Le kiosque du 29.04.17: Les cent jours les plus longs

 

 

  • So loooooooong

    • Tous les médias s’accordent sur un même point: Les premiers cent jours de Donald Trump ont été les plus longs, les plus dramatiques, frustrants, improbables
      Cent jours de Trump, c’est mille jours de Barack Obama, et comme rappelait le sketch des Simpsons diffusé cette semaine, on en est seulement à 6% des quatre ans que compte le mandat de l’administration.
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    • Seule éclaircie au tableau: Donald Trump a reconnu à Reuters que l’exercice présidentiel était bien plus fatigant que ses anciennes responsabilités d’animateur de télé-réalité et de promoteur immobilier, donc il se pourrait qu’il renonce à un second mandat en 2020 – il aura alors 74 ans.
       

      J’aimais ma vie d’avant. J’avais tellement de choses à faire. C’est plus de travail qu’avant. Je pensais que ce serait plus facile

       

    • Pour avoir une idée précise de ce que Donald Trump a fait ces trois derniers mois, un bon résumé de Five Thirty Eight qui aborde les grands thèmes: l’assurance maladie, l’immigration, les politiques économiques, justice, l’environnement, la politique étrangère.
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    • Buzzfeed nous récapitule les cent mensonges des cent premiers jours de Trump.
      Le président a commencé fort le lendemain de son investiture avec pas moins d’une dizaine de mensonges lancés par l’intermédiaire de l’autre star de la Maison Blanche, son porte-parole, Sean Spicer, dont les briefings quotidiens font désormais plus d’audience que les soaps opéra des débuts d’après midi – merci Facebook Live.
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    • The Daily News décrit les accomplissements, les nombreux échecs, décrets présidentiels, discours, tweets, la nomination du juge de la Cour Suprême qui ont marqué les Cent Premiers Jours.
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    • CNN a compilé de son côté toutes les « news alert » depuis le 20 janvier, six cent au total, soit une moyenne de six par jours.
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    • Le Washington Post nous offre les meilleurs moments des Late Night Comedy Shows, particulièrement pertinents et drôles ces trois derniers mois et essentiels pour traverser le climat très lourd de ce début d’année – Plus particulièrement Saturday Night Live, Samantha Bee et Stephen Colbert.
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    • Axios récapitule les Tweets de Donald Trump, et le plus « aimé » d’entre tous (394 000 « J’aime ») est l’un des plus modérés jamais écrit sur la « Women March » du 21 janvier qu’il a qualifié de « marque de fabrique de la démocratie
       
      Et nous donne des chiffres:
      Discours et remarques: 145 (dont 28 à l’aide d’un prompteur)
      Conférences de presse: 9
      Interviews: 28 (dont neuf avec Fox)
      Parcours de golf: 17
      Rencontres avec des leaders étrangers: 17
      Vols sur Air Force One: 28 /  Vols sur Marine One: 30
      Voyage aux Etats-Unis: 15  /  Aucune voyage à l’étranger
      Etats visités: 17
      Visites à Mar-a-Lago: 7 (et 25 jours au total)
      Proposition de lois entérinées: 28
      Décrets présidentiels: 30
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    • La version officielle de la Maison Blanche est un must-watch: Un ensemble de clips d’émissions télé, bien entendu toutes célébrant le travail, les accomplissements, le rythme effréné imposé par Donald Trump, sur fond de musique très profonde.
       
      * « Trump says he thought being president would be easier than his old life » – Reuters* « What Trump has Done » – Five Thirty Eight
      * « 100 days of Trump » – The Daily News
      * « Every Alert CNN sent in Trump’s First 100 days » – CNN
      * « 100 days of Joke » – The Washington Post 

 

 

  • Une illustration géniale des Cent Premiers Jours

    Steve Brodner for The Washington Post

    Merci Steve Brodner pour cette illustration.
    Tout y est: Le FBI et son directeur James Comey (7), Vladimir Poutine (1) et l’ambassadeur russe à Washington (12) qui a rencontré dans le plus grand Michael Flynn fin décembre 2016 (14) précipitant sa démission, mais aussi Jeff Sessions, le ministre de la Justice (11).

    Tous les proches de Trump, Sean Spicer (31), les enfants du président (30, 25, 26), Kellyanne Conway (29), Devin Nunes (8) sont présents tout comme les défis politiques qu’il a du affronter avec Bachar Al Assad (16) et les attaques aériennes sur la Syrie (4), la débâcle de l’American Health Care Act (20), les manifestations (19), la Corée du Nord (9), la rencontre avec le président Chinois (18), la nomination du juge Gorsuch (21) et les raids de l’ICE contre les immigrés en situation irrégulière.
     
