19.09.17

 

1. Un président normal?

 

  • C’était le premier discours de Trump devant les Nations Unies, et comme dans tous les grands discours de politique étrangère – à Hambourg, à Varsovie – le président n’est pas parti en vrille et s’est contenté de lire calmement son prompteur, de répéter que, sous sa présidence, les intérêts américains passeraient en premier.

 

  • Il a surnommé Kim Jung Un « Rocket Man », a qualifié la multiplication des essais balistiques de véritable « mission suicide » et est prêt à « détruire totalement la Corée du Nord ». L’accord sur le nucléaire passé par son prédécesseur avec l’Iran est une honte, et accusé le pays de soutenir le terrorisme.

 

  • Après une fin d’été catastrophique et le départ du pitbull Steve Bannon et de son sous fifre, Sebastien Gorka, la rentrée a été plutôt calme à la Maison Blanche, avec un bureau ovale sous contrôle du chef de cabinet, John Kelly, ancien général de l’armée américaine, qui surveille étroitement les individus et les informations qui parviennent aux yeux et aux oreilles du président.
    Contrairement au chaos qui a régné dans la West Wing les six premiers mois, la cohésion qui règne désormais dans l’entourage du président autour des « modérés » ou « démocrates new yorkais » (Gary Cohn, Dina Powel, Jared Kushner et Ivanka), pousse le président à davantage de compromis, avec les Démocrates, sur la protection des jeunes migrants, sur un retour aux négociations concernant le retrait de l’accord sur le climat, …

 

  • Le meme qu’il a retweeté ce week-end, où il frappe Hillary Clinton avec une balle de golf, a été soufflé par l’un des derniers survivants de la première administration Trump, Dan Scavino, ancien caddy du milliardaire, en charge des médias sociaux durant la campagne et qui a pris le relais à la Maison Blanche.

 


2. Une même image

 

 


3. Mais que cache Facebook?

 

  • Depuis les résultats des élections que Facebook est accusée d’avoir influencé en aidant à propager des fake news contre Hillary Clinton et en laissant une puissance étrangère acheter des centaines de milliers de dollars de publicités pour influencer les débats du pays, et même créer de toutes pièces des manifestations contre les immigrés, la compagnie est dans le collimateur des Démocrates, des Républicains, de Robert Mueller, le procureur indépendant en charge de faire la lumière sur les relations des proches de Trump et les Russes pendant la campagne, et des médias,…

 

  • Sur le 450 millions de dollars dépensés pendant les élections 2016 sur Facebook, journalistes et politiques sont certains que la compagnie a accepté bien plus d’argent que les cent mille dollars qu’elle a reconnu avoir accepté de « fermes à troll » basées en Russie. 

 


4. Le poil à gratter de Trump

 

 

  • Sebastian Gorka, ancien de Breitbart, passé quelques mois par la Maison Blanche avant d’être viré cet été, travaille aujourd’hui comme « chef stratégiste » d’une nouvelle super PAC, MAGA The American Coalition, censée défendre le programme « America First » du président contre les traitres « modérés » qui ont remporté les luttes d’influence au sein de la Maison Blanche et l’establishment républicain qui risquerait de détourner le président de ses promesses de campagne.
  • La première intervention de Gorka et The American Coalition aura lieu avec Sarah Palin jeudi soir à Montgomery en Alabama ou auront lieu en décembre prochain des élections pour remplacer le sénateur Jeff Sessions, aujourd’hui ministre de la justice.
    Ils viendront défendre Roy Moore contre un autre républicain Luther Strange soutenu par le parti et Donald Trump, qui y sera en meeting vendredi.
  • Les « nationalistes » comme Steve Bannon, Seb Gorka, Ann Coulter qui soutiennent depuis le début le programme d’extrême droite de Trump pourraient devenir les poils à gratter du président s’il s’éloigne trop de ses promesses électorales. C’est aussi un courant important de la droite américaine qui n’est pas prêt de faiblir.

 


5. Justice réparatrice

 

  • Après Los Angeles, San Francisco, Seattle, Denver, de plus en plus de villes américaines remplacent « Columbus Day » – le jour férié célébré le 2ème lundi d’octobre aux Etats-Unis et en Amérique latine en commémoration de la date d’arrivée de Christophe Colomb dans le Nouveau Monde en 1492 – par « Indigenous Peoples Day » en hommage aux Amérindiens, premiers occupants du continent américain.
  • Comme les statues des confédérés, la glorification de l’histoire (blanche et violente) des Etats-Unis est une devenue une insulte certaines populations afro-américaines et amérindiennes: Dans cette logique, Christophe Colomb n’est plus le grand navigateur qui a découvert l’Amérique mais un « terroriste chrétien », un « violeur », un « esclavagiste » et sa commémoration considérée comme « une célébration du génocide des Amérindiens sponsorisée par l’Etat ». 

 


6. Des fans plus connus que leurs idoles.

 

 

  • Tout le monde a droit à son combat et à sa marche sur Washington (les femmes, les pro-life, les fanatiques des armes), même les « Juggalos », les fans du groupe de musique « horrorcore-rap », Insane Clown Posse, répertoriés comme un gang exerçant des activités criminelles par le FBI depuis 2011: Ils ne sont ni dangereux, ni armés, mais se maquillent le visage en clown psychédélique à l’image de leurs idoles.
    Chaque année, depuis qu’ils sont fichés par l’agence de renseignements, la bande de joyeux lurons organise une marche haute en couleur sur Washington pour mettre fin à cette « oppression ».

    Les militants « Juggalos » rebaptisés à l’occasion « Struggalos » étaient un millier dans la capitale ce week-end et ont réussi leur coup médiatique en réussissant à ce que tous les organes de presse du pays parlent d’eux: Time, Rolling Stone, RT, The Detroit Free Press, The Guardian, The Daily Beast,

     

 


7. Twitter en veille

 

  • Glenn Trusch, correspondant du New York Times à Washington, immortalisé dans le sketch de Saturday night Live avec Melissa McCarthy en Sean Spicer, se débranche de Twitter qui « lui prenait trop temps » et a mis son compte en veille plutôt de l’annuler pour éviter qu’un internaute malveillant reprenne son nom, sa voix et ses 348 000 abonnés.
  • Je me suis toujours demandé comment les journalistes faisaient pour suivre la cadence infernale de Twitter, surtout ceux qui suivent des centaines d’autres utilisateurs et voient des milliers de tweets défiler chaque jour sur leur fil d’information.

 


8. Une donation de 200 millions dollars

 

  • Henry Samueli, entrepreneur américain co-fondateur de Broadcom, une entreprise de fabrication de matériel électronique, à la tête d’une fortune estimée par Forbes à trois milliards de dollars, a offert deux cent millions de dollars à l’Université publique de Californie à Irvine, située dans le très huppé comté d’Orange en Californie. La donation sera utilisée pour créer le « Susan & Henry Samueli College of Health Science » qui offrira enseignements, recherches de médecine intégrative, qui combine médecine conventionnelle et médecines alternatives dans le traitement des patients.
  • C’est la septième plus importante donation jamais faite à une université publique américaine. 

 


9. Morning Joe Day

 

    • C’est l’émission politique qui cartonne ces derniers mois grâce à l’effet Trump et à un duo haut en couleur, la démocrate Mika Brzezinski et le Républicain Joe Scarborough – qui se sont fiancées cette année – et une tribu de journalistes, experts, et politiques présents tous les matins de 6 à 9 heures du matin sur la chaine MSNBC … depuis dix ans.
    • L’intérêt du show est qu’il confronte différents avis et points de vue sur le plateau, ceux progressistes de Mika et ceux plus conservateurs de Joe, sur des sujets de politique intérieure et internationale assez bien expliqués.
      Ci-dessous une vidéo de l’émission en 2008

           

  • Sur Trump: Mika est très inquiète pour l’avenir du pays tandis que Joe pense que Washington, les institutions et la constitution du pays vont lui permettre de traverser sans trop de dégâts cette présidence.
    Pour Peggy Noonan, l’une des chroniqueuses conservatrices les plus respectées du pays, l’avènement de Donald Trump a « tout ouvert, a cassé beaucoup de traditions et de façons de faire, donc on ne peut plus trop prédire comme on le faisait auparavant ce qui nous attends en terme de candidats présidentiels. On vit une période historique marquée par des changements majeurs »

 


10. Une fiction sur Daech

 

  • « The State », c’est la fiction de National Geographic en quatre épisodes sur les recrues de Daech et leur vie au sein de l’organisation, inspirée par de vrais témoignages.
    La bande annonce est flippante.

 

18.09.17

 

1. Twitter Man v Rocket Man

 

  • Sur le dossier nord-coréen, l’obsession de la Maison Blanche ces derniers jours, Susan Glasser  explique dans Politico:

    Qu’il le reconnaisse ou non, Trump a une ligne rouge – une décision que de nombreux représentants de la Défense américaine considèrent comme une escalade dangereuse et auto-infligée de la véritable crise qui a éclaté avec la Corée du Nord (…)
    « Le problème, c’est que l’administration fait croire que si la Corée du Nord finit de développer ses missiles balistiques intercontinentaux, et qu’un missile doté de l’arme nucléaire peut toucher les Etats-Unis, ça change tout. Ce n’est pas vrai et ça ne l’a jamais été » affirme Dennis Blair, ancien directeur du renseignement national.

    « Twitter Man v Rocket Man » – Politico

 

  • Le lauréat du Pulitzer 2017 pour son enquête sur les activités de charité de Trump, David Farenthold s’est récemment intéressé aux difficultés que rencontre son empire, notamment ses clubs et hôtels qui rapportaient beaucoup d’argent en accueillant réceptions, galas et même tournages et qui souffrent aujourd’hui des premiers mois très controversés de la présidence:

    La clientèle change. Les propriétés de Trump accueillent de nouveaux clients qui veulent profiter de lui ou du gouvernement. Mais elles perdent la clientèle sur laquelle elles se sont développées: des groupes non politisés qui veulent juste louer une chambre (…) Sur les deux cent groupes qui ont loué des chambres, conférences ou parcours de golf depuis 2014, 85 ne sont plus des clients de Trump, la plupart pour des raisons autres que politiques, mais une trentaine affirme être partie à cause de la carrière politique de Trump.

    « Trump’s divisive presidency reshapes a key part of his private business »The Washington Post

 

 

 

 


2. Emeutes à St Louis

 

  • Les manifestations, qui ont éclaté vendredi soir à St Louis, dans le Missouri, après l’annonce de l’acquittement de l’officier de police Jason Stockley, responsable de la mort d’un Afro-américain, Anthony Lamar Smith, en 2011, ont duré tout le week-end et nécessité l’intervention musclée de la police anti-émeute, responsable de l’arrestation de quatre vingt personnes.
     

