    Mon intuition, c’est que ça va être une réponse du genre Zen Buddhist, ce qui est quasiment impossible dans l’environnement actuel parce que la tentation est de foutre un coup de poing au nazi, comme on a célébré celui de Richard Spencer – un nationaliste blanc frappé à deux reprises devant les caméras le jour de l’investiture de Trump

     

     

    *David Farenthold du Washington Post [qui a couvert Donald Trump pendant toute la campagne]

     

    Trump n’est pas en guerre contre les médias. C’est une créature des médias. Ce sont les médias qui ont façonné sa vie et il en est plus dépendant que n’importe quelle personne que j’ai pu rencontrer.
    Il nous déteste parce qu’il a tellement besoin de nous

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  • « Drain the Swamp »? … Pas pour les proches de Trump

    C’est l’expression, réchauffée, qui a redonné du souffle à la campagne de Trump un mois avant les élections: se débarrasser de la corruption de Washington entretenue par l’influence des lobbies, des politiciens et consultants sur le pouvoir.
    Pourtant depuis son élection, une armada de conseillers, avocats et ancien membres de l’équipe de campagne du candidat républicain monnayent leur accès privilégié aux portes de la Maison Blanche.

    Corely Lewandowsky, ancien manager de campagne de Trump, et Barry Bennett, ancien conseiller du milliardaire peuvent ainsi vous protéger des attaques / tweets du président et faire avancer les intérêts de votre compagnie auprès de la West Wing en échange bien entendu d’un certain tarif.
    Lorsqu’on demande aux deux partenaires s’ils ne sont pas en train de faire ce pourquoi Trump a justement été élu, profiter de leurs anciennes activités à travers leur compagnie, Avenue Strategies, créé à la fin du mois de décembre dernier, Mr Lewandowsky rejette ces accusations « absolument dégoutantes » et affirme au contraire vouloir aider Trump et le pays à se redresser économiquement.

    * « Want to Keep the President at Bay? Two Consultants Have an Inside Track »The New York Times

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  • Les conservateurs se cachent à Hollywood

    Depuis l’élection de Trump et comme jamais auparavant, les sympathisants conservateurs sont marginalisés à cause leur appartenance politique.

     

    « Pour la grande majorité des conservateurs qui travaillent dans le divertissement, sur des tournages ou dans des bureaux, chaque jour est devenu un jeu de fuites et de secrets.
    Le « placard politique » est devenu une nécessité dans une industrie parmi les plus libérales du pays.

     

    Ils ne sont pas nombreux, quelques dizaines de milliers parmi les 250 000 que compte l’industrie, et leurs positions divergent vis-à-vis du nouveau président, certains le soutiennent à 100% et d’autres sont plus modérés comme l’explique le représentant d’une des rares associations conservatrices d’Hollywood, « Friends of Abe » (FOA) et dont l’identité de ses membres est tenue secrète.

     

    Si Hollywood continue à sur-réagir à Trump et à discriminer les carrières professionnelles de certains, FOA va grandir. On a commencé sous George Bush, pas sous Obama. Hollywood était bien plus plaisant avec les conservateurs sous Obama parce que Hollywood était de bonne humeur.

     

    A côte du contingent de techniciens, artisans, musiciens et membres d’équipes de tournage, il existe aussi ceux qui dirigent les compagnies de divertissement, « le corporate Hollywood » qui tend à être bien plus conservateur et républicain (Steve Burke de NBC Universal, Jerry Perenchio ou Jerry Bruckeimer)

    Finalement, une Maison Blanche républicaine est plus un fardeau qu’une nouvelle ère d’acceptation pour les républicains d’Hollywood – sauf vous êtes connus comme Clint Eastwood ou Jon Voight

    * « In liberal Hollywood, a conservative minority faces backlash in the age of Trump »The Los Angeles Times

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  • Le livre du Jour: 250 pages blanches

    C’est le numéro un des ventes sur Amazon, le livre s’intitule « Reasons to vote for Democrats  A comprehensive guide », écrit par Michael J. Knowles, le rédacteur d’un site d’infos conservateurs, avec en couverture l’emblème démocrate un âne recouvert du drapeau américain.

    Donc tout ce qu’il y a de plus sérieux.
    Sauf que l’ouvrage de 250 pages, édité par Breitbart, ne contient que des pages blanches.

    Des dizaines de milliers de conservateurs non contents d’avoir élu un dictateur mégalo comme président, se sont gargarisés en enrichissant un peu plus le site de propagande du gouvernement – le livre coûte dix dollars.

    L’auteur très fier de son coup et des dix mille exemplaires vendus en une semaine, a répondu sérieusement à une interview du magazine masculin Esquire. Il n’a pas vraiment l’intention d’offrir les dividendes de son ouvrage à des oeuvres de charité et compte publier un second ouvrage, sans doute aussi brillant, l’histoire d’Hillary Clinton.

    A la fin de l’interview, le journaliste demande à l’auteur si au bout du compte, cette blague ne vient pas discréditer les conservateurs, puisque leur best-seller est un livre qui ne contient aucune information – une métaphore filée de ce que représente l’administration Trump depuis son arrivée au pouvoir.

     

    Je pense que le président nous a montré que l’humour et la popularité pouvaient s’entendre avec la politique. Un bonne dose d’humour et de popularité sont des outils très efficaces pour unifier et motiver l’électorat.
    Je pense que les Républicains sont capables de prendre du recul et de rire un et peut être faire sourire leurs amis démocrates pour quelques dollars.

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  • L’article du jour:

    Plongée dans l’Amérique de Trump, à Northfolk, en Virginie Occidentale, dans une ancienne région minière rongée par la pauvreté et la maladie, et où la plupart des habitants se soignent grâce à Obamacare (et Medicaid), celui que les Républicains devraient limiter avec l’American Health Care Act.