    * « An Illustrated guide to president Trump’s first 100 days »Washington Post

 

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  • « Pourquoi les critiques de Trump devraient sourire »

    Le point de vue de Mike Allen dans sa newsletter de ce matin:

    Pour tous les lecteurs qui haïssent le président Trump et considèrent les cent premiers jours comme un échec sans nom, souvenez vous un instant du soir des élections. Vous êtes passés des larmes à la peur: Trump allait déporter des immigrés, bâtir un immense mur, remplir les agences fédérales de lèche-bottes. Il engagerait une guerre avec l’OTAN, et une guerre commerciale avec la Chine. L’Amérique comme on la connait aujourd’hui allait s’éteindre.
    Et bien, les cent premiers jours de Trump ont été un reality show sauvage, rempli de grandiloquence et d’intrigues. Mais si on sépare la rhétorique explosive des actions assez mitigées, les pires cauchemars n’ont pas eu lieu.
    America First ressemble davantage à du conservatisme conventionnel et ça aurait très bien pu être les cent premiers jours de Mike Pence. (…)
    Ceux qui devraient être les plus déçus de ces 100 premiers sont ceux qui espéraient des changements radicaux

     

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    • Les autres problèmes de Flint, Michigan

      Le tableau que rapport la journaliste Julie Bosman de la ville de Flint, dans le Michigan est plus que déprimante. Depuis trois ans, date à laquelle la ville a décidé de changer la source d’approvisionnement d’eau potable du Lac Huron à la rivière Flint, dont les tuyauteries rouillées au plomb, ont empoisonné pendant des mois la population, les problèmes n’ont cessé de s’accumuler.
      Il a fallu des mois à la ville pour avoir à nouveau de l’eau potable: Entre temps des centaines d’habitants ont déserté la ville, laissant derrière eux des maisons vides, vandalisées et/ou dévalisées, qui ont dépassé dans certains pâtés de maison le nombreux de logements habités: 20 000 habitations doivent être détruites par la mairie.
      La violence est quotidienne obligeant les habitants à rester chez eux le weekend et la nuit tombée par peur d’une balle perdu ou pire d’un vol à main armée. La police ne s’aventure même plus trop dans ces quartiers, et la violence se propager.

      La mauvaise réputation de la ville a fait fuir ses habitants et avec eux nombre de ses emplois, devenus rares, ce qui donne une raison de plus aux habitants de partir.
       
      * « On this block, Worries run deeper than Flint’s tainted Water » – The New York Times

     

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    • Un conservateur au new York Times

      Le départ de l’éditorialiste Bret Stephens, après seize ans au Wall Street Journal vers le New York Times a fait couler beaucoup d’encre.
      Pas à cause de la position anti-Trump de Mr Stephens, qui a remporté le Pulitzer de l’éditorial en 2013, ni sa capacité à parler de politique, de relations internationales, de culture et de business » mais parce que ses positions sont clairement à droite et plutôt polémiques: sur les risques du changement climatique, l’épidémie de viol dans les campus américains ou encore Black Lives Matter.

      Comme le rappelle Vox qui a interviewé Mr Stephens, l’ajout d’un élément de droite dans le comité éditorial du New York Times importe car « ses opinions définissent le cadre du débat national et ses membres tendent à y rester pendant des décennies. Donc les croyances de Stephens vont avoir un impact important sur le discours dans ce pays – même si son employeur promeut le quotidien comme l’avant garde de la résistance de Trump. »
      Ce sont les sujets de société qui divisent généralement les progressistes des conservateurs:

      * L’épidémie de viol dans les campus américains: Pour le journaliste, les statistiques selon lesquelles une étudiante sur cinq est agressée sexuellement dans les campus américains est « très douteux » et il existe une différence entre un baisé volé et un viol – donc le terme « épidémie » est employé à mauvais escient.
      * Concernant le changement climatique, Stephens reconnait que la hausse des températures (1,7 degrés depuis 1880) est la conséquence de l’activité humaine sur l’environnement, mais rien n’indique que cette tendance va continuer et il est dangereux d’exagérer les dangers du phénomène qui reste fondé sur des prédictions.
      Toutes les ressources humaines et financières ne devraient pas être dévouées à ce seul problème.

      * « La maladie de la mentalité arabe », c’est l’antisémitisme qui ronge le monde arabe, qu’il soit privé ou sponsorisé par les Etats, et dont on ne parle pas assez dans les médias.
      * Black Lives Matter: Il reprend l’argument traditionnel selon lequel « toutes les vies comptes », et bien entendu, celles des noirs et défend le « Ferguson Effect », l’idée selon laquelle le regain d’attention porté sur la police, à la suite de la mort de Michael Brown à Ferguson en 2014 dans le Missouri, a provoqué une recrudescence des crimes aux Etats-Unis, car les forces de l’ordre ne peuvent plus utiliser la force comme elles l’entendent, sous peine d’avoir les associations de défenses des droits civils derrière elles.
       
      * « The NYT’s new columnist defends his views on Arabs, Black Lives Matter, campus rape » – Vox
      *  « Let’s read New NYT Columnist Bret Stephens’ No Good, Very Bad Vox Interview » – Slate

     

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    • Kate MCKinnon: Star de Saturday Night Live

      Le site GQ revient sur le succès de la comédienne Kate McKinnon qui est devenue en quatre ans la vedette de Saturday Night Live, grâce notamment au personnage d’Hillary Clinton qui lui a valu un Emmy Award, a obtenu l’un des premiers rôles dans Ghostbusters de Paul Feig l’année dernière.
      Elle aussi bonne à jouer des personnages masculins (Jeff Sessions, Justin Bieber) que féminins (Kellyanne Conway), vieux et jeunes, et GQ nous offre une sélection des meilleurs sketchs de cette 42ème saison de SNL qui se termine à la fin du mois du mai, et qui restera la saison la plus réussie de ces vingt dernières années.
      * « Everytime Kate McKinnon was the MVP of of Saturday Night Live » – GQ

     

    • Les quotidiens du samedi 29 avril 2017

Etats-Unis: Le parti démocrate doit-il dépasser le « libéralisme identitaire »?

