Le Kiosque du 12.05.17: Trump menace Comey; Seattle vs SF; un journaliste en prison; les médias libéraux: A Droite Toute!

 

Aujourd’hui dans le kiosque du vendredi 12 mai:

1. Trump menace Comey
2. Cette couverture du New Yorker
3. Seattle, San Francisco à visage humain
4. Un journaliste arrêté pour avoir fait son boulot
5. Les médias libéraux: A droite toute!
6. La ligue de soccer féminin en prime-time

 

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1. Trump menace Comey

Enième tweetstorm de Donald Trump ce matin:
 

  • Il a essayé de dissuader l’ancien directeur du FBI, James Comey, de parler à la presse en évoquant l’existence d’enregistrements de leurs conservations qui serait susceptible de contredire ses propos. Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche a refusé de donner davantage d’informations sur les propos du président cet après midi en conférence de presse.
     
    A chaque fois qu’il est pris au dépourvu, le président a tendance à évoquer des preuves, dont il a lui seul le secret, pour mieux intimider ses adversaires: Il a accusé son prédécesseur de l’avoir mis sur écoute et a tenté de discréditer l’ancienne Miss Univers, Alicia Machado, en évoquant des « sex tapes » que personne n’a jamais trouvé.
     
    La Maison Blanche craint des fuites d’information à son encontre de la part des certains agents du FBI qui souhaitent s’attend venger le limogeage de leur boss.
    Quant à Mr Comey, il a refusé l’invitation de la Commission de renseignement du Sénat à témoigner sur les circonstances de son limogeage.

     

    Pour tout comprendre sur la chronologie des évènements entourant le ComeyGate: Un très bon recap ICI

 

  • Le New York Times affirme que Donald Trump a renvoyé James Comey car ce dernier aurait refusé de lui prêter allégeance. Le président aurait fait la demande lors d’un dîner privé le 27 janvier dernier, au lendemain de l’entrevue entre Sally Yates et un conseiller de la Maison Blanche, Donald McGahan, au cours de laquelle la ministre de la justice par intérim a évoqué les mensonges du conseiller à la Sécurité Nationale, Michael Flynn, sur ses relations avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak, et les risques de chantage dont il aurait pu faire l’objet.
     
    Impossible de savoir si le président est au courant que les agents du FBI prêtent serment à la Constitution des Etats-Unis et non pas au chef de l’Etat pour une raison simple:

     

    Un gouvernement qui repose sur des individus – qui peuvent être imprévisibles, faillibles et prompts à faire des erreurs – peut mener trop facilement à la tyrannie d’un côté et à l’anarchie de l’autre. Les pères fondateurs ont voulu éviter ces extrêmes en créant un gouvernement équilibré basé sur principes constitutionnels.

     

  • Il a ensuite menacé de supprimer les briefings quotidiens de la Maison Blanche, les rendez-vous désormais cultes de l’après midi avec Sean Spicer, pour les remplacer par des questions/réponses écrites.
    La raison? La porte parole adjointe, Sarah Huckabee, a affirmé aux journalistes que le limogeage du directeur du FBI était la conséquence directe des recommandations faites par l’adjoint du ministre de la Justice au président mardi. Explications contredites par l’intéressé, Donald Trump, dans une interview diffusée hier sur NBC dans laquelle il explique qu’il avait décidé depuis longtemps de renvoyer Mr Comey, quelles que soient les recommandations qu’il aurait reçu à ce propos.

     


    « Trump warns Comey and Says He May Cancel Press Briefings »
    – The New York Times

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2. Cette couverture du New Yorker

  • Et puis vous avez cette couverture du New Yorker du vendredi après midi qui vous ravie: Barry Blitt est le dessinateur attitré de tout ce qui touche à Donald Trump et il réussit un coup de génie dans son illustration du limogeage de James Comey, « Ejected »

 

 

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3. Seattle, San Francisco à visage humain

  • Seattle et la Silicon Valley/San Francisco sont des villes ultra connectées, riches et portées sur l’avenir mais ont une vision très différente de leur futur.
    Les deux régions de la côte Ouest des Etats-Unis situées à 1 300 km l’une de l’autre sont les deux pôles technologiques les plus importants du pays, connectés l’un à l’autre (Seattle serait devenue le « complément » de la Valley) qui partagent une histoire commune: Elles ont toutes les deux prospéré pendant la Ruée vers l’Or (au milieu du 19ème siècle) et accueilli ces dernières décennies les entreprises les plus dynamiques, créatrices et rentables de l’économie américaine.

 

  • Pourtant les deux villes sont bien distinctes non seulement par leur taille, par leur production – la Silicon Valley est remplie de start-ups, de grandes entreprises spécialisées dans la fabrication de petits pièces, genre micro-processeur, téléphones portables, applications tandis que Seattle accueille les géants de Boeing, Amazon et Microsoft, « des constructeurs d’importants centres de données » mais la scène start up est sous-développée – mais aussi par l’image qu’elles cultivent et qu’elles veulent renvoyer.
    « Les habitants de Seattle refusent de voir leur ville devenir comme San Francsico, dominée par des geeks fortunés » et veulent garder leur statut de seconde ville la plus économiquement intégrée des Etat-Unis – SF est 14ème du classement. »
    « C’est l’une des raisons, à côté des paysages naturels, des logements à bas prix, et de l’absence d’impôts locaux, pour laquelle les « Valleyites » fuient vers le nord. Une meilleure qualité de vie pour deux fois moins cher. »
    * « How America’s two tech hubs are converging » – The Economist

 

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4. Un journaliste arrêté pour avoir fait son boulot

 

  • Ca peut paraître anecdotique si ça n’était pas l’Amérique de Trump où la liberté de la presse est ouvertement et quotidiennement menacée par le gouvernement.
    Le journaliste Dan Heyman a été arrêté dans le Capitole de Virginie Occidentale à Charleston mardi soir après avoir tenté d’interviewer le Secrétaire d’Etat à la Santé Tom Price, emprisonné pendant sept heures et inculpé pour avoir « volontairement interrompu la bonne marche du gouvernement », un délit mineur dans cet Etat.
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  • Le journaliste était présent en toute légalité dans le bâtiment qui sert de siège au Congrès où il a essayé d’arracher une réponse à Mr Price sur Trumpcare, à avoir si la violence domestique serait considérée comme un antécédent médical ou non. Il a tenté de se rapprocher de lui avant d’être écarté par la sécurité.
    Selon les autorités, le journaliste aurait tenté de se frayer un chemin entre les gardes du corps et enfreint les mesures de sécurité.

    Les journalistes un peu trop insistants sont généralement évacués sans risques de poursuites judiciaires; celles de Mr Heyman, demandées par la Mairie, sont conséquentes: une caution de 5 000 dollars et une amende de cent dollars et une peine maximum de six mois de prison pour « délit mineur ».
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  • « Ces choses ne sont pas censées arriver dans une démocratie comme les Etats-Unis. Ce n’est pas ce que nous défendons », affirme l’avocat de Mr Heyman, qui explique que son client ne faisait que son boulot.
    Le Comité de protection des journalistes a quant à lui qualifié cette démarche « de pur affront envers la liberté de la presse ».