    Comme dans d’autres affaires, [cet acquittement] prouve la difficulté de rendre la police responsable de la mort d’Afro-américains, quelles que soient les preuves. Mais ce qui inhabituel ici, c’est le verdict du juge après que Stockley ait renoncé à un procès, qui donne un aperçu du raisonnement derrière l’acquittement d’un homme qui a dit à son partenaire, en parlant de Smith, « On va tuer ce connard ».
    Le juge a conclu « que les gens disent toutes sortes de choses dans situations très stressantes », que les cinq coups de feu ont été tirés en même temps comme l’avance la défense – alors que l’accusation note un cinquième et dernier coup de feu mortel tiré à quelques centimètres de Smith; que Stockley n’a pas placé un revolver dans la voiture de Smith, après sa mort, pour justifier la légitime défense, malgré le témoignage des collègues de l’officier et ne comprend pas ce qui aurait poussé Stockley à assassiner un automobiliste.
    S’il y a une nouvelle leçon à retenir de cet épisode tragique, c’est cet aperçu de la logique douteuse, des rumeurs qui se transforment en faits et des justifications insensées qui permettent d’innocenter des officiers blancs malgré la preuve qu’ils ont assassiné des automobilistes noirs.

    « This Judge’s Excuses for Acquitting Jason Stockley of Murder are Pathetic »Slate

 

 


3. La communauté LGBT, reine des Emmys

 

  • Stephen Colbert l’annoncé en début de soirée, jamais les Emmys n’avaient nominé autant d’artisites issus des minorités, et les grands gagnants d’hier soir appartiennent à la communauté LGBT avec un second Emmy d’affilé pour Kate McKinnon, star de l’émission satirique Saturday Night Live, qui a remercié au passage Hillary Clinton – qu’elle a imité durant toute la campagne 2016; Lena Waithe, co-auteure avec Aziz Ansari de l’épisode « Thanksgiving » de la série Master of None, inspirée par son propre coming out: « le monde ne serait pas aussi beau si vous n’y étiez pas » a-t-elle lancé dans un discours émouvant. La série « Black Mirror » a remporté un Emmy pour l’épisode « San Junipero »  et enfin une interview exclusive de Stephen Colbert avec RuPaul, la drag queen la plus célèbre de la télévision américaine.
  •  

  • Les autres gagnants de la soirée: les histoires de femmes (« The Handmaid Tale » avec cinq récompenses dont meilleur drame, « Big Little Lies » et « Veep ») et « Saturday Night Live » (neuf récompenses dont Alec Baldwin pour son rôle de Donald Trump, « Cet Emmy est pour vous Mr le président »)

 

  • L’autre évènement de cette soirée, c’était l’apparition de Sean Spicer pour confirmer la taille de la foule présente au Microsoft Theater de Los Angeles, une référence à sa première conférence de presse du 20 janvier à la suite de l’inauguration du président, qui avait poussé McCarthy à l’imiter dans « Saturday Night Live », qui a surpris tout le monde mais déçu beaucoup de journalistes.
    Déçu également, le New York Post, de voir qu’un show normalement consacré au divertissement soit devenu si politisé

 

  • Signe des temps qui changent: « Ces dix-sept dernières années, HBO a reçu le plus de nominations pour les Emmys que n’importe quelles chaînes de télévision ou du câble » et si elle arrive toujours en tête en 2017 avec 110 nominations, elle est directement menacée par Netflix, qui en a reçu 93, alors que la compagnie a commencé ses programmes originaux il y a à peine quatre ans.

    « Emmys 2017: HBO needs to watch its back » – Quartz

 


4. Rolling Stone à vendre

 

  • Créé dans un loft de San Francisco il y a cinquante ans par un jeune hippie passionné de musique, Jann S Wenner, qui en est toujours le rédacteur en chef et propriétaire, le magazine Rolling Stone, l’un des plus emblématiques de la contre-culture américaine dans les années 70, 80 et 90, est aujourd’hui à vendre.
     

    La vente potentielle de Rolling Stone souligne les difficultés du paysage médiatique actuel [pour une publication indépendante] marqué par une baisse de la publicité papier et de la circulation (…)
    La décision des Wenners [père et fils] est aussi le signe de la fin d’une époque marquée par de célèbres rédacteurs en chef. Plus tôt ce mois-ci, Graydon Carter, le rédacteur de Vanity Fair et star mondaine a annoncé son départ du magazine après 25 ans. Robbie Meyers, la rédactrice de Elle, Nancy Gibbs de Time magazine et Cindi Leive de Glamour ont également annoncé leur départ.

 

 


5. « The Cartoon Bank »

 

  • Ou comment Conde Nast a mis la pression financière sur les dessinateurs du New Yorker.
    En 1992, l’un dessinateur du magazine, Bob Mankoff, créé « the cartoon bank », une plate-forme qui rassemble et vend tous les dessins qui n’ont pas été sélectionnés par l’hebdomadaire – elle en compte aujourd’hui 85 000 – dont la plupart des profits étaient distribuées aux artistes.
    Quand Mankoff deivent responsable du service « illustrations » du New Yorker en 1997, il vend la banque de données à Conde Nast, propriétaire du magazine, mais continue d’en être le président jusqu’en 2008, date à laquelle la plate-forme réalise son plus important chiffre d’affaires, sept millions de dollars.

    Il y a une dizaine d’années, ces dessinateurs – des freelances qui se battent chaque semaine pour une quinzaine de dessins qui seront publiés dans le magazine papier – pouvaient compter sur des revenus supplémentaires [à travers ‘The Cartoon Bank’ qui protège et vend leurs illustrations via The New Yorker]. Certains recevaient des chèques de 8 000 dollars par mois, d’autres de 2 000. Aujourd’hui même ceux qui touchent le plus de royalties, ne reçoivent plus que centaines de dollars par mois.

    Depuis, Conde Nast a montré peu d’intérêt pour « The Cartoon Bank », les royalties des dessinateurs ont décliné, le site internet marche à moitié, le personnel qui le gère est inexpérimenté et Condé Nast a décidé de faire davantage de profits sur la vente des dessins (50/50 contre 70/30 pour les dessinateurs auparavant).

    « How Conde Nast Put the Squeeze on New Yorker Cartoonists » – Paste Magazine

 


6. Couverture du Jour

 

  • « Falling Beauty » de Gayle Kabaker dans le numéro automne du New Yorker
     

 

 

15.09.17

 

1. Une semaine en Trumplandia

 

    • Une semaine calme et plutôt productive à la Maison Blanche avec un président « libéré » qui « agit comme un boss après des mois passés dans la claustrophobie de la West Wing », frustré par les leaders républicains avec qui il a été incapable d’assurer une des grandes législations de son programme : abrogation et remplacement d’Obamacare, la réforme fiscale… Et qui explique la main tendue vers les Démocrates.
      Comme l’explique Jonathan Swan de Axios, « Trump n’est loyal qu’envers lui-même » et « cherche à tout prix à trouver des accords » et c’est la première fois depuis le début de la présidence qu’il reçoit une couverture « médiatique positive ».

 

  • Une nouvelle dynamique influencée par le chef de cabinet, John Kelly, arrivée cet été qui a limité l’accès des personnes et des informations dans le bureau ovale, et parmi eux, les plus zélés de la droite dure ou les amateurs du cercle du milliardaire

 

  • Concernant les réactions effarées des conservateurs et supporters de Trump mercredi soir après l’annonce d’un accord avec les Démocrates en faveur des « dreamers », le président a tenté de limiter la casse hier en parlant d’une solution qui offrirait aux 800 000 jeunes migrants un chemin vers l’amnistie et non pas vers la citoyenneté et a réaffirmé sa volonté de construire le mur.
    Il n’empêche, Breitart a tenu à faire passer le message sur sa page d’accueil:

 

  • Aux dernières nouvelles, et contrairement aux démentis lancés sur son compte Twitter hier, Trump, a conclu jeudi un semblant d’accord avec ses nouveaux BFFs (« Best Friends Forever »), Chuck [Schumer] et Nancy [Pelosi] qui protege les jeunes migrants arrivés illégalement et la mise en place d’un renforcement des dispositifs de sécurité à la frontière – qui exclut le financement du mur.
    La majorité républicaine qui a été mis de côté lors des négociations mais s’est dit prête à suivre le président tout en rappelant qu’il était nécessaire qu’il travaillent de paire.

 


Les robots journalistes du Washington Post

 

  • Il y a un an, le Washington Post a commencé à utiliser Heliograf, une technique d’intelligence artificielle capable de produire des articles courts et uniquement factuels. Depuis le robot-journaliste en a écrit près de 850, dont 300 sur les jeux olympiques de Rio, 500 sur les élections des gouverneurs des Etats et le reste sur des rencontres sportives locales. 
    Le langage est rudimentaire, le récit s’en tient aux faits mais l’information est
    Heliograf rapporte de l’audience (les articles sur les campagnes électorales ont rapporté cinq cent mille clics), permet aux journalistes de se concentrer sur des reportages de fonds et des analyses, devrait fournir des informations de plus en plus précises aux journalistes et déceler les tendances, et enfin offrir aux lecteurs un contenu plus personnalisé à travers davantage d’informations plus locales.

    « The Washington Post’s Robot reporter has published 850 articles in the past year » – Digiday

 


Must Read: La rédemption de Michelle Jones

 

  • En 1996, Michelle Jones, a été condamnée à 50 ans de prison pour le meurtre, avoué, de son fils de quatre ans qu’elle a eu à la suite d’un viol. Elle en est sortie cette année pour bonne conduite et d’excellentes performances scolaires:

    « A travers un exemple de réhabilitation exemplaire, Mme Jones, aujourd’hui âgée de 45 ans, est devenue derrière les barreaux une spécialiste de l’histoire américaine dont les travaux ont été publiés, présentés en vidéoconférence devant une assemblée d’historiens et l’Assemblé générale de l’Indiana (….) NYU est l’une des meilleures universités à l’avoir accepté dans son programme doctorale. Elle faisait également partie des 18 sélectionnés pour le programme d’histoire de Harvard sur les trois cent dossiers retenus. Mais dans une décision inhabituelle prise contre l’avis du Département, la direction de Harvard a annulé son acceptation craignant qu’elle ait édulcoré son crime dans son dossier d’application (…) et inquiet que son passé ne fasse jaser parmi ceux qui ont été rejeté du programme, les médias conservateurs ou les parents d’élèves »

    « From Prison to Ph.D.: The Redemption and Rejection of Michelle Jones » – The New York Times

 


Reality Show politique

 

  • On le répétera encore et toujours, nous vivons une époque où tout est politisé: ce qu’on mange, ce qu’on lit, où on habite, avec qui ont sort. Vice l’a bien compris et prépare une émission de télé-réalité politique dans laquelle des individus entre 18 et 45 ans de toutes les origines et bords politiques confondus vivent ensemble pendant plusieurs semaines … à Washington

    Si vous êtes passionnés par la politique et que vous êtes prêt à tout – y compris à apparaître dans une émission de télé-réalité – pour vous faire entendre. Que vous rêviez de devenir politicien ou pensiez que les politiciens sont des pourris, que vous pensiez que c’est mieux d’être jugé par douze que par six, ou que Obama aurait du interdire les armes à feu; ou si vous voulez simplement changez le monde et que vous êtes assez fort pour confronter vos idées contre vos adversaires politiques devant des caméras, vous nous intéressez.