La stratégie du parti démocrate qui repose traditionnellement sur la défense et la mobilisation des identités (de race, de genre ou de sexe) serait responsable, selon certaines critiques, de la défaite d’Hillary Clinton aux élections présidentielles américaines.
Un appel à dépasser ce « libéralisme identitaire » oppose une fois de plus les Démocrates et les Républicains, alors que Bernie Sanders, qui a fait campagne sur les difficultés économiques du pays des classes moyennes, pourrait bien incarner une nouvelle voie.

Dimanche dernier, Mark Lilla, professeur d’Humanités à Columbia University, a publié une tribune dans le New York Times, intitulée « The End of Identity Liberalism » dans lequel il explique que la politique identitaire (Identity Politics) qui a eu une influence majeure sur les liberals et progressistes américains depuis les années 70, les aurait empêchés de « devenir une force fédératrice capable de gouverner ».

Un thème postélectoral récurrent nous rappelle Matthew Yglesias dans Vox:

Quand le parti démocrate remporte des élections, l’opposition dénonce la « politique identitaire » comme une forme de totalitarisme, tandis que quand ce même parti perd les élections, l’opposition avance que les arguments fondés sur l’identité sont responsables de leur perte.

Les démocrates considèrent depuis des décennies la promotion et la défense des minorités comme un enjeu électoral majeur qui a leur permis de s’attirer la plupart des votes afro-américains,  latinos, LGBT, et féminins lors des dernières élections. « Des principes pédagogiques très louables moralement » selon Lilla qui ont permis aux minorités de s’émanciper mais qui peuvent se révéler « désastreux au fondement des politiques démocratiques actuelles ».

La critique de Clinton a été exploitée par l'équipe de Trump
La critique de Clinton a été exploitée par l’équipe de Trump

L’erreur de Clinton a été de ne pas inclure les classes ouvrières blanches et les groupes religieux comme des minorités à part-entières, qu’elle a contraire stigmatisé en les traitant de « déplorables » – et qui ont répondu en soutenant majoritairement son adversaire.

Mais pour le professeur de Columbia, il ne s’agit pas seulement de la faillite d’une tactique électorale mais d’une vision plus générale de la société, de la tension entre identité individuelle et collective au sein d’une démocratie aussi diversifiée que celle des Etats-Unis.

Mais la fixation sur la diversité dans nos écoles et dans la presse a produit une génération de libéraux et de progressistes narcissiques, inconscients de ce qui se passe en dehors de leur groupe prédéfini et indifférent à la nécessité d’essayer comprendre l’ensemble des Américains quelque soit leur style de vie.

Plutôt que d’intégrer dès le plus jeune âge, à travers l’enseignement et l’éducation, les « concepts de classes, de guerre, d’économie et du bien commun », on apprend « aux enfants à parler de leur identité individuelle avant même d’avoir construit la leur » et quand ils arrivent à l’université, « beaucoup d’entre eux pensent que le discours sur la diversité est plus important que le discours politique ».
Et l’auteur de noter combien cet intérêt pour la diversité dans les campus a déteint sur les médias « libéraux » et sur leur façon d’analyser la société et de réaliser « comment le prisme de l’identité a transformé le traitement de l’information ».

Ce qui nous amène à la politique et à l’échec que vient d’essuyer le « libéralisme identitaire » après la défaite de Hillary Clinton. « Les politiques nationales dans les périodes pérennes ne s’appuient pas sur les différences entre les individus mais sur leurs points communs » et sur l’idée de programmes qui bénéficient à tous, comme l’a défendu avec succès Bill Clinton dans les années 90 et Ronald Reagan, dix ans plus tôt, à l’origine du slogan « Make American Great Again ».

Depuis leur défaite, les démocrates ne cessent de stigmatiser les « angry white male » en accusant Donald Trump d’avoir transformé « des désavantages économiques » en « colère raciste » – la thèse dite du whitelash.
Cette interprétation des résultats électoraux à travers le concept identitaire atteint ici ses limites, et comprendre le malaise d’une frange de la société en utilisant le concept économique et sociologique de classes pourrait être bien plus constructif.

Le professeur appelle donc à un post-identity liberalism qui

  • Se concentre sur « l’élargissement de la base électorale en attirant les Américains en tant qu’Américains et s’intéressant aux problèmes qui affectent la majorité d’entre eux »
  • Consiste à former des citoyens « au courant de leur système de gouvernement et des forces et évènements majeurs de leur histoire ».
  • Défend l’idée d’une démocratie qui offre des droits mais qui a aussi des devoirs de rester informé et de voter
  • Une presse libérale post-identitaire qui commencerait à se renseigner sur les parties du pays qui ont été ignorées, et d’essayer d’éduquer les Américains sur les forces majeures qui influencent les monde politique, surtout dans leur dimension historique

Un programme qui ressemble assez à ce que la France enseigne à ses élèves, collégiens et lycéens, et ce qu’une presse, même aujourd’hui limitée, continue d’essayer d’offrir à ses lecteurs – mais l’histoire politique, économique et sociale de la France est très différente de celle des Etats-Unis, et la composition démographique de l’Hexagone encore plus éloignée.

