30.10.17

 

1.  KEVIN SPACEY

 

  • Hier Buzzfeed News a révélé qu’en 1986, Kevin Spacey a fait des avances à un jeune acteur de 14 ans, Anthony Rapp, après une soirée arrosée. La star de « House of Cards » a répondu sur Twitter être était horrifié par les accusations, n’avoir aucun souvenir de l’incident vieux de trente ans, que d’autres accusations de ce genre allaient être lancées contre lui et … qu’il était gai.
    Beaucoup d’internautes et de célébrités ont critiqué le choix de faire son coming out à un moment aussi inapproprié et par rapport à des faits aussi graves. Buzzfeed News

    Netflix vient d’annoncer que la série « House of Cards », son premier Blockbuster, se terminera à la fin de la sixième saison, diffusée l’année prochaine. Business Insider

 

  • Les responsables de Facebook, Twitter et Google vont témoigner mardi et mercredi devant trois sous-comités du Congrès sur le rôle qu’ont joué leurs plateformes dans l’ingérence russe pendant la campagne présidentielle (les publicités payées pour évoquer des sujets qui fâchent, des évènements organisés contre les musulmans, pour la défense de la police ou contre les violences policières) et comment éviter que cela se reproduise dans le futur.Axios
    Facebook devrait annoncer demain que 126 millions d’Américains ont eu accès des posts payés par le Russes, soit 40% des utilisateurs du réseau social aux Etats-Unis. 80 000 articles, photos ont atteint 29 millions de personnes, qui en les partageant ont atteint 97 millions d’autres entre janvier 2015 et août 2017 – The Verge
    Google aurait identifié 18 chaînes YouTube liées à des agents russes qui auraient diffusé plus d’un millier de vidéos vues par 300 000 personnes sur la même période. Enfin Twitter a recensé 36 000 comptes automatiques ayant généré 1,4 millions de tweets qui ont été vus 280 millions de fois – un petit nombre par rapport `a l’ensemble de tweets sur les élections présidentielles – The New York Times

 

  • Puerto Rico a annoncé la rupture du contrat de trois cent millions de dollars avec Whitefish Energy, cette petite entreprise de deux personnes basées dans le Montana, engagée pour la reconstruction du réseau électrique de l’île après le passage de l’Ouragan Maria.

 

 

 

2. TRUMPLANDIA: UNE SEMAINE HISTORIQUE

 

  • Ce matin, Robert Mueller, le procureur en charge d’enquêter sur d’éventuelles collusions entre l’équipe de campagne de Trump et les Russes pendant la campagne présidentielle de 2016, a inculpé trois personnes:
    • George Papadopoulos qui a reconnu avoir menti au FBI sur sa rencontre avec un proche du gouvernement russe, pour tenter d’obtenir des emails appartenant à Hillary Clinton, lorsqu’il était en charge des questions de politique étrangère pendant la campagne, et qui collabore depuis l’été dernier sur cette enquête.
    • Paul Manafort, ancien président de la campagne de Trump qui avait démissionné en juin 2016 après les révélations sur ses liens avec l’ancien président ukrainien pro-russe, Yanukovitch. Il est accusé avec son associé Rick Gates, d’avoir reçu 18 millions de dollars du Parti des régions ukrainiens, qu’il n’a jamais déclaré à l’IRS, les impôts américains, et de complot contre les Etats-Unis
      Les deux ont plaidé non coupable cet après midi – New York Post
    • Comme l’a affirmé aujourd’hui Trump, il n’y a aujourd’hui encore aucune preuve de collusions entre son équipe de campagne et les Russes, même si le candidat républicain a engagé dans son équipe de campagne un ami, qui était sous surveillance du FBI et dont les liens troubles avec la Russie et certains pays de l’Est étaient bien connus – Buzzfeed News 
    • Rappelons également que son fils, Donald Jr, son gendre, Jared Kushner, et Manafort ont rencontré une avocate russe au cours de l’été 2016 pour tenter de se procurer des emails de Hillary Clinton, les trente mille que le candidat Trump a demandé à la Russie de « retrouver » lors d’un meeting en Floride en juillet de la même année.Certains affirment que l’inculpation de Manafort, passible de vingt ans de prison est un moyen pour Mueller de le faire coopérer, notamment sur ce qui s’est dit lors de ce fameux meeting dans la Trump Tower avec l’avocate russeNY Daily NewsPour le Wall Street Journal, l’enquête de Mueller transforme la justice criminelle en une arme politique contre Trump, c’est pourquoi, le président devrait virer Mueller et laisser l’enquête au Congrès … républicain. 

 

  • Steve Bannon, chef de Breitbart News qui veut détruire l’establishment du parti républicain, virer les candidats officiels du parti critiques envers Trump et « America First », qui rêve de se débarrasser du chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a trouvé une nouvelle cible: L’un des plus importants donateurs du parti, Paul Singer, milliardaire derrière le site conservateur Washington Free Beacon qui a engagé durant la campagne présidentielle, la société Fusion GPS pour enquêter sur Donald Trump et qui est à l’origine du fameux dossier publié par Buzzfeed début janvier qui accuse le candidat républicain d’avoir fomenté avec les Russes pour remporter les élections et d’avoir pris un « golden shower » avec des prostituées russes dans un hôtel de Moscou – un dossier qui a été repris puis financé par les Démocrates. – Axios

 

  • Le copain de Trump, Roger Stone, « agent provocateur » et figure haute en couleur du parti républicain, a été banni à vie de Twitter pour s’en être pris vendredi à un présentateur de CNN, Don Lemon, qu’il a généreusement insulté. Ce dernier pourrait porter plainte contre Twitter pour tenter d’y retrouver sa voix. – TechCrunch

 

  • Une Cour de Justice fédérale américaine a interdit à Trump de changer les règles concernant le recrutement des transsexuels dans l’armée américaine. Un nouveau revers pour une décision prise sans avoir consulté l’Etat-Major et dans le seul but de satisfaire sa base de « déplorables ».
    Dans son jugement, la juge a fait des captures d’écran des tweets du président – Bloomberg Law

 

 

 

4. POURQUOI LA LUTTE CONTRE l’EPIDEMIE DES OPIACES DOIT ETRE POLITIQUE?

 

  • Si ActUp a réussi à combattre l’épidémie du SIDA, à marquer les consciences d’une société et de sa classe politiques avec des actions coup de poings, la même chose devrait être faite pour tenter de lutter contre la crise des opiacés, qui fait plus de 60 000 morts par an aux Etats-Unis. Le pays n’a pas les infrastructures et le personnel nécessaires, ni les traitements adéquats, ni les lois et un système de santé beaucoup trop cher pour réussir à combattre la pire épidémie que le pays ait connu explique Zachary Siegel, un ancien toxicomane dans Slate.
    Trump a affirmé que cette épidémie était une urgence de santé publique mais aucun fond supplémentaire indispensable – on parle de 9 milliards de dollars – n’ont été ajoutés ce qui rend le travail difficile.
  • A lire, cette longue enquête en onze chapitres de Glamour sur les femmes et la crise des opiacés: « Women and Opioids: Inside the Deadliest Drug Epidemic in American History »

 

 

 

7. LA COUV DU JOUR

  • Comme Jimmy Fallon, Jimmy Kimmel est resté discret dans ses critiques contre le président et son administration jusqu’à la naissance, au printemps dernier, de son fils atteint d’une malformation du coeur, qui l’a poussé à défendre le système de santé américain dans une monologue assez émouvant. Il a également réagi à la tuerie de Las Vegas, sa ville natale, et condamné l’inaction des politiques envers le contrôle des armes. Depuis, Jimmy Kimmel est passé du côté des activistes, un rôle qu’il n’a pas vraiment choisi et avec lequel il est peu à l’aise.

    La chose la plus proche à laquelle je peux comparer [l’élection de Trump], c’est quand O.J. a été acquitté. Je n’ai jamais pensé que ça puisse arriver. Il y avait tellement de preuves que O.J. était coupable, et tu fais confiance au système judiciaire américain. Tu penses que si quelqu’un est coupable, il va aller en prison pour cela. On est dans une situation similaire.

27.10.17

 

1. SERIAL KILLER EN FLORIDE

 

  • Le serial killer de Tampa
    Pas sûr que les habitants de Tampa Bay en Floride aient envie de fêter Halloween ce week-end, et pour cause: Trois meurtres ont eu lieu depuis le mois d’octobre dans le même quartier de Seminole Heights avec le même modus operanti sur des victimes qui n’ont aucun lien entre elles. Cette année peu de maisons sont décorées, la police a demandé aux habitants de laisser leurs terrasses allumées, et des renforts devraient être déployées pour que les enfants puissent « Trick or Treat » en toute sécurité.
    Entre temps, de nouvelles vidéos d’un seul et unique suspect ont été diffusées par les autorités qui attendent l’aide de la population. Tampa Bay Times

 

 

 

 

  • Le Département de police de Chicago a été condamné à verser 44 millions de dollars de dommages et intérêts à un ancien flic, blessé d’une balle dans la tête par son coéquipier après une nuit de beuverie, et que ce dernier a tenté de faire passer pour un suicide. « Parce que le jury a noté que le CPD a des problèmes latents de discipline avec ses officiers, et n’a pas réussi à prévenir ce genre de dérapages, la ville de Chicago devra payer l’amende en plus des frais d’avocats du plaignant ». Oui, « justice a été rendue », mais à « quel prix » pour la ville et ses contribuables…Chicago Tribune

 

 

2. L’URGENCE DE SANTE PUBLIQUE

  • Comme prévu, le président a officiellement annoncé hier que la crise des opiacés sera désormais traitée comme une « urgence de santé publique »: sur l’ensemble du territoire. Le gouvernement va lancer une immense campagne de publicité pour convaincre les jeunes de ne pas toucher à la drogue: « Si tu apprends aux jeunes à ne pas consommer de la drogue, c’est très facile de ne pas en prendre » – sauf que les trois quarts des consommateurs d’héroïne ont commencé avec des anti-douleurs prescrits par leurs médecins. Pendant son discours, le président a évoqué l’alcoolisme de son frère aîné, dont il est mort en 1981 à l’âge de 43 ans, un évènement « traumatisant » qui l’a poussé à ne plus consommé une cigarette ou boire de l’alcool depuis. C’est l’une des rares fois où l’on a pu voir Trump évoquer un drame familial.
    Axios

     

  • Même si les médias relayent depuis des mois l’intensité de la crise, que le gouvernement vient de prendre des mesures symboliques nécessaires pour la confronter, la crise des opiacés continue sa progression: les Américains représentent 4,4% de la population mondiale et consomment 30% de la production totale des opiacés. Vox

 

  • Si les anti-douleurs prescrits par les médecins ont déclenché cette crise il y a vingt ans, la plupart des morts par overdoses sont causés par le Fentanyl, un opiacé de synthèse ultra-puissant mélangé avec de l’héroïne The New York Times

 

  • Hier, les autorités fédérales américaines ont arrêté le fondateur de la compagnie pharmaceutique Insys Therapeutics, John Kapoor, accusé d’avoir soudoyé des médecins pour qu’ils prescrivent leur médicament, le Subsys, qui contient du Fentanyl, généralement utilisé pour des malades atteints du cancer, à des patients qui n’en n’avaient pas besoin. Fortune

 

 

 

3. SNAPCHAT, LE RESEAU SOCIAL A VISAGE HUMAIN

 

  • La compagnie aux 173 millions d’utilisateurs quotidiens, dont l’action a baissé de moitié depuis sa capitalisation en mars dernier, a échappé aux scandales des fake news et autres ingérences russes pendant la campagne présidentielle et qui ont entaché depuis la réputation Facebook, Google et autres Twitter.
     