     

    Quant aux autres problèmes auxquels il doit faire face [au delà de ses problèmes de santé], il a mis tous ses espoirs dans Donald Trump, qui est venu en Virginie Occidentale en disant qu’il remettrait en place l’industrie du charbon et redonnerait leur travail aux mineurs. Quand Trump a parlé de d’abroger Obamacare, Clyde n’a pas vraiment compris ce que cela voulait dire pour Medicaid. Mais s’il retrouvait un job qui offre une assurance maladie, il s’est dit qu’il n’aurait plus besoin de Medicaid, donc il a voté pour Trump, comme 74% du comté de McDowell

    *« They are poor, sick and voted for Trump. Waht will happen to them without Obamacare? » – 3 400 mots – The Washington Post

 

  • Couverture du Jour

    « Spring Awakening » de Tomer Hanuka pour la couverture du « Style Issue » du New Yorker. Un break bien mérité des couvertures politiques de ces dernières semaines avec beaucoup de couleurs.

    « La nature est la plus belle au printemps » affirme le dessinateur, « les humains la suivent, ils veulent s’épanouir, avoir l’air bien. C’est instinctif d’essayer d’arranger son apparence en célébrant le renouveau des saisons »

 

Mercredi 1er mars 2017: « Trump triomphe grâce au téléprompteur » et ne tweet plus le matin; Obama + Jon Stewart + le « Shadow Cabinet »

  1. « Trump triomphe grâce au téléprompteur »

    * La « Joint Address ». Techniquement, il ne s’agit pas du discours sur l’Etat de l’Union donné chaque année au mois de janvier par le président puisqu’il vient juste d’assumer ses fonctions. Il s’agit néanmoins d’une tradition initiée par Ronald Reagan en 1981 au cours de laquelle le président entrant adresse les grandes lignes politique de son administration devant le Congrès. Trump a été officiellement invité hier soir par Paul Ryan, porte parole de la majorité républicaine à la Chambre des Représentants. 
    * Les enjeux: C’est le discours le plus important de Donald Trump après celui donné lors de l’inauguration.
    La Maison Blanche a affirmé que discours « [offrirait] une vision optimiste pour tous les Américains » et un « renouveau de l’esprit américain » – tout le contraire de la vision cauchemardesque d’un « pays en crise » décrite le 20 janvier dernier.

    Le verdict:
    Le discours du président, qu’il a lu à la lettre sans improvisations vengeresques, était le plus normal et traditionnel qu’on ait entendu.
    Aucune positions extrémistes comme qu’il a pu tenir il y a moins d’une semaine lors de la CPAC, ni notion de « conservatisme économique », de « destruction de l’Etat administratif » – directement soufflées par Steve Bannon ou Stephen Miller.

    Donald Trump a donné hier le discours que des millions d’Américains auraient voulu entendre le jour de son inauguration, comme des nombreux journalistes l’avançaient, il est devenu le président des Etats Unis d’Amérique
    Mais est-il capable de se comporter de cette manière tous les jours?

    * Son programme: Remplacer Obamacare tout en gardant certains acquies de l’Affordable Care Act, Appliquer à la lettre les lois sur l’immigration (pour protéger les frontières et les Américains) et revitaliser l’économie (plus d’opportunité et d’emplois) et reconstruire les infrastructures du pays.
    * Sur la Russie: « Les Etats-Unis sont amis avec les anciens ennemis » mais aucune mention des polémiques qui ont entaché son premier mois à Washington.
    * Travel Ban: La Maison Blanche l’avait annoncé plus tôt dans la journée, sa position s’est considérablement assouplie par rapport au premier décret présidentiel un cauchemar de communication finalement suspendu par la cour d’appel fédérale.
    Le président a annoncé qu’il y aurait une opportunité pour les immigrés en situation irrégulière basée sur le mérite et la situation financière sans jamais mentionner la régularisation
    * Sur l’opération au Yemen: La veuve du Navy SEAL, Ryan Owens, tué lors de l’opération catastrophique au Yemen a été ovationnée pendant plusieurs minutes pour balayer les polémiques entourant une opération catastrophique qui pourrait bien devenir le Benghazi de Trump.
    * Les invités de Donald Trump: Maureen McCarthy Scalia, deux veuves d’officiers de police et le père d’un lycéen tués par des immigrés en situation irrégulière.
    * Les Démocrates n’ont pas participé, à quelques exceptions près, aux trentaines de standing ovations initiées par les Républicains et sont partis rapidement à la fin du discours.

      De nombreuses élues démocrates étaient habillées en blanc hier soir dans la Chambre des Représentants en hommage aux Suffragettes et par « solidarité avec les femmes du pays ». L’initiative à été lancée par la Democratic Women’s Working Group et sa présidente, la Réprésentante démocrate de Floride, Loïs Frankel

     

  2. Trump ne tweet quasiment plus le matin?

    Trump a retenu ses ardeurs sur Twitter ces derniers jours pour se concentrer sur le discours d’hier soir en arrêtant de regarder son émission politique préférée, Morning Joe – qu’on aime beaucoup ici aussi – diffusée le matin entre 6 et 9; la tranche horaire durant laquelle il tweet le plus.
    C’est Associated Press qui rapporte l’info d’un conseiller surtout ces dernières semaines devant les critiques répétées des deux présentateurs, Joe Scarborough (un républicain) et Mia Brzezinski (plutôt démocrate) – qui connaissent Mr Trump depuis des années.

    Récemment Mr Scarborough déclarait à Stephen Colbert:

    « Même quand il dit qu’il ne regarde pas le show et envoie des tweets désagréables dessus, on regarde la caméra: Donald, on sait que tu ne regardes pas l’émission mais comment vas tu? »

    Après le succès de son discours d’hier, il a remercié l’Amérique:

  3. Premier interview présidentiel pour Breitbart

    Le site d’infos ultra-conservateur a décroché une interview avec le président lundi soir et répondait aux questions du rédacteur en chef de Breitbart, Matthew Boyle.