  • C’est encore un projet et s’il est accepté. le tournage devrait commencer à Washington au printemps prochain et devinez quoi? J’ai déposé ma candidature.

 


Podcast: « Child Marriage in America »

  • Nouvelle série d’enquêtes de la chaîne PBS intitulée « The Frontline Dispatch » disponible uniquement en podcast, avec comme premier thème, « les mariages d’enfants aux Etats-Unis » où plus de deux cent mille mineurs se sont mariés légalement entre 2000 et 2015

 


The David Carr Generation

 

  • David Carr était l’un des plus brillants journalistes de sa génération, passé par le Twin Cities Reader (Minnesota) puis Washington City Paper (D.C.) avant de terminer sa carrière à New York, où il collabore au New York magazine, The Atlantic et finit sa carrière avec une colonne média hebdomadaire au New York Times. Il est l’un des principaux protagonistes du documentaire « Page One: inside The New York Times » qui évoque ses années de dépendance à l’alcool et crack, qu’il relate dans une autobiographie best seller, « The Night of The Gun ».
  • David a été un mentor pour une nouvelle génération de reporters aussi doués parmi lesquels figurent Ta-Nehisi Coates, Neil Drumming, Jack Tapper, Jelani Cobb ou Brian Stelter qui lui rendent hommage dans cet article de The Atlantic

 


La couverture du Jour

  • Magnifique couverture!

08.09.17

 

1. Incohérence

 

  • Trump n’avait aucune obligation morale ou légale de supprimer le programme de protection de jeunes migrants (DACA) – à part détruire une énième législation mise en place par son prédécesseur, Barack Obama – qu’il avait promis de défendre depuis son élection, et surtout qu’ils sont soutenus par une majorité de la population. 
    L’annonce faite par Jeff Sessions mardi a provoqué un tollé chez les Républicains, Démocrates et la plupart des médias et au contraire saluée par les « déplorables », Steve Bannon et sa « machine de guerre » Breitbart. Mais plutôt que de soutenir son ministre de la justice et d’assumer la mesure phare d’un programme hostile à toutes formes d’immigration qui l’a porté au pouvoir, Trump a réalisé un véritable tour de passe-passe en donnant au Congrès six mois pour trouver une solution en faveur des « Dreamers » et s’est dit prêt à négocier avec les Démocrates, si besoin est.
    Nancy Pelosi, chef de la minorité démocrate de la Chambre des Représentants, aurait d’ailleurs poussé à Trump à rassurer jeudi matin les 800 000 jeunes « dreamers »:
     
  •  

  • Un revirement spectaculaire qui pourrait bien le forcer à légaliser la protection permanente des « dreamers » si les Congrès échoue à trouver une solution.

 

  • Dimanche aura lieu la première interview de Steve Bannon depuis son départ de la Maison Blanche dans laquelle il affirme que l’église catholique a tout intérêt à défendre l’immigration illégale car elle « permet de remplir les églises ».

 


2. « Irmageddon »

  • Après le Daily News et son « Horrorcane », le New York Post a dévoilé ce matin son hyperbole, « Irmageddon » pour qualifier l’intensité de l’ouragan Irma qui devrait toucher les côtes américaines demain matin. 
    « En parlant de choses qui font peur », le tabloïd aborde au passage la nouvelle romance entre Donald Trump et Nanci Pelosi.
     

 

 


3. Le complot Irma

 

 

  • Dans le monde paranoïaque de l’extrême droite américaine, dont Rush Limbaugh est la personnalité médiatique la plus emblématique et influente ( son émission de radio est écoutée par quinze millions d’auditeurs chaque semaine), les médias traditionnels et le gouvernement auraient volontairement exagéré l’ouragan Irma pour convaincre les Américains de la réalité du changement climatique et également pour vendre des bouteilles d’eau. 
     

    Dans les milieux de la météorologie, beaucoup de gens croient que le changement climatique est une conséquence de l’action humaine et qu’il provoque plus d’ouragans et encore plus puissants (…) C’est un moyen pour eux de promouvoir l’idée du changement climatique et l’un des moyens les plus efficaces d’y arriver. Tout ce dont tu as besoin c’est de créer de la peur et de la panique en disant que le changement climatique provoque des ouragans de plus en plus fréquents, plus importants, et plus dangereux, et tu créé de la panique, et c’est mission accomplie, le message est passé.

     

  • Entre temps, et contrairement à ses prédictions selon lesquelles Irma se dissiperait dans l’océan atlantique, l’ouragan approche les côtes de Floride, où Limbaugh enregistre ses émissions et qu’il a finalement été obligé d’évacuer jeudi mais sans pour autant appeler les auditeurs des zones en danger à faire de même.

 

 


4. « Le premier président blanc »

 

  • Superbe essai de l’un des intellectuels américains les plus respectés de sa génération, Ta-Nehisi Coates dans The Atlantic, sur le « premier président blanc », Donald Trump:
     

    De toute évidence Donald Trump est un blanc qui ne serait pas président si ce n’était pour ce fait précis. Mais une exception s’impose: les prédécesseurs de Trump sont entrés à la Maison Blanche grâce au pouvoir passif de leur « blancheur » – cette héritage sanglant qui n’assure pas la maîtrise de tous les évènements mais réussit à les présenter comme tels la plupart du temps.
    Le pillage des terres et des hommes a ouvert le chemin aux ancêtres de Trump et l’a fermé à d’autres. Mais sur le terrain, ces hommes sont devenus des soldats, des hommes d’Etat, et des chercheurs; ils ont tenu des salons à Paris, dirigé Princeton, ont avancé dans l’inconnu avant d’entrer à la Maison Blanche. Les triomphes individuels ont donné à ce club exclusif l’apparence d’être au dessus des péchés fondateurs de l’Amérique, et on en a oublié que le premier était en fait intrinsèquement lié au second, que toutes ces victoires ont eu lieu dans des terrains conquis. Aucun attitude de cette élégance ne peut être attribuée à Donald Trump – un président qui a utilisé, plus que n’importe qui, ce terrible héritage.

 


5. Facebook, responsable de la victoire de Trump

 

  • Après les révélations, admises par Facebook, que la compagnie de Zuckerberg avait vendu des publicités à des « usines à trolls » russes qui ciblaient les électeurs américains sur des problèmes politiques et sociaux polémiques pour servir le candidat républicain, Margaret Sullivan, l’éditorialiste médias du Washington Post dénonce la responsabilité de Facebook dans l’élection de Donald Trump. Et elle ne mâche pas ses mots:
     

    Facebook, c’est avant tout de la publicité. Et la compagnie a tellement réussi à transformer notre attention et notre pouvoir d’achat en rendements publicitaires qu’elle est désormais évaluée à 500 milliards de dollars.
    Mais compte tenu de son pouvoir et de sa fortune, Facebook reste une entreprise très opaque (…) Elle n’a jamais admis l’évidence – que c’est d’abord un média où la majorité de ses deux milliards d’utilisateurs mensuels trouvent la plupart des informations et de l’actualité. Comme je le souligne depuis plus d’un an, elle fait constamment des choix éditoriaux qu’elle n’assume pas. Quand l’information est fausse, quand elle achetée et manipulée pour modifier le résultat d’une élection, les conséquences sont énormes. Quand ceux qui fournissent l’information sont associés à des ennemis étrangers – avec un intérêt précis dans le résultat d’une élection – on entre dans une nouvelle dimension du pouvoir.

 

  • Comme le note Mike Allen dans sa newsletter ce matin:
     

    On ne pas insister davantage sur le changement qui est en train de s’opérer dans l’opinion publique et chez les politiques à l’encontre des « darlings » de la Silicon Valley. Les appels à davantage de régulation sur Facebook et les autres ne vont que s’intensifier.

 


6. Grexit

 

  • Cofondateur du magazine satirique new yorkais Spy dans les années 80, Graydon Carter, rédacteur en chef de Vanity Fair depuis 25 ans quitte le magazine à la fin de l’année:
     

    Son Vanity Fair s’est imposé comme l’opposé du magazine Spy: Une voix respectée et fiable sur le monde des affaires avec la liste « New Establishment » à partir de 1994, sur l’industrie du divertissement, avec le numéro special « Hollywood » à partir de 1995 et sur la culture, la politique et les relations internationales à travers des reportages en profondeur et des analyses fines. Il a fait de Vanity Fair la vitrine de la photographie depuis l’âge d’or de Life en offrant des pages et des pages à Annie Leibovitz, Bruce Weber, Helmut Newton, Mark Seliger, Jonas Fredwall Karlsson, Snowdon, et Tim Hetherington qui ont immortalisé les vagues de nouveaux acteurs, soldats postés en Afghanistan, en passant par les stars du théâtre anglais ou les premiers secouristes du 11 septembre.

    L’hommage de son collègue et ami, David Kamp, « The Years with Graydon »

 


7. La couverture du Jour

 

  • Le numéro special Education du New York Times magazine avec des statistiques assez inquiétantes qui reflètent des disparités toujours plus importantes dans le système éducatif américain.
     

    L’inscription des jeunes issues des minorités a explosé dans les écoles publiques, avec les Latinos notamment alors que celle des élèves blancs est en constante baisse. Les familles blanches des villes comme Washington se tournent vers les écoles privées, qui accueillent de moins en moins d’Afro-Américains.

    Ces dernières décennies, la déségrégation imposée par les cours de justice ont permis de diversifier le corps étudiant dans les écoles du sud. Mais après un pic d’intégration en 1988, les cours n’ont plus imposé de règles aux écoles et la ségrégation a recommencé. La tendance est visible dans les zones urbaines de Californie à New York où de plus en plus de noirs et latinos sont concentrés dans les mêmes écoles.

07.09.17

 

Les Républicains en colère

  • Donald Trump s’est mis le parti républicain à dos hier en décidant, contre toute attente, de s’allier avec Chuck Schumer et Nancy Pelosi, respectivement chefs des minorités démocrates de la chambre haute et basse du Congrès américains pour augmenter le plafond de la dette jusqu’en décembre prochain – l’accord avait été rejeté plus tôt dans la journée par Paul Ryan, le porte parole républicain de la Chambre des Représentants qui proposait lui une extension de dix huit mois. – The New York Times
     

    « Après des semaines passées à critiquer les leaders républicains sur leur incapacité à faire voter des lois, Trump a montré qu’il était prêt à franchir les lignes partisanes pour rapporter des victoires législatives (…) Jusqu’ici, M. Trump a cherché à gouverner avec les majorités républicaines de la Chambre des Représentants et du Sénat, une approche qui ne lui a pas permis de remplir des promesses comme l’abrogation d’Obamacare. Après avoir accusé les Démocrates d’être des « obstructionnistes », Trump cherche désormais à s’entendre avec les Démocrates sur des sujets où ils partagent un intérêt commun comme les projets d’infrastructure, l’immigration ou les impôts.