    Le secret? « Les humains » explique Nick Bell, le VP du contenu de Snapchat,
    « Nous ne travaillons qu’avec des médias crédibles et reconnus, et nous travaillons également un nombre important de producteurs, de créateurs et de journalistes ».

    Alors que Facebook brouille délibérément les frontières entre les mises à jour de statuts, articles, et publicités, qui sont toutes comprises dans le fil d’information géré par des algorithmes, celui de Snapchat est plus classique: La section actualité appelée « Discover » est limitée à du contenu créé par des professionnels y compris des chaînes tenues par des médias traditionnels (…)
    La plupart des revenus de Snapchat proviennent de publicités qui apparaissent dans des vidéos réalisées par des annonceurs, et la compagnie pense que le contenu fiable sera plus attractif pour le lecteur et les annonceurs.

     
    Amen.
    * « How Snapchat Has Kept Itself Free of Fake News »Businessweek

 

 

4. WEINSTEIN: LES LIMITES DU « NOTEBOOK DUMP »

  • Hier soir, je suis tombée sur un article du Washington Post intitulé « Pour les hommes, c’est le moment de se rendre compte. Les langues se délient. Qui sera le prochain » avec le montage photo de deux violeurs (Harvey Weinstein, Bill Cosby), trois pervers (Bill O’Reilly, Mark Halperin et Leon Wieseltier) et … Elie Wiesel, l’un plus des plus grands écrivains et philosophes américains, mort l’année dernière à l’âge de 87 ans.
    Je me suis empressé de lire l’article pour savoir quelles étaient les accusations lancées contre lui:

     

    Même George H.W. Bush et Elie Wiesel. Elie Wiesel! Une auteure Jenny Listman a expliqué cette semaine que l’écrivain, un survivant de l’holocauste et prix Nobel de la Paix, avait une fois, lors d’un évènement, posé [avec elle] et laissé sa main descendre jusque sur ses fesses »

     
    Le quotidien parle de « mains baladeuses » pour qualifier le geste de Wiesel. Pareil pour George W. Bush, accusé d’agression sexuelle pour avoir touché les fesses d’une actrice. Pour se justifier de parler de Bush et de Wiesel dans le même article que Weinstein et Cosby, les journalistes expliquent:
     

    Tous ces hommes ont eu tort. Maintenant est-ce qu’ils sont diaboliques? Les accusations se multiplient, et il faut maintenant savoir les différencier.
    En journalisme, on appelle ça le « notebook dump » qui consiste à mettre à plat tout ce qu’on lu, entendu, observé. Certains choses ne feront pas l’objet d’un article d’autres, si.

    Les Américaines sont en train de réaliser leur propre « notebook dump » dans des proportions sans précédent, révélant des anecdotes qu’elles ont gardé depuis l’enfance.

     
    Avant de finir en disant que « certains hommes ont besoin d’être éduqués, d’autres emprisonnés ».
    * « Who’s Next? A moment of reckoning for men – and the behavior we can no longer ignore »The Washington Post

 

  • Andrea Ruth de la revue conservatrice RedState n’a pas apprécié les accusations lancées contre Bush #41:
     

    Quand la nouvelle est tombée sur les abus sexuels, agressions et viols, commis par Harvey Weinstein plus tôt ce mois-ci, on n’a pas dû attendre longtemps pour que quelqu’un utilise le terme d’agression pour quelque chose de tellement inoffensif que ça finit par desservir ceux qui ont été effectivement agressés sexuellement.

 

 

5. FORT BOTOX

  • Businessweek consacre sa une au botox, cette substance miracle qui rajeunit les traits du visage, qui a généré 3 milliards dollars de revenus à l’entreprise pharmaceutique Allergan l’année dernière et qui est fabriqué avec l’une des substances les plus toxiques: la toxine botulique, produite par la compagnie est « une protéine dont les propriétés neurotoxiques en font le plus puissant poison connu » (Wikipedia) qui peut aussi servir d’arme chimique redoutable d’où les mesures de sécurité extrêmes et de confidentialité prises pour son transport, son stockage et sa gestion. 
    La journaliste a eu le privilège d’entrer à Fort Botox, et son aventure vaut le détour.
    * « The Wonder Drug for Aging (Made From One of the Dealiest Toxins on Earth) »Businessweek

 

 

 

6. ON VIT UNE EPOQUE FORMIDABLE

 

  • Selon une enquête de UCLA réalisée auprès de 1 535 enseignants: 79% d’entre eux rapportent que les élèves sont inquiets de leur bien-être et celui de leur famille à cause de l’actualité (immigration, santé, LGBTQ), 50% que plus d’étudiants sont angoissés et stressés. 27% affirment entendre davantage de remarques déplacés en cours – NPR

 

 

 

7. COUVERTURE

 

 

  • C’est la cover story de The Economist cette semaine, le règne sans partage de Vladimir Poutine sur la Russie:

    Dix-sept ans après être devenu président, son emprise sur la Russie n’a jamais aussi importante (…)
    Les réformateurs libéraux et traditionalistes conservateurs à Moscou parlent de lui comme le tsar du XXIème siècle. M. Poutine a gagné ce titre en sortant le pays du chaos des années 90 et lui en donnant une place sur la scène internationale. Alors que le centenaire de la révolution d’octobre approche, la pensée désagréable que M. Poutine à également les faiblesses du Tsar a fait surface (…)
    M. Poutine n’est pas le seul autocrate au monde. La domination autoritaire individuelle s’est répandue partout dans le monde ces quinze dernières années, souvent, comme Poutine, construit sur la base fragile d’une démocratie manipulée dans lequel le vainqueur emporte tout. C’est un pied de nez au libéralisme triomphant qui a suivi l’effondrement de l’Union Soviétique.

     
    * « A Tsar is born »The Economist

 

 

24.10.17

 

 

1. « UN ASSASSINAT POLITIQUE?« 

 

  • Qu’est-ce que Bill O’Reilly a fait de si terrible pour acheter le silence de son ancienne collègue, Lis Wiehl, 32 millions de dollars? La perspective de toucher cent millions de dollars dans un nouveau contrat de quatre ans signé avec Fox News ou éviter que sa famille apprenne les accusations répétées de harcèlement et de rapport sexuel forcé dont il a été l’objet. Interrogé par le New York Times, l’ancienne star de Fox News joue la victime et dément les déclarations ( « un tas de conneries ») du quotidien qu’il accuse de vouloir saper sa (fin de) carrière.
    C’est ce qu’une partie des Américains, téléspectateurs de Fox News et lecteurs de Breitbart doivent penser du scandale, « un assassinat politique mené par des médias corrompus et biaisés ». Reliables Sources
    Une chose est sûre: même s’il remporte un certain succès avec son podcast et son dernier livre, il ne reviendra jamais sur Fox News.

 

  • Megyn Kelly, qui a travaillé sur la même chaîne avant d’être débauchée par NBC, avait mis en garde sa direction l’année dernière sur les agissements inappropriés de O’Reilly – en vain. Hier elle a réagi sur le scandale
     

    Ca doit cesser. Le harcèlement des femmes, leur humiliation, les menaces, les représailles. Continuer de leur imposer le silence. Cette situation doit cesser.

  • Conde Nast, l’un des plus importants groupes de presse magazine américains (Glamour, Vogue, Teen Vogue, W, Vanity Fair, GQ) a décidé de ne plus employer Terry Richardson, le légendaire photographe de mode, accusé depuis des années de harcèlement sexuel sur les jeunes mannequins qu’il prenait en photos. The Hollywood Reporter

 

  • Elles sont désormais plus de deux cent à avoir eu la malchance de tomber sur le réalisateur James Toback – Vanity Fair

 

 

 

2. TRUMPLANDIA: Des sénateurs républicains révoltés

 

  • Donald Trump et Bob Corker ont repris les hostilités via Twitter ce matin, après que le sénateur du Tennessee se soit prononcé contre la réforme fiscale défendue par le président:

       

    La réponse cinglante de Bob Corker? #AlertTheDaycareStaff. Le sénateur du Tennessee est en roue libre car il ne se représente pas en 2018.

 

  • Pareil pour le sénateur républicain d’Arizona, Jeff Flake, qui a affirmé aujourd’hui ne pas chercher de réélection l’année prochaine parce que le parti républicain est devenu le parti d’un président « dangereux », « scandaleux » et « indigne ». Vox
    La vraie raison: Flake avait peu de chances de contre l’autre prétendante républicain, soutenue par Trump et Bannon, Kelli Ward, bien en avance dans les sondages – The Hill

 

  • L’initiative de Flake a été saluée par John McCain, l’un des hommes politiques les plus respectés des Etats-Unis, et l’un des vifs critiques du président Trump, qui vient d’être réélu sénateur républicain d’Arizona – The Hill

 

  • RAPPEL: Le parti républicain est en train d’échapper à la vieille garde républicaine garante d’un certain respect de la tradition politique au profit du président, de Steve Bannon et Breitbart, bien décidés à se débarrasser de son establishement.

