12.09.17

 

1. Détecteur de mensonges

 

  • Selon Axios, Jeff Sessions, ministre de la justice, veut soumettre individuellement la centaine d’employés du Conseil National de Sécurité au détecteur de mensonges pour identifier et punir ceux qui ont fourni au Washington Post les transcriptions des conservations privées du président avec des leaders étrangers et dénoncées par l’ensemble de la classe politique.
  • Une mesure drastique pour tenter de limiter les fuites qui inondent la Maison Blanche, les services de renseignements et agences fédérales depuis l’investiture et qui ont poussé Trump a critiqué publiquement Sessions, pourtant l’un de ses premiers supporters.  

 


2. Portraits manquants

 

  • Plus de sept mois après la transition entre les deux administrations, « les portraits du président et du vice-président sont encore absents de milliers de tribunaux, cours de justices, laboratoires, infrastructures militaires, ports, ministères, et ambassades partout dans le monde ».
     

    Les agences fédérales ont commandé ces photos il y a des mois mais attendent toujours que le Bureau d’impression du gouvernement (GPO) des Etats-Unis, en charge des portraits officiels, les envoie à l’Administration des Services Généraux (GSA), propriétaire et locataire de 9 600 bureaux fédéraux à travers le pays.
    Le GPO affirme ne pas avoir encore reçu les images de la Maison Blanche. Et la Maison Blanche affirme que le président et le vice président n’ont pas encore décidé quand est ce qu’ils se prêteraient à l’exercice de la photo officielle, une tradition qui remonte à la guerre civile.

     

  • Celle de Bill Clinton avait mis près d’un an avant d’être accroché dans les immeubles du gouvernement américain.

 


3. Sagesse papale

 

  • Dans son avion en provenance de Colombie, le pape François a évoqué les deux derniers ouragans qui ont touché les Etats-Unis comme ne l’ont pas fait l’administration Trump: En dénonçant le changement climatique qui rend plus fréquent et plus violent ce genre de catastrophes naturelles selon le consensus d’une majorité de scientifiques à travers le monde.
    Reuters rapporte les propos du souverain pontife qui diffèrent de beaucoup de conservateurs américains, pourtant très religieux:

    Le pape François a affirmé que la dernière vague d’ouragans devrait pousser les gens à comprendre que l’humanité va s’éteindre si rien n’est fait contre le changement climatique et que l’histoire jugera ceux qui ont renié la science (…)
    On peut observer les effets du changement climatique et les scientifiques ont clairement affirmé qu’il existait un chemin à suivre, en faisant référence à un consensus de scientifiques selon lequel le réchauffement climatique est causé par l’activité humaine telle que l’extraction de combustibles fossiles. »

 

  • Le pape François a également affirmé que la suppression du DACA, le programme de protection des migrants arrivés illégalement sur le territoire américain lorsqu’ils étaient enfants n’est pas « pro-vie »

 


4. « Sept jours d’héroïne »

 

  • Le Cincinnati Enquirer a envoyé soixante journalistes couvrir une semaine ordinaire dans la « situation extraordinaire » à laquelle fait face aujourd’hui l’Ohio, l’un des Etats les plus touchés par l’épidémie d’overdoses d’héroïne et d’antidouleurs qui a fait plus de 60 000 morts l’année dernière aux Etats-Unis.

 


5. La faute aux drogues ou au désespoir?

 

  • En décembre 2015, deux chercheurs de Princeton, Anne Case et Angus Deaton, ont publié une étude décrivant une hausse de la mortalité chez les blancs américains d’age moyen et sans diplômes causée par une recrudescence de suicides, overdoses de drogues, problèmes liés à l’alcool; un phénomène qualifié dans un second rapport diffusé en 2017 de « mort par désespoir« .
  • De nouvelles recherches ont depuis isolé la forte augmentation de décès par overdose chez les 45-54ans, dernière génération de baby-boomers, directement causée par l’épidémie d’héroïne et d’opiacés qui affaiblit économiquement les régions les plus touchées, celles qui ont fait l’objet de campagnes agressives de promotion des anti-douleurs par les laboratoires pharmaceutiques à la fin des années 90 et de médecins ignorants de la dangerosité de ces médicaments.
     

    Ces drogues ont provoqué toute cette misère et c’est tragique mais il y a des raisons d’espérer puisque les épidémies d’héroïne tendent à décliner.
    Mon collègue Stephen Mihm a décrit comment la crise des opiacés du 19ème siècle à diminuer au fur et à mesure que les médecins ont compris les dangers de la morphine et de ses dérivés. Les prescriptions d’anti-douleurs sont en train de diminuer – même si des substituts illégaux continuent de faire augmenter le nombre d’overdoses.
    Ca ne va pas être facile, ça va prendre du temps, mais ça passera.

  • « Which came first, the opioids or the despair? » – Bloomberg Businessweek

 


6. Wall Street Journal … we have a problem

 

  • L’institution new yorkaise, qui a vu des dizaines de reporters, éditeurs et employés quitté la rédaction cette année, est vivement critiquée en interne pour la couverture parfois trop complaisante à l’égard du président, imposée par le rédacteur-en-chef Gerard Baker et en amont par le propriétaire, Rupert Murdoch, ami personnel de Trump, qui semble vouloir privilégier son « accès direct au pouvoir [du président] » plutôt que l’intégrité de son quotidien et de son staff.
  •  

  • « Les rédacteurs et journalistes du bureau politique doivent faire face aux interventions constantes de Gerry [Baker] ou doivent arrondir les angles de leur articles à l’avance pour lui faire plaisir (et par extension, pour contenter Murdoch) » explique au Guardian un ancien journaliste.
    A tel point que des emails de Baker, demandant à la rédaction de rapporter et non pas de critiquer les propos incendiaires du président lors d’un meeting à Phoenix en août dernier, ont été publiés par leur adversaire, le New York Times cet été
  •  

  • Pour sa défense, le porte parole du journal affirme « couvrir l’administration Trump comme toutes les autres, sans parti pris, ni faveur. A un moment où les relations entre le gouvernement et les médias n’ont jamais été tendues, l’intérêt du journal pour une couverture factuelle et objective est essentielle. L’obligation d’être juste est la raison pour laquelle le journal est considéré comme le plus fiable des Etats-Unis. »

 


7. Reconnaissance sexuelle

 

  • Conscient des dérives que représente l’usage de plus en plus courant du système de reconnaissance faciale dans la vie quotidienne (vidéo-surveillance, biométrie, robotique, téléphones portables), deux chercheurs de Stanford « on décidé de vérifier si cette technologie pouvait identifier l’orientation sexuelle des individus uniquement grâce à leur visage. Ils ont passé en revue plus 35 000 photos d’homos et hétérosexuels sur un site de rencontre en ligne et les ont rentré dans un algorithme qui enregistre les différences, même les plus minimes, des aspects de leur visage. Ils demandent ensuite au logiciel de déterminer l’orientation sexuelle des portraits sélectionnées au hasard. »
     

    Et les résultats sont déconcertants. Selon l’étude, publiée la semaine dernière, l’algorithme était capable de reconnaître correctement un gay d’un hétéro dans 81% des cas et une lesbienne d’une hétérosexuelle, dans 71% des cas, bien mieux qu’un jugement humain. Etant donné l’importance de cette technologie, les chercheurs ont noté que leurs recherches avaient mis en avant une menace contre la vie privée et la sécurité des gays et lesbiennes.

     

  • « Researchers use facial recognition tools to predict sexual orientation. GBT groups aren’s happy »Washington Post

 

 

 


8. Rotten Hollywood

 

  • Pour Hollywood, ce ne sont pas les studios et leur manque de créativité qui sont responsables de l’un des pires étés du Box Office américain depuis vingt ans, c’est Rotten Tomatoes, le site consacré aux critiques et informations sur les films, qui serait trop méchant à l’égard de leurs navets rapporte le New York Times:
     

    Le business a été tellement mauvais que les trois grandes chaînes de cinéma ont perdu quatre milliards de dollars de valeur de marché depuis mai.
    Prêt pour la partie la plus alarmante? Hollywood accuse un site internet d’en être responsable: Rotten Tomatoes (…) Certains représentants des studios reconnaissent que certains films récents – mais quelques uns seulement – étaient mauvais. Du mauvais marketing a pu jouer un rôle d’autres cas en plus de la compétition de Netflix et Amazon. Mais la plupart des accusations pointent vers Rotten Tomatoes qui accumulent des centaines de critiques pour donner aux films des résultats « frais » et « pourris » dans leur Tomatomètre. Le site est très populaire puisqu’il a attiré 13,6 millions de visiteurs en mai, 32% de plus que l’année précédente.

 


9. Couverture du jour

 

  • C’est le nouveau numéro de Variety consacrée à l’une des stars de l’ère Trump, Stephen Colbert, qui « grâce à une satire brillante de Donald Trump » a capturé le « trône des émissions de fin de soirée » et présentera la plus importante soirée consacrée à la télé, les Emmy Awards, dimanche soir.
     

Le Kiosque du weekend: 05-06.08.17

 

 

 

1. Le Département efficace

 

  • Critiqué et humilié par le président pour s’être récusé de toute enquête sur les élections de 2016, Jeff Sessions reste pourtant l’un des hommes forts de cette administration en défenseur invétéré du programme « America First » qui lui vaut d’être soutenu par les électeurs de Trump, de nombreux conservateurs et médias de droite.

    M. Sessions met en place le programme conservateur du président très rapidement, balayant les critiques de la gauche et qui laisse certains fonctionnaires perplexes sur cette transformation.
    « Sessions comme ministre de la Justice est tout ce dont rêvent les Conservateurs et tout ce qui effraye les progressistes » explique Erwin Chemerinsky, président l’Ecole de Droit de UCLA-Berkeley. (…)

    Ces six derniers mois, le ministre de la Justice a annulé les réformes de Obama sur les droits des homosexuels, le droit de vote, le système judiciaire et la réforme de la police tout en défendant son propre programme contre les drogues, gangs et le crime organisé … M. Sessions a demandé à ce que les juges condamnent le plus fermement possible tous les crimes, notamment ceux liés à la drogue qui incluent des peines minimum. Il a donné davantage de pouvoir à la police pour confisquer les biens des individus, qu’ils aient été condamné ou juste arrêtés. Il soutient la ligne dure de l’immigration, a déployé davantage de procureurs fédéraux aux frontières pour traiter des affaires d’immigration, et a exigé que les villes et Etats se soumettent aux autorités fédérales de l’immigration sous peine d’être privée de subventions du gouvernement.


    * « Justice Dept. Under Siege From Trump Ahead With His Agenda » – The New York Times 

 

 


2. Une administration dévouée à la cause blanche

 

  • Trump a gagné les élections présidentielles grâce à l’électorat blanc, rural et ouvrier américain, qui reste aujourd’hui son principal soutien.

    Après les élections de 2012, les leaders du Parti Républicain ont compris que pour remporter à nouveau la Maison Blanche dans un pays toujours plus diversifié, ils devaient trouver un moyen d’atteindre les électeurs appartenant à des minorités. Puis Donald Trump est arrivé, et a fait tout le contraire. Plutôt que d’essayer de convaincre les minorités, il a mené une campagne nationaliste blanche en jouant sur les ressentiments racistes. A la surprise de beaucoup, ça a marché. Et maintenant Trump veut leur montrer qu’il pense à eux.