     

  • La veille, Donald Trump s’est dit prêt à négocier avec les Démocrates pour trouver une solution légale à la protection des « dreamers »: « Chuck [Schumer] et Nancy [Pelosi] voudraient arriver à quelque chose, et moi aussi » sans mentionner sa  propre majorité.
  • L’accolade entre Schumer et Trump immortalisée.

 


« Usine à trolls »

  • La direction de Facebook a révélé avoir vendu près trois milles posts publicitaires à une entreprise russe – véritable « usine à trolls » – liée au Kremlin durant la campagne présidentielle 2016 pour un montant total de cent mille dollars.
    Diffusées « entre juin 2015 et mai 2017″, les publicités ne ciblaient aucun candidat en particulier mais évoquaient des problèmes sociaux controversés (la race, droits des homosexuels, du contrôle des armes de l’immigration) sur 470 comptes et pages différentes » que Facebook a interdit depuis.

     
  • Même si cent mille dollars représente « un tout petit montant qui a sans doute eu peu d’effet sur le résultat des élections », c’est un exemple de l’effort déployé par les autorités russes durant la campagne présidentielle américaine pour tenter d’influencer le résultat des élections en faveur de Donald Trump et aux dépens d’Hillary Clinton.
    A savoir maintenant si cet effort à été guidé par des individus aux Etats-Unis

 


Les chiffres catastrophiques de l’épidémie d’opiacés

 

  • Les derniers chiffres de l’une des pires crises sanitaires qui frappe les Etats-Unis sont catastrophiques:
     

    Environ 64 000 Américains sont morts d’overdose l’année dernière – une hausse de 22% comparée aux 52 404 recensés en 2015 – selon les premières estimations du gouvernement. Les overdoses tuent désormais plus d’Américains que l’épidémie de HIV en 1995, et bien plus que les armes ou accidents de voiture aujourd’hui

     

  • L’arrivée en force du Fentanyl, dont le potentiel analgésique est cent fois plus puissant que la morphine, a aggravé l’épidémie en causant à lui seul la mort de 20 000 personnes en 2016, soit un tiers des décès liés à la consommation de drogues.
  •  

  • Dan Ciccarone, professeur à l’Ecole de médecine de UCLA à San Francisco:
     

    Il s’agit d’une tripe épidémie qui cumule des vagues de décès liées à la consommation de différents types d’opiacés. La première a commencé dans les années 90 avec la prescription des anti-douleurs. La seconde, due à l’héroïne, a commencé autour de 2010 avec des overdoses liées à la consommation d’héroïne qui ont triplé. Aujourd’hui ce sont des overdoses liés aux opiacés de synthèse, y compris le Fentanyl et ses dérivés produit illégalement, qui représentent la troisième vague avec des décès par overdoses qui ont doublé entre 2013 et 2014


« Horrorcane »

 

  • Irma, l’ouragan de catégorie 5 qui a dévasté les Antilles devrait toucher les côtes américaines samedi matin:

    L’ouragan Irma est plus large et plus puissant que ne l’était Andrew et pourrait devenir la tempête que les habitants de Miami, porte d’entrée dynamique vers l’Amérique latine, pensaient ne jamais voir arriver.

 


Mobil-ville

 

  • Les 18 000 habitants de la petite ville suédoise de Kiruna ont été déplacés de force pour laisser place à l’exploitation d’un des gisements de minerai de fer les plus riches de la planète, utilisé notamment par BMW pour la construction de ses berlines et Apple pour ses Iphones.
     

    Tous les habitants de Kiruna étaient au courant de la possibilité d’être évacués pour accommoder l’expansion graduelle de la mine. Mais en 2004, LKBA [l’exploitant de la mine] a informé le gouvernement local que pour continuer à exploiter la mine, le minerai de fer devrait être extrait bien plus en profondeur, au risque de rendre instable une importante partie de la ville, y compris le centre ville. C’est là qu’a commencé le projet audacieux, compliqué et toujours en cours de déplacer le coeur de Kiruna, ses cinq mille maisons et sept cent mille mètres carrés d’espaces résidentiels et commerciaux, à trois kilomètres à l’est. La plupart des structures vont être détruites et reconstruites, mais dans certains cas – les maisons les plus anciennes par exemple ou l’église en bois, considérée un temps comme l’un des plus beaux monuments de Suède – seront désassemblées ou transportées tels quels à Kiruna 2.0

  • « How to move a town »Bloomberg Businessweek

 


Une ville à vendre

 

  • La ville de Mustang au Texas a été mise en vente pour quatre millions de dollars. La propriété de trente hectares possède quelques mobil-homes, un magasin, une station d’épuration, un immense hangar de 650 km2, un camion de pompiers. L’idée est de trouver « le bon propriétaire » pour essayer de faire renaître une communauté. Daily Mail

 


46 ans derrière les barreaux

  • Leslie Van Houten, 68 ans, dont 46 passés dans une cellule de la prison pour femmes de Chino en Californie pour les meurtres de Leno et Rosemary LaBianca en 1969 a obtenu une seconde liberté conditionnelle, un an après que la première ait été rejetée par le gouverneur de Californie, Jerry Brown.
    C’est la dernière survivante des « girls » de la famille Manson, et la plus ancienne prisonnière des Etats-Unis.

 

 


Couverture du jour

  • Hillary Clinton pour la sortie de son dernier ouvrage, « What Happened », sorti cette semaine et consacré aux élections présidentielles et à la pire défaite de sa carrière, du parti démocrate et du pays:
     

    Tu peux rejeter la faute sur les données, sur le message, sur à peu près tout – mais j’étais la candidate.

06.09.17

 

1. DREAMers: la balle au Congrès

 

  • Hier matin, le président a envoyé son ministre de la justice, Jeff Sessions, annoncer la suspension du programme DACA, qui permet actuellement à 800 000 « Dreamers » arrivés illégalement sur le territoire américain lorsqu’ils étaient enfants, d’y travailler et d’y étudier légalement, au nom du respect de loi et tout en voulant « donner la priorité aux citoyens américains ».
    La décision n’a pas été facile à prendre pour Donald Trump comme l’explique le New York Times:

     

    Une heure avant l’annonce, les représentants de l’administration étaient inquiets que M. Trump n’ait pas bien compris les conséquences de cette décision, et qu’il décide de changer d’avis une fois le processus enclenché .

     

  • Effectivement, quelques heures plus tard, après le tollé suscité par cette décision, Trump affirmait « avoir de la compassion » envers ces « Dreamers » et demandé au Congrès de s’entendre sur une solution législative visant à les protéger d’ici les six prochains.  
  •  

  • Il appartient désormais à Paul Ryan, le porte parole républicain de la Chambre des Représentants de réussir un pari que le Congrès américain a été incapable de remporter ces seize dernières années.
  •  

  • La décision controversée de Trump est devenu le problème des Républicains qui vont devoir choisir entre la voix modérée d’une alliance avec les Démocrates, quitte à fâcher la droite dure (Breitbart, l’extrême droite américaine) ou embrasser une rhétorique nationale populiste qui pourrait faire imploser le parti. 

 

  • Très bonne analyse de Matt Taïbbi dans Rolling Stone (« Don’t be surprised if Trump’s Assault on Dreamers Works – Politically« ) sur la stratégie politique gagnante de Trump:
     

    Depuis deux ans maintenant, les Américains sont choqués devant les excès à répétition de Donald Trump, en se demandent comment est-ce qu’il continue à gagner malgré une détermination à blesser à peu près tous les groupes d’électeurs que compte la planète à l’exception des mecs blancs, en colère et à moitié analphabètes. C’est parce que le paysage politique est tellement fragmenté et que les autres institutions – le Congrès, les médias, l’establishment des partis républicains et démocrates – ont une côte de popularité aussi faible sinon pire que celle de Trump et qui lui permet de sortir indemne des scandales les plus insurmontables.

 


2. La peur du changement

 

  • Sachant que 76% des Américains sont favorables au DACA, pourquoi adopter une mesure aussi impopulaire?
    Encore une fois, Trump veut rassurer sa base électorale blanche et rurale effrayée de voir changer le visage de l’Amérique, notamment au niveau démographique devant la croissance des minorités afro-américaines et latino/hispaniques (respectivement 13,2% et 17% de la population) aux dépens de la majorité blanche en déclin (63% contre 69% en 2000 et 80 en 1980).
    Pour renverser cette tendance, une réforme drastique des politiques d’immigration trop lâches sont nécessaires, que ce soit à travers la construction symbolique d’un mur pour les protéger de l’immigration clandestine ou l’expulsion des DREAmers.
  •  

  • Axios cite un sondage publié dans The Atlantic en mai dernier dans lequel la moitié des blancs américains de classe moyenne affirment « que les choses ont tellement changé [qu’ils se sentent] étrangers dans leur propre pays », et c’est cette « anxiété culturelle » utilisée par Trump qui les a poussé à voter pour lui.

 


3. Cher hausse le ton

 

  • La réponse virale et brutale de Cher à une internaute qui ne la pas crue prête à recevoir chez elle les « Dreamers » menacés d’expulsion:

     

 


4. Des zones rurales toujours plus isolées

 

  • « Plus de la moitié des comtés américains situés dans les zones rurales ont des établissements hospitaliers sans maternité » constate le Washington Post et la tendance devrait s’aggraver ces prochaines années avec la fermeture progressive des services de gynécologie – obstétrique dans les zones les plus isolées du pays.
    2,4 millions de femmes en âge de procréer vivent dans des comtés qui n’offrent aucun accès aux soins prénatals, ni à des maternités. 

    Il existe déjà beaucoup de différences entre l’état de santé des femmes vivant dans les zones rurales et celles des villes. Les premières ont davantage de risques d’être en mauvaise santé, d’être obèses, de fumer, de se suicider ou d’avoir un cancer de l’utérus que leurs consoeurs des villes. Mais la tendance récente pourrait aggraver en raison des disparités en matière de santé sexuelle. Une étude récente a également noté que les zones rurales ont fait peu de progrès dans le domaine de la mortalité infantile par rapport au reste du pays.

     

  • Cette tendance s’explique par la faible rentabilité des services de gynécologie – obstétrique, ce sont que les centres hospitaliers coupent en cas de problèmes financiers, par la faible natalité dans les zones rurales, et par la difficulté pour les chirurgiens obstétriciens de survivre dans des régions désertées.

 


5. Les Boston Sox accusés de tricher

 

  • Le New York Post (« Boston Cheat Party ») et le NY Daily News (« Dirty Sox »), les deux tabloids new yorkais s’en sont donnés à coeur joie en une ce matin après les révélations du journaliste star du New York Times sur les tricheries de l’équipe de baseball de Boston contre leur ennemi, les New York Yankees, le mois dernier.
     