La réponse de Matthew Yglesias aux arguments de Mark Lilla:

La réalité, pourtant, est celle que la politique n’est pas et ne sera jamais un séminaire sur les politiques publiques. Les gens ont des identités, et les gens se mobilisent politiquement autour de ces identités. Il n’y a pas d’autre moyen de faire de la politique que de faire de la politique identitaire

Et par politique identitaire, il entend « atteindre les groupes non-blancs et rien d’autre » et que l’histoire politique et électorale des Etats-Unis a été façonnée par cet appartenance identitaire. Il va plus loin en reprenant les propos de Christopher Achen et Larry Bartels dans leur récent ouvrage Democracy for Realists qui affirment que l’identité est le facteur décisif sur lequel un électeur américain va choisir son candidat, bien avant son charisme, son programme ou son appartenance politique.

Alors que la revue conservatrice The National Review défend le point de vue de Mark Lilla, elle défend également « une voix de la raison » initiée par Bernie Sanders, qui affirmait récemment dans une critique à peine cachée contre le parti démocrate, qu’il fallait aller « au delà de la politique identitaire »:

Ce n’est pas convaincant que quelqu’un dise « je suis une femme, donc votez pour moi ». Non, ce n’est pas assez. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une femme qui a les tripes d’affronter Wall Street, les compagnies d’assurances, les compgnies pharmaceutiques, et l’industrie de l’énergie fossile ».

Selon l’ancien prétendant à la candidature démocrate, il faut équilibrer les arguments économiques et identitaires pour convaincre le maximum d’électeurs et gagner les élections – et notant au passage que le parti démocrate a perdu son aura auprès des classes moyennes et ouvrières qui ont donné la victoire à Trump.

Ce sera le grand enjeu du parti démocrate ces prochaines années.

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Pour continuer la lecture, d’autres articles pour vous éclairer

 

Clinton peut-elle encore gagner les élections?

C’est ce qu’a laissé entendre hier soir le New York magazine en révélant qu’un « groupe d’informaticiens et d’avocats » avait contacté l’équipe de campagne de Clinton pour la pousser à demander un nouveau décompte des votes dans trois états dans lesquels ils auraient des doutes sur une éventuelle manipulation ou piratage des résultats: le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie.

Une véritable breaking news à la veille du weekend de Thanksgiving, alors que la date de limite de ce type de requêtes expire vendredi dans le Wisconsin, lundi en Pennsylvanie et mercredi prochain dans le Michigan.
Selon ces experts, qui sont rentrés en contact jeudi dernier avec les proches de Clinton, la candidate aurait reçu « 7% de votes en moins dans les comtés qui utilisent des machines de votes électroniques comparés à ceux qui s’appuient sur des scanners optiques ou des bulletins de vote. »
La journaliste insiste néanmoins sur le fait qu’aucune preuve de piratage ni de manipulation n’a été détectée et que seule une étude indépendante pourrait lever le voile sur « ces modèles suspicieux ».

Rappelons que le président Obama a accusé durant la campagne présidentielle le gouvernement russe d’avoir piraté le Comité Démocrate National alors que le candidat républicain avait insisté sur les défaillances du système électoral américain en affirmant que les élections étaient truquées – ce que sa rivale a d’ailleurs toujours critiqué.

Aujourd’hui, Trump accumule 290 grands électeurs contre 232 pour Clinton, une marge relativement importante même si le Michigan (16 grands électeurs) n’a pas encore déclaré de vainqueur à cause de résultats trop serrés.
Le Wisconsin a été remporté avec une marge de 27 000 voix seulement par le candidat républicain et la Pennsylvanie avec une avance de 68 000 voix. Si le Michigan penche finalement pour Clinton et qu’un nouveau décompte des voix dans les deux états donnaient une majorité à la candidate démocrate, elle remporterait le collège électoral.
Une éventualité incroyable au terme d’une campagne déjà mémorable, pour toutes les mauvaises raisons.

Hillary Clinton a concédé la victoire à son rival il y a tout juste deux semaines, et malgré le traumatisme de ces résultats, le pays, la Maison Blanche et la nouvelle majorité ont déjà commencé une transition que « le président souhaiterait la plus douce possible ».
Quant au futur Commander-in-Chief, il a affirmé aujourd’hui, par l’intermédiaire de Kellyanne Conway puis au New York Times, qu’il ne comptait pas poursuivre d’enquêtes sur la Fondation Clinton et sur la gestion de la messagerie privée de l’ancienne Secrétaire d’Etat.
Il affirmé « vouloir passer à autre chose » en affirmant que son adversaire « avait déjà assez souffert » et qu’il « n’avait aucune envie de s’en prendre aux Clintons ».
Un message qui contraste avec l’un de ses fameux slogans de campagnes, « lock her up », l’un des préférés de ses supporters qui n’ont pas apprécié  ce revirement et l’ont fait savoir hier – 17 000 commentaires sont parus à la suite de l’article paru sur Breitbart News en une après midi.