    L’histoire a été relayé dans le New York Times et le Washington Post
     
    * « Dan Heyman Interview » – Esquire

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5. Les médias libéraux: A droite toute!

  • Les médias dits « libéraux », ceux qui penchent à gauche et sont très critiques envers le président, qui représentent une grande majorité des médias mainstream aujourd’hui avec en chef de file le New York Times, le Washington Post ou la chaîne câblée MSNBC, profitent depuis la campagne présidentielle de l’effet Trump
    Le caractère peu orthodoxe du personnage fait beaucoup d’audience mais le critiquer est encore plus profitable: tous ces médias ont enregistré des taux records d’abonnements, revenus publicitaires en hausse et non jamais rassemblé autant de téléspectateurs.
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  • Pourtant ces derniers ont décidé depuis les résultats inattendus de l’élection qu’aucun d’entre eux n’a su anticiper, de diversifier leur personnel en recrutant de nombreuses personnalités plus « conservatrices ». L’arrivée d’un climatosceptique, Bret Stephens, dans le comité éditorial du New York Times a choqué beaucoup de lecteurs tout comme celle de Hugh Hewitt au Washington Post. Ce dernier devrait d’ailleurs animer prochainement une émission politique sur … MSNBC, qui fait aujourd’hui sa pub en se targuant d’aller « trop à droite ».
    Quatre raisons selon Slate expliqueraient cette tendance:
       * Aller piquer des téléspectateurs de Fox News qui est en train de traverser la pire crise de jeune existence
       * Apporter davantage de pluralisme dans le traitement de l’information et avoir accès à ce que pensent les conservateurs – éclater autant que possible la bulle libérale qui a aidé Trump à être élu.
       * Coup de pub pour attirer davantage d’annonceurs.
       * Les conservateurs engagés par le Times, le Post ou MSNBC sont ceux qui ont refusé de soutenir Trump et dont l’avenir est dans l’opposition même s’ils restent à droite.
     
    * « Why are liberal media outlets on a conservative hiring spree? Five theories » – Slate

 

  • Les « libéraux » peuvent se rassurer, ils disposent encore de nombreux alliés dans les médias, souvent d’anciens proches de Clinton, mais la représentation de la branche plus « progressive », les proches de Sanders, est plus rare – ils n’ont d’ailleurs reçu aucun soutien durant les primaires démocrates et le reste des élections présidentielles.
    Pour l’Observer, ancienne propriété de Jared Kushner, gendre de Trump, qui penche à droite, l’explication est simple:

Plutôt que de recruter pour combler le manque de « progressistes » dans les médias, MSNBC, The New York Times et autres se sont recentrés vers la droite dans l’espoir de casser la suprématie de Fox News.
Ce changement s’inscrit dans une tendance plus large de l’establishment de la politique et des médias de taxer Bernie Sanders et ses supporters d’extrême gauche. Une catégorisation péjorative qui laisse entendre que les progressistes sont radicaux, en marge et ont peu de soutien.

 

 

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6. La ligue de soccer féminin en prime-time

  • La chaîne féminine Lifetime, spécialisée dans les téléfilms dramatiques, à l’eau de rose, ou « romcom » de seconde zone, et propriété du groupe A&E vient d’acquérir les droits de transmissions télé de la ligue féminine nationale de soccer (NWSL) et d’acheter des parts de la Ligue, ce qui devrait lui garantir davantage d’exposition médiatique pour les années à venir.
    Grâce à ce contrat, la National Women’s Soccer League aura ses matchs retransmis à la télé dans tout le pays, la condition sinequanone pour attirer spectateurs, supporters, et engranger des revenus.
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  • On parle d’un investissement de plusieurs millions de dollars de la part de la part du réseau câblé qui pourrait toucher une audience d’environ cent millions de foyers, plus importante que ESPN, La chaîne sportive américaine.
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  • La ligue féminine créée il y a quatre ans est la plus réussie depuis les échecs de la Women’s United Soccer Association (WUSA) en 2003 et la Women’s Professional Soccer (WPS) en 2011.
    Contrairement à l’équipe nationale très célèbre – la finale de la coupe du monde féminine en 2015 reste le match de football le plus regarde de la télé américaine – le championnat peine à attirer susciter l’intérêt du public et des sponsors. Grâce à une rencontre hebdomadaire diffusée sur Lifetime, la ligue et le réseau espèrent fidéliser davantage.
    Bonne Chance!

Samedi 4 février 2017: Washington souffle, le NYtimes vs. Trump et Breitbart boycotté

 

  • La politique étrangère de Trump dans la continuité de celle d’Obama.
    Après le désastre de la « Travel Ban » orchestré par Steve Bannon et son acolyte, Stephen Miller, la semaine dernière, le Conseil de la Sécurité des Etats-Unis a repris les commandes de la politique étrangère et opéré des changements plutôt inattendus, qui s’inscrivent dans la continuité de celle de Barack Obama:
    1. Trump a demandé au gouvernement israélien d’arrêter l’expansion des colonies juives au delà des frontières actuelles de Jérusalem Est et des territoires occupés.
    2. De nouvelles sanctions sont imposées à l’Iran sur son programme de missiles balistiques mais pas sur celui sur le nucléaire est pour le moment épargné.

    3. Nikki Haley, ambassadrice américaine à l’ONU a condamné l’ingérence de Poutine en Ukraine et demandé le retrait immédiat des troupes russes de Crimée.
  • Le boycott de Breitbart continue.
    Sleeping Giants, une organisation née au lendemain du 8 novembre pour « stopper les sites racistes, antisémites, sexistes, et homophobes en attaquant leurs revenus publicitaires » a fait parler d’elle début décembre quand Kellogg’s a décidé de retirer ses pubs. Depuis 820 entreprises ont choisi de retirer leurs publicités de Breitbart, et parmi elles, BMW, Visa, Vimeo, T-Mobile, Nestlé ou encore Lyft.