  •  

  • Les Red Sox auraient utilisé l’Apple Watch au cours de leurs rencontres pour informer leurs coéquipiers des stratégies de leurs adversaires, notamment les communications, via les signes de la main entre le pitcher et le catcher. Intercepter les stratégies des adversaires est autorisé au baseball mais pas l’utilisation d’outils électronique est interdite sur le terrain.
  •  

  • L’enquête de la league de baseball a corroboré les accusations lancées par les New York Yankees et le commissaire doit annoncer prochainement si oui ou non, il prendra des sanctions contre les Red Sox, les premiers de leur division qui devraient vraisemblablement disputer les playoffs.

 


6.  « Je suis comédienne, il est notre putain de président »

 

 

  • C’est l’une des comédiennes américaines les plus célèbres qui a vu sa carrière de plus de trente ans s’arrêter brusquement en mai dernier après avoir diffusé une photo d’elle portant un masque ensanglanté de Trump: En l’espace de quelques jours, elle a été viré de CNN, la fin de sa tournée annulée, ses contrats publicitaires suspendus et le président a rajouté de l’huile sur le feu en évoquant le traumatisme de son fils Baron après avoir vu les photos.

 

  • Malgré des excuses publiques, elle a reçu des menaces de mort des supporters de Trump, a été vilipendée sur les réseaux sociaux, par républicains et conservateurs, Fox News, ses amis parmi les plus proches lui ont tourné le dos et elle a même été l’objet d’une enquête du FBI.
    En hibernation depuis trois mois, Katy Griffin en a marre de s’excuser, compte reprendre la comédie et sa carrière et milite désormais pour la protection du Premier Amendement, la liberté d’expression:

    Le président Trump vient juste de gracier Joe Arpaio, qui dirigeait essentiellement un camp de concentration de le désert d’Arizona. Il a dit qu’il existait de bons nazis, il veut expulser de jeunes adultes qui ont été amenés ici par leurs parents, et je suis celle qui continue a s’excuser?

 


7. Masha Gessen, une voix qui porte

 

  • Portrait de Masha Gessen, l’une des journalistes les plus influentes de l’ère Trump dans Rolling Stone:
     

    L’un des articles les plus lus après les élections [présidentielles] a été « Autocracy: Rules for Survival » publié dans le New York Review of Books. Son auteure, Masha Gessen, connait bien son sujet. Elle a vécu presque toute sa vie sous un régime autocratique et dont des années dans le rôle risqué de journaliste d’opposition – en Russie.
    Dans les dizaines d’articles et d’interventions télévisées qu’elle a réalisé depuis, elle offre un regard indispensable sur les tendances despotiques de l’actuel président américain. Et plutôt que de relever les éléments anti-démocratiques évidents de la nouvelle présidence, Gessen s’intéresse aux changements inquiétants des normes politiques américaines en utilisant la sagesse de quelqu’un qui a survécu et combattu une oppression politique tout en gardant son intégrité. 

 


8. Cinémas: Un été pourri

 

  • A l’exception de « Guardians of the Galaxy Vol.2 », « Wonder Woman » et « Spiderman: Homecoming », la fréquentation de salles de cinéma cet été – une période généralement bonne aux Etats-Unis – à été la pire de la dernière décennie avec seulement 3,8 milliards de dollars de tickets vendus, une baisse de 14,7% par rapport à l’année dernière.
     
    Parmi les victimes de cet été calamiteux: “King Arthur: Legend of the Sword”, « Valerian », « Baywatch », “Pirates of the Caribbean 5″, « The Mummy » et « Transformers 5 » qui sont soit des suites et/ou des films à gros budget – comme les prochaines sorties de cette fin d’année, « Blade Runner 2049”, “Thor: Ragnarok”, “Justice League,” et “Star Wars: The Last Jedi.”

 


9. Couverture du jour: Bill de Blasio sera réélu maire de New York

 

  • Mauvais nouvelle pour le New York Post, le tabloid de Rupert Murdoch qui l’attaque quasi-quotidiennement, ou le gouverneur démocrate de New York, Chris Cuomo, avec qui il est en guerre ouverte, ou ses détracteurs qui critiquent ses propos, son attitude et sa politique, Bill de Blasio devrait selon New York magazine être réélu à la mairie de New York le 7 novembre prochain.
     

Le kiosque du weekend: 26-27.08.17

 

La sélection de ce week-end, c’est un portrait de Carl Icahn, milliardaire américain et ami de Trump, et son passage raté à la Maison Blanche, la campagne permanente de Trump qui a enchaîné les provocations cette semaine, une enquête sur le problème des cautions dans le système judiciaire américain, enfin sur l’industrie du sport qui oblige les enfants à devenir des athlètes professionnels de plus en plus tôt.

 

1. Une campagne permanente

  • Après un discours « normal » – lu sur téléprompteur – devant un parterre de militaires lundi dernier au cours duquel il a annoncé l’envoi de quatre mille soldats supplémentaires en Afghanistan pour « éliminer le terrorisme », le président a retrouvé son naturel mardi soir à Phoenix, en Arizona, où il a offert à des supporters survoltés, un veritable meeting de campagne, malgré les réticences du maire de la ville, qui craignait de nouvelles échauffourées entre groupuscules d’extrême-droite et antifas.

 

  • « Plein de rancoeurs, [Trump] il [y] a lancé l’une des attaques les plus mensongères et controversées contre les médias » en les accusant tour à tout d’avoir envenimé les manifestations racistes de Charlottesville, d’agir contre les intérêts du pays, de vouloir effacer son histoire » et a même réussi à ce que la foule chante « CNN sucks! CNN sucks! … Build that wall! build that wall! ».
    Sur le bilan politique et législatif depuis son investiture, il a affirmé qu’aucun « président [n’avait] autant accompli lors des six, sept premiers mois de son mandat. »
    Un véritable disque rayé qui, selon Brian Stelter de CNN, fait l’effet d’un « poison lent censé affaiblir les organes de presse tout en renforçant une présidence en difficulté. »

 

  • Vendredi, le président a annoncé le pardon présidentiel de Joe Arpaio, auto proclamé le « shérif le plus dur des Etats-Unis » qui a officié pendant 24 ans dans le compté de Maricopa, en Arizona où il a mené une véritable « croisade contre l’immigration illégale » et été reconnu coupable l’année dernière de profilage racial à l’encontre des Latinos, « présumés illégaux » qu’il emprisonnait pour les livrer aux agents d’immigration.
    La Maison Blanche a souligné dans un communiqué les « années de service admirable rendues à notre nation » d’un « patriote américain » qui « méritait » d’être pardonné. – The New York Times
    Le décision a volontairement suscité les critiques des Démocrates mais aussi de nombreux Républicains comme le sénateur John Mc Cain – CNBC

 

 


2. Prisons américaines: Vers la fin du “Bail System »?

NBC NEws
 
  • Enquête de NBC News sur une “nouvelle vision de la justice américaine” basée sur « des données scientifiques, des recherches académiques et des algorithmes qui « [débarrasseraient] le système judiciaire actuel – et son principe de liberté sous caution – de ses préjugés [socio-économiques et ethniques] en gardant uniquement les détenus les plus dangereux derrière les barreaux.

    Le système [anglo-saxon] de [liberté sous] caution permet en théorie à tous les prévenus, présumés innocent, de demeurer en liberté dans l’attente de leur procès. Mais acheter sa liberté est impossible pour ceux qui n’ont pas d’argent. Les plus défavorisés ont donc [aux Etats-Unis] bien plus de chances de rester enfermés et par conséquent d’être virés de leur boulot, de perdre la garde de leurs enfants, d’avouer quelque chose qu’ils n’ont pas fait, de faire de la prison et de souffrir des conséquences de leur condamnation. Ceux qui empruntent à des agences spécialisées dans la garantie de cautions judiciaires peuvent parfois s’endetter pour des années.
    De l’autre côté, les riches [qui peuvent payer la caution] échappent à la prison quelle que soit l’accusation, y compris celle de meurtre.
    L’injustice de ce système a déclenché une campagne nationale pour mettre fin au système de caution.
    Par quoi le remplacer?
    Dans le New Jersey, la réponse est l’algorythme, une formule mathématique qui détermine la probabilité qu’a un prévenu de retourner devant un juge ou être arrêté de nouveau.

 

  • La formule est censée prendre en compte les antécédents criminels du prévenu et déterminer un pourcentage de chance de récidive qui est rapportée au juge. Si le procureur refuse ces conclusions, il doit fournir les arguments nécessaires pour convaincre le juge de ne pas suivre les résultats de l’algorithme. 

 

  • Ce système est expérimenté dans différents Etats (Arizona, Kentucky, New Jersey) et comtés américains (de Californie, Pennsylvanie, ….) et depuis son application dans le New Jersey il y a six mois, de nombreux détenus ont été libérés et les prisons désengorgées.

 

  • Certaines décisions rendues par les algorithmes n’ont pas eu les effets escomptés [récidives et retours en prison] et donné de l’eau au moulin des défenseurs du système de caution et de son industrie mais elle en reste aujourd’hui la meilleure alternative et pourrait se développer à travers le pays.

 


3. L’échec du prédateur financier de Washington

 
  • Comme Donald Trump, son ami de longue date qu’il a soutenu lors de la campagne présidentielle, Carl Icahn est un « milliardaire populiste” qui pense que l’économie n’a pas besoin de régulations et l’Etat ne doit pas s’ingérer dans l’économie de marché.
    “L’un des hommes les plus influents de Wall Street”, Icahn, a comme le président des Etats-Unis réussi « grâce à sa capacité à intimider” ses adversaires [des entreprises en difficulté] qui lui a valu durant les années 80 une réputation de “prédateur financier” – dont il est très fier – en excellant dans l’art des OPAs hostiles et qui continue les affaires à plus de 80 ans, malgré une fortune de 17 milliards, pour garder la main.

 

  • Si Icahn est l’un des seuls grands noms de la finance à avoir soutenu Trump – qui s’en est bien servi – c’est parce que le candidat lui avait promis de supprimer les régulations mises en place par l’Agence de Protection l’Environnement (EPA) qui oblige CVR Energy, la compagnie dont il est majoritaire, à payer des dizaines de millions de dollars d’impôts chaque année.  “S’il est élu, Trump mettre à fin à cela” avait affirmé un Icahn confiant lors de la campagne avant d’assumer la fonction providentielle de « conseiller spécial du président [Trump] sur les questions de régulations” pour l’aider à résoudre les problèmes qui asphyxient les entreprises américaines.”

 

  • Un poste non rémunéré pour lequel il n’a eu ni besoin se retirer de ses affaires (une vingtaine de compagnies), ni dévoiler d’éventuels conflits d’intérêts avec sa nouvelle fonction, et permis au stock de CVR Energy de doubler sa valeur en six mois – après une chute continue de 70% entre novembre 2015 et 2016 – qui lui a rapporté un demi milliard de dollars.