 

3. LES FAKE NEWS, GARANTIE DE LA LIBERTE D’EXPRESSION

 

  • Le journaliste de Politico, Jack Shafer, aime les « fake news » parce qu’elles sont « la garantie qu’aucun gouvernement, ni entreprise, ni média » ne peut imposer des limites sur la liberté d’expression.
     

    C’est le bon côté de la profusion de fake news. A chaque fois que tu tombes dessus, tu découvres combien notre presse est libre et jusqu’où peut aller la liberté d’expression (…)
    Ca nous rend également plus critiques sur ce qu’on lit ou regarde, plus exigeant envers les preuves et leur origine, moins obéissant envers l’autorité plus confiant en notre propre pensée. Si on a avait été plus méfiants envers l’histoire officiel, on aurait sans doute pu éviter l’invasion de l’Irak.

     
    Si certains lecteurs cherchent à être plus rigoureux sur la nature des informations qu’ils lisent, ce ne sera pas celui qui lit les fake news et se fout de la vérité.
    * « Why I love Fake News » – Politico

     

  • Après Facebook, Twitter et Google, c’est au tour de YouTube d’être dans le collimateur des commissions parlementaires pour avoir activement soutenu et promu la chaîne officielle du Kremlin, RT et ses 2,2 millions d’abonnés, qui n’a cessé de diffuser des reportages incriminant Hillary Clinton, sa santé, sa fondation ou encore ses liens avec l’extrémisme islamique durant la campagne présidentielle. The New York Times
    Une réalité: La somme d’argent dépensée par les Russes pendant les élections n’a pu influencer ses résultats, et le problème des fake news ne doit pas être réduit à la seule intervention étrangère mais aux individus qui les créé pour gagner de l’argent et qui vont redoubler d’imagination pour continuer à propager de la désinformation et/ou engranger des clics. – Axios

 

    • La nouvelle campagne de pub de CNN pour les « faits avant tout » souligne l’absurdité de l’ère Trump dans laquelle un président peut ouvertement qualifier une pomme de banane, rabâcher l’idée et convaincre avec succès certains électeurs de cette « alternative réalité »

 

 

 

 

4. LES MEDIAS PRO-TRUMP EN DIFFICULTE? 

 

  • Après la publication d’un article de Buzzfeed sur les liens entre Milo Yiannopoulos et des nationalistes blancs et comment ces derniers co-rédigeaient certains de ses articles publiés sur Breitbart qu’il a quitté en février dernier, Steve Bannon, le patron du site a juré « ne jamais retravailler avec lui ». 
    Milo qui pensait pouvoir retravailler pour Breitbart après le retour de Bannon, peut toujours compter sur le soutien financier de la richissime famille Mercer, les banquiers de l’alt-right, qui n’ont pas officiellement désavoué le jeune journaliste anglais. – Buzzfeed

 

  • Si on observe un effet trump dans la plupart des médias maintream américain … et Fox News, les sites internet de droite et extrême droite ont moins la côte ces derniers mois:
     
    Axios

     

  • Le moment de gloire de la campagne électorale est passé et les médias ont critiqué certains choix de l’administration qui n’a rempli qu’une infime partie de ses promesses de campagne et Breitbart est désormais devenu l’ennemi numéro un de l’establishment républicain.

 

 

 

5. LES OPIACES A WALL STREET

 

  • L’épidémie d’héroïne et d’opiacés frappe toutes les couches de la société américaine, même les « riches et les puissants de Wall Street » qui peuvent désormais finir leur cure de désintoxication dans des luxueux centres de remise en forme à plus de dix mille dollars la nuit, créés spécialement pour cette caste par l’un des leurs, aujourd’hui sobre, qui a saisi l’opportunité de faire de l’argent pour la bonne cause.
    La différence entre les banquiers et les pauvres des zones rurales du coeur du pays, c’est que les premiers ont les moyens de continuer à se procurer des opiacés et tombent rarement dans l’héroïne, une option quasi-systématique pour les seconds.
    * « The Opioid Addict on the Trading Floor »Businessweek

 

  • Un vaccin contre l’héroïne?
     

    « Le prochain objectif de Crystal est un vaccin contre l’héroïne: Un traitement en une seule fois qui pousserait le corps à penser que les molécules d’héroïne sont une maladie, et faire que le système immunitaire détruise la drogue avant qu’elle atteigne le cerveau. »

    Pour Roger Crystal, chirurgien de formation, passé par la London Business Schools et Goldman Sachs, aujourd’hui à la tête de Lightlake Therapeutics, l’entreprise qui commerciale Narcan, le médicament miracle qui renverse les effets de l’overdose, trouver un vaccin contre l’héroïne est une nécessité pour lutter efficacement contre l’épidémie et une éventuelle mine d’orBusinessweek

 

  • Le reportage photo dramatique de Philip Montgomery dans le New Yorker sur la crise des opiacés et l’épidémie d’héroïne dans l’Ohio

 

 

 

6. NERDS & SAFARI

 

  • La revanche des Nerds: « La Silicon Valley est le Hollywood du 21ème siècle » en moins glamour et plus riche: l’endroit où « tu peux accélérer ta carrière », devenir riche et célèbre en quelques années. Il suffit d’avoir la bonne idée.
     

    Là-bas, les gens portent encore des anoraks et ont l’air de geeks mais ils représentent l’élite mondiale.

    Les produits, la culture d’entreprise, l’utilisation systématique des médias sociaux, la visibilité toujours plus importante des figures de la Haute Technologie (Jeff Bezos, Mark Zuckerberg, Elon Musk ou Evan Spiegel) dans le domaine de l’innovation, de la politique et de la culture témoignent de l’influence croissante de la Silicon Valley sur le reste du pays.
    * « The 21st-century Hollywood: how Silicon Valley becane the world’s trend capital » – The Guardian

 

  • Un safari dans l’Amérique de Trump
    Après la victoire de Trump, les Démocrates, médias et personnalités « progressistes » sont partis à la rencontre des habitants des zones rurales pour tenter de comprendre leur malaise et d’y répondre par des solutions politiques précises.

    Je me suis demandé si les touristes des côtes seraient assez ouverts pour absorber une réalité qui aille contre leurs idées préconçues. Est-ce que Third Way, Zuckerberg, Huffpo sont prêts confronter une nation divisée et en colère ou est-ce qu’ils se contenteraient d’une série d’échanges honnêtes qui laissent leurs hypothèses intactes. 

    Les conclusions du journaliste sont sans appel: même avec les meilleurs intentions du monde, les chercheurs « semblent revenir à leurs idées préconçues, en adaptant leurs découvertes à la même façon de pensée ».

    * « On safari in Trump’s America »The Atlantic

 

 

7. ON VIT UNE EPOQUE FORMIDABLE

 

  • Le chanteur Kid Rock, supporter de Donald Trump ne se présentera finalement pas aux élections sénatoriales de 2018 dans le Michigan: Merci, on a craint le pire.

 

  • Trois personnes ont été tuées en l’espace de dix jours dans le quartier de Seminole Heights à Tampa en Floride: Les meurtres de deux hommes et une femme sont liées selon la police locale qui refuse de parler de « serial killer »:  Tous ont eu lieu dans un rayon de 1,5km, sans motifs et les victimes étaient seules.

 

  • La paille ne sert à rien mais pollue la terre plus que n’importe quel autre produit du quotidien et les Américains ne peuvent pas s’en passer. D’où le mouvement #Stopsucking qui vise à convaincre les consommateurs d’arrêter d’utiliser ce morceau de plastique. – The Washington Post 

 

 

 

8. COUVERTURE DU JOUR

 

  • C’est Kate (« The Great ») Winslet en couverture de ce numéro de Variety special Oscars 

15.10.17

 

1. « The Unexpected Addict »

 

 

  • Le 03 août dernier, le Birmingham News lançait sur son site internet un appel pour localiser des proches d’April Nicole Carpri, une femme de 34 ans, dont le corps, retrouvé mort chez elle trois semaines plus tôt dans la ville de Elsen, était disponible pour être enterré.
    Deux mois plus tard, elle est en une du même quotidien d’Alabama sous le titre « The Unexpected Addict » ou « comment l’héroïne a détruit une conseillère en toxicomanie ».
     

    Ses amis ont toujours du mal à comprendre comment Capri a terminé dans une tombe anonyme. Il y a seulement quatre ans, cette diplômée de l’Université d’Alabama avait un métier, une maison en banlieue, un mari et un enfant. Elle a tout perdu à cause de l’héroïne alors qu’elle a réussi à ce que de nombreux patients en décrochent. Carpri est l’une des 150 personnes mortes cette année dans le comté de Jefferson d’une overdose de drogue. La plupart causée par de l’héroïne ou du fentanyl, un puissant opiacé de synthèse.

    * « The Unexpected Addict: How Heroin destroyed an Alabama drug counselor » – The Birmingham News

 

  • Une énième de l’épidémie d’opiacés qui frappe le pays depuis des années et provoqué la mort de 62 000 en 2016.

 


2. Facebook et la démocratie américaine

 

 

  • L’introduction de Mike Allen/Axios avant son interview avec la COO du groupe, Sheryl Sandberg en dit long:
     

    L’histoire de la décennie ressemble à un roman: Un ennemi des Américains a cherché à manipuler notre écosystème de médias sociaux, qui n’est soumis à aucune régulation, pour tenter d’influencer le cours des élections et faire élire comme président une ancienne star de la télé-réalité, obsédée par Twitter – dans ce qui restera l’une des plus grandes surprises de l’histoire des Etats-Unis.

 

  • The Atlantic prend le relais avec une excellente analyse de ce que « Facebook a infligé à la Démocratie américaine » et « pourquoi ce phénomène était si difficile à anticiper ». Plusieurs facteurs entrent en jeu:
    Dès 2012, une étude a montré qu’une initiative de Facebook (« Get out the Vote » qui visait à inciter les jeunes à voter) pouvait avoir des répercussions électorales importantes, surtout dans le cadre du collège électoral des Etats-Unis dans lequel un petit nombre d’Etats ont un impact disproportionné sur le résultat à l’échelle national. Même si la compagnie s’est toujours défendue d’être neutre et de ne pas utiliser ses produits pour influencer le vote des électeurs, d’autres s’en sont chargés à leur place.

