09.11.17

 

1. Les Républicains face à Trump: Fuir ou soutenir?

Les victoires démocrates de mardi, tantôt décisives comme les deux sièges de gouverneurs en Virginie – et 14 sièges au parlement – et dans le New Jersey, tantôt historiques, première transgenre élue contre un conservateur partisan de la « bathroom bill », première femme afro-américaine à la mairie de Charlotte, première femme à la mairie de Manchester dans le New Hampshire ont donné de l’espoir aux Démocrates en prévision des élections de mi-mandat qui auront lieu l’année prochaine.
Hier les médias de droite tiraient la sonnette d’alarme sans trop savoir qui blamer: Trump? Les Républicains? les Démocrates?
Les « Trump-friendly » affirment que les défaites n’ont rien à voir avec le bilan du président tandis que « not-so-Trump-friendly » accusent son comportement belliqueux et irrespectueux d’être responsable de ce désastre.
Les deux courants vont devoir s’entendre sur une stratégie commune s’ils veulent garder leur emprise sur le Congrès, les postes de gouverneurs et parlements (législatures) des Etats – The Washington Post

Comme l’a bien résumé Joe Scarborough de Morning Joe
Les Républicains ne peuvent remporter des Primaires nationales sans Trump. Ils ne peuvent remporter les élections générales avec lui
Mais relativisons le retour des DémocratesThe New York Times
Si une insurrection suburbaine peut aider les Démocrates à reprendre la Chambre des Représentants [comme en Virginie], les sièges de sénateurs en jeu l’année prochaine sont pour la plupart dans des zones conservatrices et rurales, où les sentiments envers Trump oscillent entre ambivalent et positifs. Jusqu’ici, seuls deux sièges sont vraiment disputés, celui de Jeff Flake en Arizona et Dean Heller dans le Nevada.

2. Trump v. CNN

Le ministère de la justice américain a autorisé la méga-fusion de 85,4 milliards de dollars, en pourparlers depuis plus d’un an, entre le géant de la téléphonie mobile, AT&T, et celui des médias et du divertissement, Time Warner, à une seule condition: Que Time Warner se sépare de Turner Broadcasting, un groupe de chaînes qui inclut CNN, la chaîne d’info en continu et bête noire de Trump ou DirecTV, son service de télévision par satellite acquis en 2015. – NYT
La fusion, pourtant imminente, a soudainement éveillé les soupçons de la justice qui craint que AT&T n’utilise des méthodes anti-concurrentielles après l’acquisition de Time Warner pour favoriser ses chaînes, CNN et HBO notamment. NYPost
Une inquiétude partagée par les Démocrates qui voient d’un mauvais oeil le monopole de ces méga-entreprises qui « augmentent les prix, limite les choix et appauvrit la qualité des services offerts aux Américains » – WaPo
En octobre 2016, le candidat républicain, déjà très remonté contre la chaîne qu’il accusait de ruiner ses chances de victoire à cause d’une couverture médiatique au vitriol, avait annoncé son refus de voir fusionner les deux géants.

Pour les acteurs de cette fusion, des sources anonymes rapportés par le Financial Times et la plupart des journalistes, l’ingérence du président ne fait aucun doute: Trump utilise le département de Justice pour se venger des attaques répétées de CNN.
La semaine dernière, le Wall Street Journal, propriété de Rupert Murdoch, un proche de Trump, a même révélé que le DOJ (Department of Justice) serait même prêt à porter plainte si elle ne trouvait un accord sur la fusion des deux géants venaient à s’unir.

Aller plus loin: « This is political: CNN sees Trump’s hand in Justice Department’s merger crackdown » – Vanity Fair

 

 

 

3. Betsy DeVos détruit l’Education

 

Betsy DeVos, milliardaire et ministre de l’éducation est en train de réduire drastiquement les effectifs et les prérogatives de son Département, comme le font à peu près tous les Secrétaires et ministres de l’administration Trump avec leur agence.

Le 7ème étage du siège du Département de l’Education, situé à côté du Mall [de Washington] était connu pour son activité grouillante. Une douzaine de bureaux sont désormais vides et silencieux. La main d’oeuvre du Département a diminué sous la Secrétaire de l’Education Betsy DeVos, qui a déclaré vouloir réduire le rôle du gouvernement dans l’éducation, y compris les enquêtes et l’application des droits civils dans les écoles. En tout le Département a perdu 350 employés depuis décembre – 8% de son effectif. Avec des ruptures de contrat offertes à 255 employés ces derniers jours, DeVos espère mettre encore plus de mon à la porte.

 

 

4. Les échos conservateurs

 

Ce qu’il se passe du côté des médias conservateurs.

 

 

  • Le Washington Post lance un « Counterpoint » dans sa rubrique Opinion qui offre en ligne une perspective différente de la tribune que le lecteur lit pour faire valoir les différents points de vue sur un même sujet. Le New York Times (« Right and Left ») et The Guardian (« Burst Your Bubble ») font déjà la même chose

 

  • Les médias républicains accusent leurs confrères libéraux de cacher le fait que Stephen Willeford, le bon samaritain qui a confronté Devin Kelley, le tueur de Sutherland Spring, possédait un fusil semi-automatique, le genre d’armes qu’ils cherchent à interdire. Parce que comme il a réussi à empêcher la mort d’autres innocents, les armes d’assauts sont utiles. RedState

 

  • La soirée du 8 novembre 2016 racontée par les journalistes de Breitbart. – Breitbart

 

 

 

5. On vit une époque formidable

 

  • Facebook voudrait recevoir les photos dénudées de ses utilisateurs avant qu’elles ne soient utilisées sur sa plateforme en forme de revenge porn: « En téléchargeant les images et vidéos que vous ne préférez pas voir diffusées sur Facebook, le réseau enregistre la photo et capable de la faire disparaitre si elle réapparait un jour sur un fil d’information.  – The Verge

 

 

 

6. Must read, watch or listen

 

  • « Et si Hillary avait gagné? » se demande le Washington Post qui revisite les douze derniers mois sous une présidence démocrate: Du serment de Hillary Clinton, à la « Men’s March » sur Washington le lendemain à la défaite des Patriots au Superbowl et la création de TrumpTv, nouvelle concurrente de Fox News. WaPo

 

  • Politico est retourné en Pennsylvanie interroger les électeurs de Trump un an après sa victoire. Parmi eux, Joey Del Signore: « Trump est sans doute le président le plus appliqué et travailleur que j’ai jamais vu. Ce n’est pas comme si il se levait tous les jours à midi et allait jouer au golf tous les week-ends » – Politico

 

  • C’est la vidéo que Donald Trump a montré au président chinois lors de la visite de la cité interdite hier, celle de sa petite fille Arabella qui chante un chanson en mandarin. Douée la petite.

 

  • C’est la bande annonce du dernier Spielberg, « The Post », sur la publication des « Pentagone Papers », une étude secrète du Département de la défense sur la conduite de la guerre du Vietnam. Même s’ils ont été révélés par le New York Times, le film suit la bataille qu’ont livré Ben Bradlee et Katharine Graham, respectivement rédacteur en chef et directrice du Washington Post à l’époque, contre le gouvernement pour la diffusion de ces documents.

 

    7. La Couv du Jour: Clinton redac chef de Teen Vogue

 

Ca a bien fait rire RedState qui, sous prétexte qu’elle a perdu a deux reprises, lors des primaires démocrates en 2008 contre Obama et l’année dernière aux élections présidentielles contre Donald Trump, ne devrait recevoir un tel hommage, ne devrait pas être un exemple pour les millions de jeunes du pays … parce que le lourdeau mysogyne devrait l’être … 

L’explication de la rédactrice en chef est plus convaincante:

Ce numéro explore tout ce que nous pouvons retenir de son impact, de son style, et de sa grâce. Certains diront que nous sommes trop partisans, trop politiques, trop nostalgique, et qu’ont fait trop écho à l’opinion de nos lecteurs. Si c’est le cas, ce numéro n’est pas pour vous. Il est destiné aux millions qui savent que jusqu’à ce que les femmes, les filles, les gens de couleur, les membres de la communauté LGBTQ, les immigrés, et ceux défavorisés économiquement sont au même niveau, on doit continuer à consacrer du temps à cette conservation

30.10.17

 

1.  KEVIN SPACEY

 

  • Hier Buzzfeed News a révélé qu’en 1986, Kevin Spacey a fait des avances à un jeune acteur de 14 ans, Anthony Rapp, après une soirée arrosée. La star de « House of Cards » a répondu sur Twitter être était horrifié par les accusations, n’avoir aucun souvenir de l’incident vieux de trente ans, que d’autres accusations de ce genre allaient être lancées contre lui et … qu’il était gai.
    Beaucoup d’internautes et de célébrités ont critiqué le choix de faire son coming out à un moment aussi inapproprié et par rapport à des faits aussi graves. Buzzfeed News

    Netflix vient d’annoncer que la série « House of Cards », son premier Blockbuster, se terminera à la fin de la sixième saison, diffusée l’année prochaine. Business Insider

 

  • Les responsables de Facebook, Twitter et Google vont témoigner mardi et mercredi devant trois sous-comités du Congrès sur le rôle qu’ont joué leurs plateformes dans l’ingérence russe pendant la campagne présidentielle (les publicités payées pour évoquer des sujets qui fâchent, des évènements organisés contre les musulmans, pour la défense de la police ou contre les violences policières) et comment éviter que cela se reproduise dans le futur.Axios
    Facebook devrait annoncer demain que 126 millions d’Américains ont eu accès des posts payés par le Russes, soit 40% des utilisateurs du réseau social aux Etats-Unis. 80 000 articles, photos ont atteint 29 millions de personnes, qui en les partageant ont atteint 97 millions d’autres entre janvier 2015 et août 2017 – The Verge
    Google aurait identifié 18 chaînes YouTube liées à des agents russes qui auraient diffusé plus d’un millier de vidéos vues par 300 000 personnes sur la même période. Enfin Twitter a recensé 36 000 comptes automatiques ayant généré 1,4 millions de tweets qui ont été vus 280 millions de fois – un petit nombre par rapport `a l’ensemble de tweets sur les élections présidentielles – The New York Times

 

  • Puerto Rico a annoncé la rupture du contrat de trois cent millions de dollars avec Whitefish Energy, cette petite entreprise de deux personnes basées dans le Montana, engagée pour la reconstruction du réseau électrique de l’île après le passage de l’Ouragan Maria.