  • Pour justifier son programme: Faire passer la population blanche pour la victime d’un système qui ne profite qu’aux minorités:

    Ca renvoie à ce projet républicain très ambitieux et en partie réussi, qui consiste à faire croire aux électeurs blancs que les minorités en général, et les Afro-américains en particulier, bénéficient d’aides sociales du gouvernement qui rend leur vie confortable et facile.
    C’est un mensonge mais qui a fait son chemin.

  • * « The Trump administration takes up the cause of oppressed white people »The Washington Post

 

 


3. Une génération perdue?

 

  • C’est l’article dont toute la presse parle cette semaine: un essai inquiétant sur la « iGen », la nouvelle génération, post-millenial, qui n’a connu qu’internet, les réseaux sociaux et les smartphones:

    Je l’ai appelé iGen.
    Nés entre 1995 et 2012, les membres de cette génération grandissent avec des smartphones, ont un compte Instagram avant d’entrer au lycée et n’ont aucune idée d’un monde qui fonctionne sans internet.
    Les Millenials ont grandi avec internet, mais ça n’a pas tout le temps fait partie de leur vie, ou été à portée de main tout le temps, jour et nuit. Les vétérans de la iGen étaient adolescents quand le iphone a été introduit en 2007, et au lycée quand le ipad a été introduit en 2010.
    Une enquête réalisée en 2017 sur plus de cinq mille adolescents américains montre que les trois quarts possèdent un iphone.

    (…)
    Mais l’impact de ces appareils n’a pas jamais vraiment été évalué et va bien plus loin que les problèmes d’inattention. L’arrivée des smartphones a radicalement changé tous les aspects de la vie des adolescents, de la nature de leurs interactions sociales à leur santé mentale. Ces changements ont affecté les jeunes partout dans le pays, dans tous les foyers. La tendance est partout, les riches, les pauvres, toutes les origines ethniques, dans les villes, les banlieues, les communes. Partout où il y a des antennes cellulaires, les adolescents passent leur vie sur leur smartphone.
    (…)
    Mais psychologiquement, ils sont plus vulnérables que les Millenials: Les taux de dépression et de suicide ont explosé depuis 2011. Il n’est pas exagéré de décrire la « iGen » comme une génération au bord de la pire crise de santé mentale depuis des décennies. Cette détérioration est en partie causée par les smartphones. Il existe des preuves indéniables que les appareils qu’ont a placé dans les mains des adolescents ont des effets catastrophiques sur leur vie – et les rend sérieusement malheureux.

    * « Have Smartphones destroyed a Generation? »The Atlantic

 


4. La droite YouTube

 

  • La nouvelle extrême droite américaine a trouvé en YouTube l’un des supports les plus efficaces de défense de « la contre culture » en se présentant comme la « majorité silencieuse » que les médias mainstream essayer d’étouffer:

    Comme les immenses plateformes Twitter et Facebook, YouTube est une énorme boite de production culturelle qui accueille des communautés très différentes. Mais comme le plus petit Tumblr (qui a longtemps été dominé par une gauche vivante et militante) ou 4chan (sorte d’usine à mèmes d’extrême droite agressive et efficace) YouTube accueille une communauté politique dominante: « la droite YouTube ».
    Cette communauté est constituée d’un groupe de chaînes et de personnalités, connectées par les mêmes sensibilités politiques et esthétiques.
    Ils sont monologuistes, essayistes, performeurs, vloggers qui publient régulièrement des vidéos depuis leur salon, leur studio, contre la gauche, contre les médias traditionnels, contre les « guerriers de la justice sociale » qui selon eux ruinent la culture populaire, agissent contre le peuple et fragilisent l’Occident.

    Ils sont obsédés par l’immigration, l’Islam et le politiquement correct.
    Ils semblent parfois plus excités par les adversaires du président que par le président lui-même, avec qui ils partagent les mêmes priorités, si ce n’est le style. Les personnalités les plus connues sont rattachées à des médias plus larges comme Alex Jones d’InfoWars ou Ezra Levant de Rebel Media. Les autres sont des opérateurs indépendants qui ont trouvé leur voie dans le médium.

    * « For The New Far Right, YouTube has become the New Talk Radio »The New York Times magazine

 


5. Un scandale Essure ? 

 

  • Le Washington Post magazine y a consacré sa cover story: Essure, une méthode de contraception définitive pour les femmes, qui consiste à insérer deux micro-implants dans les trompes de Fallope par les voies naturelles: révolutionnaire pour les unes, elle s’est transformé en un appareil médical dangereux pour les autres.
    Depuis son introduction sur le marché en 2002 par le groupe Bayer, 750 000 appareils ont été vendus mondialement et les ventes continues d’augmenter. La Food and Drug Administration a recensé près de 16 000 cas d’effets secondaires indésirables dont 9 000 retrait de l’appareil à travers une hystérectomie.

Après le choc, Keisha est allée en ligne et a trouvé une groupe Facebook appelé « Les problèmes de Essure » et lu des dizaines de post laissés par les quelques 16 000 membres (chiffre qui a doublé aujourd’hui).
Il y a ces femmes qui ont écrit sur la perte de sang, la fatigue, chute de cheveux, ou le pourrissement des dents que Keisha a expérimenté et qui sont des réactions allergiques ou inflammatoires à des matériaux, surtout le nickel, qui sont à l’intérieur de l’appareil.

Certaines femmes rapportent que leur appareil s’est déplacé des trompes et a atterri dans l’uterus ou a percé d’autres organes. D’autres femmes ont décidé de retirer le stérilet et ont eu des complications lors de l’opération, et souvent des hystérectomies.
Il existe même un groupe de femmes qui a posté des images de leur « E-babies » [alors qu’elles sont censées être stérilisées].
En lisant les posts, Keisha a réalisé que ces « petites choses » qui se passaient dans son corps pouvaient être une réaction à l’appareil qu’elle avait choisi comme moyen de contraception (…)
Elle était dévastée, effrayée et en colère. Pourquoi est ce que le docteur lui a suggéré? Pourquoi elle ne s’est pas renseigné plus tôt?

 

 


6. La performance a un prix

 

  • La question est simple: « Pourquoi les riches aiment-ils les sports d’endurance? »

    Le vélo, la course, les courses d’obstacles sont dominés par les travailleurs en col blanc. Si avoir les moyens permet d’y participer, les chercheurs commencent à comprendre l’attrait psychologique qui pousse ces gens vers ces compétitions masochistes. Il existe plusieurs raisons pour lesquelles la plupart des athlètes travaillent, sont diplômés et ont de l’argent (…)
    Qu’en est-il de la souffrance qu’ils aiment s’infliger en pratiquant ces sports? 

    La recherche des résultats (« courir plus vite, courir plus longtemps, poursuivre un objectif précis ») mais aussi la recherche de la douleur: « Les triathlètes que j’ai interviewé pour ma recherche ont reconnu que la douleur éprouvée lors de l’entraînement et de la course était l’une des raisons pour lesquelles ils le faisaient (…)
    Surmonter cette douleur et franchir la ligne d’arrivée est une forme d’accomplissement et une manière de discipliner son corps. 
    La grande ironie, c’est que l’une des raisons pour lesquelles les gens étudient, font des économies, et ont un emploi stable, c’est justement pour créer un confort de vie. Mais pour certains, ça devient trop facile. L’endurance sportive est une sorte d’échappatoire nécessaire, qui offre des mesures concrètes d’un travail bien fait et d’une souffrance physique – dans un environnement qu’ils ont choisi.

    * « Why do Rich People Love Endurance sports? »Outside

 


7. Les Editions du dimanche

 

  • « What’s Driving us to all this Road Rage? How a traffic dispute can turn violent »Miami Herald

    Les accidents liés à la « rage au volant », en anglais « road rage », sont plus nombreux à Miami et à travers le pays, affirme la police locale, alors que les encombrements et distractions rendent les conducteurs fous (…) La conduite agressive est devenue un donnant-donnant … C’est tellement une culture ici que les gens ne se rendent même plus compte qu’ils sont malpolis

 

  • « Hundred of officers fired for misconduct returned to policing »The Washington Post

    Depuis 2006, les plus grands départements de police du pays ont viré 1 881 officiers pour faute grave, de mentir sur ses heures supplémentaires à des excès de violence. Mais le Washington Post a découvert que ces départements ont été obligés de réengager plus de 450 d’entre eux après que les syndicats aient fait appel

 

  • « Small Town, Big Controversies » The Sunday Free Press

    Dans une petite ville du Nord Est du Michigan, les efforts sont de plus importants pour se débarrasser du président. Pas de Donald Trump. Il a gagné avec 69% des votes ici. L’effort vise le président du Kalkaska, Jeff Sieting, un supporter de Trump qui créé la polémique à l’échelle nationale après avoir posté des commentaires anti-Musulmans sur sa page Facebook

 

 

Le Kiosque du 26.07.17: Diversion

 

1. Trump réussit à énerver sa base électorale, sa majorité et même les Démocrates

 

    • Le président ne cache plus son agacement, ni son mépris pour Jeff Sessions, son ministre de la justice depuis qu’il s’est récusé en mars dernier de toute intervention dans l’enquête sur les élections présidentielles de 2016 – dont celle menée actuellement par le procureur indépendant Bob Mueller, qui a remplacé James Comey, le directeur du FBI, viré au mois de mai.
      Dans une interview donnée au Wall Street Journal, le président s’est dit encore une fois très déçu de son Attorney General, a affirmé que l’ancien sénateur d’Alabama l’avait soutenu très tôt dans la campagne parce que ses « meetings étaient pleins », et l’a qualifié de « très faible » sur Twitter pour ne pas s’être attaqué aux « crimes » d’Hillary Clinton et a laissé ouverte la question d’un éventuel renvoi.
      L’idée est de l’humilier autant que possible pour provoquer sa démission.

 

  • Les attaques contre Jeff Sessions, un vétéran de Washington, ne passent pas à Washington, chez Républicains comme chez les Démocrates: « le ministre de la justice et les autres membres du cabinet, ne sont pas au service du président mais au service du peuple américain » rappelle ce matin la conservatrice National Review.
    Hier la plupart des conservateurs, médias, politiques et commentateurs dénonçaient ouvertement ces attaques, Kenneth Starr, le célèbre procureur qui a voulu destituer Bill Clinton, a demandé au président d’arrêter immédiatement – même Bernie Sanders, adversaire politique a critiqué les propos du président.

 

  • Trump n’a pas compris que la droite dure américaine soutient massivement Jeff Sessions qu’elle considère comme l’un des plus fidèles défenseurs du programme qui a fait élire le président: ses positions radicales sur l’immigration, les villes sanctuaires, le mur ou encore le durcissement du système judiciaire sont celles de la base électorale de Donald Trump.

  • Même Breitbart s’est offusqué de l’attitude de Trump et l’a mis en garde.

    La décision du président Trump d’attaquer mardi la position du ministre de la justice, Jeff Sessions sur les scandales de Hillary Clinton ne font que révéler l’hypocrisie du président sur le sujet – et pourrait inquiéter sa base qui voit en Sessions le meilleur espoir de voir s’appliquer la politique d’immigration.