    Le fil d’informations de Facebook qui fonctionne comme un « journal personnalisé » empêche les internautes de confronter leurs opinions à celles différentes des leurs ce qui tend à créer une « bulle de filtrage » qui rend impossible tout débat national. L’équipe de Trump en charge de la campagne numérique a brillamment utilisé ces deux facteurs: Elle a dépensé 70 millions de dollars de publicités sur Facebook lors des quatre derniers mois de campagne, en diffusant des centaines de milliers de pages d’informations et de désinformations, destinés à des populations ultra-ciblées – qui les a rendu difficile à identifier. Sachant que Facebook est aujourd’hui le leader dans la distribution d’informations, l’impact a été total.
     

    Le problème n’est pas qu’un Républicain ait battu un Démocrate, c’est est que les fondements du système électoral – les nouvelles que les gens voient, les évènements auxquels ils croient, les informations qu’ils lisent – ont été déstabilisés.

    * « What Facebook did to American Democracy » – The Atlantic

 

 


L’économie du Dollar Store

 

  • Dans un pays de plus en plus fracturé économiquement entre les grandes villes et les côtes riches et dynamiques et l’intérieur pauvre, déserté et malade, les « dollar stores », ces grandes surfaces à très bas prix, apparaissent un peu partout dans les régions les plus défavorisées, les zones rurales de l’intérieur du pays, comme Dekatur, une petite ville de mille habitants située dans l’Arkansas, où même Walmart, la plus importante chaîne de supermarchés à du fermer ses portes.
    Les deux chaînes les plus importantes, Dollar General, (14 000 magasins à travers les Etats-Unis) et Dollar Tree (plus de treize mille enseignes) dépassent à elles deux les 22 375 magasins de CVS, Rite Aid et Walgreens, les plus grandes chaînes de pharmacies américaines.
     

    « Les dollar stores parient sur le fait que nous allons avoir une classe pauvre permanente aux Etats-Unis » explique Garrick Brown, directeur de la recherche sur les ventes à la société Cushman & Wakefield. « On part du principe que les emplois ont disparu, qu’ils ne reviendront jamais, et que les choses ne s’arrangeront pas dans ces endroits.

     
    Dollar General, qui compte ouvrir un millier de nouveaux magasins cette année dans le cadre d’une stratégie d’expansion de 22 milliards de dollars dans les communautés rurales et pauvres, représentent « non pas un déclin mais un renouveau économique, ou du moins une survie » pour ses habitants.

    * « Dollar General Hits a Gold Mine in Rural America »Businessweek

 

 


Hollywood: What & Who’s next?

  • Le problème du harcèlement sexuel était jusqu’ici l’un des secrets les mieux gardés à Hollywood où la mentalité de producteurs comme Weinstein est, de son propre aveu, ancrée dans les années soixante-dix où tout était soi-disant permis – Roman Polanski le paye toujours.
    D’autres têtes devraient tomber, les complices dénoncés, mais c’est peut-être et enfin le signal d’un changement drastique de comportements à Hollywood vis-à-vis des femmes – The Los Angeles Times

 

  • Des enquêtes ont été ouvertes à New York et à Londres pour corroborer les témoignages des plus récentes victimes.
  • Le frère de Harvey Weinstein, Bob Weinstein pourrait être lui aussi viré de la compagnie qui pourrait rapidement tomber en banqueroute si ses projets, comme ceux commencés avec Amazon, étaient suspendus.

 


A VOIR:

    • Le documentaire de Netflix sur l’écrivaine et essayiste américaine « Joan Didion: The Center Will Not Hold » dont les écrits provocateurs dans les années 70 et 80 sur des sujets de société ont inspiré des générations de jeunes Américains.

  • Le documentaire de l’excellente émission d’investigation Frontline de PBS sur « la guerre contre l’EPA » mené par son directeur, le climatosceptique Scott Pruitt, contre les lois de protection de l’environnement mises en place par Barack Obama ces huit dernières années.

 

 


La Couverture du Jour

 

  • L’homme le plus puissant au monde n’est pas Donald Trump mais Xi Jinping, le président chinois, écrit The Economist dans son éditorial de cette semaine.
    Selon le magazine, certes, l’économie chinoise reste derrière les Etats-Unis qui disposent également de la plus importante armée au monde, mais « le leader du monde libre s’entend mal avec les autres leaders étrangers et est incapable d’imposer son agenda politique à la maison ».
    Au contraire, le président du plus grand Etat autoritaire plus de succès à l’étranger. Son contrôle sur la Chine n’a jamais aussi puissant depuis Mao, qui gouvernait un pays chaotique et très pauvre. M. Xi est l’un des moteurs de l’économie mondiale.* « Xi Jinping has more clout than Trump. The World should be wary » – The Economist
     

29.09.17

 

1. Bannon part en guerre

 

  • La personnalité qui a dominé la vie politique américaine cette semaine est l’un de ses plus fervents et bruyants « disrupters »: Steve Bannon qui fait à nouveau la couverture de Businessweek, deux ans après une première cover story qui l’avait qualifié « d’agent le plus dangereux de Washington ».
  •  

  • Il compte utiliser la victoire de son candidat, Roy Moore, dans les partielles républicaines d’Alabama mardi, contre celui du parti soutenu par Trump, pour punir ses adversaires politiques, l’establishment du parti républicain (Paul Ryan et Mitch McConnell) tout en restant fidèle au président, qui reste le meilleur ambassadeur de sa doctrine populiste. 
  •  

  • Steve Bannon veut développer et consolider l’aile populiste du GOP en recrutant des candidats « insurgés » pour affronter sur leurs terres les candidats républicains sortants (Mississippi, Tennessee, Arizona, Nevada, Michigan et du Maine) et essayer d’y décrocher les mêmes victoires que celle d’Alabama.
    Et il le crie haut et fort à qui veut bien l’entendre: « On part en guerre (…) Et ce n’est pas une bataille d’oreillers, c’est une vraie guerre. »
  •  

  • Pour ce faire, il peut compter sur la fortune de la famille Mercer, qui a investi dans Breitbart en 2012, dans la campagne de Trump en 2016 et qui figurent aujourd’hui parmi les plus importants donateurs conservateurs. * « Alabama Victory Provides Blueprint for New Bannon Alliance »New York Times

 


2. Vers un troisième bloc parlementaire?

 

  • Contrairement au « Freedom Caucus », le groupe parlementaire ultra-conservateur, directement inspiré du mouvement du Tea Party, les futurs « insurgés » n’ont « aucune vision idéologique cohérente » si ce n’est une haine de la classe dirigeante, et de son leader, Mitch McConnell:
     

    Bannon: On va rendre Mitch McConnell tellement toxique. On va tout simplement dire aux gens: Si McConnell vous soutient, vous êtes fini … Ca va foutre les jetons à tout le monde.

 

  • Politico appelle cela « le scénario cauchemardesque des Démocrates et des Républicains« : la formation d’un « bloc Trump » au Sénat aux élections de mi-mandat en 2018 qui provoque un dysfonctionnement total du Congrès américain.
     

    Mais certains analystes politiques commencent à s’interroger sur les conséquences pour le « Disrupter-in-Chief », qui est à la fois un symptôme, l’instigateur et la victime du dysfonctionnement de Washington. Les Républicains qui ont affronté Trump lors des primaires du parti affirment que les forces qu’il réussit à déchaîner peuvent lui échapper et l’empêcher d’achever son programme au Congrès américain et ternir son héritage politique. 

    * « Steve Bannon is looking for retribution after Alabama win. And he’s recruiting »CNN Politics
    * « Moore’s win conjures 2018 nightmare – for both parties »Politico

 


3. Washington Jet Set

 

  • Tom Price, le ministre de la santé de Trump, a dépensé un million de dollars en frais des transports lors de ses différents déplacements à l’étranger ces six derniers mois. Des dépenses importantes qui contredisent l’une des missions que s’est donnée la nouvelle administration et son président: « vider le marécage » (« Drain the Swamp ») de Washington.
    Même si Price s’est engagé à rembourser ces frais, il est sur la sellette et Trump devrait se prononcer sur son sort aujourd’hui.

 

  • L’analyse qu’en donne le National Review est juste et devrait être prise en compte par les Républicains et les Démocrates.
     

    Au delà du « parfait scandale populiste », on sent bien que ce qui bloque les Américains, ce ne sont pas forcément les divergences de point de vue politiques (…) mais le ressentiment envers cette arrogance et ce bon-droit d’un groupe que les Américains pensaient pendant longtemps ne pas avoir: La classe dirigeante.
    Ils ne vivent pas comme nous. De temps en temps, l’un d’entre eux les embarrasse tellement qu’il est jeté aux loups – feu Anthony Weiner – mais les habitants des quartiers dorés de Washington et New York retombent toujours sur leurs pieds. Si vous échouez misérablement à Washington, vous finirez … autre part à Washington, à faire de l’argent comme lobbyiste ou consultant. Au pire vous terminerez à enseigner un séminaire à la Kennedy School et vous profiterez des plaisirs que la vie à Harvard a à offrir.

    * « Washington Jet Set »National Review

 

 


4. Immigration: Où sont les bad hombres?

 

  • L’immigration, c’est le thème numéro un de l’administration Trump, qui lui a permis de remporter les suffrages de l’électorat blanc et rural inquiet des bouleversements démographiques du pays: En attendant l’éventuelle construction d’un mur, le président a renforcé les moyens et les effectifs des « border patrols », des agents de l’Immigration & Customs Enforcement (ICE) afin qu’ils puissent arrêter et expulser les « trois millions de trafiquants de drogues, criminels qui vivaient illégalement sur le territoire américain ». 
  •  

  • Mais les derniers chiffres de l’ICE sont loin des résultats espérés par l’administration: 211 000 immigrés ont été expulsés entre octobre 2016 et novembre 2017 contre 240 000 l’année précédente, même si les arrestations ont augmenté de 43% depuis l’investiture de Trump. C’est son prédécesseur, Barack Obama qui garde le statut de « Deporter-In-Chief ».
  •  

  • Les raisons:
    • La force de persuasion de Trump qui a fait dramatiquement baissé le nombre d’étrangers prêts à entrer illégalement aux Etats-Unis
    • La réaction des associations de défense d’immigrés, soutenues par les aides financières et techniques de professionnels et capables de venir rapidement en aides aux prisonniers et détenus.
    • Le flot d’arrestations s’accumulent dans les cours fédérales avec près 600 000 cas en attente et « ça pourrait prendre des années avant que des migrants arrêtées sous Trump soient physiquement expulsés »

      * « Deportations slow under Trump despite increase in arrests by ICE »The Washington Post

5. Le business de la mort

 

  • La Virginie Occidentale, l’Etat le plus touché par la crise des opiacés, responsable de la mort 62 000 personnes aux Etats-Unis l’année dernière, a déboursé entre octobre 2016 et novembre 2017, presque 900 000 dollars à des entreprises privées pour le transport de ses cadavres.
     