 

 

 

2. TRUMPLANDIA: UNE SEMAINE HISTORIQUE

 

  • Ce matin, Robert Mueller, le procureur en charge d’enquêter sur d’éventuelles collusions entre l’équipe de campagne de Trump et les Russes pendant la campagne présidentielle de 2016, a inculpé trois personnes:
    • George Papadopoulos qui a reconnu avoir menti au FBI sur sa rencontre avec un proche du gouvernement russe, pour tenter d’obtenir des emails appartenant à Hillary Clinton, lorsqu’il était en charge des questions de politique étrangère pendant la campagne, et qui collabore depuis l’été dernier sur cette enquête.
    • Paul Manafort, ancien président de la campagne de Trump qui avait démissionné en juin 2016 après les révélations sur ses liens avec l’ancien président ukrainien pro-russe, Yanukovitch. Il est accusé avec son associé Rick Gates, d’avoir reçu 18 millions de dollars du Parti des régions ukrainiens, qu’il n’a jamais déclaré à l’IRS, les impôts américains, et de complot contre les Etats-Unis
      Les deux ont plaidé non coupable cet après midi – New York Post
    • Comme l’a affirmé aujourd’hui Trump, il n’y a aujourd’hui encore aucune preuve de collusions entre son équipe de campagne et les Russes, même si le candidat républicain a engagé dans son équipe de campagne un ami, qui était sous surveillance du FBI et dont les liens troubles avec la Russie et certains pays de l’Est étaient bien connus – Buzzfeed News 
    • Rappelons également que son fils, Donald Jr, son gendre, Jared Kushner, et Manafort ont rencontré une avocate russe au cours de l’été 2016 pour tenter de se procurer des emails de Hillary Clinton, les trente mille que le candidat Trump a demandé à la Russie de « retrouver » lors d’un meeting en Floride en juillet de la même année.Certains affirment que l’inculpation de Manafort, passible de vingt ans de prison est un moyen pour Mueller de le faire coopérer, notamment sur ce qui s’est dit lors de ce fameux meeting dans la Trump Tower avec l’avocate russeNY Daily NewsPour le Wall Street Journal, l’enquête de Mueller transforme la justice criminelle en une arme politique contre Trump, c’est pourquoi, le président devrait virer Mueller et laisser l’enquête au Congrès … républicain. 

 

  • Steve Bannon, chef de Breitbart News qui veut détruire l’establishment du parti républicain, virer les candidats officiels du parti critiques envers Trump et « America First », qui rêve de se débarrasser du chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a trouvé une nouvelle cible: L’un des plus importants donateurs du parti, Paul Singer, milliardaire derrière le site conservateur Washington Free Beacon qui a engagé durant la campagne présidentielle, la société Fusion GPS pour enquêter sur Donald Trump et qui est à l’origine du fameux dossier publié par Buzzfeed début janvier qui accuse le candidat républicain d’avoir fomenté avec les Russes pour remporter les élections et d’avoir pris un « golden shower » avec des prostituées russes dans un hôtel de Moscou – un dossier qui a été repris puis financé par les Démocrates. – Axios

 

  • Le copain de Trump, Roger Stone, « agent provocateur » et figure haute en couleur du parti républicain, a été banni à vie de Twitter pour s’en être pris vendredi à un présentateur de CNN, Don Lemon, qu’il a généreusement insulté. Ce dernier pourrait porter plainte contre Twitter pour tenter d’y retrouver sa voix. – TechCrunch

 

  • Une Cour de Justice fédérale américaine a interdit à Trump de changer les règles concernant le recrutement des transsexuels dans l’armée américaine. Un nouveau revers pour une décision prise sans avoir consulté l’Etat-Major et dans le seul but de satisfaire sa base de « déplorables ».
    Dans son jugement, la juge a fait des captures d’écran des tweets du président – Bloomberg Law

 

 

 

4. POURQUOI LA LUTTE CONTRE l’EPIDEMIE DES OPIACES DOIT ETRE POLITIQUE?

 

  • Si ActUp a réussi à combattre l’épidémie du SIDA, à marquer les consciences d’une société et de sa classe politiques avec des actions coup de poings, la même chose devrait être faite pour tenter de lutter contre la crise des opiacés, qui fait plus de 60 000 morts par an aux Etats-Unis. Le pays n’a pas les infrastructures et le personnel nécessaires, ni les traitements adéquats, ni les lois et un système de santé beaucoup trop cher pour réussir à combattre la pire épidémie que le pays ait connu explique Zachary Siegel, un ancien toxicomane dans Slate.
    Trump a affirmé que cette épidémie était une urgence de santé publique mais aucun fond supplémentaire indispensable – on parle de 9 milliards de dollars – n’ont été ajoutés ce qui rend le travail difficile.
  • A lire, cette longue enquête en onze chapitres de Glamour sur les femmes et la crise des opiacés: « Women and Opioids: Inside the Deadliest Drug Epidemic in American History »

 

 

 

7. LA COUV DU JOUR

  • Comme Jimmy Fallon, Jimmy Kimmel est resté discret dans ses critiques contre le président et son administration jusqu’à la naissance, au printemps dernier, de son fils atteint d’une malformation du coeur, qui l’a poussé à défendre le système de santé américain dans une monologue assez émouvant. Il a également réagi à la tuerie de Las Vegas, sa ville natale, et condamné l’inaction des politiques envers le contrôle des armes. Depuis, Jimmy Kimmel est passé du côté des activistes, un rôle qu’il n’a pas vraiment choisi et avec lequel il est peu à l’aise.

    La chose la plus proche à laquelle je peux comparer [l’élection de Trump], c’est quand O.J. a été acquitté. Je n’ai jamais pensé que ça puisse arriver. Il y avait tellement de preuves que O.J. était coupable, et tu fais confiance au système judiciaire américain. Tu penses que si quelqu’un est coupable, il va aller en prison pour cela. On est dans une situation similaire.

12.10.17

 

Calamité

  • Les violents incendies qui ont ravagé le nord de la Californie, et ses immenses vignobles, en début de ce semaine ont été les plus meurtriers de ces dernières décennies avec 31 morts, des centaines e blessés et 400 disparus. 
     

 


L’interview

 

  • Donald Trump a donné une interview à son ami et fervent supporter, Sean Hannity, devant une foule de « deplorables » mercredi soir, diffusée sur Fox News
  • Il y a réitéré l’idée de retirer à la chaîne NBC News son autorisation de diffusion, une énième attaque contre la liberté d’expression critiquée par la gauche et la droite, et notamment le sénateur républicain Ben Basse, qui lui a demandé s’il avait décidé de rompre le serment prêté le jour de son investiture, celui de protéger la Constitution américaine et le Premier Amendement.
    Donald Trump oublie trop souvent qu’il est le président de tous les Américains et qu’il doit en tant que tel, accepter et non pas attaquer ou essayer de censurer les critiques: Il veut toujours avoir raison, quel que soit l’adversaire et gagner à tout prix, quel qu’en soit le prix.

 

 


Obamacare saboté

 

  • Devant l’incapacité du Sénat à abroger et remplacer Obamacare, Trump a annoncé hier soir qu’il allait signer un décret présidentiel, le 49ème depuis son investiture, visant a diversifier les offres d’assurance qui ne seront plus soumises aux conditions strictes de l’Affordable Care Act et geler les subventions destinées aux assureurs, qui permettaient de rendre les prix des cotisations abordables pour les plus démunis.
     

    • Il sera désormais possible de souscrire des assurances moins chères qui offrent moins de services en dehors de ceux offerts par Obamacare, jusqu’ici disponibles pour les petites entreprises uniquement, destinés aux jeunes individus en bonne santé. Si tous les jeunes se retirent du marché des assurances d’Obamacare, fondé sur un système de solidarité qui aide à financer les frais des plus âgés, les frais d’assurance de ces derniers vont exploser.
    • Trump veut également saboter Obamacare en gelant toutes les subventions visant à promouvoir le programme, ce qui représente des dizaines de milliers d’emplois, et envisagerait de faire fermer temporairement le site de l’Affordable Care Act.

 


La NRA s’entête

 

  • Dix jours après la tuerie de Las Vegas, la pire de l’histoire moderne du pays qui a fait 59 morts, la NRA a annoncé qu’elle s’opposait à une législation du Congrès qui interdirait la production, la possession et le transfert des « bump stocks« , ces appareils qui permettent à des armes semi-automatiques, autorisées, de tirer en rafale, comme des fusils d’assaut, interdits à la vente. C’est une loi qui « va trop loin » selon la NRA, opposée fermement à ce qu’une loi soit votée contre les armes à feu, et préférant que l’ATF (Le Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives) mette en place des règles plus drastiques concernant la vente de ces dispositifs – or l’ATF avait conclu en 2010 que les bump stocks n’étaient soumis à aucune régulation. – The Hill

 

 


#ROSEARMY

 

  • Rose McGowan, l’une des victimes de Weinstein, qui dénonce sans relâche depuis une semaine le silence et la complicité d’Hollywood, s’en est pris personnellement à Ben Affleck sur Twitter après que ce dernier ait tardivement condamné le producteur et prétendu ne jamais avoir rien su. 
  •  

  • Après une suspension temporaire de 12 heures sur Twitter pour avoir communiqué un numéro de téléphone – provoquant la colère des internautes et de Jennifer Chastain d’autant que Trump avait la même chose sans répercussion il y a quelques années – Rose est repartie de plus belle en s’attaquant aux complices de Weinstein, à tous qui n’ont rien fait ou rien dit et qui ont volontairement, laisser le producteur harceler des jeunes femmes pendant des décennies.

    Cet après midi, elle a affirmé avoir perdu un contrat pour une série avec Amazon parce qu’elle avait demandé à la compagnie de ne pas travailler avec Weinstein en expliquant à l’un des producteurs, Roy Price, qu’il l’avait violé. Ce dernier, qui n’avait pas jugé l’histoire de McGowan crédibles à l’époque, a été suspendu cet après midi pour d’autres accusations de harcèlement sexuel. L’actrice a demandé à Jeff Besos d’arrêter de « financer des violeurs, des pédophiles et des harceleurs sexuels. » – The Los Angeles Times

 

  • Un a été lancé à partir de ce soir minuit pour protester contre « les voix des femmes réduites au silence ». L’analyse de Buzzfeed sur cette décision

 


Weinstein, le déni complet

 

  • Après les révélations des accusations de harcèlement et agressions sexuelles contre Harvey Weinstein dans le New York Times la semaine dernière, on s’attendait à ce que les langues se délient et que d’autres femmes brisent le silence. Mais on était loin d’imaginer un scandale d’une telle ampleur à cause du nombre de victimes, une trentaine de femmes à ce jour, et du statut de star de certaines d’entre elles, comme Angelina Jolie ou Gwyneth Paltrow, ce qui prouve le climat délétère qui doit régner dans ce microcosme soi-disant glamour.

 

  • A VOIR: Samantha Bee s’en est donné à coeur joie dans son émission hebdomadaire hier:

    Arrête ton char, le Cosby blanc. N’accuses pas les années soixante et soixante-dix pour tes terribles prises de décisions. C’est du harcèlement sexuel en série, et pas un tatouage de singe (…) La prochaine fois que tu as besoin de te masturber, demandes toi juste « Est-ce que je suis devant une employée ou une collègue » And si la réponse est oui, ne le fais pas, tout simplement

     

  • Weinstein continue de nier les faits et qualifie les agressions sexuelles d’actes sexuels consentis et les harcèlements de mensonges. Il ne serait pas en « très bonne forme » ces derniers jours et serait entré dans un centre de soin en Arizona hier.