 

  • Ironie de la situation: Conscient de sa popularité, du soutien de ses confrères, de la crise constitutionnelle que provoquerait son renvoi, et passionné par son projet d’une Amérique réactionnaire, Jeff Sessions n’a aucune intention de démissionner et s’il doit quitter son poste, ce sera la décision et la responsabilité du président.

 

 


2. La stratégie de la diversion: Les personnes transgenres

 

    • Conscient de s’être mis dans une situation délicate – perdre le soutien précieux de sa base électorale – Trump a eu recours hier à une stratégie politique dont il est devenu maître, l’art de la diversion: Créer une nouvelle polémique – généralement sur Twitter – pour en enterrer une autre.

 

    • Exemple: les attaques contre Jeff Sessions, incapable d’agir contre les « activités criminelles » de Hillary Clinton pour essayer de noyer les mensonges de son fils et de son gendre sur leurs contacts avec les Russes pendant les élections. Maintenant que la polémique autour de Jeff Sessions s’est retournée contre lui, Trump a dû créer une nouvelle cible qui puisse rassurer sa base électorale: Les personnes transgenres.

 

    • Hier matin, sans cris égards, le président a pris la décision d’interdire toute activité des personnes transgenres dans l’armée américaine: Comme prévu, la nouvelle a créé une immense polémique et un flot de critiques, reprises par les chaînes de télévision, les médias en ligne, les célébrités, sur les médias sociaux du monde entier et a presque réussi à faire oublier les problèmes avec Jeff Sessions.

 

  • Sauf que six mois après son investiture, les journalistes et commentateurs américains les stratèges politiques du président, et dénoncé la manoeuvre. Même l’ancien joueur d’échec et activiste, Garry Kasparov, ne s’y est pas trompé: 

 


3. L’interdiction des personnes transgenres dans l’armée

 

  • La nouvelle inattendue a pris tout le monde de court, et les justifications apportées par le président –  selon lesquelles accepter des personnes transgenres dans l’armée américaine coûte trop cher et créé trop de problèmes – ont été presque immédiatement démenties, à droite comme à gauche.
  • La décision est injuste, injustifiée et injustifiable. Trump continue de vouloir sa base électorale en divisant toujours un peu plus la population. 

 

  • La Maison Blanche était semble-t-il ravie hier de voir que la stratégie de diversion avait réussi.

 

 


4. La couverture du jour: Justin Trudeau

 

  • La nouvelle couverture du Rolling Stone a fait beaucoup de bruit hier avec Justin Trudeau en couverture et le titre polémique: « Why can’t he be our president? »

 

  • Sur Twitter, la question n’a pas pu aux supporters du président: « Meilleure question: Pourquoi est-ce que Rolling Stone ne déménagerait pas au Canada? » se demande la présentatrice Liz Wheeler de One America News Network et beaucoup appelaient au boycott du magazine – même si la plupart ne l’ont jamais acheté et encore moins lu.

 

 


5. Le reste de l’actualité

 

  • Lu dans Poynter

    David Perlman est né en 1918 – une décennie avant la découverte de la pénicilline et la théorie du Big Bang. Pendant presque toute sa carrière, il a couvert le progrès scientifique du XXème siècle et au-delà, écrit des milliers d’articles sur tout, du commencement de l’exploration spatiale aux ordinateurs. Jusqu’à aujourd’hui. Le journaliste de 98 ans prend sa retraite du San Francisco Chronicle après près de sept décennies au journal

     

  • Découvert dans Rolling Stone
    WNYC Studios, l’antenne de production de podcast de la New York Public Radio, et le MoMA collaborent pour une émission en dix épisodes appelé « A Piece of Work » et présenté par Abbi Jacobson, l’une des deux créatrices/réalisatrices/actrices de Broad City, pour découvrir l’art contemporain à travers des thèmes, le « minimalisme », le « Pop Art »,  etc …

 

  • Surpris dans le New York Post
    Le président l’a prédit après l’annonce de son départ du poste de porte parole de la Maison Blanche: Sean Spicer a une grande carrière qui l’attend. Et selon le tabloid new yorkais, elle pourrait commencer à la télé, en tant que commentateur pour Fox News, ABC, NBC et CBS qu’il a rencontré cette semaine ou comme célébrité dans la célèbre émission de ABC, « Dancing with the Stars », qui a joint Spicer.
    Après sa défaite contre Donald Trump aux primaires républicaines de 2016, Rick Perry, avait participé à « Dancing with the Stars » avant de devenir Secrétaire à l’Energie de l’administration Trump.

 

  • Bonne nouvelle pour « failing » New York Times qui vient de dépasser les deux millions d’abonnés en ligne et a vu ses revenus publicitaires augmenter pour la première fois depuis 2014 – Taking New Media

Le Kiosque du 14.06.17: Un massacre évité – Pression sur les annonceurs – Nul Sessions – L’étudiant US libéré – Uber 2.0?

 

Un massacre évité 

  • Steve Scalise, Représentant républicain de Louisiane et « majority whip » de la Chambre des Représentants depuis août 2014, a été blessé par balles ce matin dans un stade de Alexandria en Virginie, à quelques kilomètres de Washington D.C., alors qu’il s’entraînait avec d’autres parlementaires pour la veille The Congressional Baseball game for Charity prévu demain.
  • A 7h30 ce matin, James T. Hodgkinson, 66 ans, a ouvert le feu sur les joueurs, assistants sur le terrain de jeu et blessé cinq d’entre eux, dont Mr Scalise, qui est dans un état stable.
  • Le forcené a tiré une cinquantaine de fois avant d’être grièvement blessé par deux officiers de police qui accompagnaient les Parlementaires. Sans eux, des témoins affirment que « ça aurait été un massacre ».
  • Hodgkinson, originaire de Belleville dans l’Illinois, était un fervent supporter de Bernie Sanders et a travaillé comme bénévole lors de sa campagne l’année dernière. Il aurait attaqué les parlementaires ce matin parce qu’ils étaient Républicains et mentionné sur Twitter vouloir « détruire Trump & Co. »
  • Le très bruyant Donald Trump Jr a rapidement réagi en s’attaquant « aux élites libérales qui glorifient la mort de [son] père » tandis que Bernie Sanders a fermement condamné ces actes de violence, tout comme le président cet après midi.

    Twitter / Donald Trump Jr

 

 


Un Jeff Sessions aussi vague que remonté

  • Hier, devant la Commission du Renseignement du Sénat, le ministre de la Justice s’est défendu avec plus « de colère que de substance » sur son rôle pendant les élections présidentielles et ses discussions avec le président.
    • Il a qualifié de « mensonges effroyables et détestables » les accusations dont il a fait l’objet après les révélations du Washington Post sur ses deux rencontres avec l’ambassadeur russe pendant la campagne de 2016 qu’il avait passé sous silence lors de sa confirmation devant le Sénat quelques semaines plus tôt.

      Je n’ai jamais rencontré ni n’ai eu de conversations avec des représentants étrangers ou russes concernant quelconque ingérence dans une campagne [celle d’Hillary Clinton] ou dans les élections américaines.

    • Il n’a aucun souvenir de la teneur des discussions avec l’ambassadeur russe Sergueï Kislyack.
    • Il s’est récusé au début du mois de mars de toute enquête en cours ou à venir sur les élections présidentielles de 2016 mais « ça ne l’empêche pas de défendre son honneur contre des accusations erronées et ignobles. »
    • Il a refusé de discuter des conversations qu’il aurait pu avoir avec le président concernant l’enquête sur la Russie et sur le renvoi du directeur du FBI, James Comey car ces informations peuvent être considérées comme l’executive privilege du président – le droit de ne pas répondre à certaines questions posées par les branches judiciaires et législatives.

      Conformément à la tradition du Département de Justice, je ne peux et ne violerait pas mon devoir qui est de protéger les conversations confidentielles que j’ai eu avec le président.

La lettre de Jeff Sessions dans laquelle il se dessaisit de toute enquête qui touche aux élections présidentielles de 2016
  • Kamala Harris, sénatrice démocrate de Californie, a été l’unedes plus agressives et directes envers Jeff Sessions qu’elle a rendu « nerveux » à tel point que ses collègues l’ont interrompu pour venir à la rescousse de l’Attorney General.
  • Kamala Harris a déjà été interrompue la semaine dernière lors de l’audition de l’adjoint du ministre de la Justice, Rod Rosenstein.
  • C’est une figure du parti démocrate qui pourrait bien être l’un des espoirs des présidentielles 2020.

 


Corée du Nord: Un étudiant américain libéré après 17 mois

  • Otto Warmbier, un étudiant de l’Université de Virginie, est devenu « l’homme le plus malchanceux au monde » en janvier 2016 lorsqu’il a été arrêté par les autorités nord-coréennes lors d’un « New Year’s Party Tour » en Corée du Nord organisé un tour opérateur spécialisé dans les régions à risques.
  • Accusé d’avoir volé une affiche de propagande officielle, il a été reconnu coupable d’acte hostile à l’encontre de la RPDC [La République populaire démocratique de Corée], et condamné en mars 2016 à quinze ans de travaux forcés et détenu dans une prison tenue secrète depuis. Time magazine s’est demandé il y a un mois et demi si les Etats-Unis ne l’avaient oublié?
  • Après 17 mois passés dans le pays le plus fermé de la planète, très hostile aux Etats-Unis, Otto Warmbier a été libéré et rapatrié à Cincinnati hier, où il est actuellement hospitalisé, accompagné par ses parents.
  • Un agent du Département d’Etat attaché à la Corée du Nord, Joseph Yun, aurait appris de l’ambassadeur nord-coréen des Nations Unies à New York que Warmbier était dans le coma depuis des mois. Après avoir consulté Rex Tillerson, le Secrétaire d’Etat et le président, il se serait rendu lundi en Corée du Nord pour rencontrer l’étudiant et aurait demandé sa libération immédiate qui a eu lieu mardi matin.
  • Les autorités nord-coréennes affirment qu’il serait atteint de botulisme, une maladie paralytique rare qu’il aurait contracté en prison
  • « University of Virginia student Otto Warmbier said to be in a coma, released from North Korea » – Washington Post

 


Uber sans Travis Kalanick

  • Eric Holder, ancien Attorney General du président Obama, vient de rendre son rapport commandé en février dernier par Uber pour identifier les problèmes de sa culture d’entreprise (harcèlement sexuel, sexisme, intimidation, discrimination) et apporter des recommandations, toutes adoptées par le conseil d’administration:

    • Création d’un système d’enregistrement des plaintes 
    • Réduire la présence d’alcool dans les compagnies
    • Créer un conseil des employés 
    • Mettre en place le recrutement à l’aveugle – pour éviter les discriminations
  • Le fondateur et dirigeant de Uber, le très controversé Travis Kalanick par lui en congé illimité après le décès accidentel de sa mère fin mai mais aussi à cause des polémiques dont il fait l’objet depuis des mois. Il reviendra avec des responsabilités moins importantes au sein de sa compagnie évaluée à 68 milliards de dollars.
  • Le conseil d’administration doit entre temps nommer un Chief Operating Officer pour diriger la compagnie et Mr Kalanick a affirmé dans une lettre adressé à ses employés qu’il serait disponible pour les décisions les plus stratégiques

 


Boycott ou pas Boycott?