    Cette démarche ne va pas ruiner Breitbart, et ses encarts publicitaires sont toujours remplis, notamment par Amazon, Uber ou AT&T; mais les revenus engendrés par ces publicités, qui dépendent des clics des internautes, seront moindres si les annonceurs sont plus limités et moins reconnus. 
  • The Guardian, l’un des plus importants sites internet d’infos et gratuit (40 millions de visiteurs mensuels) a créé un service d’inscriptions en ligne en 2014 qui a atteint les 200 000 abonnés en 2016. Le site du Guardian n’a pas de Paywall qui limite le nombre d’articles lus chaque mois, dont « les gens qui s’abonnent ne bénéficient pas de contenu exclusif et ils le font parce qu’ils pensent qu’il est important que le journalisme du Guardian reste gratuit » explique David Magliano, le directeur général du quotidien, à Digiday. Le quotidien à également reçu 100 000 contributions de lecteurs qui ont répondu positivement aux appels de dons.
    Leur objectif est d’atteindre un million d’abonnés en avril 2019.
  • Avant la diffusion du rendez-vous sportif de l’année, le Super Bowl, dimanche après midi, La chaîne Fox a programmé dans la matinée une interview exclusive de Donald Trump avec son présentateur star, Bill O’Reilly enregistrée hier à Mar-a-Lago, sa résidence de Palm Beach en Floride, où le président passe le weekend.
    Le Commander-in-Chief pensait que son interview serait diffusée pendant le Half-Time, mais la fameuse tranche horaire est devenu depuis les années 90, le show musical incontournable de la pop culture US, animé cette année par Lady Gaga.

    Mr O’Reilly, qui connaît Trump depuis trente ans, l’aurait avisé, hors caméra, de montrer un peu plus de patience et de retenu envers les critiques et ses adversaires qui pourraient chercher à la destituer.
  • Washington peut respirer le temps d’un weekend.
    Donald passe le weekend à Mar-a-Lago après deux premières semaines intenses à la Maison Blanche et Washington peut respirer à nouveau. Mais le président n’en n’a pas pour autant oublier de tweeter sur différents sujets entre hier soir et ce matin: les taxes imposées sur les produits américains à l’étranger, les pays du Moyen Orient « qui sont d’accords avec la [travel] ban », sur la décision « ridicule » du juge de Seattle de la bloquer « temporairement », et enfin sur sa cible préférée, le « FAKE NEWS @nytimes ». Ce matin, le quotidien a publié en une un article affirmant qu’il « était toujours étroitement lié à son empire ».
  • National Review a publié sur sa page Facebook hier un article de Conservative Review qui encense la façon dont Ronald Reagan a géré les émeutes étudiantes de Berkeley en 1969 lorsqu’il était gouverneur de Californie. Les forces de l’ordre à qui il avait demandé d' »utiliser tous les moyens nécessaires pour ramener le calme » avaient tué un étudiant et blessé 120 autres. « C’est la façon dont les manifestants anti-Trump qui détruisent la propriété, bloquent la circulation et insultent la police doivent être gérés ». L’article a été publié le 10 novembre dernier après les manifestations qui ont suivi l’élection de Donald Trump dans certaines universités et reposté à l’occasion des violences qui ont eu lieu à UC Berkeley cette semaine contre l’apparition du journaliste alt-right, Milo Yiannopoulos, qui a du être annulée.

         

  • La gauche est la proie d’un phénomène réservé – presque – jusqu’ici aux supporteurs de Donald Trump, les « fake news » nous explique The Atlantic. Rien à voir avec l’amplitude des trois mois qui ont précédé les élections mais beaucoup d’intox circule désormais sur les réseaux sociaux, directement inspirée par le comportement imprévisible de Trump et la confusion créée par la nouvelle administration ces deux dernières semaines, à l’instar du Palmer Report, du compte Twitter @RoguePOTUSStaff, selon le site internet est spécialisé dans la dénonciation des « fake news », snopes.com.
  • Le « White House Correspondant Dinner » tombe à l’eau.
    L’un des plus importants diners de gala de Washington qui réunit chaque année la crème des médias, de Hollywood et des politiques, est boycotté par deux de ses principaux sponsors, le New Yorker, qui a annulé la réception de la veille et Vanity Fair qui s’est retiré de l’organisation de l’After Party très exclusive qui a lieu dans la résidence de l’ambassadeur français, et désormais sous la seule responsabilité de Bloomberg Businessweek.

    Donald Trump n’a pas non plus confirmé sa présence compte tenu de ses relations conflictuelles avec les médias. Le seul intérêt de cette soirée sera sans doute la soirée « alternative » organisée par Samantha Bee, qui aura lieu le même soir, le 29 avril, dans la capitale

L’appel du Guardian aux journalistes américains

Les attaques répétées du président et du porte-parole de la Maison Blanche contre les médias obligent à davantage de solidarité et de coopération entre groupes de presse et journaliste. selon le quotidien anglais The Guardian.
Leur appel sera-t-il entendu?

Deux évènements ces dernières semaines ont bien fait comprendre le besoin d’unité du quatrième pouvoir face à l’hostilité de la nouvelle administration:

  • 11 janvier 2017, Manhattan: Lors de sa première conférence de presse en tant que président, Donald Trump « attaque et humilie » un reporter de CNN en l’accusant de propager des « fake news » en référence au rapport controversé et non-vérifié publié par Buzzfeed la veille.
    Aucun journaliste n’a défendu Jim Acosta qui n’a eu aucun droit de réponse ce jour là, malgré les demandes répétées.
  • 21 janvier 2017, Washington D.C.: Le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, réunit la presse dans la briefing room de la Maison Blanche ment sur l’audience et la mobilisation des Américains lors de la cérémonie d’investiture du président et accuse la presse d’être malhonnête.

Nous devons faire face à une situation qui nous dépasse et qui est trop importante pour la gérer soi-même: L’impact de Donald Trump sur la démocratie aux Etats-Unis

The Guardian propose des solutions

  1. Montrer une complète solidarité entre confrères: Si Donald Trump refuse de répondre aux questions d’un journaliste, le suivant devrait reposer la même question et ainsi de suite jusqu’à qu’il réponde à la question.
    Si un journaliste est accusé à tort, ses confrères devraient prendre sa défense.
  2. La seconde étape repose sur l’échange d’informations pour plus d’efficacité. Si un journaliste obtient un scoop mais manque d’informations pour le corroborer, il pourrait demander l’aide de confrères du New York Times, CNN, ProPublica ou Fox News qui ont peut-être la « pièce manquante du puzzle »
  3. « Le plus haut degré de collaboration » serait une enquête commune sur les conflits d’intérêts du président à l’étranger et sur ceux des milliardaires de son cabinet.
    L’autre enquête s’intéresserait à ses liens avec la Russie et pourrait inclure la participation d’autres médias étrangers.

Trump est désormais le président des Etats-Unis, il représente l’exécutif. La noblesse du métier de journaliste a toujours été de vérifier le pouvoir du gouvernement, au coeur de l’Autorité (…) Il a menacé sa rivale d’emprisonnement, a fait des promesses qu’il ne pourra pas remplir, mélange famille et gouvernement, refuse de se soumettre au contrôle et lutte contre la liberté de la presse.

Ce gouvernement a décidé de prendre un chemin différent et hostile. Il est temps pour nous de changer le nôtre. Ce n’est pas seulement juste, c’est nécessaire.

Ingérence russe dans les présidentielles américaines: Et si c’était de l’intox?