    Plus de 880 personnes sont décédées d’une overdose de drogues en Virginie Occidentale l’année dernière – un nombre record. L’Etat à le pire taux de morts par overdose dans le pays. Chaque overdose demande au minimum deux transports, du lieu du décès à la morgue, puis de la morgue aux pompes funèbres. Chaque corps doit être autopsié et un rapport toxicologique doit être effectué pour déterminer les drogues qui ont causé la mort.

     

  • Pire, une société qui détient le monopole de cette activité au niveau de l’Etat, aurait surchargé ses honoraires, multiplié les erreurs de facturation pour un montant total de 140 000 dollars entre 2010 et 2014 sur plus de trois millions de dollars engrangés depuis 2003.* « Opioid Crisis Drives A Grim Business in West Virginia: Body Transport »Huffington Post

 

 

 


6. Merkel trollée

 

 

  • Comment la firme américaine, Harris Media, qui a organisé les campagnes agressives de Donald Trump, Sarah Palin et Mitch McConnell a aidé le parti raciste allemand à récolter près six millions de voix 
     

    Ces sites, et les publicités en ligne qui en font la promotion sont monnaie courante dans la politique américaine: A tous les niveaux, présidentiel, du Congrès et même local, des experts en stratégie numérique construisent des sites internet d’opposition pour aider leurs clients à affaiblir leurs adversaires. Mais en Allemagne, où les campagnes négatives ressemblent davantage à un désaccord politique, c’était sans précédent. 

     

  • Ce genre de campagnes a eu des effets dévastateurs aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, l’Allemagne vient d’être touchée et la France sera sans doute la prochaine: les partis traditionnels vont devoir s’adapter à ces rhétoriques racistes et violentes et trouver la réponse adéquate sans tomber dans le même piège.* « Germany’s Right-Wing Populists Are Importing U.S.-Style Campaign Tactics »The Atlantic 

 


7. A écouter: « The Disappearance of Maura Murray »

 

 

  • Le dernière séri-docu de Oxygen sur la disparition de Maura Murray par la journaliste Maggie Freleng: En février 2004, l’étudiante de 21 ans prévient ses professeurs qu’elle doit s’absenter quelques jours à la suite d’un décès familial qui n’a jamais eu lieu. Elle vide sa chambre, retire tout l’argent qu’elle possède et quitte la ville. Quatre heures plus tard, elle est victime d’un accident de voiture et sans attendre l’arrivée rapide de la police, réussit à se volatiliser sans laisser de traces, ni de message…
  • L’article du Amherst Bulletin sur la série.

 


8 .Couverture du Jour

 

 

  • Impossible de passer à côté du dernier numéro de The Economist, le magazine anglais qui a annoncé pendant des années la banqueroute française, et qui depuis le traumatisme du Brexit, a trouvé en Emmanuel Macron, le sauveur de l’Europe.
     

    Qui dirige l’Europe? Au début, la réponse était évidente. Angela Merkel est destinée à remporter une quatrième victoire aux élections, la Grande Bretagne hors-jeu, l’Italie à plat et la France paralysée par la perspective que Marine Le Pen devienne le Donald Trump français. Cette semaine, tout a changé. Mme Merkel a remporté les élections avec une marge tellement réduite qu’elle apparait diminuée (…) De l’autre côté du Rhin, avec un parlement dominé par un nouveau parti qui lui est dévoué, le président français Emmanuel Macron regorge d’ambitions (…)Un leader s’impose qui semble courageux, discipliné et réfléchi. Courageux à cause de la réforme du travail mets du temps à créer de l’emploi et qui récompense les successeurs politiques de ceux qui font le sale boulot.

    * « The Spotlight shifts from Germany to France » – The Economist

Le kiosque du 26.04.17: Juge vs décret présidentiel – Tom Brady – Le Mur & El Chapo – Breitbart discrédité – HBO

 

 

  • Suspension d’un décret présidentiel: Encore une fois!

    Une manifestation a San Francisco le 25 janvier dernier

     

    Le président Trump ne peut pas obliger les villes sanctuaires comme San Francisco à coopérer avec les officiers d’immigration sous peine de supprimer leurs subventions a affirmé un juge fédéral mardi dans une décision qui interdit l’application du décret de Trump sur l’ensemble du pays.
    S’agissant du premier passage juridique d’un décret présidentiel signé par Trump, cinq jours après son investiture, le juge de San Francisco avait affirmé que le président dépassait ses pouvoirs constitutionnels en essayant de punir des gouvernements locaux qui refusaient de se plier à ses politiques d’immigration.

     
    Le juge a qualifié le décret d’inconstitutionnel:
     

    « La constitution confère au Congrès le contrôle des dépenses, et pas au président, donc le décret [présidentiel] ne peut constitutionnellement imposer de nouvelles conditions aux subventions fédérales. »

     
    Une décision importante qui a soulagé la plupart des grandes villes du pays dites « sanctuaires », qui se sont engagées à défendre les droits des immigrés en situation irrégulière contre les agents de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) et qui craignaient de voir les subventions offertes le gouvernement fédéral.
     
    La Maison Blanche a critiqué la décision:
     

    Aujourd’hui, l’Etat de Droit a reçu un nouveau soufflet de la part d’un juge, qui n’a pas été élu et qui récrit la politique d »immigration de notre pays

     
    Trump a réitéré le même tweet que lors de la suspension de la « travel ban »:
     

    Rendez vous à la Cour Suprême

     
    * « Trump order blocked » – San Francisco Chronicle
    * « Us judge blocks Trump order threatening funds for ‘Sanctuary’ Cities » – The Los Angeles Times

 

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  • Financer le mur avec l’argent d’El Chapo

    Donald Trump doit trouver les fonds nécessaires pour construire son fameux mur le long de la frontière mexicaine et comme ni le président mexicain, ni les Démocrates du Congrès américain sont prêts à le financer, le sénateur républicain Ted Cruz, candidat malheureux des dernières présidentielles a eu une idée intéressante: Financer le mur avec la fortune du seigneur de la drogue mexicain, El Chapo, actuellement enfermé dans une prison américaine:
     

    14 milliards de dollars pourraient largement permettre la construction d’un mur capable de protéger les Américains et empêcher le transit illégal de drogues, d’armes et d’individus de part et d’autres de la frontière.
    Assurer la sécurité des Texans est l’une de mes priorités. (…)
    Le gouvernement américain cherche actuellement à mettre la main sur les profits des activités criminelles, estimés à 14 milliards de dollars, notamment par la drogue, qui appartiennent à El Chapo, l’ancien leader de cartel de la drogue de Sinaloa, récemment extradé aux Etats-Unis qui doit répondre à de multiples accusations, dont celles de meurtre et de blanchiment d’argent

     
    Mr Cruz a même introduit une loi du nom éponyme « EL CHAPO » (« Ensuring Lawful Collection of Hidden Assets to Provide Order » qui signifie « Assurer la collection des biens cachés pour financer le décret ») mardi devant la Cour du Texas.
     
    * « Ted Cruz calls for $14 billion seized from « El Chapo » to fund border wall »Breitbart

 

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  • Breitbart n’a pas d’accréditation officielle

    Coup de massue pour le site d’info alt-right.
    Le comité du Congrès américain a refusé de donner une accréditation permanente à Breitbart News à cause des différents conflits d’intérêts que la compagnie n’a pas su éclaircir: un ancien manager de la rédaction qui travaille jusqu’à début mars pour un think tank conservateur (Governement Accountability Institute) ou le rôle flou de la très puissante famille Mercer, le plus important donateur de la campagne de Donald Trump, actionnaire de Breitbart News. Rappelons également que l’un des plus proches conseillers du président, Steve Bannon, était l’ancien président de la compagnie et si les deux partis affirment ne plus être en contact, des doutes subsistent.

     
    Un organe de presse doit montrer patte blanche pour obtenir une accréditation officielle au Congrès, prouver notamment qu’il n’a aucune attache financière, depuis sa création, à n’importe quel lobby au sein de Congrès.
    Une fois obtenu, il permet d’accéder au tout Washington et surtout de faire partie de l’Association des correspondants de la Maison Blanche qui permet aux journalistes de voyager avec le président.

     
    Breitbart rate ici l’occasion de jouer dans la cour des grands médias conservateurs.
     
    * « Breitbart has been denied Permanent Congressional Press Credentials »Buzzfeed
    * « The reclusive Hedge Fund tycoon behind the Trump Presidency »New Yorker

     

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  • L’effet bulle des médias toujours plus important

    Une carte de Politico qui illustre la concentration des médias dans les comptées démocratiques. En rouge les votes Trump en 2016 contre ceux de Clinton en bleu et les Bulles représentent les 150 comtés qui ont le plus d’emplois dans les médias

     

    « Comment est-ce que les grands médias américains ont pu louper le phénomène Trump? (…)
    Certains conservateurs ont accusé la presse à grande majorité démocrate de prendre parti pour Clinton, mais ce soit-disant parti-pris ne tient pas puisqu’aucun organe de presse n’a ignoré l’histoire des emails de Clinton, tout le monde s’est gargarisé sur la correspondance [piratée] de John Podesta [son directeur de campagne] que Wikileaks a servi sur un plateau d’argent.

     
    Pour Nate Silver, de FiveThirtyEight, c’est l’hyper-homogénéité idéologique des « newsrooms » (à 93% démocrates) qui expliquent la « myopie de la presse »; même constat pour Steve Bannon, ancien président de Breitbart qui affirmait au lendemain de la victoire de Trump: « La bulle médiatique est le symbole ultime de ce qui ne tourne pas rond dans ce pays, c’est une cercle de gens qui se parlent entre eux sans avoir aucune idée de ce qu’il se passe ».
     