  • Depuis la victoire de Trump, « pro » et « anti » utilisent toutes les plate-formes possibles pour se battre et débattre: les réseaux sociaux, les médias, les supermarchés, la rue, les universités et attendent le même dévouement des annonceurs qui sont boycottés ou sont appelés à boycotter des évènements, des émissions, des produits:
    • En novembre dernier, un compte Twitter, Sleeping Giant, dénonce les marques qui apparaissent sur le site Breitbart. Un mois plus tard, le géant alimentaire Kellogg’s décide de ne plus promouvoir ses produits le site alt-right Breitbart qui a répondu en appelant ses lecteurs à boycotter la marque. La bataille des boycotts commence
    • La semaine dernière, la pièce de Shakespeare, Jules Cesar, produite par « Shakespeare in the Park » et jouée dans Central Park, qui représente l’empereur romain sous les traits du président a perdu plusieurs sponsors, dont Delta Air Lines et Bank of America
    • Lundi, c’était Megyn Kelly et sa nouvelle émission sur NBC News que les internautes appelaient au boycott parce qu’elle a interviewé Alex Jones, conspirationniste et fervent supporter de Trump, entendu par JP Morgan Chase.
  • Comme l’explique le New York Times, les marques font face à une pression quotidienne des consommateurs, téléspectateurs et internautes sur ce qu’elles choisissent de sponsoriser, qui peut s’apparenter à une sorte de censure, fragiliser la liberté d’expression et la démocratie en général.
  • David Ng dans le L.A.Times note que « dans un paysage médiatique hyper-polarisé, les compagnies qui se considéraient comme apolitiques se rendent compte que leur publicités et promotions suscitent des polémiques par le simple fait qu’elles apparaissent sur tel ou tel support. »

 


Kate McKinnon en couverture Elle

On en parle depuis les débuts du Kiosque, on l’adore!

Elle magazine – Juillet 2017

Le kiosque du 13.06.17: Un cabinet de louanges – #SessionsDay – Megyn Kelly boycottée –

 

Ce n’est pas normal

 

Le président et son cabinet à la Maison Blanche lundi 12 juin 2017

 

  • Mike Allen de Axios dans sa newsletter ce matin:

    Ca fait dix huit que je couvre les présidents américains, et je n’ai jamais assisté à un conseil comme celui d’hier

    Le premier meeting au complet de l’administration Trump a eu lieu hier devant des dizaines de photographes et de caméras et a commencé par onze minutes de louanges adressées au président – le plus impopulaire de l’histoire des Etats-Unis – par plusieurs membres du cabinet, et qui a laissé tous les témoins hallucinés.

  •  

  • Le New York Times s’en amuse en Page One aujourd’hui:
     

    Un par un, ils ont encensé le président, chacun leur tour ils ont salué son intégrité, sa force, ses politiques. Leur leader assis, souriant, qui approuve (…)
    Le Commandant en Chef, dont on sait depuis des décennies qu’il aime être flatté et qui parle de lui-même en superlatifs, s’est permis de se féliciter. Il a déclaré être l’un des présidents les plus productifs de l’histoire de l’Amérique – proche de Franklin Delano Roosevelt – et affirme avoir enchaîné les succès à une vitesse record.

     

    • Mike Pence, vice président:

      Le plus privilège de ma vie est d’être le vice-président d’un président qui tient ses promesses envers le peuple américain.

    •  

    • Reince Priebus, chef de cabinet et sur la sellette, a été le plus loin:

      Au nom de l’ensemble de l’équipe, Mr le président, nous voulons vous remercier pour l’opportunité et la bénédiction que vous nous avez offert afin de servir votre agenda et le peuple américain.

 

  • Et Mike Allen de nous offrir cette piqûre de rappel:
     

    Souvenez vous que nous vivons une époque qui sera étudiée et débattue jusqu’à la fin des temps. Beaucoup de supporters de Trump, aussi bien les fervents que les réticents, savourent la destruction des normes et se plaignent de la couverture médiatique très critique à l’égard de sa présidence.
    Mais n’oublions pas que nous sommes les témoins quotidiens de comportements et d’actions sans précédent.

 


Jeff Sessions in the hot Seat

 

Source: Chip Somodevilla/Getty Images

 

 

  • Après #ComeyWeek, c’est #SessionsDay aujourd’hui: le ministre de la justice, Jeff Sessions, ancien sénateur d’Alabama et l’un des premiers supporters de Donald Trump lors de la campagne présidentielle a annoncé lundi vouloir témoigner en public devant la commission du renseignement du Sénat sur ses relations avec les représentants russes l’année dernière.
  •  

  • En mars, le Washington Post révèle que Jeff Sessions a rencontré à deux reprises l’ambassadeur russe aux Etats-Unis, Sergueï Kislyak, pendant la campagne présidentielle: Rencontres qu’il a formellement nié lors de sa confirmation devant le Sénat quelques semaines plus tôt et qui l’obligent alors à se retirer de toute enquête sur les présidentielles de 2016. 
  •  

  • Depuis, les relations entre le président et Jeff Sessions sont très tendues et le ministre de la Justice a même proposé fin mai de donner sa démission.
  •  

  • Selon Mike Allen de Axios, « les risques sont très importants » et les « résultats ne peuvent être que dommageables » pour l’administration:
     

    • C’est la Commission qui a obligé Jeff Sessions à témoigner en public et il a déclaré après vouloir « dire la vérité au public américain ».
    • James Comey a affirmé la semaine dernière que Sessions aurait rencontré une troisième fois l’ambassadeur russe en avril 2016. Il aurait donc menti une nouvelle fois.
    • Il peut plaider un « executive privilege » pour éviter de répondre à certaines questions d’ordre confidentiel mais a tout intérêt a être plus honnête possible pour clore ce chapitre.
    • L’audition ne devrait pas arranger les affaires de Sessions auprès du président qui suivra de près la séance qui débute à 14 hrs cet après midi.

 


Mueller bientôt viré?

  • C’est la dernière rumeur à Washington: le procureur indépendant Robert Mueller, ancien directeur du FBI (2001-2013), nommé par le Département de la Justice américaine le 17 mai dernier pour reprendre l’enquête du FBI après le renvoi de James Comey pourrait être viré par le président.
  •  

  • La rumeur a été lancée lundi par un ami de Donald Trump, Christopher Rudy, le P.-D.G. de Newsmax
  • Comme nous l’expliquions hier, Robert Mueller a assemblé une équipe d’avocats spécialisés en droit pénal parmi les plus réputés du pays pour conduire l’enquête sur l’entourage de Trump: Il représente une menace directe pour l’administration et le président.
  •  

  • Virer Bob Mueller serait catastrophique pour l’image et la crédibilité du président, et s’il prend cette décision, ce sera contre l’avis de ses avocats, de ses conseillers et de toute personne censée à la Maison Blanche – Mais, Donald Trump a déjà fait l’erreur de virer James Comey, et il n’écoute que lui-même et ses instincts.
     
    A suivre.
  • « How the Mueller Threat Came off » – Axios

 

 


NBC défend Megyn Kelly

  •  

  • Ancienne journaliste star de Fox News qui s’est rendue célèbre en critiquant ouvertement le candidat Donald Trump l’année dernière, Megyn Kelly débarque sur NBC News avec une émission dominicale, « Sunday Night with Megyn Kelly » qui a commencé sur les chapeaux de roue la semaine dernière avec une interview de Vladimir Poutine.

  •  

  • L’invité de cette semaine est le présentateur de l’émission « InfoWars », le fou furieux Alex Jones, supporter invétéré de Donald Trump, champion des théories du complot, qui pense que le massacre de Sandy Hook en 2012, au cours duquel une vingt écoliers et six éducateurs sont morts, aurait été organisé par des « forces hostiles au Second Amendement » – le droit de porter des armes
  •  

  • Les familles des victimes de Sandy Hook ont dénoncé « cette nouvelle plate forme » offerte à un personnage aussi controversé à une heure de grande écoute – elles qui « subissent le harcèlement et les menaces des conspirationnistes depuis des années ».
    Certains internautes appellent au boycott de la chaîne (#ShameonNBC) et de l’émission (#BoycottMegynKelly) mais NBC a choisi de défendre les choix de sa présentatrice.
  •  

  • Megyn Kelly s’est défendue de vouloir faire « la lumière » sur un personnage qui a reçu Donald Trump dans son émission, et que le président a personnellement remercié de son soutien après sa victoire aux élections présidentielles.

    Twitter

 


Couverture du Jour

  • Variety revient cette semaine sur le Trump Bump, « l’effet Trump »: cet intérêt accru des Américains pour la politique qui se traduit par une audience et une circulation en hausse pour les émissions et les médias d’actualité.
  •  

  • Grâce à un président et une administration haute en couleur, le Trump Bump est toujours aussi important huit mois après les élections présidentielles et redéfinit la compétition entre les chaînes d’info (MSNBC, CNN et Fox News) et les présentateurs/journalistes (Anderson Cooper, Rachel Maddow et Sean Hannity en couverture)
  •  

  • L’actualité brulante quasi-quotidienne relayée dans les émissions d’actualité et politiques attire toujours plus de téléspectateurs et d’internautes mais fragilisent les programmes de divertissement sur les grandes chaînes nationales (ABC, NBC, CBS, FOX)
  •  

Les chiffres désastreux des prisons aux Etats-Unis

 

C’est la cover story de The Economist cette semaine: Un constat alarmant sur la faillite de la justice pénale et du système carcéral aux Etats-Unis, l’une des sociétés démocratiques les plus répressives au monde, dont la situation pourrait encore s’aggraver avec la nouvelle administration

 

 

  • Le système carcéral américain est le plus important au monde: Plus de deux millions de prisonniers, dont la moitié sont Afro-Américains.
  • Les prisons et le système des libertés conditionnelles coûtent chaque année 80 milliards de dollars au gouvernement fédéral.
  • Les Etats-Unis représentent 5% de la population mondiale mais 25% de la population carcérale mondiale.
  • Les Etats-Unis ont 7 fois de prisonniers que la France, 11 fois plus que la Hollande et 15 fois plus que le Japon.

 

  • La « guerre contre la drogue » lancée sous Richard Nixon a engendré une « incarcération de masse » pendant plusieurs décennies jusqu’à l’élection de Barack Obama: Entre 1980 et 2008, le nombre de prisonniers est passé de 500 000 à 2,3 millions. 
  • La réforme de la justice pénale mise en place par Eric Holder, le ministre de la justice de Barack Obama, qui a permis de diminuer ce nombre pour la première fois en trente ans, vient d’être annulée par son successeur, Jeff Sessions: Ce dernier a demandé aux juges d’appliquer sanctions et peines minimum avec le plus de sévérité possible – malgré le consensus des Démocrates et 
    Le nombre de prisonniers devrait donc augmenter à nouveau.