Les sanctions très sévères prises par Barack Obama à l’encontre de la Russie, accusée d’avoir piraté le Parti Démocrate durant la campagne présidentielle pour favoriser Donald Trump aux dépens de Hillary Clinton, sans avoir offert de preuves tangibles, met aujourd’hui les médias americains dans une situation délicate.
Certains journalistes évoquent le scandale des armes de destruction massive: un mensonge orchestré par l’administration Bush, appuyé à l’époque par l’enquête d’une journaliste du New York Times, qui avait justifié l’intervention de l’armée américaine en Irak.
Parmi eux, Glenn Greenwald et Matt Taïbbi mettent aujourd’hui en garde leurs confrères contre l’éventualité d’un nouveau fiasco.

 

Le renvoi de 35 dignitiares russes liés aux services de renseignements du sol américain et la réponse stratégique de Poutine de ne pas envenimer la situation en attendant l’investiture de Donald Trump, ferait presque passer Barack Obama pour l’agresseur et son confrère russe pour une oie blanche.

La plupart des quotidiens du pays consacraient leur une hier à la décision dramatique du gouvernement américain en considérant comme acquise la culpabilité du Kremlin dans cette affaire de piratage. Rares ont été ceux à admettre qu’il n’existe pourtant aucune preuve tangible aujourd’hui que le gouvernement russe est à l’origine du « hackage » du Parti Démocrate si ce n’est le rapport de la CIA et du FBI, publié jeudi, qui reste très flou sur les méthodes employées et les acteurs engagés dans ces actes criminels.

Comme le constate Matt Taïbbi dans Rolling Stone hier, ce rapport ne livre aucune indice sur ce qui a mené les services de renseignements à déterminer que:

  • Le gouvernement russe était le commanditaire du piratage 
  • Le piratage était destiné à influencer les élections présidentielles, qui plus est, en faveur de Donald Trump.


Comme les médias conservateurs l’avancent, personne, ni Poutine, ni le parti Républicain, ni même sans doute Trump, avaient prévu la victoire de leur candidat.

Le problème avec cette histoire, c’est que comme dans la débâcle de celle des armes de destruction massive en Irak, elle s’inscrit dans un environnement extrêmement politisé dans lequel les motifs de tous les acteurs impliqués sont suspects. Rien n’est logique ici.

La seule façon d’y voir plus clair serait de fournir des preuves que l’administration Obama et les services de renseignements refusent de révéler « par peur d’exposer leurs sources et leurs méthodes » – malgré les demandes répétées des journalistes, conservateurs et libéraux depuis des semaines.

Plus inquiétant, pour certains supporters de Clinton, l’idée que « la Russie a piraté les élections » renvoie au piratage des votes le jour des élections – des suspicions levées après le recomptage des voix dans le Michigan et le Wisconsin, qui ont confirmé la victoire de Trump dans ces Etats. 
Selon le site Yougov, la moitié des électeurs démocrates pensent que le gouvernement russe aurait modifié les résultats du scrutin le 8 novembre – « un nombre aussi inquiétant que les 62% d’électeurs de Trump qui croient les propos d’Alex Jones, un présentateur télé conspirationniste, selon lesquels des millions de sans papiers auraient voté illégalement aux élections présidentielles.

Cette affaire a également des enjeux partisans, et l’intervention de Glenn Greenwald, la semaine dernière sur le plateau de Tucker Carlson, sur Fox News, pour dénoncer les accusations du gouvernement américain contre les agissements russes, a été critiquée par certains médias libéraux qui l’accusent de prendre la parti de Trump et de Poutine. 

Le fondateur de The Intercept en a conclu qu’accuser la Russie d’ingérence n’était finalement qu’un stratège politique des démocrates pour discréditer le prochain président.

Il n’existe aucune preuve tangible pour appuyer les accusations du FBI, de la CIA et du gouvernement américain, et en tout état de cause, il est impossible de tirer de conclusion définitive sur l’ingérence de Vladimir Poutine et du gouvernement russe dans les élections présidentielles américaines – une précaution que beaucoup de journalistes et de rédactions n’ont pas prise.  

Comme le rappelle Matt Taïbbi en conclusion de son article:

Nous devrions avoir appris de l’épisode Judith Miller [journaliste du New York Times qui a révélé l’existence d’armes de destruction massive en Irak avant de reconnaître que ses sources l’avaient manipulée].
Non seulement les gouvernements mentent, mais ils n’hésiteront pas à ruiner les agences de presse au passage. Ils utiliseraient n’importe quel pigeon pour arriver à leur fin.
Je n’ai aucun problème à penser que Vladimir Poutine a tenté d’influencer les élections américaines.
C’est un gangster de bas étage qui est capable de tout. Et pareil pour Donald Trump qui s’est rabaissé durant la campagne jusqu’à aller demander aux Russes de rendre publique les emails de Hillary Clinton. Donc tout est possible.
Mais on s’est déjà trompés dans des histoires similaires, qui ont eu des effets désastreux. Ce qui rend encore plus surprenant le fait qu’on n’essaye pas un peu plus d’éviter de se faire avoir à nouveau.

 

Le kiosque du mardi 22 novembre

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TRUMPLANDIA

Hillary Clinton sauvée des eaux

Doit-on y voir une certaine empathie du futur président contre son ancienne rivale, humiliée dans l’une des pires défaites subies par le parti démocrate? Kellyanne Conway a affirmé ce matin que la future administration n’envisagerait pas de continuer les poursuites contre la candidate déchue, ni sur la gestion de sa messagerie privée, ni sur la Fondation Clinton.
Une décision qui rompt avec son programme de campagne et l’un des moments les plus glaçants des élections présidentielles lors du second débat entre les deux candidats lorsque Trump avait promis de « l’enfermer » en cas de victoire.
A savoir maintenant quelle sera la réaction des supporters de Trump, dont certains vouent une haine contre l’ancienne First Lady

« Culture War » chez Starbucks

Non contents d’avoir élu un raciste misogyne inexpérimenté à la tête de leur pays, certains supporters de Trump aiment faire souffrir ceux qui ne l’ont pas choisi avec des techniques très élaborées à l’instar de cette démarche qui consiste à aller chez Starbucks, commmander une boisson sous le nom de trump afin qu’il soit écrit le gobelet. De cette façon, les baristas sont obligés de crier Trump pour prévenir leur clients que leur boisson est prête.

De nombreux consommateurs ont donc fièrement pris des selfies avec leur boisson appelée Trump et l’ont posté sur les médais sociaux avec le hashtag #TrumpCup. Sauf que certains baristas, sans doute peu inspirés par l’élection d’un « anus orange » – dixit Rosie O’Connell – ont refusé de jouer le jeu provoquant la colère de certains consommateurs qui se sont plains en filmant leur confrontation.
L’un des instigateurs de cette opération parle de « guerre de cultures » et entend défendre son 1er Amendement – Donald Trump avait déjà esayé de boycotter Starbucks l’année dernièr après la décision de la compagnie de changer d’enlever les motifs de noël sur leurs gobelets durant la Holidays Season.