    A retenir de l’interview:
    * L’ennemi du peuple américain sont les « fake medias » à ne pas confondre avec tous les médias (pas ceux de droite comme National Review, Breitbart ou The Drudge Report). Les « fake media » ont, selon le président, de mauvaises intentions à son encontre: « Si tu lis le New York Times, l’intention est tellement mauvaise et nocive, les histoires sont fausses la plupart du temps. »
    * Le président n’a pas voulu se prononcer sur un possible démantèlement « des oligopoles médiatiques » américains – Six compagnies (les « Bix Six ») contrôlent 90% des médias (General Electric, NewsCorp, Disney, Viacom, Time Warner et CBS) – qu’il avait suggéré pendant la campagne, ni sur l’éventuelle opposition à la fusion du géant des télécommunications AT&T avec Time Warner à cause du « mauvais comportement » de sa filiale, CNN.

  4. Le « Shadow Cabinet » sur Twitter

    Un « Shadow Cabinet » (« cabinet de l’ombre ») s’est créé sur Twitter pour critiquer les déclarations, actions et tweets de l’administration en temps réel.
    Le cabinet comprend une quinzaine de professionnels réputés et progressifs – universitaires (Laurence Tribe, professeur de droit à Harvard), activistes (Deray McKesson, co-fondateur de Black Lives Matter), anciens membres du gouvernement (Colin Kahl, ancien conseiller à la Sécurité nationale du vice président Joe Biden) et journalistes – chacun spécialisés dans les principales agences du gouvernement: les transports, l’énergie, la santé, immigration, justice …

    Le compte Twitter, qui rassemble déjà 39 000 abonnés, a été créé en six semaines par Mark Green, ancien avocat général et élu démocrate de New York City. 

  5. Obama est-il responsable des fuites dont est l’objet la Maison Blanche

    Dans une interview accordée à Fox News lundi soir, le président a affirmé que les proches du président Obama, ceux qui travaillent toujours à Washington, seraient responsables de fuites qui inondent la Maison Blanche et font les unes des médias.
    « Je pense que Président Obama est derrière parce que ses proches sont certainement responsables (…) C’est la politique et ça devrait continuer. »
    Il a également affirmé que l’ancien président était derrière les manifestations des citoyens dans les conseils municipaux du pays (« Town Hall ») contre la réforme d’Obamacare – aucune preuve de ces affirmations n’a été apportée.

  6. Jon Stewart veut revenir à la Télévision

    C’est la seconde fois en deux semaines que Jon Stewart s’invite sur le plateau de son ancien acolyte, Stephen Colbert, sur CBS pour faire ce que tous les shows satiriques et politiques télévisés font déjà: critiquer Donald Trump.
    L’ancien présentateur du Daily Show l’a avoué, la télévision lui manque surtout dans cette période politique exceptionnellement mouvementée où un président déclare la guerre aux « fake médias » (ou les médias traditionnels).
    Il a én et très à l’aise à l’écran – aussi efficace que John Oliver et Samantha Bee, les deux comédiens les plus critiques et créatifs quand il s’agit du Commander-in-Chief:

    « Salut les médias. J’ai appris que Donald Trump avait cassé avec vous. Désolé. Vous pensiez avoir trouvé un partenaire parfait – une pipelette aussi susceptible et narcissique que vous.
    Maintenant c’est fini. Bon débarras! Jète le à la rue!
    Il est temps de retrouver ses esprits parce que vous vous êtes laissés aller ces dernières années, en étant obsédé 24 heures sur 24, sept jours sur sept par ce mec … »

  7. Les mémoires les plus chères de l’histoire

    La surenchère des maisons d’éditions pour s’arracher les droits des mémoires de Michelle et Barack Obama aurait atteint les 60 millions de dollars (selon le Financial Times) et c’est Penguin Random House, qui a déjà publié deux ouvrages best sellers de l’ancien président (« Dreams From My Father » en 1995, « The Audacity of Hope » en 2006) qui a remporté la mise devant HarperCollins, Simon & Schuster (qui a déjà signé Hillary Clinton) et Macmillan.
    C’est la plus importante somme payée pour les mémoires d’un président après celui de Bill Clinton (15 millions de dollars payés par Knopf pour « My Life » en 2004) et George W Bush (qui a touché 10 millions de dollars en 2010 de Crown Publishers).
    Les enchères avaient commencé à vingt millions de dollars pour obtenir les droits et ventes mondiales des deux ouvrages à paraître en 2018.
    Les Obama se sont engagés à reverser une partie des bénéfices à des oeuvres de charité, y compris la fondation Obama.

  8. Couverture du jour:

    Businessweek nous a habitués à de très belles couvertures depuis son rachat par Bloomberg en 2009, et cette semaine, il nous régale avec un travail aussi critique qu’esthétique: cette première page consacrée à Stephen Miller, 31 ans, l’un des plus proches conseillers de Donald Trump réputé pour ses positions ultra-conservatrices, voire extrémistes, notamment en matière d’immigration.