  • Les USA emprisonnent ses citoyens pour des délits qui ne méritent pas la prison comme la possession de drogues, prostitution et imposent des condamnations très dures pour des infractions mineures
    La loi dite « Three Strikes, you’re out », la « loi des trois coups » votée en 1994 sour Bill Clinton, peut condamner à la prison à vie un prévenu condamné pour un troisième crime ou délit.
  • L’incarcération de masse brise des familles, empêche les anciens détenus d’obtenir un emploi (à cause de règles fixées par les Etats) et aurait contribué à augmenter de 20% le taux de pauvreté aux Etats-Unis.
  • A retenir:

    Arrivé un certain point, les coûts de l’incarcération dépassent les bénéfices.
    Les prisons sont chères – les complexes doivent être construits, les gardiens payés, les prisonniers nourris. Les détenus, enfermés, ne peuvent ni travailler, ni soutenir leur famille, ni payer des impôts. L’argent dépensé dans les prisons ne peut être dépensé dans d’autres programmes qui pourraient essayer réduire la criminalité, en engageant davantage de policiers, en améliorant les écoles dans les quartiers défavorisés.
    Et surtout, enfermer des mineurs peut les rendre plus dangereux en les laissant côtoyer des criminels.

 

  • Un budget minimal consacré à la réhabilitation des détenus et des politiques très disparates entre les Etats.
  • 5% des prisonniers américains ont accès à un programme de réhabilitation.
  • L’excellent documentaire d’Ava duVernay 13th est à voir absolument pour comprendre la relation entre racisme, emprisonnement des Afro-Américains et l’explosion des prisons aux Etats-Unis ces quarante dernières années. 

 

Le kiosque du 14.05.17: ComeyGate & les Conservateurs; Spicer sur la sélette? Sessions veut emprisonner l’es US; Twin Peaks, le fais divers

 

Aujourd’hui, c’est a fête des mères aux Etats-Unis!
Bonne fête à toutes les mamans!

Au sommaire de ce dimanche 14 mai 2017

1. ComeyGate: Ce qu’en pensent les Républicains
2. ComeyGate: Ce qu’en pensent les médias conservateurs
3. ComeyGate: Ce qu’en pensent les supporters du président
4. La fin de Sean Spicer et des briefings de la White House?
5. Jeff Sessions: Vers une incarcération de masse?
6. Le fais divers qui a inspiré Twin Peaks

 

***

 

1. ComeyGate: Ce qu’en pensent les Républicains

  • Les conseillers du président se font très discrets en cette fin de semaine, surtout après la cacophonie qui a suivi le renvoi de James Comey: Le président a contredit son porte parole qui affirmait qu’il avait suivi les recommandations de l’adjoint du ministre de la Justice, Rod Rosenstein et affirmé qu’il avait pris la décision, seul, depuis longtemps car « Mr Comey ne faisait pas bien son travail » – celui de diriger l’enquête du FBI sur d’éventuelles collusions entre son entourage et les Russes qui étaient d’ailleurs invités en grande pompe avec leurs journalistes dans le bureau ovale mercredi.
    Seul Trump est apparu sur … Fox News hier soir.

 

  • Un silence très lourd des Républicains.
    Heureusement pour le président, les Représentants étaient retournés cette semaine dans leur circonscription, ce qui leur a permis de ne pas avoir à commenter sur l’actualité brûlante de leur leader.
    Si les figures du parti ont défendu le limogeage de James Comey mardi après midi, ils se sont tus sur la déconfiture qui a suivi le limogeage, les cafouillages de Sean Spicer et Sarah Huckabee, respectivement porte-parole et son adjoint, l’interview de Donald Trump dans lequel il a avoué avoir viré Comey pour sa gestion de l’enquête qui le concerne et menacé de supprimer les conférences de presse de la Maison Blanche.

 

***

2. ComeyGate: Ce qu’en pensent les médias conservateurs 

 

  • Les médias conservateurs
    Les journalistes ont été les plus critiques sur le comportement du Commander-In-Chief et ses conséquences, sur Fox News, notamment.
    Chris Wallace, un vétéran de Washington et l’un des journalistes les plus respectés de la chaîne d’info parle de « la semaine la plus incroyable qu’il ait couverte » dans la capitale. Ce qui l’a le plus choqué: Les allégations du président selon lesquelles il enregistrerait tout ce qui se passe dans le bureau ovale, ces fameuses « tapes ».

    [Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, interrogé sur ces propos hier vendredi après midi en conférence de presse] aurait pu dire non.
    Il aurait pu dire oui.
    Il a dit qu’il n’avait rien à dire la-dessus. C’est le refus de démentir.
    Peut-être que le président fait marcher la presse et qu’il n’y a rien au bout du compte.
    Mais pourquoi faire cela?
    Pourquoi vouloir rabaisser la crédibilité de la Maison Blanche qui est déjà bien amochée.

     

     

    Charles Krauthammer, l’un des commentateurs conservateurs les plus respectés :

    [Il y avait la possibilité] d’une sortie en grâce (…)
    Au lieu de cela, nous avons eu ceci – un meurtre politique, brutal, même aux normes de Washington. Pas de dernière entrevue, ni de lettre de démission, de remerciements présidentiels, de séparation cordiale. Pourquoi?
    Trump s’inquiète de plus en plus de l’enquête sur l’ingérence russe durant les élections sous l’autorité du très médiatisé Comey.
    Si Trump a pensé qu’il allait étouffer l’affaire, ou la ralentir, il a fait la bévue du siècle.
    Virer Comey n’aurait pas pu attirer davantage d’attention sur le rôle de la Russie.
    Ca n’arrêtera pas l’enquête du FBI.
    Et les séances pour confirmer son successeur [devant le Sénat] vont devenir un forum télévisé sur les accusations de collusions, qui n’ont été jusqu’à présent qu’un scandale à la recherche d’un crime.
    Pourquoi a-t-il agi ainsi?
    On sait pourquoi: Le roi a demandé si quelqu’un pouvait se débarrasser de ce prêtre gênant, et incapable d’être patient, il l’a fait lui-même.


    Chris Stirewalt
    parle sur Fox News d’une « situation très inquiétante »:

    La plupart des supporters de Donald Trump semblent inconscients ou réticents à confronter la situation actuelle. Juste parce qu’on dit que le comportement des Démocrates face à Trump est hystérique ne signifie pas que Trump a raison (…) L’approche incohérente d’un scandale susceptible de mettre la présidence en danger n’est ni la faute de son staff, ni les mensonges de la presse, ni celle des Démocrates. C’est surtout la faute d’un président qui refuse fermement de soutenir son équipe, de montrer du respect pour la séparation des pouvoirs ou avoir de la patience.

    Les commentateurs de Fox news se contentaient eux de dénoncer l’hystérie des Démocrates.

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3. ComeyGate: Ce qu’en pensent les supporters du président

Data: SocialFlow; Chart: Andrew Witherspoon / Axios
  • En attendant, l‘affaire Comey semble avoir peu changer l’opinion de supporters de Trump, visiblement peu intéressés par les évènements de cette semaine: « Washington tremble et le pays de Trump baille ».
    Le scandale de la semaine a fait la une des journaux traditionnels mais est resté plutôt « froid » sur Facebook

    comparé à d’autres polémiques comme l’investiture du président, l’annulation de Trumpcare en mars dernier, la démission du général Flynn début février ou la « travel ban » – en trois mois seulement!

 

***

4. La fin de Sean Spicer et des briefings de la White House?

 

  • Autre conséquence de l’affaire Comey: Donald Trump menace de supprimer les conférences de presse quotidiennes de la Maison Blanche assurées par son porte-parole, Sean Spicer, et son adjointe, Sarah Huckabee, parce que les journalistes seraient trop hostiles envers eux.
    Il a confirmé ces propos lors d’une interview avec Jeanine Pirro sur Fox News diffusée samedi soir et proposerait de répondre aux questions des journalistes, lui-même, deux fois par mois.

 

  • Petite recap de cette folle semaine dans Saturday Night Live avec l’apparition de Donald Trump (Alec Baldwin), Sean Spicer (Melissa McCarthy) et même son adjointe Sarah Huckabee Aidy Bryant).


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5. Jeff Sessions: Vers une incarcération de masse?

Jeff Sessions lors du Thank You tour en décembre 2016 à Mobile, Alabama.
AP Photo/Brynn Anderson
    • Les Républicains et Donald Trump l’avaient promis durant la campagne: Détruire autant que possible l’héritage de Barack Obama, que ce soit l’assurance santé, les mesures de protection de l’environnement ou encore la réforme de la justice.

 

    • Dans ce domaine, Trump a nommé l’un de ses proches et plus fervents supporters, Jeff Sessions, ancien gouverneur d’Alabama, qui a annoncé un retour du programme très controversé, inefficace et coûteux de « la guerre contre la drogue », mis en place durant les années 80 et 90, qui a condamné et envoyé en prison des centaines de milliers d’Américains, essentiellement afro-américains, pour des délits mineurs, notamment ceux liés à la drogue.

 

    • Eric Holder, ministre de la justice de Barack Obama (2009-2015) a réformé cette approche très agressive de la justice en limitant les peines encourues pour la consommation et détention de drogues douces et des délits mineurs et en insistant sur l’importance de la prévention par rapport à la répression systématique.

 

    • Le nouveau ministre de la justice a effectué un retour en arrière vendredi et demande désormais aux procureurs fédéraux d’appliquer la loi le plus fermement possible, quels que soient les délits, en utilisant les peines minimum obligatoires.
      Une décision plutôt bien accueillie par les magistrats mais critiquée par les associations de défense des libertés civiles (ACLU, Black Lives Matter), les Démocrates et même de nombreux conservateurs dont les très puissants frères Koch, grands donateurs du Parti Républicain.

 

  • Mr Holder était furieux du retrait de sa réforme appliquée depuis 2013 qui a permis de désengorger les prisons du pays – les Etats-Unis ont la première population carcérale au monde:

    La réforme annoncée aujourd’hui n’est pas plus dure envers la criminalité, elle est plus bête (…) C’est une approche idéologique destinée à réprimer qui n’a réussi à engendrer que des peines de justice longues injustes imposées à tort et à travers et qui n’ont rien apporter à long terme à la sécurité publique.

    * « Sessions moves to lengthen drug sentences » – Politico

 

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6. Le fais divers qui a inspiré Twin Peaks

 

 

    • Le meurtre remonte au mois de juillet 1908 dans la communauté balnéaire de Sand Lake, dans le nord de l’Etat de New York. La jeune Hazel Irene Drew a été vue pour la dernière fois seule à la tombée de la nuit sur une route isolée et retrouvée morte, le crâne fracturé, quatre jours plus tard dans le lac situé à proximité.
      Le meurtre a attiré à l’époque l’attention des médias du pays, notamment celle du Washington Post, mais n’a jamais été élucidé et aurait pu retomber dans l’oubli si Mark Frost, le créateur de Twin Peaks, n’avait passé ses vacances, enfant, dans le hameau de Taborton, à quelques kilomètres seulement de Sand Lake.

 

  • Ce dernier raconte que la mort de la jeune Hazel est rentré dans le folklore local comme un avertissement aux enfants de la région de ne pas aller dans les bois la nuit au risque de rencontrer le même sort.

    « J’ai entendu des histoires sur Hazel toute mon enfance car elle aurait hanté le lac » et « c’est un peu d’où vient l’histoire de Laura [Palmer, l’héroïne de Twin Peaks] ». L’idée que le corps de cette fille a été retrouvé à côté de l’eau, le mystère qui reste entier, les nombreux suspects, et tous ces gens qu’elles fréquentaient qui venaient d’horizons économiques et sociaux différents ».