Si l’ancienne candidate démocrate demandait un nouveau décompte des voix, elle ouvrirait une boîte de Pandore qu’il serait difficile de refermer.

L’article du New York magazine a provoqué la réaction de plus 30 000 internautes sur Facebook et partagé près de 12 000 fois en quelques heures seulement, et a sans doute du raviver l’espoir chez de nombreux supporters de Clinton.

En vain?

Vox a rapidement noté les limites des explications apportées par le groupe de scientifiques. Concernant les différences de votes entre machines électroniques et celles qui utilise du papier (bulletin ou scanner): « C’est tout à fait possible que les machines électroniques soient utilisées dans les comtés qui favorisent Trump – par exemple, ceux avec beaucoup d’électeurs blancs des zones rurales, qui ont massivement soutenu Trump un peu partout dans le pays ».
Les autres raisons d’être sceptique sur ces allégations, c’est que le Wisconsin appartient au Midwest qui a largement voté pour Trump aux élections, que le Michigan utilise des bulletins de vote, et pour lequel les experts n’ont pas expliqué la légitimité d’un nouveau décompte, et enfin et surtout, le fait que les proches de Clinton, prévenu il y a plus de cinq jours, n’ont entrepris aucune démarche.
Même constat pour Nate Silver de 538 qui qualifie ces allégations de BullShit

et Nate Cohn du New York Times,

L’info était reprise ce soir par Breitbart News, qui laissait entendre que l’équipe de campagne de Clinton venait de rencontrer ces experts – ce qui n’a été confirmé par aucun des parties.
Clinton a concédé l’élection et avait affirmé lors du dernier débat présidentiel, au cours duquel Trump avait menacé de ne pas reconnaître les résultat du vote, que c’était contraire à la tradition politique américaine.
L’ancienne candidate devrait sans doute en rester là.

Le Kiosque du mercredi 26 octobre 2016

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ELECTIONS PRESIDENTIELLES AMERICAINES

Les prévisions de FiveThirtyEight mercredi 26 octobre 2016
Les prévisions de FiveThirtyEight mercredi 26 octobre 2016

L’obsession et le cauchemar de Trump

Le New York Times a diffusé hier une interview de Donald Trump dans laquelle il éviscère Arsenio Hall, un ancien acteur comique, aujourd’hui disparu des écrans, parce qu’il a « souffert la plus grave forme d’humiliation publique: Le déclin de sa célébrité. La perte de son statut de star. Et c’est en fait, le pire cauchemar de Trump »

Les enregistrements révèlent un homme obnubilé par sa propre célébrité, inquiet de perdre son statut et méprisant envers ceux qui tombent en disgrâce. Ils capturent le plaisir viscéral qu’il prend à se battre, son manque d’intérêt pour l’histoire, le refus de se remettre en question et l’idée que peu de gens méritent son respect

Son étoile vandalisée

On se demande qu’est ce qu’il a du ressentir en apprenant que son étoile sur le Hollywood Walk of Fame,reçue en 2007 pour son émission The Apprentice, a été vandalisée tôt ce matin.
Ce n’est pas la première fois que celle-ci est attaquée depuis le début de sa candidature, on se souvient notamment d’un swastika peinte fin janvier, puis la touche « silencieux’ en juin et un mur placé tout autour de la dalle de marbre en septembre;
Une pétition a même été lancée pour retirer l’étoile de Trump mais refusée par le Hollywood Historic Trust.

Trump a encore des chances de gagner

C’est ce que constate le dernier sondage publié par Bloomberg Politics en Floride qui donne un avantage de deux points à Donald Trump dans ce must-win state qui avait été remporté par Obama en 2012 avec une marge de moins de 1%.
Il reste treize jours avant les élections et les deux candidats doivent entretenir la flamme des électeurs après l’excitation du dernier débat pour lequel Clinton et Trump se sont tous les deux déclarés vainqueurs.
Tout peut arriver ces deux prochaines semaines, de nouvelles révélations de Wikileaks, des nouvelles polémiques autour des candidats qui vont faire du terrain dans les états très disputés de Pennsylvanie, de Floride, et d’Ohio.

Megyn Kelly vs Newt Gingrich vs Bill Clinton.

Megyn Kelly a mené une interview très houleuse avec Newt Gingrich hier soir dans son émission The Kelly Files dans laquelle l’ancien porte-parole de la Chambre des Représentants a accusé la présentatrice star de Fox News « d’être fascinée par le sexe plutôt que la politique ».
« Je ne suis pas fascinée par le sexe mais je suis fascinée par la protection des femmes et comprendre ce qui peut nous arriver à la Maison Blanche et que les électeurs américains aimeraient savoir qui ils vont élire » a-t-elle répondu.
Gingrich s’en est ensuite pris à Bill Clinton en pressant Kelly de reconnaître qu’il « était un prédateur sexuel ».