Jeudi 9 février: Warren tendance, Ivanka boycottée, Trump contre le système judiciaire, « Confide » tes messages, Et WSJ vs NYTimes

  1. Elizabeth Warren mène la danse
    En interdisant la sénatrice du Massachusetts de s’exprimer contre la nomination de Jeff Sessions à la tête du Département de Justice, la majorité républicaine a offert a Elizabeth Warren une exposition médiatique sans précédent sur les réseaux sociaux et dans les médias.
    « Si Donald Trump devait choisir une rivale pour 2020, il choisirait Elizabeth Warren » a affirmé Joe Scarborough, du Morning Joe hier matin. L’incident pourrait donc être un moyen d’élever Warren comme chef de l’opposition démocrate – pour laquelle Trump n’a jamais caché son mépris.
    Après avoir été réduite au silence, Elizabeth Warren a quand même décidé de lire la lettre mardi soir, en dehors du Sénat, via Facebook Live; la vidéo a été visionnée dix de millions de fois en 24 heures.
    Le hashtag #ShePersisted, utilisé par Mitch McConnell, était la plus tendance hier sur Twitter.
  2. Jeff Sessions a été confirmé par le Sénat mais c’est clairement d’Elizabeth Warren dont on a parlé hier, à la télé, sur internet et les réseaux sociaux.
  3. Trump continue ses attaques contre le système judiciaire fédéral
    Il a publiquement mis en garde les trois juges fédéraux de San Francisco qui doivent décider cette semaine de la remise en place de la « Travel Ban » et continue de les discréditer aux yeux de ses électeurs. 

    Si ces juges veulent respecter les cours pour ce qu’elles sont, ils devraient faire ce qui doit être fait. C’est très triste (…) Je ne veux pas accuser les cours d’êtres partisanes, donc je ne les accuserai pas d’être partisanes. Mais les cours sont tellement politisées, ce serait mieux pour notre système judiciaire si elles interprétaient la loi et faisaient ce qui est bien.

  4. Gorsuch critique Trump
    Neil Gorsuch, nommé par Trump pour remplacer Anthony Scalia à la Cour Suprême des Etats-Unis, a qualifié les propos très critiques du président envers le « soi-disant » juge de Seattle, à l’origine de la suspension temporaire de la « Travel Ban », « démoralisants » et « décourageants ». L’ancien juge fédéral de la cour d’appel du Colorado a sans doute voulu les sénateurs et ses confrères sur l’indépendance de l’appareil judiciaire par rapport au pouvoir exécutif.
    Le processus de confirmation de Gorsuch devrait prendre deux mois.
  5. Conflits d’intérêts?
    Enième tweet déplacé du président mercredi cette fois-ci contre l’enseigne américaine Nordstrom, équivalent de Macy’s ou Bloomingdale, qui a décidé de ne plus représenter la marque d’Ivanka Trump à cause des « mauvaises ventes » de ces derniers mois – en s’engageant tout de même à écouler les invendus.
    Mme Trump-Kushner ne travaille plus dans sa compagnie mais y possède toujours des intérêts financiers.

    « Ma fille Ivanka a été traitée de manière tellement injuste par Nordstrom. C’est une personne formidable – qui me pousse à prendre les bonnes décisions! Terrible! ».Twitter

    Le porte parole de Nordstrom a publié un communiqué expliquant que leur décision avait été prise pour des raisons économiques, et annoncée à Ivanka début janvier.
    Le porte parole de la Maison Blanche Sean Spicer a justifié les accusations du président: C’est une « attaque directe contre la politique du président et sa fille » et il a « tous les droits de défendre sa famille ». Donald Trump a ensuite retweeté son accusation sur le compte Twitter officiel du Président des Etats-Unis d’Amérique.

    Twitter / POTUS

    Une violation éthique flagrante du plus important représentant de l’Etat qui expose les conflits d’intérêts entre sa position de président et le business de sa famille.
    Breitbart a consacré 1860 mots sur la question hier en expliquant que Nordstrom mentait à ses consommateurs et aurait pris la décision devant la pression     politique des groupes libéraux, dont « Grab Your Wallet », une association consacrée au boycott de tous les produits de la famille Trump.
    L’action de Nordstrom a gagné 4% à la bourse dans la journée.

  6. Melania Trump contre le Daily Mail
    La First Lady a porté plainte une nouvelle fois contre Mail Media, propriétaire du tabloid anglais, Daily Mail, qui avait affirmé pendant la campagne électorale, qu’elle avait travaillé comme escort dans sa jeunesse, avant de se rétracter. Déposée en septembre dernier dans le Maryland, la plainte a été rejetée par un juge et déposée à nouveau début février auprès de la Cour Suprême de l’Etat de New York.
    Elle demande 150 millions de dommages et intérêts.

    Une somme à la hauteur du préjudice dont pourrait souffrir la femme du président, a affirmé son avocat, qui aurait l’intention de profiter de sa position pour signer de juteux contrats avec des compagnies de  » vêtements, accessoires, cosmétiques, soins de la peau et du visage et parfums ».
  7. Le Snapchat des textos fait fureur à Washington
    A la suite du piratage des messageries du Comité National Démocrate et de John Podesta, et ses conséquences sur les élections, les Républicains sont devenus très prudents dans leurs échanges de SMS et emails. Une application pour téléphone leur rend la vie plus facile: « Confide ».
    Tous les messages envoyés par « Confide » sont cryptés et ne peuvent être lus que par l’expéditeur et son destinataire. Pour renforcer la sécurité des échanges, le message défile ligne par ligne (qui empêche les captures d’écran) et une fois lu, ne peut être sauvé (des serveurs de la compagnie et de votre téléphone portable), ni envoyé à un tiers
  8. New York Times: 1 / Wall Street Journal: 0
    Rien ne va plus au Wall Street Journal, dont les revenus publicitaires ont baissé de 20% cette année, accusé d’être trop conciliant envers le nouveau président, et qui a appris mardi le départ de la rédactrice en chef adjointe, Rebecca Blumenstein pour … le New York Times. « Un sérieux coup au moral » pour la compagnie car Mme Blumenstein était « sans doute l’une des plus respectées des journalistes de base » rapporte Reliable Sources ce matin, « les reporters la considéraient comme une alliée, surtout pour les femmes qui ne sont sous-représentées à la direction du Wall Street Journal »
  9. Couverture du Jour: Celle très partisane du New York Times Magazine: « Resist. The tensions within a new feminist movement » de Amanda Hess, dont on vous parlera dans le Kiosque de la semaine, dimanche!