    Mais [ces explications] sont le symptôme [d’une situation] et pas sa cause.
    Et quand on en vient aux causes, il existe une autre façon de penser le problème (…)
    On trouve cette réponse sur une carte.
    Où est-ce que les journalistes travaillent et est-ce que [cette distribution] changé ces dernières années? (…)
    Les médias nationaux travaillent dans une bulle qui n’existait pas il y a une dizaine d’années.
    Cette bulle ne cesse de grossir. Concentrée le long des côtes, elle est géographique et politique. Si tu es journaliste, il a beaucoup de chances pour que tu vives dans une circonscription pro-Clinton – et très certainement l’une des plus « pro-Clinton ».
    Et tu as même de la compagnie puisque si tu es un lecteur de Politico, il y a beaucoup de chances pour que tu sois un citoyen de Bubbleville, aussi.

     
    Au début des années 2000, il existait encore une sorte d’équilibre entre les magazines, radio et télés concentrées depuis plusieurs générations entre New York et Los Angeles, et de nombreux quotidiens et leurs journalistes éparpillés un peu partout sur le territoire, dans des grandes, moyennes et petites villes.
    Ca n’est plus le cas aujourd’hui.

    Les employés travaillant pour les quotidiens et hebdomadaires sont passés de 455 000 dans les années 90 à 173 000 en 2017, à cause notamment des baisses de revenus publicitaires et montée d’internet, qui ont touché en premier les zones les plus rurales.
     
    * « The Media Bubble is worse than you think » – Politico

 

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  • A la recherche du maillot de Tom Brady

    A la suite d’un des plus grands retours gagnants de l’histoire du Super Bowl, les Patriots de New England ont remporté en février dernier leur cinquième Championnat de football américain, le quarterback et star de l’équipe, Tom Brady s’est fait volé le maillot de la victoire, estimé à un demi million de dollars, dans les vestiaires du Gillette Stadium de Houston.
     
    Ce que le public ne savait pas, c’est que la même déconvenue était arrivée au joueur deux auparavant lors de la victoire du Super bowl contre les Seahawks de Seattle: ni vu ni connu, un individu s’était introduit dans les vestiaires ultra sécurisés du stade et avait pris le « jersey » dans le propre sac du joueur.

    Cette année, l’incident est devenue une affaire d’Etat: Une enquête impliquant des détectives du Houston Police Department, du FBI de Boston (la ville des Patriots), la participation de la chaîne de télé Fox qui retransmettait le match (qui a fourni les vidéos des vestiaires) et plus tard les autorités mexicaines ont permis de retrouver deux maillots victorieux de Brady chez le dirigeant d’un fameux tabloid de Mexico City, La Prensa.
     
    L’homme a été très rapidement isolé sur les vidéos des caméras de surveillance, et identifié grâce aux différentes accréditations données le soir du Super Bowl: Il s’agit de Martin Mauricio Ortega.
     
    Au même moment, l’un des agents du FBI de Boston a reçu la photo d’un fan des Patriots sur laquelle figurait l’autre maillot volé de Tom Brady qu’il avait reçu d’un vendeur sur Ebay – alors que personne n’avait rapporté le vol du maillot.
     
    Début mars, le FBI a donc récupéré les deux maillots du champion.
    Mr Ortega, qui habite au Mexique, a peu de chances de terminer en prison
     


     
    * « The Great Superbowl Jersey Caper »Sports Illlustrated

 

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  • Un nouveau documentaire de HBO sur les ravages des opiacés de synthèse

    La chaîne câblée, qui a déjà réalisé un documentaire sur la question en 2015, « Heroin, Cape Cod, USA »  diffuse lundi prochain un nouveau témoignage, « Warning: This drug may kill you », sur la « pire crise sanitaire de l’histoire de ce pays », l’épidémie d’opiacés de synthèse, que nous évoquons régulièrement dans le Kiosque, et qui a fait plus de 50 000 morts en 2016.
     
    Introduites au milieu des années 90 à grands renforts de campagne marketing, ces « anti-douleurs » ont rendu dépendants des centaines de milliers de patients, contrairement aux conseils des médecins et laboratoires pharmaceutiques de l’époque.
    Parce que le médicament est prescrit, toutes les couches de la populations sont affectées par cette épidémie – l’épidémie de crack touchait uniquement les minorités urbaines défavorisées.
     
    Le président Trump a promis de s’attaquer à ce problème (qui a touché de nombreux Etats ou Trump est arrivé en tête) et à ses bénéficiaires, les compagnies pharmaceutiques.
     
    Sauf qu’il a nommé pour cette mission deux individus « que le lobby des opiacés aurait justement voulu pour le job » et qui ont travaillé à affaiblir les mesures de régulations contre les distributeurs de médicaments auprès de la Drug Enforcement Administration.

    Le taux de mortalité par overdose est plus important que les suicides, accidents de voiture ou armes à feu
     

     
    * « Trump is not off to a good start with opiod addiction » – The Hill

 

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  • Les quotidiens du mercredi 26 avril

Le Kiosque du 24.04.17: Trump & les chaînes d’info + Le show de la Maison Blanche + Travis Kalanick, une ordure & La relève Murdoch

 

  • L’obsession de Trump avec les chaînes d’info câblées

    Lors d’un déjeuner à la Maison Blanche le mois dernier, la question de la sécurité des emplois a été abordée et si le porte parole de la Maison Blanche, Sean Spicer allait être viré.
    La réponse du président a été rapide et sans équivoque. « Je ne vais pas virer Sean Spicer » a-t-il répondu. « Le gars fait beaucoup d’audience. Tout le monde le regarde. »
    Trump a même comparé la conférence quotidienne de Spicer à un soap opéra et noté fièrement qu’il rassemblait autant de téléspectateurs.
    Pour Trump – un star de télé réalité qui a réussi à transformer son charisme du petit écran en figure politique victorieuse – la télévision apparait comme la force motrice de sa journée, une arme et un scalpel, un mégaphone et un fil d’information. 

    Le président des Etats-Unis s’inspire des informations des chaînes câblées pour tweeter, pour aborder les questions politiques du jour, pour s’informer et les utilise pour s’adresser directement à son public.
    La télévision est aussi devenue le moyen privilégié utilisé par les diplomates, alliés et adversaires et acteurs de la vie politique en général pour attirer l’attention du président sur tel ou tel problème et même obtenir un coup de téléphone avec Commander-in-Chief

    *  » ‘Everyone tunes in’: Inside Trump’s obsession with cable TV » – The Washington Post

 

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  • Nouvel avenir pour Fox News

    Illustration by Robert Carter for The New York Times

    James et son grand frère, Lachlan, 45 ans, le président de 21st Century Fox, fermement établis comme les successeurs de leur père, se donnent beaucoup de mal [dans l’entreprise].

    Leur père reste très impliqué mais ses fils semblent déterminés à débarrasser la compagnie de cette vieille culture interne et espiègle et diriger les opérations vers un futur numérique.
    Ils travaillent pour faire de l’empire familial le leur, et pas celui que le père Murdoch a créé pour épouser ses sensibilités. (…)
    Au cours de sa carrière, Rupert Murdoch a montré à plusieurs reprises qu’il était prêt à sacrifier la réputation de son entreprise pour davantage de profits – traiter les gens avec peu d’égard, laisser passer des comportements déplacés pourvus que les résultats soient là, récompenser les conflits internes.

    Quand ses enfants ont repris le flambeau il y a deux ans, ils ont rapidement créé une atmosphère de travail plus chaleureuse, au moins dans certaines sections de l’entreprise et se sont détachés d’une culture à l’encontre du politiquement correct, du moins pour Fox News, qui a permis certains dérapages dont sont aujourd’hui accusés aujourd’hui Mr Ailes et Mr O’Reilly [tous les deux mis à la porte ces derniers pour des accusations de harcèlement sexuel]

    Changement de culture profond entre Murdoch Senior qui a construit le succès de la chaîne grâce à Mr Ailes et Mr O’Reilly, présents depuis la création, virés par les successeurs, les enfants Murdoch qui veulent instaurer une nouvelle culture d’entreprise plus transparente, conciliante, et progressive, notamment vis-à-vis des femmes.

    * « In House of Murdoch, Sons set about an Elaborate Overhaul » –  The New York Times

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  • Que du cinéma!

     

    Matt Chase for Politico

     

    Quand il ne fulmine pas sur scène ou sur Twitter, le président a réussi à avoir des relations cordiales avec des reporters depuis qu’il est entré à la Maison Blanche, en montrant davantage de courtoisie qu’il peut en avoir avec sa propre équipe.

    Quand le stratège en chef [du président], Steve Bannon n’appelle pas les médias, « le parti d’opposition », il félicite des journalistes pour leurs histoires, et quand Spicer [le porte parole de la Maison Blanche] ne s’énerve pas derrière son podium, il est occupé à maintenir ses relations avec la presse ou en construire de nouvelles. (…)
    Si les membres de la West Wing fantasment sur leur pouvoir de destruction des médias traditionnels, ils sont trop divisés et obsédés par leur propre image pour y arriver.
    Et quelle que soit la frustration provoquée par cette administration qui entretient des rapports très fragiles avec la vérité et un patron qui enchaîne les caprices, les journalistes se sont régalés des conflits et du chaos.
    La Maison Blanche est un nid de vipères remplie d’intrigues et de suspicions, un endroit où les représentants se battent quotidiennement par presse interposée pour dévorer avec enthousiasme le lendemain les comptes rendus.
    Le grand secret de 1600 Pennsylvanie Avenue, c’est que la guerre contre les médias n’en n’est pas une, c’est un reality show qui divertit et mobilise ses supporters pendant qu’il courtise ceux qui lui importent le plus: les journalistes

    * « Trump’s Fake War on the Fake News » – Politico

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  • Le jeu dangereux de Travis Kalaknick, le CEO du Uber

    Pour transformer Uber en leader mondial des transports, Mr Kalanick a ignoré certains règles et normes, et ne les à accepter que quand il était pris sur le fait.
    Il a bafoué les régulations concernant les transports et la sécurité, s’est heurté à des concurrents traditionnels et capitalisé sur des failles juridiques et zones grises pour avantager sa compagnie.
    Dans ce processus, Mr Kalanick a réussi à créer une nouvelle industrie des transports, avec Uber, qui s’est répandue dans 70 pays, a été évalué à 70 milliards de dollars et continue d’être un business qui se développe. (…)
    Repousser toujours les limites n’est pas rare chez les entrepreneurs de la Silicon Valley. Mais Mr Kalanick est allé bien trop loin avec Uber, y compris les mensonges avec Apple, le sabotage de la concurrence et autoriser la compagnie à utiliser un outil secret appelé Greyball pour duper les forces de l’ordre. (…)
    Ces derniers mois, la compagnie a été accusée d’entretenir une culture d’entreprise machiste dans laquelle les managers abusent verbalement, physiquement et parfois sexuellement les employés.
    Mr Kalanick a conforté cette image lors d’une attaque verbale avec un conducteur de Uber en février dernier, un incident enregistré par le conducteur qui a été mis en ligne.
    Le leadership de Mr Kalanick est aujourd’hui très critiqué.