Ces mêmes supporters ont également appelés au boycott de la comédie musicale Hamilton, dont le casting a interpellé en pleine représentation le futur vice-président Mike Pence qui était présent dans le public vendredi dernier – Sauf que le show est au complet, et on voit mal des supporters de Trump avoir même l’idée d’aller voir ce spectacle.

Cette jeune femme a résumé en mois de 160 caractères l’absurdité de ces démarches: « #Trumpcup, une protestation contre Starbucks en achetant des Starcbucks. #BoycottHamilton en étant incapable d’acheter des tickets qui sont tous vendus. »

Donald Trump coûte cher

En décidant de rester dans sa tour dorée de la cinquième avenue de New York avec femme et enfants, Donald Trump a rendu le Midtown de Manhattan impratiquable pour les voitures et de nombreux touristes. La sécurité du futur président coûte très cher à la ville, presque un million de dollars par jour selon le site CNN Money et la situation ne devrait pas changer dans les mois qui viennent puisque Melania a décidé de rester à New York jusqu’à la fin de l’année scolaire de son fils Barron.
Donald Trump a également quatre autre enfants et petits enfants qui sont tous susceptibles de recevoir la protection des services de sécurité de la ville. Bill de Blasio a réaffirmé l’engagement du New York Police Department dans cette tache mais a également appelé à une aide financière du gouvernement fédéral pour compenser l’immense coût de ces opérations.


Trump et les chaînes télés: la guerre est déclarée

Lundi soir, Donald Trump a invité les présentateurs et responsables des programmes d’infos télé à un meeting off-the-record au cours duquel il les a violemment critiqué, en interpellant certains directement. « Ceux présents ici ce soir sont des malhonnêtes, des menteurs qui ont eu tout faux » s’est plaint le futur président en comparant notamment avec le président Obama, avec qui les médias auraient été bien plus cléments.
Kellyanne Conway a parlé « d’un meeting excellent » sur lequel les participants, ressortis « stupéfaits », avaient accepté de ne pas commenter. David Remnick dans une tribune publiée cette nuit dans le New Yorker rapporte la colère et l’effroi de certains journalistes à la sortie à cette réunion
Beaucoup considèrent cette entrevue comme une tentative d’intimidation, saluée par les médias proches de Trump, à l’instar du New York Post qui parlait hier soir « de putain de peloton d’exécution » contre les chaînes télés, repris en coeur par Breitbart News.


SNL allume ces mêmes médias

Saturday Night Live est devenu ces six derniers mois la bête noire de Donald Trump à cause des moqueries dont il a fait l’objet durant les élections présidentielles et qui devraient sans doute continuer durant sa présidence grâce à la participation d’Alex Baldwin.
Mais le programme est également très bon pour déchiffrer le comportement problématique du mainstream media face au futur président. Dans un sketch diffusé samedi soir, on voit des commentateurs et présentateurs télé s’insurger de manière mécanique contre les élucubrations toujours plus scandaleuses de Trump et qui à force de répéter toujours les mêmes critiques, finissent par perdre toute crédibilité.
Pour Slate, c’est précisément le schéma utilisé par Trump pour « éviter les conséquences de ses actes (…) en faisant toujours quelquechose de pire ».

 

Des médias hystériques

Le New York Post est furieux qu’on attaque sans arrêt aux moindres faits et gestes du futur président.
Pour l’un de ses chroniqueurs, « continuer à crier au loup contre Trump, et personne n’écoutera quand il y aura une crise sérieuse ». Selon lui, « cette hystérie pousse les organes de presse à mélanger information avec opinion comme jamais auparavant » en citant cet article très contradictoire publié par le New York Times selon laquelle l’équipe de transition était la semaine dernière « en désarroi total » avant de conclure, « l’ère Trump n’a pas encore commencé, les médias devraient attendre que quelquechose arrive avant qu’ils déclarent la fin du monde ».

Des arguments qui ont été repris par Vox, hier, qui s’inquiétait de l’éventuel « retour de bâton » de la lutte contre la « normalisation » de Donald Trump: Effectivement les médias doivent rester très vigilants des abus que pourrait commettre le futur président et de son administration à l’encontre de la démocratie, de ses instituions, des minorités et de leurs droits, la protection de l’environnement, etc…
« Mais si la réalité d’une administration Trump se révèle ne pas être le pire scénario » alors qu’une frange de la population s’attend à une destruction de la démocratie, tout ce qui n’atteint pas cette apocalypse politique est finalement acceptable, qui pourrait au bout du compte se révéler tout aussi dommageable pour le pays.

 

Le kiosque du jeudi 17 novembre 2016

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TRUMPLANDIA

La participation aux élections: les chiffres

Sur les 320 millions de résidents américains, 28,6% n’avaient pas le droit de voter, 30% imrs-phpd’électeurs n’ont pas voté, 19,8% ont voté pour Clinton et 19,5% pour Trump – les décomptes des votes ne sont pas encore terminés en Californie.
La mobilisation cette année a été de 58% contre 42% d’abstention, ce qui signifie que Trump a été élu par un cinquième seulement de la population (60 millions de citoyens)
Le Washington Post a réalisé et publié une étude sur la réaction des Américains face aux résultats des élections: Naturellement ceux qui ont voté pour Trump se disent « contents » et « optimistes » tandis que ceux qui ont voté Clinton restent « furieux », « dégoûtés », « effrayés » et choqués » et alors qu’une majorité de ceux qui se sont abstenus sont aujourd’hui « décus » du choix du nouveau président.
Conclusion qu’on ne répétera jamais assez ces quatre années, il fallait aller voter.

Les responsable de la dérive raciste de l’Amérique

Les médias ont d’abord accusé les électeurs ouvriers blancs des zones rurales d’avoir perdu la tête, notamment dans les swing states du Midwest et de la Rust Belt touchés par le déclin économique que Trump a su rassurer et inspirer et sur lesquels la candidate démocrate n’a jamais vraiment parié .
Pour The New Republic, rejeter la responsabilité sur ce seul électorat serait une erreur car les classes moyennes aisées des banlieues ont également massivement soutenu Donald Trump.
Ce sont ces blancs diplomés qui ont fait défaut à Clinton malgré l’intense campagne qu’elle a organisé pour les convaincre: 63% des hommes et 53% des femmes appartenant à cette catégorie ont voté pour son adversaire, et le journaliste de conclure:

Peut-être qu’au fond, ces électeurs sont les plus « déplorables ». Ils ne souffrent pas ni ne sont désespérés, n’ont aucune raison concrète de détester le statu quo et d’avoir l’impression qu’ils sont en plein déclin.
Ils savent que Trump n’était pas préparé pour être président, ont entendu ses mensonges et ses insultes et ont quand même décidé de voter pour lui.