    The New York Times magazine – Edition du 12 février 2017

« Le peuple contre les élites »: la nouvelle guerre culturelle de Trump

L’article a été publié hier sur le site internet aujourd’hui de la revue conservatrice The National Review et écrit par son rédacteur en chef, Rich Lowry, qui est également commentateur sur Fox News.

Le peuple contre les élites

Le premier défenseur de la culture de la nation est le président Donald J. Trump

On a du mal à se l’imaginer à première vue. Trump a fait la couverture de Playboy. Il s’est marié trois fois. Il a dirigé des concours de beauté et a fréquemment été invité dans l’émission de radio de Howard Stern. Sa « discussion de vestiaire » filmée sur la vidéo de Access Hollywood montre le peu d’égard qu’il a envers la bienséance.

Il est difficile d’imaginer que Donald Trump en combattant crédible de la guerre culturelle comme celle d’il y a quarante ans. Mais il en a réorienté les principales tendances, autrefois liés à la religion et à la moralité sexuelle, sur le terrain du populisme et du nationalisme.

La guerre culturelle de Trump est fondamentalement celle du peuple contre les élites, celle de la souveraineté nationale contre le cosmopolitisme, et enfin celle du patriotisme contre le multiculturalisme. 

En résumé, c’est la différence entre les luttes sur les droits des gays ou l’immigration, sur la rupture du mariage ou Black Lives Matter. La nouvelle guerre est aussi émotionnellement chargée que l’ancienne. Elle implique également les questions fondamentales sur ce que nous sommes en tant que peuple, qui sont plus compliquées que le débat sur les taux d’imposition ou s’il devrait y avoir des limites budgétaires dans le domaine de la défense.

Les participants sont dans l’ensemble les mêmes. L’ancienne guerre culturelle opposait la classe moyenne américaine d’un côté aux élites et milieux universitaires des côtes Est et Ouest et Hollywood de l’autre. La nouvelle guerre aussi.
Et tandis que Trump n’a aucun intérêt à lutter contre le mariage gay ou s’engager dans les guerres des toilettes publiques, sa position « pro-life » est un héritage de l’ancienne guerre.

Pourtant, n’importe quel détracteur qui prévient, plus par réflexe qu’autre chose, que toute tentative de contrôler le corps de femmes ou établir une théocratie est dépassé. Donald Trump a beaucoup d’ambitions mais pas celle d’imposer sa moralité sur les autres.

Il essaye plutôt de renverser un establishment corrompu qui, selon lui, a mis à la fois ses propres intérêts et un altruisme mal avisé et flou au-dessus du bien-être du peuple américain. Ce n’est pas seulement un programme gouvernemental, c’est une croisade culturelle qui intègre un important élément régional  et de classe. (…)

Prenons la guerre du président avec les médias. Presque tous les Républicains ont de mauvaises relations avec la presse. Pour Trump, pourtant, c’est plus qu’une collection de quotidiens partisans, ils incarnent une expression néfaste et prédominante de l’élite du nord-est qu’il cherche justement à détrôner.

Il n’y a pourtant rien de nouveau chez ceux qui occupent les hauts commandements de la culture d’accuser les Républicains d’avoir l’esprit étriqué et d’être intolérants. Mais le niveau de vitriol va devoir s’élever pour s’opposer au défi frontal de Trump. 

Son insistance sur les frontières, la cohérence culturelle, l’ordre public et la fierté nationale va provoquer de la peur et du ressentiment. Des priorités qui, dans la logique des élites culturelles, qui considèrent les élections de novembre comme une aberration, étaient les reliques d’une Amérique amenée à disparaître rapidement, incapable de représenter l’avenir du pays.
Trump et ses supporters ont parié autrement. 

La guerre culturelle est morte, Vive la guerre culturelle.

 

Un texte passionné qui donne une idée du challenge culturel qui attend Donald Trump mais qu’on pourrait qualifier de « folie des grandeurs » sachant le manque de légitimité du nouveau président auprès des électeurs américains, et après les manifestations monstres de ce weekend.

Encore une fois comment prétendre aller à contre courant d’un pays sans avoir remporté la légitimé populaire? C’est une insulte faite aux soixante-cinq millions d’électeurs qui n’ont pas choisi Donald Trump et qui n’ont pas l’intention du moins, pour le moment, de retourner en arrière

« Obama va créer un gouvernement en exil »

« David Horowitz, l’un des penseurs conservateurs les plus importants du pays et mentor de nombreux conseillers de Trump, affirme que la guerre entre le président et la gauche progressive vient juste de commencer »

Cet e-mail reçu ce matin du site d’infos alt-right, Breitbart, dont l’ancien président exécutif de la compagnie mère, Breitbart News LLC, Steve Bannon, est aujourd’hui le stratège en chef du président américain, en dit long sur l’état d’esprit de la Maison Blanche envers l’opposition.

David Horowitz, ancien militant de gauche dans les années soixante dix, est président et fondateur du think tank Horowitz Freedom Center, administrateur du site internet Discover the Networks, qui recense tout ce qui est « de gauche » aux Etats-Unis (individus, groupes, politiciens, chercheurs, médias, livres, artistes,…) et de la publication conservatrice Frontpage magazine. Il a également fondé en 2003 le mouvement Students for Academic Freedom qui prône la liberté académique et « défend le droit de ne pas être endoctriné par ses professeurs » d’universités.
Horowitz n’est pas seulement un ultra-conservateur, c’est un anti-progressiste qui s’est donné pour mission d’effrayer le pays sur les dangers des idées libérales.
Son expression favorite?

« Derrière chaque progressiste se cache un hurlement totalitaire »

Horowitz est un auteur à succès (« The Black Book of the American Left« , « Radical Son« , « Hating Whitey and other Progressive Causes« , « the Professors« , « Progressive Racism« , …) et un excellent analyste puisqu’il avait prévu la victoire de Trump dès le mois de juillet dernier, dans un article publié sur Breitbart, « Pourquoi est-ce que Trump gagnera en novembre ».