 

Al-Jazeera défend Wikileaks

Wikileaks, accusée par la presse américaine de faire le jeu de Trump avec ses attaques répétées contre Clinton peut compter sur le soutien de nombreux médias conservateurs et d’extrême droite, mais aussi sur celui de Al-Jazeera, qui défend l’organisation de tout parti pris contre les démocrates.
Le site s’intéresse au contraire à la connivence des médias libéraux avec Clinton, révélés dans certains emails « problématiques », notamment un article de Politico qui aurait été envoyé à Podesta, le directeur de campagne de la candidate démocrate, avant publication – une « erreur » admise par Politico cet été.
L’auteur de l’article prend soin de citer les propos d’autres sites d’infos dits « libéraux » (Vox, Salon) mais parle quand même de « corruption politique au coeur du comité national démocrate » qui a favorisé son leader, Clinton, aux dépens de l’outsider et ancien indépendant, Sanders, durant les Primaires démocrates.
Wikileaks n’aura finalement que confirmer « le manque de confiance du public américain envers les médias (…) un signe de leur méfiance vis-à-vis du système politique dans son ensemble ».

 

Le Kiosque dominical du 23 octobre 2016

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A retenir des éditions dominicales:

The Dallas Morning News - Edition du 23 octobre 2016
The Dallas Morning News – Edition du 23 octobre 2016
  • Tomi Lahren en une du Dallas Morning News
    On en avait parlé il y a quelques semaines dans le Kiosque, qualifiée »d’enfant soldat » par le présentateur du Daily Show, cette jeune diplômée de l’Université de Las Vegas de 23ans fait sensation sur The Blaze, le réseau d’infos de l’ancien étendard du Tea Party, Glenn Beck, avec une émission dans laquelle elle exprime ses idées d’extrême droite à la sauce Millenials.
    Elle n’hésite pas à descendre Obama, Clinton et même parfois Trump avec la même verve et assurance qu’un journaliste en fin de carrière – ce qu’elle n’est pas.
    Tami Lahren est une « sensation internet », une « commentatrice » qui parle avec son coeur et beaucoup d’émotions.
  • Tampa Bay times - Edition du 23 octobre 2016
    Tampa Bay times – Edition du 23 octobre 2016

    « Hillary Clinton’s Florida foundation » dans le Tampa Bay Times
    sur la relation de trente ans qu’entretient la candidate démocrate avec le Sunshine State marqueé par « la loyauté, la longévité et Bill »: Depuis la défense des travailleurs immigrés floridiens lorsqu’elle était étudiante à Yale jusqu’à la candidate démocrate qui discute avec les élites du monde entrepreneurial autour à 50 000 dollars l’entrée pour discuter avec elle. Des années d’activisme du couple Clinton dans l’état le plus important à gagner le 8 novembre prochain pour chacun des candidats et qui avait été le cauchemar des démocrates lors des élections de 2000

  • « Trumpism is not going away » affirme le Washington Post.
    The Washington Post - Edition du 23 octobre 2016
    The Washington Post – Edition du 23 octobre 2016

    Un constat partagé par beaucoup de journalistes et commentateurs: « Qu’il perde ou qu’il gagne, l’effet Trump sera ressenti bien après les élections (…) Trump et ses supporteurs symbolisent le refus des élites qu’ils considèrent comme les garants de la culture populaire. Les gens qui se sentent délaissées ont désormais un champion même s’il est l’un des pouvoirs médiatiques de l’establishment new yorkais » explique David Nevins, président de la chaîne câblée Showtime.
    Des rumeurs persistantes relayées dans les quotidiens les plus sérieux annoncent que Trump aurait déjà prévu de capitaliser ces dizaines de millions d’électeurs qu’il a su convaincre ces derniers mois, et les fidéliser grâce à la mise en place d’un nouveau réseau d’information Trump News, qui servirait de contre-pouvoir de Fox News et du parti Républicain et à une éventuelle présidence démocrate.

  • « US Citizens being recruited by Cartels in Bars, Schools » dans le Arizona Daily Star sur la « démocratisation du trafic de drogue ».
    Arizona Daily Star - Edition du 23 octobre 2016
    Arizona Daily Star – Edition du 23 octobre 2016

    Selon les statistiques de la Protection des Frontières et des Douanes Américaines, le trafic de produits stupéfiants entre le Mexique et les Etats-Unis par la frontière arizonienne serait le travail de citoyens américains dans le besoin et de ceux en attente d’une autorisation de résidence permanente.
    Ils représentent 80% des arrestations le long de la frontière mexicaine et cachent les produits illicites sous le siège de leur voiture, sur leur corps pour les substances les plus dangereuses (cocaïne, héroïne) et sont souvent recrutés dans les bars ou même aux abords des lycées et universités publiques – des individus souvent démunis qui cherchent des moyens de combler les fins de mois.