    Mais Icahn est bien plus riche que la famille Trump et les membres de son cabinet réunis – et la possibilités de conseiller le président sur des régulations susceptibles d’avantager ses affaires le destinait à devenir encore plus riche. “Cette capacité d’influence et source d’enrichissement personnel sur les prises de décisions par un magnat [de la finance] dans et en dehors de l’administration est sans précédent. Dans le domaine de la corruption on n’avait jamais vu ça” affirme Robert Weissman qui gère l’association “public Citizen”.

 

  • Le 18 août dernier, après avoir été désavoué par le président, Carl Icahn a démissionné de son poste

 


4. Les enfants, ces athlètes professionnels

 

  • La cover story de Time magazine s’intéresse à l’industrie du sport pour enfants qui a engendré l’année dernière 15 milliards de dollars de revenus en transformant de jeunes passionnés en véritables professionnels grâce à des infrastructures sophistiquées et spécialisées, toujours plus de pression physique et psychologique sur les enfants et les parents, avec toujours plus de profits à la clé.

    Joey Erace est un exemple extrême de ce qui est devenu une nouvelle réalité pour les jeunes athlètes en devenir et leur famille aux Etats-Unis. Partout dans le pays, des enfants de tous niveaux, quels que soient les sports, sont recrutés de plus en plus tôt par une industrie du sport pour enfants qui ressemble de plus en plus à celle des professionnels.
    Les petites ligues de quartier, associations de foot locales et formations de baskets chrétiennes qui rassemblaient les jeunes au sein d’une communauté et ne coûtaient rien ont perdu de leur superbe et ont été progressivement remplacées par des clubs privés, une constellation éparse de centres de développement liés à des franchises, des équipes régionales dirigées par des entraîneurs inexpérimentés.
    Les équipes les plus compétitives recherchent de nouveaux talents dans les tournois nationaux, d’autres prétendre appartenir à l’élite pour réclamer des sommes exorbitantes à des parents qui rêvent de voir leurs enfants réussir dans les équipes de lycée, et pourquoi pas à un avenir professionnel.

     

    « How Kids’ Sports Became a $15 Billion Industry » – Time magazine

 

 

 


5. Le hashtag fête ses dix ans

 

  • Le premier hashtag, #Barcamp [une rencontre participative entre internautes] a été tweeté il y a dix ans par l’un des créateurs de cet évènement: L’idée était de créer des groupes en les liants automatiquement à des liens hyper-texte en utilisant le symbole « # » devant. »Twitter a d’abord rejeté l’idée en expliquant que les hashtags étaient uniquement utilisés par les « nerds » puis a finalement intégré le hashtag dans son coding en 2009″.
    Depuis, les hashtags sont le langage internet et médias sociaux par excellence puisque les trois quarts des internautes les utilisent pour communiquer avec quelques hits comme #TBT (« Throw back Thursday » a été tweeté 120 millions de fois)Aujourd’hui, 125 millions de hashtags sont tweetés en moyenne chaque jour. Les hashtags les plus utilisés de ces dix dernières années l’ont été par des fans #MTVHottest, #MTVStars, #KCA.
    Les hashtags utilisés pour une série télévisée, #The WalkingDead, pour un film #StarWars, pour un sport, #WorldCup, un sport américain, #SuperBowl

 


6. Le reste de l’actualité

 

  • Village Voice va cesser de paraître.
    L’hebdomadaire new yorkais créé en 1955, gratuit depuis 1996 et véritable « artefact d’un Downtown qui n’existe plus »,  va cesser de paraître, a annoncé la direction cette semaine – sans préciser quand – qui compte se rabattre sur la seule diffusion en ligne, avec des renouvellements de contenus quotidiens et non plus hebdomadaires. – New York Times
  • « Parfois certains discours ne valent pas d’être défendus ».
    ACLU, The American Civil Liberties Union, a été beaucoup critiquée ces derniers jours pour avoir défendu devant un juge le droit des groupuscules d’extrême droite de manifester à Charlottesville. Selon Associated Press, la défense stricte du Premier Amendement, quel que soit la nature des propos, a pris un coup lorsqu’une manifestante est morte lors du rassemblement de Virginie, et a mené à la démission du représentant de ACLU en Virginie.

Le kiosque du week-end: 19-20.08.17

 

 

Cette semaine, on part à la rencontre de Julian Assange dans un long article du New Yorker sur ses années d’isolement dans l’ambassade équatorienne de Londres, sur la semaine catastrophique de Trump; une analyse des « Angry White Boys » dans National Review et l’appel à l’action d’une journalisme américaine face au racisme; et enfin les éditions dominicales.

 

1. Bannon, le Barbare

 

 

  • C’est le dernier évènement (positif?) d’une nouvelle semaine – de vacances – catastrophique pour le président et son administration: Le départ de Steve Bannon, architecte de la victoire du candidat républicain et du programme « America First » et chef du clan des « nationalistes économiques » de la Maison Blanche, qui a annoncé dans la foulée retrouver la place qu’il occupait il y a tout juste un an, à la tête de Breitbart News.

 

  • Le lendemain de son départ, Steve Bannon a annoncé « partir en guerre pour Trump contre ses adversaires – à Washington, dans les médias et les grandes entreprises américaines » et surtout les « démocrates de la West Wing »: Ivanka Trump, son mari Jared, le conseiller économique Gary Cohn et Dina Powell, adjointe du conseiller à la sécurité nationale.
    Il compte, avec le soutien financier du milliardaire Bob Mercer, développer Breitbart et une nouvelle entreprise de média capable de concurrencer Fox News, qui selon Bannon, serait en train de virer centre droit sous l’influence des deux fils de Murdoch.

 

  • Donald Trump a salué le retour de Steve Bannon à Breitbart News où il sera plus utile à « attaquer les ‘fake médias’ [qui] ont besoin de concurrence. »
    Selon Mike Allen, « les discussions politiques au niveau national vont empirer, devenir de plus en plus toxiques, avec une lutte au sein de la droite qui pourrait être bien plus personnelle et âpre que les hostilités entre Républicains et Démocrates. »
    Si Trump ne supporte pas Bannon en ce moment, ce dernier va continuer à l’influencer car les deux hommes sont plus proches idéologiquement que le président ne l’est des « New Yorkais modérés » – Ivanka, Jared et Gary Cohn.

 

  • Dernière nouvelle: Sebastien Gorka, proche de Bannon, devrait lui aussi quitter la Maison Blanche

 


2. Julian Assange en exil

 

  • Julian Assange vient de passer les cinq dernières années de sa vie exilé et reclus dans l’ambassade équatorienne de Londres, surveillé 24 heures sur 24 par ses hôtes et les services secrets anglais, prêts à l’arrêter le jour où il sera obligé de sortir. Le journaliste du New Yorker, , qui le suit depuis ses premières aventures avec Wikileaks, en 2010, nous raconte le quotidien cauchemardesque de cet héros/vilain qui a tout sacrifié au nom d’une certaine conception de l’information.

L’univers d’Assange ces cinq dernières années s’est réduit à 30 mètres carrés qui se répartissent en une suite privée et quelques pièces qu’il partage avec le personnel équatorien. « C’est comme vivre dans une navette spatiale » l’un de ses amis m’explique. Pour des raisons de sécurité et parce que les paparazzi le guettent parfois en bas de l’immeuble, il ouvre rarement les rideaux durant la journée et se met rarement au balcon. Il vit dans un état de crainte permanente, celle de voir l’ambassade assiégée à tout moment. Après son arrivée [en 2012], les Anglais ont essayé de retirer les protections diplomatiques de l’ambassade pour l’appréhender de force. Ce à quoi le premier ministre équatorien a répondu: « Nous ne sommes pas une colonie britannique ».
Assange m’avait lors dit, certain d’une arrestation imminente, qu’il avait préparé une paire de menottes pour s’attacher physiquement au consul équatorien. Après cela, les officiers anglais sont restés stationnés dehors et le harcelaient en frappant contre les murs à 4 heures du matin, et pendant un moment il a dormi dans une chambre différente toutes les nuits.

  • Si « l’ange déchu » est entouré quotidiennement par une poignée de fidèles activistes, soutenu par des amis et autres célébrités – la dernière en date, Pamela Anderson à qui on lui a prêté une relation – l’enfermement l’a diminué physiquement et psychologiquement; et son intervention très controversée lors de la campagne présidentielle américaine – la diffusion des emails piratés du Comité National Démocrate et du président de la campagne d’Hillary Clinton qui ont fragilisé la campagne de la candidate – l’ont isolé un peu plus sur la scène internationale.

George Gittoes [un artiste australien et ami de Assange] a tenté de m’expliquer la complexité de son soutien pour Assange.
« Je n’arrive pas à comprendre sa vision de Trump mais je lui laisse le bénéfice du doute (…) La raison pour laquelle je supporte Julian et que je le considère comme une inspiration est très simple. Il prouve qu’un individu peut encore s’opposer à des pouvoirs vis-à-vis desquels nous nous sentons tous oppressés. »

  • Aujourd’hui Assange n’a pas d’autre choix que d’accepter ceux qui sont encore prêts à le défendre et le soutenir, y compris Sarah Palin, Sean Hannity et autres trolls de l’alt-right qu’il « est content de voir intéressés par le projet de Wikileaks ».

    « Julian Assange, A Man Without a Country » – Raffi Khatchadourian / New Yorker

 


3. « Angry White Boys »

 

  • Excellente et violente critique de Kevin Williamson dans la revue conservatrice – et anti-Trump – National Review sur les militants des groupuscules d’extrême droite qui ont manifesté à Charlottesville en Virginie la semaine dernière, des « nationalistes blancs » qui n’ont aucun autre message que la colère et la haine de l’autre:

    Les jeunes blancs en colère n’ont aucun programme politique sérieux. Ils n’ont aucune revendication comme les Teamsters [le syndicat des conducteurs routiers américains] ou PETA [People for the Ethical Treatment of Animals], ils n’ont pas doctrine idéologique comme les Communistes, bien que ce serait faux de dire qu’ils n’ont aucune idéologie. Leur programme, c’est leur colère, une colère difficile à comprendre (…) Ils aiment se faire passer pour des « alpha males » comme si ils appartenaient à une troupe de chimpanzés – mais ça ne leur vient jamais à l’idée de se considérer comme des hommes déchus et rejetés. (…)
    Ce sont les produits d’une société libérale et démocratique tolérante qu’ils détestent – et à laquelle ils dépendent à la fois. (…)
    Qu’est-ce que recherchent ces jeunes blancs en colère? Le fait qu’ils se rassemblent pour se déguiser – et jouer à des jeux de cowboys et d’indiens parfois meurtriers – apporte un semblant de réponse. Ils veulent être autre chose que ce qu’ils sont. C’est la grande ironie de la politique identitaire: ils sont à la recherche d’une identité au sein d’une tribu car ils ont échoué en tant qu’individus.