Il revient aujourd’hui auréolé de cette victoire et prévoit dans son dernier ouvrage, « Big Agenda: President Trump’s Plan to Save America«  que les Démocrates n’accepteront jamais la défaite du 8 novembre et Barack Obama essaiera de créer un « gouvernement en exil » pour arrêter Trump.

Le dossier de presse est plutôt explicite:

Ils vont mentir, ils vont tricher et voler pour essayer de fragiliser la présidence de Trump. Ils ont déjà commencé!
Et ils ont les grands médias derrière eux.
Les démocrates, ces mauvais perdants, c’est la guerre totale! (…)
Dans « Big Agenda », Horowitz explique comment Trump va battre le programme destructeur de la gauche et se débarrasser des politiques cauchemardesques d’Obamacare, des importantes régulations d’Obama – et même sa guerre contre Dieu!
Dans « Big Agenda », Horowitz préconise d’enlever les gants. C’est le moment d’attaquer directement la jugulaire. C’est le moment de mettre les démocrates K.O. pour de bon.
Dans « Big Agenda », Horowitz dévoile la vraie nature de la gauche, leurs méthodes et motivations cachées, les coups bas qu’ils utilisent pour promouvoir leurs idées qui visent à avoir un total contrôle sur nos vies.

Contrôler les vies renvoie aux prérogatives du gouvernement fédéral américain dans la vie des citoyens, comme Obamacare par exemple qui oblige les citoyens à se doter d’une assurance maladie, aux subventions en matière de santé, de chômage qui aide les plus défavorisés, … 

L’idée d’avancer un programme qui inclut et/ou respecte l’opposition est inenvisageable pour la nouvelle majorité, et contrairement à ce que Obama avait tenté de faire au début de son premier mandat avec les Républicains.
L’objectif est de détruire le programme démocrate qui a récolté soixante-cinq millions d’électeurs et gagné le vote populaire donc la position de Horowitz et de l’administration avec un programme aussi ambitieux que celui de Trump ne tient qu’à travers un rapport de force.

Quelle idée plus dangereuse que celle d’une dissidence de l’ancien président contre son successeur pour remobiliser les troupes et justifier une attitude encore plus agressive.
La rhétorique est violente et menaçante à l’image de la nouvelle administration avec laquelle l’opposition va devoir travailler ces quatre prochaines années.

 

Le Kiosque vs Pro-Trump: Dialogue impossible sur Facebook

La marche historique des femmes sur Washington et dans plus cent cinquante villes des Etats-Unis et du monde qui a réuni presque trois millions de manifestants samedi 21 janvier au lendemain de l’inauguration de Donald Trump n’a pas beaucoup inspiré ses supporters, à l’instar de la jeune commentatrice Tomi Larsen.

Dans son programme quotidien très populaire « Final Thoughts » diffusé sur sa page Facebook, Tomi Larhen s’en est pris aux centaines de milliers de femmes, des « snowflakes », ces personnes ultra-sensibles qui jouent les victimes car elles n’arrivent pas à digérer la défaite de Hillary Clinton. Et comment soutenir une candidate qui s’est faite payée ses discours par les « Saudis » qui violent régulièrement les droits de l’homme et qui est « restée mariée avec un homme qu’il l’a trompé et humilié. » 

Ces « marcheuses » sont des hypocrites qui ont des idées très sélectives sur l’émancipation des femmes et « rejettent tout ce qui ne rentrent pas dans leur moule », comme le mouvement féministe et la gauche en général.

La vidéo, « Women March on Reality » a été vue plus 8,5 millions de fois, partagée 140 000 fois et aimée 185 000 fois avec plus 14 000 commentaires … en 24 heures

Conclusion: Trump a gagné, il faut accepter la réalité, la fermer et arrêter de se plaindre.

Pas vraiment satisfaite des arguments de la jeune Tomi, je suis allée commenter dimanche après midi sur sa page Facebook pour tenter de faire comprendre l’idée de la marche à ses supporters.

« Pourquoi protester c’est être une victime? Pourquoi parler d’Hillary Clinton quand elle a gagné le vote populaire avec trois millions d’électeurs en plus? Pourquoi parler de Bill Clinton quand l’actuel président s’est vanté d’attraper les filles par l’entre-jambes et fait des plaisanteries inappropriées à l’égard de sa fille. On parle de droits à défendre. Tout simplement »

Les Républicains ont un programme contre les droits des femmes, des immigrés, de la communauté LGBT. Tous ces droits protègent les minorités et on veut les défendre. C’est si difficile à comprendre?

On m’a accusée d’être une mauvaise perdante et de ne pas accepter la défaite de Hillary, ce à quoi j’ai répondu

Je n’ai jamais dit qu’elle avait gagné. Donald Trump a gagné grâce au collège électoral. Elle a perdu. Mais, comme Mr Trump insiste, c’est le peuple qui compte? Les électeurs?
Hillary Clinton a eu trois millions d’électeurs de plus que Trump. Si le peuple importe autant pour lui, il devrait écouter les 65 millions d’électeurs qui n’ont pas voté pour lui.

Une internaute a ensuite indiqué que le collège électoral était un rempart du peuple contre les grandes villes libérales, et « que si le PRESIDENT TRUMP avait gagné le vote populaire et Hillary le collège électoral, moi-même, et tous les bébés pleurnichards qui n’arrêtent pas de se plaindre, penseraient différemment. »
Un autre internaute a rajouté que sans le collège des grands électeurs, trois Etats (la Floride, New York et la Californie) contrôleraient l’élection.
Ma réponse:

Mon argument, c’est qu’au lieu de diviser le pays, Trump devrait essayer d’être modéré et de prendre en compte les 65 millions d’électeurs qui n’ont pas voté pour lui

Adam Layton m’a traité de simplette qui ne comprend rien au système électoral américain.
Rita Dietrich Ruck m’a demandé de donner sa chance à Trump puis a affirmé que « les bébés dans le ventre comptent », une allusion au mouvement Black Lives Matter et qu’elle voulait que dieu continue de protéger l’Amérique ».