  • Star Tribune - Edition du 23 octobre 2016
    Star Tribune – Edition du 23 octobre 2016

    « When a Rapist went Free » dans le Star Tribune.
    Le destin presque banal d’une victime de viol dans une université américaine, ici celle du Minnesota qui a recensé 1000 cas d’agressions sexuelles depuis 2010 selon le département de prévention des viols de l’établissement et sans qu’un seul agresseur n’ait été jugé ni condamné. Après son agression, Abby Honold a suivi toutes les démarches nécessaires pour aider la police à arrêter son agresseur qui lui a signifié qu’aucune charges ne pourraient être déposées. L’agression a eu lieu en 2014 en pleine journée dans l’appartement de Daniel Drill-Mellum, un jeune étudiant de 22ans, qui a plus tard affirmé que leur rapport sexuel était consensuel pour écoper d’une suspension de l’université pour une période de dix ans.
    Après s’être rendu compte que l’étudiant avait agressé d’autres filles les années précédentes et grâce à la ténacité d’un officier de la police universitaire, le violeur à été condamné à six ans de prison.

 

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Saturday Night Live et le troisième débat

On ne s’en lasse pas. Avec Alec Baldwin, Tom Hanks et Kate McKinnon

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Le New Yorker soutient Hillary

Le énième soutien officiel d’un média prestigieux pour Hillary Clinton, ici le New Yorker, qui souhaite son élection pour son « importance historique » et qu’il accueillera avec « un soulagement indescriptible »

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Les démocrates en danger

Matt Yglesias nous explique dans une vidéo pourquoi le parti démocrate est dans une situation périlleuse même si Clinton venait à remporter les élections présidentielles – et même si le parti républicain est apparu très divisé durant cette campagne.
Après l’élection de Barack Obama en 2008, le parti démocrate avait la majorité législative dans 20 états qui sont tombés à douze en 2014, dont quatre sont gouvernés par des Républicains. Le camp adverse contrôle 23 états a mis en place ces dernières années, toute sortes de restrictions sur les libertés telles que l’avortement, les droits des syndicats ou la redéfinition des districts électoraux qui rendent plus difficile l’accès au vote de certaines minorités.
Sous Obama, les démocrates ont perdu 68 sièges à la Chambre des Représentants (sur les 435 comporte), 11 au sénat (sur les 100 qu’elle comporte), 10 gouverneurs et 15 majorités législatives au niveau des Etats: Un phénomène qui arrive généralement à chaque changement de président, tous les huit ans, appelé « The Wave Elections » et qui permet au parti perdant de se reconstruire pour reprendre ensuite la majorité.
Sauf que si ces élections consacrent Hillary Clinton, le parti démocrate pourrait encore perdre de l’influence, surtout avec des dissensions de plus en plus importantes à gauche avec Bernie Sanders notamment.

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Trump y croit toujours, ses hôtels … moins

Pour rassurer ses supporteurs qui le soutiennent avec toujours plus de vigueur, Trump utilise l’exemple du Brexit, donné perdant le matin des élections du 23 juin dernier et qui l’a remporté contre toute attente, pour entretenir la flamme avec l’aide de son principal architecte, Nigel Farage.
Compte tenu de l’avance de Clinton dans les sondages à un peu plus de deux semaines des élections ($8% pour les démocrates contrre 42% pour les Républicains) et une marge d’erreur de +/- 4%, Clinton si elle continue à ce rythme, devrait « normalement » remporter les élections.

La campagne Trump est en difficulté et il semblerait que la marque souffre aussi des dernières polémiques du candidat, dont la fréquentation des établissements est semble-t-il à la baisse, à l’instar du nouveau Trump international Hotel de Washington D.C, le seul hôtel de la capitale à ne pas être complet lors de la dernière conférence du FMI il y a deux semaines.
Selon Hipmunk, la fréquentation des établissements Trump aurait baissé de 59% lors du premier semestre 2016, et 17% selon Foursquare – des chiffres contestés par la direction qui parle d’un « business plus solide que jamais ». C’est sans doute pour cette raison que la compagnie a décidé de se doter une nouvelle chaîne d’hôtels appelée Scion.

 

Le kiosque du vendredi 21 octobre 2016

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Elections présidentielles

Les prévisions selon FiveThirtyEight vendredi 21 octobre 2016
Les prévisions selon FiveThirtyEight vendredi 21 octobre 2016

 

Trump a réaffirmé hier lors d’un meeting dans l’Ohio qu’il n’accepterait le résultat des élections que s’il gagnait provoquant une tornade d’applaudissements dans la salle: une provocation de plus envers tous les médias et les politiques, mêmes conservateurs, qui l’ont critiqué au lendemain de son « suicide politique » lors du troisième et dernier débat.

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Nasty Woman

Parmi les attaques de Trump proférées à l’encontre de Clinton devant 71 millions de téléspectateurs, celle de « nasty woman » a provoqué l’hilarité et la fierté d’un bon nombre d’Américaines et perçu comme « le cri de ralliement féministe dont Clinton avait besoin »: Nombreuses ont été celles à l’avoir repris depuis sur Twitter, sur des t-shirts, des parodies.
La misogynie de Donald Trump aura au moins eu l’effet, nous explique le New York Times de libérer et renforcer la parole de la femme durant cette campagne.

Les deux candidats se sont d’ailleurs retrouvés hier soir lors d’un diner de charité organisé au profit de la Catholic Charities et Trump a été hué lors de son discours au cours duquel il s’en est pris, encore une fois à sa rivale, Clinton, mais cette fois-ci les deux candidats ont bien voulu se serrer la main.