 

  • La polémique continue entre Ronan Farrow​ et NBC News​ qui a refusé de publier son enquête de dix mois qu’elle lui avait commandé sur le producteur, dans laquelle il révélait les viols, agressions sexuelles et harcèlements commis sur une dizaine de femmes – l’investigation a fait un carton cette semaine dans le New Yorker​. – The New York Times

 


La couverture du Jour

 

  • Le Time a mis Weinstein en couverture de sa dernière édition: « Producteur. Prédateur. Paria. » Mais comme dirait Anthony Bourdain, ancien chef et auteur à succès, dont la campagne, Asia Argento, a elle aussi été victime de Weinstein à la fin des années 90, « est-ce qu’on pourrait tout simplement parler de violeur? »
     

 

 

05.10.17

 

I. Enfin une mesure?

 


 
 
« Après des années de résistance, le parti républicain pourrait soutenir une mesure visant à renforcer le contrôle des armes à feu » titre ce matin le New York Times, celle visant à interdire la vente des  « bump stocks », une pièce qui s’attache aux armes semi-automatiques afin de les stabiliser et de pouvoir atteindre une cadence de tir similaire à celle d’une mitrailleuse automatique, soit 800 balles par minutes – les armes à feu automatiques sont interdites aux civils depuis 1986.

L’interdiction de ce genre d’accessoires, dont la plupart des parlementaires ont appris l’existence cette semaine, serait un premier pas significatif mais négligeable par rapport à d’autres priorités: le contrôle systématique des antécédents judiciaires de tout futur détenteur d’armes, la restriction sur les ventes d’armes semi-automatiques, ou sur la possession d’armes à feu par individu – Paddock en possédait légalement plus de quarante. 
 
78% des Américains ne possèdent par d’armes à feu, 19% des Américains possède 50% des armes en circulation et 3% possède le reste, c’est-à-dire, 50% des armes à feu soit plus de cent millions.
 
Time magazine consacre sa couverture au « cauchemar américain » et note:

La difficulté de faire évoluer le débat sur les armes, c’est qu’il porte davantage sur ce qu’elles représentent: Les libertés adorées, le respect de l’indépendance. Les armes à feu sont un rejet du politiquement correct qui se glisse partout. Même le mouvement le plus minime visant à contrôler des armes mortelles apparaît pour certains Américains comme une atteinte à leurs droits 

 
Selon Politico:

Il existe un sentiment croissant de futilité du débat. Le contrôle est une cause perdue même dans un gouvernement divisé donc avec une présidence et un Congrès aux mains des Républicains…

 
Bill O’Reilly, ancien présentateur de Fox News, viré pour harcèlement sexuel, a twitté hier que Las Vegas était « le prix de la liberté », ce à quoi The Nation répond:

« L idée ancrée chez les Américains que les armes sont le symbole de la liberté est vraiment anormale. Ca signifie que, par définition, la capacité à créer de la violence serait le symbole, voire la condition préalable à la liberté, masculine, il faut le préciser. Ces valeurs n’ont pas été inventées par le taré de la Maison Blanche; c’est le symptôme d’un pays et d’un électorat qui préfèrent les armes à feu à la vie des enfants. »

 
 
 


II. Les questions de la droite pro-Trump

 

Selon l’excellente newsletter Right Richter, la réaction des médias pro-Trump à la tuerie de Las Vegas s’inscrit dans une stratégie de plus en plus courante qui vise non plus apporter une autre histoire – comme pour les théories sur le meurtre de Seth Rich – mais à la manière d’un avocat de la défense, en questionnant les résultats de l’enquête et en dénonçant certaines inconsistances avec la version officielle et celle des médias mainstream.

 

Dans le cas de Las Vegas, le site du Gateway Pundit a affirmé que le tueur est un « taré d’extrême gauche », Alex Jones d’Info Wars a d’abord cru aux revendications de Daech, puis a expliqué que, selon des sources anonymes, la chambre d’hôtel de Stephen Paddock était recouverte de propagande antifa. – propos contredits par les clichés diffusés sur le Daily Mail.
Mike Cernovitch demande lui la preuve par l’image et s’interroge pourquoi est-ce que l’hôtel n’a diffusé aucune image – parce que la police ne peut diffuser les images d’une enquête en cours.

 

Peu importe si le public le croit. Ce qui importe, c’est de rendre la situation tellement confuse que l’Américain moyen, déjà sceptique vis-à-vis des médias mainstream, ne pas chercher à comprendre les faits et passer à autre chose.
Jusqu’à la prochaine fois

 
 
 


III. Tous des « Morons »


 
C’est une polémique qui n’a pas lieu d’être sauf en Trumplandia: Les révélations de NBC News hier matin sur la menace de démission du Secrétaire d’Etat Rex Tillerson en juillet dernier qui aurait traité son boss de « moron » (« débile »), lors d’une réunion au Pentagone, a provoqué depuis vingt quatre heures un torrent de tweets de Trump contre la chaîne qualifiée « fake news », « pire que CNN », « Fake News Network »; il a demandé qu’elle présente ses « excuses à l’Amérique » et même appelé la Commission du Renseignement du Sénat à enquêter dessus.
 
Entre temps, le démenti du porte parole de Rex Tillerson sur les révélations de NBC News – dont « tout le monde sait que c’est vrai » – n’a pas calmé Trump.
 
A LIRE: L’analyse géniale de Axios​ sur le Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, qui avait accompli jusqu’ici la carrière parfaite à la tête de la 2ème compagnie la plus riche au monde ExxonMobil​ et qui se retrouve dans une administration hostile, avec un président qui ne l’aime pas, qui marche constamment sur ses plates-bandes, et coincée à son poste car il est l’un des garants de la stabilité de la Maison Blanche, des Etats-Unis et du monde…
 
Le sénateur républicain Bob Cocker a déclaré hier dans les couloirs du Congrès américain:

« le Secrétaire d’Etat Rex Tillerson, le Secrétaire de la Défense, James Mattis, et le chef de cabinet, John Kelly étaient les personnes qui sauvaient la Maison Blanche du chaos. »

 
 


IV. Débat: Le Gerrymandering, L’autre poison de l’Amérique

La Cour Suprême des Etats-Unis s’attaque cette semaine au problème du « Gerrymandering » partisan, le découpage électoral utilisé pour avantager à un parti politique aux dépens de l’adversaire, et doit statuer si la pratique  est conforme ou non à la Constitution.
 
Ils étudient le cas (Gill v. Whitford) du Wisconsin dont le dernier découpage électoral, voté en 2011 par un parlement républicain, a été annulé par un cour fédérale l’année dernière qui a donné raison aux plaignants et conclu que le nouveau découpage visait a diluer les votes démocrates dans l’Etat pour les empêcher d’atteindre une majorité dans la plupart des districts (« Craking ») et à en regrouper beaucoup dans un petit nombre de district, qu’il remporteront avec une importante marge (« packing »).
 
Les défenseurs du nouveau découpage du Wisconsin affirment que ce n’est pas à la Cour Suprême de statuer sur un problème politique quand les opposants affirment qu’il viole le 14th Amendement

Les Juges « conservateurs » (Thomas, Gorsuch, Roberts et Alito) préféreraient rester en dehors du problème tandis que les « libéraux » (Sotomayor, RBG, Kagan, Breyer) auraient tendance à vouloir éliminer cette pratique, le jugement reviendra sans doute à Anthony Kennedy, qui avait pris le coté des conservateurs en 2004, la dernière fois que la question leur a été étudiée.

Si Kennedy change d’avis, les Républicains auraient bien plus à perdre que les Démocrates étant une utilisation importante du gerrymandering ces dernières années

* « This Supreme Court Case could Radically Reshape Politics » – NPR

 

 


V. Environnement: Le fracking dans votre jardin

Dans le Colorado, pour boucler votre fin de mois, vous pouvez louer votre sous-sol à une entreprise qui se chargera d’en extraire les ressources énergétiques. Encore mieux, vous pouvez personnellement obliger vos voisins à faire de même.

Young et ses voisins ne peuvent pas faire grand chose contre le forage horizontal. Les résidents du quartier de Wildgrass possèdent leur petit coin de paradis mais n’ont aucun contrôle sur ce qui se passe en dessous. Une loi obscure du Colorado autorise qu’un quartier tout entier soit obligé de louer les minéraux en dessous de leur propriété du moment qu’une personne y consent.
La pratique, appelée « groupement forcé » a permis de développer les ressources de pétrole et de gaz dans la banlieue de Denver, en pleine expansion. Ca existe dans d’autres Etats mais la Colorado est le plus favorable au forage

Depuis que la compagnie Extraction Oil & Gas veut exploiter les sous-sols de la banlieue chic de Wildgrass, certains habitants ont organisé une campagne contre la réalisation du projet, par peur des accidents, parce que les royalties ne compenseront pas la chute des prix immobilier, et parce que surtout, ils en ont les moyens.

* « These Suburbanites May Have no Fracking Choice » – Bloomberg Businessweek

 

 


VI. La power list de New York City

 

Après la liste du « New Establishment » publiée lundi par Vanity Fair, c’est au tour de Variety de publier sa liste des cinquante personnalités qui font bouger Manhattan, « dont l’influence se mesure davantage à leur nombre d’abonnés sur Twitter que leur compte en banque ».
 
On retiendra parmi elles
* Lauren Duca, journaliste à Teen Vogue et auteur de l’article « Donald Trump is gaslighting America »;
* Jessica Williams, ancienne du Daily Show et réalisatrice du très acclamé « The Incredible Jessica James » sur Netflix
* Ana Navarro, une commentatrice républicaine sur CNN qui incarne la résistance contre Trump
* Dee Rees, réalisatrice de Pariah qui vient de vendre sa série « MudBound » à Netflix pour 12,5 millions de dollars
* Maggie Haberman, journaliste star du New York Times qui connait Trump mieux que quiconque

 


VII. Nuggets

 

  • Le parlementaire républicain Tim Murphy, proche du mouvement Pro-Life contre l’avortement, a annoncé ne pas se représenter en 2018 au poste de Représentant du 18ème district de Pennsylvanie après la diffusion dans le Pittsburgh Post-Gazette d’un de ses SMS demandant à sa maîtresse d’avorter au cas où elle serait enceinte.