« Fuck your feelings »

Ce qui nous amène à cet excellent essai de Aleksander Hemon dans Slate qui s’attaque aux millions d’électeurs qui ont voté pour Trump et sa campagne de haine mais qui refusent aujourd’hui d’être traités de racistes car ils affirment n’éprouver aucun ressentiment contre les Afro-Américains, Juifs ou Musulmans. Ils ont été motivés par la volonté de rendre l’Amérique plus forte et l’inquiétude face à un éventuel déclin économique du pays.

Il existe une idée fausse mais très rassurante souvent utilisée dans l’évocation du racisme aux Etats-Unis selon laquelle il faut que le racisme soit un véritable racisme, ce qui veut dire que si l’on n’a pas l’intention d’être raciste, le racisme n’existe pas. Cette croyance dans la supériorité de l’intention est directement relié au sacrosaint statut du sentiment aux Etats-Unis, la notion que le sentiment est plus authentique et vrai que les faits ou la pensée (…)

Les sentiments sont plus légitimes que la pensée ou les faits et dès lors tout est excusable, et en premier lieu le nouveau président qui attaque et insulte toutes les minorités du pays « dans le forme » mais qui « dans le fond » n’est pas raciste.

Trump perd ses tours

Il existe une dizaine de Trump Towers aux Etats-Unis et dans le monde, mais une seulement a été construite par Donald Trump lui-même, c’est celle du 721 5th Avenue à New York, où réside le milliardaire depuis sa construction en 1983, et qui est aujourd’hui le point de ralliement des manifestants anti-Trump et le point de départ de bouchons monstres dans le Midtown de Manhattan.
Le président a d’ailleurs affirmé qu’il souhaiterait rester dès qu’il le peut dans son Penthouse de la City plutôt que de séjourner à la Maison Blanche à Washington qu’il n’a cessé de critiquer durant toute la campagne, sans doute trop élitiste et pas assez rococo

Entre temps, les enseignes lamés Trump Place ont été enlevés de trois bâtiments situés dans le quartier de l’Upper West Side de Manhattan qui forment le Trump Place complex.
Le management a expliqué aux locataires qu’ils comptaient se dissocier du président élu et montrer une façade neutre.
Certains résidents se seraient plaints depuis des mois des polémiques suscitées par la candidat

Le cauchemar de Thanksgiving

Comme l’avait mise en scène Saturday Night Live l’année dernière, cette coutume familiale est souvent l’occasion de discussions politiques mouvementées surtout en période électorale, mais cette année promet d’être particulièrement difficile avec l’élection de Donald Trump et la réalisation que l’Amérique est bien un pays raciste.
Même la puissance d’un Hello de Adèle ne réussira sans doute pas à détendre l’atmosphère ni les discussions.
« Préparez vous pour le pire Thanksgiving » commente le Daily Beast qui note que même dans les familles démocrates, des rancoeurs pourraient surgir entre les supporters de Bernie, sans doute Millenials, convaincus que leur candidat aurait pu battre Trump, contre les partisans de Clinton, encore traumatisés par cette défaite inattendue.

Les familles dont les individus n’appartiennent pas à l’électorat favori de Trump (alias les blancs) – Mexicains, Musulmans, Juifs qui n’appartiennent pas la famille de Jared Kushner [le gendre de Trump], immigrés et familles LGBT – vont vivre un Thanksgiving encore pire, à l’idée que l’administration du président Donald Trump mette en place certaines promesses de campagne à partir de janvier.

 

***

Première apparence de Clinton

Hillary Clinton a fait une première apparition en public depuis sa défaite la semaine dernière à l’occasion d’un gala de charité à Washington D.C. où elle apparue plutôt sombre:

Venir ici ce soir n’était pas la chose la plus facile.
Il est arrivé plusieurs fois cette semaine dernière où la seule chose que je voulais faire était de me retrouver avec un bon bouquin ou nos chiens et ne plus jamais quitter la maison (…)
Je sais que beaucoup d’entre vous êtes profondément déçus par le résultat de ces élections. Je le suis, plus que je ne pourrais jamais l’exprimer mais comme je l’ai dit la semaine dernière, notre campagne n’était pas par rapport à une personne ou une élection mais le pays dans lequel on vit et construire une Amérique qui est optimiste, qui rassemble et qui aime.
Beaucoup se sont demandés depuis la semaine dernière si l’Amérique était le pays qu’ils pensaient être. Les divisions qui ont été dévoilées lors de ces élections sont profondes. Mais écoutez: L’amérique vaut le coup. Nos enfants valent le coup. Croyez en notre pays, défendez nos valeurs, et n’abandonnez jamais. »

 

En attendant d

Le kiosque du lundi 7 novembre 2016

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ELECTIONS PRESIDENTIELLES AMERICAINES

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Les prévisions de FiveThirtyEight lundi 7 novembre 2016

Le FBI

La principale information à retenir aujourd’hui, c’est la recommandation faite hier par le FBI de ne pas inculper Hillary Clinton, pour la seconde fois cette année et à seulement deux jours des élections.
L’épais nuage de suspicion qui s’était formé au dessus de la campagne de Clinton et l’avait faite reculer dans les sondages s’est donc dissipée, mais à 48 heures de l’ouverture de bureaux de vote, profitera-t-elle vraiment de cette décision?
Et si les médias consacraient leur une ce matin à cette breaking news, c’est une publicité dont Clinton préfère se passer. L’affaire de cette messagerie privée empoisonne sa candidature depuis mars 2015, date à laquelle le New York Times, a révélé l’affaire, et pour laquelle une longue enquête du FBI avait disculpé la candidate en juillet dernier.

Donald Trump n’a pas commenté la décision et continué d’affirmer à ses supporters que Clinton serait sans doute poursuivie si elle était élue présidente – une supposition qui réjouit sa base depuis des mois, aux slogans répétés de « lock her up ». Ses proches ont rapidement accusé le FBI d’avoir abandonné l’enquête et noté qu’il était impossible de revoir 650 000 emails en dix jours seulement.
Heureusement, l’équipe de campagne de Trump lui a retiré son compte Twitter qu’il aurait sans doute bombardé d’insultes hier à l’annonce de James Comey – et ce qui a d’ailleurs beaucoup amusé le président Obama 

Le dernier jour de campagne des deux candidats dans les swing states

Les deux candidats vont parcourir le pays et s’arrêter dans les swing states indispensables à leur victoire:
Hillary Clinton sera en Caroline du Nord, dans le Michigan, qu’elle a perdu contre Bernie Sanders durant les Primaires démocrates, Barack Obama lui aussi fera une apparence dans l’états des Grands Lacs. Le président et la candidate se retrouveront a Philadelphie en Pennsylvanie avec Michelle Obama et Bruce Springsteen pour un dernier meeting

Donald Trump sera en meeting en Floride, Caroline du Nord, Pennsylvanie et New Hampshire et finira dans le Michigan.