    Uber enchaîne les mauvaises « PR nightmares » depuis plusieurs mois et son patron charismatique a très mauvaise réputation, ce qui pourrait faire fuir les investisseurs et pousser les consommateurs vers la concurrence. 

 

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  • L’épidémie d’opiacés de synthèse toutes les couches de la société

    Austin Glass tient une enveloppe et y sort un document qu’aucun fils de 26 ans ne voudrait avoir à tenir.
    C’est le rapport du médecin légiste qui porte le nom de sa mère, Teri Sue. Après une série d’opérations liées à un cancer, la femme de 56 ans est devenue accro aux opiacés de synthèse et est morte l’année dernière d’une overdose de médicaments prescrits. (…)
    Après avoir passé en revue les dossiers du médecin légiste, j’ai trouvé une concentration et une augmentation croissante du nombre de femmes mortes à cause des abus de ces médicaments.
    Le centre fédéral de contrôle des maladies rapporte les mêmes constats.
    Sur les 78 femmes qui sont mortes d’une overdose d’opiacés l’année dernière [dans le Orange County en Californie], soixante étaient dans leur quarantaine ou plus âgés – 49 accidentelles et 11 considérées comme des suicides.

    L’épidémie d’opiacés qui ravage le pays n’est pas limitée aux jeunes défavorisés ou en rupture avec la société mais touche toutes les couches générationnelles, sociales et professionnelles.

 

Les unes des quotidiens

Jeudi 16 mars 2017: Une morgue ambulante – Parano à la Maison Blanche – Richard Simmons a disparu – Trump & Twitter –

  • Révisée, soumise à nouveau et rejetée une nouvelle fois

    Un juge de Hawaï a suspendu une nouvelle fois, la seconde Travel Ban proposée par la Maison Blanche après la suspension en février dernière de la première version par la cour fédérale de San Francisco.
    Un revers de plus contre la politique anti-immigration de l’administration Trump qui prévoyait l’interdiction d’entrée sur le territoire américain de tous les réfugiés pendant un an, de tous les ressortissants de six pays musulmans pendant trois mois – à l’exception de ceux détenteurs de visas ou de carte verte. Le juge a déclaré que le décret de Trump violait la clause religieuse de la Constitution américaine. L’intéressé a déclaré dans un meeting dans le Tennessee hier qu’il s’agissait « d’un abus sans précédent du pouvoir judiciaire » sur le pouvoir exécutif

    Aucun idée si la Maison Blanche compte persévérer et offrir une troisième version encore plus « diluée »?

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  • Trump discute Twitter sur Fox News –

    Lors d’une interview diffusée hier soir sur sa chaîne préférée, Fox News, le journaliste Tucker Carlson a demandé au président s’il était avisé par un conseiller avant de tweeter, ce à quoi le président a répondu:

    Je pense que je ne serai pas ici si c’était grâce à Twitter, parce qu’il y a tellement de fausse presse autour de moi, de presse malhonnête. Si vous regardez – je n’inclus pas Fox News parce qu’ils ont été assez justes avec moi, mais si vous regardez CNN, et ces autres réseaux, NBC – j’ai rapporté une fortune à NBC avec « The Apprentice ».
    Je suis arrivé quand ça ne marchait pas du tout, et je l’ai transformé en l’un des reality shows les plus connus de tous les temps. J’ai fait 14 saisons. Et vous avez vu ce qu’il se passe quand je n’y suis plus? [le show a été repris par Schwarzenegger puis annulé la semaine dernière]
    Vous avez vu que le show était un désastre.
    J’ai aidé NBC et ils sont horribles avec moi. La façon dont ils me traitent est horrible. CNN, ABC, regardez ce qu’il se passe. Ces faux médias, cette fausse presse. C’est une honte

    La plupart des infos sont malhonnêtes. Donc quand j’ai cent millions de personnes qui me suivent sur Twitter, Facebook, Instagram, POTUS, et plein d’autres choses, c’est comme si j’avais ma propre forme de médias. 
    Donc si je tweete deux ou trois ou quatre ou cinq fois par jour, et que la plupart sont positifs – et je veux que la plupart soient positifs – mais si je fais une erreur par mois, celle-ci [Accuser Obama de l’avoir mis sur écoute], je pense pas que cela prouve que ce soit une erreur en général.

     

    Donc, Trump utilise les médias sociaux comme sa propre source d’information et il a reconnu avoir fait une erreur en accusant Barack Obama de l’avoir mis sur écoute.

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  • Parano à la Maison Blanche

    Rien ne va plus à la Maison Blanche.
    Non pas que la situation n’ait jamais été normale mais les fuites qui inondent 1600 Pennsylvania Avenue rendent tout le monde parano rapporte hier le magazine Politico:

     

    « Une culture de la paranoïa est en train d’envahir l’administration Trump, avec des équipes de plus en plus préoccupées par ceux qu’ils perçoivent comme leurs ennemis – au sein de leur propre gouvernement ».

    L’administration est rongée par les suspicions entre factions rivales autour du président (les outsiders comme Steve Bannon et Stephen Miller contre les « Républicains » comme Reince Priebus ou Sean Spicer), contre le « Deep State », ces agents militaires et du renseignement accusés de vouloir détruire Donald Trump, ou vis-à-vis des simples fonctionnaires de carrière…

    Les téléphones professionnels sont soupçonnés d’être mis sur écoute et ceux personnels laissés à la maison par crainte d’être l’objet d’un contrôle inopiné – même si Sean Spicer a démenti mardi ce genre de pratiques.
    Un climat toxique qui empêche une atmosphère de travail normal et le recrutement de nouveaux agents qui pourraient être soupçonnés de travailleur contre le président.
    La CIA est ligne de mire de ces accusations d’espionnage, de mises sur écoute et de fuites contre Donald Trump, surtout après les fuites de Wikileaks qui ont révélé l’étendue de l’appareil de cyber-espionnage.
    Quand à la presse, il est formellement interdit de communiquer avec elle, sous peine d’être viré sur le champ.

    * « People are scared: paranoïa seizes Trump’s White House »Politico

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  • Le Podcast déjà culte « Missing Richard Simmons »

    Richard Simmons, c’est un peu l’équivalent de Veronique et Davina si elles avaient continué leur cours de fitness jusqu’à aujourd’hui: Une célébrité hollywoodienne depuis plusieurs décennies, grâce à ses célèbres cours de fitness à 12 dollars de l’heure qu’il donnait dans son studio Slimmons de Beverly Hills, fermé en novembre 2016.

    Voici l’introduction du Podcast, assez alléchante:

    Le 15 février 2014, le gourou du fitness Richard Simmons a disparu.
    Il a arrêté de donner ses cours d’exercice à Slimmons, n’a plu contacté ses amis les plus proches, et s’est retiré du monde après avoir été considéré pendant des années comme l’une des stars les plus accessibles au monde.
    Plus personne n’a entendu parler de lui – et personne ne sait pourquoi est-ce qu’il est parti.
    Le réalisateur Dan Taberski était un ami de Simmons et client régulier à Slimmons.
    Missing Richard Simmons est l’enquête effectué par Dan pour retrouver Richard – et plus il creuse, plus ça devient étrange.

    Le Podcast remporte un succès fou et a même été comparé au fameux Serial, cette enquête très sérieuse sur une possible erreur de justice, qui a entraîné la réouverture du procès de Adnan Syed.
    Sauf qu’ici, Richard Simmons est bien vivant, il a juste décidé de changer de vie et un réalisateur s’obstine aujourd’hui à savoir pourquoi – les rumeurs sont allées bon train depuis des années.
    Une démarche « moralement douteuse » pour le New York Times qui se demande qu’est ce que ça peut apporter à Mr Taberski de savoir ce qui arrive à Richard Simmons, qui a clairement fait comprendre qu’il voulait préserver son anonymat. De la curiosité mal placée? En tout cas ça cartonne!

    * « Missing Richard Simmons, the Morally Suspect Podcast » New York Times

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  • Une morgue ambulante dans l’Ohio pour faire à l’épidémie d’héroïne

    La morgue d’un comté de l’Ohio, en pleine coeur de l’épidémie d’héroïne qui frappe le pays, n’a plus les moyens logistiques d’accueillir davantage de cadavres et a recours en attendant à une « morgue mobile » fourni par le département de la Santé de l’Etat.
    La plupart des décès sont provoqués par des overdoses d’héroïne (20% de plus que l’année précédente), après les accidents de voiture et suicides. 
    C’est la quatrième morgue mobile utilisée dans le comté de Stark, peuplé de 375 000 habitants et d’autres Etats du pays doivent utiliser ces mesures d’urgence pour faire face à cette épidémie. 
    Cinq états avaient un taux de mortalité par overdoses plus élevé que l’Ohio en 2015: La Virginie Occidentale, Le New Hampshire, Kentucky, Ohio et Rhode Island selon le Center for Disease Control and Prevention

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  • Couverture du jour

    Bloomberg Businessweek se penche cette semaine sur l’empire Domino’s Pizza avec cette couverture tonitruante et un reportage passionnant sur une compagnie évaluée à 9 milliards de dollars.

Les unes – Dimanche 12 mars 2017

 

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A la une des quotidiens américains dimanche 12 mars 2017

  • L’enfer des prisons d’Alabama

    Selon les derniers chiffres du Department of Correction d’Alabama datés d’octobre 2016, les prisons d’Alabama sont peuplées à 173% de leur capacités et contrôlées par la moitié seulement des effectifs nécessaires, par manque de moyens, ce qui rend les conditions de travail impossibles pour les gardiens de prison, de plus en plus rares: Violence, stress et des emplois du temps physiquement difficiles à tenir, douze heures en moyenne et jusqu’à dix-huit pour certains établissements.
    Ajouter à cela des salaires qui n’augmentent et voilà ce qui explique le regain de violence dans le système carcéral du « Cotton State » ces dix dernières années.