 

  • Equifax, la compagnie de crédit, dont les informations personnelles de 140 millions d’individus ont été piratées au début de mois de septembre s’est vue accorder depuis un contrat exclusif avec l’Internal Revenue Service, l’agence du gouvernement fédéral des États-Unis qui collecte l’impôt sur le revenu, pour un montant de 7,5 millions de dollars, pour vérifier l’identité des contribuables et prévenir la fraude. – Politico

 

  • Article passionnant sur l’enquête des journalistes de Politico concernant l’usage des jets privés de Tom Price, le ministre de la Santé, qui a mené directement à démission la semaine dernière – Politico

 


VIII. A Lire: La couverture la plus connue de Rolling Stone

 

 

A l’occasion des cinquante du magazine, et de sa vente, Vanity Fair revient sur l’amitié entre le chanteur des Beatles et le jeune fondateur du magazine de la contre culture américaine marquée par deux couvertures qui sont restées dans l’histoire, les deux avec le couple John Lennon-Yoko Ono, mais 

 

 



IX. Couverture du Jour


Elle cartonne dans la sixième saison de American Horror Story, a remporté un Emmy pour sa prestation dans American Crime: The People vs. O.J. Simpson, et va jouer dans une nouvelle série sur Netflix, Ratched, inspirée par l’infirmière du film « Vol au dessus d’un nid de coucou »

 

 

29.09.17

 

1. Bannon part en guerre

 

  • La personnalité qui a dominé la vie politique américaine cette semaine est l’un de ses plus fervents et bruyants « disrupters »: Steve Bannon qui fait à nouveau la couverture de Businessweek, deux ans après une première cover story qui l’avait qualifié « d’agent le plus dangereux de Washington ».
  •  

  • Il compte utiliser la victoire de son candidat, Roy Moore, dans les partielles républicaines d’Alabama mardi, contre celui du parti soutenu par Trump, pour punir ses adversaires politiques, l’establishment du parti républicain (Paul Ryan et Mitch McConnell) tout en restant fidèle au président, qui reste le meilleur ambassadeur de sa doctrine populiste. 
  •  

  • Steve Bannon veut développer et consolider l’aile populiste du GOP en recrutant des candidats « insurgés » pour affronter sur leurs terres les candidats républicains sortants (Mississippi, Tennessee, Arizona, Nevada, Michigan et du Maine) et essayer d’y décrocher les mêmes victoires que celle d’Alabama.
    Et il le crie haut et fort à qui veut bien l’entendre: « On part en guerre (…) Et ce n’est pas une bataille d’oreillers, c’est une vraie guerre. »
  •  

  • Pour ce faire, il peut compter sur la fortune de la famille Mercer, qui a investi dans Breitbart en 2012, dans la campagne de Trump en 2016 et qui figurent aujourd’hui parmi les plus importants donateurs conservateurs. * « Alabama Victory Provides Blueprint for New Bannon Alliance »New York Times

 


2. Vers un troisième bloc parlementaire?

 

  • Contrairement au « Freedom Caucus », le groupe parlementaire ultra-conservateur, directement inspiré du mouvement du Tea Party, les futurs « insurgés » n’ont « aucune vision idéologique cohérente » si ce n’est une haine de la classe dirigeante, et de son leader, Mitch McConnell:
     

    Bannon: On va rendre Mitch McConnell tellement toxique. On va tout simplement dire aux gens: Si McConnell vous soutient, vous êtes fini … Ca va foutre les jetons à tout le monde.

 

  • Politico appelle cela « le scénario cauchemardesque des Démocrates et des Républicains« : la formation d’un « bloc Trump » au Sénat aux élections de mi-mandat en 2018 qui provoque un dysfonctionnement total du Congrès américain.
     

    Mais certains analystes politiques commencent à s’interroger sur les conséquences pour le « Disrupter-in-Chief », qui est à la fois un symptôme, l’instigateur et la victime du dysfonctionnement de Washington. Les Républicains qui ont affronté Trump lors des primaires du parti affirment que les forces qu’il réussit à déchaîner peuvent lui échapper et l’empêcher d’achever son programme au Congrès américain et ternir son héritage politique. 

    * « Steve Bannon is looking for retribution after Alabama win. And he’s recruiting »CNN Politics
    * « Moore’s win conjures 2018 nightmare – for both parties »Politico

 


3. Washington Jet Set

 

  • Tom Price, le ministre de la santé de Trump, a dépensé un million de dollars en frais des transports lors de ses différents déplacements à l’étranger ces six derniers mois. Des dépenses importantes qui contredisent l’une des missions que s’est donnée la nouvelle administration et son président: « vider le marécage » (« Drain the Swamp ») de Washington.
    Même si Price s’est engagé à rembourser ces frais, il est sur la sellette et Trump devrait se prononcer sur son sort aujourd’hui.

 

  • L’analyse qu’en donne le National Review est juste et devrait être prise en compte par les Républicains et les Démocrates.
     

    Au delà du « parfait scandale populiste », on sent bien que ce qui bloque les Américains, ce ne sont pas forcément les divergences de point de vue politiques (…) mais le ressentiment envers cette arrogance et ce bon-droit d’un groupe que les Américains pensaient pendant longtemps ne pas avoir: La classe dirigeante.
    Ils ne vivent pas comme nous. De temps en temps, l’un d’entre eux les embarrasse tellement qu’il est jeté aux loups – feu Anthony Weiner – mais les habitants des quartiers dorés de Washington et New York retombent toujours sur leurs pieds. Si vous échouez misérablement à Washington, vous finirez … autre part à Washington, à faire de l’argent comme lobbyiste ou consultant. Au pire vous terminerez à enseigner un séminaire à la Kennedy School et vous profiterez des plaisirs que la vie à Harvard a à offrir.

    * « Washington Jet Set »National Review

 

 


4. Immigration: Où sont les bad hombres?

 

  • L’immigration, c’est le thème numéro un de l’administration Trump, qui lui a permis de remporter les suffrages de l’électorat blanc et rural inquiet des bouleversements démographiques du pays: En attendant l’éventuelle construction d’un mur, le président a renforcé les moyens et les effectifs des « border patrols », des agents de l’Immigration & Customs Enforcement (ICE) afin qu’ils puissent arrêter et expulser les « trois millions de trafiquants de drogues, criminels qui vivaient illégalement sur le territoire américain ». 
  •  

  • Mais les derniers chiffres de l’ICE sont loin des résultats espérés par l’administration: 211 000 immigrés ont été expulsés entre octobre 2016 et novembre 2017 contre 240 000 l’année précédente, même si les arrestations ont augmenté de 43% depuis l’investiture de Trump. C’est son prédécesseur, Barack Obama qui garde le statut de « Deporter-In-Chief ».
  •  

  • Les raisons:
    • La force de persuasion de Trump qui a fait dramatiquement baissé le nombre d’étrangers prêts à entrer illégalement aux Etats-Unis
    • La réaction des associations de défense d’immigrés, soutenues par les aides financières et techniques de professionnels et capables de venir rapidement en aides aux prisonniers et détenus.
    • Le flot d’arrestations s’accumulent dans les cours fédérales avec près 600 000 cas en attente et « ça pourrait prendre des années avant que des migrants arrêtées sous Trump soient physiquement expulsés »

      * « Deportations slow under Trump despite increase in arrests by ICE »The Washington Post

5. Le business de la mort

 

  • La Virginie Occidentale, l’Etat le plus touché par la crise des opiacés, responsable de la mort 62 000 personnes aux Etats-Unis l’année dernière, a déboursé entre octobre 2016 et novembre 2017, presque 900 000 dollars à des entreprises privées pour le transport de ses cadavres.
     

    Plus de 880 personnes sont décédées d’une overdose de drogues en Virginie Occidentale l’année dernière – un nombre record. L’Etat à le pire taux de morts par overdose dans le pays. Chaque overdose demande au minimum deux transports, du lieu du décès à la morgue, puis de la morgue aux pompes funèbres. Chaque corps doit être autopsié et un rapport toxicologique doit être effectué pour déterminer les drogues qui ont causé la mort.

     

  • Pire, une société qui détient le monopole de cette activité au niveau de l’Etat, aurait surchargé ses honoraires, multiplié les erreurs de facturation pour un montant total de 140 000 dollars entre 2010 et 2014 sur plus de trois millions de dollars engrangés depuis 2003.* « Opioid Crisis Drives A Grim Business in West Virginia: Body Transport »Huffington Post

 

 

 


6. Merkel trollée

 

 

  • Comment la firme américaine, Harris Media, qui a organisé les campagnes agressives de Donald Trump, Sarah Palin et Mitch McConnell a aidé le parti raciste allemand à récolter près six millions de voix 
     

    Ces sites, et les publicités en ligne qui en font la promotion sont monnaie courante dans la politique américaine: A tous les niveaux, présidentiel, du Congrès et même local, des experts en stratégie numérique construisent des sites internet d’opposition pour aider leurs clients à affaiblir leurs adversaires. Mais en Allemagne, où les campagnes négatives ressemblent davantage à un désaccord politique, c’était sans précédent. 

     

  • Ce genre de campagnes a eu des effets dévastateurs aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, l’Allemagne vient d’être touchée et la France sera sans doute la prochaine: les partis traditionnels vont devoir s’adapter à ces rhétoriques racistes et violentes et trouver la réponse adéquate sans tomber dans le même piège.* « Germany’s Right-Wing Populists Are Importing U.S.-Style Campaign Tactics »The Atlantic 

 


7. A écouter: « The Disappearance of Maura Murray »

 

 

  • Le dernière séri-docu de Oxygen sur la disparition de Maura Murray par la journaliste Maggie Freleng: En février 2004, l’étudiante de 21 ans prévient ses professeurs qu’elle doit s’absenter quelques jours à la suite d’un décès familial qui n’a jamais eu lieu. Elle vide sa chambre, retire tout l’argent qu’elle possède et quitte la ville. Quatre heures plus tard, elle est victime d’un accident de voiture et sans attendre l’arrivée rapide de la police, réussit à se volatiliser sans laisser de traces, ni de message…
  • L’article du Amherst Bulletin sur la série.

 


8 .Couverture du Jour

 

 

  • Impossible de passer à côté du dernier numéro de The Economist, le magazine anglais qui a annoncé pendant des années la banqueroute française, et qui depuis le traumatisme du Brexit, a trouvé en Emmanuel Macron, le sauveur de l’Europe.
     

    Qui dirige l’Europe? Au début, la réponse était évidente. Angela Merkel est destinée à remporter une quatrième victoire aux élections, la Grande Bretagne hors-jeu, l’Italie à plat et la France paralysée par la perspective que Marine Le Pen devienne le Donald Trump français. Cette semaine, tout a changé. Mme Merkel a remporté les élections avec une marge tellement réduite qu’elle apparait diminuée (…) De l’autre côté du Rhin, avec un parlement dominé par un nouveau parti qui lui est dévoué, le président français Emmanuel Macron regorge d’ambitions (…)Un leader s’impose qui semble courageux, discipliné et réfléchi. Courageux à cause de la réforme du travail mets du temps à créer de l’emploi et qui récompense les successeurs politiques de ceux qui font le sale boulot.

    * « The Spotlight shifts from Germany to France » – The Economist

27.09.17

 

 

1. Les partielles en Alabama

 

 

  • La victoire de Roy Moore, le candidat anti-establishment soutenu par Breitbart et Steve Bannon contre Luther Strange, le candidat du parti républicain, soutenu par Donald Trump est un mauvais signe pour les candidats du GOP aux élections de 2018 où toute une série de nouveaux prétendants et adversaires pourraient faire campagne contre eux.

 

  • Le candidat le plus proche des idées de Trump était Roy Moore mais le président a dû suivre la direction de son parti dont il a besoin au Congrès pour faire passer son programme … qui ne passe pas.