Les internautes ne représentent pas tous les électeurs de Trump mais ils donnent une idée de l’état d’esprit de certains de ses supporters qui voient dans la marche de Washington l’initiative des libéraux de gauche des villes qui ne reconnaissent pas le nouveau président. Donald Trump a gagné et ça lui donne de droit d’ignorer les revendications de la majorité du pays qui n’a pas voté pour lui, quelles qu’en soient les conséquences.
Un constat inquiétant pour ces quatre prochaines années.

 

 

 

L’abrogation Obamacare, ce que les Américains vont perdre … et gagner

L’abrogation d’Obamacare entamée la semaine dernière par les Républicains pourrait priver d’assurance maladie vingt-cinq millions d’Américains en attendant le vote et la mise en place d’un nouveau programme encore inconnu.
Retour sur les grands points du projet historique d’Obama, les oppositions idéologiques et économiques, les difficultés de sa mise en place, et les conséquences de son démantèlement par les Républicains.

 

Comment Obamacare a révolutionné la santé aux Etats-Unis

  • Signée en 2010, Le Patient Protection And Affordable Care Act oblige depuis le 1er janvier 2014 tous les citoyens américains qui ne sont ni assurés par leur employeur, ni par le gouvernement fédéral (Medicare pour les plus de 65 ans et Medicaid pour les plus défavorisés) à souscrire une assurance maladie sous peine d’une amende de 695 dollars  (2,5%  des revenus d’un individu ou d’un ménage en 2016).
  • Le but est de permettre a 15% de la population de pouvoir souscrire une assurance grâce aux subventions de l’état et financer une partie du programme avec les contributions des jeunes en bonne santé.
    Les entreprises de plus de 50 employés seront désormais obligées de leur offrir une assurance santé
  • Quelle que soit l’assurance souscrite, Obamacare garantit aux patients, sans plafond de remboursement, les services ambulatoires, d’urgence, d’hospitalisation et de rééducation, l’accouchement, santé mentale, les prescriptions médicales, analyses en laboratoire, et enfin la prise en charge des maladies chroniques, et services pédiatriques.
  • Obamacare oblige les assurances à couvrir les enfants à la charge de leur parents jusqu’à 26 ans, garantit à tous le droit de s’assurer quels que soient ses antécédents médicaux, prend en charge les soins de prévention, leur interdit de faire payer plus cher les femmes que les hommes et sont forcées de dépenser 85% de leurs revenus dans les soins médicaux aux dépens des frais administratifs, bonus ou profits reversés aux actionnaires.
  • Selon le site Obamafacts.com, 20 millions d’Américains sont assurés par l’Affordable Care: 12,7 millions à travers une assurance contractée via les agences gouvernementales (healthcare.gov) et le reste qui inclut les extensions de Medicaid, Medicare et les enfants assurés par leurs parents.
  • Selon le Bureau du recensement des Etats-Unis, 15,7% de la population soit 48,7 millions d’Américains n’étaient pas assurés en 2009, avant la mise en place de l’ACA contre 9,2% en 2015, le taux le plus bas enregistré en cinquante ans.
  • Ce programme coûte cher au gouvernement: 3 500 dollars par an en moyenne pour un assuré qui bénéficie des subventions du gouvernement (à travers des réductions d’impôts) et 4 700 dollars par personne pour Medicaid, soit un budget de près 80 milliards de dollars par an. Il a dépassé les 110 milliards de dollars en 2016.

***

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Malgré les attaques répétées des Républicains

  • Comme l’a résumé Reihan Salam dans Slate

    Alors que les libéraux pensent que les soins de santé sont trop importants pour être laissés aux mains des lois du marché, les conservateurs pensent qu’un processus par tatonnements est le moyen le plus efficace d’obtenir un meilleur système de santé, moins cher et plus efficace.

  • Aucun républicain de la Chambre des Représentants, ni du Sénat n’a voté pour Obamacare en 2009 même si la réforme comporte des similarités avec le programme mis en place par Mitt Romney dans le Massachusetts en 2006.
  • Il existe un consensus entre Républicains et Democrates sur la nécessité du gouvernement fédéral d’aider les plus âgés via Medicare, mais pas sur celle d’aider les jeunes et les plus défavorisés, ce que prévoit Obamacare.
  • Selon l’opposition, Obama n’aurait pas tenu la promesse faite aux citoyens américains qu’ils pourraient garder leur ancienne assurance maladie, ce que les compagnies ont été incapables de tenir, obligées d’adapter leurs offres aux nouvelles réglementations: Dix millions d’assurés ont donc dû souscrire une nouvelle assurance, parfois plus chère que l’ancienne.
  • En juin 2012, la cour Suprême des Etats-Unis a validé Obamacare mais laissé aux Etats le choix d’étendre ou non les services de Medicaid aux plus défavorisés en échange des subventions du gouvernement fédéral.
    Dix-neuf Etats ont refusé l’offre.
  • Obamacare serait « la plus grande expansion de l’avortement depuis Roe vs Wade » car remboursées par certaines assurances, tout comme les moyens de contraception. Les Démocrates ont refusé de donner le choix aux entreprises et organisations d’exclure ces services « pour des raisons morales ».