  • « Angry White Boys » – Kevin D. Williamson / National Review

 


4. « Leçons de vie »

  • Kim Kingsley – ancienne directrice de Politico – revient sur le racisme ordinaire qu’elle observe depuis toujours dans sa ville natale de Pennsylvanie et sur la nécessité, en tant que « blanche », de sortir de sa bulle pour essayer de comprendre l’origine de ces comportements et de ces préjugés et de les combattre.

    Les suprémacistes blancs, manifestants néo-nazis de ce weekend sont des gens que l’on connaît. On les rencontre chaque jour, ce sont parfois des proches, et bien plus intégrés dans les infrastructures culturelles, institutionnelles, et politiques de ce pays qu’on ne le pense. Mais on n’en parle pas. Certains pensent que ca va disparaitre d’un jour à l’autre, certains que ce n’est pas un problème à régler et enfin d’autres n’ont aucun problème avec cela (…)
    Ce que j’espère, c’est qu’on puisse aujourd’hui sortir de notre univers confortable et confronter une réalité qui l’est moins.(…)
    Observons autour de nous, essayons d’analyser la diversité sur notre lieu de travail et comment l’améliorer. Ce n’est pas à la poignée d’employés issus des minorités de militer pour davantage de diversité. Ce sont les employés « blancs », quelles que soient leur position au sein de l’entreprise, qui ont la responsabilité de créer un lieu de travail où il y ait davantage de diversité au sein du personnel et des opinions, et prouver les bénéfices que pourraient en tirer l’entreprise.

    « My Life Lessons in Rust Belt Racism » – Kim Kingsley / Medium

 


5. Les editions dominicales

 

  • « Wrong Way » – Enquête du Tampa Bay Times à St Petersburg en Floride, où Isaiah Battle comptabilise à 15 ans le plus grand nombre de vols de voiture du comté de Pinellas.

    [Le journal] a identifié 14 enfants arrêtés pour avoir volé au moins cinq voitures entre janvier 2015 et juin 2016 (…) Tous ces délinquants sont males. Douze sont noirs, un est asiatique et un est blanc (…) La majorité à été évincé au moins une fois; quelques familles comme celle d’Isaiah, ont été expulsés à trois reprises.Tous viennent de familles brisées. Les parents ont porté plainte les uns contre les autres sur des tests de paternité et la pension alimentaire. Certains sont partis vivre en foyer. L’un a fugué. Onze ont vécu la violence domestique, leur mère battues par leur petits-amis, parfois devant eux. Six ont été victimes d’abus ou de négligence (…) Neuf étaient suspectés dans des rapports de police avant leur quatorzième anniversaire.

 

  • L’édito de l’Indianapolis Star, « Let’s Stand Against Hate. Together », en première page est un appel de plus cette semaine de la part de nombreux médias après les évènements de Charlottesville:

    Dans un moment aussi difficile, il est tentant de passer à autre chose – laisse le temps et le renouvellement de l’information nous distraire d’une réalité difficile qui est ressortie ces derniers jours. Mais il est nécessaire de faire face aux profondes divisions sur la race, la religion et l’ethnicité. Il est nécessaire de commencer un travail de fond pour renverser ces divisions.

Le kiosque du 08.08.17

 

1. 200

  • Hier, le président a fêté ses deux cent premiers jours à la Maison Blanche résumés par le Washington Post
     

    • Décrets présidentiels signés: 42
    • Projets de loi signés: 43
    • Propositions de lois visant l’abrogation d’Obamacare devant le Sénat: 3
    • Lois d’Obamacare abrogées: 0
    • Le mur; 0
    • Pays visités: 8 et les territoires occupés
    • Jours passés dans les propriétés Trump: 64
    • Parties de golf effectuées: Au moins 35
    • Jours passés à Mar-a-Lago: 25
    • Argent dépensé par le contribuable pour protéger Mar-a-Lago: 6,6 millions de dollars
    • Directeurs du FBI & directeurs de la communication, directeurs de cabinet: 2
    • Opinions favorables: Entre 36% et 39%

 


2. La Résistance latino au Texas

  • Depuis que le gouverneur du Texas, Greg Abott, a signé la loi dite SB4, qui rentrera en vigueur en septembre et autorise les forces de l’ordre à demander aux suspects, témoins et victimes de crimes leurs papiers d’identité et punit les villes sanctuaires qui protègent les sans papiers – en accord avec la politique anti-immigration de l’administration Trump – la résistance s’organise dans le « Lone Star » State notamment au sein de la communauté latino (10,8 millions)
    Mother Jones est allée enquêter sur Jolt, une « association qui cherche à mobiliser les jeunes latinos texans contre les lois anti-immigration ».
     

    Certains des étudiants qui se sont inscrits au programme [de formation] de Jolt, sont sans papiers, d’autres viennent de familles installées au Texas depuis des générations. Mais tous ont adhéré au militantisme politique après le virage à droite qu’ont pris l’Etat et le pays.(…)
    Les membres recrutent des électeurs, organisent des manifestations mais ont réussi à attirer l’attention lors d’évènements plus médiatisés. En juin dernier, les militants de Jolt ont manifesté à l’intérieur du Capitole et perturbé la dernière journée de session parlementaire – les manifestations ont tellement énervé un Représentant républicain qu’il a fini par prévenir l’ICE (l’Immigration and Customs Enforcement).(…)

    Dans un Etat encore dominé par un gouvernement républicain presque entièrement blanc, les militants pensent que SB4 est une opportunité unique pour mobiliser des communautés désengagées.

    * « Will Texas’ Immigration Crackdown Spark the Latino Uprising Democrats Have Been Waiting For? »Mother Jones

 


3. Dure Conversation

 

  • Tommy Curry est un docteur en droit afro-américain dont « la philosophie vise à poser les questions qui fâchent sans peur ou préjugés » notamment sur le racisme et « la tyrannie culturelle blanche ».
    Son embauche au Département de philosophie de l’université du Texas devait apporter davantage de mixité dans un établissement essentiellement blanc (3% d’étudiants noirs seulement) et un secteur où les afro-américains sous représentés (1% du personnel).
    Pendant plusieurs années, la côte du professeur est montée en flèche chez ses étudiants jusqu’à sa titularisation en mai dernier, malgré les critiques de certains collègues sur ses propos jugés controversés voire incendiaires.

     
  • C’est à cette époque qu’un extrait d’une interview de Curry sur le tabou autour des afro-américains propriétaires d’armes à feu, interprété comme « un appel au meurtre des blancs » a fait le tour des réseaux d’extrême droite provoquant une levée de boucliers de professeurs, d’étudiants et donateurs de l’université du Texas qui a fini par suspendre le professeur.
  •  

  • Extrait:
     

    Les professeurs sont regardés, suivis et confrontés. On leur demande des comptes sur ce qu’ils ont dit et ce qu’on leur prête. La technologie moderne a transformé ces campus en cirque, et le public vient admirer les bêtes: les professeurs qui pensent que les statues en marbre blanc sont racistes, ceux qui appellent au génocide blanc à Noël, ceux qui veulent voir le président Trump pendu. Des élites présentées comme des brutes sauvages.
    Tommy Curry était le noir enragé qui voulait voir les blancs mourir.
    C’est la caricature qu’on en fait mais l’histoire est plus compliquée.
    Le drame qui s’est déroulé à Texas A&M, c’est l’histoire d’un chercheur qui a été accueilli dans une université publique grâce à une façon de pensée inhabituelle et puis mis au banc pour la même raison. C’est l’histoire de ce qu’une université valorise, de la façon dont elle exprime ces valeurs sous la pression, et comment cette pression fonctionne.
    C’est la liberté et le contrôle, la raison et la peur, la bonne foi et la mauvaise.

    * « Who’s left to Defend Tommy Collin? » – San Francisco Chronicle 


4. Patagonia: le business de la résistance

 

  • Patagonia, la marque de vêtements pionnière dans la lutte pour la protection de l’environnement, est « la conscience de l’industrie de l’outdoor, prête à abandonner des profits importants pour remplir sa mission.
    La compagnie est en guerre contre l’administration Trump qui veut privatiser des espaces naturels appartenant au domaine public, voudrait devenir un acteur politique influent à Washington.
  •  

  • Aussi emblématique que la marque est son fondateur, Yvon Chouinard, 78 ans, partisan d’une croissance modérée de ses activités et surtout intéressé par la dimension environnementale et sociale de son entreprise (« sauver la planète »), dont les profits ont quadruplé ces sept dernières années et qui possède aujourd’hui.
     

    Bien entendu, une telle ambition nécessite d’immenses ressources. Dans le schéma global des choses, Patagonia qui approche le milliard de dollars de bénéfices, passe de poids plume à poids léger. Dans un avenir proche, la compagnie ne peut pas concurrencer l’influence politique de l’industrie pétrolière et gazière, un adversaire important des espaces naturels appartenant à l’Etat. Mais une croissance rapide et continue pourrait éventuellement changer le rapport de force (…)
    Pour le moment pourtant, le pouvoir de Patagonia repose essentiellement dans sa capacité a révolutionner l’industrie de l’outdoor – en plein essor, estimée à un billion de dollars – qui a l’argent et les clients pour influencer les politiques à l’échelle nationale. Encore faut-il que les autres compagnies de l’industrie s’engagent à soutenir un pareil activisme et soient enclins à suivre un homme qui les traite de « faibles ».

    * « Patagonia big business of #Resist » – Outside

 


« Le jour ou le feu s’est déclaré »

 

  • C’est la cover story de Texas Monthy cet été: « The Day the Fire Came ».
    L’après midi du 6 mars 2016, trois feux se sont déclarés autour de la ville d’Amarillo dans le Panhandle texan – la région la plus au nord de l’Etat – répandus par des vents violents et une importante sécheresse.
    Sur place, Cody Crockett, un jeune cowboy qui travaillait dans un ranch de la région, accompagné par sa petite amie, Sydney Wallace, venue le rendre visite pour le week-end et Sloan Everett, un cowman, « ont fait ce qu’ils ont toujours appris: Retourner dans la praire pour sauver le bétail ».
    Le corps de Sydney a été retrouvée sans vie quelques heures plus tard. Cody et Sloane étaient brûlés, asphyxiés mais conscients lorsque les urgences sont arrivées pour les transporter à l’hôpital où tous les deux sont morts de leurs blessures.

    Incroyablement, à l’exception de trois veaux, [tous les animaux ont échappé au feu]. Contre toute attente, Cody, Sydney et Sloan avaient sauvé le bétail.

    (…)
    Cet après midi là, au moins 32 départs de feu ont été recensés dans le Sud des Grandes Plaines, et brûlé près de 500 000 hectares de champs, « le plus incendie de plaines de l’histoire moderne » selon le National Weather Service. Le total des dégâts a été évalué à dix millions de dollars, deux mille vaches sont mortes. D’autres vaches et veaux étaient tellement brûlés qu’ils ont été abattues, transportés par des bulldozers vers des larges fosses pour être enterrées.