    A l’époque, les enquêteurs avaient identifié plusieurs suspects mais n’ont jamais réussi à identifier l’assassin ou obtenir des aveux.

    Un sage m’a un jour dit que le mystère est l’un des plus importants ingrédients de la vie pour la raison suivante: le mystère créé l’enchantement qui provoque la curiosité, qui est le terrain propice qui et ce que nous sommes vraiment

    * « Hazel’s brutal murder was all but forgotten. Until she inspired « Twin Peaks » – The Washington Post

 

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L’info dans le reste du pays

  • Les Représentants républicains californiens font profil bas depuis le vote de l’American Health Care Act – tous ont voté pour – mais c’était sans compter leurs adversaires démocrates bien décidés à exploiter ce choix pour les battre aux élections de mi-mandat en 2018. Via Los Angeles Times

 

  • Le seul endroit aux Etats-Unis où l’on peut obtenir un Master en « Yoga Studies »? Los Angeles – Via Los Angeles Times

 

  • Recrudescence de requins en Californie mais qui sont plus facilement repérables grâce aux outils technologiques, genre drones, smartphones et caméras – The Orange County Register

 

  • Michelle Obama est très en colère contre la décision de Donald Trump d’annuler un programme fédéral destiné à offrir des repas plus équilibrés aux élèves des cantines scolaires. – Chicago Tribune

 

  • Une charter school de Boston a interdit à ses étudiantes de porter des extensions capillaires, les fameuses tresses africaines, des extensions très populaires dans la communauté afro-américaine. L’administration en a déjà suspendues plusieurs des équipes sportives de l’établissement ou encore de la fameuse « prom » de fin d’année. Une « hair policy » que les parents dénoncent comme raciste. – Boston Globe

 

  • L’appellation certifiée bio, dite « organic » aux Etats-Unis, aurait été donnée à des importations de maïs et de soja qui ne l’étaient pas – Washington Post

Le kiosque du 11.05.17: « ComeyGate » – Black Lives Matter à maturité – « Woke comedians » – Une espérance de vie: les écarts se creusent

 

 

Dans le kiosque du jeudi 11 mai 2017 – New York:

1. Tout savoir sur le ComeyGate
2. ComeyGate: Vers une crise constitutionnelle?
5. Black lives matter, une force politique
6. Les écarts d’espérance de vie se creusent aux Etats-Unis
7. « The Age of the Woke Late-Night Show Comedians »

 

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1. Tout savoir sur le ComeyGate

Voici ce qu’il faut retenir jeudi de la crise la plus importante que traverse la Maison Blanche cette semaine:
 

  • Mardi après midi, Donald Trump a signé le renvoi immédiat du directeur du FBI, sans prendre le soin de l’appeler – ce dernier a appris à la télé de Los Angeles – après avoir suivi les « recommandations » du ministre de la Justice, Jeff Sessions, et de son adjoint, Rod Rosenstein, en place depuis seulement deux semaines, qui ont conclu que Mr Comey n’avait pas bien dirigé l’enquête sur les emails d’Hillary Clinton, close en juillet dernier et avait compromis l’intégrité de l’agence de renseignements, accusée de soutenir la candidate démocrate.
  •  

  • La Maison Blanche a affirmé mercredi que Trump comptait en fait renvoyer Comey depuis novembre et que les conclusions de Mr Rosenstein, prises en tout indépendance, avait précipité les démarches.
    Selon Maggie Haberman du New York Times, Donald Trump n’a pas supporté l’attitude « insoumise » de Comey à son égard ces derniers mois:
     

    • Contredire les accusations lancées début mars sur Twitter contre Barack Obama qui l’aurait mis sur écoute pendant la période de transition.
    • Reconnaître publiquement l’existence d’une enquête sur d’éventuels liens entre son entourage et les Russes pendant la campagne présidentielle.
    • Admettre la semaine dernière que l’idée de l’avoir aidé à remporter les élections – en rouvrant l’enquête sur les emails de Clinton à onze jours du scrutin – lui faisait mal au coeur.

       

      Pour un président obsédé par la loyauté, Mr Comey est apparu comme un agent sans scrupules en qu’il n’avait aucune confiance, encore moins pour diriger une enquête sur les relations de son entourage avec Russie pendant les élections. Pour un homme de loi obsédé par son indépendance, Mr Trump était l’électron libre capable de propos irresponsables sur Twitter qui aurait pu mettre en cause la crédibilité du bureau.

       

  •  


  •  
    Ce renvoi inattendu a pris de court la Maison Blanche
    qui avait du mal à s’entendre hier sur les raisons et le timing de cette décision: Pourquoi ne pas avoir viré Comey juste après les élections? Y a-t-il un rapport avec le cours de l’enquête du FBI?

    Sean Spicer s’est retrouvé caché mercredi soir dans les buissons de la White House pour essayer d’échapper aux journalistes à qui il a fini par répondre dans la nuit noire.
    Son adjointe, Sarah Huckabee, qui l’a remplacé en conférence de presse, et parlé des « atrocités » commises par Comey.
    Enfin on a le droit au retour de Kellyanne Conway, conseillère zélée du président, dont la prestation a fait une fois de plus le tour d’internet.
  •  

  • Trump a utilisé l’erreur de Mr Comey la semaine dernière – il a accusé la conseillère de Clinton, Huma Abedin, d’avoir forwardé des milliers de emails contenant des informations confidentielles à son mari alors qu’il ne s’agissait en fait que de deux chaînes de emails – pour le virer contre l’avis de ses plus proches conseillers.
    On sait que le président a appelé Jeff Sessions et Rod Rosenstein lundi pour préparer le mémo qui justifie le renvoi de Comey
  •  

  • Le président a été surpris du tollé de critiques provoqué par ce renvoi, surtout de la part des Démocrates qui, selon lui, auraient renvoyé directement Comey si Hillary Clinton avait été élu.
    Explication reprise en coeur par les proches du président et républicains hier après midi.
  •  

  • Pour rajouter un peu plus d’huile sur le feu, il a rencontré hier dans le bureau ovale le ministre des Affaires Etrangères russe et son ambassadeur à Washington, à la demande de Vladimir Poutine.
    Rencontre à laquelle était convié les journalistes russes mais interdite aux journalistes américains.

     
    The Wall Street Journal – Edition du jeudi 11 mai 2017

 

***

2. ComeyGate: Vers une crise constitutionnelle?

Comment la Maison Blanche peut-elle sortir de ce pétrin?
 

  • Pour les Républicains et la Maison Blanche, la crise n’existe que dans la tête des Démocrates pour affaiblir le président car après tout « ni les Américains, ni les Parlementaires, ni même les employés du FBI n’avaient confiance en Comey » et il « avait urgence à rétablir l’honneur du Bureau ». 
    Le président rechercherait activement un nouveau directeur qui devra être confirmé par le Sénat. On voit mal le successeur de Comey être aussi agressif s’agissant de l’enquête du FBI sur l’entourage du président.
    De nombreux républicains et les proches du président continue d’affirmer qu’il « n’y a rien à voir » et qu’on « devrait passer à autre chose ».
    Charles Krauthammer, commentateur conservateur respecté demande Condolezza Rice
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  • Une trentaine de parlementaires et sénateurs républicains ont pourtant exprimé des doutes sur les véritables intentions du président et une poignée a demandé la nomination d’un procureur pour poursuivre l’investigation, exigée par les Démocrates
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  • Pour l’opposition, Trump a renvoyé Comey parce qu’il n’avait aucune intention d’arrêter l’enquête sur les liens entre son entourage et le Kremlin pendant la campagne: L’ancien directeur du FBI a d’ailleurs demandé lundi aux membres du Sénat et à Rod Rosenstein de moyens pour approfondir cette enquête.
    C’est Mr Rosenstein qui a « officiellement » demandé son renvoi mercredi.

    C’est le troisième haut fonctionnaire de la sphère judiciaire, après Sally Yates et Preet Bharara a être viré après s’être approché de trop des affaires de Trump avec la Russie, et qui ne fait que renforcer les soupçons.
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  • Les Démocrates ont demandé au ministre adjoint de la justice, Rod Rosenstein (et non pas à Jeff Sessions qui s’est récusé de toute enquête sur la campagne du président) de nommer un procureur indépendant qui puirsuive le travail laissé par Comey. S’il refuse, on pourrait s’attendre à un regain de critiques et l’opposition et de la presse
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  • Deux enquêtes sur l’ingérence russe en cours au Congrès américain dirigées par les commissions parlementaires et sénatoriales du Renseignements sous l’autorité des Républicains.
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  • On devrait s’attendre a de nombreuses fuites du FBI sur l’administration Trump 

 

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3. Not good

Le dernier sondage de Quinnipiac University donne 36% d’opinions favorables au président Trump – et c’était avant le ComeyGate.

 

 

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4. Ou placer le renvoi de James Comey dans ces cent premiers jours?

Merci le New York Times!

Tous les actions du président Trump depuis son investiture

 

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5. Black lives matter, une force politique

blacklivesmatter.com
  • La répression sévère des forces de police et de la justice contre les manifestants, encouragée par la Nouvelle Administration a poussé le mouvement Black Lives Matter à réorganiser sa lutte: Moins de présence dans la rue et plus d’efforts sur le discours et la mobilisation politiques
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  • D’autres groupes, immigrés, femmes et musulmans, devenus ces derniers mois la cible des politiques de Trump sont aujourd’hui défendus par Black Lives Matter qui essaye d’attirer le plus grand nombre de « progressistes » vers leur mouvement pour devenir une force électorale capable de combattre une administration, décidée à casser les efforts entrepris par Obama pour réformer les pratiques de la police et retourner à l’incarcération de masse.
    Leurs revendications intègrent également des thèmes plus sociaux et économiques comme le salaire minimum ou les droits des femmes.
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  • Contrairement à « Occupy Wall Street », Black Lives Matter, un mouvement purement contestataire né lui aussi dans la rue est en train de devenir une force politique  qui compte aujourd’hui une cinquantaine d’antennes à travers le pays.
    « C’est à travers ce travail que les priorités d’un mouvement – comme l’usage obligatoire de caméra sur les gilets par balles – deviennent une norme nationale » et c’est de cette façon que les mouvements efficaces fonctionnent ».
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  • * « Turning away from street protests, Black Lives Matter tries a new tactic in the age of Trump » – The Washington Post

 

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6. Les écarts d’espérance de vie se creusent aux Etats-Unis

  • Le JAMA Internal Medicine a publié lundi un rapport sur l’espérance de vie des Américains et noté des écarts de presque vingt ans entre certaines régions du pays: elle dépasse les 85 ans dans le milieu du Colorado, et les 80 ans sur la côte californienne, le nord est du pays, le nord du Midwest, le sud de la Floride.
    Elle peut tomber jusqu’à 70 voire 65 ans dans certains comtés du Dakota du Sud (réserves indiennes), le long du fleuve Mississipi (Mississipi, Arkansas, Louisiane), dans l’Alabama, le Kentucky et la Virginie Occidentale: des régions marquées par le chômage, le manque d’éducation, la pauvreté, un accès limité aux soins médicaux et des habitudes de vie qui n’arrangent rien, cigarette, manque d’exercice, et l’épidémie de drogues.
Espérance de vie à la naissance en 2014 aux Etats-Unis

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7. « The Age of the Woke Late-Night Show Comedians »

 

 

Les Late-Night Shows américains en feraient-ils trop contre Donald Trump et est-il possible aujourd’hui de faire rire sans s’attaquer au président?
 