 

  • Tous les tweets d’encouragement de Trump, qui est même allé en meeting à Huntsville en Alabama vendredi dernier, destinés à Luther Strange ont mystérieusement disparu après sa défaite hier soir. Le président a depuis félicité Roy Moore, « un mec super qui a fait une belle campagne »
     

    L’establishment républicain est tellement faible que même avec le soutien Trump, il est incapable de battre les « Trumpers »

 

  • Morning Joe a rassemblé les propos les plus controversés de Roy Moore:
     

 

  • Breitbat a commenté sur cette victoire qui est aussi un peu la sienne
     

    La victoire de mardi a montré la force et l’attraction de Breitbat News et prouve que les résultats extraordinaires du site en 2016 n’étaient pas un hasard. Breitbart News a réussi à fidéliser son lectorat et préserver une marque authentique.
    Donc Breitbart et Bannon ne sont pas seulement les deux noms les plus haïs de Washington, ils sont aussi les plus craints. Et ça implique que le mouvement politique qui a élu Trump en 2016 sera encore plus bruyant.

     


2. Le Jones Act

 

  • Trump saluait hier en conférence de presse hier le travail formidable des autorités fédérales venues secourir les 3,5 millions de Puerto Ricains qui vivent pour la plupart sans eaux, ni électricité depuis le passage de l’ouragan Maria, il y a une semaine. Une situation calamiteuse qualifiée de crise humanitaire par le gouverneur de l’île.
  •  

  • Le désastre naturel a eu le mérite d’évoquer le problème du Jones Act, une loi sur la marine marchande signée en 1920 par Wilson qui impose que les biens transportés entre les différents ports du pays, le soient uniquement par des bateaux américains, construits aux Etats-Unis et dont le propriétaire et l’équipage sont américains. Une mesure protectionniste qui augmente les coûts de tous les produits importés des Etats-Unis sur l’île et que Puerto Rico pourrait obtenir à un prix plus compétitif s’il elle l’achetait des îles voisines, comme la Jamaïque
  •  

  • Le Department of Homeland Security a suspendu le Jones Act après les passages des ouragans Harvey et Irma, mais n’a pas encore décidé concernant l’ouragan Maria, provoquant la colère du sénateur de l’Arizona, John McCain:
     

    Il est inacceptable de forcer les gens de Puerto Rico à payer deux fois plus cher pour de la nourriture, de l’eau potable, des provisions et des infrastructures à cause des conditions imposées par le Jones Act alors que ces derniers se remettent juste d’un désastre.

     

  • Le Wall Street Journal a lui aussi dénoncé cette loi, l’une des pires du droit américain, qui fait de Puerto Rico, un « territoire de seconde zone »

 

 

 


3. Le retour des Crocs

 

  • Les chaussures les plus moches du monde, créées en 2002 en Floride pour remplacer la traditionnelle chaussure bateau, moins chère et plus commode que la Sebago, font un retour en force cette année sur les podiums, dans les magazines de mode et dans les rayons des supermarchés.
  • Malgré 300 millions de paires vendus et des profits supérieurs à un milliard de dollars ces six dernières années, la Croc, tombée en désuétude depuis 2010, a enregistré une hausse de 50% de ses profits cette année, grâce notamment au succès du modèle classique en mousse et anti-dérapant, vendu 35 dollars.
  • Un investissement de 200 millions de dollars, la fermeture de centaines de magazines peu rentables, des collections plus réduites avec nouvelles couleurs et imprimés, une campagne de publicité avec la star de catch, John Cena et Drew Barrymore et nous voilà envahis à nouveau par cette monstruosité. Heureusement l’hiver arrive.
  • Crocs surfe aussi sur la vague des vêtements dits de « athleisure » – la rencontre de l’athlétisme et du loisir – qui pousse les consommateurs à préférer le confort à l’esthétique comme les autres marques de chaussure moches comme UGG, Tevas, Birkenstocks* « Croc’s billion dollar strategy: Stay Ugly »Washington Post

 


4. Must Read: L’assassinat de Kim Jong Nam

 

  • Longue et passionnante enquête du magazine masculin GQ ce mois-ci sur l’assassinat de Kim Jong Nam, frère aîné de Kim Jung Un et ancien prétendant à la succession du Kim Jong-il, dans un aéroport de Kuala Lumpur en février dernier, par deux jeunes femmes payées pour réaliser un soi-disant canular filmé en caméra cachée.
    La vidéo de l’agression diffusée par la télévision japonaise qui a fait le tour du monde, attribuée très vite son jeune cadet, donne une idée de la sauvagerie du nouveau chef de la Corée du Nord qui a volontairement laissé les traces de son passage « pour tenter d’effrayer le reste de monde ».

     

    Ce que Siti comprendra quelques semaines plus tard, c’est que les Nord-Coréens ont minutieusement préparé chaque détail de son recrutement et de l’assassinat. James son recruteur, introduit comme Japonais était en réalité nord-coréen, a rencontré John, le chauffeur de taxi lors d’une course et lui a demandé de lui trouver des filles. Ce dernier lui a d’abord présenté une Philippine qui demandait trop d’argent, puis une vietnamienne (qui sera utilisé comme la fausse cible de Siti) avant de finalement rencontrer Siti. Dès lors, Siti a été coachée à travers le monde par des hommes entraîné spécialement pour cette mission.

    * « The Untold Storyof Kim Jong-nam’s Assassination » – GQ

 


5. Qu’est ce qui compte?

 

  • Essai intéressant paru dans le New York Times magazine sur l’évolution de ce que nous considérons comme important et ce qui ne l’est pas, dans une période où notre cerveau est constamment distrait par les nouvelles technologies et qui doit faire face à des changements politiques profonds.
     

    La distraction c’est notre arrêt de mort. C’est la façon dont le monde va s’éteindre, non avec une explosion mais une sonnerie, depuis notre Iphone. Jusqu’à récemment, ces distractions étaient faciles à repérer, tu savais les reconnaître immédiatement, et tout le monde était d’accord sur ce compte et ce qui importe moins (…) Mais depuis les élections 2016 – au fur et à mesure que le discours politique s’est envenimé, s’est divisé – on est devenu incapable de s’entendre sur ce qu’on peut prendre à la légère et ce qui importe davantage (…) De gauche comme de droite, c’est devenu un sujet récurrent dans les débats politiques d’appeler toute attaque contre la Maison Blanche une distraction, selon les propres termes de la Maison Blanche (…) La magie du mot « distraction » est qu’elle minimise et discrédite quelque chose sans avoir à se justifier (…) Il est donc de plus en difficile de s’accorder sur la direction vers laquelle doit se tourner notre attention et comment elle doit être utilisée

  •  

  • * « What I care about is important. What you care about is a distraction » The New York Times magazine

 


6. NYT vs 538

 

    • C’est une petite broutille entre excellents journalistes libéraux américains mais qui révèle un an après la victoire surprise de Donald Trump aux élections présidentielles, le ressentiment de certains contre leurs collègues notamment quand il s’agit de Hillary Clinton et sa messagerie privée – qui lui a coûté selon elle, les élections. 
    •  

    • On a appris cette semaine que plusieurs représentants de l’administration Trump, dont son genre Jared Kushner, avaient utilisé une messagerie privée dans le cadre de leurs fonctions officielles. La même erreur qui a été martelé pendant la campagne contre la candidate démocrate lorsqu’elle était le Secrétaire D’Etat de Barack Obama.
    •  

    • Maggie Haberman, journaliste star du New York Times a rapporté l’info mardi et reçu les foudres d’un ancien de la Gray Lady, le célèbre Nate Silver, qui l’accuse avec le Times d’avoir « continuellement abordé les emails d’Hillary Clinton et [d’en avoir] fait le centre d’intérêt de sa campagne ».
      Il rajoute: « Les emails de Clinton ne se sont pas transformés tout seuls en une histoire importante. Le New York Times a joué un rôle là-dedans. »
       
    •  

    • Haberman a répondu en pointant les erreurs de 538 concernant les chances de victoire de Clinton, ce à quoi Nate Silver a répondu avoir reconnu ses erreurs tout en ayant fait eu une marge d’erreur moins importante que celle du New York Times. 
    • Haberman qui suivait Trump a vu sa carrière décoller depuis l’élection de Trump et est passé à d’autres quand d’autres journalistes, tout aussi talentueux restent 

 

 

 


7. Changement de carrière

  • Preet Bahara, procureur fédéral du Sud de l’Etat de New York, considéré depuis sa nomination par Barack Obama en 2009 comme l’un des « procureurs les plus agressifs et bruyants contre la corruption et le crime à Wall Street », viré manu-militari par Donald Trump en mars dernier après avoir refusé de démissionner, a trouvé une nouvelle lubie: Le podcast.
  • « Stay Tuned with Preet Bahara » qui a fait ses débuts sur la radio new yorkaise WNYC cartonne depuis une semaine

 


8. Séries télé: Less is more

 

  • « Chasing the Dragon »: Le succès mondial de la série « Game of Thrones » – dix-quinze millions de dollars par épisode – et « l’émergence de poids lourds du streaming qui n’ont pas les mêmes directives financières que les chaînes de télé traditionnelles, les coûts ont augmenté partout, du repérage des lieux de tournage à la location d’équipements et de studios de post-production. »
  • « Un nombre croissant de services demandent plus de temps et d’argent (…) Le coût des contenus sur des plate-formes à la demande se situe entre cinq et sept millions de dollars de l’heure contre 1,5 à trois millions pour les chaînes du câble » – même si ces chiffres ont déjà augmenté ces cinq dernières années
  • Les compagnies comme Netflix, Amazon ou encore Hulu, dont les budgets sont quasiment illimités sont présentés comme les grands vilains* « TV Series Budgets Hit the Breaking Point as Costs Skyrocket in Peak TV Era » – Variety
  •  

  • « Alors que Hollywood et la Silicon Valley mettent des sommes de plus en plus importantes dans l’écosystème télévisuel, il est difficile de ne pas redouter la façon dont les milliards de dollars ont commencé à redéfinir les priorités et ses résultats (…) Le problème des excès – plus d’argent, plus de séries et plus de chaînes – c’est que toujours plus ne signifie toujours mieux« * « Will Out-of-control episode cost kill Peak TV » – Variety

 


9. Couverture du Jour

 

  • Un hommage au succès planétaire de Game of Thrones dan Variety qui y consacre sa cover story – voir plus haut
     

25.09.17

 

1. Marionnettes

 

  • Les journalistes, commentateurs, internautes, et médias internationaux n’avaient qu’un seul mot à la bouche ce week-end: les propos incendiaires du président contre les « fils de pute » de joueurs qui osent mettre un genou à terre pendant l’hymne national et les témoignages de solidarité des joueurs hier sur le terrain.

 

  • Vendredi soir, Trump, en meeting en Alabama pour soutenir un candidat de l’establishment républicain, Luther Strange contre le favori, Roy Moore, soutenu par Breitbart et l’extrême droite américaine [pour remplacer le siège de sénateur de Jeff Sessions], a donné de « la viande rouge sanguinolente à un troupeau de Déplorables affamés qui l’a dévoré » provoquant la réaction au quart de tour des médias, médias sociaux et de l’opinion publique. Nouvelle démonstration de la facilité avec laquelle Trump manipule les médias et l’opinion publique, et qui n’a eu pour effet que de renforcer les opinions des libéraux et des conservateurs autour de cette pseudo-guerre culturelle sur la liberté d’expression et le patriotisme.