    * « It’s Killing People »The Press Register 

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  • Tout est à vendre à LA, même la qualité des séjours en prison.

    Pour 18 250 dollars, Alan Wutzel, condamné à un an de prison pour agression sexuelle, a évité l’une des prisons de Los Angeles, parmi les plus violentes du pays, et passé six mois dans une « city jail » de Seal Beach en Californie, qui offre de nombreux aménagements comme un télé écran plat, un ordinateur et des lits neufs et propres. 

    C’est le programme « Pay-to-Stay », ces « prisons privées (il en existe 26 à Los Angeles) qui ont ouvert pour ceux qui ont les moyens de se l’offrir et qui permettent de désengorger les prisons de l’Etat. Sur les 3 500 prisonniers qui ont bénéficié de ce traitement spécial, à l’appréciation du juge, entre 2011 et 2015, 160 ont commis des crimes graves comme agressions,  violences domestiques, viols, viols sur enfants, pédophilie.

    Associations de défense des victimes et membres des forces de l’ordre dénoncent ce programme qui contredit le principe d’une même justice pour tous.

     

    * « Upgrade your jail cell – for a price »The Los Angeles Times

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  • L’épidémie d’héroïne encore en une des quotidiens

    Encore un fait divers sordide sur une énième victime de l’épidémie d’héroïne qui ravage le pays depuis plusieurs années.
    Jordan King, une jeune mère de 25 ans, qui a grandit milieu favorisé avec des parents attentifs et aimants, a été laissée pour morte le 7 janvier dernier sur une route d’Indianapolis après avoir été trainée sur une vingtaine mètres par le chauffeur d’une voiture, rencontré lors d’un séjour en centre de désintoxication, avec qui elle était partie acheté de la drogue. Une fin brutale incompréhensible pour les parents, qui ont tout essayé pour sauver leur fille de la dépendance.

     

    La famille essaye de comprendre. Comment-est ce qu’une fille qui a grandit avec tous les avantages possibles a-t-elle pu développer une pareille addiction à l’héroïne? Qu’est-ce qu’ils auraient pu faire d’autres pour aider ? (…) Les décès provoqués par les overdoses d’opiacés ont doublé dans l’Indiana ces cinq dernières années et quasiment 4% des adultes en auraient déjà consommé, selon les donnés de l’Etat,

     

    Comme beaucoup d’adolescents américains, ça commence par la marijuana et l’alcool, puis les « prescriptions painkillers », ces anti-douleurs, ou opiacés de synthèse ultra puissants (Dilaudid, Fentanyl, Oxycodone) qui ont fait la richesse des laboratoires pharmaceutiques et provoqué une véritable épidémie partout dans le pays, chez les riches comme les pauvres, les urbains comme les ruraux, les femmes comme les hommes et les vieux comme les jeunes.

    Selon le docteur Krista Brucker interrogé par l’Indianapolis Star:

    Il existe un élément de race à ce qui est en train de se passer. Les problèmes d’héroïne ont rongé les communautés afro-américaines pauvres et urbaines pendant des décennies et pour être peu de gens s’y intéressaient. Aujourd’hui, ça affecte d’autres populations, surtout blanches et plus aisées, et on y prête plus d’attention. Mais une addiction aux pilules est très chère, d’où le recours à l’héroïne ».

     

    * « A brutal ending to young Avon mom’s descent into heroin addiction »Indianapolis Star


    Dimanche soir, sur la page d’accueil du New York Times, une autre tragédie familiale liée, cette fois-ci dans la zone rurale de Blanchester dans l’Ohio, l’un des Etats les plus touchés des Etats-Unis avec 2 106 overdoses liées à la consommation d’opiacés de synthèse recensées en 2014.

    La famille Winemiller a tout particulièrement souffert de cette épidémie puisque deux des trois enfants de la famille sont décédées d’une overdoses et que le troisième est clean depuis deux mois seulement. Le traitement de l’addiction est d’autant plus difficiles dans les campagnes isolés des centres de traitement.
    * « 2 of Farmer’s 3 overdosed. What of the Third – and the Land » – The New York Times

Le Kiosque du samedi 17 décembre 2016

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Un boycott qui tombe à l’eau

Star Tribune – Edition du vendredi 16 décembre 2016

L’équipe de football (américain) de l’université du Minnesota a menacé de boycotter cette semaine le dernier match de l’année, le « Holiday Bowl », pour protester contre la suspension de dix de ses joueurs accusés d’agressions sexuelles – une sorte de tradition désormais dans ce sport, et à tous les niveaux, du lycée en passant par l’université jusqu’à la NFL.

Les joueurs-étudiants exigeaient la réintégration immédiate de leurs collègues, des excuses du président de l’Université et de celui du département d’Athletics et qu’ils « soient tenus responsables de leurs actions ».
L’affaire fait écho à des dizaines d’autres cas d’agressions sexuelles commis par des joueurs de football et autres athlètes dans les campus américains cette année.
Aucun des dix joueurs n’a été inculpé mais « la loi fédérale oblige les universités à enquêter sur des allégations d’agression sexuelle » et l’établissement est resté sur sa position, en expliquant à ses athlètes qu’elle ne changera « ni ses valeurs, ni son code de conduite » pour « le bien d’un match de football ».

Devant ce refus catégorique, le reste de l’équipe a décidé de mettre fin ce matin au boycott et a repris l’entrainement pour participer le 27 décembre au HolidayBowl à San Diego.
Dans une déclaration commune, elle a condamné toute forme de violence à l’égard des femmes, souhaité un bon rétablissement à la victime et expliqué que leur intention était avant tout de défendre leurs copains et de s’assurer qu’ils soient traités justement ».

Une femme affirme avoir été agressée sexuellement au début du mois de septembre par plusieurs « Golden Gophers » de l’équipe de football.
« Elle a dit que les contacts sexuels qu’elle a eu avec deux joueurs étaient consensuels mais pas avec quatre » affirme le rapport de police. Selon le Star Tribune, « plusieurs joueurs ont dit aux autorités que c’était consensuel, et selon un enquêteur qui a regardé la vidéo qu'[un des joueurs] a pris de l’incident, elle n’a pas l’air d’être de refuser le rapport sexuel et rien n’indique qu’elle veut arrêter, et tout ce la apparaît bien consensuel ».

L’entraineur de l’équipe, qui avait pris fait et cause pour ses joueurs, déclarait dans un tweet jeudi soir « respecter leurs droits et supporter leurs efforts pour rendre le monde meilleur [sic]. »

 

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Arrêtée pour vol à 86 ans

The Life and Crimes of Doris Payne

Doris Payne, 86 ans a été arrêtée par la police de Dunwoody, une riche banlieue d’Atlanta, après avoir essayé de voler un diamant d’une valeur de deux mille dollars.
Rien d’exceptionnel si ce n’est l’âge avancé de l’accusée.
Mais lorsque les autorités se sont renseignées sur d’éventuels antécédents, elles n’ont pas été déçues puisque Mme Payne est une « légende internationale » dans le milieu du crime et a même fait l’objet d’un documentaire, « The Life and Crimes of Doris Payne » réalisé en 2013.

Sa spécialité? Les vols de bijoux.
Et partout dans le monde: Los Angeles, Miami, New York, Paris, Monaco, Tokyo. « Il n’y a pas un jour où [elle n’a] pas réussi [à] voler ce [qu’elle veux] » a-t-elle affirmé pour un butin total estimé à 2 millions de dollars sur une carrière de plus de soixante-dix ans.

Elle a régulièrement été arrêtée, a passé plusieurs années en prison, sortie prématurement pour bonne conduite, avant de retourner vers son hobby. Même si elle est toujours fichée par la Jewelers Security Alliance, une association américaine qui travaille l’industrie de la joaillerie en les aidant à coincer les criminels, elle n’a jamais eu de mal à continuer à voler.
Elle sera présentée devant le juge lundi.

 

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Les enfants de la crise des opiacés

The Star Ledger – Edition du jeudi 15 décembre 2016

Le Star Ledger, premier quotidien du New Jersey consacrait sa couverture cette semaine à la crise des opiacés qui en train de ravager le pays et d’entraîner une recrudescence d’overdoses. Dans cet Etat, on a recensé 1,587 overdoses en 2015 (21% de plus qu’en 2014) dont 918 causées par l’héroïne – le chiffre le plus élevé jamais enregistré – et 417 liées à l’usage de fentanyl, une drogue encore plus puissante.
C’est sans compter le recours à Narcan, ce produit importé d’Irlande, qui agit comme une antidote instannée à l’overdose, qui a été utilisé plus 18 000 fois par les secours ces deux dernières années.

Le Wall Street Journal a publié une longue enquête sur ces milliers enfants en bas âge qui ont perdu leurs parents et se retrouvent placés soit dans la famille proche soit dans des familles d’accueil.
Dans le Vermont, le nombre d’enfants placés sous le système de protection de l’enfance a augmenté de 40% entre 2013 et 2016; le nombre d’enfants qui grandissent dans des foyers a augmenté de 24% entre 2012 et 2016 en Virgine Occidentale.
Une grande partie de ces enfants souffriront toute leur vie des traumatismes causés par la mort de leur parents, l’addiction et les abus dont ils ont été témoins et parfois victimes.

 

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Les abonnements de Vanity Fair qui s’envolent

Le magazine a publié une très mauvaise critique du Trump Grill, le steak house à l’intérieur de la Trump Tower et poussé l’insulte jusqu’à le qualifier d’un « des pires restaurants des Etats-Unis » provoquant l’ire de son propriétaire, le président-élu.
Comme d’habitude, ce dernier est allé sur Twitter pour insulter le rédacteur en chef du magazine Graydon Carter et critiques les « mauvais chiffres » du magazine, qui aurait « des gros problèmes » et serait proche de la « mort ».

Non seulement, Donald Trump a fait de la pub à Vanity Fair, mais il a rapporté beaucoup d’argent à Condé Nast, la compagnie propriétaire du magazine qui annoncé 13 000 nouveaux abonnés en vingt-quatre heures, « le plus important nombre d’abonnements jamais vendu en une journée ».
Selon Poynter, la critique gastronomique a été lue par plus d’un million d’internautes. 
Le New York Times a également vu ses abonnements augmenter après les élections et les attaques répétés de Trump.