  • L’élection de Donald Trump a changé en quelques mois le visage de l’Amérique et obligé de nombreux personnalités médiatiques, notamment à la télévision, à prendre parti pour ou contre le nouveau président – même la chaîne sportive ESPN est accusée de prosélytisme par les Conservateurs.
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  • Ceux qui souhaitent rester neutre ou en dehors de la fièvre partisane le payent très cher à l’instar de Jimmy Fallon, le gentil bouffon de NBC qui a remplacé le légendaire et très conciliant Jay Leno dans l’un des programmes phares de la chaîne, « The Tonight Show » diffusé tous les soirs à 23h30.
    Depuis le 8 novembre dernier, ses parts d’audience ont chuté au profit d’autres Late-Night Shows bien plus politisés (Stephen Colbert, Jimmy Kimmel, Trevor Noah, Seth Meyers…).
    La raison est simple: Jimmy Fallon ennuie les téléspectateurs qui ont désormais besoin de leur shot quotidien de politique, si possible contre le président Trump. Face à ces exigences, le « gentil Fallon, pas compliqué et inoffensif » qui continue d’amuser la galerie et ses invités avec ses sketchs niais, devinettes et karaoké semble presque anachronique, voire désuet.
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  • La présidence de Trump a inauguré l’ère des comédiens de fin de soirée « engagés » (« woke ») dans la vie publique et politique: Selon une étude de George Mason University, Trump durant les cent premiers jours aurait fait l’objet d’un milliers de blagues, d’attaques ou de sketchs sur le petit écran, un chiffre énorme surtout qu’il reste encore 41 mois à passer.
    Le divertissement très politisé porté par Jon Stewart depuis le début des années 2000 triomphe aujourd’hui sous la présidence de Trump contre celui plus potache de Jay Leno: Les « woke late-night show comedians » qui comptent en ce moment sont tous d’anciens acolytes de Stewart et politiquement agressifs: Stephen Colbert, Samantha Bee, John Oliver et Trevor Noah
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  • * « Jimmy Fallon, Late Night’s least woke comedian » – Newsweek
    * « Joke’s on him Study shows Trump subject of most late night quips in early presidency »  – Politico

 

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8. Les unes des quotidiens mercredi 10 mai 2017

Pour comprendre le séisme politique du ComeyGate

le kiosque du 09.05.17: You’re fired!

 

 

  • Trump vire le directeur du FBI qui enquêtait l’ingérence russe pendant les élections présidentielles

    On en vient vraiment à se demander si Donald Trump ne prendrait pas les Démocrates et le reste de la population américaine pour des imbéciles et des ignorants.
     

    Lettre de renvoi du président Trump au directeur du FBI, James Comey

     
    Le président américain a viré mardi après midi le directeur du FBI après avoir « suivi » les recommandations de son ministre de la justice, Jeff Sessions, selon lesquelles il serait incapable de gérer efficacement l’agence de renseignements.
     
    James Comey tient, malgré lui, le haut de l’affiche depuis la campagne présidentielle lorsqu’il a d’abord suscité la colère des Républicains en disculpant Hillary Clinton dans l’enquête sur sa messagerie privée, puis provoqué la haine des Démocrates en décidant le 27 octobre 2016, 11 jours avant le scrutin, de rouvrir cette même enquête après la découverte de nouveaux emails dans l’ordinateur du bras droit de Clinton, Huma Abedin.
     
    Une démarche, saluée à l’époque par le candidat républicain, qui aurait provoqué la défaite de la candidate démocrate aux élections.

     
    James Comey a d’ailleurs défendu cette décision devant le comité judiciaire du Sénat américain la semaine dernière en expliquant que Mme Abedin aurait « forwardé » à son mari, Anthony Weiner, des milliers de emails susceptibles de contenir des informations confidentielles – Le Bureau a rectifié les propos de Comey en précisant qu’il ne s’agissait que de deux chaînes de emails.
     
    C’est cette erreur et la gestion globale de l’enquête sur Hillary Clinton – close l’année dernière – qui aurait convaincu l’administration de tourner la page de l’ère Comey.

     
    La décision rarissime de Jeff Sessions, qui s’est récusé début avril de toute investigation sur la campagne du président ou sur celle d’Hillary Clinton, de demander le renvoi du directeur du FBI qui enquête actuellement sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles, est un abus de pouvoir de l’administration qui peine à cacher l’ambition d’étouffer l’affaire – Trump insiste lourdement depuis plusieurs jours sur l’absence de preuve et qualifie cette enquête de « charade » aux frais du contribuable.

     



    Les Démocrates ont immédiatement demandé la mise en place d’une commission indépendante pour poursuivre l’enquête car « il est impossible de faire confiance à l’entourage du président. »
     
    Les Républicains ont été discrets comme d’habitude, ont soutenu le président et certains ont même demandé à ce que Hillary Clinton soit finalement inculpée.
    Quant aux agents et employés du FBI, ils ont été très surpris de la nouvelle apprise sur les chaînes d’info (comme leur directeur) – On pourrait d’ailleurs s’attendre à des fuites de la part du Bureau ces prochains jours contre le président et son entourage.

    Encore une fois, l’administration affirme qu’il n’y a rien à voir mais agit comme s’il y avait tout à cacher.

     

 

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  • « Yates we can »

    Sally Yates, ancienne procureure générale adjointe du président Obama, est à la une de tous les quotidiens aujourd’hui après une entrevue assez mouvementée devant le Sénat lundi après midi pour répondre à deux épisodes qui ont défavorablement marqué les premières semaines de l’administration Trump et lui ont coûté son renvoi précipité:
     
       * Quelques jours après l’investiture de Donald Trump, elle a prévenu le président que son conseiller à la Sécurité Nationale, Michael Flynn, avait menti au vice-président Mike Pence sur la nature de ses relations avec l’ambassadeur russe à Washington et qu’il aurait pu être l’objet d’un chantage des autorités russes, elles aussi au courant.
     
    Donald Trump n’a rien fait jusqu’à ce que les révélations de Mme Yates apparaissent en une du Washington Post, deux semaines plus tard, et poussent Flynn à la démission – fuites dont elle affirme ne pas être l’auteur.

    La justification de Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche mardi après midi sont édifiantes: ils n’auraient pas accordé d’intérêt « aux déclarations » (il s’agit des discussions ultra confidentielles impliquant la sécurité du pays) de Mme Yates parce qu’elle était démocrate.
    Le président Obama, qui a précipité le départ de Flynn de la Defense Intelligence Agency, l’une des agences du renseignement des Etats-Unis, en 2014, a conseillé au président-élu le lendemain de son élection se méfier de lui: Trump a répondu en offrant à Flynn l’une des plus importantes positions de son cabinet.
     
       * Yates a également défendu hier sa décision de ne pas soutenir le premier décret présidentiel sur l’immigration (la première « travel ban ») signé à la vite le 27 janvier 2017 car le président avait affirmé à plusieurs reprises qu’il s’agissait d’une « muslim ban » uniquement dirigée contre les populations musulmanes
     
       * Ce qu’on retient de cette audience de plus de trois heures, c’est le professionnalisme, l’éthique et l’intégrité de Mme Yates qui a su répondre calmement aux attaques parfois rudes des sénateurs républicains.

 

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  • EPA accueille des pollueurs.

    L’Agence de Protection de l’Environnement (EPA en anglais) dirigée par le climatosceptique Scott Pruitt, a viré vendredi la moitié des membres de l’un de ses plus importants comités scientifiques, « dernier signe de la volonté de l’administration Trump de limiter les capacités de l’Agence à réglementer sur l’environnement en réduisant le rôle de la recherche universitaire ». 
     
    Un porte parole de l’Agence a indiqué que Mr Pruitt voulait remplacer ces scientifiques par des représentants des industries polluantes, celles-là même que l’EPA est censée réguler: « Il pense que [l’Agence] devrait avoir au sein de son comité des gens qui comprennent l’impact de ses régulations sur la communauté ».
     
    Les Républicains reprochent aux scientifiques de privilégier l’environnement au détriment de la création d’emplois et de la bonne marche des certaines entreprises: la présence d’agents économiques au sein du comité, chargé d’évaluer les recherches scientifiques de l’Agence, devrait limiter la portée environnementale des études qu’elle fournit au
    gouvernement pour préparer les règles et restrictions sur tout ce qui est gestion des déchets jetés ou émissions de gaz à effet de serre qui favorisent le changement climatique.
     
    * « EPA Dismisses Members of Major Scientific Review Board » – The New York Times

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  • « The New Gold Rush »

    Ou comment la Silicon Valley est devenue la retraite doré de nombreux anciens conseillers politiques de Washington, qui mettent désormais leur expérience du pouvoir au service des compagnies high-tech.
     
    Le plus connu d’entre eux est sans doute Eric Holder, ancien ministre de la justice du président Obama (2009-2013) engagé par Uber en février pour enquêter sur les accusations de harcèlement sexuel au sein de la compagnie.
     
    La plupart d’entre eux ont travaillé dans les campagnes présidentielles de candidats, Barack Obama (2008 et 2012), John McCain (2008), Mitt Romney (2012), Hillary Clinton (2008 et 2016) ou au sein des Administrations et sont partis capitaliser leur carnet d’adresse, compétences politiques et relationnelles dans les riches entreprises de haute technologie:
     
    « D’une certaine manière, une campagne ressemble beaucoup à une start-up. Tu dois construire rapidement et être préparé à dépenser des millions de dollars pour persuader les gens que ton candidat a raison » explique Matt David, chef marketing de l’application Tinder.
    Ses propos rejoignent ceux de Travis Kalanick, le fondateur de Uber, lors d’une conférence: « Nous sommes en plein campagne électorale et le candidat est Uber et l’adversaire est connard appelé Taxi ».

     

    Uber, Lyft and Airbnb, des compagnies dont les créations ont outrepassé les lois existantes, sont les manuels scolaires de ce que les politiques sont à mêmes de combler

     
    Les méthodes employées en situation de crise sont par exemple les mêmes: Appel à l’action sur les réseaux sociaux, interpeller les élus politiques, et du porte à porte si nécessaire pour convaincre les citoyens, consommateurs et utilisateurs de se mobiliser pour la compagnie.
     
    L’arrivée de conseillers politiques venus de Washington correspond enfin à la fin de la campagne présidentielle qui a laissé nombre d’entre eux libres de se réorienter, Républicains et Démocrates confondus.

    * « Silicon Valley is ‘officially a retirement community for D.C. political vets starting fresh outside the nation’s capital » – The Los Angeles Times

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  • Les étudiants progressistes aussi intolérants que leurs confrères conservateurs?

    Oui à en croire les dernières échauffourées entre partisans et opposants de Donald Trump et de ses supporters dans les universités du pays, notamment celle libérale de UC Berkeley en Californie qui a été le théâtre de violentes émeutes déclenchées par la visite de personnalités conservatrices (Milo Yiannopoulos et Ann Coulter) et qui ont dû être annulées pour des questions de sécurité.
    Une situation dénoncée par les organisateurs républicains comme une violation de leur liberté d’expression et la preuve de l’intolérance de certains étudiants progressistes.