 

  • Dans son éditorial ce matin, le Wall Street Journal s’inquiète de cette « politisation de tout »:

    Les démocraties saines aiment débattre de politique mais laissent une plus grande place à la société civile et la culture qui rassemblent plus qu’elles ne divisent. Avec la politisation de la Ligue Nationale de Football et de l’hymne national, les Etats Divisés d’Amérique affichent un niveau toxique de polarisation et de défiance.

    Et la faute à qui? Au président, qui plutôt de rester au-dessus des débats politiques en cherchant à unifier le pays, ne fait que le diviser pour rassurer sa base de déplorables et détourner l’attention des médias de ses échecs législatifs.

 


2. Et tout le monde en profites

 

  • Les unes des journaux américains ce matin revenaient tous ce matin sur cette épisode d’unité visible chez les joueurs de football et leur équipe: Les témoignages de solidarité ont côtoyé les nombreux éditos enflammés sur la défense de la liberté d’expression, les valeurs de l’Amérique, la beauté du sport,…

 

  • Mention spécial à la une du Chicago Sun-Times dédié au premier Amendement de la constitution

 

  • Comme le note Michael Calderone dans sa newsletter « Morning Media » publié par Politico, ce n’est pas la première fois que l’administration Trump demande à des entreprises privées de condamner les propos de leurs employés. La porte parle de la Maison Blanche avait appelé ESPN à virer sa journaliste afro-américaine Jemele Hill à près avoir traité le président de suprémaciste blanc.

 


3. Le drame de Puerto Rico

 

  • Le président a twitté 17 fois sur la polémique qu’il a remis à jour vendredi soir contre les jours de NFL qui ne respectaient pas l’hymne national mais rien sur l’île américaine de Puerto Rico, ravagée par l’ouragan Irma puis Maria, encore plus destructeur la semaine dernière. Beaucoup des 3,4 millions de résidents de l’île des Caraïbes n’ont plus d’eau, ni électricité, et la nourriture manque – Selon le New York Times, 80% des terres agricoles ont été ravagées.
    Les dégâts matériels et physiques empêchent l’accès aux moyens de communication, et beaucoup sont incapables de prévenir leur proche car les réseaux cellulaires sont en panne. Le gouverneur de Puerto Rico a demandé davantage de moyens ce week-end de la part du gouvernement fédéral qui n’ont pas encore été distribués.


    « Puerto Ricans describe horror in the streets after Hurricane Maria » – HuffPost

 


4. Recherche Reforme désespérément

 

  • Les Démocrates et Conservateurs savent que la dernière proposition dite « Graham-Cassidy » visant à supprimer et remplacer Obamacare est une fraude qui n’a pour but que de rassurer la majorité sur sa capacité à faire passer une mesure majeure: Sans même avoir reçu les chiffres du Comité du Congrès sur le Budget, vingt millions d’Américaines perdraient leur assurance à travers la suspension de subventions destinés à Medicaid (le programme d’aide aux plus défavorisés) et aux assurances privées.
  • Pour convaincre les sénateurs républicains indécis, Lindsey Graham et Bill Cassidy ont révisé leur copie ce week-end et décidé de leur donner davantage de subventions à leur Etat, pour rassurer les électeurs et les empêcher d’en payer le prix aux prochaines élections du mi-mandat l’année prochaine – On parle dont de l’Arizona (John McCain),du Kentucky (Rand Paul), de l’Alaska (Lisa Murkowski) et le Maine (Susan Collins)

 

  • Problème: selon le Washington Post, ces derniers seraient toujours aussi sceptiques à l’encontre d’une proposition qu’il n’aime guère « fondamentalement »

 

  • Ce soir, débat télévisé sur CNN entre Cassidy, Graham d’un côté et les sénateurs indépendants, Bernie Sanders et Amy Kobluchar du Minnesota.

 


5. L’Amérique laissée pour compte

 

  • Pour Mike Allen de Axios c’est l’un des rapports les plus déconcertant de ces derniers mois, celui publié aujourd’hui par Economic Innovation Group qui montre que si les Etats-Unis continuent de s’enrichir, c’est au profit d’une minorité située dans des enclaves géographiques bien délimitées (par le code postal « zip codes ») et au détriment du reste du pays – les « laisser pour compte » si chers à Donald Trump.
  • Les zones favorisées accueillent la plupart des emplois, de la croissance, des travailleurs diplomés en meilleure santé – Seattle, San Francisco, Austin ou plus petites comme Gilbert en Arizona ou Plano au Texas. Les deux tiers des investissements en capitaux sont destinés à la Californie, New York et le Massachusetts.

    Aujourd’hui la plupart des emplois reviennent aux gens diplômés qui habitent dans des communautés dynamiques: C’est un cycle qui s’auto-renforce.

  • Les conditions économiques et sociales des régions défavorisées ne font qu’empirer, surtout dans les anciennes régions industrielles du MidWest et Nord Est – celles qui ont « swingé » pour Donald Trump lors des dernières élections.

    « Ce n’est pas un problème républicain ou démocrate, les deux partis représentent ces régions en difficulté. Mais les disparités financières entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas renforcent les clivages politiques, et aucune solution n’a été proposée jusqu’ici pour remédier à cela. »

 

 

 


6. Rentabilité oblige

 

  • Le New York Times a réalisé un classement des 50 entreprises américaines les plus rentables entre 1926 et 2016 et sans grande surprise, Apple, l’une des plus jeunes, arrive en première position devant Exxon Mobil, Microsoft, General Electric, IBM … Amazon est 14ème, Coca-Cola 15ème, Facebook (la plus jeune) est 28ème et McDonalds est 31ème.

 

 


7. « Carlos Danger » en taule

 

  • C’était l’une des étoiles montantes du Parti Démocrate, marié à Huma Abedin – la conseillère de Hillary Clinton – l’un des plus jeunes parlementaires du pays, candidat à la mairie de New York …  qui a tout perdu en sextant des mineurs.
    L’un des traits de caractère d’Anthony Weiner, c’est sa pugnacité, que ce soit en politique (l’excellent doc Weiner sur le personnage) ou au coeur du scandale: il ne se laisse jamais abattre.

 

  • Non content d’une première humiliation publique – révélée par Andrew Breitbart, le père du site d’infos – qui l’a fait démissionner du Congrès américain en 2011, il a continué à sexter des mineurs et leur envoyer des photos de ses parties intimes, cette fois-ci sous le pseudo « Carlos Danger » qui a ruiné sa campagne plutôt réussie à la mairie de New York, en 2013 – après avoir juré être guéri en couverture du New York Times magazine.
    Ce n’est pas fini.
    Il a continué ses activités salaces durant la campagne présidentielle de 2016, a été dénoncé et c’est le FBI qui s’en est mêlé et a effectué une perquisition dans l’appartement du couple, où les disques durs des ordinateurs ont été réquisitionnés, et dans lesquels les agents ont trouvé des emails entre Clinton et Abedin. C’est cette découverte qui a poussé James Comey à écrire au Congrès dix jours avant le scrutin pour les informer de l’éventualité de la réouverture d’une enquête sur la messagerie privée de Clinton – un geste qui lui aurait soi-disant coûté les élections.

 

  • Anthony Weiner, 53 ans, vient d’écoper de 21 mois de prison aujourd’hui, dix mille dollars d’amende, sera fiché comme délinquant sexuel pendant trois après la fin de sa détention.
    Le seul content dans cette histoire, c’est le New York Post qui déteste encore plus Weiner que l’actuel maire de la ville, Bill de Blasio.

 


8. The Opposition

  • La dernière émission de la chaîne câblée Comedy Central, intitulée « The Opposition », présentée par Jordan Klepper, devrait être l’équivalent pour la droite alternative de ce que le Colbert Report avait été pour les Républicains. Le comédien reprendra le rôle de reporter qu’il a tenu trois ans dans The Daily Show (avec Trevor Noah) mais cette fois-ci pour dénoncer, à la manière des trolls d’internet, les mensonges et manipulations du pouvoir, des médias grand public, de la classe dirigeante à travers théories du complot, fake news et autres absurdités inspirées par les programmes de vraies célébrités alt-right Alex Jones, Breitbart ou Rush Limbaugh.
    Il sera entouré des chroniqueurs qui joueront les bloggers et animateurs radio racistes tels que Tomi Lahren, Dana Loesch, Milo Yiannopoulos.

 

 

22.09.17

 

1. McConnell perd pied

 

  • La proposition dite « Graham-Cassidy » qui vise à supprimer et remplacer Obamacare devait être votée la semaine prochaine au Sénat. C’est la dernière tentative du parti républicain pour tenir « une » promesse vieille de sept ans, pour prouver aux électeurs et au président qu’il est capable de voter une loi au Congrès; c’est aussi le moment de vérité de Mitch McConnell, leader de la majorité républicaine au Sénat:
     

    Il a été humilié par le président Donald Trump et ses manoeuvres politiciennes remises en question. Maintenant, Mitch McConnell a une chance de laisser derrière cet été cruel. La semaine prochaine, le leader de la majorité du Sénat  essayera une nouvelle fois de supprimer la réforme de la santé des Démocrates.
    Au même moment il joue sa réputation politique en Alabama, où son candidat, le sénateur Luther Strange affronte un anti-establishment Roy Moore dans une élection spéciale.
    McConnell, normalement prudent, prend dans les deux cas beaucoup de risques, et deviendra suivant les résultats, un héros ou un loser aux yeux du parti républicain …

    * « McConnell lays it on the line »Politico

 


2. McCain sauve encore Obamacare

 

  • C’était sans compter l’annonce faire par John McCain, héros de la résistance républicaine contre Trump et l’un des plus modérés, cet après midi: il votera contre la réforme de la santé proposée par son meilleur ami, Lindsey Graham car « une loi qui a un impact sur tant de vies mérite un accord bipartisan ».
     

 

  • Jimmy Kimmel, le comédien présentateur d’une émission de fin de soirée sur CBS, est devenu cette semaine l’un plus des ardents adversaires de la proposition, qu’il a critiqué à trois reprises dans des segments qui ont fait le tour d’internet et contribué à remettre la réforme de la santé au coeur des débats, à la télé, sur internet et les médias sociaux.