***

Et les difficultés rencontrées par le programme 

  • Dix-neuf Etats ont refusé d’étendre les services de Medicaid aux plus défavorisés, les obligeant à se rabattre sur le marché des assurances offert par Obamacare, dans lequel ils ont représenté jusqu’à 40% des assurés.
  • Les soins pour les plus défavorisés a un coût financier inattendu pour les compagnies d’assurance qui ont dû augmenter leur prix, entraînant une baisse du nombre d’inscription chez les jeunes et dans les classes moyennes, « qui ne veulent pas payer pour une couverture dont ils n’ont pas besoin ».
    Douze millions d’entre eux ont réussi à éviter de payer une amende en 2014 selon le Wall Street Journal.
  • La mutualisation des risques est le point faible de l’Affordable Care Act puisqu’il oblige les assurances à assurer les patients quel que soit leur état de santé et antécédents médicaux, et leur interdit de faire payer trop cher les personnes âgées.
    Un système impossible à tenir lorsqu’il existe « trop de gens malades » contre « trop peu de gens en bonne santé » qui refusent de payer.
  • En 2016, l’administration Obama a dû revoir à la baisse les prévisions du nombre d’inscriptions à l’Affordable Care Act qui a limité les revenus des compagnies d’assurance, qui se sont progressivement retirées du jeu.
  • En octobre dernier, les compagnies d’assurance ont annoncé une hausse de 22% des « premiums » offerts dans le cadre de l’ACA, une augmentation prévue dès le début de la loi que le gouvernement prévoyait de compenser en augmentant le montant des aides.
  • Un cinquième des individus susceptibles d’adhérer à Obamacare se retrouve aujourd’hui avec un seul et unique choix d’assurance.
    L’Obamacare fonctionne dans certains Etats comme le Massachusetts ou l’Ohio qui ont un marché compétitif de compagnies d’assurance et offrent des premiums à des prix raisonnables, 230 dollars par mois pour un jeune par exemple.
    Le programme a sombré dans d’autres Etats, à l’instar de l’Alabama qui n’offre qu’une seule compagnie d’assurance dont le forfait coûte au minimum 384 dollars par mois.

 

Obamacare va être abrogé …

Les Républicains n’ont pas la majorité absolue au Sénat (60 votes) pour abroger l’Obamacare d’un coup donc ils procèdent en deux temps: En votant la semaine dernière, au Sénat (52/49) puis à la Chambre des Représentants (227 contre 198) la « résolution sur le budget » 
C’est la première partie du processus au cours de laquelle des comités désignés des deux chambres élaborent une loi sur « la réconciliation du budget »qui devrait couper les fonds nécessaires au fonctionnement de L’affordable Care Act et à l’expansion de Medicaid et Medicare.
Un processus qui devrait prendre plusieurs semaines.

Les prochaines mesures devraient être la suppression de l’obligation pour tous les non-assurés de souscrire une assurance (« individual mandate »), la mesure la moins populaire de l’Affordable Care Act, l’extension de Medicaid, et celle obligeant les entreprises de plus de cinquante salariés à assurer leurs employés.

Toutes les mesures de protection du patient comprises dans l’Obamacare – le remboursement des coûts de la contraception, la couverture des jeunes sur l’assurance de leurs parents, l’obligation d’assurer les patients quels que soient leurs antécédents médicaux et les services inclus obligatoirement dans les forfaits d’assurance sont très populaires chez les électeurs démocrates comme républicains et il sera difficile pour le Congrès de s’en débarrasser.
Pour le moment elles devraient
 rester en place pour ceux qui pourront continuer à payer pour une assurance maladie, en attendant que le Congrès décide ou non de s’en séparer.

Enfin, ils seront amenés à proposer des solutions de remplacement, qui devraient « être plus efficaces et moins chères » selon le président-élu. 

 

… Pour être remplacé par des offres moins chères et plus diversifiées.

Selon The Urban Institutele démantèlement de l’ACA impliquerait:

  • Une augmentation de 103% du nombre de non-assurés (30 millions de personnes en deux ans), passant 28,9millions aujourd’hui à 58,7millions en 2019, dont 22 millions à cause de la suppression des subventions alloués pour souscrire à une assurance.
  • 12,9 millions de personnes ne seraient plus éligibles pour Medicaid en 2019 
  • 82% des personnes susceptibles de perdre leur assurance appartiennent aux classes moyennes, 38% ont entre 18 et 34 ans, et 56% seraient non-hispaniques blancs. Enfin 80% des adultes qui perdraient leur assurance n’aurait pas de diplômes. 
  • 27% des Américains aujourd’hui assurés pourraient perdre leur assurance si les compagnies avaient le choix de ne pas prendre en charge les clients à cause de leur état de santé. 

Trump a promis qu’une alternative serait rapidement définie, débattue et votée, « presque en même temps que l’abrogation de l’Affordable Care Act » mais c’est un processus long – l’Obamacare a été débattue pendant quatorze mois!
La majorité républicaine au Congrès aimerait prendre le temps nécessaire pour repenser le système de sécurité sociale dans son entier qu’ils entendent fonder sur un « accès universel » plus qu’une « couverture universelle »: moins de contraintes pour les compagnies d’assurance qui offriront davantage de choix pour satisfaire les besoins et les finances des consommateurs.

Le contraire de ce qu’a affirmé Donald Trump au Washington Post ce weekend: le président-élu a affirmé avoir pratiquement terminé le projet de remplacement qui vise, sans davantage de détails, à assurer « tout le monde » avec des solutions plus économiques, en forçant notamment les compagnies pharmaceutiques à négocier leurs prix directement avec le gouvernement concernant Medicaid et Medicare.
Trump est confiant qu’une fois le nouveau plan dévoilé, il obtiendra le ralliement des Démocrates et des Républicains.

 

La seule compensation pour les Démocrates, c’est de savoir que leurs collègues devront répondre des conséquences de leurs actes lors des élections de mi-mandat en 2018. Trump sait combien d’Américains, et nombre de ses électeurs, tiennent à leur assurance santé, et qu’il sera attendu au tournant de l’une de ses promesses de campagne les plus importantes.