 

Les Swing States

Ce sont ces états qui vont déterminer le résultat des élections et sur lesquels les candidats ont concentré leurs derniers efforts:

  • la Floride remportée par Barack Obama en 2008 et 2012 est l’état décisif avec 29 grands électeurs à la clé et qui penche aujourd’hui pour Trump malgré une mobilisation précoce des latinos.
    Donald Trump est obligé de remporter cet état s’il veut avoir une chance de gagner, alors que Clinton peut remporter les élections grâce à une unique victoire dans cet état
  • La Caroline du nord (15 grands électeurs) a été très serrée lors des deux dernières élections présidentielles, remportée par Obama en 2008 et Romney en 2012, elle penche aujourd’hui vers Trump.
  • La Pennsylvanie avec 20 grands électeurs, a voté pour Obama en 2008 et 2012 et devrait vraisemblablement voter Clinton mais il faudra compter sur la mobilisation des électeurs démocrates.
  • New Hampshire qui ne comporte que 4 grands électeurs et pourrait créer la surprise demain. L’état a voté Obama en 2008 et 2012
  • Le Michigan, traditionnellement démocrate pourrait bien pencher vers Trump et lui offrir 16 grands électeurs demain.

Les votes anticipés

Record du nombre d’électeurs qui ont choisi de voter dans la trentaine d’états américains qui autorisent le vote anticipé: 40 millions ont déjà fait leur choix et les commentateurs notent que la mobilisation des latinos est sans précédent en Floride, dans le Névada, le Colorado et l’Arizona.
Cible privilégiée de Donald Trump durant la campagne, les mexicains et sans-papiers, à qui le candidat a promis la déportation pour les uns et un large mur en béton pour les autres, ont sans doute convaincu les latino-américains de répondre massivement aux appels de Hillary Clinton.
Les démocrates travaillent sur le terrain depuis des mois pour tenter de convaincre les 55 millions de latinos que compte le pays, dont les deux tiers ont des liens avec le Mexique, et dont la moitié se répartissent en Californie, Floride et Texas.

FiveThirtyEight vs The Huffington post

Les deux médias se sont affrontés vendredi via Twitter à propos des prévisions du génie des statistiques, Nate Silver, le fondateur de FiveThirtyEight, qui donne depuis quelques jours à Clinton seulement 65% de chances de gagner contre 35% pour son adversaire.
Vendredi après midi, Ryan Grim, journaliste au Huffington post et responsable du bureau de Washington, a accusé l’ancienne star du New York Times de faire pencher les prévisions en faveur de Trump alors que le média pour lequel il travaille donne 95% de chances à Hillary de gagner et le New York Times 85%.
Nate Silver serait coupable de « modifier le résultat des sondages pour les calquer sur ce qu’il pense que sont réellement les sondages, plutôt que simplement entrer le nombres obtenus dans son modèle et les critiquer ».
En ajustant la courbe de tendance obtenue, Nate Silver « conformerait les chiffres à son model, et non aux nombres originaux ».

Nate silver n’a pas beaucoup apprécié l’article et répondu sur Twitter

Avant d’ajouter que 98% de chances que Clinton a de gagner était « indéfendable au niveau empirique ».

 

Le kiosque du dimanche 6 novembre 2016

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ELECTIONS PRESIDENTIELLES AMERICAINES

FBI ne poursuivra pas Clinton

Le FBI vient d’annoncer qu’il n’engagerait aucune poursuite contre Hillary Clinton à la suite des derniers emails retrouvés dans l’ordinateur d’Anthony Weiner, le futur ex-mari de l’une de ses plus proches conseillères, Huma Abedin.
La campagne d’Hillary Clinton a été secouée la semaine dernière après que le directeur du FBI ait décidé de prévenir membres de la Chambre des Représentants et du Sénat de l’éventuelle réouverture d’une enquête si les agents venaient à trouver des documents confidentiels dans l’ordinateur de Weiner. Ce qu’ils n’ont pas réussi à faire.
Les conclusions de l’enquête close en juillet dernier restent les mêmes pour la candidate démocrate.

Très bonne vidéo destinée à Ivanka Trump

Plus que deux jours

Le New York Times offre un accès illimité à son site internet pendant 72 heures entre le 7 et le 9 novembre pour suivre les élections les plus folles que l’Amérique ait jamais connu.
On vous conseille d’ailleurs ce très bel article sur les derniers jours de la campagne de Donald Trump publié ce matin:

Les derniers jours de la campagne de Donald Trump offrent un contraste détonant entre un staff qui se veut calme et confiant et le besoin et la vulnérabilité d’un candidat autrefois fanfaron qui n’est plus sûr de gagner.
En surface, il y a ce semblant de stabilité qui cache l’une des armes les plus efficaces de Clinton: les éruptions auto-destructrices de Trump qui ont miné sa campagne. Sous les apparences, les turbulences continuent et rendent difficile à franchir les obstacles de la route vers la Maison Blanche.
Les contrastes ont dominé sa campagne. Les conseilles de Trump lui ont finalement retiré son compte Twitter qu’il a utilisé – et souvent à ses dépends – pour éliminer ses rivaux. Mais en privé, Mr Trump songe déjà à la façon dont il va punir ses ennemis après les élections, notamment à travers la création d’une super PAC avec la vengeance comme mission.

Chris Christie out!

Chris Christie, gouverneur du New Jersey et fervent supporter de Trump, a vu « sa carrière politique se terminer cette semaine » après que deux de ses proches conseillers aient été reconnus coupable dans le procès du bridgegate, un scandale impliquant la fermeture de voies sur le Washington bridge en septembre 2013 pour créer des embouteillages monstres dans la ville de Fort Lee pour punir son maire démocrate de ne pas l’avoir officiellement soutenu lors de sa réélection comme gouverneur – qu’il a par ailleurs remporté.
Christie a échappé de justesse à un procès alors que tous les témoins s’accordent sur sa responsabilité dans l’affaire, et l’éventualité aujourd’hui de décrocher un poste dans l’administration Trump s’il venait à remporter les élections mardi, est nulle.
Personnalité charismatique, l’ancien procureur fédéral qui représentait l’avenir du parti il y a quelques années et un candidat sérieux pour les élections présidentielles de 2016, est aujourd’hui une disgrâce auprès de ses électeurs, de ses conseillers et du parti républicain.
Son mandat de gouverneur se termine en janvier 2018.

 

Les Russes s’invitent au marathon de New York

C’était jour de marathon aujourd’hui à New York, et le New York Times rapporte qu’un agent sportif russe fait l’objet d’une enquête fédérale pour avoir tenté de corrompre certains organisateurs du marathon pour permettre à ses athlètes d’utiliser des produits dopants lors de la célèbre course. L’intéressé à nié ces accusations. « L’enquête s’inscrit dans une investigation plus large du Département de Justice sur des réseaux de dopage qui ont déjà mené à des sanctions contre des représentants et athlètes russes » sur le territoire américain.