    * « The Day The Fire Came » – Texas Monthly

 

 

 

 

 

Le Kiosque du 01.08.17

 

1. Trumplandia: « He talked too Mooch »

 

 

  • L’arrivée du nouveau Chef de Cabinet, John Kelly, six mois comme Secrétaire de la Sécurité Intérieure, et quarante ans de carrière dans l’armée américaine a logiquement été marquée par le renvoi du directeur de la communication, Anthony Scaramucci, débarqué dix jours plutôt, et dont le bref passage à la Maison Blanche a provoqué la démission de Sean Spicer, de l’ancien directeur de cabinet, Reince Priebus, et offert l’une des interviews les plus extraordinaires qu’aucun représentant du gouvernement n’ai jamais donné.
     

    [Lundi après midi] Kelly a réuni ses conseillers dans son bureau et annoncé les nouvelles règles: Plus de transparence dans le travail. Un accès plus limité dans le bureau oval. Plus d’organisation. Davantage de briefings et d’informations donnés au président.
    Enfin que tous les membres de la Maison Blanche s’adressent directement à Kelly. – Politico

  •  

  • Les défis de John Kelly ces prochaines semaines:
    • Remettre de l’ordre à la Maison Blanche, attirer de nouveau talents, limiter les fuites de documents confidentiels, calmer les tensions entre différents clans et détourner l’attention des scandales impliquant la Russie, sur les réalisations et projets du gouvernement, et enfin, réussir à appliquer le programme du président
    • Pousser les membres de la famille Trump, Jared Kushner et Ivanka Trump en dehors du cabinet.
    • Calmer autant que possible les ardeurs du président, notamment sur Twitter – The Wall Street Journal

      Bottom Line: John Kelly n’a aucun intérêt à rester à ce poste si le président et ses conseillers ne suivent pas ses règles à la lettre – Si le président tweet et contredit son chef de cabinet, une autre crise est à prévoir à la Maison Blanche.

 

  • L’édito du jour:
    C’était « The Talk of Town » de la capitale hier: l’ouvrage du sénateur républicain d’Arizona, Jeff Flake, intitulé « La conscience d’un conservateur », dans lequel il dénonce l’attitude de son parti face à Donald Trump ».

    J’ai d’abord compris cette tendance au déni, comme la volonté de ne pas admettre que les dysfonctionnements du gouvernement des Etats-Unis aux plus hautes sphères du pouvoir, de la part de son propre parti.
    Michael Gerson, ancien conseiller de George W. Bush, écrit après quatre mois de présidence: « La pensée conservatrice, dans certains cas, est devenue malade » et les institutions conservatrices « avec la bénédiction du président ont abandonné les contraintes normales de la raison et de la compassion.
    Pour un conservateur, c’est difficile à avaler. – Politico

 

  • La révélation du jour –
    Selon le Washington Post, Donald Trump aurait lui-même rédigé la déclaration de son fils, à bord de Air Force One lors de son retour du G20 de Hambourg, face aux révélations de la rencontre entre Trump Jr et une avocate russe dans la Trump Tower en juin 2016: C’est le président qui a eu l’idée de dire qu’il s’agissait d’une réunion sur la politique d’adoption entre les Etats-Unis et la Russie – Explications démenties par Donald Jr qui a admis avoir accepté le meeting pour recevoir des informations compromettantes sur Hillary Clinton.Washington Post

 

  • Les remaniements au sein de la Maison Blanche ces 194 derniers jours

 

 


2. La Maison Blanche derrière la théorie conspirationniste 

 

  • Dernier rebondissement dans la mort tragique de Seth Rich, cet employé du parti démocrate assassiné à Washington l’été dernier, transformé par des trolls de l’alt right en théorie du complot: M. Rich aurait été tué après avoir volé des documents confidentiels du Comité National Démocrate qu’il a fourni à Wikileaks en pleine campagne présidentielle.
  •  

  • Fox News et son animateur star, Sean Hannity ont relancé la polémique au mois de mai, provoquant l’indignation des parents de Seth Rich qui ont appelé dans le Washington Post à ce que cesse toute récupération politique de la mort de leur enfant.
    Fox a retiré l’histoire de son site une semaine plus tard. 
  •  

  • Selon une plainte déposée par un ancien commentateur de Fox News, Rod Wheeler, contre la chaîne d’infos, récupérée par NPR et résumée par Axios:
     

    Fox News et Ed Butowsky , un généreux donateur du Parti Républicain, auraient fabriqué de toutes pièces une histoire selon laquelle le FBI avait la preuve que Seth Rich avait fourni des documents à Wikileaks (…)
    Le plaignant affirme que Donald Trump a lu plusieurs l’histoire avant qu’elle ne soit publiée sur Fox News -et que Sean Spicer aurait eu un meeting sur la question un mois avant à la Maison Blanche.

    * « Behind Fox News’ Baseless Seth Rich Story: The Untold Tale »NPR

 

 


3. Les crimes contre la nature de Scott Pruitt

 

  • Rolling Stone revient sur Scott Pruitt, le directeur de l’Agence de Protection de l’Environnement, qu’il est en train détruire au service de l’industrie des énergies fossiles
     

    Il y a beaucoup d’autres raisons d’être effrayé par Pruitt.
    Il détruit la mission de l’EPA. Il soutient des politiques qui vont appauvrir les pauvres et enrichir les riches. Il place sa carrière politique au dessus de la santé de dizaines de milliers d’individus. Même si la qualité de l’air s’est améliorée dans beaucoup d’endroits dans le pays, la pollution provoque encore la mort prématurée de 200 000 personnes chaque année; une augmentation même minime de la pollution va entraîner plus de morts.
    « Il sacrifie la santé et le bien-être des enfants pour donner à l’industrie quelques années de plus sans régulations (…) Il est peut-être du mauvais côté de la science et de l’histoire mais étant donné la trajectoire post-factuelle de la politique américaine en ce moment, ca ne signifie qu’il n’aura pas de carrière [après l’EPA, il vise le poste de gouverneur d’Oklahoma]

    * « Scott Pruitt’s Crimes Against Nature » – Rolling Stone

 

 


4. Merci Hulk Hogan

 

  • Après avoir regardé l’excellent documentaire de Netflix, « Nobody Speaks », sur la bataille juridique entre Hulk Hogan et Peter Thiel et Gawker, on comprend la réticence de nombreux médias aujourd’hui à s’attaquer à la vie privée des stars, aussi « newsworthy » soit-elle. Margaret Sullivan nous explique le dernier exemple en date: Le chanteur R.Kelly, dont la carrière est jalonnée de scandales sexuels impliquant de jeunes mineures:
     

    Appelons ça l’effet Gawker.
    Après des mois sur cette histoire hallucinante de domination sexuelle et psychologique exercée par le chanteur de R&B R.Kelly sur des jeunes femmes, Jim DeRogatis, un vétéran de la critique rock de Chicago, a décidé qu’il était temps de la publier.
    Trois différents médias qui étaient intéressés se sont rétractés à la dernière minute. Après des mois d’enquête, ils ont tous tourné le dos à une histoire qui contenait pourtant le nom des sources et des documents qui décrivent comment des femmes étaient retenues dans une sorte de culte, à côté de Chicago et d’Atlanta, d’après les témoignages des parents et d’autres témoins.
    « Gawker est revenu dans beaucoup de conversations » affirme DeRogatis, en référence au site Gawker, provocateur et souvent déplacé, qui a du fermer ses portes à la suite du procès intenté par Terry Bollea, aussi connu sous le nom de Hulk Hogan. Le procès pour violation de la vie privée a été financée par Peter Thiel, un proche de Trump.

    * « That R.Kelly ‘cult’ story almost never ran. Thank Hulk Hogan for that »Washington Post

 


5. Manuels scolaires: Les parents s’en mêlent

 

  • Floride: Une nouvelle loi, « développée et défendue par Florida Citizens’ Alliance, un groupe conservateur qui a essayé en vain d’empêcher la Floride d’adhérer à un programme commun d’enseignement, autorise désormais « les parents, et tous les résidents, à questionner l’utilisation de manuels scolaires et matériel d’enseignement qu’ils considèrent comme inappropriés.
     

    Keith Flaugh [l’un des fondateurs de Florida Citizens’ Alliance], cadre de IBM à la retraite qui vit à Naples, en Floride, a une mission: « persuader le conseil des écoles de reconnaître … les ordures enseignées dans nos manuels scolaires (…)
    Flaugh a beaucoup d’objections concernant les livres utilisées par les étudiants de Floride. 
    l y a deux ans, les membres de l’alliance ont fait un « plongeon » dans une soixante de manuels scolaires.
    « Ils sont remplis d’endoctrinement politique, religieux, de révisionnisme historique, de distortions de nos valeurs et principes fondateurs, même une quantité importante de pornographie [« les cendres d’Angela » de Frank McCourt ou les écrits de l’écrivain Toni Morrisson]
    (…)
    Il pense que beaucoup de manuels sous estiment l’importance des libertés individuelles et soutiennent une dependance envers l’autorité fédérale, qu’il appelle « a nanny state mentality »

    * « New Florida Law Lets Residents Challenge School Textbooks » – NPR

 


6. Qu’est ce qui pourrait arrêter le New York Times et le Washington Post?

 

  • La campagne présidentielle et l’élection de Trump ont donné au New York Times et au Washington Post un rôle indispensable de défenseur la démocratie et de la liberté d’expression, et un contre pouvoir nécessaire face à une administration qui n’obéit à aucune règles, à aucun fait, et qui utilise le mensonge, la manipulation et la division comme mode de gouvernement. 
  •  

  • Mais le travail de sape du président, qui qualifie tout ceux qui osent le critiquer de fake news, et du mouvement alt-right qui a réussi à profondément diviser Démocrates et Républicains sur le rôle de la presse: Ils étaient respectivement 74% et 77% à la soutenir début 2016, aujourd’hui cette tendance s’est renforcée chez les Démocrates (89%) mais s’effondrée chez les Républicains (seulement 42%). 
     

    Le mal est fait. Quand le Times publie une page entière sur les « mensonges de Trump » – le résultat d’une recherche méticuleuse – on s’attend à ce que les opinions changent. Pas du tout. Trump obtient le même pourcentage d’opinion favorable, 38 % chez ses supporters. La question la plus inquiétante est de savoir si le Times ou le Post – où n’importe quel journal – vont pouvoir continuer à fonctionner avec ce niveau de qualité sachant que Trump et ses acolytes ont réussi à affaiblir les notions fondamentales du fait et de l’autorité qui fait que la vérité n’a plus d’importance. 

    * « Is the New York Times vs. the Washington post vs. Trump the last great newspaper war » – Vanity Fair

 


7. La couverture du jour

 

  • Jamais le métro new yorkais n’avait causé de problèmes à ses passagers et jamais le métro new yorkais n’avait été aussi cher. Ici l’illustration « Hell Train » de Bob Staake.