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Un K.O. en trois rounds

« En temps normal » les débats présidentiels ont eu peu d’incidence sur la campagne présidentielle et ne servent qu’a donner un léger à l’un des deux candidats grâce à une bonne prestation ou des phrases ou moments clés que les électeurs vont retenir.
Cette année, c’est différent puisque les candidats étaient au coude à coude fin septembre avant le premier duel, et grâce à une stratégie menée par Clinton tout au long des trois rencontres, elle a réussi à battre son adversaire, mais aussi à réduire en lambeaux sa campagne – Ce que nous explique Ezra Klein dans cette excellente vidéo diffusée sur Vox hier

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Comment élever un enfants féministe?

L’écrivaine nigérienne Chimamanda Ngozi Adichie, considérée comme l’une des femmes les plus influentes d’Afrique, vient de publier un manifeste en 15 points pour les parents qui souhaitent élever leur enfant dans les préceptes du féminisme. Publié sur Facebook à l’occasion de la naissance de la fille d’une de ses amies elle aussi nigérienne, elle conseille entre autres de devenir « une personne entière (…) qui ne doit pas uniquement se définir par la maternité », explique que « les rôles liés aux genres n’ont aucun sens », « d’éviter le féminisme light » car « être féministe, c’est comme être enceinte, tu l’es ou tu l’es pas », « ne jamais considérer le mariage comme un but en soit », « de rejeter l’obsession de devoir plaire » etc, …
Le texte, long de 9 100 mots et illustré par de nombreuses anecdotes, a été partagé plus 5 000 fois sur le réseau social depuis sa mise en ligne le 12 octobre et on vous le conseille vivement!

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Les Philipines font sécession avec les US

Le président élu il y a six mois, Rodrigo Duterte a déclaré hier lors d’une rencontre officielle avec les dirigeants chinois qu’il « coupait les ponts avec les Etats-Unis », leur allié politique et économique depuis des décennies, et qu’il voulait désormais s’aligner sur la Chine, et pourquoi pas la Russie.
Le président philippin n’a pas apprécié les critiques américaines à l’encontre de ses méthodes utilisées pour lutter contre le trafic de drogue – des expéditions punitives qui ont fait 3 000 morts depuis le mois de juin. Il a traité le président Obama de « fils de pute » au début du mois de septembre provoquant l’annulation de leur rencontre avant de s’excuser et il a qualifié l’ambassadeur américain de « d’homosexuel fils de pute ».

 

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Hamilton Superstar

Le documentaire très attendu de PBS,  Hamilton America sur « le plus important phénomène pop » de cette année, la comédie musical hip hop sur Alexander Hamilton, l’un pères fondateurs des Etats-Unis, et son auteur-compositeur-metteur en scène et acteur principal, Lin-Manuel Miranda, est diffusé ce soir sur la chaîne publique. Le show s’est produit à guichets fermés sur Broadway et le documentaire devrait satisfaire les nombreux spectateurs qui n’ont pas eu la chance ou les moyens d’y assister.

Les ados les plus influents

Time magazine a offert aujourd’hui sa liste des 30 ados les plus influents de 2016 et parmi eux on trouve, le héros de Stranger Things, Gaten Matarazzo qui joue Dustin avec le cheveux sur la langue, les filles du président Sasha et Malia, James Charles le premier « cover boy » de la fameuse marque de maquillage américaine « Cover Girl »; Maisie Williams, la plus jeune fille Stark dans la série Game of Thrones, Simon Biles qui a remporté quatre médailles d’or à Rio, l’actrice Chloé Grace Moretz qui a fait un discours à la convention nationale démocrate au mois de juillet, Malala Yousafzai la plus jeune lauréate du prix Nobel de la Paix.

Clinton s’essaye à la comédie

Hillary Clinton en difficulté dans les sondages ce mois-ci a rendu visite à Zach Galifianakis, sur le plateau de « Between Two Ferns », cette web série comique dans laquelle le comédien américain réalise une interview décalée d’une célébrité.
La candidate, qui essaye tant bien que mal d’atteindre la jeune génération pour la convaincre de voter pour elle, s’est donc prêtée au jeu de questions réponses, dans lequel Zach Galifianakis a fait l’essentiel du travail.
La vidéo a été enregistrée le 09 septembre dernier, deux jours avant le malaise de Clinton durant les cérémonies du 11 septembre – elle souffre déjà de pneumonie.
C’est le camp Clinton qui a contacté le réalisateur du show, Scott Ackerman, à la demande semble-t-il de la candidate elle-même.

« C’est bizarre et parfait » pour Vox, le New York Times a accueilli la vidéo avec plus de scepticisme quant aux qualités comiques de l’ancien Secrétaire d’Etat, mais la vidéo a fait le tour d’internet cet après midi, et c’était tout l’intérêt de cette démarche.

On ne sait pas si cette vidéo aura autant de succès que les 50 millions de vues qu’a attiré celle d’Obama mais on espère que ça boostera la candidate à quelques jours du premier débat présidentiel.