    Un argument qu’il est de plus en plus difficile de critiquer comme l’explique Politico:
     

    Pendant des années, les conservateurs ont été traités d’intolérants, souvent pour de bonnes raisons. Mais les conservateurs vous diront aujourd’hui que ce sont les progressistes qui sont intolérants, en utilisant notamment l’excuse du politiquement correct comme un moyen d’oppression. C’est d’ailleurs devenu un thème important de la campagne, et l’une des principales raisons invoquées par les électeurs de Trump.

     
    Des récentes recherches universitaires montrent que les préjugés et le degré d’intolérance s’équivalent entre les conservateurs et religieux et les progressistes et les Athées.
     
    Dans une étude intitulée « Predicting Ideological Prejudice » publiée dans la revue Psychological Science, Mark J.Brandt explique que les préjugés se fondent avant tout sur des oppositions idéologiques auxquelles se rattachent des considérations sociales et économiques: 
     

    Les supporters conservateurs sont censés s’opposer aux progressistes, gays et lesbiennes, transgenres, féministes, Athées, ceux qui reçoivent les aides de l’Etat, les immigrés en situation irrégulière, les noirs, les scientifiques, les Hispaniques, les syndicats, les bouddhistes, musulmans, hippies, hipsters, démocrates, les goths, immigrés, les plus défavorisés et les nerds.
    Les progressistes de l’autre côté ne devraient pas s’entendre avec les conservateurs, fondamentalistes chrétiens, aux riches, Tea Party, grandes entreprises, Chrétiens, Mormons, aux militaires, Catholiques, la police, hommes, blancs, Républicains, religieux, aux gens de milieux favorisés.

     
    Exemple: Parce que les policiers sont perçus généralement comme étant plutôt conservateurs, les progressistes auront peu de tolérance envers eux.

    Certains diront que l’intolérance des conservateurs est plus dommageable que celle des progressistes car elle cible des groupes plus vulnérables; mais les conservateurs répondront que les progressistes dominent culturellement la société, contrôlent les médias, les universités, Hollywood et l’éducation.

    L’un des moyens les plus efficaces pour entamer un dialogue entre les deux partis est de rentrer en contact avec son « adversaire » et de partager un objectif commun et « neutre » avec lui explique Mr Brandt.

    * « Why Liberals aren’t as tolerant as they think » – Politico

 

Le kiosque du 08.05.17: Assange – Trumpcare vs Femmes – Tomi ne lache rien – Texas attaque ses sanctuaires – Huffpo 2.0

 

 

  • Avec Trumpcare, être une femme va vous coûter cher

    Obamacare ou l’Affordable Care Act, le grand programme de Barack Obama, qui repose sur l’idée d’un accès universel aux soins quels que soient les antécédents médicaux des individus, représente le plus ambitieux projet de protection sociale que le pays ait connu depuis le New Deal.
     
    Pourtant, dès sa signature en 2010, les Républicains n’ont eu qu’une seule obsession, l’abroger et c’est ce que la Chambre de Représentants à commencer à faire jeudi dernier en votant de justesse l‘American Health Care Act, la loi qui remplacera Obamacare.
     
    Trumpcare enlève au gouvernement fédéral la responsabilité d’assurer les citoyens et la redonne aux entreprises privés qui pourront désormais offrir des assurances plus souples selon les besoins des individus, et fixer eux-mêmes le prix des cotisations, avec l’obligation d’assurer tout le monde quel que soit ses antécédents médicaux.
     
    La loi permet aussi aux Etats d’autoriser les compagnies d’assurance à pratiquer certaines exceptions, notamment celle de faire payer davantage les individus ayant des antécédents médicaux car ils sont potentiellement « à risques » et peuvent coûter plus cher – une option interdite sous Obamacare.
     
    Les premiers touchés devraient être les plus pauvres, les plus âgées et les femmes à qui certaines compagnies d’assurance pourraient désormais refuser les soins de grossesse, l’accouchement, et considérer comme une « pre-existing condition » les grossesses, césariennes, le cancer du sein ou harcèlement sexuel.

     
    Une autre provision de l’AHCA obligerait les femmes à retrouver un travail deux mois après l’accouchement sans quoi elles pourraient perdre leur assurance et risquer de payer une amende si elle devait en souscrire une autre.

    Un édito de la revue conservatrice, National Review, publié la semaine dernière s’étonne qu’on ne demande pas systématiquement aux femmes (dont les soins médicaux coûtent en moyenne un tiers de plus que ceux de la gent masculine) de payer davantage que les hommes.
     

    On peut défendre l’idée que les femmes n’ont pas à assumer seules le fardeau de leur dépenses de santé, du moins pas dans sa totalité. Mais on peut également avancer que les pauvres travailleurs du Bronx n’ont pas à payer pour le style de vie des multi-millionnaires des Hamptons sous prétexte qu’il faut satisfaire les défenseurs de l’égalité homme-femmes.
    Si les cotisations des femmes sont plus importantes que les hommes, ce n’est pas à cause des méchantes assurances mais c’est basée sur de la science des nombres et des statistiques.

     

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  • Le Texas, premier Etat contre les villes sanctuaires

    Breitbart se félicite d’une « loi historique » signée par le gouverneur du Texas, le républicain Greg Abbott, qui va durement pénaliser les forces de l’ordre locales qui n’appliqueraient pas les lois fédérales contre l’immigration. C’est le premier Etat à s’attaquer légalement contre les villes sanctuaires, ces refuges dans lesquels les autorités et la police protègent les immigrés en situation irrégulière, cibles du président Trump et du ministre de la justice, Jeff Sessions.
     
    Les policiers et shérifs locaux qui refuseront désormais de coopérer avec les agents de l’Immigration & Customs Enforcement, c’est-à-dire de leur remettre des personnes en situation irrégulière, sous le coup d’un mandat d’arrêt (« immigration detainer »), seront passibles de pénalités civiles et criminelles, y compris de la prison, et les villes sanctuaires passibles de fortes amendes.
     
    Les Démocrates texans ont critiqué la loi, qualifiée de « show me your papers » car elle autorise selon eux les agents fédéraux et policiers à contrôler le statut légal de n’importe quel individu, s’ils le soupçonnent d’être entré illégalement sur le territoire, sur des prétextes discriminatoires comme la couleur de peau ou un accent.
     

    Le gouverneur du Texas, Mr Abbott, s’est défendu de vouloir rendre son Etat plus sûr pour « les citoyens américains » qui ne sont pas visés par cette loi, contrairement à « ceux qui sont entrés illégalement sur le territoire, qui ont commis des crimes violents, et qui font l’objet d’un mandat d’arrêt des services de l’immigration ».
     
    Il y aurait actuellement 1,5 millions d’immigrés en situation irrégulière au Texas, derrière la Californie, qui en possède le double, dont 80% sont nés au Mexique et habitent depuis au moins cinq ans et 40% d’entre eux sont propriétaires de leur logement: c’est un groupe important et très intégré dans la communauté.
     
    * « Sanctuary Cities subject to ‘stiffest penalties in America’, says Texas Governor » – Breibart
    * « Demographics of Texas’ undocumented population » – Houston Chronicle

 

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  • Pourquoi Julian Assange ne doit pas être jugé

    Le ministre de la justice Jeff Sessions veut poursuivre en justice Julian Assange pour la diffusion en 2010 de documents ultra-secret de l’armée américaine (les câbles diplomatiques de la guerre en Irak et en Afghanistan volés par le soldat Manning) et plus récemment ceux sur l’appareil d’espionnage numérique de la CIA. Son directeur, Mike Pompeo accuse Wikileaks d’avoir « poussé Manning à récupérer des informations confidentielles » pour déstabiliser les Etats-Unis et d’être un « service de renseignements non-étatique et hostile encouragé par des acteurs étatiques comme la Russie ».
     
    Dans un éditorial publié dans le Washington Post début avril, Assange s’est défendu d’avoir les mêmes ambitions que le New York Times ou le Washington Post quand ils publient des révélations basées sur des informations confidentielles (surtout depuis l’élection de Donald Trump), celles d’informer le public, et que Wikileaks devrait être également protégée par la liberté d’expression garantie dans le Premier Amendement de la Constitution Américaine.
     
    Ce que réfute Mr Pompeo qui affirme que « Julian Assange ne bénéficie d’aucune liberté liée au Premier Amendement. Il est coincé dans une ambassade de Londres. Ce n’est pas un citoyen américain. »
     
    Hier, l’éditorialiste média du Washington Post, Margareth Sullivan, a pris fait et cause pour Julian Assange, ce weekend, non pas pour défendre sa personnalité (accusé de viol), ni ses actions (la publication de documents contenant des informations personnelles sur des individus et son ingérence dans les élections présidentielles américaines) mais pour la liberté de la presse en général.
     

    Tous ceux qui défendent la liberté de la presse aux Etats-Unis doivent comprendre ceci. Poursuivre en justice Julian Assange au nom de l’ « Espionnage Act » pour avoir publié des fuites – que le ministre Jeff Sessions considère comme une priorité – est dangereux.
    Ca pourrait une étape nouvelle vers ce que le président Trump menace de faire depuis longtemps: punir les médias indépendants aux Etats-Unis (…) C’est certes difficile à réaliser mais punir Assange irait dans cette direction. Et parce que les méthodes de Assange sont douteuses, on ne se rend pas compte qu’il s’agit d’une véritable menace.

     

    Donald Trump avait déclaré à plusieurs reprises son « amour » de Wikileaks lors de la campagne présidentielle lorsque l’organisation avait diffusé à parti d’octobre les emails piratés du directeur de campagne de Hillary Clinton, qui ont eu leur responsabilité dans la défaite de la candidate démocrate.

     
    * « The Goverment wants Julian Assange in jail. That could hurt the rest of us » – The Washington Post
    * « Julian Assange: Wikileaks has the same mission as The Post and the Times » – The Washington Post
    * « Sources: US prepares charges to seek arrest of Wikileaks’ Julian Assange » – CNN

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  • Le Huffington Post se modernise

    Nouveau logo plus moderne pour le site internet qui vient de fêter ses douze ans d’existence, dont une première année sans sa fondatrice, Ariana Huffington, remplacée Lydia Polgree, et qui selon Politico, souhaite transformer le « HuffPost » en « tabloid populaire de l’ère numérique ».
    Elle vient d’engager l’ancien rédacteur en chef du New York Daily News, Jim Rich, qui avait transformé le tabloid de gauche – rival du New York Post de Rupert Murdoch – en machine de guerre anti-Trump durant la campagne présidentielle et qui lui a d’ailleurs coûté son renvoi en novembre dernier, lorsque le candidat a été élu président.

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  • Tomi Lahren ne lâche rien

    A force d’être politiquement incorrecte, Tomi Lahren, porte drapeau des jeunes conservateurs en colère qui partageait ses opinions très controversées sur Black Lives Matter (le nouveau Ku Klux Klan) ou les médias mainstream (des libéraux déguisés en journalistes) sur le site du chouchou du Tea Party, Glenn Beck, a été virée de The Blaze il y a quelques semaines pour s’être prononcée en faveur … du droit à l’avortement. 
    Portrait très intéressant de la jeune star déchue qui compte bien rebondir dans Politico

    * « Tomi Lahren Will Not Shut Up » – Politico