 


3. #DotardTrump

  • Une journée en Trumplandia via Twitter:
    Les mots doux du meilleur ami du président, Kim Jung Un, qui l’a traité de « Dotard »

     

     
    Après avoir été traité de « gâteux », Don avait besoin de rassurer son ego:
     

 


4. Vers un populisme pur

 

  • David Brooks, l’un des plus célèbres chroniqueurs du New York Times esquisse dans « The Coming War on Business » l’avenir du populisme aux Etats-Unis à travers la figure de Samuel Francis, mentor de Pat Buchanan, adversaire républicain de Bill Clinton aux élections présidentielles de 1992, au cours desquelles il a mené « la première campagne de ce qu’on appelle le « populisme trumpien »:
     

    Trump n’est pas un phénomène isolé; la vague nationaliste a émergé il y des années. Sa base lui reste fidèle car il ne s’agit pas que de lui; Il s’agit d’un mouvement qui se définit contre la soi-disant classe dirigeante. Les Républicains du Congrès s’emmêlent les pinceaux sur la réforme de la santé et d’autres problèmes parce qu’ils ne comprennent pas leurs électeurs. Trump n’est sans doute pas le point culminant, mais la transition vers un populisme encore plus pur.
    Trump est un pro-business. Le prochain populisme s’inspirera sans doute de son nationalisme ethnique et y ajoutera une couche anti-entreprises et anti-technologie. Google, Facebook, Amazon et Apple sont tout ce que Francis détestait – économiquement, culturellement, démographiquement, et « nationalistiquement ».
    Alors que les géants de la technologie sont de plus en plus présents dans nos vies quotidiennes et nos esprits, ils vont devenir un enjeu important de la politique américaine. Je ne serai pas surpris de voir émerger un nouveau démagogue, encore plus pur que Francis.

                                                           


5. « Sick Mind »

 


 
 

  • C’est l’un des plus gros gâchis de la NFL: Aaron Hernandez, ancienne star des New England Patriots, retrouvée mort en juin dernier à 27 ans dans sa cellule de prison. Il purgeait une peine à vie pour le meurtre d’un ami en 2013.
  • L’examen de son cerveau révèle que M. Hernandez souffrait d’un stage avancé de CTE (Encéphalopathie Traumatique Chronique), une maladie neuro-dégénérative provoquée par les commotions cérébrales répétées qui touche la plupart des joueurs de football américain – la maladie n’est détectable qu’une fois le patient décédé.
  • La famille a porté plainte contre la ligue de Football – déjà condamnée en 2013 à payer d’un milliard de dollars à ses anciens joueurs – et son ancienne équipe professionnelle, les Patriots, qui n’auraient rien fait pour le protéger. Elle réclame 20 millions de dollars de dommages et intérêts.
  • Malgré les risques reconnus du football américain, il reste le sport numéro des Américains: les joueurs continuent d’y jouer – et de gagner des millions de dollars – et les spectateurs continuent de le regarder.

 


6. La guerre des chaînes d’info

 

  • L’effet Trump a ravivé l’intérêt des Américains pour l’information et ce sont les trois grandes chaînes d’info, Fox News, CNN et MSNBC, désormais au coude à coude en terme d’audience, qui se partagent le gâteau: Fox News a réorganisé sa soirée après les départs de Megyn Kelly (sur NBC) et de Bill O’Reilly (par la petite porte) avec un line up pro-Trump entre huit et onze heures du soir: Tucker Carlson (8-9) puis Sean Hannity (9-10) puis la dernière recrue Laura Ingraham (10-11). Ils affronteront respectivement sur MSNBC, Chris Hayes, Rachel Maddow et Lawrence O’Donnell; et sur CNN, Anderson Cooper (8-9) et Don Lemon (10-12)
  • Les chaînes sont regardées par le président qui en parle souvent en bien ou en mal: elles ne relaient pas seulement l’information, elles font partie intégrante de l’actualité.

    « Morning Media » Politico

 


7. Les faux trublions de LA

 

  • Sean Adl-Tabatabai, 36 ans, et son mari/partenaire Sinclair Treadway, 24 ans, sont les créateurs du site Your News Wire, basé à Los Angeles, qui s’intéresse « aux informations qui ne sont pas données au public » comme le font déjà avec beaucoup d’efficacité Breitbart et InfoWars, et est considéré comme une source de fake news par Google et Snopes [le site qui identifie les sites de fake news].
    Sauf que les deux trublions, supporters de Bernie aux dernières élections, se définissent comme des « libéraux abandonnés » par une presse trop proche du pouvoir qui a sous estimé le sénateur du Vermont durant les Primaires démocrates et qui voient dans Trump, un bouffon et une figure anti-establishment élue pour « détruire le système »
  • Bottom Line: Tout le monde surfe sur la vague des fake news, de l’information alternative, d’une autre perception de la réalité, blablabla … ça attire l’attention des médias comme The Hollywood Reporter surtout quand les auteurs affirme être libéraux … Du grand vide.* « L.A. Alt-Media Agitator (not Breitbart » Clashes with Google, Snopes) » The Hollywood Reporter

 

 


8. A Voir: La guerre de la drogue aux Philippines

    • Reportage de NBC Left Field aux Philippines où la guerre sanglante menée par le président Duterte contre la drogue a fait depuis juin 2016 entre 7 000 et 12 000 victimes, souvent des trafiquants ou toxicomanes fichés et harcelés par la police qui les condamnent à mort s’ils ne cessent leur activité. « Si tu continues à te droguer, t’es mort » préviens un policier, fier de participer au « nettoyage » du pays, encouragé par un président qui n’a jamais été aussi populaire dans les sondages et plus curieux encore, par Donald Trump qui a salué la mission meurtrière du chef de l’Etat philippin.

                   

 


9. La couverture du Jour

 

  • L’industrialisation de la Chine s’accélère et le pays ne sera plus limité à la production de chaussettes et de briquets mais va être capable de produire des biens de haute technologie, du téléphone portable à des voitures sans conducteurs, et représenter un défi encore plus important pour les Etats-Unis.
     

19.09.17

 

1. Un président normal?

 

  • C’était le premier discours de Trump devant les Nations Unies, et comme dans tous les grands discours de politique étrangère – à Hambourg, à Varsovie – le président n’est pas parti en vrille et s’est contenté de lire calmement son prompteur, de répéter que, sous sa présidence, les intérêts américains passeraient en premier.

 

  • Il a surnommé Kim Jung Un « Rocket Man », a qualifié la multiplication des essais balistiques de véritable « mission suicide » et est prêt à « détruire totalement la Corée du Nord ». L’accord sur le nucléaire passé par son prédécesseur avec l’Iran est une honte, et accusé le pays de soutenir le terrorisme.

 

  • Après une fin d’été catastrophique et le départ du pitbull Steve Bannon et de son sous fifre, Sebastien Gorka, la rentrée a été plutôt calme à la Maison Blanche, avec un bureau ovale sous contrôle du chef de cabinet, John Kelly, ancien général de l’armée américaine, qui surveille étroitement les individus et les informations qui parviennent aux yeux et aux oreilles du président.
    Contrairement au chaos qui a régné dans la West Wing les six premiers mois, la cohésion qui règne désormais dans l’entourage du président autour des « modérés » ou « démocrates new yorkais » (Gary Cohn, Dina Powel, Jared Kushner et Ivanka), pousse le président à davantage de compromis, avec les Démocrates, sur la protection des jeunes migrants, sur un retour aux négociations concernant le retrait de l’accord sur le climat, …

 

  • Le meme qu’il a retweeté ce week-end, où il frappe Hillary Clinton avec une balle de golf, a été soufflé par l’un des derniers survivants de la première administration Trump, Dan Scavino, ancien caddy du milliardaire, en charge des médias sociaux durant la campagne et qui a pris le relais à la Maison Blanche.

 


2. Une même image

 

 


3. Mais que cache Facebook?

 

  • Depuis les résultats des élections que Facebook est accusée d’avoir influencé en aidant à propager des fake news contre Hillary Clinton et en laissant une puissance étrangère acheter des centaines de milliers de dollars de publicités pour influencer les débats du pays, et même créer de toutes pièces des manifestations contre les immigrés, la compagnie est dans le collimateur des Démocrates, des Républicains, de Robert Mueller, le procureur indépendant en charge de faire la lumière sur les relations des proches de Trump et les Russes pendant la campagne, et des médias,…

 

  • Sur le 450 millions de dollars dépensés pendant les élections 2016 sur Facebook, journalistes et politiques sont certains que la compagnie a accepté bien plus d’argent que les cent mille dollars qu’elle a reconnu avoir accepté de « fermes à troll » basées en Russie. 

 


4. Le poil à gratter de Trump

 

 

  • Sebastian Gorka, ancien de Breitbart, passé quelques mois par la Maison Blanche avant d’être viré cet été, travaille aujourd’hui comme « chef stratégiste » d’une nouvelle super PAC, MAGA The American Coalition, censée défendre le programme « America First » du président contre les traitres « modérés » qui ont remporté les luttes d’influence au sein de la Maison Blanche et l’establishment républicain qui risquerait de détourner le président de ses promesses de campagne.
  • La première intervention de Gorka et The American Coalition aura lieu avec Sarah Palin jeudi soir à Montgomery en Alabama ou auront lieu en décembre prochain des élections pour remplacer le sénateur Jeff Sessions, aujourd’hui ministre de la justice.
    Ils viendront défendre Roy Moore contre un autre républicain Luther Strange soutenu par le parti et Donald Trump, qui y sera en meeting vendredi.
  • Les « nationalistes » comme Steve Bannon, Seb Gorka, Ann Coulter qui soutiennent depuis le début le programme d’extrême droite de Trump pourraient devenir les poils à gratter du président s’il s’éloigne trop de ses promesses électorales. C’est aussi un courant important de la droite américaine qui n’est pas prêt de faiblir.

 


5. Justice réparatrice

 

  • Après Los Angeles, San Francisco, Seattle, Denver, de plus en plus de villes américaines remplacent « Columbus Day » – le jour férié célébré le 2ème lundi d’octobre aux Etats-Unis et en Amérique latine en commémoration de la date d’arrivée de Christophe Colomb dans le Nouveau Monde en 1492 – par « Indigenous Peoples Day » en hommage aux Amérindiens, premiers occupants du continent américain.
  • Comme les statues des confédérés, la glorification de l’histoire (blanche et violente) des Etats-Unis est une devenue une insulte certaines populations afro-américaines et amérindiennes: Dans cette logique, Christophe Colomb n’est plus le grand navigateur qui a découvert l’Amérique mais un « terroriste chrétien », un « violeur », un « esclavagiste » et sa commémoration considérée comme « une célébration du génocide des Amérindiens sponsorisée par l’Etat ». 

 


6. Des fans plus connus que leurs idoles.

 

 

  • Tout le monde a droit à son combat et à sa marche sur Washington (les femmes, les pro-life, les fanatiques des armes), même les « Juggalos », les fans du groupe de musique « horrorcore-rap », Insane Clown Posse, répertoriés comme un gang exerçant des activités criminelles par le FBI depuis 2011: Ils ne sont ni dangereux, ni armés, mais se maquillent le visage en clown psychédélique à l’image de leurs idoles.
    Chaque année, depuis qu’ils sont fichés par l’agence de renseignements, la bande de joyeux lurons organise une marche haute en couleur sur Washington pour mettre fin à cette « oppression ».

    Les militants « Juggalos » rebaptisés à l’occasion « Struggalos » étaient un millier dans la capitale ce week-end et ont réussi leur coup médiatique en réussissant à ce que tous les organes de presse du pays parlent d’eux: Time, Rolling Stone, RT, The Detroit Free Press, The Guardian, The Daily Beast,

     

 


7. Twitter en veille

 

  • Glenn Trusch, correspondant du New York Times à Washington, immortalisé dans le sketch de Saturday night Live avec Melissa McCarthy en Sean Spicer, se débranche de Twitter qui « lui prenait trop temps » et a mis son compte en veille plutôt de l’annuler pour éviter qu’un internaute malveillant reprenne son nom, sa voix et ses 348 000 abonnés.
  • Je me suis toujours demandé comment les journalistes faisaient pour suivre la cadence infernale de Twitter, surtout ceux qui suivent des centaines d’autres utilisateurs et voient des milliers de tweets défiler chaque jour sur leur fil d’information.