Le serial killer de Caroline du sud

Avis de recherches lancés par les familles des disparues, Charles David Carver et Kala Victoria Brown
Avis de recherches lancés par les familles des disparues, Charles David Carver et Kala Victoria Brown

Les circonstances sont dignes d’un film d’horreur.
Une femme enchaînée « comme un chien » a été retrouvée jeudi par la police à l’intérieur d’un conteneur en métal dans la propriété d’un agent immobilier, Todd Kohlhepp, en Caroline du sud.
Kala Brown, 30 ans et son petit ami, Charles David Carter, 32 ans avaient disparu deux mois plus tôt de l’appartement qu’ils partageaient à Anderson, suscitant la panique des familles et amis qui avaient très rapidement engagé des recherches avec le soutien des autorités.
Ce sont elles qui sont parvenus à localiser et libérer Brown dans le comté de Spartanburg, à une centaine de kilomètres de 100 km du lieu de leur disparition, grâce aux signaux des téléphones portables des victimes et des médias sociaux.
Le cadavre de Charlie Carver, qui aurait été abattu par Kohlhepp devant Brown, a été retrouvé sur la propriété et le sheriff a confirmé son identification.
L’accusé, âgé de 45 ans, a déjà fait 14 ans de prison pour viol lorsqu’il était mineur, est toujours inscrit comme délinquant sexuel. Ce dernier a avoué être responsable d’un quadruple homicide en 2003, les « Superbike Murders » et a indiqué aux policiers deux autres corps. Avec le meurtre de Charlie Caver, Kohlhepp aurait tué à sept reprises.

Le kiosque de la semaine: 23 – 29 octobre 2016

 

 

 

https://twitter.com/NewYorker/status/788998250326007808?ref_src=twsrc%5Etfw

Le kiosque du vendredi 21 octobre 2016

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Elections présidentielles

Les prévisions selon FiveThirtyEight vendredi 21 octobre 2016
Les prévisions selon FiveThirtyEight vendredi 21 octobre 2016

 

Trump a réaffirmé hier lors d’un meeting dans l’Ohio qu’il n’accepterait le résultat des élections que s’il gagnait provoquant une tornade d’applaudissements dans la salle: une provocation de plus envers tous les médias et les politiques, mêmes conservateurs, qui l’ont critiqué au lendemain de son « suicide politique » lors du troisième et dernier débat.

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Nasty Woman

Parmi les attaques de Trump proférées à l’encontre de Clinton devant 71 millions de téléspectateurs, celle de « nasty woman » a provoqué l’hilarité et la fierté d’un bon nombre d’Américaines et perçu comme « le cri de ralliement féministe dont Clinton avait besoin »: Nombreuses ont été celles à l’avoir repris depuis sur Twitter, sur des t-shirts, des parodies.
La misogynie de Donald Trump aura au moins eu l’effet, nous explique le New York Times de libérer et renforcer la parole de la femme durant cette campagne.

Les deux candidats se sont d’ailleurs retrouvés hier soir lors d’un diner de charité organisé au profit de la Catholic Charities et Trump a été hué lors de son discours au cours duquel il s’en est pris, encore une fois à sa rivale, Clinton, mais cette fois-ci les deux candidats ont bien voulu se serrer la main.

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Un K.O. en trois rounds

« En temps normal » les débats présidentiels ont eu peu d’incidence sur la campagne présidentielle et ne servent qu’a donner un léger à l’un des deux candidats grâce à une bonne prestation ou des phrases ou moments clés que les électeurs vont retenir.
Cette année, c’est différent puisque les candidats étaient au coude à coude fin septembre avant le premier duel, et grâce à une stratégie menée par Clinton tout au long des trois rencontres, elle a réussi à battre son adversaire, mais aussi à réduire en lambeaux sa campagne – Ce que nous explique Ezra Klein dans cette excellente vidéo diffusée sur Vox hier

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Comment élever un enfants féministe?

L’écrivaine nigérienne Chimamanda Ngozi Adichie, considérée comme l’une des femmes les plus influentes d’Afrique, vient de publier un manifeste en 15 points pour les parents qui souhaitent élever leur enfant dans les préceptes du féminisme. Publié sur Facebook à l’occasion de la naissance de la fille d’une de ses amies elle aussi nigérienne, elle conseille entre autres de devenir « une personne entière (…) qui ne doit pas uniquement se définir par la maternité », explique que « les rôles liés aux genres n’ont aucun sens », « d’éviter le féminisme light » car « être féministe, c’est comme être enceinte, tu l’es ou tu l’es pas », « ne jamais considérer le mariage comme un but en soit », « de rejeter l’obsession de devoir plaire » etc, …
Le texte, long de 9 100 mots et illustré par de nombreuses anecdotes, a été partagé plus 5 000 fois sur le réseau social depuis sa mise en ligne le 12 octobre et on vous le conseille vivement!

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Les Philipines font sécession avec les US

Le président élu il y a six mois, Rodrigo Duterte a déclaré hier lors d’une rencontre officielle avec les dirigeants chinois qu’il « coupait les ponts avec les Etats-Unis », leur allié politique et économique depuis des décennies, et qu’il voulait désormais s’aligner sur la Chine, et pourquoi pas la Russie.
Le président philippin n’a pas apprécié les critiques américaines à l’encontre de ses méthodes utilisées pour lutter contre le trafic de drogue – des expéditions punitives qui ont fait 3 000 morts depuis le mois de juin. Il a traité le président Obama de « fils de pute » au début du mois de septembre provoquant l’annulation de leur rencontre avant de s’excuser et il a qualifié l’ambassadeur américain de « d’homosexuel fils de pute ».

 

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Hamilton Superstar

Le documentaire très attendu de PBS,  Hamilton America sur « le plus important phénomène pop » de cette année, la comédie musical hip hop sur Alexander Hamilton, l’un pères fondateurs des Etats-Unis, et son auteur-compositeur-metteur en scène et acteur principal, Lin-Manuel Miranda, est diffusé ce soir sur la chaîne publique. Le show s’est produit à guichets fermés sur Broadway et le documentaire devrait satisfaire les nombreux spectateurs qui n’ont pas eu la chance ou les moyens d’y assister.

Les ados les plus influents

Time magazine a offert aujourd’hui sa liste des 30 ados les plus influents de 2016 et parmi eux on trouve, le héros de Stranger Things, Gaten Matarazzo qui joue Dustin avec le cheveux sur la langue, les filles du président Sasha et Malia, James Charles le premier « cover boy » de la fameuse marque de maquillage américaine « Cover Girl »; Maisie Williams, la plus jeune fille Stark dans la série Game of Thrones, Simon Biles qui a remporté quatre médailles d’or à Rio, l’actrice Chloé Grace Moretz qui a fait un discours à la convention nationale démocrate au mois de juillet, Malala Yousafzai la plus jeune lauréate du prix Nobel de la Paix.