 


8. Une donation de 200 millions dollars

 

  • Henry Samueli, entrepreneur américain co-fondateur de Broadcom, une entreprise de fabrication de matériel électronique, à la tête d’une fortune estimée par Forbes à trois milliards de dollars, a offert deux cent millions de dollars à l’Université publique de Californie à Irvine, située dans le très huppé comté d’Orange en Californie. La donation sera utilisée pour créer le « Susan & Henry Samueli College of Health Science » qui offrira enseignements, recherches de médecine intégrative, qui combine médecine conventionnelle et médecines alternatives dans le traitement des patients.
  • C’est la septième plus importante donation jamais faite à une université publique américaine. 

 


9. Morning Joe Day

 

    • C’est l’émission politique qui cartonne ces derniers mois grâce à l’effet Trump et à un duo haut en couleur, la démocrate Mika Brzezinski et le Républicain Joe Scarborough – qui se sont fiancées cette année – et une tribu de journalistes, experts, et politiques présents tous les matins de 6 à 9 heures du matin sur la chaine MSNBC … depuis dix ans.
    • L’intérêt du show est qu’il confronte différents avis et points de vue sur le plateau, ceux progressistes de Mika et ceux plus conservateurs de Joe, sur des sujets de politique intérieure et internationale assez bien expliqués.
      Ci-dessous une vidéo de l’émission en 2008

           

  • Sur Trump: Mika est très inquiète pour l’avenir du pays tandis que Joe pense que Washington, les institutions et la constitution du pays vont lui permettre de traverser sans trop de dégâts cette présidence.
    Pour Peggy Noonan, l’une des chroniqueuses conservatrices les plus respectées du pays, l’avènement de Donald Trump a « tout ouvert, a cassé beaucoup de traditions et de façons de faire, donc on ne peut plus trop prédire comme on le faisait auparavant ce qui nous attends en terme de candidats présidentiels. On vit une période historique marquée par des changements majeurs »

 


10. Une fiction sur Daech

 

  • « The State », c’est la fiction de National Geographic en quatre épisodes sur les recrues de Daech et leur vie au sein de l’organisation, inspirée par de vrais témoignages.
    La bande annonce est flippante.

 

18.09.17

 

1. Twitter Man v Rocket Man

 

  • Sur le dossier nord-coréen, l’obsession de la Maison Blanche ces derniers jours, Susan Glasser  explique dans Politico:

    Qu’il le reconnaisse ou non, Trump a une ligne rouge – une décision que de nombreux représentants de la Défense américaine considèrent comme une escalade dangereuse et auto-infligée de la véritable crise qui a éclaté avec la Corée du Nord (…)
    « Le problème, c’est que l’administration fait croire que si la Corée du Nord finit de développer ses missiles balistiques intercontinentaux, et qu’un missile doté de l’arme nucléaire peut toucher les Etats-Unis, ça change tout. Ce n’est pas vrai et ça ne l’a jamais été » affirme Dennis Blair, ancien directeur du renseignement national.

    « Twitter Man v Rocket Man » – Politico

 

  • Le lauréat du Pulitzer 2017 pour son enquête sur les activités de charité de Trump, David Farenthold s’est récemment intéressé aux difficultés que rencontre son empire, notamment ses clubs et hôtels qui rapportaient beaucoup d’argent en accueillant réceptions, galas et même tournages et qui souffrent aujourd’hui des premiers mois très controversés de la présidence:

    La clientèle change. Les propriétés de Trump accueillent de nouveaux clients qui veulent profiter de lui ou du gouvernement. Mais elles perdent la clientèle sur laquelle elles se sont développées: des groupes non politisés qui veulent juste louer une chambre (…) Sur les deux cent groupes qui ont loué des chambres, conférences ou parcours de golf depuis 2014, 85 ne sont plus des clients de Trump, la plupart pour des raisons autres que politiques, mais une trentaine affirme être partie à cause de la carrière politique de Trump.

    « Trump’s divisive presidency reshapes a key part of his private business »The Washington Post

 

 

 

 


2. Emeutes à St Louis

 

  • Les manifestations, qui ont éclaté vendredi soir à St Louis, dans le Missouri, après l’annonce de l’acquittement de l’officier de police Jason Stockley, responsable de la mort d’un Afro-américain, Anthony Lamar Smith, en 2011, ont duré tout le week-end et nécessité l’intervention musclée de la police anti-émeute, responsable de l’arrestation de quatre vingt personnes.
     

    Comme dans d’autres affaires, [cet acquittement] prouve la difficulté de rendre la police responsable de la mort d’Afro-américains, quelles que soient les preuves. Mais ce qui inhabituel ici, c’est le verdict du juge après que Stockley ait renoncé à un procès, qui donne un aperçu du raisonnement derrière l’acquittement d’un homme qui a dit à son partenaire, en parlant de Smith, « On va tuer ce connard ».
    Le juge a conclu « que les gens disent toutes sortes de choses dans situations très stressantes », que les cinq coups de feu ont été tirés en même temps comme l’avance la défense – alors que l’accusation note un cinquième et dernier coup de feu mortel tiré à quelques centimètres de Smith; que Stockley n’a pas placé un revolver dans la voiture de Smith, après sa mort, pour justifier la légitime défense, malgré le témoignage des collègues de l’officier et ne comprend pas ce qui aurait poussé Stockley à assassiner un automobiliste.
    S’il y a une nouvelle leçon à retenir de cet épisode tragique, c’est cet aperçu de la logique douteuse, des rumeurs qui se transforment en faits et des justifications insensées qui permettent d’innocenter des officiers blancs malgré la preuve qu’ils ont assassiné des automobilistes noirs.

    « This Judge’s Excuses for Acquitting Jason Stockley of Murder are Pathetic »Slate

 

 


3. La communauté LGBT, reine des Emmys

 

  • Stephen Colbert l’annoncé en début de soirée, jamais les Emmys n’avaient nominé autant d’artisites issus des minorités, et les grands gagnants d’hier soir appartiennent à la communauté LGBT avec un second Emmy d’affilé pour Kate McKinnon, star de l’émission satirique Saturday Night Live, qui a remercié au passage Hillary Clinton – qu’elle a imité durant toute la campagne 2016; Lena Waithe, co-auteure avec Aziz Ansari de l’épisode « Thanksgiving » de la série Master of None, inspirée par son propre coming out: « le monde ne serait pas aussi beau si vous n’y étiez pas » a-t-elle lancé dans un discours émouvant. La série « Black Mirror » a remporté un Emmy pour l’épisode « San Junipero »  et enfin une interview exclusive de Stephen Colbert avec RuPaul, la drag queen la plus célèbre de la télévision américaine.
  •  

  • Les autres gagnants de la soirée: les histoires de femmes (« The Handmaid Tale » avec cinq récompenses dont meilleur drame, « Big Little Lies » et « Veep ») et « Saturday Night Live » (neuf récompenses dont Alec Baldwin pour son rôle de Donald Trump, « Cet Emmy est pour vous Mr le président »)

 

  • L’autre évènement de cette soirée, c’était l’apparition de Sean Spicer pour confirmer la taille de la foule présente au Microsoft Theater de Los Angeles, une référence à sa première conférence de presse du 20 janvier à la suite de l’inauguration du président, qui avait poussé McCarthy à l’imiter dans « Saturday Night Live », qui a surpris tout le monde mais déçu beaucoup de journalistes.
    Déçu également, le New York Post, de voir qu’un show normalement consacré au divertissement soit devenu si politisé

 

  • Signe des temps qui changent: « Ces dix-sept dernières années, HBO a reçu le plus de nominations pour les Emmys que n’importe quelles chaînes de télévision ou du câble » et si elle arrive toujours en tête en 2017 avec 110 nominations, elle est directement menacée par Netflix, qui en a reçu 93, alors que la compagnie a commencé ses programmes originaux il y a à peine quatre ans.

    « Emmys 2017: HBO needs to watch its back » – Quartz

 


4. Rolling Stone à vendre

 

  • Créé dans un loft de San Francisco il y a cinquante ans par un jeune hippie passionné de musique, Jann S Wenner, qui en est toujours le rédacteur en chef et propriétaire, le magazine Rolling Stone, l’un des plus emblématiques de la contre-culture américaine dans les années 70, 80 et 90, est aujourd’hui à vendre.
     

    La vente potentielle de Rolling Stone souligne les difficultés du paysage médiatique actuel [pour une publication indépendante] marqué par une baisse de la publicité papier et de la circulation (…)
    La décision des Wenners [père et fils] est aussi le signe de la fin d’une époque marquée par de célèbres rédacteurs en chef. Plus tôt ce mois-ci, Graydon Carter, le rédacteur de Vanity Fair et star mondaine a annoncé son départ du magazine après 25 ans. Robbie Meyers, la rédactrice de Elle, Nancy Gibbs de Time magazine et Cindi Leive de Glamour ont également annoncé leur départ.

 

 


5. « The Cartoon Bank »

 

  • Ou comment Conde Nast a mis la pression financière sur les dessinateurs du New Yorker.
    En 1992, l’un dessinateur du magazine, Bob Mankoff, créé « the cartoon bank », une plate-forme qui rassemble et vend tous les dessins qui n’ont pas été sélectionnés par l’hebdomadaire – elle en compte aujourd’hui 85 000 – dont la plupart des profits étaient distribuées aux artistes.
    Quand Mankoff deivent responsable du service « illustrations » du New Yorker en 1997, il vend la banque de données à Conde Nast, propriétaire du magazine, mais continue d’en être le président jusqu’en 2008, date à laquelle la plate-forme réalise son plus important chiffre d’affaires, sept millions de dollars.

    Il y a une dizaine d’années, ces dessinateurs – des freelances qui se battent chaque semaine pour une quinzaine de dessins qui seront publiés dans le magazine papier – pouvaient compter sur des revenus supplémentaires [à travers ‘The Cartoon Bank’ qui protège et vend leurs illustrations via The New Yorker]. Certains recevaient des chèques de 8 000 dollars par mois, d’autres de 2 000. Aujourd’hui même ceux qui touchent le plus de royalties, ne reçoivent plus que centaines de dollars par mois.

    Depuis, Conde Nast a montré peu d’intérêt pour « The Cartoon Bank », les royalties des dessinateurs ont décliné, le site internet marche à moitié, le personnel qui le gère est inexpérimenté et Condé Nast a décidé de faire davantage de profits sur la vente des dessins (50/50 contre 70/30 pour les dessinateurs auparavant).

    « How Conde Nast Put the Squeeze on New Yorker Cartoonists » – Paste Magazine

 


6. Couverture du Jour

 

  • « Falling Beauty » de Gayle Kabaker dans le numéro automne du New Yorker